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L'impact des innovations financières sur la performance financière des banques tunisiennes: cas des banques cotées en bourse

( Télécharger le fichier original )
par Houda Ben Mahmoud
Institut supérieur de gestion de Gabès - mastère de recherche en finance 2012
  

Disponible en mode multipage

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    REPUBLIQUE TUNISIENNE

    **********

    MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT
    SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE
    SCIENTIFIQUE

    UNIVERSITE DE GABES

    **********

    INSTITUT SUPERIEUR DE GESTION DE GABES

    **********

    Année Universitaire 2011/2012

    Mastère De Recherche :

    Spécialité Finance et Assurance

    Sujet

    L'impact des innovations financières sur la
    performance des banques tunisiennes : cas
    des banques cotées en bourse

    Elaboré par: Ben Mahmoud Houda

    Président : Mr. Henchiri Jamel Eddine

    Encadrement universitaire : Mr. Charfeddine Lanouar Rapporteur : Mr. Wadie Nasr

    « Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, C'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles »

    Sénèque

    Remerciements

    Au terme de ce mémoire, je tiens à adresser, en signe de
    reconnaissance, mes plus vifs remerciements à Mr LANOUAR
    CHARFEDDINE
    pour l'encadrement de qualité dont il m'a fait
    bénéficier et pour ses conseils judicieux.

    Qu'il me soit permis ici de lui exprimer ma profonde gratitude.

    J'adresse également ma gratitude et mon respect à tous mes
    honorables professeurs de L'Institut Supérieur de Gestion de Gabès.

    Mes derniers remerciements mes non les moindres s'adressent aux
    membres de jury pour avoir bien voulu assister à la soutenance de ce

    travail.

    Je ne serais manquée, tous ceux qui ont de prés ou de loin contribué à
    mener ce travail pour les remercier.

    Dédicaces

    A mon père

    A ma mère

    A mes frères

    A tous les membres de ma famille

    A tous mes amis

    Sommaire

    Introduction Générale

    Chapitre 1 :L'innovation financière

    Introduction

    Section 1 : L'innovation financière : un objet d'analyse complexe

    Section 2 : Fondements théoriques de l'innovation financière

    Section 3 : L'innovation financière dans les banques

    Section 4 : L'innovation financière en Tunisie : contexte de secteur bancaire

    Conclusion

    Chapitre 2 : La performance Bancaire

    Introduction

    Section 1 : Aperçu sur le concept de la performance

    Section 2 : Les Outils de mesure de la performance financière

    Section 3 : Le lien entre l'innovation financière et la performance financière

    Conclusion

    Chapitre 3 : Impact des innovations financières sur la performance bancaire : Validation empirique

    Introduction

    Section 1 : Débat théorique

    Section 2 : Méthodologie et Description de données Section 3 : Interprétation des résultats

    Conclusion

    Conclusion Générale Bibliographie

    Keywords: Financial innovation, bank performance, profitability

    Résumé :

    A partir des données collectées sur une période s'étalant de 1993 à 2010, nous étudions l'effet de l'innovation financière sur les résultats des banques en Tunisie. Nous présentons les déterminants de l'innovation financière afin de les inclure dans notre analyse de la relation entre l'innovation financière et la rentabilité bancaire.

    Or l'innovation financière peut être définie comme l'acte de création de nouveaux instruments financiers ainsi que les nouvelles technologies financières, des institutions et des marchés. Elle comprend les innovations des produits et/ou services et même les innovations des processus. Pour atteindre ce but, une étude empirique a été menée sur un échantillon de 10 banques tunisiennes. Un test de Panel a été mis en place pour vérifier nos hypothèses. Nos résultats empiriques montrent que les banques de dépôts tunisiennes ont engagé des démarches sérieuses pour l'adoption des nouveaux produits et services financiers. Ce qui leur accroît leurs capitaux qui constituent enfin de compte une source de financement en matière de recherche et développements.

    Mots-clés: l'innovation financière, la performance des banques, la rentabilité

    Abstract:

    Using data from 1993- 2010, we investigate the effect of financial innovation on bank performance in Tunisia. We present the determinants of financial innovation in order to include them in our analysis of the relationship between financial innovation and banking profitability. Or financial innovation can be defined as the act of creating new financial instruments as well as new financial technologies, institutions and markets. It includes product and process innovation.

    To achieve this object, an empirical study was conducted on a sample of 10 Tunisian banks. A test Panel was established to test our hypotheses. Our empirical results show that Tunisian deposit banks have committed serious steps for the adoption of new financial products and services. What they are increasing their capital, which finally has a funding source for research and development.

    Introduction Générale

    La globalisation financière, l'intégration régionale qui s'est accélérée au cours de ces dernières années dans les domaines monétaires et financiers, les évolutions technologiques, la recherche d'une diversification des risques et de gain d'efficience sont autant des facteurs potentiellement favorables à la consolidation bancaire internationale. Néanmoins, des différences nationales perdurent induisant l'existence de barrières règlementaires et informationnelles, liées à des facteurs culturels et institutionnels. Ces forces et ces entraves se manifestent différemment selon que l'accès à un nouveau marché se fait par création. Le contexte des banques tunisiennes a beaucoup évolué ces dernières années, ces changements imposent un mécanisme d'innovation à différents niveaux. La réglementation concernant l'environnement, la sécurité des consommateurs, sont de plus en plus contraignantes pour les banques, notamment avec l'ouverture des frontières, les accords de libre échange avec les pays développés...Tous ces facteurs nécessitent des efforts de certification des produits et ou des services bancaires.

    Cependant, les évolutions inhérentes au passage d'une économie industrielle à une économie du savoir mettent les banques devant les obstacles de développer une grande flexibilité pour demeurer en harmonie avec les besoins de leur marché. A ce stade, Jutand (2007) souligne : « l'économie des contenus, des mondes virtuels et de la création numérique (....) Une économie de la création, de l'audience, de l'immatériel, de l'ubiquité des centres de production et de consommation, avec de profondes questions sur l'évolution des notions de valeur, de propriété, d'innovation, de consommation. Une économie dans laquelle les matières premières sont les compétences, et les moyens de contrôle et de thésaurisation ne sont plus les terres, ni le capital, mais l'audience ».

    Ces nouvelles données de l'environnement stimulent les banques tunisiennes à s'investir dans les innovations financières qui remettent en cause un nombre de procédures, d'habitudes et même de structures qui avaient fait leur preuve dans le contexte d'une économie protégée.

    D'ailleurs, pour les banques l'innovation financière représente un enjeu stratégique qui vise à saisir les opportunités qu'offre la technologie. Elle est même une exigence pour les banques qui veulent rester performantes dans un environnement fortement concurrentiel. Aussi, elle est devenue l'objet de toutes les attentions. Ensemble, praticiens et chercheurs se penchent sur le problème, s'efforcent de comprendre le processus d'innovation.

    Par définition, l'innovation financière est une apparition de nouveaux produits et services. Ces derniers devraient constituer en principe une rupture nette avec ce qui existe déjà, mais ce n'est pas toujours le cas dans la mesure où l'innovation financière peut être tout simplement une modification de certaines caractéristiques de produits financiers existants.

    Autrement dit, une création ou une simple amélioration des produits déjà existants permet d'assurer la survie durable des banques aussi bien d'adapter des stratégies adéquates afin de mesurer la capacité des banques vis-à-vis de la concurrence accrue. Selon Ebrahim et Hussain (2010), les innovations désignent à la fois l'introduction des nouveaux produits et services financiers et la mise en oeuvre de nouvelles technologies financières. Suite à la multiplication des crises financières pendant ces dernières années, l'adoption de l'innovation financière par les banques est devenue une nécessité plus qu'un choix. Autrement dit, les innovations financières sont utilisées par les banques comme des variables clé afin d'être capable à affronter la concurrence.

    Face à son importance, des efforts ont étés consacrés par des chercheurs dans le but de mieux comprendre la notion d'« innovation financière ». Plusieurs études empiriques ont tenté de clarifier cette notion et de démontrer son apport qui réside dans l'augmentation significative de la valeur de la banque et même de sa performance, voir Philipp (2008) et João Tovar (2010)...

    En effet, la majorité des travaux théoriques qui se focalisent sur l'étude de l'impact des innovations financières sur la performance des banques se basent sur trois théories : la théorie de la contrainte issue des travaux de Silber (1975) et Kane (1983), la théorie de la demande des caractéristiques issue des travaux de Lancaster (1971) et Desai et Low (1987) et enfin la théorie des marchés contestables issue des travaux de Baumol (1982). Ces travaux fournissent une explication de l'innovation financière comme facteur contribuant à la performance de la banque.

    Dans un environnement qualifié de, « nouvelle ère », des multiples mutations technologiques, les exigences accrues des clients, la réduction de la durée de vie des produits, et une offre de biens et services de plus en plus étendue, l'innovation est vue comme une opportunité permettant d'améliorer la rentabilité des banques et par conséquent leur compétitivité, Chapman et al. (2001). Ceci justifie l'intérêt qu'on peut accorder à l'innovation, celle-ci étant considérée comme un moteur de croissance économique et de création de richesse significative.

    A partir de ce constat, il nous paru intéressant d'étudier la notion «innovation financière », sa mesure et son impact sur la performance des banques tunisiennes.

    Problématique de recherche :

    L'idée sous-jacente de notre étude est de déterminer l'impact de l'innovation financière sur la performance des banques de dépôts tunisiennes. Il s'agit d'identifier les caractéristiques spécifiques que les banques doivent en disposer pour qu'elles puissent s'adapter aux mutations de l'environnement en matière d'innovation financière.

    Nous essayerons ainsi de répondre aux questions suivantes :

    - Quel est l'effet de l'innovation financière sur la performance des banques ?

    - Comment les caractéristiques des banques (taille, ressources financières etc..) affectent elles leurs performances?

    - Les résultats obtenus permettent-elles de garantir la croissance et la compétitivité des banques ?

    Pour répondre à ces questions, il nous apparu intéressant d'étudier la relation entre les innovations financières et la performance bancaire à partir des données collectées dans 18 rapports annuels de l'année 1993 jusqu'à l'année 2010.

    Ce mémoire est composé de trois chapitres :

    Le premier chapitre présente les fondements théoriques qui essayent d'expliquer le concept « innovation financière ». Cette dernière relève de trois théories à savoir, la théorie de la contrainte, la théorie de la demande des caractéristiques et enfin la théorie des marchés contestables.

    En passant ensuite à décrire les facteurs influençant le concept d'innovation financière, on a distingué les facteurs internes de ceux externes. Les facteurs internes se résument à la taille et aux ressources financières tandis que les facteurs externes sont liés à l'environnement par exemple la fluctuation des prix, les mutations technologiques...Nous essayons dans la suite du chapitre de montrer l'importance des innovations financières en décrivant l'expérience tunisienne en matière d'innovation financière.

    Le second chapitre consiste à présenter le concept de performance, ses dimensions et ses outils de mesure. En fait, la performance d'une banque est définie comme le taux de rendement qu'elle atteint.

    De plus, nous essayons de clarifier théoriquement le lien entre l'innovation financière et la performance bancaire. Ce lien apparu dans le rôle du système financier qui influence sur les

    décisions d'épargne et d'investissement et donc la croissance et ce à travers l'incorporation des technologies performantes.

    Concernant le troisième chapitre, en recourant à l'application des modèles économétriques à notre base de données, nous essayons de répondre à nos questions de base. Notant que les informations utilisées dans cette partie est de nature quantitative (des indicateurs financiers et des ratios).

