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Analyse de la principale filière d'approvisionnement de la ville de Yaounde en banane plantain


par Rivellie Aimée TCHUISSEU TCHEPNKEP
Université de Dschang - Diplôme d'Ingénieur Agronome, Option : Economie et Sociologie Rurales 2007
Dans la categorie: Sciences
   
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UNIVERSITE DE DSCHANG THE UNIVERSITY OF DSCHANG

----------------- --------------------

FACULTE D'AGRONOMIE ET DES FACULTY OF AGRONOMY AND

SCIENCES AGRICOLES AGRICULTURAL SCIENCES

---------------- ------------------

DEPARTEMENT D'ECONOMIE DEPARTMENT OF AGRICULTURAL

RURALE ECONOMICS

-------------------------- --------------------------

ANALYSE DE LA PRINCIPALE FILIERE D'APPROVISIONNEMENT DE LA VILLE DE YAOUNDE EN BANANE PLANTAIN

Mémoire de fin d'études, présenté en vue de l'obtention du Diplôme d'Ingénieur Agronome,

Option : Economie et Sociologie Rurales

Par

TCHUISSEU TCHEPNKEP Rivellie Aimée, Epouse NZONKWO

Matricule : 02A093

Décembre 2007

UNIVERSITE DE DSCHANG THE UNIVERSITY OF DSCHANG

----------------- --------------------

FACULTE D'AGRONOMIE ET DES FACULTY OF AGRONOMY AND

SCIENCES AGRICOLES AGRICULTURAL SCIENCES

---------------- ------------------

DEPARTEMENT D'ECONOMIE DEPARTMENT OF AGRICULTURAL

RURALE ECONOMICS

-------------------------- --------------------------

ANALYSE DE LA PRINCIPALE FILIERE D'APPROVISIONNEMENT DE LA VILLE DE YAOUNDE EN BANANE PLANTAIN

Mémoire de fin d'études, présenté en vue de l'obtention du Diplôme d'Ingénieur Agronome,

Option : Economie et Sociologie Rurales

Par

TCHUISSEU TCHEPNKEP Rivellie Aimée, Epouse NZONKWO

Matricule : 02A093

Encadreurs 

Dr Achille BIKOÏ Dr Fidoline NGO NONGA

Chercheur, CARBAP Chargée de Cours,

Université de Yaoundé II-Soa

Superviseur 

Pr Jean ONGLA

Maître de Conférences,

Université de Dschang

Décembre 2007

FICHE DE CERTIFICATION DE L'ORIGINALITE DU TRAVAIL

Je soussignée, Tchuisseu Tchepnkep Rivellie Aimée, épouse Nzonkwo, atteste que le présent mémoire est le fruit de mes travaux de recherche effectués dans la Province du Centre, particulièrement dans les Départements du Mbam et Kim, de la Mefou et Afamba, et du Mfoundi et ce, dans le cadre des activités du CARBAP et du REPARAC. Ce travail s'est fait sous la supervision du Pr Ongla Jean, Maître de Conférences à l'Université de Dschang et le co-encadrement de Dr Achille Bikoï, Chercheur au CARBAP et de Dr Ngo Nonga Fidoline, Chargée de Cours à l'Université de Yaoundé II- Soa.

Ce mémoire est authentique et n'a pas été antérieurement présenté pour l'acquisition de quelque grade universitaire que ce soit.

Il a été soutenu le 19 Décembre 2007 et a été sanctionné par la mention Très Bien.

Il a été revu et corrigé selon les observations des membres du jury et accepté le 12 Janvier 2008.

DEDICACE

« Que le sage écoute, il augmentera son savoir, et celui qui est intelligent acquerra de l'habileté. Ecoute, mon fils, l'instruction de ton père et ne rejette pas l'enseignement de ta mère ». Proverbes 1 : 5 et 8.

Je dédie ce mémoire :

· A mon feu père, papa Robert : l'éducation que j'ai reçue de toi est un bien précieux ;

· A ma mère, maman Régine, pour ton amour, ton soutien et tes précieux conseils que tu ne cesses de m'apporter ;

· A mon époux, Mathurin Nzonkwo, chair de ma chair et os de mes os, pour ton amour inconditionnel, tes encouragements pendant toute cette période de formation et ta présence à mes côtés dans les moments de joie et de peine.

· A mes enfants adorés Dario Clifford, Ruth Elvanie et Aude Charlotte pour l'espoir que vous gravez de jour en jour dans mon coeur ;

· A ma grand-mère maman Anne, mes frères Yanick et Otis, pour votre amour et vos encouragements.

· A ma belle-mère, maman Hélène Nzonkwo, pour tes prières, ton amour, tes conseils et ton soutien pendant ces dernières années de formation.

REMERCIEMENTS

La rigueur scientifique et les exigences d'un travail de recherche sont souvent au-delà des seules capacités de l'étudiant. Il serait audacieux pour nous d'entrer dans le vif du sujet sans nous acquitter d'une dette de reconnaissance auprès des personnes qui ont contribué à la réalisation de ce modeste travail. Je saisis l'occasion qui m'est offerte, pour exprimer ma profonde reconnaissance à toutes ces âmes généreuses qui m'ont aidée de près ou de loin à mener et à finaliser de ce travail.

J'exprime ainsi ma reconnaissance à:

Ø Pr Jean Ongla pour avoir accepté de superviser ce travail en dépit de ses multiples

occupations, pour les conseils, l'encouragement et la patience dans les lectures et les corrections ;

Ø Dr Achille Bikoï pour avoir suivi ce stage et pour les entretiens édifiants ;

Ø Dr Fidoline Ngo Nonga pour avoir suivi ce stage, pour les lectures et la pertinence des

corrections apportées à ce mémoire ;

Ø M. Hervé Mvondo et M. Alphonse Nti, respectivement Délégué d'Arrondissement

de l'agriculture de Ntui et d'Awaé et Mme Mballa Joséphine, Responsable du service de la Promotion de la Femme et la Famille de l'Arrondissement de Ntui qui ont bien voulu disposer de leur temps dans le suivi des activités sur le terrain ;

Ø Tous les producteurs de banane plantain de Ntui, Mbangassina et Awaé ; tous les

commerçants de banane plantain des marchés de Mokolo, Mfoundi et Mvog Mbi et les transporteurs de banane plantain des lignes Ntui/ Mbangassina/ Awaé?Yaoundé qui se sont volontiers prêtés aux enquêtes menées dans le cadre de cette étude ;

Ø La famille Tchouamo pour l'encadrement et le soutien qu'ils m'ont apportés tout au

long de cette période de formation à la Faculté d'Agronomie et des Sciences Agricoles de l'Université de Dschang ;

Ø Mes belles soeurs Minette N., Collette C. et Ida N. ; mes beaux frères Nasser T. , Seize

H., Samuel T., pour votre amour, vos prières et vos encouragements durant toute cette formation ;

Ø Samuel W., Dénise et Roger T., Josué N. Clarisse et Eric M., Laurice M., Bélias M.,

Félicien T., Josiane K., Christelle N., Madeleine S., Hamid G., Andrew L., Bayiha, Emmanuel W., qui m'ont beaucoup encouragée ces dernières années.

Ø Tous ceux dont je n'ai pas pu citer les noms, mais qui m'ont, d'une manière ou d'une

autre, apporté leur appui : qu'ils sachent que je leur suis très reconnaissante.

TABLE DES MATIERES

FICHE DE CERTIFICATION DE L'ORIGINALITE DU TRAVAIL i

FICHE DE CERTIFICATION DE CORRECTION APRES SOUTENANCE ii

DEDICACE iii

REMERCIEMENTS iv

TABLE DES MATIERES v

LISTE DES TABLEAUX ix

LISTE DES FIGURES ET DES CARTES x

LISTE DES ANNEXES xi

RESUME xii

ABSTRACT xiii

LISTE DES ACRONYMES ET DES ABREVIATIONS xiii

CHAPITRE 1 : INTRODUCTION 1

1.1 CONTEXTE 1

1.2 PRESENTATION DU PROBLEME 2

1.3 OBJECTIFS DE L'ETUDE 4

1.4 HYPOTHESES DE L'ETUDE 5

1.5 IMPORTANCE DE L'ETUDE 5

1.5.1 Sur le plan théorique 5

1.5.2 Sur le plan pratique 5

1.6 ORGANISATION DU DOCUMENT 6

CHAPITRE 2 : CLARIFICATION DES CONCEPTS, CADRE 7

THEORIQUE ET REVUE DE LA LITTERATURE 7

2.1 CLARIFICATION DES CONCEPTS 7

2.1.1 La notion d'approvisionnement 7

2.1.2 La notion de marché 7

2.1.3 La notion de marketing 7

2.1.4 La notion de filière 8

2.2 CADRE THEORIQUE 9

2.2.1 L'approche filière 9

2.2.1.1 La délimitation de la filière 9

2.2.1.2 L'analyse comptable 10

2.2.2 Le modèle SCP ( Structure, Conduite et Performance) 11

2.2.2.1 La structure du marché 12

2.2.2.2 La conduite du marché 13

2.2.2.3 La performance du marché 13

2.3 REVUE DE LA LITTERATURE 14

2.3.1 Identification des acteurs et leurs fonctions dans la filière banane 14

plantain d'approvisionnement 14

2.3.2 Identification des circuits ou des chaînes de commercialisation 16

du plantain 16

2.3.3 Quantités moyennes de régimes manipulées par acteurs 17

2.3.4 Charges de commercialisation 18

2.3.5 Prix pratiqués sur les marchés 18

CHAPITRE 3 : METHODOLOGIE 21

3.1 CHOIX ET JUSTIFICATION DES ZONES D'ETUDE 21

3.1.1 Zones de production 21

3.1.2 Zone de consommation 24

3.2 POPULATION DE L'ETUDE ET ECHANTILLONNAGE 26

3.2.1 Choix des zones de production et des producteurs 26

3.2.2 Choix des marchés et des commerçants 28

3.2.3 Choix des transporteurs 29

3.3 LES DONNEES ET LEURS SOURCES 30

3.3.1 Les données secondaires 30

3.3.2 Les données primaires 31

3.4 APPROCHE METHODOLOGIQUE DE COLLECTE DES DONNEES 32

3.4.1 La délimitation de la filière 32

3.4.2 La structure du marché 33

3.4.3 La conduite du marché 34

3.4.4 L'analyse comptable et la performance du marché 34

3.5 ANALYSE DES DONNEES 35

3.5.1 Traitement des données 35

3.5.2 Statistiques utilisées 36

CHAPITRE 4 : RESULTATS : PRESENTATION, ANALYSE ET DISCUSSION 37

4.1 LES ACTEURS DE LA FILIERE ET LEURS FONCTIONS 37

4.1.1 Quelques caractéristiques démographiques des acteurs 37

4.1.1.1 Le sexe 37

4.1.1.2 L'âge 38

4.1.1.3 Le niveau d'éducation 39

4.1.2 Catégorisation des acteurs 40

4.1.2.1 Les producteurs 41

4.1.2.2 Les commerçants 41

4.1.2.3 Les transporteurs 45

4.2 CIRCUITS DE COMMERCIALISATION DU PLANTAIN 46

4.2.1 Structure globale de la filière 46

4.2.2 Les différents types de circuits 47

4.2.2.1 La chaîne à un intermédiaire 47

4.2.2.2 La chaîne à deux intermédiaires 48

4.2.2.3 La chaîne à trois intermédiaires 48

4.2.3 Les relations entre acteurs 49

4.3 NOMBRE DE REGIMES MANIPULES PAR ACTEURS 50

4.3.1 Financement des activités 50

4.3.2 Quantité de régimes manipulés 51

4.3.3 Les pertes enregistrées par les acteurs 52

4.4 LES CHARGES SUPPORTEES PAR LES ACTEURS 53

4.4.1 Les charges des producteurs 53

4.4.2 Les charges des commerçants 55

4.4.2.1 Les charges des super grossistes 55

4.4.2.2 Les charges des super grossistes -grossistes-détaillants 56

4.4.2.3 Les charges des grossistes-détaillants 57

4.4.4.2 Les charges des détaillants 58

4.4.3 Les charges des transporteurs 58

4.5 LES PRIX PRATIQUES PAR LES ACTEURS DE LA FILIERE 59

4.5.1 Les prix pratiqués par les producteurs 59

4.5.2 Les prix pratiqués par les commerçants 61

4.6 LES MARGES DE COMMERCIALISATION DES ACTEURS 62

4.6.1 Les marges de commercialisation des producteurs 62

4.6.2 Les marges de commercialisation des commerçants 64

4.6.3 Les marges de commercialisation des transporteurs 65

4.7 VERIFICATION DES HYPOTHESES 66

CHAPITRE 5 : CONCLUSION, RECOMMANDATIONS ET LIMITES 69

5.1 CONCLUSION 69

5.2 RECOMMANDATIONS 71

5.3 LES LIMITES DE L'ETUDE 72

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 74

ANNEXES 79

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1. Quelques organismes et les actions menées en vue de l'amélioration de la

performance de la filière banane plantain.................................................3

Tableau 2. Répartition des producteurs enquêtés à Ntui et à Mbangassina.......................27

Tableau 3. Répartition des producteurs enquêtés par zone de vulgarisation fonctionnelle dans

la localité d'Awaé...........................................................................28

Tableau 4. Répartition des commerçants enquêtés par marché....................................29

Tableau 5. Répartition des acteurs par groupe et par sexe..........................................37

Tableau 6. Répartition des acteurs enquêtés par groupe et par tranche d'âge....................38

Tableau 7. Répartition des acteurs de la filière par groupe et par niveau d'éducation..........40

Tableau 8. Nombre moyen de régimes manipulés par semaine, et par vendeur sur les

différents marchés...........................................................................51

Tableau 9. Pertes moyennes enregistrées par chaque catégorie de commerçants par marché..52

Tableau 10. Charges supportées par le producteur qui vend au bord champ en F CFA

par hectare...................................................................................54

Tableau 11. Charges supportées par le super grossiste par marché (en F CFA)..................55

Tableau 12. Charges supportées par le super grossiste -détaillant (F CFA)......................56

Tableau 13. Charges supportées par le grossiste-détaillant (en F CFA/régime)..................57

Tableau 14. Les charges supportées par les transporteurs (F CFA/semaine).....................59

Tableau 15. Les prix de vente moyens par régime et par kilogramme pratiqués par les

producteurs selon les lieux de vente....................................................60

Tableau 16. Les prix d'achat et de vente moyens pratiqués par chaque catégorie de vendeur,

par classe de régimes et par kilogramme en F CFA..................................61

Tableau 17. Marge nette/kg des producteurs selon leurs lieux de vente(en F CFA)............63

Tableau 18. Marge nette/ kilogramme des super grossistes et des super grossistes-détaillants

par marché en F CFA.....................................................................64

Tableau 19. Marge nette/kg des grossistes-détaillants et des détaillants par marché

en F CFA....................................................................................65

Tableau 20. Récapitulatif des marges nettes des acteurs de la filière en F CFA/kg.............66

Tableau 21. Récapitulatif de vérification des hypothèses nulles (Ho) et alternatives (HA)....68

LISTE DES FIGURES ET DES CARTES

Figure 1. L'analyse en termes d'économie industrielle.............................................12

Figure 2. Carte de localisation de la Province du Centre au Cameroun...........................22

Figure 3. Carte de localisation de Ntui, Awaé et Mbangassina dans la Province du Centre...23

Figure 4. Carte de localisation des marchés de Mokolo, Mfoundi et Mvog-Mbi dans

la ville de Yaoundé...........................................................................25

Figure 5. Distribution des fréquences du lieu de vente de la banane plantain par les

producteurs....................................................................................41

Figure 6. Lieu de provenance et quantité de la banane plantain vendue sur les marchés enquêtés dans la ville de Yaoundé..........................................................42

Figure 7. Répartition des super grossistes enquêtés sur les marchés de Yaoundé...............43

Figure 8. Répartition des super grossistes- détaillants sur les marchés de Yaoundé............43

Figure 9. Proportion des grossistes-détaillants sur les marchés de Yaoundé.....................44

Figure 10. Répartition des détaillants sur les marchés de Yaoundé................................45

Figure 11. Graphe d'approvisionnement de la ville de Yaoundé en banane plantain............47

LISTE DES ANNEXES

Annexe 1. Questionnaire d'enquête pour les producteurs de banane plantain

de Ntui, Awaé et Mbangassina...........................................................79

Annexe 2. Questionnaire d'enquête pour les commerçants.........................................83

Annexe 3. Questionnaire d'enquête pour transporteurs de banane plantain......................86

Annexe 4. Prix des outils de travail de la culture de la banane plantain...........................87

Annexe 5. Coûts des opérations culturales relatives à la culture de la banane plantain.........87

Annexe 6. Part du producteur qui vend au bord champ par rapport au prix de vente toutes

les catégories de vendeurs (en pourcentage).............................................87

Annexe 7. Départements, chefs-lieux, superficies, Arrondissements et Districts de la

Province du Centre, Cameroun..........................................................88

RESUME

La banane plantain devient de plus en plus chère sur les marchés de Yaoundé. Cette hausse de prix à la consommation ne se répercute cependant pas chez les producteurs. En effet, ces derniers ne sont pas encouragés à améliorer leurs productions. Il n'est donc pas impossible d'entrevoir une pénurie de cette denrée sur les marchés de cette ville dans les années à venir. Compte tenu de ce constat, la présente étude s'est proposée d'analyser l'approvisionnement de la ville de Yaoundé en banane plantain. La méthodologie a consisté en l'exploitation à la fois des données secondaires et des données d'enquête. Pour ces dernières, la technique d'échantillonnage a consisté au choix de façon raisonnée et non aléatoire des producteurs des zones à haute production (bassin de production) situées dans la zone péri urbaine de Yaoundé et à cibler les différents marchés qu'elles approvisionnent, marchés sur lesquels ont été choisis les commerçants et les transporteurs. Les différents objectifs ont été réalisés (identification des acteurs, identification des circuits de commercialisation, détermination du nombre de régimes, détermination des charges, prix et marges des acteurs) sur la base des informations recueillies à l'aide des questionnaires et des observations. Les données ont été analysées avec les logiciels SPSS et Excel.

Les résultats des analyses montrent que 58, 26 et 16 % des producteurs vendent leurs régimes respectivement au bord champ, sur les marchés locaux et sur les marchés de Yaoundé. Sur les marchés, on retrouve les super grossistes (31 %), les super grossistes- détaillants (11 %), les grossistes-détaillants (35 %), les détaillants (23 %). On y retrouve également les transporteurs, les manutentionnaires et les acteurs indirects. 95 % des producteurs reconnaissent être individualistes et désorganisés. Les charges totales en F CFA par kilogramme varient entre 29 et 60 pour les producteurs selon leurs lieux de vente; 27 et 43 pour les super grossistes ; 5 et 7 pour les détaillants et 10 et 15 pour les transporteurs. Les prix pratiqués par les producteurs varient de 47 à 167 F CFA/kg selon le lieu de vente. Les prix de vente de gros à Yaoundé varient entre 100 et 433 F CFA/kg et les prix de détail entre 137 et 566 F CFA/kg. Les marges nettes moyennes sont de 41, 111, 63, et 14 F CFA/kg respectivement pour le producteur, les super grossistes, les détaillants et les transporteurs.

L'étude recommande aux producteurs de s'entendre pour fixer les prix aux revendeurs et, aux pouvoirs publics de veiller à ce que soient supprimées les tracasseries policières. Quant aux organismes de recherche, il leur est suggéré d'approfondir les études sur cette filière afin que tous les acteurs impliqués puissent trouver satisfaction.

ABSTRACT

Plantain banana is becoming more and more expensive on the Yaoundé markets. The  increasing of the price at the consumption level is not experienced by the producers level. This situation evidently doesn't encourage the latter's to improve their productions. It is safe, therefore to assume that there might be a shortage of this staple food product in the next years on this town's markets. This study aims at analysing the Plantain Banana supply of Yaoundé Town. The methodology used consisted of reasoned and non random selection of producers in the high production areas situated in the surroundings of Yaoundé Town and to focus on the various markets that they supply; markets among which carriers and sellers are chosen. The various specific objectives were achieved (identification of marketing agents, of marketing channels and network, determination of marketing costs, prices and marketing margins). The analysis was based on the information's from the administered questionnaires and observations. The results have been analysed using SPSS and Excel softwares.

The results obtained show that 58, 26, and 16 % of producers sell their products at the farms gates, in the local markets and in Yaoundé markets respectively. In markets are found super wholesalers (31 %), super wholesalers- retailers (11 %), wholesalers-retailers (35 %) and retailers (23 %).One can also find carriers, packers and indirect actors. Nine teen five per cent of producers admit to be independent and not organised. The total charge in F CFA per kilogram and weekly vary between 29 and 60 for producers ; 27 and 43 for the super wholesalers, 5 and 7 for the retailers, 10 and 15 for carriers. Prices given by producers vary between F CFA 47 and 167 per kilogram depending on the place where they are being sold. Wholesale prices in Yaoundé vary between CFA 100 and 433 and retail prices between F CFA 137 and 566 per kilogram. From the above results it is worth mentioning  that the average free margin is F CFA 41, 111, 63 and 14, per  kilogram for the producers, super-wholesalers, retailers and carriers respectively.

The study recommends that producers do organise themselves in order to fix common price, and that authorities do stop police annoyances. As far as this network is concerned, research organisations ought to go further into studies so that the whole actors involved in the process may be satisfied. 

LISTE DES ACRONYMES ET DES ABREVIATIONS

CARBAP : Centre Africain de Recherche sur Bananiers et Plantains.

DSCN : Direction de la Statistique et de la Comptabilité Nationale.

EFA : Exploitations Familiales Agricoles.

FAO : « Food and Agricultural Organisation ».

FASA : Faculté d'Agronomie et des Sciences Agricoles.

FRBC : Fonds de Recherche sur Base Compétitive.

GIC : Groupe d'Initiative Commune.

IITA : « International Institute for Tropical Agriculture ».

IRAD : Institut de Recherche Agricole pour le Développement.

Kg : Kilogramme.

Km : Kilomètre.

MIDEVIV : Mission de Développement des Cultures Vivrières.

MINADER : Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural.

MINAGRI : Ministère de l'Agriculture.

ONG : Organisation Non Gouvernementale.

PCP : Pôle de compétence en Partenariat.

PDP : Part Du Producteur.

PIB : Produit Intérieur Brut.

PRFP : Programme de Relance de la Filière Plantain.

PRP : Projet de Recherche en Partenariat.

REPARAC : Renforcement des Partenariats de la Recherche Agronomique au Cameroun.

SOCAPALM : Société Camerounaise des Palmeraies.

SPSS : Statistical Packages for Social Sciences.

CHAPITRE 1 : INTRODUCTION

Dans ce chapitre introductif, il est question de circonscrire le contexte dans lequel se déroule la présente étude, de poser le problème à résoudre et de définir les différents objectifs et les hypothèses qui aideront à la résolution du malaise identifié. Cette introduction permettra également de comprendre pourquoi il est important de conduire une telle étude et donnera les différentes articulations de ce document.

