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Approche ethnopsychiatrique du malade réanimé : Réhabiliter l'esprit dans les pratiques de soins

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par Véronique DI MERCURIO
Université Paris 8 - Master 1 Psychologie Clinique 2007
  

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I.2 LA RÉANIMATION MÉDICALE AUJOURD'HUI 

I.2.a Description des pratiques et des malades dans un service représentatif

La réanimation est une technique institutionnelle récente et se définit comme une « discipline médicale nouvelle qui comporte l'ensemble des gestes thérapeutiques destinés à conserver un équilibre humoral aussi proche que possible de la normale au cours des états morbides aigus, qu'elle qu'en soit la nature. » (HAMBURGER, 1954) Aujourd'hui, après plus de 50 ans d'expérience, les règles de pratiques sont relativement standardisées et stabilisées grâce aux nombreuses recherches et échanges en occident.

Les médecins de réanimation médicale actuels sont les mieux rémunérés des médecins hospitaliers, aux compétences à la fois les plus générales et les plus approfondies. Leur formation est la plus longue car elle dure 5 ans en complément d'une première spécialité.

Les malades admis dans un service de réanimation médicale sont « recrutés » selon des critères précis définis par les sociétés de réanimation (SFAR : Société Française d'Anesthésie et de Réanimation, SFRL : Société de Réanimation de Langue Française, GFRUP : Groupe Francophone de Réanimation et Urgences Pédiatriques, SFMU : Société Française de Médecine d'Urgence), à la fois pour lui permettre une récupération optimale et éviter l'acharnement thérapeutique inutile. Concernant la réanimation médicale, elle n'admet que des malades ayant subi des défaillances vitales d'origine fonctionnelle et non-traumatiques, ne nécessitant ni chirurgie générale, ni chirurgie neurologique. (Pathologies prises en charge en Annexe A1)

Pour le malade de réanimation, tout est mis en oeuvre pour le faire survivre et son admission sous-tend cette possibilité, ce qui explique la réticence devant une pratique des soins palliatifs en réanimation. Il arrive en urgence, a déjà subi les actes de premiers secours avec succès mais son état est toujours instable. Il faudra encore 20 minutes à un infirmier et un médecin pour installer le malade dans son lieu de soin, relier ses fonctions vitales aux machines de maintien cardio-respiratoire et tenter de stabiliser son état physiologique. Les malades de la réanimation médicale qui survivent ne restent pas longtemps dans le coma, et arrivent souvent conscients dans le service. Ils se souviennent des impressions de mort imminente et de défaillances vitales malgré des états confusionnels temporaires qui s'accompagnent de délires, cauchemars ou hallucinations.

Nous avons remarqué que le critère essentiel de sortie, une fois toutes les autres fonctions stabilisées, repose sur l'autonomisation de la fonction respiratoire, dit « sevrage » ventilatoire. Pendant toute la période de sevrage, le malade est soumis tous les matins aux tests de ventilation spontanée et à l'inconfort d'une respiration déficiente en cas d'échec du test. Dans le cas d'un échec de sevrage, le malade peut survivre avec un soutien ventilatoire permanent nécessitant une trachéotomie, ou partielle par masque, une fois adapté à un ventilateur mécanique de petite taille, celui-ci pouvant être installé dans une chambre en hôpital ou au domicile. Selon l'espérance de survie et la qualité de survie, le malade stabilisé et l'urgence vitale passée, il sera alors considéré comme capable de décider d'une limitation de soins.

A sa sortie du service, le malade survivant aura reçu un diagnostic et selon celui-ci, sera orienté vers un service de soins spécialisé, de rééducation ou au domicile.

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