    Chapitre 1 : L'innovation financière

    Les innovations financières qui sont à l'origine des révolutions technologiques, sont considérées comme un facteur essentiel pour assurer le développement des différents acteurs intervenants sur le marché. En effet, face à un environnement de plus en plus évolutif l'innovation financière est définie comme la solution magique pour répondre aux différentes mutations de l'environnement. Elles sont utilisées par les banques comme des variables stratégiques afin d'être aptes à affronter dans des conditions favorables la concurrence. En outre, les innovations financières sont devenues un moyen essentiel pour améliorer la performance et maintenir l'efficacité des banques sur le marché, voir Batiz-Lazo et Woldesenbet, (2006).

    Ainsi, ce chapitre sera réparti de la manière suivante. La première section présente l'innovation financière. La deuxième section s'articule autour des fondements théoriques relatifs au concept d'innovation financière. La troisième section met l'accent sur l'innovation financière dans les banques. Enfin, la quatrième section met l'accent sur l'innovation financière dans le secteur bancaire tunisien.

    1. L'innovation financière : un objet d'analyse complexe

    1.1. Définition et approches

    1.1.1. Définition

    Différents travaux théoriques dans les sciences économie-finance conservent une pertinence opérationnelle et analytique dans le champ d'innovation financière en général tel est le cas de Silber (1977). Plus généralement, les innovations financières sont devenues au coeur des discussions et des débats afin d'assurer la compétitivité et améliorer la performance financière. Elles sont liées à un « gène récessif » qui incite la modification du produit financier qui en était porteur. Dans ce contexte, Miller (1992) propose une métaphore que l'on développera ici :

    « Dire que les innovations financières, tant les innovations en général, sont en fait des améliorations imprévisibles ne permet cependant pas d'affirmer que leur apparition est le seul fait de hasard ou d'une impulsion artistique et créative. On trouve en effet cette créativité dans le monde des affaires ; et, en ce qui concerne certaines innovations financières, l'artiste nous a même laissé sa signature. Mais cela est bien loin d'être toujours le cas. De nombreuses innovations financières [....] existaient déjà, sous une forme ou sous une autre, bien des années avant qu'elles n'apparaissaient au grand

    jour. Elles étaient enfuis, telles des graines sous la neige, dans l'attente qu'un changement de l'environnement ne les fasse éclore».1

    Pour Schumpeter (1950), l'innovation est définie comme étant « un changement historique et irréversible dans la manière de faire les choses »2.

    Yves (1975), un auteur pionnier dans la recherche en management, définit l'innovation dans un sens plus moderne « l'innovation est un processus dans l'aboutissement incertain est une réalisation original, et qui comporte des attributs créateurs de valeur nouvelle ».3

    Or, joindre le processus d'innovation financière à l'environnement des institutions financières est s'efforcé par de nombreuses contributions. La possibilité de créer des nouveaux produits / services financiers / instruments, qui peuvent mieux répondre aux demandes des participants du système financier, est toujours présente et nécessite des coûts. A ce stade, Christine (2006) suggère que «l'innovation en matière financière correspond à la création de nouveaux instruments financiers à partir des produits financiers existants. Cette opération d'innovation s'apparente, dans ces mécanismes, à une mutation biologique ; on obtient alors un élément hybride à partir d'un élément préexistant.»4

    Aussi, Ebrahim et Hussain (2010) identifient l'innovation financière comme l'un des principaux canaux de développement des systèmes financiers.

    En d'autres termes, l'innovation financière peut se définir comme l'acte de créer de nouveaux instruments financiers, de nouvelles technologies financières et même de nouveaux marchés. Elle peut aussi inclure les actes de l'invention (constitue une base de l'innovation) et de distribution de nouveaux produits et services et même d'idées avec une utilisation plus satisfaisante des ressources.

    1.1.2. Approches

    Il est évident que, quelque soit son aspect, l'innovation financière est considérée comme une solution aux difficultés rencontrées par toute entreprise. Or, il faut souligner que ce concept

    1Revue Lisa/ Lisa e-journal. Vol. 4, n°1,2006, p 308

    2 Peter Tufano. (2002). «Financial innovation». Journal of Economics and Finance. pp. 10.

    3 Pierre Yves, « stratégies d'innovation dans les PME », 1975, P26

    4 Christine Zumello. (2006). «L'innovation et les marches financiers aux Etats-Unis depuis les années 1970». euro-journal. Page 8.

    En effet, le développement la croissance économique reflète l'importance de l'innovation financière qui représente le moteur de la dynamique du système financier, voir King et Levine

    est entouré d'ambigüité à cause de sa nature incertaine, d'où permet l'apparition de multiples approches de l'innovation :

    a- Une approche fonctionnelle

    L'approche fonctionnelle se caractérise par l'incorporation de l'innovation dans toutes les fonctions de l'entreprise.

    ? La fonction technique liée au développement de nouveaux systèmes de télécommunication et de la technologie informatique

    ? La fonction commerciale liée à la recherche de nouveaux canaux de distribution, et du transfert électronique des fonds.

    ? La fonction financière liée à la recherche de nouveaux instruments financiers permettant de la création d'autonomie financière.

    ? Enfin la fonction recherche et développement qui se présente entant qu'une fonction

    essentielle pour les entreprises qui veulent demeurer dans la course d'innovation.

    b- D'autres approches

    Ces approches s'appuient davantage sur l'action d'innover. On peut ainsi envisager de distinguer l'innovation radicale de l'innovation incrémentale. L'innovation radicale modifie complètement une situation antérieure des conditions d'utilisation d'un produit tandis que l'innovation incrémentale qui se traduit par une action d'amélioration des produits déjà existants.

    Donc, la multiplicicité des approches d'innovation reflète la complexité du processus de l'innovation.

    1.2. L'importance de l'innovation financière

    Dans un contexte caractérisé par une concurrence de plus en plus acharnée, l'innovation devient l'un des déterminants les plus importants de la pérennité des entreprises. Vivre, c'est s'adapter. Gagne, c'est anticiper. Pour se faire, toute entreprise est appelée aujourd'hui à montrer toutes ses capacités d'évolution et d'adaptation à son environnement par le renouvèlement de ses produits/ services et mêmes ses méthodes d'attraction d'une nouvelle clientèle.

    Bref, l'importance de l'innovation financière découle de sa facilitation de l'activité économique et même l'allocation des ressources.

    (1993); Rajan et Zingales (1998). De plus, selon Frame and White (2004) l'innovation financière est considérée comme un phénomène important dans un secteur d'une économie moderne.

    En fait, elle permet d'améliorer la compétitivité pour la quasi-totalité des activités de production et de service ainsi que le développement du secteur financier qui aura des effets positifs directs sur l'économie.

    De plus, l'innovation financière connaît un développement « fulgurant » parallèlement au mouvement de libéralisation, l'évolution rapide des technologies facilite de plus en plus les transferts financiers internationaux. La finance est en effet liée au traitement de l'information.

    En outre de point de vue de la clientèle, l'innovation financière était le moyen qui a permis d'encourager la concurrence à travers l'attraction d'une nouvelle clientèle en mettant à sa disposition des instruments satisfaisants ses besoins. Autrement dit, le client est la principale source d'innovation. Ainsi, l'entreprise qui veut innover doit interroger ses clients et voir quelle catégorie du produit veulent acheter. Notamment, elle est amenée à savoir quel changement faut-il utilisé à partir de leur comportement vis-à-vis des produits existants sur le marché.

    Donc l'innovation financière permet de :

    - Mettre à disposition les produits et les services satisfaisants les besoin de la clientèle. - Améliorer les profits et par la suite la survie de l'entreprise.

    - Accroître l'efficience du système financier en incorporant des technologies financières performantes.

    - Gérer l'instabilité des taux d'intérêts ; l'innovation financière pousse, en renforçant la concurrence, les taux d'intérêts à la baisse.

    - Faciliter le passage d'un compartiment à l'autre du marché (taux variables, taux fixes, comptant, terme).

    5 Fatiha For, «Les sources de production d'innovation dans les petites et moyennes entreprises agroalimentaires», page5.

    1.3. Facteurs influençant l'innovation financière

    Selon Nicolas et Hy (2000) le processus d'innovation apparaît comme « un processus d'apprentissage où les capacités internes et externes de l'entreprise se combinent dans des interactions avec son environnement»5.

    Autrement dit, la capacité d'innovation des firmes se construit d'une part à partir de leur aptitude à acquérir de l'information dans le cadre d'interactions avec l'environnement et d'autre part à partir de deux types de facteurs influençant généralement l'innovation financière à savoir les facteurs externes et les facteurs internes.

    1.3.1. Facteurs externes

    Parmi ces facteurs on peut citer ;

    a- Le pouvoir de marché

    Le pouvoir de marché est défini comme le pouvoir des firmes à élever le prix au dessus du coût marginal. Ce n'est que dans le modèle abstrait de la concurrence parfaite que les entreprises n'ont pas de pouvoir de marché. Dans le monde réel, il y a des coûts fixes et aussi de la différenciation de produit, de sorte que les entreprises ont un certain pouvoir de marché.

    La notion du pouvoir de marché provient de l'hypothèse de « monopole » élaboré par Schumpeter (1950) qui est considéré comme le premier économiste qui a placé « le pouvoir de marché » au centre de sa théorie économique. Il a fait procurer que le pouvoir de marché est nécessaire aux entreprises innovantes. Cette hypothèse repose sur deux raisons ;

    La première raison est liée aux problèmes de parasitisme associé à des idées nouvelles (Un innovateur peut rapidement avoir des suiveurs immédiats), et la deuxième raison est liée aux difficultés d'obtention du financement pour les investissements importants et incertains dans la recherche et développement, c'est-à-dire, la raison de l'innovation est une raison de pouvoir de marché.

    Autrement dit, les entreprises qui possèdent d'un pouvoir de marché (vente a un prix plus élevé et par la suite générer des profits plus élevés) peuvent facilement s'intervenir dans un processus d'innovation. Et ce parce que le pouvoir de marché est apparait comme un élément

    moteur de l'innovation donc du progrès technique et de la croissance économique (rôle de l'entrepreneur Schumpetérien).

    b- La technologie

    Suite au développement croissant et continu dans le secteur technologique, les établissements de crédits ont introduit des nouveaux moyens de paiement à savoir, les distributeurs automatiques des billets (DAB/GAB), les cartes de paiement, les cartes monétiques....

    c- Conditions macroéconomiques

    Ces conditions sont caractérisées toujours par l'instabilité. Par exemple, les fluctuations des prix, des taux d'intérêt, des taux de change ce qui créer des incertitudes et des risques et sont donc susceptibles de stimuler plus l'innovation (pour atténuer ces risques). De ce fait, la causalité entre les innovations et les taux d'intérêts par exemple se manifeste en deux sens. Le niveau et la variabilité des taux d'intérêts ont largement suscité la demande et l'offre des nouveaux instruments. Les taux d'intérêts ont des incidences sur les innovations financières, le sens d'influence est difficile à déterminer. Une plus grande instabilité est susceptible d'être associé à une accélération du rythme de l'innovation.

    1.3.2. Facteurs internes

    Parmi ces facteurs on peut trouver :

    a- La taille de l'entreprise

    Les établissements de crédits qui bénéficient d'économies d'échelle et de pouvoir de marché pourraient être plus aptes à innover que les plus petites. Cette affirmation, inspirée des travaux de Schumpeter (1950) au milieu du dernier siècle, considérait les ressources au niveau de leur disponibilité, de leur accès et du contrôle que leur détention procurait sur l'environnement, comme stimulant l'innovation, Vossen (1998). Autrement dit, plus la taille de la banque est grande plus la vente des produits portant sur l'innovation est susceptible d'être grande, ce qui améliore les profits.

    En outre, une grande taille permet aux banques de tenir compte des économies d'échelle inhérentes pour les installations de recherches et développement ce qui favorise la capacité de la banque en matière d'innovation et même au niveau d'absorption des difficultés rencontrées dans le processus d'innovation, Lhuillery et Pfister (2009

    b- L'appropriabilité

    Jusqu'à récemment, les sociétés financières ont été très limitées dans leur capacité à protéger leurs nouvelles idées au moyen de brevets. Même lorsque les entreprises ne disposent pas des brevets, elles peuvent souvent les appliquer facilement. En conséquence, des nouvelles idées de produits sont diffusées rapidement à travers les concurrents, Tufano (1989).