1.1 CONTEXTE

Le PCP grand Sud Cameroun (2004) relève que malgré la réduction relative de son importance depuis l'indépendance, le secteur rural garde une grande place sur le plan de l'économie nationale de par sa contribution au PIB. La DSCN (2005) évalue le PIB agricole à 5,518 milliards de FCFA, soit 44,5 % du PIB national, relève que le secteur rural est le premier employeur (4 550 000 travailleurs, soit 65 % de la population active au Cameroun) et le premier pourvoyeur de devises (45 % des recettes en devises, 15 % des ressources budgétaires avec 60 % du total des exportations). Sa contribution à l'autoconsommation au Cameroun est donc indéniable, la production nationale des produits vivriers étant à 70 % auto consommée. En 2007, l'économie camerounaise reste donc avant tout agricole et peut compter, en fonction de la diversité écologique du pays, sur une large gamme de produits, en particulier les vivriers.

En effet, depuis quelques années déjà, les paysans sont tentés de négliger les cultures d'exportation au profit des cultures vivrières, moins soumises aux aléas des coûts mondiaux et aux prélèvements de l'Etat. Ces cultures vivrières (arachides, céréales, oignions, cultures maraîchères, tubercules, maïs et banane plantain ; pour ne citer que celles-là) répondent aux besoins croissants des populations et alimentent aussi le commerce de plus en plus important à l'exportation. En ce qui concerne la banane plantain, les statistiques de la FAO (2006) indiquent que le Cameroun a exporté 10 tonnes de plantain en 2004 vers l'Europe, ce plantain étant principalement du plantain biologique destiné au marché Européen.

La banane plantain constitue l'une des denrées de base de l'alimentation dans les provinces méridionales du pays (Bikoï et al., 2004 ). Déjà en 1998, Bikoï notait que la banane plantain jouait un rôle de premier ordre dans la sécurité alimentaire au Cameroun. Pour l'auteur, plus de 40 % de la banane plantain produite est consommée dans les villes, notamment Douala et Yaoundé. Il poursuit en déclarant que la banane plantain est l'un des vivriers les plus commercialisés et les plus rémunérateurs, même si sa culture apparaît comme secondaire en terme de superficie cultivée.

A la suite de ces auteurs, Efandem et al. (2005) révèlent que l'importance de la filière banane plantain au Cameroun peut être donnée par le nombre d'acteurs impliqués (plus de 600 000 producteurs, environ 40 000 commerçants), la production annuelle obtenue (1,4 millions de tonnes) et sa contribution à l'économie nationale (120 milliards FCFA de valeur ajoutée, 2 % du PIB). D'après une étude récente, la filière plantain absorbe quelques 600 mille producteurs et plus de 50 mille autres acteurs (commerçants, transporteurs, restaurateurs, autres), pour une production annuelle d'environ 1,3 millions de tonnes (REPARAC, 2007). Par ailleurs, Dury et al.( 2002 ); Temple et Bikoï (2002 ); Ngoma (2003) ont montré que la culture du plantain est devenue un moyen efficace de diversifier les sources de revenus et de réduire divers risques agricoles que les paysans ont connus avec les traditionnels produits de rente (cacao, café).

Vu la place qu'occupe la banane plantain dans l'économie et l'alimentation des camerounais en général, de la population de la ville de Yaoundé en particulier, il s'avère impératif de mettre en exergue les différents circuits d'approvisionnement de cette ville.

1.2 PRESENTATION DU PROBLEME

Dans la zone forestière humide autour de Yaoundé, 66 % de producteurs déclarent produire la banane plantain en priorité pour la commercialisation (Temple et al., 2002). Par ailleurs, la demande de banane plantain est en pleine croissance au Cameroun, en relation avec la pression démographique et l'accroissement de la population urbaine (Nkendah et Temple, 2003). La demande de banane plantain est également forte du fait de ses diverses formes de consommation. La banane plantain est un produit de base de grande consommation au Cameroun, aussi bien dans les campagnes que dans les villes. Comme le fait remarquer Newilah (2005), le plantain constitue un produit de base consommé sous plus d'une vingtaine de formes sur le plan national ; en fonction des régions et des ethnies. Dans la ville de Yaoundé spécifiquement, il se consomme sous forme bouillie, bouillie et pilée, de bouillon, frite, de chips, braisée, découpée, bouillie et mélangée à l'huile pour ne citer que celles là.

Cependant, la production de banane plantain n'a pas connu d'accroissement significatif au niveau des EFA depuis plus de deux décennies pendant que la population du Cameroun a pratiquement doublé au cours de la même période, avec un boom dans les villes en particulier comme le montrent Nkendah et Temple (2003). L'approvisionnement des marchés de la ville de Yaoundé est insuffisant, les périodes de pénurie deviennent de plus en plus fréquentes et le consommateur paie de plus en plus cher depuis 1994 (CARBAP, 1999) et (Temple, 2000). Face à cette situation, plusieurs organismes et centres de recherche se sont donnés pour objectif l'amélioration de la performance de la filière plantain. Leurs actions sont consignées dans le tableau 1.

Tableau 1. Quelques organismes et les actions menées en vue de l'amélioration de la
performance de la filière banane plantain.

Organismes

Actions menées

PRFP

CARBAP

IITA

FRBC

REPARAC

Création des nouvelles variétés, suivi des producteurs, suivi des marchés, diffusion des innovations à travers les agents affectés dans les différents services crées sur l'étendue du territoire National.

Création des variétés résistantes aux ravageurs, du matériel végétal saint, des variétés améliorées des bananes plantain à cuire, des variétés à haut rendement ; suivi des marchés ; diffusion des innovations par les journaux et des séances de formation

Contrôle biologique et lutte contre les adventices

Transfert des techniques culturales et autres innovations sur la culture du bananier plantain au bénéfice des producteurs

Renforcement des capacités des producteurs face aux différentes contraintes de production et à la maîtrise de leur terroir

Malgré ces multiples efforts, il existe des dysfonctionnements au sein de la filière. En l'occurrence le prix du plantain qui ne cesse de grimper sur les marchés de la ville de Yaoundé.

Les prix sont très bas pour les producteurs (marchés situés dans les zones de production dans les zones péri-urbaines) et très élevés pour les consommateurs (marché de consommation) (Dury, 2003). De même, Les conclusions tirées par le REPARAC (2007) permettent de constater que la hausse de prix à la consommation ne se répercute que de manière partielle chez le producteur.

Il s'en suit un déséquilibre persistant entre l'offre stagnante du plantain et la demande de plus en plus croissante des consommateurs, notamment au niveau des villes au point que le plantain y est devenu un produit de luxe (REPARAC, 2007).

La non répercussion de la hausse des prix observée sur les marchés de consommation au niveau des producteurs n'encourage pas ces derniers à améliorer leurs productions. Il n'est pas impossible d'entrevoir une pénurie définitive de banane plantain dans la ville de Yaoundé au courrant des années à venir, surtout que les inputs eux, augmentent en coût.

Face à cette situation confuse, il devient nécessaire, de décrypter le processus de l'approvisionnement de la ville de Yaoundé en banane plantain. Pour ce faire, on pourrait apporter des éléments de réponse à la question principale qui est celle de savoir comment améliorer de façon durable l'approvisionnement de la ville de Yaoundé en banane plantain à travers les questions de recherche suivantes :

1. Quels sont les différents acteurs qui interviennent dans le processus d'approvisionnement de la ville de Yaoundé en banane plantain et quelles sont leurs fonctions ?

2. Quels sont les différents circuits de commercialisation et quel genre de relations entretiennent les différents acteurs ?

3. Quelles sont les marges des différents acteurs de la filière ?

1.3 OBJECTIFS DE L'ETUDE

L'objectif global de la présente étude est d'analyser l'approvisionnement de la ville de Yaoundé en banane plantain, afin de comprendre pourquoi la hausse des prix sur les marchés de Yaoundé n'est pas répercutée au niveau des producteurs. Plus spécifiquement, il s'agira :

· d'identifier les acteurs et leurs fonctions dans la filière plantain d'approvisionnement de la ville de Yaoundé;

· d'identifier les circuits de commercialisation du plantain ; 

· de déterminer les marges des acteurs de la filière.

1.4 HYPOTHESES DE L'ETUDE

Pour analyser la filière banane plantain d'approvisionnement de la ville de Yaoundé

afin de comprendre pourquoi la hausse continue des prix sur le marché n'est pas répercutée au niveau des producteurs, les hypothèses suivantes sont formulées :

1. La chaîne d'intermédiaires est longue et les acteurs sont désorganisés.

2. Le producteur a la plus petite marge dans la filière.

1.5 IMPORTANCE DE L'ETUDE

La présente étude a un double intérêt en raison de son importance, non seulement sur le plan théorique, mais aussi sur le plan pratique.

1.5.1 Sur le plan théorique

Peu d'études portant sur l'acheminement de la banane plantain des zones de production (zones péri-urbaines de Yaoundé) vers les zones de consommation (Yaoundé) ont été jusqu'ici conduites. Pourtant, des études pareilles seraient d'une importance capitale pour une mise en disponibilité du produit au consommateur à un prix raisonnable et une distribution convenable des marges entre producteurs et revendeurs. Puisqu'il s'agit du cas spécifique de l'approvisionnement de la ville de Yaoundé en banane plantain, la présente étude apportera sa modeste contribution pour, sinon combler, du moins ajouter un plus à la littérature relative au fonctionnement des acteurs de la filière banane plantain de la ville de Yaoundé. Elle pourra par ricochet ouvrir d'autres axes de recherches.

1.5.2 Sur le plan pratique

Cette étude présente un intérêt certain tant pour les acteurs de la filière que pour les pouvoirs publics. Ses résultats devraient permettre :

o Aux producteurs de comprendre pourquoi la hausse du prix du plantain sur les marchés

de Yaoundé n'est pas répercutée à leur niveau. Ils pourront également avoir des

informations susceptibles de les éclairer dans leurs prises de décision ;

o Aux commerçants d'avoir à leur disposition diverses informations relatives à la filière, informations qui les aideront aussi dans leurs prises de décision ;

o Aux organismes et personnels d'encadrement de comprendre pourquoi leurs recommandations en vue de l'amélioration et l'augmentation de la production ne sont pas appliquées par les producteurs ;

o Aux organismes de recherche d'appréhender les types de problèmes nécessitant leur attention pour rendre plus efficace la filière d'approvisionnement de la ville de Yaoundé en plantain ;

o Aux pouvoirs publics de prendre des mesures plus efficaces dans la recherche de la sécurité alimentaire.

1.6 ORGANISATION DU DOCUMENT

Ce mémoire s'articule autour de cinq chapitres:

v Le premier présente le contexte de l'étude, la problématique, les objectifs, les hypothèses et l'importance de l'étude ;

v Le deuxième est consacré à la clarification de quelques termes et concepts qui explicitent le thème de l'étude, au cadre théorique et à la revue de la littérature ;

v Le troisième présente la méthodologie de l'étude ;

v Le quatrième est consacré aux résultats de l'étude et à leurs discussions ;

v Le cinquième présente enfin les conclusions auxquelles l'étude a abouties, suggère quelques recommandations et identifie les limites de l'étude.

CHAPITRE 2 : CLARIFICATION DES CONCEPTS, CADRE

THEORIQUE ET REVUE DE LA LITTERATURE

Il est question dans ce chapitre d'avoir une idée précise des concepts et du cadre théorique qui soutiendront l'étude. Il est également question de passer en revue les résultats que d'autres auteurs ont obtenus dans les investigations antérieures et relatives à ce travail, que ce soit dans la ville de Yaoundé ou ailleurs.

2.1 CLARIFICATION DES CONCEPTS

2.1.1 La notion d'approvisionnement

D'après le dictionnaire Petit Larousse illustré (2001), l'approvisionnement est l'action de ravitailler, de munir de provisions. Dans le cas de la présente étude, l'approvisionnement est vu sous deux angles :

q L'approvisionnement des commerçants de banane plantain par les producteurs ;

q L'approvisionnement des consommateurs par les commerçants.

Tous ces acteurs opèrent soit au bord champ, soit au sein d'un marché.

2.1.2 La notion de marché

Duteurtre et al. (2000) définissent le marché comme le lieu de rencontre (éventuellement abstrait) où les offres des vendeurs rencontrent les demandes des acheteurs rencontrent les offres des vendeurs qui s'ajustent à un certain prix. C'est alors le lieu de confrontation des offreurs et des demandeurs d'un bien et d'un service ou d'un facteur de production, parfaitement identifié. Le résultat étant la fixation d'un prix dynamique et la détermination du produit engagé, la finalité étant de satisfaire les besoins des consommateurs.

Selon la Banque Mondiale (2003), les marchés ont besoin d'être soutenus par d'autres institutions pour la confiance, le contrôle et les incitations. En plus des opérations menées dans les marchés, plusieurs autres activités sont menées en vue de la satisfaction du bien-être des consommateurs. Ceci conduit à la notion de marketing

2.1.3 La notion de marketing

Le marketing est l'ensemble des activités économiques et de comportement dans la coordination des diverses activités allant de la production à la consommation (Ayissi, 1998).,

Les activités de marketing peuvent comprendre, selon les cas, l'assemblage, le transport, le triage, le lavage, le contrôle de la qualité, la transformation ou le conditionnement, l'emballage, la recherche des fournisseurs et des débouchés, le stockage, l'assurance du risque de détention des stocks, l'adaptation des produits aux goûts des consommateurs, l'information des consommateurs au sujet de la disponibilité et de la qualité des produits, la présentation des produits sous des formes et dimensions convenables ; pour ne citer que celles-là.

Foundjem (2000) définit le marketing des produits agricoles comme un pont entre les producteurs et les consommateurs. Il précise que c'est une distribution physique et économique mise en place pour faciliter le mouvement et l'échange des denrées des champs vers les marchés.

Partant de là, la notion de commercialisation s'interpose et, d'après Thorelli (1964), elle est un déploiement vertical de consommateurs, de firmes, de marchés et d'institutions associés et impliqués dans la distribution d'un produit. Elle s'articule de ce fait autour de deux composantes à savoir l'offre et la demande. Approvisionnement, marché et marketing peuvent être regroupés en un terme global: la filière.

2.1.4 La notion de filière

La notion de filière ne fait pas l'objet d'une définition précise et unique. Montigaud (1989) la définit comme la prise en compte d'une succession d'activités étroitement imbriquées les unes aux autres, liées verticalement par l'appartenance à un même produit ou des produits voisins et dont la finalité consiste à satisfaire les besoins des consommateurs.

Pour Aube (1994), la filière est l'ensemble comprenant les acteurs intervenant dans la production, la distribution, la transformation et la consommation d'un produit ou groupe de produits donnés et les inter-relations multiples et complexes entre ces acteurs. Fabre (1994) parle de filière de production comme l'ensemble des agents ou fractions d'agents économiques qui contribuent directement à la production, puis à la transformation et à l'acheminement jusqu'au marché de réalisation d'un même produit agricole. Moustier et Pages (1997) la présentent comme une succession d'opérations qui, partant de l'amont d'un produit, aboutissent à son aval, après plusieurs stades de transfert dans le temps, l'espace et la forme, à un produit fini au niveau du consommateur.

Duteurtre et al. (2000) l'assimilent à un système d'agents qui concourent à produire, transformer, distribuer et consommer un produit ou un type de produit. Quant à Gassu (2002), elle est un ensemble d'acteurs et d'activités en relation avec un produit ou groupe de produits liés à un espace précis. Mvogo (2004) pense que la filière est un découpage du réel délimitant un champ qui englobe l'ensemble des opérations techniques et économiques ayant trait à la production, la transformation, la distribution et à la commercialisation d'un produit.

Ces multiples définitions donnent une idée claire des concepts à utiliser pendant l'étude. Elles permettent également de choisir les théories qui cadrent le plus à l'étude.

2.2 CADRE THEORIQUE

Cette étude sur l'analyse de la filière banane plantain d'approvisionnement de la ville de Yaoundé repose sur deux approches théoriques. Il s'agit de l'approche filière et de la méthode d'organisation du marché. Ces méthodes d'étude permettent d'identifier les acteurs, de mieux comprendre les mécanismes de structuration des prix, d'identifier et de caractériser les activités liées au commerce d'un produit afin de concevoir des actions pour lever les contraintes. Bref, elles permettent d'avoir une connaissance fine de l'objet étudié et seront de ce fait utilisées de façon simultanée.

2.2.1 L'approche filière

Elle est basée sur quatre principaux points :

§ la délimitation de la filière qui consiste à définir l'objet étudié et en ressortir les principaux contours ;

§ la typologie des acteurs qui a pour objectif de comprendre les stratégies des différents types d'acteurs de la filière ;

§ l'analyse comptable qui étudie les différents niveaux de prix dans la filière, ainsi que les marges et les profits des acteurs commerciaux aux différents échelons des circuits ;

§ l'analyse organisationnelle qui essaie de comprendre les relations entre acteurs et les règles qui régissent ces relations.

L'étude filière étant très globale, le présent projet de recherche se propose de s'appuyer sur deux points: la délimitation de la filière et l'analyse comptable. Toutefois, les autres points pourront aider dans l'analyse de façon secondaire.

2.2.1.1 La délimitation de la filière

Gassu (2002) relève que délimiter la filière que l'on souhaite étudier revient à définir le(s) produit(s) retenu(s), à déterminer sur le plan vertical (de la production à la consommation) et horizontal (système de production, de commercialisation et de consommation) l'étendue de la filière et préciser les espaces géographiques et temporels sur lesquels la filière doit être étudiée. Ceci implique l'identification des zones de production et des lieux de réalisation des transactions notamment par des enquêtes et des quantifications des flux. Cette définition donne une cartographie des zones d'approvisionnement et des flux d'échange du produit concerné (Temple et Bikoï, 2000).

Dans le cadre du présent travail, le concept de délimitation de la filière va permettre :

o d'identifier les différents acteurs de la filière d'approvisionnement de la ville de Yaoundé en banane plantain;

o d'identifier les fonctions de ces acteurs ;

o d'établir le graphe de la filière à Yaoundé ;

o d'estimer les quantités moyennes vendues par acteur.

2.2.1.2 L'analyse comptable

L'analyse comptable de la filière comprend l'étude des prix des produits, des coûts dans la filière, des comptes des agents et des comptes dans la filière (Duteurtre et al., 2000). Les mêmes auteurs révèlent que l'étude des comptes des acteurs permet d'aborder les niveaux de rentabilité (liés au savoir-faire, différentes techniques utilisées, pouvoir de marché, niveaux des prix, revenus complémentaires obtenus dans d'autres activités) des diverses activités dans la filière. Ils déclarent qu'en effet, les comptes de filière permettent de suggérer les voies de diminution du prix final aux consommateurs et d'évaluer la distribution des revenus dans la filière. Ils concluent enfin que cette analyse permet d'apprécier l'importance de la valeur ajoutée nationale de la filière et d'étudier les principaux lieux d'accumulation du capital et de la création des richesses.

Dans le cadre de cette investigation, l'analyse comptable s'appuie sur le calcul des marges de commercialisation.

Les marges de commercialisation se calculent au moyen des prix pratiqués à chaque niveau de marché et des différentes charges supportées par chaque catégorie d'acteurs. Les formules utilisées sont les suivantes :

Ø MBC = PV- PA ;

Ø MNC = MBC-CTC ;

Avec : MBC = Marge Brute de Commercialisation ;

PV = Prix de Vente ;

PA = Prix d'Achat ;

MNC = Marge Nette de Commercialisation ;

CTC = Coût Total de Commercialisation.

· La marge nette du producteur est estimée suivant la formule

1- MNP = Prix de vente au grossiste - coût de production - transport pour les zones de collecte - pertes pour celui qui vend bord champ - pertes

2- MNP = Prix de vente au grossiste - coût de production - transport pour les zones de collecte - transport des zones de collecte pour le marché - pertes pour le producteur qui vend au marché.

· La marge nette du transporteur est trouvée selon la formule

MNT = Coût de transport - total des charges

Il est à préciser que toutes ces marges sont données par régime pour une meilleure comparaison.

La part du producteur notée PDP est estimée suivant la formule de calcul proposée par Pomeroy et Trinidad (1998).

Ø PDP = (PAp x 100) / PVc

Avec: PAp = Prix d'Achat au Producteur ;

PVc = Prix de Vente du Commerçant.

L'analyse comptable permet :

o de relever les prix pratiqués ;

o d'étudier les charges de production et de commercialisation;

o de déterminer les marges des acteurs de la filière.

A ces deux notions de filière, il est nécessaire de joindre les notions typiques au fonctionnement du marché.

2.2.2 Le modèle SCP ( Structure, Conduite et Performance)

Ongla et Davis (1979) proposent la théorie de l'organisation du marché. Elle repose sur trois composantes: la structure, la conduite et la performance. Toutefois, comme l'a si bien relevé Pomeroy et Trinidad (1998), il existe un flux causal entre les trois composantes. Sherer (1990) illustre cette assertion à travers la figure 1.

La « conduite » du marché par les entreprises

-Politique des prix

-Stratégie du produit et publicité

-Recherche et innovation technologique

-Stratégies institutionnelles

-planification des approvisionnements

Les « structures » du marché

-Nombre d'acheteurs et de vendeurs

-Différenciation du produit

-Barrière d'entrée

-Structures de coût

-Intégration verticale

-technologie de l'offre

-Politique CEE

Quelques «  performances » de la filière

-Prix par rapport au prix moyen de production

-Efficacité des opérations de production et de l'allocation des ressources

-Taux des salaires

-Distribution verte du profit

Figure 1. L'analyse en termes d'économie industrielle.

Source : Sherer ( 1990: 5).

Cette méthode, complémentaire à l'étude filière, permettra à la présente réflexion d'analyser le système de marketing.

2.2.2.1 La structure du marché

La structure du marché se réfère aux dimensions physiques du système de marketing (Epouhé, 1990). D'après Rhodes (1983), elle est aussi l'ensemble des caractéristiques du marché qui affectent de façon significative le comportement et les interventions des vendeurs.

Ongla et Davis (1979) orientent les recherches sur les degrés de concentration du marché (nombre d'acteurs sur le marché et leur distribution par taille ou autre mesure de concentration), de différenciation du produit et les conditions d'entrée et de sortie du marché. Il ressort que ces caractéristiques influencent de manière individuelle ou en combinaison la nature de la compétition et des prix sur le marché.

Tsafack (2004) souligne que la structure du marché affecte la conduite ou le comportement des participants. Elle est également caractérisée selon Pomeroy et Trinidad (1998) par son organisation susceptible d'influer de façon stratégique sur la concurrence et le mode de fixation des prix sur le marché. Dans le même ordre d'idées, Ayissi (1998) relève que l'efficacité du système de marketing agricole peut être déterminée par sa structure.

