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Approche ethnopsychiatrique du malade réanimé : Réhabiliter l'esprit dans les pratiques de soins

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par Véronique DI MERCURIO
Université Paris 8 - Master 1 Psychologie Clinique 2007
  

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I.3.b Sources historiques de la réanimation comme pratique

C'est à la suite de plusieurs siècles de tentatives et de progrès dans les connaissances en physiologie et en chimie que la réanimation a pu débuter comme pratique médicale hospitalière dans les années 30. Les 2 facteurs principaux qui ont permis de développer la réanimation comme technique est la possibilité d'étudier le fonctionnement vital à partir du 16e siècle et la maîtrise de la pratique d'insufflation

Antiquité et Moyen-âge

Les pratiques de réanimation sont aussi anciennes que le souci d'assistance à autrui, car nous trouvons des traces de ces pratiques dans les sources écrites des premières civilisations utilisant l'écriture comme l'Egypte ou la Grèce. Les sages-femmes d'Egypte pratiquaient une réanimation néo-natale en soufflant dans la bouche des bébés tout en leur comprimant la poitrine par massage. Hippocrate préconisait l'introduction d'une flûte de berger dans la gorge afin d'insuffler de l'air pour des cas d'asphyxie par obstruction des voies respiratoires causées par des maladies comme la diphtérie.

De la renaissance au début du 20e siècle

En Occident, après une longue période de conservatisme des connaissances Antiques dans la médecine, et d'interdictions religieuses de dissection des cadavres humains, c'est à la Renaissance que débutent des expériences médicales pour comprendre le fonctionnement des organes vitaux. Au 16e siècle, Vésale étudie les organes vitaux sur des animaux vivants dont le thorax a été ouvert et découvre comment réanimer par la stimulation du coeur ou l'insufflation d'air dans les poumons. La relation entre les poumons, qui reçoivent l'air et le sang qui le transporte est comprise au cours du 17e siècle, et permet alors d'élaborer des solutions thérapeutiques de respiration artificielle à la réanimation des noyés au 18e siècle. Des effets iatrogènes, comme des déchirures pulmonaires par insufflation trop brutale d'air expliquent que ces méthodes restent longtemps des tentatives isolées de médecins privés, mais ne sont pas employées à grande échelle dans les hôpitaux avant le 20e siècle. Par exemple, dès 1833, Armand Trousseau pratique la trachéotomie pour la diphtérie, avec 25% de succès, qu'on pourrait soit juger comme insuffisant car causant directement la mort par hémorragie des 75% de malades subissant l'échec de la tentative, ou comme déjà très performante car permettant de sauver 1 malade sur 4 qui est condamné à une mort par étouffement. Cette pratique restera controversée et ne se généralisera pas. Une méthode mécanique à pression externe de respiration artificielle, moins iatrogène est développée à la fin du 19e siècle et aboutira aux poumons d'acier au début du 20e siècle, dont les hôpitaux se munissent pour les cas de paralysie respiratoire liés au tétanos. Peu performante car ne sauvant qu'une proportion faible de malades, elle posera aussi des problèmes de sevrage respiratoire, vouant les survivants à passer le reste de leurs jours dans une dépendance totale, enfermées dans un caisson en milieu hospitalier, sous surveillance constante.

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