    Selon leurs travaux théoriques, Herrera et Schroth (2002) soulignent que même lorsque les inventions ne peuvent être brevetées, les banques d'investissement ont des incitations considérables pour développer de nouveaux produits, il pourrait être prévu que le manque de protection par brevet peut inciter les banques à innover.

    c- Les ressources financières

    Beaucoup d'études suggèrent une relation entre les flux de trésorerie et les dépenses de recherche et développement. Plusieurs travaux ont examiné cette relation de manière plus systématique. Selon Campbell (1988) ce facteur joue un rôle crucial dans les études de recherche et développement.

    Plus la banque possède des moyens financiers importants plus elle se penche sur l'innovation puisqu'elle est capable d'absorber toutes les dépenses relatif à l'introduction d'un tel processus. De plus, Hall (1990) a montré que les banques qui augmentent leur influence tendent à réduire les dépenses en recherche et développement.

    2. Fondements théoriques de l'innovation financière

    Depuis les années 30, l'étude du concept de l'innovation financière constitue l'un des domaines de recherche les plus importants en finance. Ce domaine de recherche a été stimulé par une série d'articles et même d'ouvrages sur l'innovation financière commencée par les analyses de Shumpeter (1934), Silber (1975) et Kane(1983).

    Les analyses de Silber et Kane (1983) accordent des fondements théoriques aux innovations visant à relâcher certaines contraintes, tel est le cas de la réglementation, pour que l'activité bancaire s'améliore. Aussi, d'autres analyses comme celle de Desai et Low (1987) mettent l'accent sur le rôle de la demande qui représente une source d'innovation.

    Cependant, le processus d'innovation financière n'apparu pas par hasard mais se révèle de trois théories à savoir, la théorie de la contrainte, la théorie de la demande des caractéristiques et enfin la théorie des marchés contestables

    2.1. Théorie de la contrainte

    L'innovation financière n'est jamais spontanée, elle n'est pas le fruit du hasard, mais elle est à l'origine d'un ensemble des théories incitant son émergence. Silber (1975) est le premier qui a élaboré la théorie de la contrainte causant l'apparition des innovations. Cette théorie met l'accent sur trois types de contraintes qui sont :

    - La réglementation.

    - L'intensification de la concurrence.

    - Les risques liés à la volatilité accrue des taux d'intérêts et des taux de change.

    Ce modèle de contraintes convient à l'étude des stratégies des intermédiaires bancaires à gagner des degrés de liberté. L'innovation financière est donc le produit de toute contrainte règlementaire, Romey (2006).

    2.1.1. La règlementation

    Ce type contraint d'ordre réglementaire joue un rôle permanent dans l'essor et le développement de l'innovation financière. Il pousse les banques à développer des stratégies leur permettant de créer de nouveaux produits. Dans le cas des Etats-unis par exemple, l'écart entre les taux d'intérêt appliqués et le taux de marché a été la cause de l'explosion de l'innovation financière au début des années 1970.

    Les contraintes réglementaires ont été présentées par Gurley et Shaw (1960) qui soulignent : « Dans toute économie, la structure financière est continuellement remodelée par les efforts des agents économiques pour échapper aux contraintes déjà existantes ».6

    Du point de vue de Miller (1986) l'innovation financière est considérée comme le produit de la taxation.

    La paternité de la séquence d'action-réaction revient à Kane (1983). En effet, Kane considère que les innovations financières servent à contourner la règlementation, elles provoquent à leur

    6 Desire Elangua, « mutations financières et financement de l'économie», 2004, page 20

    tour une adaptation du champ et du contenu de règlementation. Cette séquence qui est qualifié par Kane comme « dialectique de règlementation » peut être schématisée comme suit :

    1) Réglementation Contournement par l'innovation Adaptation de la
    réglementation.

    2) Innovation Adaptation de la réglementation Contournement par
    l'innovation.

    Ce schéma met l'accent sur l'interaction entre: les agents soumises à la réglementation et les pouvoirs publics qui la mettent en oeuvre. Chacun modifie son comportement en fonction des actions anticipées de l'autre. En faite, la dérèglementation de l'industrie des services financiers est allée en s'accélérant. Les frontières qui séparent au paravent les fonctions des institutions financières ont été rompues et le terrain de la concurrence s'est modifié de façon spectaculaire.

    2.1.2. La concurrence

    La concurrence est considérée comme un stimulus de l'innovation. Les travaux de Porter (2004) indiquent qu'une forte rivalité sur le marché intérieur est un facteur clé dans l'incitation des banques à « innover de façon à accroître leur avantage concurrentiel ».

    La concurrence joue donc un rôle fondamental dans le développement d'innovation financière auxquelles les institutions financières font recours afin d'augmenter, ou au moins maintenir, leur part de marché dans la collecte des ressources. Cela engendre à la banque innovante le rôle d'un monopole pour une courte durée et stimule aussi l'investissement en recherche et développement.

    De plus, en parlant d'une concurrence élargie et multiforme, Silbert (1975) souligne : « Tous les intervenants ont modifié leur comportement et les banquiers sont soumis à une concurrence accrue, venue de l'intérieur du secteur et de plus en plus de l'extérieur ».

    Mathias et Sahut (1999) soulignent : « il s'agit de nouveaux concurrents dont l'avantage concurrentiel peut être fondé sur la possession d'un réseau, sur l'accès à un marché où à la connaissance de la clientèle. »

    Néanmoins, avec l'apparition de la banque à distance et l'adoption de l'internet comme anal de distribution des produits et services bancaires, d'autres types de concurrents ont émergé. Ces nouveaux concurrents, qui détiennent un réseau de clients et même des compétences spécifiques dans la maîtrise des informations, constituent une menace pour les banques classiques. C'est le début d'une véritable «spirale de déclin » comme la précise Dietch (1996) et qui souligne que c'est le contexte technologique et l'innovation qui ont déclenché cette « spirale de déclin » dans le secteur bancaire.

    2.1.3. Le risque

    Le risque constitue l'un des types de contraintes stimulant l'innovation financière. De nombreuses dévaluations et crises spéculatives, qui sont accompagnés par une aggravation de la variabilité des taux d'intérêts et des taux de change, ont déstabilisé le système de parité fixe connu par «Bretton Woods». Cela permet l'accélération des innovations financières qui sont considérées comme un moyen permettant de réduire le risque.

    Généralement, dans un tel environnement, les nouveaux produits visent à réduire ces types de risques. Autrement dit, un environnement ou le taux d'intérêt varie induit une demande de d'instruments financiers. Parmi les réactions à cette stimulation nous citons par exemple les comptes de dépôts et des investissements, les prêts à taux flottant et les produits dérivés. Cela permet le transfert des risques. C'est la diversification de risque

    2.2. Théorie de la demande des caractéristiques

    La théorie de la demande des caractéristiques qui est élaborée par Lancaster (1971) porte sur la volonté de répondre à une demande des consommateurs. Selon cette théorie, le client parait la principale source de l'innovation. Selon Desai et Low (1987) plus le nombre des consommateurs sera grand (existence des différentes caractéristiques), plus l'innovation sera profitable (en terme de rendement et de liquidité). En effet, les institutions financières ne peuvent pas exister si elles ne savaient pas répondre aux besoins des clients.

    De ce fait, à titre d'exemple, si la banque veut innover elle doit tout d'abord interroger ses clients et voir quelle catégorie de produits préfèrent acheter. Notamment, elle est amenée à savoir quel changement faut-il adopté à partir de leur comportement vis-à-vis des produits existants. A ce stade, Lancaster (1971) souligne : « les biens sont dotés de caractéristiques à travers lesquelles le consommateur exerce ses préférences....le consommateur a une variété

    idéale et choisit sur le marché le produit qui s'en rapproche le plus.....plus la distance entre la variété de marché qui est proposée et la variété idéale du consommateur est grande, plus le potentiel d'innovation est grand, car il existe une demande non assouvie ».

    Aussi, les clients deviennent de plus en plus exigeants. Sur les marchés des services, la demande est essentiellement une demande de renouvellement qui met le client en situation de force. En fait, le client reste toujours le seul juge.

    L'évolution rapide de la technologie à pour conséquence de raccourcir le cycle de vie de produit. De point de vue de Silber (1975), « la théorie de la demande des caractéristiques s'applique facilement aux innovations de produits, mais reste difficilement transposable aux innovations de processus »

    2.3. Théorie des marchés contestables

    Tout d'abord, un marché contestable est un marché sur lequel la concurrence supportable préserve les prix concurrentiels, même si le marché est dominé par une seule banque. Cette théorie qui a été énoncée par les économistes Baumol, Panzar et Willig en 1982, souligne qu'une banque concentrée peut être compétitive si et seulement si les barrières à l'entrée sont inexistantes. Un marché contestable est caractérisé par:

    - La libre entrée sur le marché

    - L'absence d'obstacles juridiques, technologiques et même financiers - L'absence des coûts irrécupérables à la sortie.

    - L'interdiction des prix et profits excessifs.

    Toutes ces conditions encouragent le comportement de l'innovation financière et même de la concurrence de l'entreprise en entrant sur le marché avec ; soit des nouveaux produits/ services soit améliorer les produits / services déjà existants.

    3. L'innovation financière dans les banques

    De nos jours, les innovations financières jouent un rôle crucial dans la survie des institutions financières notamment les banques.

    3.1. Importance de l'innovation financière dans le secteur bancaire

    Aujourd'hui, l'environnement bancaire est caractérisé par une concurrence de plus en plus acharnée. De ce fait, les banques sont appelées a choisir les meilleures opportunités pour protéger leur survie.

    Les innovations financières sont utilisées par les banques comme une variable stratégique d'un coté pour répondre à une demande de diversification et d'autre coté pour assurer leur pérennité sur le marché.

    Aussi, les innovations financières permettent aux banques la disparition de certaines difficultés fonctionnelles. Cela peut assurer une relation durable et stable entre les banques et leurs clients. A ce stade et selon Batiz-Lazo et Woldesenbet (2006), l'évolution des marchés des banques internes et externes ont été choisis parce que dans le dernier quart du 20 siècle ce secteur est caractérisé par:

    * Les changements de réglementation tels que le Financial Services Act (1986), le Building Society Act (1986) ont tous modifié l'intensité de la concurrence sur les marchés financiers, en permettant aux institutions financières et non financières de diversifier leurs produits et services.

    * L'évolution des technologies de l'information et des télécommunications (IT) a réduit les obstacles vis-à-vis des marchés bancaires et a contribué à atteindre une plus grande échelle. Elle a également facilité l'adoption rapide des innovations financières en rendant plus facile l'imitation.

    * Les changements dans les besoins des clients ont modifié l'intensité concurrentielle.

    * L'émergence de preuves documentées qui suggère que les banques étaient plus susceptibles d'adopter les innovations comme une réponse aux défis concurrentiels et institutionnels.

    Donc le but essentiel de toute innovation financière est d'atteindre l'équilibre financier voir même dégager des profits afin d'assurer la pérennité et le développement du secteur bancaire.

    3.2. Nature et typologie de l'innovation financière

    L'innovation financière revêt une importance cruciale dans la conjoncture économique et financière des pays en voie de développement. Cependant, des produits financiers, des

    institutions financières et même des processus apparaissent d'une façon croissante et continue. On distingue deux natures d'innovation financière selon leur importance :

    ? Innovation mineure (incrémentale) consiste en une simple amélioration technique des produits et services déjà existants.

    ? Innovation majeure (radicale) consiste à la création de nouveaux produits et /ou services.