La structure du marché implique donc des intermédiaires en relation avec leurs activités dans le marketing des biens et services. Pour le cas d'espèce de la ville de Yaoundé, elle permet par des observations et des questionnements d'examiner les activités des différents intermédiaires impliqués dans le marketing du plantain de la dite ville et cela nécessite :

· Une considération du nombre d'intermédiaires engagés dans le processus de

distribution du producteur au consommateur et les conditions d'entrée et de sortie dans le processus.

· Une comparaison des niveaux de prix à chaque stade de marketing et leur impact sur

la décision du producteur à produire davantage ou non.

· Une connaissance des attitudes des différentes catégories d'intermédiaires lors de la

transaction entre les producteurs de plantains et ces derniers.

2.2.2.2 La conduite du marché

Ongla et Davis (1979) notent que la conduite du marché renvoie au profil du comportement des participants dans l'ajustement et l'adaptation au marché où ils opèrent. Cette définition implique d'après Pomeroy et Trinidad (1998) qu'on analyse les profils de comportement humain que l'on ne peut pas identifier, obtenir ou quantifier aisément. Epouhé (1990) assimile la conduite du marché au comportement des firmes sous différentes structures du marché (oligopole, monopole, compétition), et spécialement aux types de décisions que les gestionnaires pourront prendre face aux nombreuses structures du marché. Conséquemment, elle est d'après Ayissi (1998) influencée par la structure du marché.

De manière spécifique, la conduite du marché est identifiée par :

§ des principes ;

§ des méthodes et des actions mises en oeuvre par des entreprises et des individus dans

la fixation de leurs prix (individuels ou collectifs),

§ la recherche de l'information relative au marché,

§ le mécanisme ou le processus d'interaction, de coordination ou des politiques des

vendeurs en compétition (Pomeroy et Trinidad, 1998).

Dans cette étude, la conduite du marché permet d'analyser le processus de l'offre, de communication et d'association entre les différents intermédiaires impliqués dans le marketing du plantain dans la filière d'approvisionnement de la ville de Yaoundé. La conduite du marché est abordée du point de vue des arguments qu'utilisent les acteurs dans la négociation du prix et le mode de paiement utilisé.

2.2.2.3 La performance du marché

La performance du marché réfère aux attributs du processus de marketing, donc à la production et à l'échange des produits qui améliorent directement le bien-être des participants et de la société (Ongla et Davis, 1979). La performance du marché se rapporte aussi à l'impact de la structure et du fonctionnement mesuré par les prix, les coûts et les volumes des produits (Pomeroy et Trinidad, 1998). La performance du marché peut aussi être perçue comme la manière par laquelle le système de marketing remplit les fonctions que la société et les agents du marché attendent d'elle (Epouhé, 1990). Elle peut être considérée comme la facilité par laquelle les produits passent des producteurs aux consommateurs. Ce processus étant très souvent conflictuel, les compromis sont donc nécessaires pour satisfaire le consommateur, le producteur et la société. D'après Pomeroy et Trinidad (1998), le niveau des prix influence très largement les marges des acteurs. Ainsi, en analysant le niveau des marges et la composition des coûts de commercialisation, on peut évaluer l'impact des caractéristiques de la structure et de la conduite sur les performances.

Ndoye (1995) souligne que la performance serait la conséquence de la structure et de la conduite du marché. Il affirme que Les critères d'évaluation de performance du marché sont : les prix, les coûts de commercialisation, les marges commerciales, les variations saisonnières et périodiques des prix, l'ajustement aux changements des prix, l'intégration des prix suivant les marchés et les relations qui lient les différents acteurs.

Dans la présente étude, la performance du marché renvoie à la production et à l'échange du plantain, qui influencent directement le bien être de tous les participants.

2.3 REVUE DE LA LITTERATURE

Cette section permet d'avoir une idée des résultats des études déjà menées dans le domaine. Cette revue est articulée autour des différents objectifs spécifiques de l'étude.

2.3.1 Identification des acteurs et leurs fonctions dans la filière banane

plantain d'approvisionnement

Fabre (1994) appelle agent tout acteur économique, c'est à dire une cellule élémentaire intervenant dans l'économie, un centre autonome d'action et de décision. Il peut s'agir d'une personne physique (producteur, commerçant, consommateur) ou d'une personne morale (entreprise, administration, organisme de développement)

Ainsi, Nyoungou (1992) déclare que dans la ville de Douala, les agents intervenant dans la vente de la banane plantain sont classés en trois grands groupes :

o Les grossistes qu'on retrouve sur les marchés de gros ou marché de type I. Ils

vendent en gros aux revendeurs des autres marchés de la ville. Les activités des détaillants restent négligeables car elles ne prennent corps qu'après toutes les opérations de vente en gros.

o Les grossistes et demi-grossistes qu'on retrouve au marché de type II. Ils achètent les

plantains dans les zones de production, mais leur particularité est le fait qu'ils vendent en gros aux détaillants et en détail aux consommateurs.

o Les détaillants du marché de détail ou de type III. Ils sont plus nombreux que les agents des marchés de type I et II. Ils vendent directement aux consommateurs dans la majorité des cas et beaucoup moins aux revendeurs. Ces commerçants se retrouvent sur les marchés rapprochés des zones résidentielles.

Dans la même lancée, une étude menée par Bikoï et al. (2004) révèlent que les acteurs de la filière banane plantain d'approvisionnement de la ville de Douala peuvent être classés en deux groupes : les acteurs directs et les acteurs indirects.

· Les acteurs directs qui sont impliqués dans la production, la prospection, l'achat, la

collecte, le groupage, l'expédition, le transport, la mise en marché, bref toutes les autres opérations qui ont trait à la manipulation du plantain avant le stade de consommation. Ces acteurs sont des agents plus ou moins spécialisés, et on rencontre des situations où un même agent effectue plusieurs opérations. Les auteurs groupent ces acteurs en quatre catégories : les producteurs, les commerçants, les transporteurs, les agents des services publics.

· Les acteurs indirects qui interviennent en appui aux acteurs directs. Ils sont représentés

par l'administration des marchés (sous la responsabilité des municipalités) et les services de sécurité (gendarmerie et police).

Par ailleurs, en conclusion à une recherche menée par Ngoma (2003) et suite à une enquête menée en 2002, il ressort que dans la filière plantain d'approvisionnement de la ville de Douala, les femmes représentent 72 % de l'effectif des commerçants et les hommes 80 % de l'effectif des producteurs. Il conclue donc que les femmes sont plus exposées aux activités de commercialisation tandis que les hommes s'investissent plus dans la production. En ce qui concerne le niveau d'instruction, le même auteur signale que 75 % des producteurs sont lettrés et que tous les commerçants enquêtés ont au moins fait le primaire.

Dans le même ordre d'idées, Efandem et al. (2005) remarquent que les grossistes qui achètent le plantain dans les zones de production autour de Yaoundé et livrent dans les différents marchés de consommation de la ville de Yaoundé sont appelés les « Bayam-sellam » et sont constitués essentiellement de femmes.

Enfin, Ngom et al. (2006) soulignent que dans la ville de Dschang, les grossistes qui approvisionnent les marchés de la ville en banane plantain sont constitués totalement des femmes (100 %). Au vu de ce qui précède, plusieurs intervenants contribuent à l'acheminement du plantain depuis les zones de production jusqu'aux marchés de consommation.

2.3.2 Identification des circuits ou des chaînes de commercialisation

du plantain

Ongla et Davis (1979) établissent que les composantes d'un système de

commercialisation sont les grossistes et les détaillants qui y jouent un rôle fondamental et constituent de ce fait un maillon essentiel dans la relation qui lie les producteurs aux consommateurs. Pour ce faire, il est important d'analyser les circuits de commercialisation qui permettent d'avoir selon Pomeroy et Trinidad (1998) une connaissance systématique du flux des biens et services depuis le producteur jusqu'au consommateur. Kohls et Uhl (1980) notent que les intermédiaires sont souvent différenciés par les services qu'ils rendent. Ils poursuivent que ces derniers sont habituellement classés en commerçants, agents intermédiaires, spéculateurs et transformateurs.

Nyoungou (1992) dénote quatre circuits entre production et consommation de plantains dans la ville de Douala qu'il appelle respectivement circuit de type I, type II , type III et de type IV. Le circuit de type I est le plus long et retrace l'ensemble des transactions qui s'opèrent entre les zones de production (Moungo et Sud Ouest) et les marchés de consommation de Douala. Ainsi, le plantain part des zones de production vers les marchés de New-Deido, Central, Plantain, Madagascar et Bonassama selon le schéma suivant:

Producteurs grossistes grossistes et détaillants détaillants

Quant au circuit de type II, il regroupe l'ensemble des transactions entre les zones de production, les marchés de gros et les marchés de détail.

Le circuit de type III suit le schéma

Producteurs grossistes détaillants

Enfin, celui de type IV suit le chemin Producteurs détaillants. L'auteur mentionne que plus la chaîne des intermédiaires est longue, plus le nombre d'acteurs intervenant augmente.

Le même auteur signale que les agents sont individualistes, chacun vend en fonction de son prix d'achat et indépendamment des autres. Ainsi il déclare que plus de 90 % des enquêtés n'ont conclu aucune entente concernant la fixation du prix d'achat du produit, ne sont jamais tombés d'accord pour fixer un prix minimum commun de vente et jugent qu'il est inutile de s'associer dans le but de réduire les frais de transport.

Dans la même optique, Bikoï et al. (2004) mettent en évidence, à partir du repérage des lieux de transaction, trois principaux types de circuits classés selon le nombre des intermédiaires entre le producteur et le consommateur dans la filière plantain d'approvisionnement de la ville de Douala.

o Le circuit à un intermédiaire entre le producteur et le consommateur ; c'est à dire

Producteur revendeuse itinérante ou « bayam sellam » consommateur. Cet intermédiaire collecte la marchandise en brousse (bord champ, domicile) ou sur le marché de production auprès du producteur ou du collecteur et fait appel aux transporteurs locaux pour les acheminer à Douala où ils seront vendus en détail.

o Le circuit à deux intermédiaires implique le grossiste itinérant et le détaillant en plus évidemment du producteur et du consommateur. Les grossistes qui s'approvisionnent en brousse opèrent en deux temps. Ils font un premier tour en brousse pour passer la commande et après, ils reviennent avec un véhicule transporter la marchandise.

o Le circuit à trois intermédiaires implique le grossiste itinérant, le grossiste sédentaire et le détaillant.

Epouhé (1990) analyse la structure, la conduite et la performance du système de commercialisation de l'igname dans le département du Fako (Sud-Oest, Cameroun) et conclue que les relations entre vendeurs sont marquées par un faible niveau de communication entre ces derniers sur les marchés. Il souligne qu'ils sont jeunes et peu organisés. De même, Gassu (2002), dans l'analyse de la variation des prix de plantain à Douala, montre que les producteurs et les vendeurs sont désorganisés. Dans la même lancée, Soua et Gockowski (2004) identifient la faible coordination entre acteurs comme l'un des problèmes liés à la distribution du poisson d'eau douce à Yaoundé.

Les intermédiaires constituent les différents échelons que le produit traverse avant d'arriver dans l'assiette du consommateur. Ceci aura sans nul doute une influence sur les quantités de régimes manipulés.

2.3.3 Quantités moyennes de régimes manipulées par acteurs

Bikoï (2004) affirme que le nombre de régimes vendus (acheminés) par commerçant dans les réseaux Mile 20 et Muyuka d'approvisionnement de la ville de Douala au cours d'un cycle de commercialisation en rapport avec son fond de roulement varie selon que le concerné est soit collecteur, grossiste, demi- grossiste, détaillant itinérant ou détaillant. Il note par ailleurs que le cycle de commercialisation correspond à la durée qui sépare l'acte d'achat et l'acte de revente d'une quantité donnée de plantain. En effet, le collecteur et le détaillant ont un fonds de roulement de 50 000 F CFA et manipulent respectivement 30 à 50 régimes d'une part et 5 à 10 d'autre part. Le détaillant itinérant manipule 40 à 70 régimes avec un fonds de 150 000 F CFA. Quant au demi- grossiste, il manipule 50 à 100 régimes avec un fonds de 250 000 F CFA. Enfin, les grossistes sont ceux qui manipulent le plus grand nombre de régimes 100 à 200 et le fonds de roulement est de 500 000 F CFA.

Dans la même lancée, Efandem et al. (2003) déclarent que les « Bayam-sellam » de la ville de Yaoundé s'approvisionnent dans les zones de production périurbaine de la ville de Yaoundé, en moyenne une fois par semaine, et que le nombre moyen des régimes manipulés par revendeuse s'élève à 79. En ce qui concerne les détaillants, le nombre de régimes manipulés est de 12 pour ceux qui sont au marché de Mvog-Mbi et 21 au marché d'Etoudi. Sur l'ensemble des marchés, la moyenne des ventes s'élève à 14 régimes par semaine et par revendeur. Cette variation des quantités manipulées implique nécessairement une variation des coûts de commercialisation du plantain.

2.3.4 Charges de commercialisation

Botomogmo (1985) décrit et analyse la distribution de l'huile de palme de la SOCAPALM et indique que les frais de transport représentent plus de 70 % des frais de commercialisation. De même, Epouhé (1990) souligne que le coût de transport constitue la charge explicite de commercialisation la plus élevée chez les vendeurs d'ignames dans le département du Fako, soit 30 % des coûts totaux. Il représente 41 % de la totalité des coûts variables chez les pêcheurs de Matalom (Pomeroy et Trinidad, 1998).

Nyoungou (1992), lors d'une étude sur la variation des prix de la banane plantain dans la ville de Douala, évoque que les coûts de commercialisation varient suivant le type de marché. Ainsi, selon les agents des marchés de gros, ces coûts regroupent l'ensemble des charges liées au transport (en moyenne 45 F CFA par régime), déplacement personnel (en moyenne 80 F CFA par régime), la manutention (en moyenne 10 F CFA par régime), les frais de patente ( en moyenne 75 F CFA par régime). Pour ce qui est des marchés de détail, les coûts de commercialisation regroupent les coûts de transport (en moyenne 95 F CFA par régime), le déplacement personnel (en moyenne 100 F CFA par régime), les coûts de manutention (en moyenne 30 F CFA par régime), les frais de patente (en moyenne 5 F CFA par régime) et les frais de gardiennage (en moyenne 5 F CFA par régime). Les charges en régime s'élèvent à 210 F CFA pour les grossistes et 235 F CFA pour les détaillants. L'analyse des charges supportées par les agents permet d'expliquer comment, avant d'arriver sur un marché, les produits peuvent afficher des prix et tarifs différents.

2.3.5 Prix pratiqués sur les marchés

Il est important de relever qu'en économie classique, le prix se forme au niveau de la

rencontre entre la demande et l'offre. Depuis la révolution Keynésienne, la formation du prix n'obéit plus toujours à la loi classique. De plus, elle se fait parfois selon la nature du marché.

En Outre, Friedman (1983) relève que la théorie des prix tente d'expliquer comment les interactions de centaines de millions de personnes, réparties sur la surface du globe, se répercutent sur le marché pour déterminer le prix d'un bien ou d'un service, la rémunération d'une heure de travail ou le coût d'une unité de capital.

Sop (1981), étudiant l'impact de la MIDEVIV sur les prix des produits vivriers à Yaoundé, relève que les coûts de marketing (coûts de transport, frais de gardiennage et de stockage, la patente...) concourent à la hausse des produits vivriers. Pour lui, plus le nombre de maillons intervenant est élevé, plus grand sera le prix au consommateur, car chaque intermédiaire veut réaliser un certain profit.

Lendres (1990), dans son analyse de la filière de commercialisation du plantain au Cameroun, fait remarquer que les prix se discutent et ne sont pas contrôlés, suite à une absence de normalisation du produit. D'ailleurs, nous pouvons noter que cette situation n'est pas propre à la banane plantain. En effet, sur tous les marchés, au Cameroun, les prix se discutent, même quand le produit est normalisé.

Nyoungou (1992) note que dans les marchés de détail de Douala, sur une moyenne de onze observations, le prix moyen de détail du kilogramme de plantain est de 125 F CFA. La moyenne des prix minima est de 93 F CFA tandis que celle des prix maxima est de 151 F CFA. Il relève que ces prix varient par marché de détail et entre les agents d'un même marché. Par ailleurs, il souligne que dans les marchés de gros et de détail, le prix moyen du kilogramme de plantain est, sur une moyenne de quinze observations, de 88 F CFA. Les prix minima et maxima étant respectivement de 49 F CFA et 147 F CFA. Dans l'ensemble, le prix moyen du kilogramme de plantain dans la ville de Douala est de 106 F CFA. Pour lui, la grande variation des prix d'un marché à un autre et d'un agent à un autre au sein d'un même marché s'expliquerait par le type d'organisation liant les agents, la structure des charges et la qualité du produit.

Dans la même lancée, Ngoma (2003) relève que le prix moyen de gros par kilogramme de plantain sur les marchés de production qui ravitaillent Douala est d'environ 180,34 F CFA tandis que le prix moyen de détail par kilogramme sur les marchés de Douala est d'environ 275,59 F CFA.

Les charges et les prix étant connus, les marges des acteurs de la filière permettent-elles de juger la rentabilité de la filière du point de vue du bien-être de tous les acteurs?

2.3.6 Marge de commercialisation

Ce concept est d'une grande importance en marketing agricole. Il représente la

différence entre le prix payé au premier vendeur ou producteur et celui payé par l'acheteur final du produit ou consommateur. C'est en d'autres termes la récompense du service rendu dans le circuit de commercialisation d'un produit. Dans le cas de la commercialisation des produits agricoles, les producteurs reçoivent une partie de la marge de commercialisation. Lorsqu'ils assurent aussi les activités de commercialisation, ils bénéficient également d'une part supplémentaire de la marge totale.

Pomeroy et Trinidad (1998) déclarent qu'il n'y a pas de terme lié à la commercialisation agricole plus mal compris que le concept de marge commerciale. En effet, les activités d'échange ajoutent au produit un profit de propriété et génèrent aussi un revenu pour les vendeurs. La totalité de ce revenu n'est pas un bénéfice pur. En réalité, une marge importante de commercialisation peut déboucher sur un profit limité ou nul, voire une perte pour le vendeur concerné, tout dépendant des coûts de commercialisation ainsi que du prix d'achat et du prix de vente. Pour les mêmes auteurs, lorsqu'il y'a plusieurs acheteurs dans une chaîne de commercialisation, on calcule la marge en cherchant les variations des prix aux différents segments, puis en les comparant avec le prix final à la consommation. Ainsi, la part du prix payé par le consommateur final et qui revient au producteur est la part du producteur (PDP). Ils concluent qu'elle est de 41 % pour les pêcheurs dans le prix de détail à Matulon, aux Phlippines, tandis que celles des grossistes et des détaillants sont respectivement de 22 % et 30 %.

La revue de la littérature ci-dessus conduit à penser qu'aucune étude n'a été menée sur ce thème pour la ville de Yaoundé ; Ceci justifie une fois de plus la nécessité de conduire la présente étude pour apporter un plus à cette revue, surtout celle relative à la filière banane plantain d'approvisionnement de cette ville.

La réalisation des objectifs spécifiques et, par la suite des hypothèses énoncées au départ, passent par l'usage de certains outils scientifiques et techniques qu'il est important de décrire. Cette description fera l'objet du chapitre suivant.

CHAPITRE 3 : METHODOLOGIE

Le présent chapitre traite de la présentation du cadre dans lequel s'est déroulée l'étude, du choix de la population ciblée et des méthodes d'échantillonnage. Il examine également la méthode de collecte des données et d'opérationalisation des variables.

3.1 CHOIX ET JUSTIFICATION DES ZONES D'ETUDE

3.1.1 Zones de production

L'étude d'une filière inclut l'ensemble des acteurs intervenant dans la production, la distribution, la transformation et la consommation d'un produit ou groupe de produits donné et les interrelations multiples et complexes entre ces acteurs (Aube, 1994). En ce qui concerne la filière d'approvisionnement de la ville de Yaoundé en banane plantain, plusieurs zones de production sont concernées. Le plantain vendu sur les différents marchés de la ville provient des provinces de l'Ouest, de l'Est et du Centre. La province du Centre est celle qui participe le plus à cet approvisionnement et par conséquent la cible pour cette étude. Cette province est l'une des dix que compte la République du Cameroun; comme l'indique la figure 2.

Figure 2. Carte de localisation de la Province du Centre au Cameroun.

Source : Eketi (1988 :3).

A l'intérieur de la Province du Centre, les enquêtes se déroulent dans trois bassins de production : Ntui, Awaé et Mbangassina. Ces bassins sont les zones de grande production et se trouvent dans les Départements du Mbam et Kim et de la Mefou et Afamba comme le montre la figure 3.

Figure 3. Carte de localisation de Ntui, Awaé et Mbangassina dans la Province du Centre.

Source : Adapté de Eketi (1988 :9).

3.1.2 Zone de consommation

Dans la présente étude, Yaoundé est la principale zone de consommation. Cette ville est la capitale politique de la République du Cameroun. Elle est une zone de grande consommation de plantain qui est de l'ordre de 66 kg par habitant et par an (Temple et al., 2000). Certains grossistes, détaillants et consommateurs se ravitaillent sur les différents marchés de la ville. Dans l'ensemble, ces marchés se tiennent quotidiennement. Il existe des marchés des vivres et des marchés des produits manufacturés. La ville de Yaoundé comporte au moins autant de marchés que de quartiers. Chaque marché de gros et détail ou « grand marché » porte le nom de son quartier. C'est ainsi que le marché de Mokolo est situé au quartier Mokolo, de même pour les marchés d'Essos, de Mvog-Mbi, ou encore du marché de Mfoundi parce que situé près du cours d'eau, qui, passant par le centre commercial a donné son nom au Département. Les marchés de gros et détail sont ainsi dénommés parce qu'ils accueillent directement les fournisseurs venus des zones périphériques ou d'autres régions du pays. Les marchés de détail ou marchés secondaires ont une accessibilité relativement difficile pour les camions de transport des marchandises. Ils sont de ce fait ravitaillés par les marchés de gros et détail et survivent grâce aux activités des revendeurs ou « bayam sellam ». Les marchés de consommation ciblés pour cette étude sont ceux de Mokolo, Mfoundi et Mvog-bi et sont présentés sur la figure 4.

Figure 4. Carte de localisation des marchés de Mokolo, Mfoundi et Mvog-Mbi dans
la ville de Yaoundé.

Source : Adapté de Ndengué (2005 :24).

3.2 POPULATION DE L'ETUDE ET ECHANTILLONNAGE

La population de la présente étude est constituée des :

ü producteurs de banane plantain de la zone périurbaine de Yaoundé, notamment

ceux de Ntui, d'Awaé et de Mbangassina,

ü transporteurs de banane plantain des zones de production vers les marchés de la

ville de Yaoundé et

ü intervenants impliqués dans la commercialisation du plantain dans les marchés de

la ville de Yaoundé (grossistes, détaillants). 

