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Influences circadiennes sur le jugement social


par Sébastien Stuhec
Université Libre de Bruxelles - Master en sciences psychologiques à  finalité spécialisée neuropsychologie et développement cognitif 2011
Dans la categorie: Biologie et Médecine > Psychologie et neuropsychologie
   
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1.5.2. Assimiler les attributs de la cible

Lorsque nous catégorisons un individu comme appartenant à une catégorie sociale particulière (ex : Alexandre est paresseux), pour que le stéréotype que nous portons sur cet individu soit modifié il est nécessaire que de l'information contre-stéréotypique (ex : ma voisine m'a dit qu'il travaille 8 heures par jour dans une association) soit traitée. Néanmoins, cette information est généralement ignorée lors de la formation d'impression et ce pour deux raisons.

Comme vu ci-dessus, les stéréotypes orientent le processus attentionnel (Fiske, 1998 ; in Waroquier & Klein, 2006). Nous recherchons en l'autre ce que nous prévoyons de visualiser. Par exemple, convié chez un ami d'origine maghrébine, notre choix de cadeau se fera peutêtre davantage dans une confiserie de loukoum que dans une fromagerie.

Mais encore, l'information qui est cohérente avec le stéréotype serait plus facilement intégrée (ex: Bodenhausen & Macrae, 1998 ; in Waroquier & Klein, 2006). Il semble plus simple d'assimiler l'information suivant laquelle une femme au foyer fait régulièrement le ménage (comportement stéréotypique) plutôt que d'assimiler qu'elle lit des livres scientifiques (comportement neutre) ou qu'elle consacre ses week-end à la mécanique automobile (comportement contre-stéréotypique). En mémoire, le groupe social et l'attribut seraient unis par des liens de causalité (une femme au foyer doit s'occuper de sa maison et doit donc faire le ménage, etc.), permettant l'assimilation de l'information concordante avec le stéréotype.

1.5.3. Interpréter le comportement de la cible

Les comportements de la cible, neutres ou mêmes contre-stéréotypiques font fréquemment l'objet d'une interprétation biaisée qui renforce le stéréotype.

En 2007, Correll, Park, Judd et Wittenbrink utilisent un jeu vidéo pour simuler des rencontres avec des cibles potentiellement hostiles. Leur étude s'intéresse au biais racial dans une décision tirer/ne pas tirer. L'expérience révèle notamment que la tendance des participants à commettre une erreur (tirer sur un noir non armé ou ne pas tirer sur un blanc armé) est fortement augmentée lorsque ceux-ci ont précédemment lu l'histoire d'un criminel noir.

1.5.4. Expliquer les causes du comportement de la cible

En 1977, Ross (in Riggio & Garcia, 2009) définissait l'erreur d'attribution fondamentale comme étant la tendance à surestimer les facteurs situationnels pour les comportements des autres.

Cette erreur d'attribution fondamentale trouve une place de choix dans les stéréotypes. En effet, l'erreur d'attribution fondamentale est une double tendance, celle d'octroyer les comportements concordants avec un stéréotype à des facteurs internes et la tendance à interpréter les comportements contre-stéréotypiques comme relevant de l'environnement. Ainsi, Jacques apprend l'histoire d'un jeune, Brahim, qui a aidé une femme blessée dans le métro. Jacques explique ce comportement par une attribution extérieure à Brahim (Brahim est étudiant infirmier et ses amis l'ont incité à aider la femme) plutôt qu'à une disposition interne (Brahim est altruiste).

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