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Evaluation de la pression anthropique et son impact sur la faune dans les zone d'intérêt cynégétique au tour du parc national de la Bénoué, nord Cameroun

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par Edouard TAGUEGUIM
université de Liège Belgique - Master Complémentaire  2010
Dans la categorie: Géographie
  

Disponible en mode multipage

EVALUATION DE LA PRESSION ANTHROPIQUE ET SON IMPACT SUR LA
FAUNE DANS LES ZONES D'INTERET CYNENETIQUE AUTOUR DU PARC
NATIONAL DE LA BENOUE (NORD-CAMEROUN): CAS DES ZIC 1 ET 5

Présenté par : Edouard TAGUEGUIM

MEMOIRE PRESENTE EN VUE DE L'OBTENTION DU DIPLOME DE MASTER
COMPLEMENTAIRE EN GESTION DES RESSOURCES ANIMALES ET
VEGETALES EN MILIEUX TROPICAUX

Copyright :

Toute reproduction du présent document, par quelque procédé que ce soit, ne peut être réalisée

qu'avec l'autorisation de l'auteur et de la promotrice. Le présent document n'engage que son auteur.

EVALUATION DE LA PRESSION ANTHROPIQUE ET SON IMPACT SUR LA
FAUNE DANS LES ZONES D'INTERET CYNENETIQUE AUTOUR DU PARC
NATIONAL DE LA BENOUE (NORD-CAMEROUN): CAS DES ZIC 1 ET 5

Présenté par : Edouard TAGUEGUIM

MEMOIRE PRESENTE EN VUE DE L'OBTENTION DU DIPLOME DE MASTER
COMPLEMENTAIRE EN GESTION DES RESSOURCES ANIMALES ET
VEGETALES EN MILIEUX TROPICAUX

Remerciements

« BO accepté ressources animales » c'est par ce groupe de mots portés en objet d'un mail daté du 13 Mai 2009 (date inoubliable), que Maryvonne Aubry, chargée du programme bourse à la CUD, m'annonçait la suite favorable accordée à mon dossier de candidature pour le Master Complémentaire en Gestion des Ressources Animales et végétales en Milieux Tropicaux. Ainsi, nous adressons nos sincères remerciements à la Commission Universitaire pour le Développement (CUD) qui a rendu possible cette formation.

Ce travail n'aurait pu être mené à bien sans les efforts conjugués de nombreuses personnes qui ont, d'une manière ou d'une autre, aidé à sa réalisation et auxquelles je souhaite exprimer ma profonde reconnaissance :

> Dr. Laurence CULOT, Institut zoologique de l'Université de Liège, promotrice de ce mémoire, qui a joué un rôle de premier plan en acceptant de superviser ce travail. Je lui suis particulièrement reconnaissant, qu'elle reçoit ici l'expression de ma profonde gratitude ;

> Dr. Jean Luc HORNICK et Mme Marie MALICE, tous deux chargés de cours et responsables du Master complémentaire GRAVMT, qui ont toujours été disponibles tout au long de cette formation ;

> Dr. Cédric VERMEULEN pour la documentation mise à ma disposition;

> Tous nos enseignants et titulaires de cours de ce Master, dont la liste est si longue et je ne peux les citer nommément, pour la qualité des informations fournies, et la documentation mise à notre disposition ;

> Colonel Joulier ZOUROUMBA, Délégué Régional des forêts et de la faune du Nord-Cameroun, et BENE BENE Lambert, coordonnateur WWF/PSSN-Cameroun

> Capitaine Jean Joël MONEYE en service à la Délégation des Forêts et de la Faune du Nord-Cameroun et Sylvain TIAWOUN TIAWOUN, Coordonnateur CVS (Ceinture Verte du Septentrion) Cameroun, qui ont accordé un intérêt particulier à ce travail ;

> Aux Dames Maryvonne AUBRY et Hélène CRAHAY, pour l'accueil en Belgique et le suivi de notre séjour ;

> Mon épouse Dorette MASSATSA, mes enfants Arol, Lucress, Dovil et Leslie, qu'ils trouvent ici l'expression de mon attachement et mes remerciements pour leur endurance pendant mon absence ;

> Mon père et ma mère dont leur mémoire restera gravée dans mon coeur

> Mes camarades de promotion avec qui nous avons passé ensemble de bon moment durant les cours en Belgique ;

> Toute ma famille, qui de près ou de loin, m'a aidé à la réalisation de ce travail, qu'elle trouve ici l'expression de notre profonde gratitude ;

> Il me plait enfin de remercier, tous ceux qui de près ou de loin, nous ont aidés à la réalisation de ce travail ; qu'ils trouvent ici l'expression de notre profonde gratitude.

Remerciements i

Sommaire ii

Liste des abréviations iv

Liste des tableaux v

Liste des figures v

Résumé 1

Abstract 2

I. INTRODUCTION 3

1.1. Généralité 3

1.2. Problématique 4

1.3. Objectifs de l'étude 5

II. PRESENTATION DE LA ZONE D'ETUDE 6

2.1. Brève présentation du Nord 6

2.2. Présentation de l'Unité Technique Opérationnelle (UTO) (zone de conservation) 7

2.2.1. Localisation géographique et administrative 7

2.2.2. Climat 8

2.2.3. Géomorphologie, formations géologiques et sols 8

2.2.4. Hydrographie et hydrologie 9

2.2.5. Végétation 9

2.2.6. Faune 9

2.2.7. Historique de l'UTO de la Bénoué 10

2.2.8. Caractéristiques socioculturelles et démographique de la zone d'étude 11

2.2.9. Caractéristiques économiques de la zone d'étude 11

2.3. La chasse sportive au Nord Cameroun 11

III. DECLARATION DES CONCEPTS 13

IV. METHODOLOGIE 14

4.1. Les enquêtes formelles 14

4.2. Les patrouilles de reconnaissance 14

4.3. Les transects linéaires 15

4.3.1. Principe des transects linéaires 15

4.3.2. Matérialisation des transects 15

4.3.3. Matériels utilisés 15

4.3.4. Collecte des données 16

4.4. Les affûts 16

4.5. Analyse des résultats 17

V. RESULTATS 19

5.1. Résultats d'enquêtes 19

5.1.1. La pression agricole 19

5.1.2. La pression pastorale 20

5.1.3. La pression de coupe de bois 22

5.1.4. Pression du braconnage 25

5.2. Résultats des patrouilles de reconnaissance 26

5.2.1. Les caractéristiques du terroir 26

5.3. Résultats des transects 29

5.3.1. Activités humaines 29

5.3.2. Corrélation entre activité humaine et observation de la faune 33

5.3.3. La richesse du potentiel faunique 34

5.3.4. Densités et effectifs des populations animales 36

5.4. Résultats des affûts 37

5.4.1. Les espèces de la classe A 38

5.4.2. Les espèces de la classe B 39

5.4.3. Les espèces de la classe C 39

VI. DISCUSSION 41

6.1. Action agricole 41

6.2. Action de coupe de bois 41

6.3. Action du pâturage 42

6.4. Action du braconnage 43

6.5. Impact sur la faune 43

VII. PERSPECTIVE DE CONSERVATION DE LA FAUNE 45

7.1. Intégration des populations riveraines à la gestion de la faune 45

7.2. Elevage non conventionnel de la faune 45

7.2.1. Le Game Ranching 45

7.2.2. Elevage en captivité 46

7.3. Développement des alternatives à la coupe de bois 47

7.3.1. Fabrication et vulgarisation des foyers améliorés 47

7.3.2 Création des bosquets villageois 47

VIII. CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS 48

8.1. Conclusions 48

8.2. Recommandations 48

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 50

ANNEXE 53

Liste des abréviations

Ap : Aire Protégée

CVF : Comité Villageois de la Faune

DRFFN : Délégation Régionale des Forêts et de la Faune du Nord

GPS : Global Positioning System

IKA : Indice Kilométrique d'Abondance

MINFOF : Ministère des Forêts et de la Faune

PAPACO : Programme Aires Protégées d'Afriques Centrale et de l'Ouest

PNB : Parc National de la Bénoué

PNBN : Parc National de Bouba Njidda

PNF : Parc National du Faro

PNGE : Programme National de Gestion de l'Environnement

Sodécoton : Société de Développement Cotonnier

UCVF : Union des Comités Villageois de la Faune

UICN : Union Mondial pour la Nature

UTO : Unité Technique Opérationnelle

WWF/PSSN : Fonds Mondial pour la Nature/ Projet Savane Soudanienne du Nord

ZIC : Zone d'Intérêt Cynégétique

ZIC-GC : Zone d'Intérêt Cynégétique à Gestion Communautaire

ZUM : Zone à Usage Multiple

Liste des tableaux

Tableau I: Quelques caractéristiques culturales dans la zone 20

Tableau II: Espèces végétales consommées par le bétail 21

Tableau III: Principales caractéristiques de l'exploitation du bois dans le terroir 22

Tableau IV: les espèces utilisées comme bois de feu 23

Tableau V: Quelques espèces utilisées comme bois de service 24

Tableau VI: Les espèces utilisées pour la pharmacopée 25

Tableau VII: Liste des espèces animales considérées comme rares et celles souvent observées à

proximité des villages 26

Tableau VIII : Taux de rencontre des différentes activités humaines dans la zone 32

Tableau IX : Diversité des espèces animales observées dans les ZICs 35

Tableau X: Densité (D), populations estimées (PE) et intervalles de confiance à 95% des espèces

suffisamment observées 37

Tableau XI: observation de la faune dans chaque point d'affûts 38

Tableau XII: un exemple de ration journalière d'un élan de derby 46

Liste des figures

Figure 1 : Réseau d'aires protégées du Nord Cameroun 7

Figure 2: Localisation des ZIC 1 et 5 autour du Parc National de la Bénoué 8

Figure 3: Représentativité des différents types d'élevage pratiqués dans la zone 21

Figure 4 : Evolution de la culture du maïs et du coton dans la zone 27

Figure 5: Exposition et vente du bois par les migrants 28

Figure 6: Abattage des arbres pour la création des nouveaux champs 28

Figure 7 : Armes locales utilisés par les braconniers 30

Figure 8 : Viande boucanée saisie des mains des braconniers Erreur ! Signet non défini.

Figure 9: Pacage du bétail dans les aires protégées Erreur ! Signet non défini.

Figure 10: Feu de brousse tardif dans la zone 32

Figure 11 : Corrélation entre l'IKA de la faune et l'IKA des activités humaines 33

Figure 12: carte de la pression anthropique dans la zone 34

Figure 13: Répartition des groupes taxonomiques observés dans la zone 36

Figure 14: Répartition des observations en fonction des classes de protection 40

Figure 15: Evolution de l'effectif des individus observés dans la zone entre 2000 et 2008 40

Résumé

Cette étude a été menée dans les zones d'intérêt cynégétique N° 1 et 5 au Nord-Cameroun. Les objectifs étaient d'évaluer l'état de la faune en rapport avec le degré de pression anthropique, d'avoir une connaissance des espèces fauniques et d'identifier les pratiques de conservation recommandables. L'approche méthodologique a consisté en une combinaison d'enquêtes dans les villages, de patrouilles de reconnaissance, de comptages par affût et d'un inventaire par transect linéaire. Les données ont été analysées et traitées à l'aide des programmes Excel, Distance 3.5 et Arview 3.3. Les résultats de cette étude montrent une forte dépendance des populations riveraines vis-à-vis des ressources qu'elles prélèvent dans les ZICs. Les principales causes de la disparition des espèces ligneuses, et par conséquent, de la disparition de la faune sont : la coupe anarchique du bois, les défrichements culturaux, le pastoralisme et l'extraction du miel. Les résultats des inventaires montrent une faune de grands et moyens mammifères riche de 26 espèces. La densité et les effectifs de quelques espèces (babouin, patas, cobe de buffon) évoluent positivement tandis que ceux du damalisque, de l'élan de derby, de la girafe, et du colobe guereza ont une tendance opposée. Le taux de rencontre est généralement critique pour les espèces de la classe A et décroissant pour les espèces de la classe B. Cette diminution peut s'expliquer par l'accroissement de la pression anthropique sur la faune et son milieu. En effet, une corrélation négative existe entre l'IKA des activités humaines et l'IKA de la faune. Dans un but de conservation et de meilleure gestion des ressources, nous suggérons l'intégration effective des populations dans la gestion des ressources qui les entourent, l'utilisation des foyers améliorés pour faire cuir les repas, la création des bosquets villageois et le développement de l'élevage non conventionnel (Game ranching, élevage en captivité) des espèces phares menacées d'extinction.

Mots-clés : pression anthropique, faune, Zone d'Intérêt Cynégétique, conservation, Nord-Cameroun

Abstract

This study was carried out in the hunting zones no 1 and 5 of North Cameroon. The objectives were to evaluate the state of fauna with regards to the degree of human activities, to have knowledge of the fauna species and to identify acceptable conservatory practices. The methodology consisted of a combination of surveys in the villages, recognizance patrols, blind counts and inventory by linear transect. Data was analysed and treated using Excel, Distance 3.5 and Arview 3.3. The results of this study show the huge dependence of the resident population on the resources they collect in the HAI such as firewood and timber. The main causes of the disappearance of woody species, and therefore,

the disappearance of wildlife are the uncontrolled cutting of woods, the clearing for farming, the

grazing, and the honey extraction. The results of the inventories show a fauna of large and medium mammals belonging to 26 species. The density and population size of some species (baboons, patas, and kobus kob) evolves positively, while those of species such as giant eland, giraffe, and colobus guereza show an opposite trend. The encounter rate is generally critical for the class A species and declining for the class B species. This decrease can be explained by the increasing human pressure on wildlife and its environment. Indeed, a negative correlation exists between the IKA of human activities and the IKA of wildlife. In a conservation and better resource management purpose, we suggest the effective integration of population for the management of the surroundings resources, the use of improved fireplaces to cook meals, the creation groves villagers and the improvement of non conventional breeding (game ranching, captive breeding) of endangered species.