Il est vrai qu'il existe des manutentionnaires qui s'occupent du chargement et du déchargement. Dans la présente étude, ils ne seront pas pris en compte puisque dans les localités concernées, ce sont les commerçants qui supportent ces frais. De plus, ces manutentionnaires dans la majorité des cas pratiquent d'autres activités. Dans les zones de production, ils sont soit des producteurs qui ont des plantations auprès des zones de collecte, soit des élèves libres à ce moment précis et qui se retrouvent dans des plantations ou encore des gens qui passent par-là au moment du chargement. Dans les zones de consommation, ce sont pour la plupart des pousseurs ou des chargeurs.

3.2.1 Choix des zones de production et des producteurs

Efandem et al. (2002) révèlent que les principaux marchés de consommation de Yaoundé sont alimentés par du plantain d'origine très variée provenant des zones péri-urbaines. Les mêmes auteurs déclarent que les localités de Mbangassina, Ntui, Essé, Zoétélé, Akonolinga, Awaé contribuent respectivement de 41 %, 23 %, 8 %, 4,7 %, 3,9 % et 3,9 %. Le reste soit 15,5 % provient des autres provinces. Il ressort de cette étude que Mbangassina, Ntui et Awaé contribuent pour 67,9 % à l'approvisionnement de la ville de Yaoundé en banane plantain. Ces localités sont ciblées par le Projet REPARAC à travers le PRP plantain et le CARBAP comme les bassins de production de plantain. C'est donc cette forte contribution des localités concernées qui a motivé le choix de ces dernières comme zones de production. En ce qui concerne les producteurs, deux catégories ont été choisies pour deux principales raisons :

ü La première catégorie de producteurs se trouve dans les localités de Ntui et d'Awaé. Ces producteurs sont suivis par les CARBAP et le PRP plantain, d'où la nécessité de collaborer avec eux;

ü La deuxième catégorie des producteurs est ciblée à partir des marchés de production

et des informations fournies par d'autres producteurs. Bien que ces derniers n'appartiennent pas aux GIC suivis par les organismes d'encadrement sus-cités, leur implication dans la culture du plantain mérite qu'on leur accorde une attention dans le cadre de cette investigation.

A Ntui, la méthode utilisée pour le choix des producteurs est celle des quotas raisonnés par zone de production. Le taux d'échantillonnage varie de 12 à 20 %. Pour les producteurs appartenant aux GIC (zone de Koussé et Mambongué), le choix est aléatoire et se fait à partir de la liste des membres. Pour ceux des producteurs qui n'appartiennent pas aux GIC, la méthode utilisée est celle du pistage. Il s'agissait de construire une piste « transec » dans la zone d'enquête, en choisissant un producteur tous les trois kilomètres. Le tableau 2 donne la répartition du nombre d'enquêtés par zone de production dans le département du Mbam et Kim.

Tableau 2. Répartition des producteurs enquêtés à Ntui et à Mbangassina.

Zone de haute production

Nombre de producteurs

Nombre d'enquêtés

Pourcentage

Bilik-Bindimi

Bilanga-Nkoumbé

Mambongué

Koussé

Mbangassina

Total

30

28

26

25

47

156

4

4

3

5

7

23

13

14

12

20

15

/

Il ressort du tableau 2 que quatre producteurs ont été enquêtés à Bilik-Bindimi, 4 à Bilanga-Nkoumbé, 3 à Mambongué, 5 à Koussé et 7 à Mbangassima. Un total de 23 producteurs ont donc été enquêtés pendant le séjour à Ntui . Bilik-Bindimi, Bilanga-Nkoumbé, Mambongué, Koussé, et Mbangassina sont situées respectivement à 20, 16, 10, 7 et 35 Km de Ntui.

En ce qui concerne Awaé, les producteurs ont été choisis par la méthode des quotas raisonnés par zone de vulgarisation fonctionnelle. Il existe en réalité 08 zones de vulgarisation créées dont 04 sont fonctionnelles. Le taux d'échantillonnage pratiqué varie entre 25 et 42 %. Il s'agissait également de construire une piste « transec » dans la zone d'enquête en choisissant un enquêté par kilomètre, par deux kilomètres et demi et par trois kilomètres et demi respectivement pour les localités de Zili et Awaé I, Awaé II et Ngat. Le nombre de producteurs enquêtés dans les zones de haute production et de vulgarisation fonctionnelle dans l'arrondissement d'Awaé est mentionné dans le tableau 3.

Tableau 3. Répartition des producteurs enquêtés par zone de vulgarisation fonctionnelle dans
la localité d'Awaé.

Zone de haute production

Population de producteurs

Nombre d'enquêtés

Pourcentage

Ngat

Zili

Awaé I

Awaé II

Total

20

16

13

12

61

5

5

5

5

20

25

31

38

42

/

Il ressort du tableau 3 que 5 producteurs ont été enquêtés par zone de vulgarisation fonctionnelle à Awaé.

Les localités de Ngat, Zili, Awaé I et Awaé II sont situées respectivement à 18, 6, 9 et 13 Km d'Awaé.

3.2.2 Choix des marchés et des commerçants

Une liste des marchés de Yaoundé et leur localisation géographique a été établie au préalable. Ensuite, une typologie des marchés a été faite sur la base des critères suivants :

ü l'effectivité des activités de commercialisation de la banane plantain ;

ü la provenance de la marchandise ;

ü le nombre de vendeurs de banane plantain ( au moins quinze) ;

ü l'importance des transactions (quantité de marchandises achetées et vendues en

moyenne par agent et par semaine) ;

ü la régularité de la périodicité du marché ;

Cette typologie permet d'obtenir les unités primaires telles que les marchés de gros et

détail d'une part, et les marchés de détail d'autre part. Trois marchés sont retenus de ce fait pour l'étude. Ce sont les marchés du Mfoundi, de Mokolo et de Mvog-Mbi. D'ailleurs, les informations recueillies auprès des commerçants sur la provenance de la marchandise sont les mêmes que celles données par les producteurs sur la provenance de leurs acheteurs. Le plantain produit à Ntui est vendu principalement au marché du Mfoundi et à Mokolo, celui de Awaé à Mvog-Mbi. Outre ces particularités, les marchés sélectionnés sont à la fois les marchés de gros et de détail et regroupent de ce fait toutes les catégories d'acteurs.

Une fois ces marchés repérés, pour obtenir la liste des commerçants de banane plantain, un comptage des comptoirs des vendeurs est fait au début de chaque opération d'enquête. Le nombre total des vendeurs est la moyenne du nombre obtenu par comptage et de celui donné par les commerçants. Les marchés de Mfoundi et Mokolo ont plusieurs secteurs de vente de la banane plantain. Pour des raisons d'uniformisation de l'échantillon, celui de Mfoundi est divisé en quatre et Mokolo en trois. Les enquêtés ont été choisis de façon aléatoire avec un taux d'échantillonnage de 30 %. Au Mfoundi, deux vendeurs ont été interviewés par secteurs de vente. A Mokolo certains vendent en bordure de route et d'autres sont installés dans les hangars à l'intérieur du marché. Le questionnaire est administré à 5 vendeurs du hangar, 5 qui vendent en bordure de route et 3 qui sont vers les lieux de stationnement des véhicules. Le nombre de personnes enquêtées dans chaque marché se résume dans le tableau 4.

Tableau 4. Répartition des commerçants enquêtés par marché.

Nombre de commerçants

Nombre d'enquêtés

Mfoundi

Mokolo

Mvog-Mbi

Total

27

8

43

13

16

5

88

26

Il ressort du tableau 4 que 8, 13 et 5 commerçants ont été enquêtés respectivement au marché du Mfoundi, de Mokolo et de Mvog-Mbi.

Il est à noter que le même questionnaire est administré à tous et hors de leurs lieux de vente. Chaque commerçant est entretenu pendant l'interview soit par une boisson, soit par un sandwich ou encore un déjeuner selon les désirs de chacun et selon les moyens financiers disponibles.

3.2.3 Choix des transporteurs

Les transporteurs de banane plantain ont été choisis à la fois dans les zones de production et dans les marchés de consommation à Yaoundé. Dans la ville, environ 62 transporteurs ont été identifiés. Cette information est la moyenne du nombre donné par ceux des transporteurs et certains commerçants rencontrés. Le taux d'échantillonnage pratiqué a été de 30 %. Le choix des interviewés a été fait de façon aléatoire car ceux qui sont enquêtés étaient les transporteurs trouvés en pleine livraison lors des différents passages dans les marchés. Ainsi, la procédure consistait au choix du transporteur de la première voiture alignée, ensuite du troisième, du cinquième jusqu'à l'atteinte du quota déterminé. Cinq transporteurs ont donc été enquêtés au marché du Mfoundi, 6 au marché de Mokolo et 3 au marché de Mvog-Mbi, Soit un total de 14 transporteurs interviewés à Yaoundé. La seule zone de production où les transporteurs ont pu être rencontrés est Mbangassina. Ils étaient au nombre 5, soit de 2 conducteurs de pick-up et 3 conducteurs de camions de 3 tonnes. Ils étaient soit des transporteurs-propriétaires, soit des transporteurs simples ou chauffeurs titulaires. Au total donc 9 transporteurs ont fourni des informations pendant cette étude. Il est difficile de donner le nombre de transporteurs par marché car la plupart interviennent dans tous les marchés de Yaoundé et même dans d'autres villes.

3.3 LES DONNEES ET LEURS SOURCES

Deux types de données ont été collectées lors de cette étude, les données secondaires et les données primaires.

3.3.1 Les données secondaires

Les données secondaires sont les publications des auteurs reconnus par la communauté scientifique. Ce sont les citations, les phrases et même les paragraphes relatifs à notre sujet et pouvant aider d'une manière ou d'une autre à la rédaction de notre document.

Ces données secondaires proviennent de plusieurs sources :

o la Bibliothèque Centrale de l'Université de Dschang ;

o la Bibliothèque du CARBAP ;

o la Bibliothèque du REPARAC ;

o les Bibliothèques personnelles des encadreurs et des enseignants ;

o INTERNET.

Elles ont aidé :

Ø à une meilleure compréhension du thème (notamment les définitions des termes et concepts utiles pour la conduite de l'étude) ;

Ø à situer notre travail par rapport aux études précédentes.

Nous les avons référencées dans la section bibliographie de ce mémoire.

3.3.2 Les données primaires

Trois types de questionnaires ont été élaborés. L'un pour les producteurs, l'autre pour les transporteurs et le dernier pour les commerçants. Certaines données sont obtenues au moyen des entretiens et par des observations directes. La langue d'administration des questionnaires était le français. Le questionnaire soumis aux producteurs a été testé pendant la période du 31 mai au 1er Juin 2007. Celui administré aux commerçants et aux transporteurs l'a été du 02 au 07 juillet 2007. Cette période de test a été déterminante dans la mesure où elle a permis un repérage des marchés approvisionnés par les localités choisies. Elle a permis également d'établir un climat de familiarité et de confiance avec les acteurs. Les enquêtes proprement dites se sont déroulées à Ntui du 10 au 22 juillet 2007, à Awaé du 30 juillet au 10 août 2007 et à Yaoundé du 13 au 28 Août 2007. Les marchés de Ntui et Awaé se tiennent chaque samedi, celui de Mbangassina tous les dimanches. Les revendeurs accompagnés des transporteurs propriétaires et transporteurs simples se ravitaillent une fois par semaine dans les zones de collecte au bord champ. Les enquêtes ont donc été programmées en fonction de ces disponibilités relevées lors du premier passage. A Yaoundé, les marchés se tiennent tous les jours. Les entretiens durent environ 45 minutes par personne pour les producteurs, 40 minutes par personne pour les commerçants et 15 minutes pour les transporteurs.

Plusieurs autres instruments ont été utilisés pendant les enquêtes. Il s'agit :

q D'un peson pour mesurer le poids des régimes et le tas de plantain vendus et/ou achetés ;

q des fiches de collecte de données pour l'enregistrement du poids des régimes, des

prix et des charges de commercialisation.

Des hypothèses ont été émises lors de la collecte des données et éventuellement en fonction de certaines difficultés rencontrées sur le terrain. Ce sont :

Ø Chaque producteur organise sa production de banane plantain sur un hectare.

L'étude ne prend en compte que les parcelles qui comportent le plus grand nombre de pieds de bananiers, les régimes destinés à l'auto consommation pouvant être prélevés dans les autres parcelles du producteur. Les producteurs travaillent généralement sur des superficies variées. Les écartements qu'ils pratiquent sont fonction des nombres de plants disponibles et des associations culturales qu'ils pratiquent. Pour rester dans leur logique, une moyenne des plants par hectare a été calculée par bananeraie et ensuite par producteur (1321 plants).

Ø Toutes les variétés de banane plantain dans la filière ont été confondues.

Que ce soit au niveau des marchés de production ou de consommation, on a rencontré une grande diversité variétale de banane plantain, à savoir les variétés french, vrai cornes, faux cornes et bâtard. Face à la complexité du travail qui aurait consisté à suivre séparément chaque variété ou ne suivre qu'une seule tout le long de la filière, la présente étude, compte tenu du temps disponible, a écarté le critère variétal. Tous les types de plantain présentés sur les marchés ont de ce fait été observés indifféremment.

Ø On a observé trois catégories de banane plantain sur tous les marchés.

Sur les marchés des zones de production, tous ces types de plantain se vendent en lots de régimes, en régimes ou en tas de doigts. En considérant que tous les plantains sont de même type, une difficulté demeure, celle du poids et du prix. Pour une meilleure évaluation et une comparaison des charges, des prix et des marges, toutes les formes de vente ont été converties en trois unités de mesure : les petits régimes (4-9 kg), les moyens régimes (10-20 kg) et les grands régimes >20kg. Pour avoir le prix par kilogramme, le poids moyen d'un régime est considéré comme étant de 15 kg. Ceci s'explique par le fait que le plantain qui vient des zones de production ciblées ne sont certes pas de grande taille, mais appartiennent beaucoup plus aux variétés cornes et faux cornes. Non seulement les doigts ont un poids considérable, mais la hampe aussi.

Ø Tous les plantains trouvés dans les différents lieux de vente ont été considérés de bonne qualité. En considérant que tous les plantains sont de même type, et catégorisé en trois, un problème est resté : Celui de la qualité. Aussi, dans la présente étude, nous avons supposé que tous les régimes étaient de bonne qualité et avons fait abstraction de la couleur lors de la vente.

Ø Les régimes embarqués par semaine dans les différents marchés de production et dans

les zones de collecte sont commercialisés la même semaine. De même, sur les marchés de Yaoundé, on a supposé que les commerçants achètent et vendent leurs produits la même semaine.

3.4 APPROCHE METHODOLOGIQUE DE COLLECTE DES DONNEES

Cette partie montre comment l'approche filière à travers la délimitation de la filière et l'analyse comptable de la filière, la théorie de l'organisation du marché à travers la structure, la conduite et la performance du marché ont été opérationnalisées. Elle présente également comment les différents objectifs spécifiques sont réalisés.

3.4.1 La délimitation de la filière 

La délimitation de la filière est évaluée lors de l'étude au moyen de nombreux critères. De manière spécifique, une partie de la délimitation de la filière a été réalisée durant les enquêtes préliminaires ou pré-enquêtes. Au moyen de l'orientation du thème de recherche, des informations fournies par les acteurs, des observations faites, de la littérature disponible, cette partie a permis de délimiter géographiquement la filière. Ces éléments permettent également de circonscrire de façon claire les différentes zones prises en compte, de déterminer la nature des différents partenaires dans la filière, d'identifier les différents lieux de transaction selon l'époque et la régularité. Ces critères aboutissent de façon pratique à la réalisation du premier objectif à savoir l'identification des acteurs et leurs fonctions dans la filière.

D'autres critères de la délimitation de la filière comme la détermination de la quantité et dans une certaine mesure la qualité du produit ont été utilisés. Ainsi, on a abouti à des résultats qualitatifs qui aideront à la compréhension du fonctionnement des opérateurs et à identifier la chaîne des intermédiaires et les relations entre acteurs, deuxième objectif de l'étude. Les données quantitatives quant à elles ont permis de donner le nombre moyen de régimes manipulés par jour ou par semaine par chaque catégorie d'acteurs, troisième objectif de l'étude ; afin d'établir un graphe de la filière. La présente étude fait abstraction des stratégies utilisées par les acteurs. En effet, l'idée maîtresse qui guide cette étude de filière est d'identifier les raisons pour lesquelles la hausse des prix sur les marchés de Yaoundé n'est pas répercutée sur les marchés de production ou au bord champ. L'accent est donc mis sur les différentes charges supportées et les prix pratiqués par les acteurs.

3.4.2 La structure du marché

L'analyse de la structure du marché est basée sur les objectifs de caractérisation et de quantification des composantes de la chaîne de commercialisation de la banane plantain dans la ville de Yaoundé. Les évaluations ont consisté en l'identification et à la description des différents acteurs impliqués dans la filière à savoir, les producteurs, les transporteurs, les grossistes et les détaillants. Elle est ainsi venue renforcer la délimitation de la filière en donnant plus d'informations pour la réalisation des trois premiers objectifs de l'étude.

L'analyse a porté sur les informations relatives aux rôles des acteurs à chaque niveau du système de commercialisation par les critères de délimitation de la filière.

En ce qui concerne les producteurs, les grossistes et les détaillants, les données démographiques ont été obtenues à l'aide de questionnaires directs dans les zones de production et sur les marchés. Ces données ont porté sur l'âge, le niveau d'éducation, le domicile et le statut matrimonial.

Enfin, les conditions d'entrée et de sortie du marché ont été évaluées sur la base des réponses fournies par les commerçants quant à la possibilité de vendre le plantain dans d'autres marchés ou d'investir dans d'autres secteurs d'activités.

3.4.3 La conduite du marché

La conduite du marché a été évaluée sur la base de la caractérisation du comportement des acteurs impliqués. Spécifiquement, l'attention a été portée sur la taille et les pratiques de l'offre de la banane plantain, le degré de communication dans les marchés, les associations au sein du marché, les principales fonctions du système.

Les informations relatives à l'offre ont été évaluées à l'aide de données des enquêtes relatives aux stratégies de fixation des prix, le mode de payement lors des transactions, le mode de transport utilisé et les personnes responsables de ces transactions.

Quant au mode de communication entre acteurs, il a été évalué sur la base des informations concernant le système de circulation de l'information dans le marché et le type de coordination qui existe entre les acteurs (Association ou GIC de producteurs ou de revendeurs de plantain).

3.4.4 L'analyse comptable et la performance du marché

La performance du marché est évaluée dans cette étude au moyen des critères tels que les coûts de commercialisation, les marges commerciales et les difficultés rencontrées. De façon explicite, le critère coût de commercialisation aide dans la présente étude à évaluer les charges de production et de commercialisation du producteur qui vend soit au bord champ soit au marché situé dans les zones de production ou encore sur les marchés de Yaoundé. Les charges sont ensuite données par hectare et par régime en supposant que tous les régimes produits sont vendus, à l'exception des pertes pré et post récoltes. Le producteur qui vend bord champ supporte de ce fait les charges de production et le transport du champ pour la route. Celui qui vend au marché de production supporte en plus des charges précédentes les frais de transport du champ vers le marché de production et les taxes communales payées chaque jour de marché.

L'ensemble des charges commerciales du marchand se calcule par catégorie de vendeurs rencontrés sur les marchés. Les coûts de commercialisation sont évalués en prenant en compte les frais de transport des commerçants des zones de production vers les marchés de Yaoundé, des lieux de déchargement vers les secteurs de vente. Les impôts payés dans les marchés, les transports dans les marchés (porte-tout, brouette), les taxes sanitaires (frais de balayage) et communales (ticket de marché), les coûts de location des magasins ou des entrepôts, les frais de gardiennage, de chargement et de déchargement sont également pris en compte. Ces charges données par trimestre, mois ou semaine sont converties en charges hebdomadaires et calculées par régime et par kilogramme.

En ce qui concerne les transporteurs, les coûts sont donnés sur la base des informations recueillies par les questionnaires. Le présent travail donne les charges liées au pick-up d'une contenance d'environ 350 régimes, Chaque transporteur étant supposé faire un voyage par semaine. Les charges de ce dernier incluent les frais d'amortissement du véhicule, les frais d'essence, les frais d'entretien du véhicule après chaque voyage, les frais de péage et les contrôles routiers. Ces charges sont également données par régime et par catégorie de transporteurs. La première catégorie étant formée de ceux qui vont à Ntui et Mbangassina et la deuxième ceux qui vont à Awaé. Il est à noter que les infrastructures routières sont évaluées à travers les coûts de transport par régime.

La performance du marché va donc de pair avec l'analyse comptable. L'analyse comptable de la filière ici est menée à l'aide des paramètres tels que les prix au producteur (au bord champ et sur les marchés de collecte), les prix de gros, de demi-gros et les prix au consommateur. De façon spécifique, les prix à tous les niveaux de la filière sont obtenus à partir des prix d'achat et de vente donnés par les acteurs. De façon pratique, les prix sont relevés sur les marchés de collecte par observation et écoute lors de la vente. Pour les producteurs qui vendent au bord champ, les prix sont relevés dans le questionnaire. Une moyenne des prix est donnée pour chaque catégorie de régimes. Sur les marchés de Yaoundé, la procédure utilisée pour avoir les prix de vente et d'achat est l'observation des transactions entre les commerçants les matins et l'achat de certains régimes chez les détaillants. Les transporteurs quant à eux ont des coûts de transport fixes par régime suivant les différentes lignes. La connaissance des charges de commercialisation et des prix permet de calculer les marges.

La performance du marché et l'analyse comptable permettent la réalisation des trois derniers objectifs spécifiques. Une fois les données collectées, une analyse s'impose en vue de l'obtention des résultats qui serviront à la vérification des hypothèses.

3.5 ANALYSE DES DONNEES

3.5.1 Traitement des données

Les données primaires obtenues, suite à l'administration des différents questionnaires, des relevés des poids et des prix pratiqués ont d'abord été dépouillés manuellement. Ensuite les logiciels SPSS 12.0 et Excel sont utilisés pour un traitement détaillé. Ces données portaient sur les caractéristiques démographiques des acteurs de la filière (âge, niveau d'éducation, statut matrimonial et sexe), la nature des relations entre les différents acteurs de la filière, le nombre de régimes manipulés par les différents acteurs de la filière.

3.5.2 Statistiques utilisées

· Une analyse des fréquences simples a permis de faire une description de l'échantillon.

En effet, elle a permis de catégoriser les acteurs, de donner le nombre de régimes manipulés par acteur et de déterminer la nature des relations entre acteurs.

· Les corrélations simples ont été le principal outil statistique utilisé pour déterminer le

degré d'association entre les variables explicatives et les variables expliquées. R² est le coefficient de détermination et permet de savoir s'il existe une association linéaire entre deux variables. Il doit être supérieur ou égal à 0,5. Le coefficient de corrélation de Pearson quant à lui indique l'intensité et la direction de la relation linéaire existant entre deux variables x et y au sein d'un échantillon. Sa valeur absolue varie entre 0 et 1. Les résultats de l'échantillon peuvent être généralisés à la population si n = 25 (biais négligeable). Il est à noter que les deux variables sélectionnées doivent être les variables d'échelle.