    Différents études empiriques essayent de trouver une taxonomie adéquate de l'innovation financière. Le premier apport sur ces aspects empiriques, provient de Schumpeter (1934), qui a proposé une typologie des innovations selon les quatre variantes suivantes :

    3.2.1. L'innovation de produit

    Elle correspond à l'utilisation de nouveaux actifs ou services financiers offerts par les institutions ou encore les marchés financiers. Toutefois, l'innovation de produits peut constituer une rupture nette avec les produits existants ou un simple changement au niveau de certaines caractéristiques des produits financiers. Dans ce sens, Boissieu (1986) souligne qu'« il' y a innovation lorsque certaines caractéristiques individuelles sont changées, ou que leur combinaison sont modifiées».7 Ainsi, l'innovation de produit est une extension de la gamme des produits financiers

    Ceci entraîne une évolution des produits et/ ou services bancaires:

    - Les cartes bancaires : Carte CIBT, carte VISA, carte MASTERCARD EXCELLENCE, carte VISA GOLD....

    - La banque à domicile

    - Internet banking

    - Global SMS

    - Message SWIFT

    - Rapide EFFET

    Enfin, Simon et al. (2002) ajoutent que l'introduction de nouveaux produits/services sur le marché permet d'une part, l'amélioration de la compétitivité et d'autre part le renforcement de la rentabilité et même de la productivité des banques.

    Donc, l'innovation de produit consiste à mettre sur le marché des nouveaux produits en assurant la vulnérabilité des créateurs.

    7 Lassoued Anis, «innovation financière et développement de l'économie tunisienne», 2008, page 25

    3.2.2. L'innovation de processus

    Quant à elle, elle repose sur l'incorporation des nouvelles technologies de paiement (les cartes de paiement), les distributeurs automatiques de billets (par exemple la création d'un réseau DAB/GAB) et le développement des terminaux électroniques de paiement (TPE).

    Autrement dit, l'objectif suivi par les banques est de parvenir à une automatisation puis à une industrialisation de l'ensemble de leur processus. Cela s'applique selon deux étapes : La première consiste à introduire une technologie courante à un nouveau domaine alors que la deuxième nécessite une technologie d'information.

    D'où le passage d'une économie matérielle à une économie immatérielle (de connaissance). On prend comme exemple : la production assistée par ordinateur (P.A.O.), la vente sur internet ou la vente par correspondance. En fait plusieurs institutions financières ont recours à ce dernier type d'innovation (technologie d'information) afin de pouvoir communiquer, en toute sécurité, entre elles d'un côté, et avec le client d'autre côté. En résulte que ce type d'innovation facilite la gestion des flux d'information et de financement.

    De plus, Les innovations de processus peuvent être destinées à diminuer les coûts unitaires de production ou de livraison, à augmenter la qualité et à fournir des produits nouveaux ou sensiblement améliorés, Manuel d'Oslo de l'OCDE (2005). Fagerberg et al. (2004) soulignent que si l'introduction de nouveaux processus est communément supposé avoir une vision claire, elle va affecter positivement sur la croissance des revenus et d'emploi et ce en raison de sa réduction des coûts.

    3.2.3. L'innovation de marché

    Elle est en étroite relation de concomitance avec les deux premières. Toutefois, l'innovation de marché se définie comme l'exploitation d'un nouveau compartiment d'un marché traditionnel ou l'ouverture d'un marché nouveau. Celle-ci intervient généralement quand il ya volonté de développer la finance directe dans les pays à économie d'endettement où il y a une dominance de l'intermédiation financière. Prenant l'exemple de l'apparition d'un nouveau marché monétaire en Février 1969 (BVMT) et d'un marché monétaire en devise en Mai 1989. C'est grâce à l'innovation de marché que le passage d'une économie d'endettement à une économie de marché a été rendu possible

    Cependant, l'innovation de produits et l'innovation de marché ne sont pas sans interrelation. La question qui se pose est : est-ce que l'innovation de produits qui précède l'innovation de

    marché ou l'inverse ? En fait, la création de produit nouveau pourrait nécessiter le développement simultané d'un compartiment du marché.

    3.2.4. L'innovation organisationnelle

    Elle est relative aux modifications dans la structure des organisations, dans l'agencement des processus de production et dans la répartition des rôles entre les acteurs économiques. Prenant l'exemple de l'organisation scientifique du travail (l'OST), l'organisation du travail à flux tendus et l'invention des grands magasins (19ème siècle). Une innovation organisationnelle indique donc les stratégies de croissance des institutions financières notamment les banques ; prenant le cas de création des conglomérats financiers en grande Bretagne et aux Etats-Unis dans les années 80. Ces conglomérats financiers prennent la forme d'opérations de fusion d'acquisition, de concentration et même de centralisation.

    Autrement dit, l'innovation organisationnelle est la mise en oeuvre d'une nouvelle structure organisationnelle ou la modification des processus d'affaires au sein d'une organisation. La technologie contribue fortement à ce type d'innovation, en ce qui concerne la gestion des flux, la gestion des relations avec les clients, les fournisseurs, les investisseurs...

    En fait, la nature des innovations financières est déterminée par la confusion entre le degré de développement du marché financier et les traditions financières nationales.

    3.3. Les déterminants de l'innovation financière

    Peu d'auteurs qui ont mis l'accent sur les déterminants de l'innovation financière dans leurs travaux de recherche néanmoins nous pouvons citer Tovar (2009) et Mabrouk et Mamoghli (2010). Parmi ces déterminants on trouve :

    3.3.1. La taille

    Les recherches antérieures suggèrent que la taille de l'institution financière est un facteur important pour l'adoption de l'innovation financière et que les institutions financières de grandes tailles sont plus capable de payer leur coûts fixes liés au développement de nouvelles technologies. Un second argument en faveur de l'impact positif d'une grande taille est l'existence d'imperfections dans les états financiers du marché. En fait, la disponibilité des fonds internes est importante dans les grandes entreprises puisqu'elle permettra à financer les investissements liés à l'innovation processus, Galande et Fuente (2003). De plus, Dow (2007) examine l'influence de la taille sur la décision de l'adoption de l'Internet et le PC par les caisses bancaires. Il constate que les grandes entreprises ont plus facilement accès au financement extérieur.

    En outre, l'étude de la Buzzacchi et Al. (1995) confirme l'effet positif de la taille sur la distribution des nouvelles technologies telles que l'ATM (Automatic Teller Machine).

    Mesure de la taille : elle est notée SIZE et mesurée par le logarithme de la moyenne du total des actifs de la banque.

    Ceci nous permet d'énoncer la première hypothèse :

    H1 : La taille a un effet positif sur la performance des banques

    3.3.2. Les ressources financières

    Elles jouent un rôle primordial puisqu'elles permettent à l'entreprise non seulement de fournir les entrants nécessaires à l'innovation mais aussi d'absorber les coûts de l'innovation ainsi que les pertes résultant des possibles échecs et de réaliser des projets novateurs, Telsaz et al. (2003). Selon les différents travaux de recherche il s'avère que la banque qui utilise des ressources financières très importantes est plus susceptible d'adopter des innovations financière que ce soit en termes de produits ou même en termes de processus.

    Mesure des ressources financières : elle est noté RF (Ressources Financières) et mesurée par la moyenne des profits nets.

    Ceci nous permet d'énoncer la deuxième hypothèse :

    H2 : Les ressources financières affecte positivement la performance des banques

    3.3.3. La diversification

    La plupart des auteurs ont montré l'existence d'une relation négative entre l'innovation financière et le niveau de diversification. Boot et Thakor (1997) constatent que, dans une banque universelle, l'innovation financière est inférieure à celles d'un système financier où les banques commerciales et les investissements sont fonctionnellement séparés. Ils en déduisent que la tendance naturelle d'une banque universelle est moins innovante.

    Le modèle de Kanatas (2003) est basé sur le fait que ce sont les importances de l'économie (faible coût d'information, des économies d'échelle et même la gamme des produits offerts sur le marché) qui motivent l'intégration bancaire dans ses activités que ce soit le crédit ou l'émission, ce qui entraîne la réduction de l'innovation dans l'industrie où il ya intégration des services financiers.

    En outre, la littérature a suggéré que les entreprises diversifiées souffrent de coûts d'agence graves liées à l'investissement aux innovations financières, ce qui décourage les gestionnaires à s'impliquer dans le processus d'innovation, Denis et Al (1997).

    Mesure de la diversification : elle est notée Div (Diversification) et mesurée par la moyenne

    de D.

    Note :

    D = (1-I2X - 1I)

    Avec : X = revenus (sauf les revenus qui proviennent des intérêts) / revenu net

    d'exploitation

    Ceci nous permet d'énoncer la troisième hypothèse :

    H3 : La diversification améliore la performance des banques

    3.3.4. La concurrence

    Pour déterminer le niveau de la concurrence sur le marché on utilise les indices de concentration à savoir l'indice Herfindahl-Hirshman. Ce dernier permet d'évaluer le degré de concurrence sur un marché à partir de la part de marché de chaque banque.

    L'indice de Herfindahl-Hirshman se calcule à partir la part de marché. Il est défini comme étant la somme des carrées de la part de chaque entreprise dans un marché particulier. Plusieurs travaux de recherche montrent une relation positive entre la concurrence et l'innovation, voir Porter (1990), Klundert et Smulders, (1997) et enfin Boone et Van Dijk (1998). Selon Schumpeter (1950) une forte rivalité sur le marché encourage les banques à innover afin d'accroître leur avantage concurrentiel. Dans une étude sur le secteur bancaire de 11 pays d'Amérique latine, Yildirim et Philippatos (2007) indiquent qu'une rivalité sur le marché pousse les banques de se livrer à une différenciation de leurs produits offerts et permet à la stimulation de l'innovation financière.

    Où Sj est la part de marché de l'entreprise, j et n est le nombre d'entreprises. Selon la formule définie ci-dessus, le IHH varie entre (1/n) et 1 avec n le nombre d'entreprises sur le marché. Plus l'IHH d'un secteur est fort, plus la concurrence est concentrée. Les travaux théoriques et empiriques qui utilisent la concurrence comme mesure de l'innovation financière sont multiples notant par exemple Frame et White (2004).

    Ceci nous permet d'énoncer la quatrième hypothèse :

    H4 : La concurrence a un effet positif sur la performance des banques

    3.3.5. La participation étrangère

    Plusieurs auteurs considèrent que la participation étrangère a un effet positif sur l'innovation en raison des sources supplémentaires à ceux de l'entreprise nationale qui peuvent utiliser les parties étrangères, Lofts et Loundes (2000) et Love et al. (1996).

    Yildirim et Philippatos (2007) constatent qu'un haut niveau de participation étrangère dans le capital des banques est associée à un niveau élevé de compétitivité, ce qui permet à l'amélioration de la qualité et la différenciation des produits offerts et stimule l'innovation financière par l'introduction des compétences, des techniques de gestion et même des technologies modernes.

    Mesure de la participation étrangère : elle est noté PE (Participation Etrangère) et mesurée par la moyenne de la participation étrangère.

    Ceci nous permet d'énoncer la cinquième hypothèse :

    H5: La participation étrangère améliore la performance des banques

    3.3.6. La participation publique

    L'un des objectifs de la privatisation d'opérations bancaires est de favoriser la concurrence et l'innovation financière. L'évaluation prouve que l'augmentation de la participation publique décourage l'adoption de l'innovation que ce soit en termes de produit ou même en termes de processus appartenant à l'activité non traditionnelle (de manière significative à 5%).

    En outre, dans leur étude empirique Mabrouk et Mamoghli (2010) expliquent la non-significativité des capitaux publics sur l'adoption des services monétiques par le fait que pendant les dernières années l'Etat Tunisien a suivi un programme étendu de mise à niveau du système monétique qui est conduit par la banque centrale. En fait, une présence importante de l'Etat stimule la banque à financer ses projets qui sont risqués ou peu lucratifs.

