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Assainissement et risques socio-sanitaires et environnementaux dans la commune d'arrondissement de Wakhinane Nimzatt (Guédiawaye )au Sénégal


par Tapsirou Hamath BA
Université Cheikh Anta Diop de Dakar - Master 2  2010
Dans la categorie: Géographie
   
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CONCLUSION PARTIELLE

Les habitants de Wakhinane-Nimzatt, ne disposant pas de système d'assainissement collectifs, utilisent des ouvrages individuels tels que les fosses septiques, les fosses à fond perdu raccordées à des WC, des puisards, des bacs à laver etc. Mais la plupart d'entre eux déverse leurs eaux usées dans les rues. En effet, 83 % des ménages rencontrés évacuent leurs eaux usées ménagères dans la rue et 49,6 % vident leurs fosses devant leurs maisons. Les populations de la CA sont aussi confrontées aux problèmes d'inondation à cause de la mauvaise gestion des eaux pluviales. Les zones les plus touchées sont Darourahmane, Angle Mousse et Wakhinane 4 où les déguerpissements sont fréquents et où le niveau d'insalubrité est très avancé.

TROISIEME PARTIE : Risques socio-sanitaires et environnementaux

CHAPITRE V : Risques sanitaires liés au déficit d'assainissement

Le lien entre l'assainissement et la santé est difficilement mesurable mais il est indiscutable. Notre travail ne consiste pas à montrer le lien entre l'état de santé des populations de Wakhinane-Nimzatt et le déficit d'assainissement de cette CA. Mais, il s'agit plutôt de mettre en relief les risques sanitaires auxquels elles sont exposées.

Le déficit d'assainissement est à l'origine de l'insalubrité constatée dans les quartiers de Wakhinane-Nimzatt. La quasi-totalité des ménages déversent leurs eaux usées dans les rues. De la même façon, ils vident leurs fosses pleines devant leurs maisons par le creusement de trous. Cette situation de manque d'hygiène ajoutée aux problèmes d'inondation est souvent associée par les populations à tort ou à raison à des pathologies diverses.

1- Effets sanitaires liés aux eaux usées

La perception des ménages est un indicateur très important pour comprendre le vécu quotidien des populations. Leur point de vue sur le lien entre les eaux usées et les maladies les plus fréquentes de la zone permet d'avoir une idée sur les problèmes sanitaires auxquels elles font face.

Diagramme 6 : Perception des ménages sur l'effet des eaux usées sur la santé

Touba-Guédiawaye et Wakhinane ont aussi reconnu l'existence de ce lien à 90,9 % contre 81,8 % à Darourahmane et 71,4 % à Angle Mousse.

Tous les ménages enquêtés, qu'ils soient situés en zone inondable ou en zone non inondable, ont dans leur grande majorité indexé le défaut d'assainissement de leurs quartiers comme étant la source de beaucoup de maladies.

Les pathologies dont ils font référence vont du paludisme aux maladies diarrhéiques en passant par les dermatoses entre autres.

Diagramme 7 : Pathologies recensées dans les ménages durant les trois mois qui ont précédé l'enquête

Autres : Maux de ventre, grippe, rhume, méningite, tuberculose, toux.

Source : Données de l'enquête (2011)

Le paludisme est la maladie la plus citée par les ménages de la CA. Il représente 76 % contre 51 % pour la diarrhée et 34 % pour les dermatoses.

Pour le paludisme, d'après les informations recueillies et représentées sur ce diagramme, les populations les plus atteintes sont celles de Comico-Gadaye avec 90,9 %, Baye LayeDaroukhane, Nimzatt, Touba-Guédiawaye et Wakhinane 4 (zone inondable) avec chacun 81,8 %. Les habitants des zones inondables en l'occurrence Angle Mousse et Darourahmane et ceux de Wakhinane et Kawsara situés en zone non inondable semblent moins affectés avec respectivement 71,4 %, 72,7 %, 63,6 % et 54,5 %.

Carte 7 : Géographie du paludisme dans la CA

Ces données recueillies auprès des ménages ne permettent pas de déterminer le lien entre le degré d'inondation des différentes zones et l'apparition du paludisme chez les populations.

Cette situation pourrait s'expliquer par le fait que l'agent vecteur qui est à l'origine de la transmission de cette pathologie ait une aire d'activité plus ou moins étendue. Les collections d'eau sont certes favorables au développement et à la prolifération des moustiques mais ces derniers peuvent migrer vers d'autres horizons moins humides à la recherche de leurs repas sanguins. Ce qui expose les populations sur place au risque palustre. De plus, le

comportement des habitants joue un rôle considérable. L'utilisation de moustiquaires imprégnées pourrait limiter la transmission du paludisme dans les zones à risque. L'exposition aux moustiques étant plus élevée dans ces espaces et les populations ayant conscience du danger qui leur guette prennent mieux leurs dispositions que celles qui vivent dans les endroits où la présence des moustiques est moins importante. A cela s'ajoute la densité de populations qui est un facteur de dilution des piqûres des moustiques qui est très élevée dans les zones inondables.