Le coefficient de régression linéaire R² et le coefficient de corrélation simple de Pearson ont permis de mesurer le degré d'association entre les charges totales supportées par les acteurs et les différents prix pratiqués.

Les conclusions de ces analyses sont présentées dans le chapitre 4.

CHAPITRE 4 : RESULTATS : PRESENTATION, ANALYSE ET DISCUSSION

Les entretiens ont été conduits et les questionnaires administrés suivant la méthodologie précédemment décrite à 43 producteurs, 28 commerçants et 19 transporteurs, soit un total de 90 enquêtés. Ce chapitre présente les principaux résultats du dépouillement, du traitement et de l'analyse des données recueillies. Il est composé de 7 parties. Ces différentes parties traitent respectivement de l'identification des acteurs et de leurs fonctions dans la filière banane plantain d'approvisionnement de la ville de Yaoundé, de l'identification des circuits de commercialisation, du nombre de régimes manipulés par acteurs, des charges que ces derniers supportent, des prix pratiqués, des marges des acteurs et de la vérification des hypothèses.

4.1 LES ACTEURS DE LA FILIERE ET LEURS FONCTIONS

4.1.1 Quelques caractéristiques démographiques des acteurs

Les caractéristiques démographiques des acteurs retenus ici sont l'âge, le sexe et le

niveau d'éducation. Ces variables permettent d'avoir une idée sur le comportement des acteurs de la filière.

4.1.1.1 Le sexe

Le sexe des enquêtés est relevé et classé par groupe d'acteurs. Cette caractéristique

permet de savoir quelles sont les activités les plus pratiquées par l'un ou l'autre groupe d'acteurs. Le tableau 5 donne les résultats.

Tableau 5. Répartition des acteurs par groupe et par sexe.

Groupe

Sexe

Producteurs

Commerçants

Transporteurs

Fréquence

pourcentage

Fréquence

pourcentage

Fréquence

pourcentage

Féminin

Masculin

Total

8

35

43

19

81

100

22

4

26

85

15

100

0

19

19

0

100

100

Le tableau 5 révèle que les hommes (81 %) sont fortement impliqués dans les activités de production. Ce pourcentage élevé pourrait s'expliquer par le fait que dans les localités concernées, l'objectif principal des producteurs pour la culture de banane plantain est la vente. Dans les zones de production, ce sont les hommes qui sont responsables de la production des cultures annuelles et pérennes tandis que les femmes se contentent de pratiquer celles destinées à l'autoconsommation. Dans le même ordre d'idées, Ngoma (2003) affirme que 80 % des producteurs dans la filière d'approvisionnement de la ville de Douala sont les hommes car ce sont eux qui possèdent et gèrent la terre. De même, la totalité (100 %) des transporteurs est de sexe masculin. En outre, rares sont les femmes qui s'investissent dans ce domaine. Celles qui osent s'aventurer exercent plutôt dans les transports urbains où les routes sont moins mauvaises et les risques réduits.

En effet, les femmes (85 %) seraient plus nombreuses dans les activités de commercialisation. Ceci s'expliquerait par le fait que les ménagères qui souhaitent exercer une activité rentable commencent par vendre le plantain au détail devant leurs maisons. Prenant goût à l'activité, elles se trouvent un espace dans les marchés où elles sont détaillantes. Peu à peu elles créent des contacts avec les grossistes et les transporteurs puis commencent à voyager. Ngom et al. (2006) arrivent à la conclusion selon laquelle les acteurs de la commercialisation de plantain dans la ville de Dschang sont constitués totalement de femmes (100 %). Ces hommes et ces femmes producteurs, transporteurs et commerçants appartiennent à plusieurs classes d'âges.

4.1.1.2 L'âge

Les personnes enquêtées sont classées par groupe (producteurs, commerçants et

transporteurs) et par tranche d'âge. Les résultats sont présentés dans le tableau 6.

Tableau 6. Répartition des acteurs enquêtés par groupe et par tranches d'âge.

Groupe

Classe(années)

Producteurs

Commerçants

Transporteurs

Fréquence

Pourcentage

Fréquence

Pourcentage

Fréquence

Pourcentage

[20-30[

[30-40[

[40-50[

[50-60[

[60-70[

Total

6

9

5

21

2

43

14

21

11

49

5

100

4

8

11

3

0

26

15

31

42

12

0

100

4

8

5

2

0

19

21

42

26

11

0

100

Il ressort du tableau 6 que 49 et 5 % des producteurs ont un âge compris entre [50-60[ et [60-70[ ans respectivement. Cette forte représentation pourrait s'expliquer par le fait que dans les zones rurales, on retrouve très souvent les fonctionnaires retraités qui, de retour au village se réinvestissent dans l'agriculture. On pourrait penser que ces derniers s'investissent dans la culture du plantain parce qu'elle est moins exigeante que les cultures vivrières et nécessite alors moins d'efforts physiques.

Contrairement à cette situation, 15, 31 et 42 % de commerçants ; 21, 42 et 26 %

des transporteurs ont un âge compris entre [20-30[, [30-40[ et [40-50[ ans respectivement. Ces pourcentages élevés pourraient s'expliquer par le fait qu'à ces tranches d'âge, le corps humain supporte encore les exigences dues à l'exercice des activités de commercialisation et de transport. Ces activités comprennent entre autres les multiples voyages pour l'approvisionnement, les opérations de chargement et de déchargement, l'exposition aux intempéries, les bousculades pour l'acquisition des marchandises, les secousses dues au mauvais état des routes, les nuits à la belle étoile dues aux pannes des véhicules ; pour ne citer que celles-là.

Ngoma (2003) relève plutôt que 80 % de producteurs ont un âge compris entre 20 et

49 ans. Cette jeunesse pourrait s'expliquer par le fait que les zones de production ciblées pour le déroulement de la présente étude sont encore très enclavées, raison pour laquelle le pourcentage de jeunes est plutôt bas (14 %). Ce faible pourcentage pourrait également s'expliquer par le fait qu'à cet âge, les jeunes ont plus tendance à se déplacer vers les centres urbains (Fongang, 1998).

L'âge des acteurs est un critère important certes, mais le niveau d'éducation l'est encore peut être plus.

4.1.1.3 Le niveau d'éducation

Le niveau d'éducation de chaque acteur est important pour comprendre le

fonctionnement de la filière. Les informations recueillies sont consignées dans le tableau 7.

Tableau 7. Répartition des acteurs de la filière par groupe et par niveau d'éducation.

Groupe

Niveau d'éducation

Producteurs

Commerçants

Transporteurs

Fréquence

Pourcentage

Fréquence

Pourcentage

Fréquence

Pourcentage

Jamais scolarisé

Primaire

Secondaire

Universitaire

Total

3

24

15

1

43

7

56

35

2

100

7

13

3

3

26

27

50

12

11

100

2

15

2

0

19

11

79

10

0

100

Le tableau 7 révèle que 7 % seulement des producteurs n'ont jamais été à l'école, mais aussi que 56 et 35 % de ceux-ci ont fait l'école primaire et l'enseignement secondaire. Ceci constitue un atout important et très favorable pour l'introduction des innovations (adoption des nouvelles variétés, nouvelles techniques culturales pour ne citer que celles là). Ngoma (2003) tire la même conclusion avec un pourcentage de 75 % de producteurs scolarisés.

Le même tableau révèle que 27% seulement des commerçants n'ont jamais été à l'école, mais aussi que 50, 12 et 11 % de ceux-ci ont fait l'école primaire, l'enseignement secondaire et le supérieur. Egalement, ce tableau indique que 11% seulement des transporteurs n'ont jamais été à l'école, mais aussi que 79 et 10 % de ceux-ci ont fait le primaire et le secondaire. Ceci constitue un atout important et très favorable pour l'amélioration du circuit de distribution.

Ces données recueillies sur les caractéristiques démographiques des enquêtés ont permis de catégoriser les acteurs de la filière en fonction des activités qu'ils mènent.

4.1.2 Catégorisation des acteurs

Les acteurs de la filière sont ceux qui participent à l'acheminement du produit des zones de production vers les marchés de consommation.. Les fonctions retenues sont : la production, la commercialisation, le transport et la régulation. Ces fonctions ont conduit conséquemment à quatre catégories d'acteurs : les producteurs, les commerçants , les transporteurs et les régulateurs. Parmi les régulateurs, certains sont des acteurs directs ( les manutentionnaires) et d'autres sont des acteurs indirects (les agents collecteurs d'impôts et des taxes, les gardiens et les agents des forces de l'ordre).

4.1.2.1 Les producteurs

Ce sont eux qui permettent de rendre disponible la marchandise soit au bord champ, au marché local ou marché de production et dans les marchés de consommation à Yaoundé. Il est nécessaire de catégoriser les producteurs par lieux de vente afin d'avoir une idée des lieux où ces derniers écoulent leur production. Cette ré catégorisation du producteur est illustrée par la figure 5.

Figure 5. Distribution des fréquences du lieu de vente de la banane plantain par les
producteurs.

Il ressort de la figure 5 que plus de la moitié des producteurs (58 %) vendent au bord champ pour limiter au maximum les charges de commercialisation et notamment les coûts de transport vers les marchés locaux. Cette catégorie est rencontrée à Ntui. 16 % des producteurs vendent à Yaoundé. C'est le cas des producteurs rencontrés à Awaé. Ceci est dû au bon état des routes et surtout à la quasi inexistence d'un marché de plantain local. Dans ces différents lieux de vente, le producteur rencontre les commerçants venus de Yaoundé.

4.1.2.2 Les commerçants

Ils vivent tous à Yaoundé et ont, comme fonction principale, l'acheminement du plantain des zones de production vers les marchés de la ville. Ils s'approvisionnent dans la Province du Centre et même ailleurs. La figure 6 présente les différentes localités d'approvisionnement de ces derniers.

Awaé
Ntui
Mbangassina

Autres Arrondissements de la province du Centre

Yaoundé

Province de l'Ouest

Province de l'Est

91%

24% 42% 20%

5%

6% 3%

9%

Figure 6. Lieu de provenance et quantités de la banane plantain vendue sur les marchés enquêtés dans la ville de Yaoundé.

Il ressort de la figure 6 que 5, 24, 42 et 20 % du plantain vendu sur les marchés enquêtés à Yaoundé proviennent respectivement d'Awaé, de Ntui, de Mbangassina, et des autres arrondissements de la Province du Centre. Ces chiffres prouvent que la zone péri-urbaine de Yaoundé a des potentialités de production de banane plantain. En effet, seulement 9 % du plantain vendu provient des localités hors de la province. Ceci est un indice favorable pour le circuit de distribution de la filière. Au sein de cette filière, les commerçants ne jouent pas tous les mêmes rôles.

Selon le rôle de chacun dans la filière ils peuvent être catégorisés en sous groupes de la manière suivante :

Ø Les super grossistes. Ils représentent 31 % de l'effectif total des enquêtés et vendent

seulement aux grossistes. Ces acteurs ont des relations suivies avec les producteurs et les transporteurs. Ils ravitaillent leurs clients à une fréquence bien précise, environ deux fois par semaine. Ils achètent leurs produits dans les zones de collecte localisées par les producteurs (bord champ) et dans les marchés de production. Ces acteurs n'ont pas de comptoir dans les marchés et fonctionnent sur rendez-vous. Il est vrai qu'en saison de pluies, il devient difficile pour eux de respecter leurs contrats à cause du mauvais état des routes. Ils sont présents dans tous les marchés comme l'indique la figure 7. 

Figure 7. Répartition des super grossistes enquêtés sur les marchés de Yaoundé.

La figure 7 montre que 25, 37 et 38 % des super grossistes enquêtés se trouvent au marché de Mvog-Mbi, Mokolo et Mfoundi respectivement. Cette répartition traduit le fait que les marchés de Mfoundi et de Mokolo peuvent être considérés comme les marchés de gros plus que de détail. Les super grossistes ne sont pas les seuls qui font le déplacement pour les zones de production, car on retrouve également les super grossiste -grossiste -détaillants.

Ø Les super grossistes- détaillants qui font également le déplacement pour les zones

d'approvisionnement mais à une plus petite fréquence. Ils sont peu nombreux (11 % du total des enquêtés). Ils ont tous des comptoirs dans le marché où ils exercent leurs activités de commercialisation. Ils revendent aux grossistes -détaillants, aux détaillants et aux consommateurs. La figure 8 donne leur répartition par marché.

Figure 8. Répartition des super grossistes- détaillants sur les marchés de Yaoundé.

Il ressort de la figure 8 que 67 % des commerçants de cette catégorie se trouvent au marché du Mfoundi contre 33 % à Mokolo. Ces chiffres démontrent que le marché du Mfoundi comporte le plus grand nombre de super -grossistes -détaillants. Cette situation est liée à la position géographique de ce marché. De plus, c'est le plus grand lieu d'approvisionnement par rapport aux autres. Cette catégorie est absente à Mvog-Mbi parce que les producteurs d'Awaé viennent vendre leur plantain sur place, ce qui réduit de façon considérable le nombre de super grossistes- détaillants.

Tous les grossistes rencontrés dans les marchés ne font pas tous le déplacement vers les zones d'approvisionnement. Ce qui est le cas des grossistes -détaillants.

Ø Les grossistes-détaillants (35 % du total des enquêtés) vendent la banane plantain aux

détaillants et aux consommateurs. Ils ont tous des comptoirs dans les différents marchés et se ravitaillent auprès des deux catégories d'acteurs précédents. De ce fait, ils ne font pas le déplacement pour les zones de production. Leur répartition par marché est illustrée par la figure 9.

Figure 9. Proportion des grossistes-détaillants sur les marchés de Yaoundé.

Il ressort de la figure 6 que 56%, 22% et 22% des grossistes-détaillants enquêtés se trouvent respectivement dans les marchés de Mokolo, du Mfoundi et Mvog-Mbi. Cette situation impliquerait que le marché de Mokolo a un plus grand nombre de comptoirs de vente de plantain que d'autres. Les grossistes détaillants ne sont pas les seuls qui ne voyagent pas. Il existe une autre catégorie de vendeurs qui achètent et revendent sur place.

Ø Les détaillants (23% du total des enquêtés) constituent l'autre catégorie d'acteurs qui

achètent et revendent sur place. Ils vendent seulement aux consommateurs et achètent leurs marchandises de façon journalière. Ils n'ont pas de comptoirs et dans tous les marchés, ils s'installent habituellement en bordure de route ou aux différentes entrées. Les détaillants vendent les régimes en mains dans la plupart des cas. Ils ne font pas le déplacement vers les zones de production. Leur répartition est schématisée par la figure 10.

Figure 10. Répartition des détaillants sur les marchés de Yaoundé.

La figure 10 ci dessus montre que 66, 17 et 17 % des détaillants enquêtés se trouvent respectivement à Mokolo, Mfoundi et Mvog-Mbi. Le marché de Mokolo est donc celui où on retrouve le plus grand nombre de détaillants. Ce pourcentage dénote qu'à Mokolo, plusieurs vendeurs n'ont pas de comptoir et sont obligés de vendre au bord de la route. Ne pas avoir de comptoir traduirerait le stock limité de magasins.

Nyoungou (1992) classe les commerçants de banane plantain de la ville de Douala en trois groupes. Les fonctions qu'il assigne à chacun des groupes, ceux qui achètent en gros et revendent sur place aux détaillants et aux consommateurs (grossistes-détaillants) sont absents. Cette situation pourrait être expliquée par le fait que les zones d'approvisionnement de la ville de Douala sont non seulement peu éloignées, mais les routes sont de loin plus praticables.

Que ce soit au niveau du détaillant ou des différents grossistes, les transporteurs jouent un rôle capital.

4.1.2.3 Les transporteurs

Le plantain est transporté du champ vers les coins de collecte soit par port sur la tête, sur le dos dans la hotte, à l'aide d'une brouette ou d'un porte tout (les prix variant de 25 à 50 F CFA). Rendu à ce niveau, le plantain peut être transporté directement à Yaoundé lorsque les producteurs s'entendent avec les revendeurs. Le produit peut également être transporté par des taxis, des pick-up et les camions des marchés de production vers ceux de la ville de Yaoundé. Ces transporteurs sont contactés par les revendeurs et ne voyagent que sur rendez-vous. Dans ce deuxième cas, les producteurs attendent le jour du marché, généralement une fois par semaine pour apporter leurs marchandises au marché. Les transporteurs sont aidés dans l'exécution de leurs tâches par une catégorie de personnes qui ont un rôle non négligeable.

Les manutentionnaires qui chargent et déchargent les régimes des véhicules dans les lieux de collecte, marchés de production et de consommation. Ils fixent les prix par régime dans les zones de collecte et les marchés de production. Dans les marchés de consommation, ils fixent les prix par régime (25 à 50 F CFA). Dans les marchés de Yaoundé, le taux est forfaitaire et varie entre 5 000 et 10 000 F CFA selon les quantités de régimes transportés. Après le déchargement, ils transportent le produit vers les lieux de vente des commerçants concernés à raison de 50 à 75 F CFA par régime suivant la distance.

Les producteurs, les super-grossistes, les super grossistes -détaillants, les grossistes-détaillants, les détaillants, les transporteurs et les manutentionnaires interviennent directement dans l'acheminement du produit des plantations vers les différents lieux de vente. Ce sont les acteurs directs. Bikoï et al. (2004) les appellent également les acteurs directs, mais y ajoutent les agents publics. La présente étude classe les agents publics comme acteurs indirects car ils ne sont pas directement liés aux activités qui incluent la manipulation de la banane plantain. Ce sont entre autres les collecteurs d'impôts et de taxes diverses (Impôt libératoire, taxes communales), les gardiens et les agents de force de l'ordre qui exercent soit autour des marchés, soit sur les lignes de transport.

La catégorisation des acteurs de la filière permet de déterminer le nombre d'intervenants avant l'arrivée du produit chez le consommateur. Ceci implique qu'il existe des intermédiaires dans la filière.

4.2 CIRCUITS DE COMMERCIALISATION DU PLANTAIN

4.2.1 Structure globale de la filière

Le producteur peut aller directement au marché vendre sa production. Cette catégorie de producteurs ne constitue que 16 % du total des producteurs. Parmi eux, 9 % préfèreraient vendre au bord champ si les intermédiaires faisaient preuve d'un peu plus d'honnêteté. Selon les producteurs, les revendeurs respectent peu les rendez-vous et les obligent dans la majorité des cas à accepter les prix qu'ils offrent. Ces derniers déclarent qu'ils enregistrent beaucoup de pertes et déplorent les coûts de transport élevés. Cependant, les producteurs les considèrent comme « un mal nécessaire ». C'est la raison pour laquelle 84 % de producteurs déclarent avoir besoin des intermédiaires pour l'écoulement de leurs produits. Ce chiffre pourra atteindre 93 % si les intermédiaires et les producteurs réussissent à trouver un terrain d'entente. Ceci montre que ces derniers sont d'une importance capitale dans le processus de commercialisation de la banane plantain et donc du bon fonctionnement de la filière. Ces informations permettent de construire le graphe de la filière comme l'indique la figure 11.

Zones de production (Ntui, Awaé, Mbangassina)

? ? Bord champ

Bord champ ? ? ou

Marchés Marchés

locaux locaux

Producteur

Super grossiste/Super grossiste-détaillant

Super grossiste/Super grossiste-détaillant

Super Grossiste -détaillant

Grossiste -détaillant
Détaillant

Consommateur

Zone de consommation (Yaoundé)

?

?

? ?

?

Légende :?: port par tête

? : porte-tout et /ou brouette

? : taxi

 : camion 5 tonnes

 : camion 3 tonnes

? : pick-up 1 tonne

Figure 11. Graphe d'approvisionnement de la ville de Yaoundé en banane plantain.

Les transactions que les différents acteurs mentionnés sur le graphe 11 opèrent permettent d'identifier certains circuits de commercialisation.

4.2.2 Les différents types de circuits

4.2.2.1 La chaîne à un intermédiaire

C'est la chaîne la plus courte du circuit. Il existe une seule catégorie d'acteurs entre le producteur et le consommateur. A ce niveau, trois sous circuits sont identifiés :

· Producteur ? grossiste -détaillant ? consommateur : Dans ce cas, le producteur se

rend lui-même au marché de consommation où il vend directement aux grossistes détaillants. Nyoungou (1992) identifie ce circuit comme étant le plus court, mais de type IV. Le consommateur qui achète à ce grossiste peut réaliser des économies par rapport à celui qui achète à la catégorie suivante.

· Producteur ? super grossiste-détaillant ? consommateur : Ici, le super grossiste-

détaillant fait la collecte dans les marché de production et au bord champ. Ils cherchent les transporteurs qui acheminent le produit à Yaoundé. Puisqu'ils ont leurs comptoirs, c'est là qu'ils vendent directement aux consommateurs après avoir vendu les trois quarts de la marchandise aux grossistes. C'est cette deuxième sous catégorie que Bikoï et al. (2004) ont identifié comme circuit à un intermédiaire dans la filière banane plantain d'approvisionnement de Douala. Il existe des circuits à deux intermédiaires.

4.2.2.2 La chaîne à deux intermédiaires

C'est la chaîne moyenne du circuit. Ici, le consommateur paye plus cher le même produit. En effet, chaque intermédiaire cherche naturellement à inclure toutes les charges qu'il supporte dans le prix de vente. Deux sous catégories sont également identifiées :

· Producteur ? grossiste -détaillant ? détaillant ? consommateur : Le producteur se

rend sur les marchés de Yaoundé, vend au grossiste-détaillant qui revend à son tour aux détaillants. Le prix au détaillant dans ce cas est inférieur à celui du super grossiste -grossiste- détaillant.

· Producteur ? super grossiste- détaillant ? détaillant ? consommateur : Le super

grossiste- détaillant ici vend plus cher au détaillant parce qu'il a également un comptoir où il vend en détail au consommateur. Il cherche donc à se ravir le plus grand nombre de clients afin de terminer sa marchandise pour retourner dans les zones de production. Ces deux sous-groupes appartiennent au circuit de type III et II, car, ils regroupent les opérations de vente en gros et en détail (Nyoungou, 1992). Les acteurs de ces deux catégories opèrent en deux temps, un premier voyage pour la collecte et un second pour le transport des produits (Bikoï et al., 2004). La chaîne la plus longue du circuit comporte trois intermédiaires.

4.2.2.3 La chaîne à trois intermédiaires

Plus la chaîne est longue, plus le consommateur paie cher. Dans cette catégorie, on

note deux sous groupes :

· Producteur ? Super grossiste ? Grossiste détaillant ? Détaillant ? Consommateur

· Producteur ? Super grossiste -détaillant ? Grossiste -détaillant ? Détaillant ? Consommateur

Il est vrai que le commerçant paie plus cher. Cependant, celui qui achète dans la chaîne où le super grossiste intervient peut réaliser des économies car ce dernier n'ayant pas de comptoirs, cherche à écouler sa marchandise au plus vite. Cette chaîne correspond au circuit de type I dans le circuit d'approvisionnement de la ville de Douala (Nyoungou, 1992).

