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Le politique et l'écriture a travers La vie et demie de Sony Labou Tansi sous la supervision de prof. Josias Semujanga


par Emmanuel NDUNGUTSE
Université Nationale du Rwanda - Licence en Langue et Litterature francaise 2001
Dans la categorie: Arts, Philosophie et Sociologie > Littérature
   
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I.4.1.3 La corruption

Dans son roman, Sony Labou Tansi retrace une société complètement corrompue. Tous les secteurs de la vie communautaire de la Katalamanasie sont touchés par ce méfait qui est devenu monnaie courante.

Le premier secteur touché par la corruption est celui de l'enseignement. Les enfants des parents riches montent de classe sans difficultés quel que soit leur niveau. Les bonnes notes ne sont pas le critère de réussite pour ces enfants. Dès leur scolarité primaire, ils ont l'assurance d'obtenir leur diplôme sans fournir aucun effort. A cause de cela, la médiocrité s'installe dans les écoles où la consommation des boissons alcoolisées se pratique pendant les heures de cours. Les professeurs sont alors tenus à respecter cette consigne qui veut que les enfants des hauts placés aient toujours la meilleure note. Ceux qui veulent faire régner la justice et l'équité dans leurs classes sont punis sérieusement. Ils sont envoyés dans des écoles de brousse où des conditions de travail sont désastreuses.

« Elle se rappela cette année où Bébé-Hollandais avait donné un zéro à l'enfant du maire de Yourma ; l'affaire s'était gâtée et Bébé avait été envoyé avec sa philosophie dans la forêt du Darmelia comme professeur de français au collège, dans un centre d'attraction pour les pygmées » (V.D. : 31).

La corruption est un droit de chacun et ceux qui évitent ce défaut sont considérés comme anormaux. Dans cette société où toute personne est corrompue, le modèle de réussite sociale, c'est la vie des « V.V.V.F. » pour signifier « Villa, Voiture, Vin et Femmes ». Les plus corrompus apprennent aux non-initiés la voie malhonnête du succès. La corruption est conseillée pour devenir riche sans difficulté.

Le secteur de l'éducation n'est pas le seul à être corrompu. La santé est aussi touchée. Le Ministère de la santé, le docteur Tchi parvient à s'enrichir illicitement. Il vend les médicaments, falsifie les chiffres parce qu'un ministre est formé de 20% des dépenses de son ministère. Au bout de 4 ans, après avoir suivi scrupuleusement les conseils de son ami CHAVOUALA, ministre de l'Education, le docteur Tchi commence à chercher des maîtresses pour lesquelles il construit des villas et mène une vie « digne » d'un ministre.

« Le Docteur Tchi, comme on l'appelait à cette époque, mena la vie des VVVF qu'on appelait la vie avec trois V. Il construisit quatre villas, acheta une voiture à huit belles filles. Il construisit la maison pour deux maîtresses » (V.D. : 36).

L'administration n'est pas non plus épargnée de ce fléau de corruption. Les chefs usent du pouvoir comme ils veulent suivant leurs intérêts. Obramoussando Mbi, le chef suprême de l'Etat, change son identité la veille de son mariage avec Chaïdana. Celle-ci devient mademoiselle Ayele née en Katalamanasie maritime d'un riche commerçant de poissons et d'une institutrice, alors que nous savons très bien qu'elle est fille de Martial, ancien prêtre du prophète Mouzediba :

« Le lendemain soir, la voix de la République démocratique Katalamanasienne annonçait le mariage prochain du Guide Providentiel [...] avec la plus belle fille de la Katalamanasie et donna les informations biographiques des deux fiancés. Le curriculum vitae de Mlle Ayele la faisait naître en Katalamanasie maritime d'un riche commerçant en poissons et d'une institutrice [...] et tout le monde savait par coeur où était né le guide providentiel [...], mais le commentateur refit les éloges de Samafou Ndolo Petar qui leur avait rempli de meilleurs dons du monde » (V.D. : 52).

Un autre abus qui vient se greffer à la corruption et qui paralyse le pouvoir politique est le détournement des fonds publics.

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