Key words: human pressure, fauna, Hunting Area of Interest, Conservation, North Cameroon

I. INTRODUCTION

1.1. Généralité

Bien que localement très peuplé, le Nord-Cameroun présente encore une grande zone d'intérêt international pour la conservation de la grande faune sauvage. Cette richesse a permis la création de plusieurs aires protégées. Elles couvrent une superficie de 67 798 km2, occupant près de 44% de la superficie de la région (DRFFN, 2008).

Ces Aires protégées sont constituées entre autres de Parcs Nationaux et de Zones d'Intérêt Cynégétique (ZIC). Nous relevons 3 Parcs nationaux dont le Parc National de la Bénoué (PNB) le Parc National du Faro (PNF) et le Parc National de Bouba Ndjidda (PNB) ; 28 ZIC dont 22 sont concédées en affermage aux guides de chasse et 2 sont en Co-gestion, 2 sont admises pour une expérimentation en « game farming » et « game ranching » et 2 sont des ZIC-GC (Zone d'Intérêt Cynégétique à Gestion Communautaire). Cet important réseau fait partie des 8500 aires protégées recensées dans le monde (Dilys et al, 2000). Les aires protégées du Nord-Cameroun renferment une faune de savane riche et très diversifiée de l'Afrique Tropicale au Nord de l'équateur. Les Parcs Nationaux furent créés sous l'impulsion de l'administrateur colonial, notamment MM JASMIN et Pierre FLIZOT tous deux Inspecteurs Coloniaux de Forêt et de Chasse. Ces domaines étaient peu habités et croupissaient sous l'influence des glossines ou mouches tsé-tsé.

Le PNB a été classé Réserve Forestière et de Faune par Arrêté N° 341/32 du 11/11/1932 du Haut Commissaire de la République Française au Cameroun. Conscient des pressions anthropiques, le Gouvernement de la république du Cameroun l'a érigé en Parc National par Arrêté N° 120/SEDR du 05 décembre 1968 afin de lui accorder le statut de Réserve de protection intégrale sur une superficie de 1 800 Km2 pour l'inscrire ensuite par l'UNESCO comme Réserve de la Biosphère.

Le PNF a été classé comme Réserve Forestière par Arrêté du Haut commissaire de la République Française au Cameroun N° 025 du 13 Février 1947. L'objectif principal était de permettre la régénération végétative des ligneux afin de protéger les bassins versants du fleuve Faro qui est l'un des affluent de la Bénoué, le seul fleuve navigable de la Région. La même année, cet objectif économique a très vite évolué en objectif de conservation/protection : chasse et agriculture interdites ; les villages déplacés pour empêcher et minimiser les feux sauvages et incontrôlés d'où l'appellation de Réserve Forestière et de Faune avec 3 300 km2. C'est le 08 Juillet 1980 que cette aire protégée fut érigée par Décret Présidentiel N°80/243 en Parc National du Faro.

Le PNBN, par l'Arrêté N° 270 du 29 Juillet 1947, est l'acte du Haut commissaire de la République Française au Cameroun qui créa la Réserve de Faune et de Chasse de Bouba Ndjidda. Si le PNB et le PNF ont pris les noms des cours d'eau permanents qui les traversent, Bouba Ndjidda était le nom du Souverain de Rey qui régnait sans partage dans la sous région. Réserve de Faune et de Chasse très

giboyeuse et infestée de tsé-tsé, elle couvrait 2 200 km2 et constituait la chasse gardée du Lamido (chef traditionnel) de Rey-Bouba.

Autour de trois (3) Parcs Nationaux ci-dessus cités, gravitent des zones de chasse dont les 16 premières ont été créées en 1969. Elles étaient désignées soit par des noms d'animaux spécifiques au biotope le plus marquant, soit par le nom des rivières qui sillonnent ces zones, soit par les noms des villages ayant été déplacés. Leurs limites sont balisées par des lignes imaginaires ou des limites naturelles (cours d'eau, montagnes). Leurs superficies varient de 50 000 à 160 000 ha. Ces zones de chasse sont créées par divers arrêtés du Ministre en charges de la Faune après l'avis motivé d'une Commission Consultative Départementale. Elles sont au nombre de 28 de nos jours.

1.2. Problématique

Les aires protégées sont créées pour la conservation et les seules activités permises sont le tourisme de vision pour les parcs nationaux et la chasse sportive pour les ZIC. Il n'y a que dans les zones de chasse que les droits d'usage de populations humaines riveraines sont autorisés. C'est pourquoi, ces territoires de chasse renferment entre autres des hameaux, des espaces culturaux et pastoraux. Ces activités pratiquées sur de faibles superficies avaient une faible importance à l'origine et affectaient très peu l'habitat faunique.

Aujourd'hui, l'augmentation de la population entraine une augmentation de la pression anthropique sur cet écosystème. En effet, à cause des migrations des populations venues de l'Extrême Nord (en moyenne 5,9% par an) à la recherche de meilleurs sols, la démographie est galopante à la périphérie du PNB surtout dans les ZICs1, 4 et 5. Des villages s'agrandissent et de nouvelles habitations s'établissent de manière anarchique. Les populations qui augmentent ont besoin de plus de ressources et les espaces naturels sont, de ce fait, transformés en champs pour les activités agricoles. Par une combinaison de diverses activités (pastorales, agricoles, orpaillage, exploitation du bois ...) sur les même espaces, les sols se trouvent surexploités. La faune est la principale source de protéine animale, plus de 60 à 90% de la viande consommée par les populations rurales provient de la faune sauvage (Souleymane, 2000). Ce prélèvement est à l'origine de la disparition d'environ 85 espèces de mammifères dans le monde (Raveloarinoro, 2006). Au Cameroun, la disparition de l'une des plus importantes espèces clés, le rhinocéros noir, illustre l'ampleur du problème (Zobo et al, 2008). Malgré son statut d'aire protégée, cette zone fait donc face à certains problèmes qui mettent en danger la conservation de la faune et de la flore. La sensibilisation des populations n'apporte pas toujours de solutions satisfaisantes, dans la mesure où les populations migrantes arrivent de manière continue et que les mesures alternatives ne leur sont pas toujours proposées à la place de leurs activités dégradantes. Les principales menaces sur les ressources naturelles dans la zone sont :

> L'installation de nouvelles concessions ;

> Le braconnage ;

> La coupe du bois de feu et de service ;

> Le surpâturage ;

> L'orpaillage ;

> La fragmentation des habitats naturels ;

> Les feux de brousse incontrôlés issus des activités humaines ;

> La pêche à l'aide de pesticides.

Si les ressources végétales sont assez bien conservées dans les parcs, les ressources fauniques connaissent plus de problèmes : la pression du braconnage y est permanente et est devenue une activité commerciale à grande échelle (Hassan, 1998).

A l'état actuel, on connait mal le niveau de l'action anthropique dans les ZIC. Notre étude vise à pallier à ce manque de connaissances en tentant de répondre aux questions suivantes :

> Le système actuel d'exploitation des ressources est-il compatible avec la gestion durable des ressources naturelles ?

> Quels sont les principaux risques auxquels sont exposées les ressources animales dans les aires protégées à forte densité de population ?

> Quelles est l'impact de la pression humaine sur la faune dans son habitat naturel ?

1.3. Objectifs de l'étude

L'objectif principal de cette étude est d'apporter une contribution à la conservation des ressources naturelles. Plus spécifiquement l'étude se propose :

· D'évaluer le degré des pressions humaines sur l'habitat de la faune ;

· D'avoir une connaissance du potentiel faunique ;

· D'identifier les pratiques traditionnelles de conservation des ressources naturelles recommandables.

II. PRESENTATION DE LA ZONE D'ETUDE

2.1. Brève présentation du Nord

La province du Nord-Cameroun est située entre 8° et 10° de latitude Nord, 13° et 14°05' de longitude Est (Humbel et Barbery, 1974). Elle est limitée au Nord par la Région de l'extrême -Nord, au Sud par la Région de l'Adamaoua, à l'Ouest par la République du Nigeria, à l'Est par la république du Tchad et la République centrafricaine. Elle couvre une superficie de 67 798 km2 pour une population d'environ 1,3 millions d'habitants, soit une densité d'environ 20 habitants/ km2 (Anonyme, 1997).

Cette Région compte 4 départements:

- Bénoué chef lieu Garoua

- Faro chef lieu Poli

- Mayo-Rey chef lieu Tcholliré

- Mayo-Louti chef lieu Guider

Plusieurs ethnies peuplent cette Région. Parmi les ethnies autochtones, on y retrouve : les Dourou, Doupa, Véré, Voko, Guidar, Foulbés, Falis et Mboums. A ces autochtones, il faut ajouter : les Mafas, Toupouri, etc...venus de l'extrême-Nord.

Le réseau hydrographique de la Région est constitué de plusieurs cours d'eaux (mayos) qui tarissent pour la plus part en saison sèche. Ces cours d'eaux sont: le fleuve Bénoué (13614 km), le fleuve Faro (13493 km), le Mayo-louti (4152 km), le Mayo-rey (36529 km).

Le Nord-Cameroun est doté d'une grande variété de type de sol : les lithosols, les régosols, les sols ferrugineux tropicaux, les sols hydromorphes et les sols lessivés. Le climat est de type soudanosahélien de type tropical, avec des précipitations comprises entre 800 - 1500 mm/ an. La température moyenne annuelle est d'environ 35°C.

Figure 1 : Réseau d'aires protégées du Nord Cameroun

2.2. Présentation de l'Unité Technique Opérationnelle (UTO) (zone de conservation)

2.2.1. Localisation géographique et administrative

L'UTO de la Bénoué englobe le parc national de la Bénoué (PNB) et huit zones d'intérêts cynégétiques adjacentes (1, 2, 3, 4, 5, 7, 9 et 15) telles que les montrent les cartes n°1 et 2. Cette UTO se trouve dans la Région du Nord située entre 8° et 10° de latitude Nord et entre 12° et 16° de longitude Est. Elle couvre les départements de la Bénoué, du Rey Bouba et de Mayo Rey.

Le PNB créé en 1968 couvre une superficie de 180.000 ha et jouit d'un statut de protection intégrale. Il est limité au nord par les cours des Mayo Ladé et Laindelaol, au sud par le cours du Mayo Dzoro, à l'est par le cours du fleuve Bénoué, et à l'ouest par la route nationale N°1 Ngaoundéré - Garoua, le village Banda et le cours du Mayo Salah et du Mayo Ladé. Les ZIC N°1 et 5 situées à l'ouest de l'UTO de la Bénoué couvrent respectivement 39 552 et 79 150 ha. Leurs limites sont définies par l'arrêté N°0580/A/MINEF/DFAP/SDF/SRC du 27 août 1998.

La ZIC N°1 localisée dans l'arrondissement de Rey Bouba est limitée au nord par le Mayo Wani, les villages Dogba et Bouk, à l'est par le village Banda (vers le sud), au sud par les villages Banda et Nigba, et à l'ouest par le village Nigba et le Mayo Wani. La ZIC N°5 est localisée dans le département de Mayo Rey et limitée au nord par le village Banda, à l'est par le PNB, la ZIC 1 et 4 et la route Nationale N°1 Garoua -Ngaoundéré, au sud par les ZIC 15 et 16 et à l'ouest par la ZIC 18.

Z5

Mayo Alim

Gamba#

Banda

#

Sakjé

#

#

Gidjiba

Ex-Djaba

Z1

Campement Buffle #

#

#

# Campement Bel El

PNB

Figure 2: Localisation des ZIC 1 et 5 autour du Parc National de la Bénoué (page suivante)

2.2.2. Climat

L'UTO de la Bénoué et ses environs bénéficient d'un climat soudano-guinéen. Ce climat se caractérise par une saison sèche (4 à 5 mois) allant de novembre à mars et une saison de pluie (6 à 7 mois) allant d'avril à octobre. La moyenne pluviométrique corroborée par les archives de la station de Buffle-Noir la plus proche était d'environ 1.400 mm / an dans les années 1998 ; les mois les plus pluvieux étant août et septembre avec 352,5 et 362,5 mm de pluie respectivement (Mendjemo, 1998).

L'analyse de la variation des précipitations moyennes annuelles montre une tendance à la sécheresse. Ces contraintes climatiques contribuent, pour beaucoup, à l'exacerbation du processus de désertification dans cette zone. Les températures moyennes diurnes sont voisines de 28°C, avec des écarts thermiques (7,7°C) très importants.

2.2.3. Géomorphologie, formations géologiques et sols

La topographie de l'UTO de la Bénoué est constituée d'une succession de collines séparées par des vallons à fonds évasés, souvent érodés ou ravinés. Elle est caractérisée par un relief relativement accidenté comprenant un ensemble de massifs localement appelés « Hossérés », dont l'altitude minimale est de 220 m et la maximale de 759 m au niveau de Mbana. Ces Hossérés sont séparés par des plaines plus ou moins vastes.

Deux principales formations géologiques dominent le bassin de la Bénoué : il s'agit du socle granitogneissique et des alluvions fluviales (Braband et Gavaud, 1985). Les roches grenues acides prédominent dans la région.

La carte des sols de la Région du Nord éditée par l'ORSTOM (Braband et Gavaud, 1985) indique que le PNB et ses zones périphériques sont constitués essentiellement de régosols et de lithosols. On y trouve également des sols ferrugineux qui constituent environ 60% des sols cultivés de la Région. Ils ont une faible teneur en argile, souffrent d'un lessivage important et leur structure est peu développée en surface avec un horizon sablo-argileux en profondeur. Ces sols sont acides avec un pH compris entre 5 et 6.

2.2.4. Hydrographie et hydrologie

L'UTO de la Bénoué fait partie du Bassin de la Bénoué arrosé par le fleuve Bénoué. Celui-ci constitue le principal affluent du Bassin du Niger et est l'unique cours d'eau permanent de la zone. Le réseau hydrographique du Bassin de la Bénoué est de moindre importance que celui du Niger et est de type saisonnier.