Les différents circuits de commercialisation expliquent les variations de prix d'un commerçant à un autre. Elles permettent également de savoir quel est le prix le plus bas qu'un consommateur peut payer pour un même régime de plantain. Cependant, la difficulté qui demeure est celle de savoir comment identifier les acteurs sur le marché pour un consommateur qui vient s'approvisionner. Il est de ce fait important pour les acteurs d'entretenir entre eux des relations de communication et d'entente pour ne plus mettre le consommateur dans une situation d'embarras.

4.2.3 Les relations entre acteurs

Les producteurs et les commerçants ne s'entendent que sur les jours de livraison. En ce qui concerne la fixation des prix, les producteurs sont parfois obligés d'accepter les prix bas que leur offrent les commerçants. Ils justifient ce comportement par le fait qu'ils aient été abusés plusieurs fois par les revendeurs. Ces derniers achetaient certes cher à crédit en promettant de revenir rembourser, chose qui arrivait malheureusement rarement.

Quatre vingt quinze pour cent des producteurs reconnaissent qu'ils sont individualistes et désorganisés. Ils sont également conscients du fait que les prix bas que leur offrent les commerçants résultent de leurs comportements qui donnent la force aux revendeurs. Ces résultats rejoignent ceux de Gassu (2002) qui analyse la variation des prix du plantain à Douala et conclue que les producteurs et les vendeurs sont désorganisés. Les producteurs devraient s'organiser afin se faire un lobbying au niveau local. Ils peuvent par exemple pratiquer la vente groupée et par contrat avec les revendeurs.

Pour ce qui est des commerçants, tous affirment ne pas être membres d'une association de vendeurs de plantains et ignorent même l'existence de telles associations. Ceci dénote un faible niveau de communication et de coordination entre eux. Le fait qu'ils soient regroupés aux mêmes endroits dans différents marchés leur permet juste de savoir qui vend en gros, demi gros ou au détail. Ces résultats viennent confirmer ceux de Nyoungou (1992) qui affirment que 92 % des commerçants de plantain de Douala jugent qu'il est inutile de s'entendre pour réduire les frais de transport. Ce cas de figure est propre aux vendeurs des produits vivriers en général ; car, Epouhé (1990) remarque que les relations entre les vendeurs d'ignames dans le département du Fako (Sud-Ouest, Cameroun) sont marquées par un faible niveau de communication entre eux dans les marchés. Les mêmes observations sont faites par Soua et Gockowski (2004) qui identifient la faible coordination entre acteurs comme l'un des problèmes liés à la distribution du poisson d'eau douce à Yaoundé.

Cependant, lors des opérations de vente et d'achat de banane plantain à Yaoundé, 81 % s'accordent mutuellement (super-grossiste, super -grossiste -grossiste -détaillant, grossiste- détaillant et détaillant) des crédits. Ceci est une marque de confiance et un indicateur favorable pour la création des associations ou des GIC de vendeurs de banane plantain et par ricochet pour l'amélioration du système de commercialisation au sein de la filière.

Les commerçants de la filière, bien que désorganisés au niveau global, fonctionnent individuellement avec tact et rigueur du fait du caractère périssable du produit qu'ils manipulent. Ils savent très bien combien de voyages faire chaque semaine, combien de régimes acheter par voyage afin de minimiser les risques.

4.3 NOMBRE DE REGIMES MANIPULES PAR ACTEURS

4.3.1 Financement des activités

La quantité de régimes manipulés dépend des catégories d'acteurs rencontrés dans les marchés. Elle dépend également des différentes sources de financement qui s'offrent aux vendeurs dans l'exercice de leurs activités. C'est ce qu'on appelle fonds de roulement.

Quatre ving dix sept pour cent des détaillants rencontrés dans les marchés enquêtés déclarent que leurs sources de financement proviennent uniquement de leurs économies personnelles. 94% d'entre eux affirment aussi n'avoir pas accès aux crédits et se déclarent près a augmenter leur capital si jamais les possibilités de crédits leur étaient offertes. Par contre, 3% déclarent ne pas être prêts à contracter un crédit parce qu'ils s'estiment incapables de supporter les risques dus à la vente en gros.

Quatre vingt six pour cent de grossistes-détaillants font des emprunts pour le fonctionnement de leurs activités auprès des tontines et des amis. Le reste, 14% opèrent avec leurs économies personnelles et sont prêts à faire des emprunts pour augmenter le nombre de régimes qu'ils achètent.

Cent pour cent des super grossistes et super grossistes-détaillants affirment qu'ils fonctionnent toujours avec des emprunts qu'ils obtiennent auprès des tontines. Ceci, parce que les transporteurs sont payés en espèces.

4.3.2 Quantité de régimes manipulés

Comme signalé plus haut, les sources de financement influencent les quantités de régimes manipulés par acteurs. Les moyennes des quantités de régimes manipulés sont consignées dans le tableau 8.

Tableau 8. Nombre moyen de régimes manipulés par semaine, et par vendeur dans les
différents marchés.

Catégorie de l'acteur

Super grossiste

Super grossiste- détaillant

Grossiste- détaillant

Détaillant

Marchés

Mokolo

Mfoundi

Mvog-Mbi

Mokolo

Mfoundi

Mokolo

Mfoundi

Mvog-Mbi

Mokolo

Mfoundi

Mvog-Mbi

Nombre de régimes

200

210

150

220

230

95

88

60

40

36

19

Moyenne

187

225

81

32

Il ressort du tableau 8 que le nombre moyen de régimes manipulés par semaine par les super grossistes, les super grossistes - détaillants, les grossistes -détaillants et les détaillants est respectivement de 187, 225, 81 et 32 régimes. Le super grossiste -détaillant manipule le plus grand nombre de régimes parce que non seulement il voyage, mais il a un comptoir dans le marché pour écouler les marchandises non vendues avant le prochain voyage. Les revendeurs qui voyagent manipulent en moyenne 187 ou 225 régimes.

Le grossiste détaillant manipule en moyenne 81 régimes par semaine. Ce qui n'est pas très différent des résultats trouvés par Efandem et al. (2003), résultats selon lesquels les revendeuses ou « bayam-sellam » voyagent une fois par semaine pour l'approvisionnement et manipulent en moyenne 79 régimes. Il déclare également que le détaillant de Mvog-Mbi manipule 12 régimes par semaine. La différence entre ce chiffre et celui trouvé (19) traduirait une augmentation de l'offre du plantain à Yaoundé. Cependant, cette augmentation est moins que proportionnelle à la demande qui demeure insatisfaite.

Par ailleurs, ces résultats rejoignent ceux de Bikoï (2004) qui relève que les revendeurs grossistes de plantain de la ville de Douala manipulent 100-200 régimes par semaine. Le même auteur révèle que les demi -grossistes manipulent 50-100 régimes. Cette catégorie correspond aux grossistes détaillants qui manipulent une moyenne de 81 régimes par semaine. De même, il estime que le nombre de régimes des détaillants est compris entre 30 et 50. La moyenne des régimes manipulés par semaine chez les détaillants de Yaoundé est de 32. Le fait que les résultats de Douala dépassent légèrement ceux de Yaoundé pourrait être dû à la population qui est plus dense à Douala qu'à Yaoundé. Ceci pourrait également être expliqué par le fait que les producteurs des zones péri-urbaines de Yaoundé ne soient pas encore véritablement encouragés à produire plus.

4.3.3 Les pertes enregistrées par les acteurs

La manipulation des régimes de banane plantain engendre souvent des pertes qui sont supportées par les commerçants. Ces pertes sont parfois enregistrées pendant le déplacement du plantain des zones de production vers les marchés de consommation et pendant la manipulation des régimes. Le tableau 9 montre les pertes qu'enregistre chaque catégorie de revendeurs par marché de consommation.

Tableau 9. Pertes moyennes enregistrées par chaque catégorie de commerçants par marché.

Catégorie de l'acteur

Super grossiste

Super grossiste- détaillant

Grossiste- détaillant

Détaillant

Marchés

Mokolo

Mfoundi

Mvog-Mbi

Mokolo

Mfoundi

Mokolo

Mfoundi

Mvog-Mbi

Mokolo

Mfoundi

Mvog-Mbi

Nombre de régimes

200

210

150

220

230

95

88

60

40

36

19

Nombre moyen de régimes perdus

6

7

5

6

7

2

2

1

1

1

1

Pourcentage de pertes

3

3

3

3

3

2

2

2

3

3

5

Il ressort du tableau 9 que les super grossistes et les super grossistes -détaillants qui vendent aux marchés de Mokolo, du Mfoundi et du marché de Mvog-Mbi enregistrent les pertes de l'ordre de 3 % du volume total des produits vendus. Les grossistes-détaillants quant à eux enregistrent 2 % des pertes. Les détaillants du marché de Mvog-Mbi enregistrent le plus grand nombre de pertes. Ceci est du à leurs situations géographiques (en bordure de route). En effet, les régimes sont souvent endommagés par les voitures. Leur pourcentage de pertes est également élevé du fait qu'ils manipulent peu de régimes par semaine.

Il existe également des pertes au niveau des producteurs. Celles-ci sont d'ailleurs plus importantes. En effet, pour une surface d'un hectare, 10 % de pertes pré-récolte ont été enregistrées contre 2 % de pertes post-récolte, soit un total de 12 % par rapport au volume total du plantain vendu pour les producteurs qui vendent à Yaoundé et sur les marchés locaux, 11 % pour ceux qui vendent au bord champ. Les pertes sont plus grandes au niveau de la production.

En effet, N'da Adopo (1991) et Temple et al. (1996) ont prouvé qu'en ce qui concerne la culture de la banane plantain, les pertes sont plus importantes au niveau de la production qu'au niveau de la commercialisation et atteignent parfois 70 %. Il est à noter que les véhicules qui transportent le plantain dans la filière d'approvisionnement de Yaoundé ne parcourent pas les grandes distances. Les durés de transport, 2 à 5 heures au maximum sont donc courtes, particulièrement dans le cas d'espèce de la ville de Yaoundé qui est entourée par sa zone d'approvisionnement distante de 30 à 60 Km en moyenne (Lendres, 1990).

Au sein de la filière banane plantain d'approvisionnement de Yaoundé, la manipulation des régimes aussi petit que soit leur nombre implique certaines charges tant au niveau des producteurs qu'au niveau des commerçants.

4.4 LES CHARGES SUPPORTEES PAR LES ACTEURS

4.4.1 Les charges des producteurs

Dans le circuit de commercialisation, le producteur est celui qui est responsable de l'approvisionnement de la filière en plantain. Celui- ci supporte certains coûts avant la mise du plantain à la disposition des premiers acheteurs. Ces coûts sont relatifs à la production et dans une certaine mesure des opérations de commercialisation pour certains d'entre eux.

Dans la logique précédente nous pouvons ainsi distinguer des producteurs qui vendent leur plantain au bord champ et d'autres qui vendent sur les marchés de production ou de consommation. Ces deux catégories de producteurs impliquent l'existence de deux types de charges. Il s'agit des charges de production et des charges de commercialisation.

Les charges de production sont celles que le producteur supporte depuis l'acquisition du terrain jusqu'à la récolte. Une remarque importante mérite d'être faite. Cent pour cent des producteurs enquêtés ont acquis les terres par héritage. Ils pratiquent la culture soit sur des terres laissées en jachère, soit sur les nouvelles défriches forestières. Le présent travail fait donc abstraction des coûts de terrain et des frais d'amortissement. Le tableau 10 donne un récapitulatif des différentes charges et leurs implications financières par hectare.

Tableau 10. Charges supportées par le producteur qui vend bord champ en F CFA par hectare.

Rubriques

Prix

1) Achat des rejets (1321 plants)

2) Achat des outils de travail(Annexe 4)

3) Achat des pesticides

4) Opérations culturales (Annexe 5)

7) Transport pour les zones de collecte

8) Total

9) Charge unitaire(par régime)

10) Charge par kilogramme

99 075

17 500

5 000

421 175

29 100

571 850

433

29

Le tableau 10 révèle que le producteur qui vend au bord champ supporte une charge de 433 F CFA/ régime, soit 29 F CFA/Kg. Il est à noter que le producteur qui vend au bord champ paie 25 F CFA/régime, pour le transport du plantain de la plantation au lieu de stationnement du véhicule. C'est la seule charge de commercialisation qu'il supporte. Les opérations culturales constituent 74 % des charges supportées par ce producteur et les frais de transport pour les zones de collecte 6 %.

En ce qui concerne les producteurs qui vendent sur les marchés locaux, En plus des charges ci dessus, ils paient une moyenne de 200 FCFA/régime et 5 F CFA de taxe communale. Ses charges reviennent donc à 638 F CFA/régime soit 43 F CFA/kg. Dans ce cas, les frais de transport représentent 35 % des charges totales. Ce cas de figure est propre aux producteurs de la localité de Ntui et Mbangassina.

Seize pour cent des producteurs d'Awaé vendent leur production à Yaoundé. Dans ce cas, le total des charges est de 898 FCFA/régime, soit 60 F CFA/kg avec 465 F CFA/régime comme frais de transport (25 F CFA de frais de transport pour les zones de collecte, 400 de Awaé à Yaoundé et 40 F CFA pour le transport du producteur). Les frais de transport représentent alors 52 % des charges totales.

Il est important de noter ici que 90 % des producteurs pratiquent la culture de la banane plantain en association avec le cacao, les fruitiers et parfois d'autres cultures vivrières. Ils ne détiennent pas de documents leur permettant de comptabiliser les dépenses spécifiques à chaque culture présente dans l'exploitation. Ceci est un indice défavorable pour eux quant à la fixation des prix lors de la vente non seulement de la banane plantain, mais aussi des autres produits récoltés dans leurs différentes plantations. Dans ce cas, ils seront moins rigoureux lors des négociations, ce qui donnera un avantage considérable aux acheteurs.

Les producteurs ne sont pas les seuls à supporter les charges. Les commerçants ne sont pas du reste, même s'ils ne supportent que les charges de commercialisation.

4.4.2 Les charges des commerçants

Les charges des commerçants diffèrent selon la catégorie de ces derniers et selon le marché dans lequel ils exercent.

4.4.2.1 Les charges des super grossistes

Cette catégorie de commerçants est rencontrée dans tous les trois marchés. Les exigences dues à l'exercice de leurs activités sont consignées dans le tableau 11.

Tableau 11. Charges supportées par le super grossiste par marché (en F CFA).

Rubriques

Chargement

Transport

Frais d'entrée

Déchargement

Impôts et taxes

Marchés de Yaoundé ou provenance

Zone de production

Ntui/Mbangassina

Awaé

Mokolo

Mfoundi

Mokolo

Mfoundi

Mvog-Mbi

Mokolo

Mfoundi

Mvog-Mbi

Coût par semaine

/

/

/

1000

1000

10 000

10 000

10 000

2250

2250

2250

Coût par régime

25

500

300

5

5

50

48

67

11

11

15

Il ressort du tableau 11 que les charges de commercialisation des super grossistes varient selon les marchés et selon les lieux d'approvisionnement. Ainsi :

q Les super grossistes en provenance d'Awaé ne vendent qu'au marché de Mvog-Mbi.

Ils supportent une charge de commercialisation de 407 F CFA/régime, soit 27 F CFA/kg.

q Ceux en provenance de Ntui et Mbangassina vendent soit au marché de Mokolo, soit

au marché du Mfoundi. Quand ils vendent au marché de Mokolo, leurs charges s'élèvent à 591 F CFA/régime, contre 589 F CFA/régime au marché du Mfoundi, soit 39 F CFA/kg pour les deux marchés.

Les super grossistes sont liés aux super grossistes - détaillants du fait qu'ils voyagent, mais le fait que ces derniers aient un comptoir cause des variations au niveau des charges. Il est donc nécessaire de relever les charges des super grossistes-détaillants retrouvés aux marchés du Mfoundi et de Mokolo. Cette catégorie n'ayant pas été retrouvée au marché de Mvog-Mbi.

4.4.2.2 Les charges des super grossistes -grossistes-détaillants

Les commerçants qui appartiennent à cette catégorie se retrouvent dans les marchés de Mokolo et Mfoundi seulement. Le récapitulatif de l'ensemble des charges qu'ils supportent est résumé dans le tableau 12.

Tableau 12. Charges supportées par le super grossiste -détaillant (F CFA).

Rubriques

Chargement

transport

Frais d'entrée

Déchargement

Impôts et taxes

Gardiennage

Balayage

Transport vers les comptoirs

Marché

Zone de production

Ntui Mbangassina

Mokolo

Mfoundi

Mokolo

Mfoundi

Mokolo

Mfoundi

Mokolo

Mfoundi

Mokolo

Mfoundi

Mokolo

Mfoundi

Coût par

Semaine

/

/

1000

1000

10 000

10 000

3650

3650

375

750

500

500

/

/

Coût par régime

25

500

5

5

50

48

17

16

2

3

2

2

50

50

Il ressort du tableau 12 qu'en plus des charges supportées par le super grossiste, le super grossiste -détaillant paie les frais de gardiennage, de balayage et de transport dans le marché. De plus, ses impôts et taxes sont revus à la hausse parce qu'il paie la taxe communale de 200 F CFA/jour. En somme, ses charges s'élèvent à 649 F CFA/régime pour celui qui est au marché du Mfoundi et de 651 F CFA/régime pour celui qui se trouve au marché de Mokolo, soit 43 F CFA/kg pour les deux marchés.

Les résultats trouvés sont supérieurs à ceux de Nyoungou (1992), selon lesquels les charges des grossistes s'élèvent à 210 F CFA/régime. Cette différence s'expliquerait d'une part par la différence géographique, et par le fait que certaines charges de commercialisation ont pratiquement doublé d'autre part. Ce sont entre autres : le mauvais état des routes (surtout en saison des pluies), la hausse du prix du carburant qui est passé du simple au double et à l'augmentation des impôts et taxes diverses.

Cependant, Ongla et Davis (1979) rapportent que les frais de transport représentent plus de 50 % des coûts totaux de commercialisation et constituent le problème majeur du système de commercialisation. Dans le même ordre d'idées, Botomogmo (1985) indique que les frais de transport représentent plus de 70 % des frais de commercialisation de l'huile de palme. A sa suite, Epouhé (1990) souligne que le coût de transport constitue la charge de commercialisation la plus élevée, soit 30 % des coûts totaux. Les résultats de notre étude viennent confirmer ces conclusions.

En effet, les frais de transport des producteurs sont respectivement de 32 et 50 % selon qu'ils vendent les produits sur les marchés de production ou sur les marchés de Yaoundé. Les frais de transport des super grossistes qui s'approvisionnent à Awaé représentent 74 % des charges totales et 84 % pour ceux d'entre eux qui s'approvisionnent à Ntui et Mbangassina. Quant aux super grossistes -grossistes- détaillants, les frais de transport représentent 77 % des charges totales de commercialisation. Ces chiffres démontrent que le problème de transport a toujours été un des problèmes majeurs du système de commercialisation des produits vivriers en général et de la banane plantain en particulier. Les chiffres montrent également que le problème va grandissant puisque les pourcentages augmentent. Il est donc nécessaire d'y porter une attention particulière pour la bonne marche de la filière. Ce problème ne touche pas directement tous les acteurs de la filière. Certains y sont indirectement touchés du fait qu'ils achètent leurs marchandises sur place à Yaoundé. C'est le cas des grossistes-détaillants.

4.4.2.3 Les charges des grossistes-détaillants

Les enquêtés de cette catégorie sont présents dans tous les marchés. Les charges qu'ils supportent varient d'un marché à un autre. La totalité de ces charges est donnée dans le tableau 13.

Tableau 13. Charges supportées par le grossiste-détaillant (en F CFA/régime).

Rubriques

Transport vers comptoir

Impôts et taxes

Gardiennage

Balayage

Marché

Mokolo

Mfoundi

Mvog-Mbi

Mokolo

Mfoundi

Mvog- Mbi

Mokolo

Mfoundi

Mvog- Mbi

Mokolo

Mfoundi

Mvog- Mbi

Coût/ semaine

/

/

/

1650

1650

1650

375

750

500

500

500

500

Coût/ré-gime

50

50

50

17

19

28

4

9

8

5

6

8

Le tableau 13 fait remarquer que les grossistes détaillants du marché de Mokolo paient 50, 17, 4 et 5 F CFA respectivement pour les frais de transport de la marchandise vers leurs comptoirs, impôts et taxes, le gardiennage et le balayage, soit un total de 76 F CFA/régime dont 5 F CFA/kg des charges de commercialisation. Ceux du marché du Mfoundi paient 84 FCFA/régime pour les mêmes charges tandis que ce coût s'élève à 94 F CFA pour ceux de Mvog-Mbi, soit 6 F CFA/kg pour les deux derniers marchés.

Les charges par régime sont plus élevées à Mvog-Mbi du fait du nombre de régimes manipulés par ces acteurs qui est inférieur aux autres. Dans l'ensemble, les charges supportées par les grossistes-détaillants sont très inférieures à celles supportées par les super grossistes. D'ailleurs, les grossistes- détaillants ne supportent pratiquement aucun frais de transport à part les frais qu'ils paient aux pousseurs pour transporter la marchandise des lieux de déchargement jusqu'à leurs comptoirs. Les détaillants également supportent presque ces mêmes charges.

4.4.4.2 Les charges des détaillants

Les détaillants se rencontrent dans tous les marchés. Ils sont ceux qui sont le plus en contact avec les consommateurs certainement à cause de leurs positions dans les marchés. Ceux du marché du Mfoundi et Mvog-Mbi supportent les mêmes charges que les grossistes détaillant à savoir 84 et 94 F CFA respectivement, soit 6 F CFA/kg. Les détaillants du marché Mokolo paient plutôt 75 F CFA pour le transport de leur marchandise des lieux de déchargement vers leurs comptoirs qui sont situés en bordure de route. Ceci ramène leurs charges de commercialisation à 101 F CFA/régime, soit 7 F CFA/kg. Les charges de commercialisation des détaillants de la ville de Yaoundé s'élèvent au plus à 101 F CFA/régime. Ces coûts sont inférieurs à ceux des détaillants de Douala qui étaient de 235 F CFA/régime (Nyoungou, 1992). Cette différence serait due au fait que les détaillants de cette ville s'approvisionnent dans les marchés de gros et paient le transport plus cher.

Les détaillants supportent les frais de transport lors de l'achat de leurs produits. Ceux qui supportent directement ces coûts sont les super grossistes. Il devient donc nécessaire de déterminer les charges de transporteurs puisque ces charges sont supportées par tous les membres de la filière.

4.4.3 Les charges des transporteurs

Les transporteurs supportent eux aussi de multiples charges, à savoir les frais d'amortissement de leurs véhicules, d'achat du carburant, les frais d'entretien de leur véhicule, les frais de route (péage) et ceux dus aux tracasseries policières. Ces charges et leurs implications financières sont consignées dans le tableau 14.