    Généralement, la participation publique favorise l'imitation des innovations de processus (appliquant les systèmes électroniques de paiements à 1%). En fait, ces dernières années la Tunisie a connu une importante initiative visant à moderniser les Systèmes de paiements électroniques. Dans ce cas, les résultats prouvent qu'une participation publique élevée stimule l'introduction du système électronique de compensation imposé par la banque centrale (au niveau significatif de 1%).

    Mesure de la participation publique : elle est notée PP (Participation Publique) et mesurée par la moyenne de la participation publique.

    Ceci nous permet d'énoncer la sixième hypothèse :

    H6 : La participation publique n'est pas significative en termes de performance des banques

    4. L'innovation financière en Tunisie : contexte de secteur bancaire

    Un tel nouveau système financier qualifié de « nouvelle ère » traduit de multiples transformations technologiques et économiques. L'importance donnée à ces mutations dépend de leurs incidences directes et indirectes sur la totalité de l'économie et particulièrement pour le secteur bancaire tunisien qui se trouve au centre de ces changements. Ces changements se résument au phénomène de la globalisation.

    Cette dernière résulte de la révolution technologique, l'ouverture des frontières ainsi que la dérèglementation.

    Actuellement, le système bancaire vit une concurrence accrue et interne en matière de recherche des ressources. La globalisation a fait exploser le monopole des banques et a laissé la porte ouverte à des nouveaux intervenants qui ont développé une activité en marge de leur activité principale. Ainsi pour s'adapter au nouvel environnement, ces banques doivent intégrés les nouvelles technologies de moyens de paiements dans leur processus de travail. Ainsi, le minitel, l'internet, la monétique, le porte monnaie électronique....sont venus enrichir le secteur bancaire et permettre d'automatiser les transactions avec leurs clients.

    C'est pourquoi, il convient à ce niveau d'étudier l'évolution du système bancaire tunisien.

    4.1. L'évolution du système bancaire tunisien

    L'innovation financière dans le secteur bancaire tunisien a été retardée par rapport à plusieurs pays, voir la Turquie, et ce à cause du processus de libéralisation qui a été réalisé de manière partielle. En fait, toute initiative des institutions financières requiert l'approbation de la politique monétaire. D'où la prédominance de l'innovation publique grâce à l'influence du système législatif et réglementaire sur l'adoption de nouveaux produits financiers en Tunisie. En effet, Le système bancaire Tunisien a connu deux phases d'évolution financière : la première commence après l'indépendance alors que la deuxième s'avère suite à la ratification de la loi de la libéralisation en 1987 (date de libéralisation financière).

    4.1.1. Avant 1990

    Pendant de nombreuses années, le système bancaire tunisien a connu une gestion administrative couverte par des systèmes de protection ce qui a influencé négativement sur les banques. En faite ces derniers subissaient de nombreuses contraintes. Avant 1987, il apparaissait comme un système basé sur une économie d'endettement. Il y avait aussi le problème de cloisonnement ainsi que l'absence de la concurrence. Malgré le nombre élevé d'institutions financières qui constituent le système bancaire tunisien, la concurrence est quasiment absente.

    Ce système reste caractérisé par la prédominance de la banque centrale. L'autorité de cette dernière s'explique par certaines raisons :

    - La règlementation qui régit les activités du secteur.

    - La situation financière des banques et l'insuffisance de leurs ressources propres les

    obligent de s'assurer un refinancement auprès de la banque centrale tunisienne.

    - La prédominance au sein du secteur bancaire des compartiments mixtes où l'Etat détient un véritable contrôle.

    Avec l'existence des opérations financières importantes (à savoir la fixation des taux d'intérêts, les règles de concurrence...) qui ne peuvent être exécutées que par la banque centrale, les banques tunisiennes sont obligées de rester sous la houlette de cette dernière. En effet, tout était défini par la BCT. Jusqu'en 1987 le système bancaire tunisien a évolué dans un contexte réglementaire rigide.

    «BREF, TOUT EST SOUS LE CONTROLE DE L'ETAT».

    4.1.2. Après 1990 (date de mise en place de la monnaie élèctronique)

    A partir des années 1986-1987 et suite au processus de la libéralisation financière qui a été initiée dans le cadre d'un Plan d'Ajustement Structurel (PAS)8 élaboré par le Fonds Monétaire

    8 Le P.A.S.: Plan d'ajustement structurel est un programme de réformes économiques que le Fonds monétaire international (FMI) ou la Banque mondiale mettent en place pour permettre aux pays touchés par de grandes difficultés économiques de sortir de leur crise économique. Il s'agit d'un ensemble de dispositions dont certaines agissent sur la conjoncture et d'autres sur les structures et qui résultent d'une négociation entre un pays endetté et le Fonds monétaire international (FMI) pour modifier le fonctionnement économique du pays (le FMI conditionnant son aide à la mise en place de réformes qu'il considère pérennes).

    International (FMI), le système financier tunisien semble régénérer une période nouvelle empreinte de dynamique, de propension à l'innovation financière et à l'amélioration du produit financier.

    C'est-à-dire il a subi des profondes mutations qui ont touchés toutes ses institutions. Ces mutations ont été basées sur plusieurs processus. Parmi ces processus on trouve l'innovation financière qui, avec l'exigence de la clientèle d'aujourd'hui et l'apparition des nouveaux produits, est devenue une matière première pour la réalisation des objectifs.

    Depuis lors, ces mesures de libéralisation financière entreprises par le gouvernement tunisien incitent les différents établissements financiers à s'intégrer dans un contexte de mondialisation. Ceci permet aux banques tunisiennes de prendre l'initiative de mettre en place les innovations financières (des produits bancaires et des nouveaux canaux de distribution) par le biais de la technologie. En 1990, la Tunisie a mis en place un programme global qui vise la modernisation du secteur bancaire et ceci à travers la création de la Société Monétique Tunisie (SMT). Cette dernière à promu le développement de l'utilisation de la carte de paiement.

    De plus, le système bancaire tunisien a connu une croissance remarquable durant les dernières années suite à la mise en place d'un système de télé compensation bancaire afin d'améliorer la qualité des services bancaires et surtout l'attraction de nouvelle clientèle.

    De ce fait, l'intermédiation bancaire dans les pays émergents occupe une place importante au sein du système financier et les banques jouent un rôle central dans l'allocation des ressources disponibles. En d'autre terme, les performances économiques des pays émergents sont de plus en plus conditionnées par l'efficacité de leurs systèmes bancaires.

    Alors que, le système bancaire tunisien n'échappe pas à ce constat. Ainsi, le système financier tunisien dont, les défaillances ont été observées au milieu des années quatre-vingt a subi de nombreuses mutations traduites par une émergence de nouveaux établissements financiers, un essor remarquable de la micro-finance, un passage de l'illiquidité à la surliquidité des banques et l'adoption des réformes financières. Les mutations du système financier tunisien ont été initiées par le pouvoir public avec l'appui des institutions financières internationales, le FMI (Fonds monétaire international), la Banque Mondiale qui ont mis en place un ensemble de

    mesures sur le plan financier, monétaire et juridico institutionnel en vue de rétablir l'équilibre financier des banques et permettre une meilleure allocation des ressources à l'économie.

    Dans un contexte caractérisé par l'internationalisation des économies et par une intensification de la concurrence, il devient nécessaire au système bancaire tunisien de renforcer sa compétitivité et ce à travers deux phénomène : le phénomène de la globalisation et le phénomène de 3D (déréglementation/ désintermédiation/ décloisonnement).

    La globalisation financière

    Durant les dernières années, l'économie mondiale a connu un ensemble d'évolution dans tous les domaines plus particulièrement dans le domaine financier. C'est le processus de la globalisation. Ce dernier est un concept associé à la mutation financière, Romey (2006) souligne : « la globalisation apparaît comme le facteur commun à l'ensemble des transformations qui ont affecté le fonctionnement des systèmes financiers ».

    Le contexte de la globalisation est caractérisée par :

    - La concurrence s'exerce de main en main sur le territoire national.

    - L'intensité de la concurrence étrangère qui porte sur la qualité et la nouveauté de produit. En fait, une grande vague de concurrents est toujours en état de veille menaçant ainsi la survie de l'entreprise.

    - La forte croissance de la demande : si la croissance s'intensifie, c'est que le client fait retour en force sous l'influence et l'évolution des innovations. Donc on assiste à une diversification de la demande.

    Depuis les années 80, on se courir à ce qu'on appelle le "big bang financier"9 qui permet l'explosion des marchés financiers. Comme tous les gouvernements des pays développés qui

    9 Big Bang Financier : apparu en 1980 avec l'arrivée des changes flottants et le moindre souci de tenir son taux de change, les états relâchent largement leur emprise sur les banques. Un vaste mouvement de dérèglementation du secteur bancaire voit le jour. Les distinctions impératives entre banques de dépôts et banque d'affaires sont supprimées. La banque et l'assurance peuvent se mêler. Les banques peuvent devenir agent de change. Le concept de banque universelle tend à s'imposer en même temps que des concentrations ont lieu. Les pratiques financières changent également. Les changes flottants offrent la possibilité pour les banques de couvrir les risques de changes.

    essayent tout le temps d'élaborer une politique conforme aux révolutions financières, l'Etat tunisien aide à bâtir un réseau financier sain. Pour cela, il a mis en oeuvre durant toutes ces dernières années une stratégie basée sur la libéralisation économique et financière dans le but de pousser les établissements de crédit notamment les banques à mettre en place l'innovation financière. Surtout que les deux dernières décennies témoignent du rôle croissant que joue l'innovation financière dans le développement et même la survie des banques.

    Donc, l'unification de la finance à l'échelle mondiale nécessite, outre que le processus de la globalisation, l'invocation de la règle des trois « D » qui définit les caractéristiques de cette évolution à savoir le décloisonnement, la déréglementation et la désintermédiation.

    Règle de 3D

    Actuellement, personne ne peut nier que la monté des marchés financiers internationaux et l'intégration financières sont intimement liés. On assiste alors à une intensification croissante des flux de capitaux et aussi à l'ouverture des économies. En d'autres termes, la finance globale devient la réalité première. Il convient donc d'évoquer la règle de trois « D », Romey (2006).

    - La dérèglementation financière: Les crises bancaires et financières des années 30 avaient conduit à une vague dérèglementation destinée à stabiliser les systèmes financiers. Malgré que cette règlementation ait réussi à atteindre la stabilité des systèmes financiers, elle est apparue à la fin des années 60 comme une source de rigidité. Ce phénomène est né aux Etats Unis, pour ensuite gagner à des degrés divers les autres marchés. La dérèglementation consiste à éliminer les restrictions qu'empêche la libre circulation des capitaux à l'échelle internationale. Elle relève d'un double optique ; Une optique libérale qui consiste à rendre aux marchés les rôles régulateurs et une optique pragmatique consistant à la mise en place d'un cadre règlementaire plus souple et mieux adapté. Cette dernière permet la création de multiples organismes à savoir la création du MATIF (Marché à Terme des Instruments Financiers) qui développe les produits dérivés. Cet effet s'observe dans de nombreux pays en voie de développement, à savoir la Tunisie, qui ont libéralisé leur marché pour attirer les investissements étrangers.

    - Le décloisonnement des marchés: Ce phénomène a été développé par la dérèglementation financière. Il consiste à enlever les barrières entre les différents marchés. Romey (2006) définit ce phénomène comme la disparition des frontières entre les différentes établissements financiers, ainsi que la disparition des dispositions qui entravent l'activité financière, tant au plan international qu'au plan national. Au niveau international, ce développement consiste à la liberté accrue de circulation des capitaux qui a été développé par la remise en cause des contrôles de changes. Tandis qu'au niveau national, elle s'est traduite à la fois par l'extension géographique, l'élargissement de l'activité bancaire et enfin par un abandon des fixations par les autorités monétaires des taux des rémunérations sur les opérations financières.