Le régime hydrologique des principaux cours d'eau est marqué par le climat soudano-guinéen avec comme principales caractéristiques des débits élevés, des crues annuelles brutales, des étiages très prolongés et un écoulement saisonnier localement appelé Mayo ou cours d'eau saisonnier dont les Mayo Sala, Altou, Wani et Konwa.

Le régime des cours d'eau est davantage lié à l'importance de la durée de la saison sèche et/ou à la durée/intensité de la saison des pluies, ainsi qu'à un ensemble de facteurs variables relatifs à l'état du sol. La hauteur et la durée des crues sont localement très importantes pour les cultures de décrue et pour les activités agro-sylvo-pastorales d'une manière générale. Ces ressources en eau sont complétées par des retenues d'eau vitales pour la population, au rang desquels le barrage de Lagdo, le barrage de Maga et le Lac Tchad.

2.2.5. Végétation

D'après les travaux de Letouzey (1968), la végétation de la zone soudano-sahélienne est composée de steppes arbustives soudano-sahéliennes de la région de Garoua, de savanes arbustives de la vallée de la Bénoué et de savanes médio-soudaniennes sur sols plus ou moins caillouteux. Elle est dominée par les savanes soudanaises avec une présence de galeries forestières qui jonchent les lits des cours d'eau. Ce sont des facteurs qui favorisent l'habitat de la faune sauvage et qui font de l'UTO Bénoué et ses environs un gîte par excellence pour les animaux.

2.2.6. Faune

D'après les travaux de Depierre et Vivien (1991) et de Tsagué (1995), l'UTO de la Bénoué constitue
une région représentative de la diversité animale des savanes d'Afrique Centrale. Elle abrite de

nombreuses espèces et populations de mammifères, d'oiseaux et de poissons. Plus de 26 espèces appartenant à 11 familles ont été recensées dans le PNB. Les grands et moyens mammifères sont les plus représentés et comprennent principalement : les bubales (Alcelaphus buselaphus major), les élans de Derby (Taurotragus derbianus), les hippotragues (Hippotragus equinus), les buffles (Syncerus caffer caffer), les reduncas (Redunca redunca), les cobes Defassa (Kobus defassa), les cobes de Buffon (Kobus kob kob), les guibs harnachés (Tragelaphus scriptus), les ourébis (Ourebia ourebi), les céphalophes à flancs roux (Cephalophus rufilatus), les phacochères (Phacochoerus africanus), les hippopotames (Hippopotamus amphibus), les éléphants (Loxodonta africana africana), les lions (Panthera leo), les hyènes tachetées (Crocuta crocuta), les patas (Erythrocebus patas), les babouins doguera (Papio anubis), les colobes à manteau blanc (Colobus guereza) et les singes verts (Cercopithecus aethiops). Certaines espèces de carnivores tels que les lycaons (Lycaon pictus) et les panthères (Panthera pardus) sont en voie de raréfaction, l'élan de derby est menacé et le rhinocéros noir (Diceros bicornis longipes) a été éliminé du PNB.

L'avifaune comprend plus de 306 espèces. Les principales sont : le touraco (Tauraco leucolophus), l'oie de Gambie (Plectropterus gambensis), le busard des roseaux (Circus aeruginosus), le coucal du Sénégal (Centropus senegalensis), le héron garde-boeufs (Bubulcus ibis), le héron goliath (Ardea goliath), les tourterelles (Streptopelia sp.), l'ombrette (Scopus umbretta), le francolin (Francolinus bicalcaratus) et la pintade commune (Numida meleagris). Par ailleurs, les espèces telles que la cigogne (Ciconia sp.), le jabiru d'Afrique (Ephippiorhynchus senegalensis) et l'ibis sacré (Threskiornis aethiopicus) sont en voie de disparition de la région.

La faune aquatique de la zone est riche et diversifié mais reste sous la dépendance de l'unique fleuve Bénoué. Ce fleuve offre aux populations toute une large variété de poissons : le hareng (Pellonula miri), l'hétérotis (Heterotis niloticus), le clarias (Clarias albopunctatus, C. anguillaris, C. gariepinus), le tilapia (Tilapia rendalli, T. zillii), le tetraodon (Tetraodon lineatus), le barbeau (Barbus spp.), le poisson-chat (Auchenoglanisbiscutatus, A. occidentalis), et le binga (Hydrocinus vittatus, H. brevis, H. forskalli).

2.2.7. Historique de l'UTO de la BénouéA l'époque précoloniale, la zone actuellement occupée par le PNB et sa périphérie était utilisée par le

Lamido (autorité traditionnelle suprême) de Rey-Bouba comme son domaine privé de chasse. Sous l'impulsion de l'administrateur colonial Pierre Flizot, une partie de ce domaine fut classée "réserve de la faune de la Bénoué" suivant l'arrêté N° 341/32 du 11 novembre 1932 du haut commissaire de la république française au Cameroun. Afin de limiter la pression sur les ressources naturelles, l'arrêté N° 120/SEDR du 5 décembre 1968 érigea ce domaine en "Parc National de la Bénoué". En 1982, l'UNESCO classa le PNB dans la liste des réserves de la Biosphère en raison de la présence humaine autour du parc. Son premier plan d'aménagement fut élaboré en 2002 (Donfack et Tsakem, 2004). Les zones d'intérêt cynégétique 1 et 5 comme toutes les autres ZIC de la province ont été créées autour du

parc par l'arrêté N° 86/SEDR/DEFC du 21 octobre 1969. Ce sont les zones vouées à la protection et à l'exploitation de la faune par la chasse moyennant paiement de droits et taxes tels que prévus par la réglementation en vigueur.

L'UTO de la Bénoué est l'unique aire protégée de première catégorie dans la région septentrionale du Cameroun. Bien qu'elle soit classée parmi les plus riches du pays en termes de diversité biologique, cette aire protégée, tout comme les zones à usage multiple (ZUM) environnantes, sont exposées à la chasse illégale ou braconnage; les populations locales appréciant bien le gibier (Hassan, 1998).

2.2.8. Caractéristiques socioculturelles et démographique de la zone d'étude


· Groupes ethniques et migrations des populations

Plusieurs ethnies composent la population vivant dans l'UTO de la Bénoué. Les groupes autochtones sont composés des Haoussas essentiellement commerçants, des Foulbés particulièrement éleveurs, des Fali, Kangou, Mboum, Laka, Dourou, Veré, Tchamba et Bata qui sont des agriculteurs. L'ethnie majoritaire est constituée par les Dourou pour la plupart des agriculteurs.

Les allogènes sont représentés par les immigrants venus de l'Extrême-Nord et du Tchad: il s'agit des Toupouris, Massa, Matakam, Moundang, Guiziga, Laka et Mada qui pratiquent pour la plupart la culture du coton (WWF, 2002). Ils sont fortement impliqués dans l'exploitation et la vente de bois de chauffage ; activités qui contribuent substantiellement à la destruction du couvert végétal, et donc de l'habitat pour la faune.

La population de la région du Nord est à la fois moins dense et inégalement répartie dans la zone (73% de la population y occupe seulement 26% de la superficie). L'UTO s'étend sur un seul département et est peuplée d'environ 176 708 habitants (Endamana et al, 2006).

2.2.9. Caractéristiques économiques de la zone d'étude

Les principales activités économiques des populations de l'UTO sont l'agriculture, l'élevage, la pêche, le petit commerce, l'artisanat et la chasse. Les principaux produits de l'agriculture sont le sorgho, le mil, le coton, le maïs, le riz, l'arachide, le niébé et les cultures maraîchères. Les principaux produits d'élevage sont les bovins, les caprins, et la volaille. La pêche est pratiquée dans la Bénoué et dans les Mayo. Le petit commerce se résume à la petite restauration, à la vente des produits manufacturé, à la vente des produits de récolte, à la vente du bois de chauffage en bordure de la route et à la vente clandestine de la viande de brousse.

2.3. La chasse sportive au Nord Cameroun

La chasse sportive est organisée au sein des ZIC. Toutes les ZIC sont sous le contrôle du Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) qui est lui même représenté par la direction de la faune et des aires protégées. Il existe deux modes de gestion des zones de chasse :

-- Les zones affermées ou amodiées sont gérées par un guide chasse professionnel dans le respect d'un cahier des charges rédigé par le MINFOF. Celui-ci prévoit notamment que le guide chasse doit procéder à un inventaire annuel de la faune et évaluer ses tendances évolutives. Sur cette base, il propose un plan de tir au MINFOF qui fixe ensuite les quotas. Durant l'amodiation, le guide chasse est aussi tenu de faire des investissements pour l'aménagement de sa zone;

-- Les zones à cogestion sont gérées par les populations riveraines, qui mettent en place un comité chargé de la gestion. Ce comité est dénommé Union des Comités Villageois de la Faune (UCVF). Le comité peut louer la zone à un chasseur professionnel ou lui même organiser les safaris.

Il existe 3 types de permis de chasse :

-- Le permis de grande chasse donne le droit d'abattre 2 grands mammifères du groupe I et 4 du groupe II, tous devant être d'espèces différentes ;

-- Le permis de moyenne chasse permet de tuer 4 animaux du groupe II et 4 du groupe III;

-- Le permis de petite chasse de gibier à poil donne droit à 20 animaux du groupe III par an et celui de gibier à plume à 5 semaines de chasse sur des animaux du groupe III.

Dans le cas des zones de chasses étudiées, il s'agit principalement de permis de grande chasse.

Tout chasseur doit s'acquitter de la taxe sur les armes, du permis de chasse (500 000 FCFA) et du droit de chasse (1 550 000 FCFA). A ceci s'ajoutent la taxe d'abattage pour chaque animal tué et le droit de sortir le trophée du territoire camerounais. Les tarifs des différentes taxes diffèrent suivant si le chasseur est touriste, résident ou local. Pour les chasseurs chassant sur les zones amodiées, les différentes taxes fixes sont incluses dans un forfait qui comprend l'ensemble des prestations du séjour (acheminement, logement, frais de chasse...). Pour les zones en cogestion, le chasseur doit s'acquitter lui même des taxes auprès de la délégation Régionale du tourisme (DRFFN, 2008).

III. DECLARATION DES CONCEPTS

L'étude entreprise aborde le problème de la dégradation des ressources suite à la pression humaine. Elle concerne surtout l'état de ces ressources en rapport avec le degré de pression anthropique, et traite en particulier du cas des ZIC habitées et traversées par un axe important. S'intéresser à cette étude nécessite une prise en compte de tous les facteurs de dégradation et de conservation. Quatre concepts nous semblent importants pour cerner la question de gestion des ressources naturelles.

La zone d'intérêt cynégétique qui est une aire ou le gibier et la chasse présente un intérêt économique ou scientifique majeur et où la faune est susceptible d'être maintenue par des moyens d'aménagement appropriés à un potentiel aussi élevé que possible en vue de son étude scientifique ou de son exploitation rationnelle afin d'obtenir un rendement maximum soutenu. C'est une aire protégée habitée et dont les populations tirent leur besoin de subsistance de cette dernière. Pour freiner la pression des riverains dans les aires protégé, la nouvelle politique les intègre à la gestion, d'où la gestion participative des ressources naturelles.

Réserve de la biosphère : le parc de la Bénoué est depuis 1980 classé réserve de biosphère qui est une réserve nationale déclarée comme bien du patrimoine mondial en raison de ses spécificités biologiques, écologiques, culturelles ou historiques et dont la conservation est l'un des objectifs principaux.

La pression anthropique selon Ramades (1993) est une action propre à l'homme, elle peut être bénéfique lorsqu'elle vise à conserver ou réhabiliter un milieu naturel. Mais dans la plupart des cas, elle est néfaste et entraine la dégradation des ressources naturelles.

La Conservation, définie comme étant la conduite et l'utilisation des ressources génétiques de façon à ce qu'elles puissent procurer de manière soutenue un maximum d'avantages aux générations présentes, tout en maintenant leur capacité à répondre aux besoins et aspirations des générations futures (UICN, 1995).

IV. METHODOLOGIE

D'une manière globale, le système mis en place a permis de déterminer les types d'activités humaines pratiquées et les espèces fauniques présentes dans les ZICs. Au vu de la complexité du système (grande biodiversité, action anthropique et nombreuses interactions régissant l'écosystème), il était assez difficile d'utiliser une seule méthode qui tiendrait compte de toutes les variantes. Dès lors, nous avons choisi de combiner plusieurs méthodes, à savoir :

· Les enquêtes formelles ;

· Les patrouilles de reconnaissance.

· Les transects linéaires ou pédestres ;

· Les affûts ;

4.1. Les enquêtes formelles

Les enquêtes formelles ont été menées dans la zone par Tagueguim (1999). Une fiche d'enquête reprenant les questions à poser auprès des ménages avait été préparée (voir annexe 1). A l'aide de la méthode d'échantillonnage systématique, nous avions choisi 35 ménages à enquêter. Dans chaque ménage, la personne source était le chef de ménage, qui était, dans certains cas, assisté de sa femme ou de ses enfants.

Les enquêtes formelles nous ont permis de collecter les informations relatives au différentes ressources utilisées, au mode de prélèvement, aux zones les plus fréquentées, aux espèces animales les plus rencontrées au village et celles devenues rares, ainsi qu'à la conception des populations sur la notion d'aires protégées.

Afin de compléter les enquêtes formelles, nous avons procédé à des enquêtes informelles auprès des personnes ressources. Les personnes cibles étaient généralement des chefs de postes forestiers ou agricoles, le chef de secteur Sodécoton, les chefs des villages, les pisteurs du village, les guides chasses et le président de comité villageois de la faune (CVF) de la ZIC N° 1.

4.2. Les patrouilles de reconnaissance

Le système de patrouille de reconnaissance a permis de compléter les informations issues des enquêtes et de caractériser le terroir en fonction des activités observées. Les patrouilles ont été effectuées après les enquêtes qui se sont déroulées au mois d'avril, début de défrichements culturaux dans la zone.

Son principe est de matérialiser les transects linéaires qui nous permettent de parcourir le village.