Tableau 14. Les charges supportées par les transporteurs (F CFA/semaine).

Rubriques

Charges

 

Ntui/Mbangassina Awaé

1) Amortissement du véhicule

2) Carburant

3) Entretien

4) Tracasseries policières et péage

5) Total

19231 19231

20000 10000

25000 15000

15000 10000

79231 54231

Du tableau 14, se dégage ceci :les producteurs qui vont à Ntui ou à Mbangassina et à Awaé supportent respectivement 79231 F CFA de charges par semaine, soit 226 F CFA/régime, dont 15 F CFA/ kg et 54231 F CFA, soit 155 F CFA/régime, dont 10 F CFA/kg. Les charges de ceux d'Awaé sont réduites parce que les routes sont non seulement plus praticables d'une part, mais plus courtes d'autre part.

Il est à noter que l'amortissement utilisé ici est l'amortissement linéaire. En effet, nous supposons le coût d'acquisition d'une pick-up seconde main à 5 000 000 F CFA. Ce véhicule peut être amorti au bout de cinq années. Alors, l'amortissement annuel est de 1 000 000 F CFA. En supposant que le propriétaire fait un voyage par semaine, l'amortissement hebdomadaire sera de 19231 F CFA.

Les charges que tous les acteurs de la filière supportent influencent sans nul doute la fixation des prix. Il est important de relever et d'analyser les prix pratiqués par les acteurs de la filière.

4.5 LES PRIX PRATIQUES PAR LES ACTEURS DE LA FILIERE

4.5.1 Les prix pratiqués par les producteurs

Le producteur a trois objectifs principaux quand il se lance dans la production d'une culture donnée : la vente, l'autoconsommation ou les deux. La présente étude s'intéresse à ceux dont l'objectif de production de la banane plantain est surtout la vente. Ceci implique qu'une fois le produit récolté, il faut l'écouler et rapidement du fait de son caractère périssable. Les prix de vente du producteur diffèrent selon qu'il vende au bord champ, sur les marchés locaux ou sur les marchés de Yaoundé et selon la taille du régime. Le tableau 15 donne le récapitulatif des prix pratiqués par les producteurs.

Tableau 15. Les prix de vente moyens par régime et par kilogramme pratiqués par les
producteurs selon les lieux de vente en F CFA.

Classe de régime

Prix de vente moyens

Bord champ

Marchés locaux

Yaoundé

Petit régime (4-9 Kg)

Moyen régime (10-20 Kg)

Grand régime (>20 Kg)

700

1300

1500

800

1500

2000

1500

2000

2500

Prix moyen par kilogramme

78

96

133

Le tableau 15 montre que les petits régimes sont vendus à 700, 800 et 1500, les moyens à 1300, 1500 et 2000, les grands régimes à 1500, 2000 et 2500 respectivement au bord champ, sur les marchés de production et sur les marchés de Yaoundé. Il découle également du tableau 15 que le producteur vend le kilogramme de banane plantain à 78, 96 et 133 FCFA respectivement au bord champ, sur les marchés locaux et sur ceux de Yaoundé.

Il est possible de calculer les écarts entre les différents prix de vente pour voir quel est le lieu de vente (bord champ, marchés locaux et marchés de Yaoundé) qui permet au producteur de gagner plus. Ainsi, l'écart entre le prix moyen de vente bord champ et le prix de vente moyen sur les marchés locaux est de 18 F CFA/kg. Etant donné que les frais de transport pour le marché local s'élèvent à 14 F CFA/Kg, le producteur qui vend au marché de production vend plus cher de 4 F CFA/kg. De même, L'écart entre le prix de vente au bord champ et le prix de vente sur les marchés de Yaoundé est de 55 F CFA/kg. Les frais de transport pour les marchés de Yaoundé s'élèvent à 31 FCFA/kg, ce qui signifie que le producteur qui vend à Yaoundé vend plus cher de 24 F CFA/kg.

De ces calculs, on remarque que :

o Plus les producteurs s'éloignent de leurs plantations, plus ils vendent cher. Cependant, on ne saurait leur demander d'aller vendre à Yaoundé. Ceux d'Awaé le font parce que non seulement la route est bonne, mais ils ne produisent pas en grande quantité. Il faudrait juste que les intermédiaires leur proposent des prix plus raisonnables.

Les prix que pratiquent les producteurs dans la zone péri-urbaine de Yaoundé (133

F CFA/kg au plus) sont inférieurs à ceux que pratiquent les producteurs des zones qui approvisionnent Douala (180,34 F CFA au plus). Ceci pourrait renforcer l'idée selon laquelle les producteurs qui approvisionnent Yaoundé ont un faible pouvoir de manipulation des prix.

Les producteurs vendent aux super grossistes, grossistes et détaillants et les prix de vente aux détaillants et consommateurs diffèrent suivant la catégorie du revendeur.

4.5.2 Les prix pratiqués par les commerçants

Une fois le produit mis à la disposition du commerçant, il est manipulé par plusieurs catégories d'acteurs. C'est ainsi que les prix diffèrent d'une catégorie à une autre en fonction de la classe du régime. Le tableau 16 donne les différents prix d'achat et de vente des revendeurs de plantain en fonction des classes.

Tableau 16. Les prix d'achat et de vente moyens pratiqués par chaque catégorie de vendeur,
par classe de régimes et par kilogramme en FCFA.

Classe

de

régime

Catégorie de commerçants

Super grossiste

Super grossiste- détaillant

Grossiste- détaillant

Détaillant

Prix d'achat en FCFA

4-9 Kg

10-20 Kg

>20 Kg

800

1500

2000

800

1500

2000

1500

3025

6200

1750

4300

6500

Prix moyen en kg

96

96

238

279

Prix de vente en FCFA

4-9 Kg

10-20 Kg

>20 Kg

1500

3400

6000

1600

3500

6500

2050

4950

8000

2575

5200

8500

Prix moyen en kg

242

258

333

362

Le tableau 16 indique que le super grossiste et le super grossiste- détaillant pratiquent les mêmes prix d'achat (96 F CFA/kg). Ils pratiquent également les prix les plus bas. Ceci s'explique par la simple raison que les deux groupes s'approvisionnent dans les mêmes localités. Les prix d'achat varient moins que les prix de vente. Ce qui prouve que le producteur a une très petite marge de manoeuvre des prix. D'ailleurs, quand on compare les prix moyens pratiqués par les producteurs et ceux aux consommateurs (102 F CFA/kg et 299 F CFA/kg), on remarque que le prix des revendeurs aux consommateurs est plus du double du prix du producteur au revendeur. Il est vrai que le calcul des marges viendra confirmer ou infirmer cette assertion.

Mais déjà, cette situation pourrait s'expliquer par le fait que les producteurs se retrouvent en grand nombre face à un nombre très limité d'acheteurs. Ceci réduit considérablement leur pouvoir de négociation et surtout de décision. Ils sont donc toujours obligés d'accepter les prix que leur offrent les revendeurs venus de la ville.

Le producteur se retrouve dans une situation de soumission, surtout que 95 % d'entre eux affirment vendre pour satisfaire les besoins primaires de la famille (nutrition, scolarité des enfants et santé). Ils déclarent qu'ils n'ont pas de choix que d'accepter tous les prix, surtout que leur produit est une denrée très périssable, qu'il faut écouler absolument. Pourtant, dans la ville de Yaoundé, les acheteurs sont plus nombreux que les commerçants. Cette situation donne une grande marge de manoeuvre aux commerçants. Ces derniers fixent donc les prix sur les marchés selon leurs convenances.

Cependant, sur les marchés, les prix au niveau des grossistes détaillants et détaillants varient beaucoup. Lendres (1990) explique cette variation par une absence de normalisation du produit. Les détaillants vendent plus cher aux consommateurs. Cela s'expliquerait non pas par la longueur de la chaîne de commercialisation, mais plutôt par le caractère malin des intermédiaires qui profitent de leur pouvoir de décision auprès des producteurs. Ils achètent très souvent au grossiste détaillant qui achète au super grossiste. Ces résultats sont différents de ceux de Sop (1981) qui attribue la hausse des prix au consommateur au nombre d'intermédiaires intervenant qui, dans le cas présent, n'est pas vraiment élevé. Les prix d'achat et de vente des commerçants sont liés au coût de transport que les super grossistes paient aux transporteurs. Il faudrait noter que tous les prix pratiqués par ces acteurs ne sont pas annuels ; ils sont saisonniers et varient en fonction de l'offre.

La pratique de ces prix est souvent justifiée par l'existence des charges et devrait conduire à une marge de commercialisation positive ou négative.

4.6 LES MARGES DE COMMERCIALISATION DES ACTEURS

Les marges de commercialisation se calculent au moyen des prix pratiqués à chaque niveau de marché et des différentes charges supportées par chaque catégorie d'acteurs.

4.6.1 Les marges de commercialisation des producteurs

La marge nette du producteur est estimée suivant les formules :

· MNP = Prix de vente au grossiste - coût de production - transport vers les zones de collecte pour celui qui vend au bord champ - pertes.

· MNP = Prix de vente au grossiste - coût de production - transport vers les zones de collecte - transport des zones de collecte vers le marché de production pour le producteur qui vend au marché de production - pertes.

En principe, le producteur après la vente de ses régimes devrait se retrouver avec une

marge nette qui couvre d'abord tous ses frais de production, l'aide à la résolution de ses problèmes et lui permet de pérenniser son activité de production. Les marges nettes par catégorie de régime et selon les lieux de vente sont consignées dans le tableau 17.

Tableau 17. Marge nette/kg des producteurs selon leurs lieux de vente(en F CFA).

Lieux de vente

Charges totales

Prix de vente

Valeur des pertes

Marge nette

Bord champ

Marchés locaux

Marchés de Yaoundé

29

43

60

78

96

133

8

11

16

41

42

57

Il ressort du tableau 17 que les producteurs qui vendent bord champ ont une plus petite marge nette (41 F CFA/kg) que ceux qui vendent aux marchés locaux (42 F CFA/kg). La marge de ces derniers est inférieure à celle des producteurs qui vendent à Yaoundé (57 F CFA/kg). Il est important de remarquer que les producteurs rentrent dans leurs coûts de production.

Il ne faudrait pas perdre de vue le fait que les producteurs interviewés travaillaient sur des jachères ou des nouvelles défriches forestières, et avaient acquis leurs terrains par héritage. Ce qui implique que pour ceux qui pratiquent la culture de banane plantain dans la même zone, mais qui achètent leurs terrains, la marge sera réduite, car, il faudra prendre en compte les frais d'amortissement du terrain au niveau des charges. Ce constat concerne également ceux qui cultivent sur des terrains déjà exploités. Ces derniers verront leurs marges réduites du fait de la quantité de leurs récoltes. Autrement dit, les marges ci-dessus mentionnées sont les plus élevées qu'un producteur de banane plantain peut avoir dans les localités ciblées.

Le producteur n'est pas le seul qui bénéficie des fruits de son travail. Les intermédiaires devraient normalement avoir une marge.

4.6.2 Les marges de commercialisation des commerçants

Les différentes catégories de commerçants vendent pour réaliser des bénéfices. Ils ont de ce fait des marges brutes et nettes qu'il est nécessaire de déterminer. Ces marges sont calculées à partir des formules suivantes :

Ø MBC = PV - PA ;

Ø MNC = MBC - CTC- pertes ;

Avec : MBC = Marge Brute de Commercialisation ;

PV = Prix de Vente ;

PA = Prix d'Achat ;

MNC = Marge Nette de Commercialisation ;

CTC = Coût Total de Commercialisation.

Pour des raisons de commodité, le tableau 18 donne les marges nettes des super grossistes et des super grossistes -détaillants par kg et par marché.

Tableau 18. Marge nette/ kilogramme des super grossistes et des super grossistes-détaillants
par marché en F CFA.

Vendeurs

Super grossiste

Super grossiste -détaillant

Marchés

Mokolo

Mfoundi

Mvog-Mbi

Mokolo

Mfoundi

Prix d'achat

Charges

Prix de vente

Pertes

96

39

242

7

96

39

242

7

96

27

242

7

96

43

258

8

96

43

258

8

Marge nette

100

100

112

111

111

Le tableau 18 révèle que les super grossistes des marchés de Mokolo et Mfoundi ont les marges nettes d'une valeur de 100 F CFA/kg. Ceux du marché de Mvog-Mbi ont une marge nette de 112 F CFA/kg, plus élevée du fait de leurs charges de commercialisation réduites. Les super grossistes- détaillants ont une marge nette de 111 F CFA/kg. Cette deuxième catégorie d'acteurs a une marge plus élevée du fait qu'ils exercent non seulement les activités de gros, mais aussi de détail.

D'une manière générale, on remarque que les marges nettes des super grossistes représentent plus du double de celle des producteurs. Les marges nettes des commerçants sont supérieures à celles des producteurs.

Pour confirmer ces résultats, il faut encore déterminer les marges nettes des grossistes- détaillants et des détaillants. Le tableau 19 récapitule les marges nettes de ces deux catégories d'acteurs.

Tableau 19. Marge nette/kg des grossistes-détaillants et des détaillants par marché en F CFA.

Vendeur

Grossiste détaillant

Détaillant

Marchés

Mokolo

Mfoundi

Mvog-Mbi

Mokolo

Mfoundi

Mvog-Mbi

Prix d'achat

Charges

Prix de vente

Pertes

238

5

333

7

238

6

333

7

238

6

333

7

279

7

362

11

279

6

362

11

279

6

362

18

Marge nette

83

82

82

65

66

59

Il ressort du tableau 19 que les marges nettes des acteurs de ces catégories sont inférieures à celles des catégories précédentes. Ces marges sont aussi réduites du fait du petit nombre de régimes manipulés par les grossistes détaillants et les détaillants. Malgré cela ces marges sont toujours supérieures à celles des producteurs.

Ces calculs viennent infirmer les déclarations des commerçants qui justifient la hausse des prix sur les marchés de Yaoundé par le coût total des charges qu'ils supportent. Ces derniers profitent donc de l'ignorance des producteurs quant aux valeurs réelles des charges de commercialisation qu'ils supportent.

4.6.3 Les marges de commercialisation des transporteurs

La marge nette du transporteur est trouvée selon la formule

MNT = Coût de transport - total des charges

Les transporteurs ont les prix uniques et non discutables. Ceux qui vont à Ntui et Mbangassima transportent le plantain à 500 F CFA le régime. Ce qui donne une marge nette de 95769 F CFA par semaine, soit 274 F CFA/ régime, soit 18 F CFA/kg. Pour les transporteurs qui vont à Awaé, le coût de transport par régime est de 300 F CFA. Ce qui leur donne une marge nette de 50769 F CFA par semaine, soit 145 F CFA/ régime, soit 10 F CFA/kg. Rendu à ce niveau, il est nécessaire de dresser un tableau récapitulatif des marges.

Tableau 20. Récapitulatif des marges nettes des acteurs de la filière en F CFA/kg.

Acteurs

Producteur

Super grossiste

Super grossiste- détaillant

Grossiste-détaillant

Détaillant

Transporteurs

Ntui Awaé

Marge nette

41

111

111

82

63

18

10

Le tableau 20 permet de constater que le transporteur a la plus petite marge. Ceci s'explique par le fait qu'ils transportent non seulement la banane plantain, mais beaucoup d'autres vivres. Il obtient également sa marge après un voyage et ne supporte aucune perte. Donc en fait cette marge n'est pas aussi petite qu'on puisse le croire. Celui qui en réalité a la plus petite marge est le producteur. Cette assertion est également vérifiée par les calculs de la part du producteur (annexe 6).

La détermination des marges nettes des transporteurs clôture cette section sur le calcul des marges des acteurs, dernier objectif de la présente étude. Rendu à ce niveau, il est crucial de vérifier les hypothèses énoncées au départ.

4.7 VERIFICATION DES HYPOTHESES

Au début de cette étude, deux hypothèses avaient été formulées.

1. La première hypothèse supposait que la chaîne des intermédiaires est longue et que les acteurs sont organisés. Les résultats du présent travail montrent qu il existe des circuits à un, deux et trois intermédiaires au sein de la filière. Toutefois, cette chaîne ne peut être considérée comme étant longue. En effet, les collecteurs sédentaires et itinérants sont absents et le produit va directement des marchés de production vers ceux de consommation. Les acteurs sont désorganisés et fonctionnent individuellement. Cette hypothèse est donc rejetée.

2. Le producteur a la plus petite marge dans la filière. Cette hypothèse est vérifiée par l'utilisation du coefficient de corrélation R² et le coefficient de corrélation simple de Pearson r au seuil de signification á.= 0,05. Ces coefficients sont calculées et données par le logiciel SPSS.

En ce qui concerne le producteur R ² = 0,965 pour ce qui est des charges totales et du prix pratiqué. r = + 0,965 ; Ceci signifie qu'il existe une association linéaire très forte et positive entre les charges totales et les prix pratiqués.

Pour ce qui est des commerçants, R² = 0,940 et r = - 0,940 : Il existe une association linéaire très forte et négative entre les charges totales et les prix pratiqués.

Du côté des transporteurs, R² = 0,999 et r = + 0, 999 : Il existe une association linéaire très forte et positive entre les charges totales et le coût de transport de la banane plantain.

Cette hypothèse n'est pas rejetée avec 5 % de chance de se tromper. Il est à noter que ces résultats peuvent être généralisés à la population totale dans le cas des producteurs et des commerçants car la taille de l'échantillon est supérieure ou égale à 26. Quant aux transporteurs, ces résultats restent au niveau de l'échantillon.

Egalement, Les résultats de la présente étude montrent que le producteur et le détaillant ont les plus petites marges dans la filière. Mais celle du producteur est la plus infime. La part du producteur varie entre 22 et 32 % par acteur (annexe 6). Le producteur, moteur de la filière devrait avoir une marge d'au moins 50 % pour être encouragé à produire. Cette hypothèse est donc vérifiée. Le tableau 21 récapitule les hypothèses énoncées au début de cette étude et les décisions issues des vérifications de ces hypothèses.

Tableau 21. Récapitulatif de vérification des hypothèses nulles (Ho) et alternatives (HA).

Hypothèses

Enoncé

Méthode de vérification

Décision

Conclusion

1.

Ho :La chaîne d'intermédiaire n'est pas longue et les acteurs ne sont pas organisés

Fréquences

Acceptée

La chaîne d'intermédiaires est courte et les acteurs sont désorganisés

HA :La chaîne d'intermédiaire est longue et les acteurs sont organisés

Rejetée

2.

Ho :Le producteur n'a pas la plus petite marge dans la filière

* Coefficient de corrélation R² et coefficient de corrélation simple de Pearson r (seuil de signification á.= 0,05) donnés par le logiciel SPSS.

* PDP (Part du producteur) par rapport aux prix pratiqués par les commerçants

Rejetée

Le producteur a la plus petite marge dans la filière

HA :Le producteur a la plus petite marge dans la filière

Acceptée

CHAPITRE 5 : CONCLUSION, RECOMMANDATIONS ET LIMITES

5.1 CONCLUSION

L'objectif global de la présente investigation était l'analyse de la filière banane plantain d'approvisionnement de la ville de Yaoundé. Pour atteindre ce but, six objectifs spécifiques ont été formulés et résolus.

L'objectif numéro un était d'identifier les acteurs et leurs fonctions dans la filière banane plantain d'approvisionnement de la ville de Yaoundé. Les résultats ont montré que 81 % d'hommes, 85 % de femmes et 100 % d'hommes sont impliqués respectivement dans les activités de production, de commercialisation et de transport. Egalement, 54 % de producteurs ont un âge compris entre [50-70[ ans, 88 % de commerçants et 89 % de transporteurs ont un âge compris entre [20-40[ et [40-50[ ans respectivement. 93, 73 et 79 % des producteurs, commerçants et transporteurs respectivement ont au moins fait le primaire. 58, 26 et 16 % des producteurs vendent leurs régimes respectivement au bord champ, sur les marchés locaux (marché de Mbangassina) et de Yaoundé. 5, 24, 42, 20, 6 et 3% du plantain vendu sur les marchés enquêtés à Yaoundé proviennent respectivement d'Awaé, de Ntui, de Mbangassina, des autres arrondissements de la province du centre, de la province de l'Ouest et de la province de l'Est. Les revendeurs sont divisés en quatre groupes et se retrouvent sur tous les marchés : Ce sont les super grossistes (31 %), les super grossistes- détaillants (11 %), les grossistes-détaillants (35 %), les détaillants (23 %) et sont aidés dans l'exécution de leurs tâches par les manutentionnaires et les acteurs indirects.

 L'objectif numéro deux était d'identifier les circuits et réseaux de commercialisation du plantain. Nos enquêtes ont révélé qu'il existe trois types de circuits, à savoir les chaînes à un, deux et trois intermédiaires. En ce qui concerne les relations entre acteurs, 95 % des producteurs reconnaissent qu'ils sont individualistes et désorganisés. 100 % des commerçants affirment ne pas être membre d'une association de vendeurs de plantains et ignorent même l'existence d'une telle association mais 81 % d'entre eux s'accordent mutuellement des crédits. Les commerçants s'entendent avec les producteurs rien que pour les jours de livraison et contactent les transporteurs dès qu'ils ont fini la collecte.

L'objectif numéro trois était de déterminer le nombre de régimes manipulés par les revendeurs. Nos travaux ont montré que la quantité de régimes manipulée par commerçants dépend des différentes sources de financement de leurs activités de commercialisation. Ainsi, les super grossistes, les super grossiste- grossistes- détaillants, les grossistes détaillants et les détaillants manipulent respectivement une moyenne de 187, 225, 81 et 32 régimes par semaine.

L'objectif numéro quatre était de déterminer les charges de commercialisation des acteurs. Les résultats obtenus ont montré que les charges étaient de 29, 43 et 60 F CFA/kg respectivement pour les producteurs qui vendent au bord champ, dans les marchés locaux et dans les marchés de Yaoundé. Quant aux super grossistes, ils supportent les charges d'un total de 39, 39 et 27 F CFA/kg respectivement pour ceux qui vendent aux marchés de Mvog-Mbi, Mokolo et Mfoundi. Les super grossistes -détaillants supportent 43 F CFA/kg de charges par régime quand ils vendent à Mokolo ou au Mfoundi. Les charges des grossistes- détaillants s'élèvent à 5, 5 et 6 F CFA/kg pour ceux qui sont a Mokolo, Mfoundi et Mvog- Mbi. Les détaillants supportent les mêmes charges à l'exception de ceux de Mokolo qui supportent 7 F CFA/kg. Du côté des transporteurs, leurs charges s'élèvent à 15 et 10 F CFA/kg pour ceux de la ligne de Ntui /Mbangassina ? Yaoundé et Awaé ? Yaoundé respectivement.