    - La désintermédiation financière: le passage de la finance indirecte à la finance directe. Cette distinction entre la finance directe et la finance indirecte est due aux fondateurs de la théorie d`intermédiation financière qui sont Gurley et Shaw (1974). Ils ont adoptés deux visions qui mettent en évidence le choix entre la technique de distribution (recours au marché financier) et la technique d'intermédiation (recours aux banques). Romey (2006) stipule que la désintermédiation financière est la conséquence directe de la logique de la dérèglementation et du décloisonnement des marchés. Elle signifie le recours direct des opérateurs internationaux, pour combler leurs besoins de financement ou pour placer leurs excédents, sans passer par des intermédiaires financiers et bancaires. La désintermédiation consacre essentiellement le développement de la finance directe qui s'effectue par le marché au détriment de la finance indirecte qui s'effectue par le biais des crédits bancaires. Généralement, ce phénomène est étroitement lié à la notion de titrisation : »qui consiste à placer des effets à court terme renouvelable, et qui donne à l'emprunteur l'assurance d'un financement à long terme, avec, le plus souvent, l'engagement par la banque de rependre elle-même ce papier si elle ne trouve pas acquérir sur le marché ». En fait, En France, par exemple, la titrisation est organisée sur la base indirecte à partir d'un fond commun de créances (FCC) dont le rôle principale est d'acquérir des créances (cédés par une banque contre une liquidité) pour émettre des parts représentatives qui font l'objet d'un placement.

    A travers le phénomène de (3D) le système bancaire tunisien essaye de faire face aux mutations de la libéralisation et de la globalisation financière. Cette stratégie a pour effet l'augmentation de la concurrence entre les établissements financiers. C'est pourquoi le rôle de la réforme financière en Tunisie réside dans la création d'un espace financier homogène dans lequel l'argent circule librement et sans aucune difficulté.

    4.2. Différents produits et processus d'innovation financière sur le marché interbancaire tunisien

    Tout d'abord, dans notre étude on doit s'intéresser aux banques de dépôts. Ce choix des banques de dépôts est intéressant en raison de la réglementation ce qui exige un certain degré d'uniformité de la part des banques en matière de rendement. En outre, la récente déréglementation dans le secteur bancaire tunisien abouti à une concurrence accrue, augmentant ainsi la motivation des banques à utiliser les nouvelles technologies dans leur processus de production et de distribution et de diversifier la gamme de produits et services offerts dans le but d'obtenir un avantage compétitif certain.

    En outre, nous avons choisi de se concentrer sur ce type de banques pour plusieurs raisons. Premièrement, les banques de dépôt anciennes ont montré un comportement remarquable d'innovation afin de se doter d'avantages concurrentiels par rapport aux autres banques locales et étrangères. Deuxièmement, les banques de dépôts sont les premières banques qui font recours à une large catégorie de clients et des opérateurs et effectuent plusieurs fonctions à la fois: la collecte des dépôts, la distribution des crédits, les opérations de change et les opérations sur titres. L'actionnariat privé et étranger est encouragé par l'Etat Tunisien dans le cadre de processus de privatisation. En faite durant ces dernières années, on observe que le nombre de banques privées a dépassé le nombre des banques publiques.

    Tableau 1: Liste des innovations de produits et processus

    Les innovations de produits

    Les innovations de processus

    * L'activité d'intermédiation traditionnelle:

    *Services de paiement électronique :

    - Crédit-bail

    - Crédit express

    - Prêt auto

    - Flexible prêt hypothécaire à taux d'intérêt

    - Ligne de crédit (jusqu'à 3 fois la somme

    de l'épargne)

    - Plan d'épargne pour enfants

    - Compte de placement

    - Les dépôts en devises

    * L'activité d'intermédiation non

    - Carte à bande magnétique (débit)

    - Carte à bande magnétique (débit et carte

    de guichet automatique)

    - Carte à bande magnétique (ATM et

    carte de crédit)

    - Distributeur automatique des billets

    - Guichet automatique

    - Terminal de paiement électronique

    *Système d'évaluation des risques

    *Système de compensation électronique

    traditionnelle:

    (chèques, virements, retraits)

    - Certificats de dépôt

    - Société d'investissement obligataire

    ouvert

    - Transfert de fonds

    - Couverture à terme

    - Phone banking (serveur vocal)

    - Télécopieur bancaires

    - Sms bancaires

    - Net bancaire (l'accès au compte et la

    consultation des opérations sur le compte)

    - Carte à bande magnétique (carte d'affaires

    avec des privilèges).

    Source : Sites web des

    banques10

    10 Les informations figurant dans le tableau proviennent des sites web des banques tunisiennes et même de l'article de Mabrouk Abir et Mamoghli Chokri, « dynamic of financial innovation and performance of banking firms: context of an emerging banking industry », 2010, p17-35

    Ce tableau illustre la dynamique d'innovation dans le secteur bancaire tunisien. Nous utilisons le terme innovation pour faire référence à un produit ou un procédé nouveau introduit pour la première fois dans le secteur bancaire Tunisien.

    Il y avait un léger désaccord entre les experts concernant la classification des processus d'innovations. Ce désaccord concerne les quatre cartes magnétiques ainsi que les produits télématiques (téléphone bancaire, fax, l'internet bancaire). Ils ont finalement été identifiés par plusieurs experts comme étant à la fois produit et processus d'innovation.

    Enfin, ces experts ont décidé de classer ces cartes en tant que des processus d'innovation, sauf pour la carte VISA qui a était considérée comme une innovation de produit.

    Pour l'internet bancaire (l'accès au compte et la consultation des opérations financières) ont été développés qu'en 2006 dans les banques tunisiennes.

    En outre, afin d'élargir leurs réseaux bancaires électroniques, les banques tunisiennes ont élargi les modes de paiement électronique (TPE), les guichets automatiques ATM (Automatic Teller Machine) et même les distributeurs automatiques (Automatic Cash Dispenser). Ces derniers peuvent être utilisés pour retirer de l'argent en utilisant une carte bancaire et même offrir des services complémentaires tels que la visualisation de transfert et la consultation de compte.

    Conclusion

    Créer des nouveaux produits ou mettre en place des nouveaux processus permet de garantir la croissance et la compétitivité de la banque. Ainsi, toute banque qui refuserait cette « fuite vers l'innovation » verrait rapidement ses produits devenir obsolètes et inutilisables, ses procédures devenir lentes et moins performantes. Cette définition montre bien l'importance de l'innovation financière. Pour mieux comprendre ce concept on lui a consacrée quatre sections en essayant de proposer une réponse espérant qu'elle soit utile à la question : Qu'est ce que l'innovation financière ?

    Dans un premier temps, nous avons étudié l'innovation financière en général. Nous avons définit dans un premier lieu l'innovation financière, ensuite nous avons présenté son rôle crucial dans l'économie en indiquant les différents facteurs (internes ou externes) influençant l'innovation financière.

    Dans la deuxième section, nous avons présenté les fondements théoriques de l'innovation financière.

    Pour la troisième section, nous avons présenté l'importance de l'innovation financière dans le secteur bancaire ainsi que ses différents types tout en se concentrant sur ses déterminants. En effet, il n'y pas une taxonomie bien précise des innovations financières à cause du caractère complexe de ce processus.

    En outre, en passant à la dernière section on a essayé de présenter l'expérience Tunisienne en matière d'innovation financière. En effet, la Tunisie a procédé à une révision radicale au sein des marchés de capitaux par l'introduction de plusieurs réformes et ceci dans le but de renforcer les entreprises vers le financement direct, la concurrence ainsi que la diversification des instruments financiers.

    Dans le cadre de cette théorie de l'innovation financière, et suivant l'évolution et les mutations financières et pour être au niveau de la concurrence aussi bien interne qu'externe, les banques tunisiennes ont essayé de diversifier leurs produits/ et services afin d'améliorer leur performance.

    Donc comment peut-on présenter le concept de performance bancaire?

    Chapitre 2 : La performance bancaire

    Depuis les années 80, la performance bancaire est devenue au coeur des discussions et des débats afin de contrôler l'activité au sein des institutions financières notamment les banques. Ces discussions ont pour objectif l'identification des paramètres permettant d'expliquer la performance bancaire, de clarifier sa notion et de préciser les outils de sa mesure. En effet, la performance bancaire englobe différents concepts à savoir, l'éfficacité, l'efficience, la pertinence.... L'un des problèmes majeurs du concept de la performance bancaire pourrait être l'ascendance des sciences de gestion.

    Généralement, on peut définir la performance ou l'efficacité comme la capacité de l'entreprise à réaliser ses objectifs. Néanmoins, ce concept suscite deux catégories d'interrogations interdépendantes : qu'est ce que la performance et comment peut-on la mesurer?

    Ce chapitre est organisé comme suit : La section 1 présentera le concept de performance bancaire ainsi que ses dimensions. La section 2 traitera les différents outils de mesure de performance. Enfin, la section 3 analysera la relation qui existe entre l'innovation financière et la performance bancaire.

    1. Aperçu sur le concept de la performance bancaire

    Le concept de performance bancaire est devenu un thème de recherche important. Il est largement généralisé dans la littérature managériale, mais il existe seulement une connaissance peu développée de ce qui constitue vraiment ce concept.

    Néanmoins, les banques se trouvent désormais contraintes d'améliorer leur productivité et leur efficience en adoptant plusieurs stratégies et en se focalisant entre autres sur l'amélioration de leur performance bancaire. Il s'agit, en effet, pour elles, de faire face à une concurrence de plus en plus acharnée, or, la viabilité à long terme de ce secteur dépend de son degré d'efficience. Selon Villarmois (2001), avant d'aborder le problème de la mesure, il est nécessaire de préciser ce que recouvre la notion de performance. Le problème de définition de ce concept est à l'origine des difficultés de son évaluation. Nous consacrerons, donc, la suivante sous section à l'éclaircissement de la notion de performance bancaire.

    1.1. Définition

    Il existe une multitude définitions pour ce concept, ces définitions varient selon le domaine traité. La performance constitue le but final recherché par les institutions bancaires.

    D'après Khemakhem (1976), la performance est un mot de racine latin mais se sont les anglo-saxons qui ont donné les termes les plus proches de la performance et qui sont :

    - « to perform » en anglais signifie : accomplir une tâche avec régularité, méthode et application, la mener à son accomplissement d'une manière convenable. Plus particulièrement, c'est donner un effet à une obligation, réaliser une promesse, exécuter les clauses d'un contrat.

    - « performance » en Latin signifie : donner entièrement forme à quelque chose. Prenons le cas de la performance du personnel d'une organisation qui consiste à donner forme et réalité au système de normes planifié par les dirigeants.

    Porter (1987) définit le concept de la performance comme « un triangle de contrôle de gestion».

    Figure 1 : Triangle de contrôle de gestion de Porter

    - La pertinence : elle certifie de la convenance des objectifs fixés aux contextes.

    - L'efficience : elle signifie bien faire et faire sans perte, peu importe ce qu'il fait. C'est le côté « plus, mieux, plus vite, moins cher » de la performance. Autrement dit, c`est la capacité de réaliser un profit avec le minimum des ressources.

    - L'efficacité : elle est définie par le petit Larousse comme étant la capacité à atteindre ses buts. On pourrait dans ce sens parler d'une efficacité/résultats.

    La définition d'une banque performante ne se limite pas à l'analyse de sa rentabilité financière. Dans cette perspective, Marmuse (1997) définie la performance en tant qu'un: « revêt des aspects multiples, sans doute convergents, mais qui méritent d'être abordés dans une logique plus globale que la seule appréciation de la rentabilité pour l'entreprise ou pour l'actionnaire».'' Il explique, en effet, que la performance doit être vue sous 3 angles majeurs : la stratégie globale de l'entreprise, la structure organisationnelle et enfin la rentabilité financière.