Six transects ont été matérialisés en partant d'un même point, considéré comme le centre des villages, et suivis jusqu'au niveau où les activités humaines étaient jugées moindres. Deux transects suivaient la route nationale, deux autres étaient perpendiculaires à la route nationale et enfin deux suivaient obliquement la direction Nord-Est / Sud-Ouest. Les distances variaient de 3,8 km à 6 km. Ces

distances étaient fonction des zones d'activités. Une fois que nous constatons la fin des zones de culture, c'est à ce point que nous limitons notre transect. Les informations suivantes étaient relevées : les différentes zones d'activités (habitation, culture, brousse), les jachères, aussi quelques espèces fauniques rencontrées.

4.3. Les transects linéaires

Les transects linéaires sont des transects parcourus à pied à une vitesse d'environ 2 km/h. Cette méthode a été utilisée avec succès dans les écosystèmes de savanes (Bosch, 1976 ; Tsakem et Donfack, 2004). Ils permettent de faire le dénombrement des grands et moyens mammifères dans la zone et a été effectué en Février 2008 par WWF/PSSN. Cette période coïncide avec la saison sèche au Nord-Cameroun.

4.3.1. Principe des transects linéaires

Une ligne droite appelée transect est parcourue par une équipe (1 pisteur, 1 releveur, 1 boussolier, 1 garde chasse) et la distance entre l'observateur et l'objet (Ri) est notée ainsi que l'angle de l'objet (ai) par rapport à la ligne de marche. En général, plusieurs lignes de longueurs L1, L2, .Lk sont parcourues pour une longueur totale L connue. La distance perpendiculaire (Xi) est estimée par la formule : Xi = Ri sin(ai)

Dans son concept théorique, la méthode des transects linéaires est une méthode probabiliste et son application exige que les conditions suivantes soient remplies :

> Tous les objets sur la ligne de marche doivent être détectés ;

> Les objets sont détectés à leur position initiale avant tout mouvement éventuel dû à une réponse de l'observateur ;

> Les distances mesurées doivent être exactes ;

> Les détections sont des mouvements indépendants ;

> Aucun objet n'est compté plus d'une fois sur une même ligne de marche.

4.3.2. Matérialisation des transects

A partir des feuilles nc33ii de la carte topographique du Cameroun au 1/200.000e, la zone a été systématiquement quadrillée à raison de 2,5 x 2,5 km. Les transects suivis étaient des lignes de quadrats variant de 5 à 30 km, pour un total de 26 transects. Un effort de collecte de données de l'ordre de 397,5 km a été atteint. Les points de départ de chaque transect et leurs coordonnées ont été déterminés sur la carte de manière aléatoire et repérés avec précision sur le terrain à l'aide d'un GPS Garmin 12 XL. L'orientation des transects était perpendiculaire au cours d'eau.

4.3.3. Matériels utilisés

Pour collecter les données, plusieurs outils étaient mis à la disposition des équipes de terrain :


· Un GPS (Global positioning System) de marque Garmin 12 XL pour la prise des coordonnées géographiques des différentes observations ;

· Une boussole pour s'orienter sur le terrain afin d'aller d'un point à l'autre ainsi que, pour la prise des angles observateur animal ou groupe détecté;

· Des jumelles pour les observations éloignées ;

· Un télémètre pour mesurer la distance entre l'observateur et l'animal détecté ;

· Plusieurs fiches de relevé et du petit matériel (crayon, planchette, gomme, etc.) ;

· Du matériel de camping si possible.

4.3.4. Collecte des données

La collecte des données a été assurée par 4 équipes composées chacune de 4 à 5 personnes dont 1 boussolier, 1 pisteur, 1 releveur, 1 garde chasse pour la sécurité et 1 porteur. Environ vingt personnes ont été mises à contribution pour la réalisation de ce travail. Quelques gardes chasses, gardes communautaires et jeunes gens formés par le WWF sur les techniques de dénombrement à pied des grands et moyens mammifères ont été recrutés dans les villages riverains. Cette équipe a été appuyée sur le terrain par cinq encadreurs.

Cette opération sur le comptage des animaux proprement dit a duré 12 jours. Elle commençait tous les jours tôt le matin entre 6 h00 et 7 h00 et se terminait le soir autour de 17 h30 et 18h. La vitesse de progression le long des transects n'excédait pas 2 et 3 km/h.

Une fois que le point de départ du transect était repéré sur le terrain à l'aide d'un GPS, le boussolier orientait l'équipe dans la bonne direction et surveillait de façon permanente la constance de l'azimut. Les membres de l'équipe se déplaçaient en file. Quand un animal (ou un groupe d'animaux) ou une activité humaine était observé, les informations suivantes étaient notées sur des fiches de données préétablies :

· l'heure de l'observation ;

· l'espèce ou le type d'activité humaine (braconnage, activités pastorales, coupe de bois etc.);

· le nombre d'individus observés ;

· la distance observateur-animal ou activité détecté ;

· l'angle d'observation, elle est mesurée entre la ligne de marche et le lieu où l'animal est vu avant son éventuel déplacement.

4.4. Les affûts

La méthode par affût avait pour but de suivre l'évolution des effectifs des espèces fauniques dans la zone. Elle repose sur la réalisation des comptages en un point fixe (mirador). Pour ce travail nous avons utilisé les données collectées en 2008 par WWF/PSSN.

Le principe des affûts consistait à se poster à un point fixe remarquable où la faune se concentre et à comptabiliser les animaux observés (Verwilghen, 2003). L'observateur est placé dans un arbre, en hauteur, ou sur un mirador afin de mieux voir les animaux.

Nous avons choisi des sites représentatifs comme des salines et des mares dans la zone. Leur localisation était repérée à l'aide du pisteur. Pour cette méthode, les heures de pointe sont les plus recommandées. Les affûts ont été effectués le matin entre 6 h et 8h30, le midi entre 11 h et 13 h 30 et en fin d'après midi entre 15h30 et 18 h durant trois jours par période (début saison sèche et début saison des pluies) c'est-à-dire six jours par an (Verwilghen, 2003). L'observateur était muni d'une fiche de relevée qui se trouve en annexe 2.

4.5. Analyse des résultats

L'analyse des données est orientée pour comprendre les effets de la pression humaine et les conséquences sur la faune et son habitat. Il s'agit non seulement de décrire les actions des populations, mais aussi de juger ces pratiques en termes de gestion durable des ressources naturelles et de conservation.

Les données collectées lors des enquêtes, patrouilles de reconnaissances et affûts ont été traitées à l'aide du logiciel Microsoft Excel. L'analyse des données a été faite sur base de simples statistiques descriptives présentant les différentes proportions des utilisations de ligneux, des pratiques agricoles etc.

L'estimation des densités et des effectifs ont été faites à l'aide du programme Distance 3.5 (Laake et al, 1994). Ce programme exige une grande précision dans la mesure de distance et analyse les données pour les espèces suffisamment observées (au moins 40 observations).

Pour les espèces animales dont le nombre d'observation a été insuffisante, les estimations des densités ont été faites selon la formule suivante (Gaillard et al., 1993):

D = n/2Lw

Où D est la densité de l'espèce, n est le nombre d'individus observés pour l'espèce, L l'effort de collecte des données et w la largeur du transect. Ces espèces ont été, pour la plupart, observées dans quelques quadrats de surface connue.

Afin de déterminer la corrélation entre la faune et la pression anthropique, l'ensemble des données collectées (directe et indirecte) a été réorganisé dans chaque quadrat. Le taux de rencontre ou IKA (indice kilométrique d'abondance) de chaque espèce et de chaque activité humaine (Bousquet 1996) a été calculé pour permettre la détermination de la répartition de la faune par rapport aux activités humaines par le biais de Arcview 3.3.

Calcul des indices kilométriques d'abondance (IKA)

L'indice kilométrique d'abondance (IKA) est le rapport du nombre d'individus ou d'indice de pression humaine observé sur le nombre de kilomètre de distance parcourus. Il se calcule pour une espèce ou pour l'ensemble des espèces dans une zone et pour chaque type d'activité humaine. Effectué chaque année dans les mêmes conditions, cet indicateur permet de savoir si la population animale ou la pression anthropique augmente, diminue ou stagne. Sa formule est la suivante :

Nombre de contact avec une espèce ou d'indice de pression IKA =

épartition des animaux et Distance totale parcourue

Le programme Arview 3.3 a également permis la production de la carte de distribution des activités humaines.

V. RESULTATS

5.1. Résultats d'enquêtes

Un total de 35 ménages a participé aux enquêtes. Les réponses ainsi que les résultats sont présentés sous forme de texte et de tableaux. Parmi les questions posées, celle portée sur la chasse a obtenu un taux de réponse faible. Mais dans l'ensemble, les ménages ont répondu avec beaucoup de soins au questionnaire.

5.1.1. La pression agricole

a) Techniques de labour

Dans la zone, plusieurs techniques sont utilisées (tableau 1) :

- le semis sans labour : traitement des parcelles aux herbicides (gramosome, gliphoxate ...) avant de les cultiver ;

- le labour manuel : grattage superficiel du sol à l'aide de la houe traditionnelle (cette technique est la plus utilisée dans les villages) ;

- le labour attelé : retournement de la terre à une profondeur de 10 à 15 cm à l'aide d'une paire de boeuf attelant une charrue ;

- le labour mécanique : retournement de la terre à une profondeur supérieure à 15 cm à l'aide d'un tracteur

Suivant les réponses des ménages interrogés, la culture manuelle est la plus pratiquée dans la zone avec 97,14% suivi de labour attelé (20%) et de labour mécanique, peu pratiqué avec 8,57%.

b) Systèmes de culture

Le système de culture avec jachère est le plus utilisé dans la zone. Plus de 70% des cultivateurs le pratiquent pour améliorer la fertilité du sol. Les engrais sont aussi utilisés sur des parcelles qui ne sont pas laissées en jachère, plus de 60% le font et généralement dans les parcelles qui portent la culture du coton. Les arbres sont dans la plupart des cas coupés dans les parcelles de culture. Cependant 5,71% des ménages laissent quelques arbres dans les parcelles soit pour l'ombrage, soit pour la fertilisation grasse aux feuilles mortes.

Tableau I: Quelques caractéristiques culturales dans la zone

 

Caractéristiques

Nombre de

répondant/ 35

Proportion de personne

pratiquant le système (%)

Technique de

labour

Sans labour

3

8.57

Labour manuel

34

97.14

Labour attelé

7

20

Labour mécanique

3

8.57

Système de

culture

Culture continue

10

28.57

Système jachère

25

71.42

Utilisation d'engrais

21

60

Système agro forestier

2

5.71

Durée de jachère

0 - 4 ans

21

60

4 - 8 ans

8

22.85

> 8 ans

6

17.14

5.1.2. La pression pastorale

Près de 32% des ménages ne pratiquent pas l'élevage tandis que 34% pratiquent l'élevage des ovins et des caprins (figure 2). C'est un petit élevage de subsistance pratiqué pour l'autoconsommation et les dons. Les ménages qui possèdent les bovins représentent 6% et ils précisent que les bovins sont utilisés pour la culture attelée. Chaque ménage possède un enclos pour garder ses animaux pendant la période de culture et les laisse en divagation après les récoltes. La taille maximale de troupeau par ménage est faible (environ 12 têtes). Les répondants ont signalé la présence des glossines (mouches tsé tsé) qui ne les permet pas d'agrandir la taille de leur troupeau. Près de 28% des répondants précisent qu'ils préfèrent le petit élevage de la volaille pour substituer à leur besoin en protéine. Les populations signalent l'installation temporaire des éleveurs Mbororos (transhumants) dans la zone en saison sèche à la recherche du bon pâturage.

aucun
32%

vache
6%

26%

ovin

poule

28%

caprin
8%

Figure 3: Représentativité des différents types d'élevage pratiqués dans la zone

Les mêmes enquêtes nous ont permis de dresser une liste des espèces végétales consommées par le bétail. Ces résultats sont consignés dans le tableau 2. Pour chaque espèce citée, les répondants précisaient les différentes parties utilisées par le bétail, qui de préférence sont les feuilles et les fruits.

Tableau II: Espèces végétales consommées par le bétail

Espèces

Nom local : Dii (Dourou)

Partie du végétal utilisée

Feuille

fruit

Acacia seyal

 

x

x

Acacia sieberiana

 

x

x

Afzelia africana

Bambam

x

 

Annona senegalensis

Soup

x

x

Anogeissus leiocarpus

Ta'ap

x

 

Bombax costatum

Bal

x

 

Detarium microcarpum

Guedok

 

x

Entada africana

Bazième

x

 

Piliostigma thonningii

Ba'al

x

x

Prosopis africana

Siansian

x

x

Pterocarpus luscens

Hahal

x

 

Stereospermum kunthianum

Gop

x

 

Tamarindus indica Terminalia sp.

Pa'at

x
x

 

Ximenia americana

Bock

x

x

5.1.3. La pression de coupe de bois

a) Les zones de ravitaillement

Trois domaines sont généralement explorés pour la recherche du bois :

· les champs de culture : ils sont visités par les personnes âgées n'ayant plus assez de force pour aller plus loin chercher du bois de feu de bonne qualité ;

· les nouveaux défrichements agricoles (bois de feu et de service) ;

· les brousses (le bois de feu et de service).