Le cinquième objectif était de relever et analyser les prix pratiqués par les acteurs. Nos investigations ont révélé que les prix pratiqués par les producteurs varient de 78 à 133 F CfA/kg selon le lieu de vente du régime. Les prix de vente de gros varient entre 100 et 433 F CFA/kg et les prix de détail entre 137 et 567 F CFA/kg. Le producteur pratique les prix les plus bas dans la filière. La PDP par rapports aux revendeurs est inférieure à 33%. Quant aux transporteurs, leurs coûts sont fixes et connus de tous. Les super grossistes paient 500 et 300 F CFA/régime respectivement pour les lignes de Ntui /Mbangassina ? Yaoundé et Awaé ? Yaoundé.

Le dernier objectif était de déterminer les marges commerciales des acteurs de la filière. Les résultats ont montré que les marges nettes sont de 41, 111, 111, 82, 63, 18 et 10 F CFA/kg respectivement pour le producteur, le super grossiste, le super grossiste-détaillant, le grossiste-détaillant, le détaillant, les transporteurs des lignes Ntui/Mbangassina ?Yaoundé et Awaé ?Yaoundé.

La réalisation de ces objectifs a permis de déceler quelques raisons pour lesquelles la hausse des prix sur les marchés de Yaoundé n'est pas répercutée au niveau des producteurs. Ce sont entre autres :

1) Les producteurs se retrouvent en grand nombre face à un nombre très limité

d'acheteurs (situation d'oligopsone). Ceci réduit considérablement leur pouvoir de négociation et de décision. Le producteur est donc toujours obligé d'accepter les prix que lui offrent les revendeurs venus de la ville. Pourtant, dans la ville de Yaoundé, les consommateurs sont plus nombreux que les revendeurs (oligopole). Cette situation donne une grande marge de manoeuvre de prix aux commerçants. Ces derniers fixent les prix sur les marchés de la ville selon leurs convenances.

2) Le producteur, lors de la vente, se retrouve dans une situation de soumission. En effet,

95 % d'entre eux affirment vendre la banane plantain pour satisfaire les besoins primaires de la famille (nutrition, scolarité des enfants et santé). Ils déclarent qu'ils n'ont pas de choix que d'accepter tous les prix, surtout que leur produit est une denrée très périssable, qu'il faut écouler absolument.

3) Les producteurs sont parfois obligés d'accepter les prix bas que leur offrent les

commerçants parce qu'ils veulent être payé en espèces. Ils justifient ce comportement par le fait qu'ils aient été abusés plusieurs fois par les revendeurs. Ces derniers achetaient certes à des prix raisonnables, mais à crédit en promettant de revenir rembourser ; chose qui arrivait malheureusement rarement.

4) L'étude a montré que les charges supportées par les commerçants ne varient pas en

fonction des prix qu'ils pratiquent. Pourtant, ces derniers clament aux producteurs que leurs charges de commercialisation sont très élevées, ce qui place le producteur dans une position de faiblesse.

5) Les producteurs reconnaissent être individualistes et désorganisés. Les prix bas que

leur offrent les commerçants résulteraient également de leurs comportements qui donnent la force aux revendeurs. Ces derniers achètent évidemment à celui qui fixe les plus bas prix.

6) Il est important de noter ici que ce travail a montré que 90 % des producteurs

pratiquent la culture de la banane plantain en association avec le cacao, les fruitiers et d'autres cultures vivrières. Ils ne détiennent pas de documents leur permettant de comptabiliser les dépenses spécifiques à chaque culture présente dans l'exploitation. Même s'ils ont une idée vague des charges qu'ils supportent, le simple fait de n'en être pas sûr les rend moins rigoureux lors des opérations de vente et donne un avantage considérable aux acheteurs.

5.2 RECOMMANDATIONS

Fort de ce qui précède, nous recommandons à la suite de nos investigations et analyses que :

v Les producteurs doivent s'entendre pour avoir un intervalle de prix de vente par

catégorie de régime. Pour ce faire, ils doivent avoir un cahier où ils relèvent toutes les dépenses qu'ils effectuent non seulement pour la culture du plantain, mais aussi pour d'autres cultures. Ceci leur permettra d'avoir la marge nette qu'ils méritent et facilitera la tâche aux futurs enquêteurs dans l'établissement de leurs comptes d'exploitation. Ils doivent également créer entre eux des réseaux de circulation d'informations au sujet des différents passages des revendeurs et de leurs comportements.

v Les commerçants doivent communiquer pour une meilleure circulation de

l'information entre eux afin que le bénéfice ne soit plus l'apanage d'une seule catégorie.

Il est suggéré aux :

v organismes d'encadrement intervenant dans les zones de production de renforcer le

suivi des producteurs en mettant l'accent non seulement sur les méthodes et pratiques culturales, mais aussi et surtout sur la manière de s'organiser pour se faire un Lobbying.

v aux pouvoirs publics de certes jouer leurs rôles en matière de réglementation, mais

de fournir des efforts pour que soient supprimées les tracasseries policières auxquelles les transporteurs font face. Les pouvoirs Publics devraient également améliorer les infrastructures routières, ce qui contribuera à la baisse du coût de transport par régime.

v à la recherche de continuer l'analyse de la filière banane plantain

d'approvisionnement de la ville de Yaoundé en se penchant par exemple sur les contraintes liées au transport, et une analyse qui prenne en compte d'autres zones d'approvisionnement. Avec la relance de la filière cacao qui encourage l'association cacaoyers - vergers -plantain, il est nécessaire d'envisager une étude sur la durabilité de la culture de la banane plantain dans les provinces du Centre, Est et Sud.

5.3 LES LIMITES DE L'ETUDE

Les limites de cette étude concernent le recueil des données et la période de déroulement des enquêtes.

Le présent travail ne prend en compte que la zone péri-urbaine de Yaoundé comme zone d'approvisionnement de la ville de Yaoundé. Dans la province, deux localités seulement ont été prises en considération pourtant, plusieurs zones approvisionnent la ville de Yaoundé. Certains acteurs de la filière ne coopèrent (réticence et méfiance) pas toujours et parfois cela crée un problème au niveau de l'échantillonnage ; cette situation nous a obligé souvent à enquêter le vendeur d'un comptoir voisin de celui qui devait être normalement enquêté.

Il n'est pas facile de donner le nombre exact de commerçants dans les marchés enquêtés. En effet, le plantain connaît au cours de l'année une période d'abondance et de pénurie. La présente investigation s'est faite en période de pénurie. Ceci implique que certains commerçants abandonnent cette activité et se reconvertissent dans d'autres secteurs d'activités. De même les prix, coûts et marges évidemment varient. Il serait souhaitable de conduire une autre étude en période d'abondance afin d'avoir des éléments permettant de faire une bonne comparaison. D'ailleurs, une étude de filière mériterait d'être conduite pendant plusieurs années. Toutefois ces limites ne peuvent remettre en cause la validité des données et par suite des résultats.

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ANNEXES

Annexe 1. Questionnaire d'enquête pour les producteurs de banane plantain de
de Ntui, Awaé ou Mbangassina.

Préambule

Ce questionnaire est adressé aux producteurs de banane plantain de Ntui, Awaé ou Mbangassina. Les informations recueillies seront utilisées pour l'analyse de la filière d'approvisionnement en banane plantain de la ville de Yaoundé. Ces informations seront utilisées uniquement à ces fins et resteront de ce fait confidentielles.

1. Identification de l'enquêté

Nom de la localité..........................................................................................

Nom du producteur.......................................................................................

Sexe : Masculin ? Féminin ?

Age ............................................................................................................

Domicile......................................................................................................

Province d'origine...........................................................................................

Situation matrimoniale : Marié(e) ? Célibataire ? Divorcé(e) Veuf(ve) ?

Niveau de l'instruction :

Jamais allé(e) à l'école ? Primaire ? Secondaire ? Supérieur ?

2. Fonctionnement de l'appareil de production.

1. Quels sont vos principaux objectifs dans cette culture ?

Auto-consommation ? Ventes ? Autres (à préciser) ?........................................

2. Quelle place ou position occupe -t- elle parmi les cultures que vous pratiquez au sein de votre exploitation ?

Première place ? Seconde place ? Autre (à préciser) ?...........................................

3. Utilisez-vous les fertilisants pour cette culture ? Oui ? Non ?

Si oui, lesquels ?........................................................................................

Si non pourquoi ?.......................................................................................

4. Comment obtenez-vous les semences utilisées ?

Achat ?  si oui, Coût..................................  Production personnelle ? 

Autre (à préciser) ? ..............................................................................

5. Donnez le coût d'achat de des outils de travail spécifiques à cette culture  .................................................................................................................

NB :Au cas vous avez plus d'un champ, nous allons vous interroger sur celui qui comporte le plus grand nombre de pieds de bananier.

6. Quelle est la superficie de ce champ ?..............................................................

7. Combien de bananiers y ont été plantés ? .........................................................

8. Avant la création de la bananeraie y avait-il une ou d'autres cultures sur cette parcelle ?

Oui ? Non ? lesquelles ..........................................................................

9. Les bananiers sont ils attaqués dans ce champ (maladies, insectes, ravageurs, etc. ?

Oui ? non ?

10. Si oui, par quoi ? .....................................................................................

11. Menez-vous une lutte contre ces ennemis du bananier? Oui ? Non ?

Si non pourquoi ?.......................................................................................

Si oui, quels sont les moyens de lutte utilisés? .........................................................

12. Si vous utilisez les produits phytosanitaires, comment vous vous les procurez ? ...........

...............................................................................................................

13. A quels coûts ? ......................................................................................

14. Calendrier des opérations menées dans cette parcelle depuis l'année dernière :

En indiquant celui (ou ceux) qui les a (ont) réalisées et ce que chacune vous a coûté (éventuellement)

opérations

cultures concernées

Période

exécutants

coût

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

15. Production obtenue dans cette parcelle au cours de l'année dernière

Banane plantain

Quantité de la production récoltée

Proportion vendue

 
 
 
 
 
 

16. Avez-vous eu des pertes( sur bananier dans la parcelle ) avant et après récolte?

Oui ? Non ?

Si oui :

17 Avant :

quelle quantité ? ........................................................................................

18 Après :

quelle quantité ? ........................................................................................

19. Quels sont les principaux problèmes (de production de plantain), qui vous empêchent d'augmenter votre production ? (Par ordre d'importance)

Manque de terre ? Conflits fonciers ?

Manque de main d'oeuvre (chère, non disponible) ? Manque de crédit ?

Manque de semences améliorées ? Manque d'engrais (chimique, organique) ?

Manque de produits phytosanitaires ? Autre (à spécifier) ? ..................................

3. Commercialisation

1. Où vendez-vous souvent vos régimes (banane/plantain) ?

Bord champ ? Marchés locaux  ? (les préciser)

Hors Arrondissement ? (à préciser) : nom du (ou des) marchés ........................

...........................................................................................................

2. Où préférez vous les vendre ?.....................................................................

pourquoi ? ................................................................................................ 3. A qui vendez-vous généralement ?

Aux grossistes ? Aux consommateurs ? 

Aux détaillants ? Autres (à préciser)  ?

4. Avez-vous des relations suivies avec les acheteurs ? Oui ? Non ?

5. Connaissez-vous la provenance de ces acheteurs ? Oui ? Non ?

6 Quel est le prix de vente moyen par unité de mesure (à préciser) ............................

7. Existe t-il des moments de l'année où le produit se vend mal ? Oui  ?  Non  ?

Si oui quand et à quel prix? ...........................................................................

8. Que faites-vous alors de votre produit  dans cette situation ? .................................

9. Pratiquez vous la vente groupée au sein d'une association ou d'un GIC ? Oui ? Non ?

10. Si non pourquoi ?.....................................................................................

11. Si oui quels avantages retirez-vous ?..............................................................

12. Quels sont vos problèmes majeurs de commercialisation ?

Transport (cher, non disponible) ? Stockage ? Conservation ? Prix trop bas  ?

Intermédiaires malhonnêtes ? Autres (à préciser) ? .........................................

13. Comment pensez-vous que ces problèmes peuvent être résolus ?..............................

14. Avez-vous recours aux services des institutions financières pour vos activités de production et/ou de commercialisation des bananes plantains ? Oui ? Non ?

15. Si oui lesquelles ?....................................................................................

4. Utilisation du revenu des ventes des bananes et plantain

1. Quelles sont vos motivations quand vous vendez?..................................................

2. Que faites vous de l'argent obtenu de la vente des bananes et plantain ?.....................

3. Détenez-vous les documents comptables pour suivre vos bénéfices ? Oui ? non ?

4. Si oui, qui s'en occupe ? ..........................................................................

Merci pour votre collaboration

Annexe 2. Questionnaire d'enquête pour les commerçants.
Préambule

Ce questionnaire est adressé aux commerçants de banane plantain dans les marchés de Yaoundé (grossistes et détaillants). Les informations recueillies seront utilisées pour l'analyse de la filière d'approvisionnement en banane plantain de la ville de Yaoundé. Ces informations seront utilisées uniquement à ces fins et resteront de ce fait confidentielles.

1. Identification de l'enquêté

Nom du Marché.............................................................................................

Nom du commerçant.......................................................................................

Sexe : Masculin ? Féminin ?

Age ............................................................................................................

Domicile......................................................................................................

Province d'origine...........................................................................................

Situation matrimoniale : Marié(e) ? Célibataire ? Divorcé(e) ? Veuf(ve) ?

Niveau de l'instruction :

Jamais allé(e) à l'école ? Primaire ? Secondaire ? Supérieur ?

2. Délimitation de la filière et caractéristique de la structure du marché

1. Depuis quand vendez-vous la banane plantain ?...................................................

2. Quel type de commerçant êtes-vous ?:

Grossiste- Détaillant ? Producteur- Grossiste ? Détaillant ?

Collecteur ? Autres (à préciser) ? ...............................................

2. Quels autres produits vendez-vous ? ...........................................................

3. Avez-vous souvent besoin de main d'oeuvre ? Oui ? Non ?

4. Si oui pour quelle(s) tâche(s) et combien de personnes ?

5. Quelles sont les périodes mortes et les périodes actives sur le marché du plantain ?

6. Disposez-vous d'un magasin de stockage dans le marché ? Oui ? Non ?

7. Auprès de qui avez-vous acheté le plantain pendant les cinq derniers mois ?

Producteurs ? grossistes ?

Producteurs- Grossistes- Transporteurs ? Autres (à préciser) ? .............................

8. De quelle(s) région (s) provient(ent) le plantain que vous vendez ?............................

9. Comment le savez-vous ? ...........................................................................

10. Pouvez-vous vendre dans les autres marchés de la ville ? Oui ? Non ?

11. Pourquoi ? ............................................................................................

12. Qui sont vos clients ?

Grossistes ? Détaillants ? Consommateurs ?

3. Conduite du marché

1. Le plantain que vous achetez est-il toujours de bonne qualité ? Oui ? Non ?

2. Quels sont les critères sur lesquels vos clients insistent lors de l'achat des plantains ?

Grandeur du régime ? Variété ? L'aspect ? Autres (à préciser) ?.....................

3. Où achetez-vous vos plantains ?

Marché de gros ? Marché de production ? Bord champ ?

A Yaoundé ? Autres (à préciser) ?........................................

4. Par quels moyens effectuez- vous le transport de vos plantains ?

Camion ? Taxi ? Pick-up ?...............

5. Combien de fois achetez vous le plantain par semaine ?..........................................

6. Quel est le nombre moyen de régimes par achat ?.................................................

7. Avez-vous souvent les pertes pendant le transport et / ou le stockage ? Oui ? Non ?

8. Quelles sont les différentes formes d'achat que vous pratiquez ?

A crédit ? Par cash ? Par avance de paiement ?

9. Quelles sont les différentes formes de vente que vous pratiquez ?

A crédit ? Par cash ? Par avance de paiement ?

10. Quels sont les facteurs déterminant à la fixation des prix que vous pratiquez ?

Prix d'achat ? Poids du régime ? Coût de transport ? Prix des autres vendeurs ? L'offre et la demande ? Vos besoins financiers ? Autres (à préciser) ?.....................

11. Qui vous renseigne sur la variation des prix ?

Vous même en allant aux marchés ? Producteurs ? Transporteurs ?

Autres commerçants ? Vos clients ? Autre (à préciser) ?.........................................

12. Y a-t-il une réglementation en vigueur dans votre secteur d'activité ? Oui ? Non ?

13. Etes-vous membre d'une tontine ou d'un groupe dans le marché ? Oui ? Non ?

14. Si oui ,quel genre de relations entretenez-vous ?

Entraide ? Organisation du marché ? Autres à préciser ?...............

15. Connaissez-vous des associations des commerçants de plantain ? Oui ? Non ?

4. Performance du marché et analyse comptable

1. Donnez-nous s'il vous plaît les prix d'achat des plantains que vous vendez par période

Catégorie en Kg

Période

Prix maximum en Fcfa

Prix minimum en Fcfa

4-9 kg

10-20 kg

>20 Kg

 
 
 

2. Donnez-nous s'il vous plaît le prix de vente de vos plantains en fonction de périodes

Catégorie en Kg

Période

Prix maximum en Fcfa

Prix minimum en Fcfa

4-9 kg

10-20 kg

>20 Kg

 
 
 

3. Comment financez-vous votre activité ?

Capital propre ? Epargne ? Recourt au crédit ? Autre (à préciser) ?...............

4. En cas de recours au crédit, indiquez les prêteurs

Amis ? Tontine ? Banque ? Autre (à préciser) ?............................................

5. Quel est le coût de transport de vos plantains ?.....................................................

6. Donnez les coûts de gestion d'un stock de plantain

Chargement/déchargement

Location de l'espace

Frais de gardiennage

 
 
 

7. Quels sont les principaux problèmes que vous rencontrez dans votre activité de commercialisation de plantain ?(par ordre d'importance)

Difficultés de transport ? Taxe/impôts élevés ?

Plantain insuffisant ? Clientèle insuffisante ?

Manque d'information ? Manque d'organisation ?

Pertes(stockage et transport) ? Faible capacité de stockage ?

Autre (à préciser) ? ........................

8. D'après vous, quels sont ceux qui peuvent être améliorés ?....................................

9. Comment peut-on les résoudre d'après vous ?...................................................

Merci pour votre collaboration

Annexe 3. Questionnaire d'enquête pour transporteurs de banane plantain.
Préambule

Ce questionnaire est adressé aux transporteurs de banane plantain de la zone péri urbaine de Yaoundé vers Yaoundé. Les informations recueillies seront utilisées pour l'analyse de la filière d'approvisionnement en banane plantain de la ville de Yaoundé. Ces informations seront utilisées uniquement à ces fins et resteront de ce fait confidentielles.

1. Identification de l'enquêté

Ligne.........................................................................................................

Nom du transporteur.......................................................................................

Sexe : Masculin ? Féminin ?

Age ............................................................................................................

Domicile......................................................................................................

Province d'origine...........................................................................................

Situation matrimoniale : Marié(e) ? Célibataire ? Divorcé(e) Veuf(ve) ?

Niveau de l'instruction :

Jamais allé(e) à l'école ? Primaire ? Secondaire ? Supérieur ?

2. Informations générales

1. Depuis quand transportez-vous la banane plantain sur cette ligne ? .............................

2. Combien de voyage faites-vous par semaine ?...................................................

3. Quels sont les critères qui vous aident à la fixation des prix ?

Etat de la route ? Prix de l'essence/gazoil ? Frais d'entretien véhicule ?.....................

Autres ( à préciser).......................................................................................

4. Quel type de transporteurs êtes vous ?

Producteur-transporteur ? Transporteur-propriétaire ?

Transporteur locataire ? Transporteur titulaire ?

5. Quels sont vos coûts de transport/régimes ?

6. Quel est le nombre de régimes que vous transportez par voyage ?

6. Quelles dépenses effectuez-vous pendant le transport du plantain ?............................

7. Rencontrez-vous des difficultés dans votre activité ? par ordre d'importance

Routes mauvaises ? Tracasseries policières ? Pénurie de plantain ?

Hausse du prix du carburant ? Concurrence avec d'autres transporteurs ? Autres ? .......

8. Comment pensez-vous les résoudre ?..........................................................

Merci pour votre collaboration

Annexe 4. Prix des outils de travail de la culture de la banane plantain.

Matériels de travail

Prix en F CFA

3 Machettes

2 plantoirs

2 houes

Total

7 500

5 000

5 000

17 500

Annexe 5. Coûts des opérations culturales relatives à la culture de la banane plantain.

Opérations culturales

Coût en F CFA / hectare)

Nombre de personnes

Salaire en F CFA Homme/jour

1) Défrichage

2) Abatage

3) Brûlis

4) Eclairage

5) Piquetage

6) Trouaison

7) Transport (100 FCFA/rejet)

8) Planting (25 F CFA/rejet)

9) Entretien (3*30 000 FCFA)

Total

30 000

30 000

5 000

30 000

5 000

66 050

132 100

33 025

90 000

421 175

20

20

5

20

5

55

88

20

75

/

1500

1500

1000

1500

1000

1200

1500

1500

1200

/

Annexe 6. Part du producteur qui vend au bord champ par rapport au prix de vente
de toutes les catégories de vendeurs (en pourcentage).

Catégorie du commerçant

Super grossiste

Super grossiste- Détaillant

Grossiste détaillant

Détaillant

Prix de vente

PDP en %

78 / 242

32

78 / 258

32

78 / 333

23

78 / 362

22

Annexe 7. Départements, chefs-lieux, superficies, Arrondissements et Districts de la
Province du Centre, Cameroun.

Départements

Superficie (en km²)

Chefs-lieux

Arrondissements

District

Haute Sanaga

11 854

Nanga Eboko

Nanga Eboko, Mbandjock, Minta, Nkoteng

Bibey, Nsem, Lembé, Yezoum

Lékié

2 989

Monatélé

Monatélé, Evodoula, Obala, Okola, Sa'a, Ebebda, Elig Mfomo

Batchenga, Lobo

Mbam et Inoubou

7 125

Bafia

Bafia, Bokito, Ombessa, Deuk, Makénéné, Ndikinimiki, Kiiki, Kon-Yambeta

Nitoukou

Mbam et Kim

25 906

Ntui

Ntui, Ngoro, Yoko, Ngambé Tikar, Mbangassina

 

Mefou et Afamba

3 338

Mfou

Mfou, Essé, Awaé, Soa

Nkolafamba, Assamba, Afanloum, Edzendoulan

Mefou et Akono

1 329

Ngoumou

Ngoumou, Mbankomo, Bikok, Akono

 
Mfoundi

297

Yaoundé

Yaoundé 1-2-3-4-5-6-7

 

Nyong et Kéllé

6 362

Eséka

Eséka, Bot Makak, Messondo, Makak, Matomb, Ngog-Mapubi, Dibang

Nguibassal, Mbond-Jock, Biyouha

Nyong et Mfoumou

6 172

Akonolinga

Akonolinga, Ayos,Endom

Mengang,Nyako-Kombo

Nyong et So'o

3 581

Mbalmayo

Mbalmayo, Dzeng, Ngomezap

Akoeman, Mengueme, Nkolmetet

Source: Adapté de Eketi(1998)