Donc, les conditions biogéographiques ne constituent pas à elles seules les facteurs de risques de contamination.

Pour les maladies diarrhéiques, les zones les plus affectées sont Wakhinane 4 (zone inondable) avec 81,8 % et Kawsara situé en zone non inondable avec 72,7 %. Arrivent ensuite les zones de Baye Laye-Daroukhane, Comico-Gadaye, Touba-Guédiawaye sises en zone régulière non inondables et Darourahmane (zone irrégulière inondable) avec chacun 54,5 %. Les populations les moins touchées sont celles de Angle Mousse (zone régulière inondable) avec 42,9 %, Nimzatt et Wakhinane avec respectivement 27,3 % et 18,2 %.

Carte 8 : Géographie des maladies diarrhéiques dans la CA

L'apparition des cas de diarrhées ne peut pas être corrélée au niveau d'insalubrité des zones étudiées. En effet, des environnements réputés favorables au développement des maladies diarrhéiques à l'image de Angle Mousse ont été identifiés comme moins affectés alors que des espaces plus salubres considérés comme moins propices à l'éclosion des diarrhées à l'image de Kawsara semblent plus atteints.

Plusieurs raisons peuvent être avancées pour expliquer ce phénomène. Les comportements des populations surtout en matière d'hygiène peuvent fortement influencer les taux de morbidité diarrhéique. Les pratiques d'hygiène diffèrent d'un espace à un autre, d'un individu à un autre et par extension d'une population à une autre.

Les modes alimentaires et les techniques de stockage de l'eau de boisson ajoutés à l'importance en termes d'effectif des enfants de moins de cinq ans au sein des ménages pourraient aussi être à l'origine des disparités constatées entre les différentes zones de la CA.

Les dermatoses, quant à elles, sont enregistrées à Touba-Guédiawaye avec 63,6 %, à Darourahmane (zone irrégulière inondable) avec 54,5 %, à Nimzatt avec 45,4 %, à Wakhinane et Kawsara avec chacun 36,4 %, à Angle Mousse avec 28,6 %, à Baye LayeDaroukhane, Comico-Gadaye et Wakhinane 4 (zone régulière inondable) avec chacun 18,2 %.

Carte 9 : Géographie des dermatoses dans la CA

Les zones les plus touchées par les dermatoses sont Darourahmane situé en zone inondable et Touba-Guédiawaye. Elles sont suivies de Kawsara, Wakhinane, Nimzatt et Angle Mousse (zone inondable). Les espaces les moins atteints sont Comico-Gadaye, Baye LayeDaroukhane et Wakhinane 4 (zone inondable).

Les informations que reflète cette carte ne permettent pas de dire sans se tromper que les dermatoses sont dues au déficit d'assainissement de la CA car des espaces réputés salubres comme Kawsara et Nimzatt sont plus frappés que Wakhinane 4 qui pourtant se trouve en zone inondable considéré par la plupart des ménages comme sale voire très sale.

Tout comme pour le paludisme et les maladies diarrhéiques, le lien entre le mauvais assainissement et les dermatoses est très difficile à établir.

Le comportement des populations pourrait aussi expliquer ces disparités. De plus, certaines maladies de la peau sont signes d'une autre pathologie qui se cache derrière comme par exemple les boutons qui accompagnent la rougeole ou les taches dues à la malnutrition. Il existe aussi des boutons et des plaies qui sont signes d'une maladie grave comme la tuberculose et la syphilis.

Les chiffres obtenus ne permettent pas d'identifier des zones particulièrement vulnérables. Le lien entre ces maladies et le défaut d'assainissement des eaux usées n'est pas clairement défini dans cette étude.

Cependant, on retrouve un lien entre les pathologies évoquées par les ménages et celles effectivement déclarées au niveau du poste de santé de Daroukhane.

Diagramme 8 : Nombre de consultations entre janvier et mars 2011 au poste de santé de Daroukhane

Source : Poste de santé de Daroukhane.

Une analyse des données collectées dans cette structure sanitaire montre que les risques sanitaires liés aux eaux usées sont très élevés.

Les IRA et la grippe viennent en première position avec respectivement 249 et 326 consultations. Les dermatoses suivent avec 241 consultations. Arrivent enfin les diarrhées avec 91 cas recensés, les parasitoses avec 71 consultations et le paludisme avec 46 cas.

Ce chiffre est inquiétant car il révèle que même en dehors de l'hivernage, les populations sont exposées et atteintes par le paludisme. Dès lors, on peut se poser la question de savoir si l'inondation qui perdure dans certaines zones de la CA de Wakhinane-Nimzatt après la saison des pluies ne constitue pas un facteur aggravant.

Dans tous les cas, les risques sanitaires encourus par la population sont réels et nécessitent une surveillance particulière pour éviter que la situation ne s'aggrave suite à d'éventuels changements de comportement des individus.

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