Une majorité de la population (60%) se ravitaille dans la brousse, tandis qu'une petite proportion en majorité constituée des personnes âgées (14,2%) se ravitaille dans les champs de culture aux alentours des cases. On compte plus de 25% des personnes qui se ravitaillent dans les nouveaux défrichements (Tableau III).

b) Distance des zones de ravitaillement

Suivant les résultats d'enquêtes, 37% de la population va à plus de 2000 m du village pour rechercher le bois, surtout le bois de bonne qualité (Tableau III). Cette proportion élevée justifie la disparition progressive du couvert végétal du village vers la zone de brousse. Autour des villages, on note cependant quelques arbres abandonnés, ou de faible valeur calorifique, qui sont exploités par les personnes ne pouvant pas faire de longues distances pour rechercher le bois de bonne qualité.

c) Période de coupe de bois

Trois périodes de coupe de bois ont été signalées par les répondants. Presque la moitié (48,57%) se ravitaille pendant la période de repos agricole, 37,14% au moment des défrichements tandis que 14,28% font de l'exploitation du bois leur activité quotidienne (Tableau III). Ainsi, les besoins en bois se manifestent en toute période dans la zone entrainant l'exploitation anarchique et par conséquent la disparition du couvert végétal

Tableau III: Principales caractéristiques de l'exploitation du bois dans le terroir

 

Caractéristiques

Nombre de répondant /35

Proportion (%)

Points de

ravitaillement en

bois

Champ de culture

5

14.2

Nouveau défrichement

9

25.7

Brousse

21

60.0

Distance des zones de ravitaillement

0 - 500

4

11.4

500 - 1000

11

31.4

1000 - 2000

7

20.0

>2000

13

37.1

Période de coupe de bois

Lors de défrichement

13

37.1

Repos agricole

17

48.5

Activité permanente

5

14.2

d) Les ressources exploitées et leur utilisation + Le bois de feu

Le bois est la principale source d'énergie utilisée dans la zone. D'après les enquêtes, les espèces les plus appréciés comme bois de feu sont Anogeissus leiocarpus (88.56%), Acacia polyacantha (57.14%) et Pterocarpus luscens (42.85%) parce qu'elles sèchent très vite, conservent la flamme, prennent feu rapidement et ne font pas trop de fumée. D'autres espèces sont aussi utilisées (tableau IV).

Tableau IV: les espèces utilisées comme bois de feu

Espèces

Nom local : Dii (Dourou)

% utilisation

Anogeissus leiocarpus

Ta'ap

88.5

Acacia polyacantha

Sat

57.1

Pterocarpus luscens

Hahal

42.8

Stereospermum kunthianum

Gop

22.8

Afzelia africana

Bambam

22.8

Isoberlinia doka

Ko't

20.0

Hymenocardia acida

Targnane

17.1

Pterocarpus erinaceus

Seme

17.1

Combretum micranthum

Magfili

14.2

Prosopis africana

Siansian

14.2

Monotes kerstingii

Nome

11.4

Généralement, le bois est utilisé pour faire cuire les repas. La consommation est en moyenne d'un fagot par jour par foyer, soit environ 4.5 à 5 kg. Cette consommation double dans les cabarets de « bil-bil », pour la fabrication du vin local. Une partie est vendue en bordure de la route pour ravitailler les centres urbains tels que Garoua et Ngaoundéré. Le bois est entassé devant les concessions en fagots de 50 F et 100 F. Les principaux preneurs sont les chauffeurs de camion qui voyagent à vide ou à moitié chargés. Le commerce du bois occupe plus de 48.57% de ménages.

+ Le charbon de bois

Le charbon est utilisé par les forgerons comme combustible pour fabriquer des outils. Le charbon est peu utilisé pour la cuisine, il est vendu en bordure de la route. Les forgerons et certains vendeurs fabriquent du charbon en brousse par le procédé suivant : l'arbre est coupé, couché sur le sol, puis on l'entoure de brindilles auxquelles on met le feu. Le charbon est retiré incandescent du feu, puis éteint avec de la terre. On utilise également le résidu du foyer allumé pour la préparation de la nourriture. Pterocarpus erinaceus et Prosopis africana sont les espèces les plus utilisées car il s'agit de bois dur qui ne donne pas de cendre.

+ Le bois de service

Le tableau V présente les espèces les plus utilisées comme bois de service. Parmi ces espèces, Monotes kerstingii, Anogeissus leiocarpus, Burkea africana et Prosopis africana sont les plus appréciés grâce à leur solidité, leur durabilité et leur résistance aux attaques des termites. Ce bois est utilisé pour les toitures, les barrières, les enclos à bétail et les manches des outils (houes, haches etc.).

Tableau V: Quelques espèces utilisées comme bois de service

Espèces

Nom local : Dii

(Dourou)

utilisation

% d'utilisation

Monotes kerstingii

Nome

Toiture,

45.7

Anogeissus leiocarpus

Ta'ap

manche des

37.1

Burkea africana

Him

outils,

34.2

Stereospermum kunthianum

Gop

clôture.

28.5

Prosopis africana

Siansian

 

22.8

Diospyros mespiliformis

Gwadip

 

14.4

Pterocarpus luscens

Hahal

 

11.4

Pseudocedrella kotschyi

Boueto't

 

11.4

Le bois de service est également utilisé comme tuteurs d'ignames dans les champs. Les tiges les plus utilisées sont celles ayant un diamètre de 4 à 5 cm et de 125 à 140 cm de hauteur, les jeunes tiges étant les plus sollicitées. Les espèces les plus utilisées sont : Prosopis africana, Pterocarpus erinaceus, Piliostigma thonningii, Annona senegalensis, Crossopteryx febrifuga et Pterocarpus luscens.

e) Quelques produits forestiers utilisés dans la pharmacopée traditionnelle

Outre les produits forestiers susmentionnés, les personnes enquêtées ont également signalées quelques produits forestiers non ligneux entrant dans la pharmacopée traditionnelle. Ces informations ont été données par des personnes ressources (les guérisseurs traditionnels) lors des enquêtes informelles. Plus de 25 espèces ainsi que les différentes parties utilisées et les maladies soignées sont, à cet effet, consignées dans le tableau VI.

Tableau VI: Les espèces utilisées pour la pharmacopée

Espèce

Nom local : Dii (Dourou)

Partie de l'arbre utilisée

Maladies soignées

Feuilles

Racine

Ecorce

Adansonia digitata

Book

x

 
 

Nanisme chez les enfants

Adenodolichos paniculatus

Boun

 

x

 

Rougeole, toux

Anogeissus leiocarpus

Ta'ap

x

 

x

Dysenterie, jaunisse

Asparagus africanus

Gouavo

 

x

 

Maladie vénérienne

Boswellia dalzieli

Biemfi

x

 

x

Morsure de serpent

Cassia arereh

Gamohi

x

x

 

Utiliser comme vitamine

Ceiba pentandra

Koun

x

 

x

Paludisme

Crossopteryx febrifuga

Guip

 
 

x

Diarrhée

Cussonia arborea

Bemzete

 

x

x

Paralysie

Daniellia oliveri

Dop

 

x

 

Yeux, trouble mental

Detarium microcarpum

Goueto'ot

 

x

 

Mal de coeur, filaire

Entada africana

Bazième

 

x

x

Sorcellerie

Erythrina senegalensis

Bembeh

x

 

x

Jaunisse

Ficus etrangleur

Dian

x

 

x

Hernie

Ficus sycomorus

Siip

x

x

 

Toux

Gardenia aqualla

Diag

 
 

x

Plaie

Grewia bicolor

Goglam

 

x

 

Sorcellerie, dysenterie

Ipomoea heterotricha

Demhock

 

x

 

Verres intestinaux

Khaya senegalensis

Pep

 

x

x

Bas ventre

Nauclea latifolia

Vo'op

 

x

 

Règle douloureuse, plaie

Parkia biglobosa

Lii

 
 

x

Rougeole

Piliostigma thonningii

Ba'al

x

 
 

Sorcellerie

Prosopis africana

Siansian

 

x

x

Gale, carie dentaire

Securidaca

Zoun

 

x

 

Chasse les démons

longepedonculata

Bock

 

x

x

Mal des yeux

Ximenia americana

 
 
 
 
 

5.1.4. Pression du braconnage

Le faible nombre de réponse à cette question n'a pas permis de déterminer le pourcentage des braconniers dans la zone. Cependant quelques réponses permettent d'établir la liste des espèces animales observées par les populations. La majorité signale l'observation des babouins, patas et civettes proche des villages et plus particulièrement dans les jardins de case en période de maturité agricole. D'autres répondants, et surtout les personnes âgées des villages, n'ont pas manqué de lister un certain nombre d'espèces qu'ils observaient dans les villages il y a plus de 20 ans mais sont devenues rares aujourd'hui (tableau VII). Ils évoquent plusieurs raisons qui seraient à l'origine de cette disparition : les défrichements culturaux, les bruits des moteurs et dans une moindre mesure, la chasse.

Tableau VII: Liste des espèces animales considérées comme rares et celles souvent observées à proximité des villages

 

Nom commun

Nom scientifique

Nom local : Dii (Dourou)

Proportion des

répondants /35

 

Rhinocéros

Diceros bicornis

Ngandaga

77.1%

 

Damalisque

Damaliscus korrigum

Gbéélvil

25.7

Espèces

Eland de derby

Tragelaphus derbianus

Lièck

8.5

rares à

Girafe

Giraffa camelopardalis

Gueloba

11.4

proximité

Lion

Panthera leo

Keuci

2.8

des villages

Lycaon

Lycaon pictus

Quedoum

5.7

 

Panthère

Panthera pardus

Zack'

5.7

 

Babouin

Papio cynocephalus a

Mgbo

48.5%

 

Phacochère

Phacochoerus aethoipus

Ndag

14.2

 

Cynocéphale

 
 

11.4

Espèces qui

Patas

Erythocebus patas

Degue

25.7

viennent

Singe vert

Cecopithecus aethiopus

Kièh'wa

22.8

proche des

Civette

Viverra civetta

Maal seouwa

5.7

villages

Eléphant

Loxodonta africana

Mbal

14.2

 

Cob de buffon

Kobus kob kob

Baal

5.7

 

Cob de roseau

Redunca redunca

Kovul

5.7

 

Hyppotrague

Hyppotragus equinus

Dal

14.2

 

Porc-épic

Histrix cistata

Targa

5.7

5.2. Résultats des patrouilles de reconnaissance

5.2.1. Les caractéristiques du terroir

Trois zones ont été identifiées en fonction du type d'occupation. La zone d'habitation, la zone de culture et la zone de brousse

> La zone d'habitation

Les maisons sont alignées de part et d'autre de la route nationale sous une végétation dominée par les espèces ligneuses fruitières, parmi lesquelles le manguier, le citronnier, l'oranger. Autour des maisons on trouve des jardins de case soumis à des cultures continues. En plus des espèces fruitières quelques espèces d'ombres telles que : Ficus sicomorus et Acacia polyacantha sont aussi présentes.

L'activité commerciale axée sur la vente du bois de chauffage, les palissades et les ignames est plus développée en bordure de la route.

Dans cette zone, les traces d'animaux sauvages (surtout des babouins et des singes patas) sont rencontrées dans les champs de maïs. Des nouvelles habitations se créent progressivement par les migrants qui ont pour principale activité l'agriculture. Lorsqu'ils viennent de s'installer dans le village, ils se ravitaillent directement en bois de chauffage qui est facilement vendu en bordure de la route afin d'avoir un petit revenu leur permettant de faire de l'agriculture (figure 5).

> La zone de culture

Elle est dominée par la culture du maïs, du coton et d'igname. Une première ceinture proche des jardins de case est fortement dominée par les jachères. La végétation dans les jachères est dominée par la strate arbustive constituée des brins de petit diamètre. La strate arborée reste très faible à l'exception de certaines parcelles contenant de gros arbres conservés il y a plusieurs années. Entre ces jachères, se trouvent des champs de culture très pauvre en ligneux. Après cette bande, on trouve des blocs soumis à des cultures continues, dominées par le coton, le maïs (figure 4) et l'igname. Ces blocs proches de la brousse, sont caractéristiques des nouvelles friches. Les densités des ligneux sont importantes et constituées d'Anogeissus leiocarpus, Prosopis africana, Combretum nigricans et Combretum collinum.

Pour les cultures d'ignames, la principale remarque est l'utilisation des jeunes tiges pour faire les tuteurs. Chaque pied d'igname correspond à un tuteur. Une parcelle d'un hectare porte 3132 pieds. Ces tuteurs sont en majorité des jeunes brins prélevés dans la brousse et les jachères. C'est ce qui justifie la présence des champs d'ignames toujours proche de la brousse ou des jachères.

En plus des babouins et des patas, les reduncas et les guibs harnachés sont rencontrés dans cette zone et par endroit des traces d'éléphants ont été trouvées. Les populations signalent l'arrivée des éléphants périodiquement, en période de maturité agricole.

superficie(ha)

450

400

350

300

250

200

150

100

50

0

1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005

année

maïs coton

Figure 4 : Evolution de la culture du maïs et du coton dans la zone

Figure 5: Exposition et vente du bois par les migrants

Figure 6: Abattage des arbres pour la création des nouveaux champs

> La zone de brousse

La végétation est de type savane arbustive et arborée, à dominance arbustive. Les arbustes les plus représentés sont Piliostigma thonningii, Annona senegalinsis, Combretum collinum, et les arbres : Entada africana, Zizifus mauritiana. On rencontre par endroit des souches d'arbres, des troncs d'arbres couchés et des arbres morts sur pied au passage des feux de brousse.

La zone de brousse est la zone dans laquelle les activités agricoles laissent place aux activités d'extraction du miel, de braconnage, d'exploitation de l'orpaillage et les feux de brousse. Les résultats concernant ces activités sont présentées ci-après, et ont été obtenues lors du parcours des tansects.

5.3. Résultats des transects
5.3.1. Activités humaines

Extraction du miel : Deux principales techniques d'exploitation sont observées sur le terrain. La première consiste à abattre les arbres hôtes des abeilles (Uapaca togolinsis, Daniellia oliveri, Afzelia africana, Parkia biglobosa, Lannea kerstingii) et à les coucher sur le sol avant l'extraction du miel. La deuxième technique est utilisée si la ruche est basse : le diamètre du trou est augmenté sans abattre l'arbre. Cette activité est d'une faible importance car son IKA est de 0,002.

L'orpaillage : L'extraction se passe dans les cours d'eau, elle consiste à creuser les berges ou les lits et extraire un mélange de poudre qui se lave intensément pour avoir la poudre d'or. Cette activité se mélange avec la pêche. Le nombre d'observation était de l'ordre de 8 cas pour 1000 km parcouru.