    Par ailleurs, Bourguignon (2000) définit la performance « comme la réalisation des objectifs organisationnels, quelles que soient la nature et la variété de ces objectifs. Cette réalisation peut se comprendre au sens strict (résultat, aboutissement) ou au sens large du processus qui mène au résultat (action)....»'2

    Chatti (2010) affirme que dans le domaine financier, la performance d'une banque est définie comme le taux de rendement qu'elle réalise.

    Dans le domaine de la gestion, la performance est définie comme le résultat de l'ensemble des efforts d'une entreprise. Ces efforts consistent à faire les bonnes pratiques, de la meilleure façon, au bon moment, au moindre coût, afin de produire les bons résultats répondant aux besoins des clients.

    Economiquement, les institutions financières viables sont celles qui génèrent de la valeur au profit de leurs actionnaires. C'est-à-dire, la performance tient compte de la rentabilité financière des actionnaires.

    Enfin, en ce qui concerne la performance commerciale des banques, celle-ci peut être appréciée par l'un des éléments suivants :

    ? La part de marché

    ? La satisfaction des clients

    ? L'engagement de nouveaux clients

    Au regard de ces différentes définitions, nous pouvons affirmer qu'elles s'accordent sur plusieurs points, essentiellement parce qu'elles montrent que la performance est associée à l'efficacité et à l'efficience.

    11 Valérie Bocque, «Evaluation et contrôle de la performance», 2002, page 7. 12Yves, « mesure de la performance globale »,1980, page 7

    1.2. Distinction efficacité/ efficience

    Aujourd'hui, l'efficience est présentée comme un élément de performance des institutions financières mettant en rapport un résultat obtenu avec les moyens mis en oeuvre. C'est la maximisation des résultats et/ou la minimisation des moyens ; c'est une rentabilité. Pour Mintezberg (1990), l'efficience est « une efficience démontrée, une efficience prouvée et surtout une efficience calculée ». Autrement dit, une institution financière est efficiente si elle utilise au mieux ses moyens. C'est la capacité à transformer des inputs en outputs selon une stratégie donnée. Ce qui permet d'apprécier les performances et de développer d'une entité et de la situer par rapport à ses concurrentes. Par ailleurs, la théorie de l'efficience-X, qui est élaborée par Leibenstein (1996), est fondée sur l'examen des institutions financières utilisant leurs ressources à un niveau sous optimal.

    Dans la littérature l'efficacité reste une notion liée étroitement au résultat annoncé. Généralement, l'efficacité d'une entreprise se mesure par rapport aux objectifs fixés. En fait, les chercheurs mesurent l'efficacité des banques de manières différentes et ce parce que l'efficacité est définie par des critères conformes à la représentation que font les théoriciens et les praticiens. Elle implique une évaluation des activités, des résultats, des produits offerts et même des effets de l'organisation sur son environnement.

    Efficacité et rentabilité vont généralement en similaire mais pas toujours. Ainsi une banque peut être efficiente et efficace, ou encore ni efficiente ni efficace, Ostroff et Schmitt (1993). L'efficacité est le rapport entre les résultats obtenus et les objectifs fixés. Elle est définie comme la capacité de l'entreprise à réaliser ses objectifs. Quant à l'efficience, elle représente le rapport entre les moyens et les résultats obtenus. Autrement dit, l'efficience se réfère au ratio output / input.

    En définitive, la notion de performance apparaît comme une notion plus complète que l'efficacité et l'efficience, car elle signifie aussi un dépassement. C'est une mesure du succès perçu par le public : donc elle englobe l'efficacité et l'efficience.

    1.3. Les indicateurs de performance

    Un KPI (key performance indicator), indicateur de performance est un concept permettant de présenter une information synthétique et visuelle sur la situation d'une banque, d'un secteur, d'un marché,...

    Autrement dit, un indicateur de performance est un ensemble de mesures orientées sur un aspect décisionnel de la performance globale de la banque.

    Figure 2 : Les indicateurs de performance

    Un indicateur de performance a pour but d'assurer le pilotage d'une activité. Il entraîne toujours une décision, Alain (2011).

    Nous pouvons aussi nous référer à Chatti (2010) qui considère que la performance d'une

    banque peut être jugée par l'intermédiaire de deux types d'indicateurs :

    - Indicateurs sur les ressources (la capacité financière de la banque)

    ? Dépenses du personnel

    ? Dépenses d'une filiale

    - Indicateurs sur les services (l'action et le succès)

    ? Volume des dépôts

    ? Nombre de clients

    1.4. Dimensions de la performance

    Les travaux de recherche qui traitent ce concept concluent à une représentation multicritères de cette notion. La performance a été un concept unidimensionnel mesuré par un seul indicateur (le profit) et ce en raison de la focalisation des gestionnaires sur les problèmes internes à l'institution financière.

    A la lumière de cadre historique, on remarque que le concept de la performance ne remplit qu'un seul rôle : la maximisation des profits pour les actionnaires. De plus, la banque qui présente un lieu de rencontre des motivations divergentes des acteurs qui participent à son développement. De ce fait, la performance est devenue un concept multidimensionnel et tous les acteurs n'ont pas la même perception de la performance.

    Selon les travaux de Villarmois (2001), le concept de performance se décompose en deux visions. La première vision est relative aux attentes des parties décisionnaires (actionnaires), c'est la pérennité de l'entreprise. La deuxième vision, quant à elle, est relative aux attentes des parties non décisionnaires (environnement). Chacune de ces visions contient deux dimensions de performance.

    Dans le même sens, Amblard (2007) souligne : « le concept de performance est cependant loin d'être unidimensionnel ; il existe autant d'approche de la performance que de parties prenantes : performance économique, technique, environnementale... Chacun la construit en fonction des objectifs qu'il assigne à l'organisation ».13

    Selon Gadioux (2010), la performance est un concept à deux dimensions, la première est la performance financière alors que la deuxième est la performance sociétale. Cette dernière englobe la performance économique, la performance environnementale et la performance sociale.

    Figure 3 : Modèle de performance des banques14

    13 Amblard M. (2007), « Performance financière : vers une relecture critique du résultat comptable », page 1

    14 Gadioux, S. (2010), « relation entre la performance sociétale et la performance financière des organisations, page 6

    Légende : «+ » = lien positif ; « / » = lien neutre ; «-» = lien négatif ; «?» = lien non prédéfini

    La figure ci-dessus présente les interactions entre la performance sociétale et la performance financière dans le contexte du secteur bancaire, Gadioux (2010).

    1.4.1. La performance d'un point de vue stratégique : la pérennité de l'entreprise

    a- La performance économique

    La performance économique est la création de valeur ajoutée par l'entreprise. Celle-ci contribue à l'amélioration de la rentabilité. Elle se calcule en comparant le résultat de l'institution financière à la valeur des moyens mise en oeuvre pour l'obtenir. Par ailleurs, elle réside dans la survie de l'entreprise et sa capacité à atteindre les objectifs fixés.

    En fait, la compréhension de la performance économique peut aussi provenir d'une analyse éclairée du compte du résultat, Marmuse (1997). En effet, le bénéfice net/ la perte nette représente finalement une mesure de la rentabilité de l'entreprise qui permet aux actionnaires et aux analystes financiers d'apprécier la performance d'une firme.

    b- La performance financière

    La performance financière est liée à la performance économique, elle en représente la dimension la plus importante. En effet, elle désigne l'autosuffisance financière et la réalisation d'une rentabilité maximisant l'efficacité de l'entreprise. Autrement dit, la performance financière mesure la rentabilité et reflète aussi bien la marge de profit. D'ailleurs, le rôle de cette dimension trouve son écho dans la prise des décisions financières.

    En fait, l'enjeu principal de ce travail est d'étudier la performance financière et de montrer son importance dans le secteur interbancaire.

    1.4.2. L'intégration de l'entreprise dans son environnement : vers une performance globale

    a- La performance sociale

    La performance sociale est basée essentiellement sur la relation entre la banque et ses clients. C'est grâce à la fidélité des clients que la performance sociale peut présenter des avantages en améliorant les résultats de la banque. Dans cette même perspective, Woller (2004) affirme : « la performance sociale assurera à terme un rendement financier important ».15

    15 « Au-delà des bonnes intentions : évaluation de la performance sociale des institutions de micro finance », page 2.

    Aussi, la performance sociale est la traduction effective dans la pratique des objectifs sociaux d'une institution; ces objectifs sont notamment l'amélioration de la qualité et l'adéquation des services financiers, de garantir la responsabilité sociale envers les clients. Elle exprime « le rapport entre l'effort social et global d'une organisation et l'attitude des salariés qu'elle emploie ».16

    En nous basant sur ces définitions, nous pouvons affirmer que le fonctionnement de la banque est clairement dépendant de l'intérêt accordé au facteur humain.

    Pour apprécier la performance, il est possible de distinguer entre l'efficience humaine et l'efficience sociale :

    - L'efficience humaine exprime le rapport entre les résultats obtenus par un groupe d'individus et le coût social de ce groupe.

    - L'efficience sociale exprime le rapport entre le degré de satisfaction éprouvé par le personnel d'une organisation et les objectifs de gestion des ressources humaines.

    b- La performance sociétale

    « La performance sociétale évalue les apports positifs et négatifs d'une entreprise sur son environnement ». (D'après le Dictionnaire de gestion)

    Par exemple, les décisions sociales, portant sur les restructurations et les modifications dans l'organisation du travail, génèrent des coûts que l'entreprise l'externalise.

    Dans cette même perspective, Simon (1978) affirme : « Il ne s'agit plus seulement de savoir si une firme est rentable et paie bien ses employés, mais d'apprécier comment et avec quel degré d'efficacité, elle collabore à la satisfaction des besoins collectifs qui dépassent son cadre. L'important est de savoir si la valeur ajoutée par l'entreprise représente un avantage net pour les membres de la firme et de la collectivité qui la contient ».17

    2. Les Outils de mesure de la performance financière

    Après avoir présenté un aperçu théorique sur le concept de performance et ses implications dans la section précédente, différents outils de mesure seront inventoriés dans cette section. Selon une revue de la littérature sur les déterminants de la rentabilité bancaire (Athanasoglou et al. 2008, Barros et al. 2007, Ben Naceur 2003,...), la performance bancaire est affectée par des variables externes et d'autres internes de nature quantitative. La littérature suggère que plusieurs facteurs sont susceptibles d'influencer la rentabilité des banques. Les principaux outils de mesure de la performance bancaire restent, la taille de la banque et les économies

    16Amblard M. (2007), « Performance financière : vers une relecture critique du résultat comptable », page 8 17 Besassi Imen, «Les déterminants de la performance des entreprises », 2007, Page 31

    d'échelle (Bonin et al. 2003; Ben Fredj 2004), la concurrence (Beck, 2006; Sghaier 2009), la part de marché (Sghaier, 2009), la participation de l'Etat (Mamoghli 2010)...

    2.1. Les outils de mesure internes

    2.1.1. Le ratio de capital

    Le ratio de capital est défini comme un avantage concurrentiel. Il est calculé de la manière suivante :

    Le niveau de capitaux propres d'une banque reflète son autonomie financière car au fur et à mesure que le niveau de fonds propres détenu par la banque augmente, le besoin de financement à long terme diminue. En fait, les banques dont la capitalisation est importante réduisent le risque de se trouver en faillite. Cela a pour effet qu'ils réalisent probablement moins de profits mais assurent leur pérennité. D'autre part, le niveau de fonds propres a un impact à la fois sur le niveau des investissements et sur son activité financière (par exemple la politique de crédit, la nature des produits/ services offerts aux clients....).

    2.1.2. Le ratio de liquidité

    Le ratio de liquidité se calcule de la manière suivante :

    Plus ce ratio est élevé, plus la banque pourrait faire face à ses engagements à long terme.

    Note : les actifs liquides se constituent de prêts au jour le jour, les avoirs en caisses et les titres cotés sur le marché.

