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Influences circadiennes sur le jugement social


par Sébastien Stuhec
Université Libre de Bruxelles - Master en sciences psychologiques à  finalité spécialisée neuropsychologie et développement cognitif 2011
Dans la categorie: Biologie et Médecine > Psychologie et neuropsychologie
   
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2.1.1.3. Inhibition contrôlée et automatique.

John Hughling Jackson est à l'origine, à la fin du 19ème siècle, d'une théorie novatrice sur les déficits liés à un dommage cérébral. D'après cet auteur, les déficits liés à une lésion se focalisent sur les aspects les plus complexes alors que les plus simples et donc les plus automatiques sont relativement préservés (Gagnon & Goulet, 1992 ; in Siéroff, 2003). Par la

suite, il a été exposé à diverses reprises que les atteintes cérébrales perturbent peu les caractéristiques les plus simples d'une fonction (par exemple, dénommer la couleur de l'encre dans une tâche Stroop) alors que les plus élevés semblent plus affectés (Siéroff, 2003).

Il existe donc une distinction pour certains auteurs (Arbuthnott, 1995 ; Popp & Kipp, 1998 ; in Meulemans et al., 2004) entre mécanismes intentionnels ou contrôlés et involontaires ou automatiques. Une tâche d'inhibition contrôlée se caractérise par l'aptitude à inhiber volontairement des réponses prépondérantes ou spontanées lorsque c'est requis. Ce type d'inhibition, de nature exécutive, est réduit à la suppression consciente de réponses non appropriées. Une tâche d'inhibition automatique nécessite des mécanismes inhibiteurs se manifestent en dehors de la conscience. Ce type d'inhibition est une réaction résiduelle automatique de traitement de l'information appropriée. On la nomme généralement inhibition réactionnelle (Meulemans et al., 2004).

2.1.1.4. Caractéristiques de l'inhibition

En 1975, Posner & Snyder mettaient en avant que l'inhibition est un mécanisme actif de suppression. Ils ont mis en évidence que pour qu'une action ou une information pertinente soit sélectionnée, il est nécessaire que les actions ou informations inappropriées soient inhibées. L'inhibition dans la sélection s'exécuterait en fonction des caractères des facteurs distracteurs et ceci pour permettre l'efficience des procédés de traitement de la cible. Cette vision n'a pas toujours été unanime, en effet Gathercole et Broadbent, 1987 (in Boujon, 2002) ont présagé que la baisse des interférences dues aux distracteurs serait liée à un affaiblissement passif dans le temps d'activation de leurs représentations.

L'inhibition est un phénomène adaptatif, son effet sur le temps de réaction est lié, comme l'activation, à la pertinence de l'information véhiculée par le stimulus qui permet la réalisation de l'action (nommé indice ou amorce). Quand l'indiçage apporte une contribution notable pour la réalisation de l'action (fréquence concordante dans 80% des cas), l'effet commun d'inhibition et de facilitation survient. Selon Posner et Snyder, 1975 lorsque la fréquence de validité de l'indice baisse, l'effet d'inhibition se dissipe. Ceci indique que l'effet d'inhibition est adaptatif, volontaire et actif.

L'inhibition est un mécanisme central de suppression qui intervient dans de nombreuses
situations expérimentales, aussi bien la dénomination d'objets que la décision lexicale ou
encore des épreuves de classification (Neill & Westberry, 1987). En effet, elle peut se

manifester y compris lors de changements physiques ou sémantiques du stimulus ou de la réponse.

L'initialisation est lente mais durable, elle prend entre 50 et 100ms, ce qui est lent comparativement à l'activation mais ce phénomène dure quelques secondes (Neill & Westberry, 1987)

Ungerleider et Mishkin, 1992 (in Smith & Kosslyn, 2009) ont démontré en induisant des lésions cérébrales chez le singe qu'il y a 2 phénomènes qui interviennent dans la sélection : le phénomène « what » qui consiste à identifier la cible et le phénomène « where » qui consiste à la localiser. La localisation serait encodée précocement, laisse libre cours au processus d'identification (Boujon, 2002).

Une variation quelconque de direction du mouvement au cours de cette période entraîne un retard pour identifier la cible, c'est ce qu'on appelle le phénomène d'inhibition de retour (IOR) indiquant que l'inhibition se centrerait sur l'objet.

Robertson et al., 2004 (in Zhang & Zhang, 2006) ont suggéré cependant que cet effet pourrait être réinterprété en tant que processus spatiaux de réorientation. Les résultats de Zhang et Zhang, 2006 vont dans ce sens et indiquent que l'IOR basée sur l'objet dans les affichages dynamiques résulterait davantage de la mise à jour de l'inhibition spatiale plutôt que l'inhibition d'objet.

L'étape sur laquelle agirait l'inhibition relèverait du but fixé par la tâche. Peu importe la modalité perceptive des stimuli ou des réponses, l'effet d'inhibition se maintient et reste similaire lors du maintien d'une modalité ou du passage d'une à une autre. Lorsque la consigne est définie selon un acte à effectuer au sein de la tâche, les changements n'interviennent plus sur l'effet inhibiteur (Banich, 2004).

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