Le braconnage : Plusieurs signes ont été rencontrés notamment les pièges, les fils en aciers, les campements actifs ou abandonnés, les trophées abandonnés, les empreintes et même les braconniers saisis. Il faut signaler que toutes les autres activités concourent au braconnage, car l'éleveur ou l'orpailleur peut avoir recourt aux animaux sauvages pour son alimentation. Le braconnage se présente comme l'une des activités les plus importantes avec un taux de rencontre de 14 signes pour 100 km de distance parcourue. Les figures 7 et 8 représentent les pièges, fusils et la viande boucanée saisis des mains des braconniers. Ces objets de chasse témoignent une forte pression du braconnage dans la zone.

Figure 7 : Armes locales utilisés par les braconniers

Figure 8 : Viande boucanée saisie des mains des braconniers

La coupe de bois : Les besoins en bois d'une population accrue (bois de chauffage ou de construction) accentuent les effets de destruction de la savane. La coupe de bois se pratique plus dans les zones proches des villages et dans les zones de culture. Au fur et à mesure qu'on s'éloigne les signes de coupe deviennent rares. On rencontre des souches d'arbres abattus. Les espèces abattues sont du bois de bonne qualité utilisé pour les constructions. La valeur d'IKA pour cette activité est de 1 coupe de bois pour 100 km de transect parcouru.

Action pastorale : La zone est recouverte d'une végétation luxuriante qui constitue un fourrage abondant et de qualité. A partir du couloir de transhumance qui n'est pas loin de la route nationale, les éleveurs nomades y accèdent. Lors du parcours des transects plusieurs signes ont été observés dans la zone : les arbres émondés et des troupeaux de bétail rencontrés dans la réserve (figure 9). Le piétinement intense des cheptels rend le sol compact et empêche la régénération. Cette situation a évidemment des conséquences sur la faune qui doit subir les perturbations perpétrées par le bétail et les humains. La pression pastorale présente un IKA assez élevé de l'ordre de 0,18.

Figure 9: pacage du bétail dans les aires protégées

Les feux de brousse : Les feux de brousse sont un phénomène des savanes de toute la région du nord. En général les feux de brousses sont allumés par l'homme (éleveur, chasseur) pour les raisons suivantes : le nettoyage des tapis herbacés pour faciliter l'accès aux jeunes repousses, l'amélioration des pâturages par l'élimination des arbustes, l'ouverture de la végétation pour la chasse et l'utilisation du feu pour chasser. Les effets des feux sont énormes via la perte du fourrage tandis que la faune est directement brulée. Nous pouvons signaler qu'il y a trois types de feu de brousse : le feu précoce, le feu de pleine saison et le feu tardif. Le plus destructif est le feu tardif qui peut parcourir des dizaines de kilomètre et parait être le plus utilisé par les détracteurs (figure 10).

Figure 10: Feu de brousse tardif dans la zone

Tableau VIII : Taux de rencontre des différentes activités humaines dans la zone

Type de pression

IKA

Braconnage

0.140

Activités pastorale

0.180

Champs de culture

0.025

Coupe de bois

0.010

Extraction du miel

0.002

Orpaillage

0.008

La pression pastorale et la pression de braconnage sont les plus intenses dans la zone de brousse. L'activité agricole est peu représentée dans les zones éloignées des villages. En générale, les champs sont regroupés pour faciliter la surveillance pendant la période de maturité agricole, période pendant laquelle les primates détruisent les cultures. Pour les activités de coupe de bois, d'extraction du miel et d'orpaillage, leur densité est faible mais contribue à la perturbation de l'habitat faunique.

La carte établie par le WWF (figure 12) montre une extension importante des pressions anthropiques. De nombreuses traces d'activités illégales sont signalées et ont été regroupées en zones :

Une zone à forte pression anthropique au Sud-Est de la ZIC 5 et au Centre de la ZIC 1, le long de la route nationale reliant Ngaoundéré à Garoua. C'est la zone de concentration des champs de culture et des activités pastorales. L'agriculture est l'activité la plus importante dans cette zone. Des nouvelles habitations sont installées. Ce sont des migrants venant de l'extrême nord, ils se regroupent en quartiers séparés des autochtones. D'autre part, la pénétration des ZICs par les cheptels domestiques

est également notée. Elle se fait à partir du couloir de transhumance. Les pasteurs profitent pour séjourner quelques jours dans les ZICs. Aucun campement d'éleveurs n'a été observé dans la zone. Une zone à pression moyenne située sur la partie Nord- Ouest de la ZIC 5 et la partie Est de la ZIC1. Ce sont les traces des braconniers qui sont les plus notées. Deux campements ont été observés. Autour de ces campements très peu d'observations d'animaux ont été faites. Ce sont les braconniers venus des villages Gamba et Sakjé qui y sévissent. Ils profitent de l'éloignement par rapport à la route nationale pour s'installer.

Une grande partie de la ZIC 5 ne subit presque pas de pression humaine, il s'agit du Sud- Ouest et Ouest en limite avec la zone de chasse communautaire Doupa et les ZIC 16 et 18. Dans ces zones, le réseau de pistes est dense et facilite les actions de surveillance menées par les gestionnaires.

5.3.2. Corrélation entre activité humaine et observation de la faune

Il existe une corrélation négative (coefficient de corrélation = -0,46, P < 0.05) entre l'IKA de la faune et l'IKA des activités humaines (figure 11), montrant un impact négatif des activités humaines sur la faune. On note une très faible densité des animaux proche des villages, les espèces qui y vont sont des primates qui se ravitaillent dans les champs de cultures. Au fur et à mesure qu'on s'éloigne des villages, les activités humaines se font plus rares et les observations de la faune de plus en plus importantes. Autour des camps de braconniers et dans les zones de forte fréquentation du bétail, les observations de la faune sont également rares.

0 0.2 0.4 0.6 0.8 1

IKA Faune

0.8

0.4

1.2

0

2.4

2

1.6

IKA activités humaines

Figure 11 : Corrélation entre l'IKA de la faune et l'IKA des activités humaines

Figure 12: carte de la pression anthropique dans la zone (source WWF)

5.3.3. La richesse du potentiel faunique

Les résultats des transects indiquent la présence de six ordres du règne animal : les primates, les artiodactyles, les lagomorphes, les proboscidiens, les tubulidentés et les carnivores. L'ordre des artiodactyles est le plus représenté avec trois familles et quinze espèces, suivi des carnivores avec trois familles et quatre espèces, et les primates avec deux familles et quatre espèces. Les lagomorphes, les tubulidentés et les proboscidiens sont représentés respectivement par une famille et une espèce. Au total, vingt six (26) espèces de grands et moyens mammifères ont été recensés dans la zone (tableau IX). Les observations directes ont porté sur 23 espèces tandis que les 3 autres espèces étaient observées indirectement.

Tableau IX : Diversité des espèces animales observées dans les ZICs

Groupe taxonomique (ordre)

Famille

Nom scientifique

Nom français

Nom dourou

Statut au Cameroun

Primates

Colobidae

Colobus guereza

Colobe guéréza

M'bangné

A

Cercopithecida e

Papio anubis

Babouin doguera

Ndoro

C

Erythrocebus rufilatus

Patas

Wandou wadérou

C

Cercopithecus aethiops

Singe vert

Banguil laendé

C

Artiodactyles

Bovidae

Sincerus cafer

Buffle

Lohindou

B

Tragelaphus scripus

Guib-hanarché

Djama thirga

B

Potamochoerus larvatus

Potamochère

 

B

Taurotragus derbianus

Elan de derby

Yamoussa

B

Kobus ellipsyprimmus

Cobe de fassa

Doumsa

B

Cephalophus grimmia

Céphalophe de grimm

Am fourdé

C

Kobus kob kob

Cobe de buffon

M'bada

B

Ourebia ourebi

Ourebi

djabaré

C

Cephalophe rufilatus

Céphalophe à flanc roux

M'bewa laindé

C

Acephalophus buselaphus major

Bubale

lohindou

B

Redunca redunca

Redunca

Padala

B

Hippotragus equinus

Hippotrague

koba

B

Damaliscus lunatus

Damalisque

 

A

Giraffidae

Giraffa camelopardalis

Girafe

Tiréaoua

A

Suidae

Phacocherus africanus

Phacochère

Ndag

B

Lagomorphes

Lepriodae

Lepus crawshayi

Lapin d'Afrique

M'bodjou

C

Carnivores

Canidae

Canis aureus

Chacal commun

 

C

Felidae

Panthera leo

Lion

Keusi

A

Panthera pardus

Panthère

zack

A

Hyenidae

Crocuta crocuta

Hyène tachetée

 

B

Tubulidentés

Orycteropidae

Orycteropus afer

Oryctérope

 

A

Proboscidiens

Elephantidae

Loxodonta africana africana

Eléphant

Gnioua

A & B

Au Cameroun, la classe A regroupe les espèces rares ou en voie de disparition qui bénéficient d'une protection intégrale, la classe B regroupe les espèces à protection partielle et la classe C comprend les espèces autres que celles de la classe A et B, mais qui bénéficient d'une protection partielle.

(Source WWF)

Il ressort de la figure 13 que l'ordre des artiodactyles est le plus représenté dans la zone avec 58 cas sur 100 observés. Il est suivi des carnivores et des primates avec chacun 15%. Les lagomorphes, les proboscidiens et les tubulidentés sont également représentés avec chacun 4%.

lagomorphe
4%

carnivores
15%

proboscidiens
4%

arthiodactyles
58%

primates
15%

tubulidentés
4%

Figure 13: Répartition des groupes taxonomiques observés dans la zone

5.3.4. Densités et effectifs des populations animales

L'estimation de la densité et de l'effectif a été possible pour neuf espèces suffisamment observées (Tableau X) : cinq espèces de la classe B et quatre espèces de la classe C. Le cobe de buffon et le babouin sont les espèces les plus abondantes avec des densités de 17,5 et 8,7 individus au km2 respectivement. Pour une population estimée à 16045 et 14042 individus dans les ZICs, le bubale, l'ourébi et le phacochère sont également abondants avec une densité comprise entre 1 et 2 individus au km2.

Nous avons observé, lors des inventaires, sept espèces de la classe A, qui représentaient un faible nombre d'observations (ex. : le colobe guereza avec une densité de 0,3 ind/km2 pour une population estimée à 120 individus, la girafe avec une densité de 0,04 ind/km2 pour une population estimée à 38 individus). En outre, les espèces de la classe B les plus observées sont de moyenne taille. Les observations portées sur les espèces de grande taille telle que l'élan de derby, le buffle ou le cobe de fassa sont faibles (densité de 1,33 ; 0,3 et 0,6 ind/km2 et une population estimée à 530, 466 et 148 individus respectivement).

En dehors des espèces observées directement pendant les transects, d'autres ont été observées indirectement à partir des traces (crottes, empreintes, cri etc.) sur les transects. Il s'agit de l'hyène tacheté et l'éléphant dont leur densité n'a pas été calculée.

Tableau X: Densité (D), populations estimées (PE) et intervalles de confiance à 95% des espèces suffisamment observées

Espèce

 
 

Coefficient
de variation
(%)

Degré de
liberté (df)

Intervalle de confiance
à 95 %

 

D

17.5

31.13

167

10.5 - 29.11

Cobe de buffon

 
 
 
 
 
 

PE

16045

31.13

167

12885 - 28580

 

D

2.64

43.73

39

1.13 - 6.17

Bubale

 
 
 
 
 
 

PE

4236

43.73

39

1818 - 9874

 

D

0.26

36.77

70

0.12 - 0.53

Guib harnaché

 
 
 
 
 
 

PE

422

36.77

70

208 - 859

 

D

0.36

44.43

61

0.15 - 0.84

Redunca

 
 
 
 
 
 

PE

581

44.43

61

248 - 1356

 

D

1.12

30.75

91

0.61 - 2.0

Ourébi

PE

1793

30.75

91

987 - 3258

Céphalophe de grimm

D

0.51

31.93

74

0.27 - 0.96

 

PE

831

31.93

74

446 - 1546

Céphalophe à flanc

D

0.43

34.25

76

0.22 - 0.84

roux

PE

695

34.25

76

358 - 1348

 

D

1.47

34.26

81

0.76 - 2.86

Phacochère

 
 
 
 
 
 

PE

2362

34.26

81

1217 - 4583

 

D

8.77

46.38

34

3.57 - 21.52

Babouin

 
 
 
 
 
 

PE

14042

46.38

34

5726 - 34434

5.4. Résultats des affûts

Les informations sur la taille des effectifs de chaque espèce présente dans la zone ont été récoltées à
partir des points d'affûts. Le groupe taxonomique le plus abondant de toutes les observations est celuides primates. Ce groupe est principalement constitué des babouins avec 828 individus observés, les

singes verts (365 individus), les patas (126 individus), et les colobes guéreza (8 individus) soit 1327 individus sur un total de 1606 observés dans les différents points. Malgré leur faible densité, nous avons pu observer plusieurs artiodactyles : les hippotragues (3), les Bubales (4), les cobs de fassa (2), les cobs de buffon (64). L'ensemble des observations est consigné dans le tableau XI

Tableau XI: Observation de la faune dans chaque point d'affûts

 

Les points d'affuts

Espèces

1

2

3

4

5

6

7

total

%

Babouin

53

270

235

47

29

126

68

828

51,56

Singe vert

31

105

59

11

30

31

98

365

22,73

Colobe guéreza

0

0

8

0

0

0

0

8

0,50

Patas

3

0

47

3

1

70

2

126

7,85

Bubale

4

0

0

0

0

0

0

4

0,25

Céphalophe à flancs roux

3

2

4

3

2

7

3

24

1,49

Céphalophe de grimm

2

8

7

0

0

6

5

28

1,74

Cobe de buffon

4

22

18

2

1

12

13

72

4,48

Cobe de fassa

0

0

2

0

0

0

0

2

0,12

Cobe des roseaux

0

0

4

0

0

0

0

4

0,25

Guib harnaché

2

1

9

0

0

9

1

22

1,37

Hippotrague

3

0

0

0

0

0

0

3

0,19

Ourébi

2

0

9

0

2

8

0

21

1,31

Phacochère

3

10

17

0

0

0

0

30

1,87

Porc-épic

0

3

4

0

0

0

0

7

0,44

Ecureuil fouisseur

0

0

1

2

1

0

0

4

0,25

Lapin d'Afrique

1

0

1

0

0

0

0

2

0,12

Genette vulgaire

0

0

2

0

0

0

0

2

0,12

Chacal commun

0

2

12

0

0

0

0

14

0,87

Civette

6

0

4

0

10

10

10

40

2,49

Total

117

423

443

68

76

229

200

1606

100 %

En prenant en compte les différentes classes de protection au Cameroun, ces espèces ont été classées en trois grandes classes (figure 14):

La classe A (regroupe les espèces intégralement protégées)

La classe B (regroupe les espèces partiellement protégées)

La classe C (regroupe les espèces qui n'appartiennent ni à la classe A, ni à la classe B, mais leur chasse est réglementée).

5.4.1. Les espèces de la classe A

Ce sont les espèces rares, menacées ou en voies de disparition dans leur aire de répartition au
Cameroun. On trouve dans cette classe le colobe guéréza, le lion, le rhinocéros noir, la panthère,

l'oryctérope, la girafe, l'éléphant et le damalisque. Ce sont les espèces caractéristiques de la zone qui font l'objet d'un intérêt ludique particulier. Ces espèces profitent d'une protection intégrale et leur chasse est assujettie à un permis spécial au Cameroun. Sur les huit espèces susceptibles d'exister dans la zone, une seule (colobe guéréza) a été observée pendant les affûts. Son observation était sur un seul point des sept affûts suivis. Dans l'ensemble, les espèces de la classe A représente le plus bas effectif d'observation avec 5%. Il faut retenir que certaines espèces de la classe A telle que les carnivores sont à moeurs nocturne, ce qui justifie leur faible taux de rencontre. Par contre d'autres sont victimes de la pression du braconnage et de la destruction de leur habitat.

5.4.2. Les espèces de la classe B

Ce sont les espèces partiellement protégées, faisant l'objet d'un intérêt particulier dans la chasse sportive. Il s'agit de l'élan de derby, le buffle, le cobe de buffon, le cobe de fassa, l'éléphant dont le trophée pèse plus de 5 kg et le bubale. Au cours du suivi, quelques espèces de la classe B ont été observées. Les espèces les plus fréquentes sont : le cobe de buffon (4,48%) et le phacochère (1,87%). Il est a noté que l'élan de derby et le buffle, qui sont très sollicitées par les chasseurs, se font rares et aucune observation n'a été faite pendant la collecte des données, d'autre part, ces espèces sont très recherchées par les braconniers qui disent faire beaucoup de paquets de viande avec un seul gibier abattu contrairement à un petit gibier de la classe C.

5.4.3. Les espèces de la classe C

Ce sont les espèces communément appelée vulgaire mais qui profitent également d'une protection partielle. Il s'agit du babouin, du singe vert, du singe patas, de l'ourébi, du céphalophe à flanc roux et du céphalophe de Grimm. Ces espèces sont d'un intérêt secondaire pour les chasseurs et sont très peu sollicitées par la chasse sportive. Cette classe est fortement représentée avec un taux d'observation de 63%. On note l'observation accrue des babouins qui représente à eux seul 51,56% des observations, suivi des singes verts (22,73%) et des patas (7,85%). Ces trois espèces fortement représentées appartiennent à l'ordre des primates. L'une des raisons de leur prospérité vient du fait que la région est cohabitée par les musulmans qui dans leur culture ne consomment pas la viande des primates. En outre ces espèces sont relativement résistantes aux modifications du milieu. Quelques espèces de l'ordre des artiodactyles appartenant à la classe C ont été également observées. Les plus fréquentes sont : le céphalophe de grimm et le céphalophe à flanc roux, respectivement 1,74% et 1,49%.

D'une manière générale, les espèces de la classe A sont menacées dans la région, suivi des espèces de la classe B et plus particulièrement les espèces de grande taille. L'effectif assez abondant est constitué des espèces de la classe C en général et des primates en particulier.

classe A
5%

clace C
63%

classe B
32%

Figure 14: Répartition des observations en fonction des classes de protection

La figure 15 représente l'évolution des observations animales obtenues dans les points d'affûts de 2000 à 2008. La courbe montre que le nombre le plus élevé des décomptes a été observé en 2000. Depuis lors, ce chiffre a diminué progressivement pour atteindre l'effectif le plus bas en 2005. A partir de 2005, ce chiffre a évolué en dents de scies, mais n'a jamais pu retrouver le niveau maximum.

2000 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008

effect ifs

3500

3000

2500

2000

1500

1000

500

0

années

Figure 15: Evolution de l'effectif des individus observés dans la zone entre 2000 et 2008

VI. DISCUSSION

6.1. Action agricole

Dans la zone, de nouveaux champs sont créés chaque année aussi bien par les migrants que par les populations autochtones. Les techniques de mise en valeur de ces nouvelles terres semblent être à l'origine de la disparition du couvert végétal. La mécanisation agricole exige la coupe de bois à blanc et toc pour faciliter le passage de la charrue.

Au niveau de la zone et en dehors du parc national, les défrichements agricoles ont progressé avec 56,44 ha de nouvelles friches par an. C'est ainsi que 2 661,40 ha auraient été convertis en complexes champs/jachères/habitations durant ces dernières années (Tagueguim, 1999).

Un autre aspect remarquable est l'utilisation des feux pour nettoyer les parcelles. Cette pratique, à la longue, ne permet plus la régénération des ligneux et doit être par conséquent à l'origine de la disparition de certaines espèces ligneuses (Bossou, 1997).

Concernant la culture d'igname, l'aspect le plus visible est l'utilisation des jeunes brins (4 à 5 cm de diamètre) dans les parcelles comme tuteurs. Le rythme intensif de coupe (3132 tuteurs tous les deux ans pour un hectare) peut entraîner une chute brutale de la capacité de la production des jeunes tiges dans les villages et la rareté des espèces les plus appréciées dans les jachères (Kaire, 1996).

D'autre part, la demande des nouveaux champs est très importante et peut être expliquée par le faible revenu issu de la chasse qui n'est pas suffisant pour décourager la progression des surfaces agricoles. La convoitise des populations riveraines sur les terres des ZICs risque de constituer un facteur de précarité pour l'avenir des ZICs si des solutions alternatives ne sont pas rapidement mises en place. Ces observations ont été faites dans plusieurs zones de chasse (SOFRECO, 2003).

Les villages environnants des ZICs représentent des zones d'accueil par excellence pour les migrants. Cette immigration a pour motivation principale la recherche de nouvelles terres agricoles et plus particulièrement pour la culture du coton et du maïs. En Afrique, les fronts cotonniers recoupent la majorité des ZICs (UICN, 2009)

6.2. Action de coupe de bois

L'aspect qui attire plus l'attention est l'absence des arbres à gros diamètres dans les parcelles les plus proches des villages. Par conséquent, la structure des peuplements ligneux dans la zone est caractérisée par l'abondance des jeunes tiges, les grosses tiges étant systématiquement coupées. Les mêmes observations ont été faites par Kaire (1996) au Sénégal où les zones proches des villages portent des arbres de petites tiges. La coupe de bois serait à l'origine de la rareté de certaines espèces végétales dans les villages.

Dans la zone, trois facteurs sont à l'origine de la coupe du bois ; le défrichement cultural, la recherche du bois de service et l'émondage pour nourrir le bétail, ce qui constitue une surexploitation de la ressource (Achard et al, 1996).

L'exploitation du miel dans la zones se fait par la destruction des arbres, les populations ne fabriquent pas les ruches, ce sont les arbres qui sont les hôtes des abeilles. Les espèces telles que : Uapaca togolensis, Parkia biglobosa, Lannea kerstingii font partie de ces hôtes et sont devenues rares dans les villages. Ce problème a été rencontré dans la région de Kilum où les populations riveraines faisaient pression sur les espèces végétales porteuses du miel (Gartlan, 1987). La coupe de bois modifie le couvert végétal et par conséquent facilite la visibilité des animaux par les chasseurs et les braconniers.et aussi par les prédateurs.

6.3. Action du pâturage

La pénétration des ZIC par le cheptel domestique est l'une des principales activités notées. Cette pression perturbe considérablement une faune ayant déjà subi les effets d'une recrudescence du braconnage dans un passé récent selon plusieurs observateurs (Hassan, 1998 ; Bene et al, 2007)

En outre, les espaces sylvo-pastoraux au Nord ne sont pas soumis à un système de gestion. Les éleveurs sont pour la plupart des sédentaires ou pratiquent un système intermédiaire. Il s'en suit une dégradation avec parfois disparition d'espèces importantes (PNGE, 1995). Les espèces inventoriées par Yonkeu (1993) et Onana (1995) dans la zone telles que : Acacia polyacantha, Annona senegalensis, Vitex doniana, Ficus sychomorus, Afzélia african, Anogeissus leocarpus et Ximenia americana sont très appréciées par les bovins. Les mêmes ressources sont appétées par la faune sauvage en générale et par les bovidés en particulier. Cela suppose un sur émondage et par conséquent la disparition du couvert végétal. Dans les zones les plus fréquentées par les éleveurs, on a noté une fréquence très faible de la faune sauvage. La cohabitation entre la faune sauvage et domestique entraine des risques de contamination de la faune par la peste bovine (Dépierre et Vivien, 1992).

En général, au Nord-Cameroun la pression pastorale a considérablement diminué les espaces pâturables. Le rapport publié par PNGE (1995) montre que la superficie pâturable dans la région s'élevait en 1974 à sept millions d'hectares pour 160 000 têtes de bovins, en 1995 cette superficie était réduite à 3,5 millions d'hectares et abritait paradoxalement un effectif 8 fois plus important qu'en 1974. Ce chiffre peut sans doute expliquer l'envahissement des aires protégées par les éleveurs. Dans leur course à la recherche de l'herbe fraiche en saison sèche, certains éleveurs font paître leur troupeau à l'intérieur des parcs pendant la nuit et campent en journée dans les ZICs (Mahamat, 1991).

L'envahissement parait généralisé dans la région. Les campements d'éleveurs on été observés dans d'autres zone lors des inventaires pédestre et aérien de 2006 et 2008 (Béné, 2006, Tchamba, 2008). Les éleveurs pratiquent l'émondage, une technique qui consiste à rabattre les branches hautes d'arbres ayant une bonne valeur fourragère (par exemple les acacias) pour les mettre à portée de leur bétail.

Pratiquée trop intensément, cela peut tuer les arbres et initier le phénomène de diminution du couvert végétal. Le passage du bétail ne cause donc pas seulement un dérangement pour la faune sauvage, mais aussi une dégradation de son espace (UICN, 2009).

Il semble que les éleveurs sont les grands utilisateurs des feux pour favoriser les jeunes pousses appréciées par leur bétail. Ainsi, l'abattage des arbres et l'usage du feu peuvent favoriser la création de nouvelles zones agricoles.

6.4. Action du braconnage

Les populations ont été très méfiantes lors des enquêtes sur la question concernant la chasse. Cette méfiance est due au fait qu'elles sont souvent menacées et taxées de braconniers. Cependant, les signes de braconnage et les résultats antérieurs confirment que le braconnage a pris de l'ampleur dans la zone, qu'il soit d'origine interne (en complément de revenus pour des pisteurs et des employés insuffisamment payés par les ZICs) ou d'origine externe (braconniers d'origine diverse au service de marchands de gibier qui approvisionnent le marché à Ngaoundéré, Garoua et même Yaoundé) (Hassan, 1998).

D'après plusieurs auteurs (Hassan, 1998, DRFFN, 2008) cette activité illégale s'effectue avec des moyens disparates : pièges divers, armes de traite ou de fabrication artisanale, fusils modernes de chasse, armes de guerre, empoisonnement des points d'eau à l'aide des produits chimiques très toxiques (soit des intrants agricoles tels les pesticides et herbicides, soit insecticides à large spectre et à grande rémanence) soit même des plantes vénéneuses.

6.5. Impact sur la faune

En référence aux travaux antérieurs dans la zone d'étude, la tendance des densités est en général à la décroissance pour la plupart des espèces, à l'exception des primates et de quelques petites antilopes de moindre importance pour la chasse sportive. Il est toujours démontré que la pression de chasse sportive (dans les ZICs) et du braconnage (Hassan, 1998) constituent toujours un danger pour la conservation des ZICs.

L'état actuel de la diversité spécifique est globalement peu stable sur l'ensemble des ZICs. Par contre, les données de recensement présentant l'évolution des effectifs publiées par Donfack et al (2004) et Bene et al (2006) signalent respectivement 35 et 29 espèces tandis que notre étude n'en recense plus que 26. Il est important de noter que le dénombrement n'a pas été fait dans les mêmes conditions par rapport aux travaux antérieurs, ce qui pourrait influencer les données sur les effectifs. A partir des résultats obtenus, il est légitime de formuler des inquiétudes à l'égard de la grande faune des ZICs.

Ce sont les grands mammifères qui sont les plus en danger, parce qu'ils sont les premiers visés par la chasse sportive pour leur trophées et par les braconniers pour la quantité de viande produite. Ils subissent une réduction continue de leurs effectifs depuis de nombreuses années. Ainsi, beaucoup se

trouvent aujourd'hui dans une situation très précaire (élan de derby, girafe, damalisque) qui en l'absence de revirements, risque fort de les mener progressivement vers l'extinction.

Nombreux sont ceux qui ne subsistent plus que dans les Parcs et leur nombre est très réduit dans les ZICs ; c'est le cas par exemple du lion, de la panthère et de la girafe. D'après l'étude menée par Donfack et al (2004) le rhinocéros aurait disparu de la région. Ainsi, selon Djimadoum (1998), les aires protégées deviennent, toutes proportions gardées, de véritables îlots de conservation de la faune dans un océan de dégradation des ressources naturelles.

La petite faune et les primates (porc épic, babouin, patas, singe vert), par contre, résistent relativement bien à l'emprise humaine et à la dégradation des habitats. Certaines espèces peuvent même proliférer dans les terroirs agricoles, trouvant dans les champs et les jachères un habitat favorable dans lequel ils peuvent prospérer. Ces espèces sont moins chassées par les chasseurs sportifs qui ne trouvent aucun intérêt sur ces derniers, par les braconniers qui visent les animaux pouvant leur fournir plusieurs centaines de kilogrammes de viande et par la communauté musulmane qui ne consomme pas la viande des primates.

Selon les travaux de Tagueguim (1999), nous pouvons dire que la pression anthropique a augmenté dans la zone car les populations vont plus loin des villages pour se ravitailler en bois de bonne qualité et pour rencontrer certaines espèces animales qui ont disparu dans les zones proches des villages. Cela montre que la population de certaines espèces a diminué à cause de la fragmentation de leur habitat et de la surexploitation. De plus, la population locale a beaucoup augmenté à cause de l'immigration de l'extrême nord vers le nord à la recherche des terres fertiles. Au fur et à mesure que la population augmente, la pression sur les ressources devient de plus en plus importante. Enfin, le front cotonnier a provoqué de nombreux changements dans la zone, dont l'accès facile dans les villages, favorisant le transport du gibier et du bois de chauffage vers les marchés extérieurs.

Le système de gestion serait un facteur non négligeable qui amène les populations à faires pression sur les ZIC.

D'après les études menées par Tsakem (2008), la cogestion n'a pas d'effet positif sur la gestion de la faune. Il ressort de ces études que les populations de la ZIC 1, dite de cogestion, partagent seulement les taxes de location qui représentent moins de 10% des recettes, les autres taxes étant versées dans le trésor public. Dans la pratique, les deux parties ne gèrent pas ensemble les safaris.

Dans la ZIC 5 affermée, les populations reçoivent 10% des taxes de location de la zone qui s'élèvent à moins de 1 million de franc de la communauté française d'Afrique (fcfa) chaque année. Cela suppose que les populations ne sont pas du tout impliquées dans la gestion des ressources qui les entourent, ce qui semble les motiver au défrichement anarchique et au braconnage démentiel.

VII. PERSPECTIVE DE CONSERVATION DE LA FAUNE

7.1. Intégration des populations riveraines à la gestion de la faune

Le problème de gestion repose sur la faible implication des populations riveraines et aux conditions de vie de ces derniers. On se rend compte qu'au fil du temps, la disparition des espèces de la faune sauvage va croissante. Aujourd'hui on ne parle plus du rhinocéros noir dans le parc national de la Bénoué et ses ZIC adjacentes. Si rien n'est fait, ce sera le tour de l'élan de derby, la plus majestueuse de toutes les antilopes. Cette sauvegarde ne pourrait se faire qu'en donnant la priorité aux hommes, acteurs incontournables de la conservation de la biodiversité. Il est important de bien intégrer les populations dans la gestion de leur écosystème en prenant exemple sur le système de gestion communautaire de Campfire au Zimbabwé, Admade en Zambi ou Biozim dans la moyenne vallée du Zambèse (Vermeulen, 2003).

7.2. Elevage non conventionnel de la faune

Les espèces menacées d'extinction peuvent être élevées à la Bénoué comme c'est le cas dans beaucoup de régions du monde (zoo de Washington, Los Angeles, Afrique du Sud, etc...) (Sabot, 2001). Le rhinocéros aujourd'hui disparu peut être réintroduit dans une ZIC de l'UTO Bénoué mieux contrôlée afin de favoriser sa production. Les enjeux multiples pour une telle espèce sont des raisons pour son élevage.

7.2.1. Le Game Ranching

Par définition, le game ranching est un élevage extensif, en milieu naturel, d'espèce sauvage ou de gibier.

Bien que peu connu du milieu, l'élevage du gibier a été testé avec succès dans plusieurs régions du monde. En Afrique du Sud, il représente 50% du marché mondial, en Namibie avec la loi de 1967 permettant la propriété de la faune aux propriétaires fonciers, les ranches sont passés de 52 à 411 en 5 ans. En Amérique, 38% de la population ont une activité corrélée à la faune sauvage (SOFRECO, 2003).

Le processus du projet de Game ranching dans la région est en cours depuis 2000. L'objectif du game ranching serait d'élever les espèces phares en voie de disparition dans une des zones de chasse autour du parc national de la Bénoué. Ceci développera au mieux le tourisme de vision et générera plus de richesse et de bien être car il est clair que si la conservation n'est pas soutenue, c'est parce qu'elle ne génère pas de bénéfices aux populations riveraines. Il ne peut y avoir de gestion saine de l'environnement tropical sans épanouissement des êtres humains qui en vivent. Si nous voulons que

les espèces sauvages, les hippopotames, la girafe et bien d'autres survivent, assurons d'abord un avenir décent aux communautés humaines riveraines.

Il est temps que la faune sauvage soit élevée pour solutionner le problème de disparition des espèces. Les méthodes de gestion tant vulgarisées et appliquées n'assurent toujours pas leur perpétuation. L'élevage des animaux sauvages peut avoir un impact économique important et permettrait de mieux préserver la biodiversité tout en octroyant des revenus substantiels aux populations. Le développement des Games Ranching pourra être une motivation pour maintenir l'écosystème naturel. Les espèces de

la faune sauvage décroissent progressivement et risquent d'atteindre un niveau critique d'ici peu, d'oüla nécessité d'anticipation sur l'alternative d'élevage de nouvelle espèces sauvages.

7.2.2. Elevage en captivité

Un accent sera mis sur l'élevage en captivité de certaines espèces menacées notamment, l'élan de derby dans la périphérie du PNB, dans un objectif de préserver cette espèce dans la zone. Cet élevage en captivité nécessite des conditions particulières :

Taille des abris et des enclos : Une boxe mesurant 6,5 m2 est suffisant pour l'élan, mais dans les régions nécessitant de longue période d'hébergement, les logements intérieurs devront mesurer au moins 14 m2 pour une seule antilope et il faudra ajouter 7,4 m2 pour chaque animal supplémentaire. Quant aux enclos extérieurs, leur surface sera au minimum de 30 m2 par élan (Smith et al, 1997).

Les clôtures doivent être relativement hautes car les élans peuvent passer par-dessus des obstacles allant jusqu'à 2 m de haut.

Composition des troupeaux : En général, les antilopes peuvent être élevées en groupe composé d'un mâle adulte, de plusieurs femelles adultes et de jeunes. Les mâles peuvent ainsi être laissés avec les femelles et les jeunes tout au long de l'année. Si l'on souhaite établir une saison de reproduction, alors il faudra toujours séparer dans les boxes les mâles des femelles, car les mâles peuvent blesser les femelles lorsque les animaux sont confinés dans un espace réduit.

Alimentation de l'élan en captivité : Le guide d'élevage des antilopes (Smith et al, 1997) recommande un régime alimentaire composé d'herbe, de foin, et d'un aliment industriel pour herbivores. En pratique, à ce régime alimentaire de base sont souvent ajoutés des fruits et légumes (pommes, carottes) et parfois des branches et des feuilles d'arbres. Certains aliments pourront être substitués en tourteau selon la disponibilité (exemple au Cameroun on a le tourteau de coton, de palmiste).

Tableau XII: un exemple de ration journalière d'un élan de derby

 

Mâle

Femelle

Concentré pour herbivore

2 kg

1 kg

Granulé de luzerne déshydraté

0,7 kg

0,5 kg

Farine d'avoine

0,5 kg

0,4 kg

Foin (pâturage)

Oui

Oui

Fruits et légumes

4 kg

2,5 kg

Branches d'arbres

Oui

Oui

Complément minéral et vitaminé

oui

oui

(Source : Sabot, 2001)

Reproduction : La réussite de l'élevage des élans comme de tout autre élevage repose sur le choix des reproducteurs. Il est conseillé pour le démarrage de capturer les petits élans et de les nourrir sur place au biberon. L'opération consiste à capturer dans la zone quelques petits élans de derby et les amener dans les enclos. Après 24 mois on peut déjà les croiser, la durée de gestation est de 9 mois pour une portée de 1 petit rarement 2. En captivité il est possible qu'elle mette bas chaque année.

7.3. Développement des alternatives à la coupe de bois

7.3.1. Fabrication et vulgarisation des foyers améliorés

Les besoins croissants en bois de chauffage peuvent être solutionnés par l'utilisation des foyers améliorés. Pour ce faire, il faut fabriquer et vulgariser le foyer amélioré dans les villages riverains des ZICs. Le but est d'amener les populations à substituer le bois de feu par les foyers améliorés. D'après les études menées dans la zone, plus de 90% de la population utilise le bois comme combustible. Les populations ont besoin du bois, qu'elle coupe de façon anarchique et par conséquent perturbe la faune dans son milieu naturel. Un projet initié à cette fin serait sans doute une solution pour freiner les populations riveraines dans l'exploitation du bois.

7.3.2 Création des bosquets villageois

Les besoins en bois vont croissant dans la région. La seule source de ravitaillement reste la végétation naturelle. L'action du reboisement n'est pas encouragée et les populations se contentent de la flore des ZIC et du parc pour satisfaire leurs besoins. Si un arbre coupé correspondait à un arbre planté, la végétation ne disparaitrait pas au rythme actuel. Il est grand temps de penser à remplacer les arbres coupés. Pour chaque village, créer un bosquet commun. L'objectif serait d'amener les populations à reboiser et par conséquent limiter l'avancée de la coupe du bois dans les aires protégées.

VIII. CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS

8.1. Conclusions

Les ZICs 1 et 5 jadis considérées comme aire protégées subissent de nos jours une forte pression humaine. Les riverains dépendent entièrement des ressources issues de ces zones : le bois de chauffage, le bois de service, les produits de la pharmacopée traditionnelle. Le front agricole avance au détriment de la réserve et les techniques utilisées ne favorisent pas la régénération du couvert végétal. Trois principales zones d'attraction sont repérées sur le terrain : la zone d'habitation, la zone de culture et la zone de brousse. A chaque zone correspond un type d'activité, les principales étant le pastoralisme, les défrichements culturaux et le braconnage. Ces activités ont une conséquence négative sur la faune.

D'après les résultats des études précédentes, on dénombrait 39 espèces de grands, moyens et petits mammifères dans la zone ou 35 espèces de grand et moyens mammifères, nos études en comptent 26 espèces de grands et moyens mammifères. Les effectifs de quelques espèces (babouin, patas, cobe de buffon) évoluent positivement tandis que d'autres ont une tendance décroissante. Les espèces de la classe A sont les plus visées par le braconnage et leur effectif décroit de façon alarmante. Les espèces de la classe B subsistent mais avec un effectif en dessous de la moyenne.

Il y a donc un besoin urgent d'établir des mesures de conservation pour les zones d'intérêt cynégétique et plus particulièrement pour les espèces fauniques menacées d'extinction. La conservation n'est possible si on intègre effectivement les populations riveraines à la gestion des ressources qui les entourent. Il faut également accélérer le processus de game ranching et initier l'élevage en captivité des espèces menacées (élan de derby, damalisque), sinon, d'ici peu on parlera de ces espèces sur le papier comme le cas du rhinocéros noir qui a disparu il y a quelques années.

8.2. Recommandations

> Déterminer et matérialiser les limites de chaque village situé dans la ZIC afin de contrôler les fronts de défrichement;

> Initier les projets de reboisement axés sur la création des bosquets villageois dans chaque village situé dans la ZIC, ou créer des forêts de particuliers. Cette initiative pourra les amener à créer et gérer les forêts artificielles et par conséquent freiner la pression sur les ZICs.

> Organiser régulièrement des campagnes de sensibilisation dans les villages riverains afin de susciter la conscience des populations sur l'intérêt de conserver la biodiversité, et auprès des éleveurs bororos en période de transhumance ;

> Intégrer effectivement les populations dans la gestion des ressources en leur affectant un pourcentage de revenu raisonnable pour l'aménagement de leurs structures sociales d'encadrement (école, centre de santé, électrification rurale) ;

> Accélérer le processus de la réalisation d'un projet pilote pour la création d'un « Ranch à gibier » comme celui développé à Nazinga au Burkina Faso et mettre l'accent sur l'élevage en captivité de l'élan de derby qui est menacée d'extinction.

> Mener une étude sur les grandes antilopes en général et sur l'élan de derby en particulier qui jusqu'à nos jours n'a pas encore fait l'objet d'une étude spécifique dans la zone.

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ANNEXE

Annexe 1 : Guide d'entretien pour les ménages

GUIDE D'ENTRETIEN
MENAGE

Nom du chef de famille : Date :

N° de la ZIC : Village :

1) Présentation de l'équipe et des objectifs de l'étude.

2) Quels sont vos occupations : agriculture ? élevage ? pêche ? coupe de bois ? Agriculture :

· Les techniques de labour

· Système de culture

· Les types de culture

Elevage :

· espèces élevées

· problèmes rencontrés

· zone de pâturage

Coupe de bois :

· zones les plus fréquentées

· les espèces recherchées

· les différentes utilisations, mode de prélèvement

3) Quels sont les animaux les plus souvent rencontrés dans la ZIC 1 et 5 ?

4) Quelles sont les espèces rares ? Pourquoi ?

5) La chasse et pêche

Type de chasse et de la pêche, le matériel utilisé, espèces prélevées

6) Autres activités

Annexe 2 : fiche de suivie des populations animales

Date :

Nom de l'observateur : Zone d'affut :

SUIVI DES POPULATIONS ANIMALES DANS LES ZIC :
OBSERVATIONS AUPRES DES AFFUTS

 

Heure

Espèce

Effectifs observés

Point
remarquable
atteint

Type de végétation

Feux

Remarques

M

F

J

Ind.

OUI

NON

Z
B

Z
N
B

1

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

2

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

3

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

4

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

5

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

6

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

7

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

8

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

9

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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