    2.2. Les outils de mesure externes

    2.2.1. La rentabilité

    Pour exprimer l'évolution de la rentabilité, deux critères sont les plus souvent utilisés : le coefficient de rentabilité économique (Return on Asset ROA) et le coefficient de rentabilité financière (Return on Equity ROE).

    La différence entre les deux mesures est que la première s'intéresse à la valeur globale de la banque, autrement dit la rentabilité économique. Alors que la seconde permet d'apprécier la performance du point de vue des actionnaires.

    Avec : MP : Marge de profit = Bénéfices nets après impôt / Revenus totaux

    a- Coefficient de rentabilité économique

    Le coefficient de rentabilité économique (Return On Assets ROA) ou encore « rentabilité des actifs » est une mesure générale de rentabilité qui reflète la marge de profit ainsi que l'efficacité de l'institution. Celle-ci mesure en pourcentage le rapport entre le résultat net et le total d'actifs. Plus simplement, elle mesure la façon dont l'institution utilise ses actifs.

    Avec :

    ? est la variation entre t et (t-i) et c'est dû au fait que l'adoption d'une innovation financière est un processus cumulatif de n années.

    Cet indicateur permet de donner une indication sur la capacité des actifs à générer des revenus. En effet, plusieurs études telles que l'étude de Mouldi et al. (2011) qui utilise la ROA comme un outil de mesure de la performance bancaire. Ils constatent que l'activité principale des banques tunisiennes reste la principale source de leurs revenus.

    ROE?MP* RA* LF

    b-Coefficient de rentabilité financière

    Le coefficient de rentabilité financière (Return on Equity ROE) ou encore "rentabilité des capitaux propres" est une notion économique d'inspiration anglo-saxonne. Celle-ci mesure en pourcentage le rapport entre le résultat net et les capitaux propres investis par les actionnaires.

    Ce coefficient peut être calculé selon différentes méthodes : 1ère méthode :

    Avec : RN = résultat net

    ? est la variation entre t et (t-i) 2ème méthode :

    RA : Rendement de l'actif= Revenus totaux / Actifs totaux moyens LF : Levier financier = Actifs totaux moyens/ Fonds propres moyens

    Cet indicateur est souvent considéré comme l'un des plus importants des ratios financiers. Il mesure la capacité d'une entreprise à générer des profits à partir de ses capitaux propres nets (capitaux moins dettes). Cela permet de voir comment une entreprise génère de la croissance avec chacun des euros investis. Cependant, toutes les entreprises ayant un ROE élevé ne font pas forcément de bons investissements. Certaines ont un ROE élevé car elles ne requièrent que peu de capitaux propres (cabinet de conseil, par exemple).

    Comme beaucoup de ratios financiers, le ROE ne prend son sens que lorsqu'on compare des entreprises d'un même secteur. Un ROE élevé ne donne aucun bénéfice immédiat.

    2.2.2. L'efficacité (EF)

    L'efficacité est notée EF. Plusieurs études ont utilisé l'efficacité comme un indicateur de performance voir Mabrouk et Mamoghli (2010), Barros et William (2007). Par ailleurs, les résultats figurant dans l'étude de Mabrouk et Mamoghli (2010) montrent que l'adoption d'innovations de produit n'a aucun effet sur l'efficacité. En outre, cette dernière selon ces auteurs n'a aucun impact sur l'adoption d'innovations de produits.

    Avec : ? est la variation entre t et (t-i)

    2.2.3. La diffusion

    Elle est notée Spr (Spread), cette variable se définit comme la variation de l'écart entre t et (t-i). La propagation étant la différence entre le taux d'emprunt sur les prêts accordés et ceux payés sur les dépôts collectés. Autrement dit, c'est l'écart entre le taux prêteur et le taux emprunteur. Selon multiples études tel est le cas de Mabrouk et Mamoghli (2010) la diffusion élevée a un impact positif important sur l'imitation des nouveaux produits concernant l'activité traditionnelle d'intermédiation. C'est parce qu'il est susceptible d'augmenter la marge d'intermédiation des banques s'ils adoptent plus d'innovations appartenant à leur activité principale.

    En outre, la diffusion permet à la banque de protéger son risque de crédit avec la constitution des dispositions pour des dettes douteuses, qui augmente son incitation pour développer d'abord son propre système d'appréciation de risque (à un niveau 5%).

    Avec : ? est la variation entre t et (t-i)

    2.2.4. Le risque

    Le risque est une exposition à un danger potentiel, inhérent à une situation ou une activité. La définition la plus courante du "risque" évoque "le danger éventuel plus ou moins prévisible". Ce caractère de prévisibilité étant déterminant pour le gestionnaire qui souhaite agir en amont de la survenue même du danger. En fait, l'évaluation des risques est le facteur déterminant de toute prise de décision du gestionnaire. En s'appuyant sur plusieurs études, à l'instar de celle de Mamoghli et Mabrouk (2010) qui utilisent le risque comme une mesure de performance des banques, on distingue qu'il s'agit d'une relation inverse entre le risque et la performance. En d'autres termes, un niveau élevé de risque se traduit par une dépréciation au niveau de la performance bancaire et vice versa.

    Avec : R : risque

    ? est la variation entre t et (t-i)

    2.2.5. La part de marché

    La part de marché d'une entreprise est le chiffre qui traduit la position que l'entreprise occupe sur son marché, elle est notée MS (Market share) et elle correspond à la part d'activité du marché (en volume ou en valeur) réalisée par l'entreprise. Généralement, La part de marché permet de refléter pour l'entreprise à la fois la fidélité de sa clientèle, sa position de force vis à vis de ses clients et fournisseurs ainsi que son attractivité.

    Pour mesurer la performance des banques, plusieurs chercheurs ont utilisé la part de marché en tant qu'indicateur de performance notant le cas de Mamoghli et Mabrouk (2010). Ils ont conclu que le développement de nouvelles technologies permet aux banques de générer la

    fidélité des clients et même d'attirer d'autres clients potentiels, et, ainsi, renforcer leur position sur le marché afin d'accroître une part de marché importante.

    Avec : ? est la variation entre t et (t-i) 2.2.6. La valeur marchande

    C'est Le prix le plus élevé estimé qu'un acheteur paierait et un vendeur accepterait pour un actif dans un marché ouvert et concurrentiel. D'un point de vue comptable, c'est le coût de remplacement d'une action obtenu en déduisant la réalisation estimée et les coûts estimés. En fait, la valeur marchande est utilisée comme un indicateur de mesure de performance des banques et elle est notée MV (Market Value). Des multiples chercheurs ont utilisé cet indicateur pour mesurer la performance bancaire à l'exemple de Lieven Baele, Olivier De Jonghe et Rudi Vander Vennet (2007). Selon ces chercheurs, si une banque possède des avantages comparatifs qui ont un impact positif sur sa performance à long terme, cela devrait être reflété sur sa valeur de marché. La valeur de marché d'une banque est égale à la valeur actuelle des bénéfices que la banque s'attendait à gagner. En outre, Mamoghli et Mabrouk (2010) ont eu recours à la valeur marchande comme une mesure de performance bancaire et ils ont conclu que cette valeur n'est pas significative (au niveau de 10% des activités traditionnelles) et ce en raison du fait que les banques tunisiennes ont encore du mal à contrôler leur risque de crédit.

    Avec : ? est la variation entre t et (t-i)

    3. Le lien entre l'innovation financière et la performance financière

    Dans un environnement caractérisé par la globalisation, les évolutions technologiques, la recherche d'une diversification des risques et des gains d'efficience, l'innovation financière est vue comme un facteur clé favorisant la consolidation bancaire, Chapman et al. (2001). Ceci justifie le rôle qu'on peut accorder à l'innovation financière dans la croissance économique et même dans la création de richesse significative. Toutefois, peu de recherches qui ont porté directement sur la relation entre l'innovation et la performance, ce phénomène étant considéré comme tacite, Lerner (2002), Tufano (2002) et Frame et White (2004).

    Néanmoins, pour traiter le lien entre l'innovation financière et la performance financière il faut tout d'abord prendre en considération la relation entre l'innovation financière et la croissance économique.

    3.1. Innovation financière et croissance économique

    L'importance donnée aux innovations financières dépend de leurs incidences directes et indirectes sur la sphère économique. Parmi les travaux les plus importantes examinant le lien entre le développement financier et la croissance économique on trouve les travaux de King et Levine (1993) qui ont mis en évidence le rôle important du système financier dans le développement de la croissance économique. Cette dernière constitue l'objectif fondamental de toutes les économies du monde. Elle représente l'accroissement de la richesse nationale. Ces auteurs ont développé un modèle estimé sur la base d'un échantillon composé de 80 pays sur la période (1960-1989). Ils ont voulu tester si le niveau de développement financier permet de prévoir la croissance économique à long terme, l'accumulation du capital et même l'amélioration de la productivité.

    De plus, la révolution technologique, qui constitue un ensemble d'innovations qui se traduisent par des transformations profondes, permet la naissance d'un paysage financier intensifié par l'introduction des innovations technologiques, à savoir l'internet banking, affecte à son tour la croissance économique.

    En effet, les innovations technologiques se présentent comme une opportunité permettant d'améliorer la rentabilité des institutions financières ce qui stimule la croissance économique. En outre, plusieurs théoriciens ont discuté du système financier. Ils ont insisté sur le rôle des institutions financières dans la croissance économique. Certains trouvent que le rôle de ces institutions est important dans la croissance économique: « les techniques mises en oeuvre par les intermédiaires financiers tendent à relever le niveau de l'épargne et de l'investissement et à repartir plus efficacement les épargnes rares entre différentes occasions d'investissement », King et Levine (1993).

    En effet, le système financier a un effet sur les décisions d'investissement et donc sur la croissance et ce à travers les cinq fonctions principales élaboré par Merton et Bodie (1995) et qui sont: la production d'information pour l'allocation du capital entre les diverses possibilités d'investissement, le monitoring des investissements, la diversification et la gestion du risque, la mobilisation de l'épargne et enfin la facilitation de l'échange des biens et services.

    Le système bancaire accompli un grand nombre de tâches (collecte de l'épargne, allocation des ressources, gestion de l'information émission de monnaie...) qui s'avèrent importantes pour expliquer la croissance économique.

    Il paraît que le système bancaire a pour rôle la gestion des ressources financières et les moyens de payement et même la procuration de la liquidité qui est nécessaire au bon fonctionnement de l'économie.

    Le développement de l'intermédiation financière favorise l'accumulation du capital. De même, la mise en place d'un système financier plus efficace conduit à accroître le bien-être de l'économie.

    Le débat concernant le rôle des banques dans la croissance économique a été relancé suite au renouvellement de la théorie de la croissance. A ce stade, Schumpeter (1950) soulignait dés le début du 20ème siècle, « la grande importance des banques dans le fonctionnement du système économique, et leur apport bénéfique à la croissance à travers le financement de l'innovation »18. Il a mis l'accent sur l'action de l'entrepreneur capitaliste à la volonté de réaliser un profit par la modification des conditions technologiques de la production et de la distribution.

    Il existe au sein de la communauté économique un accord exposant que l'investissement est le moteur de la croissance. Toutefois, nul ne peut réfuter l'importance du rôle des banques étant donné qu'elles sont considérées comme « les canaux quasi-uniques » du « drainage » de l'épargne vers l'investissement. Autrement dit, les banques contribuent donc à créer le cercle vertueux de la croissance économique qui se présente comme suit :

    18George Symeonidis, (1996), «Innovation, taille de l'entreprise et structure du marché : Hypothèses schumpetériennes et quelques nouveaux thèmes », page 68.

    Figure 4 : Cercle vertueux de la croissance économique

    Investissement

    Revenus

    Production et

    productivité

    Aussi, selon Keynes les banques occupent une place prépondérante parce qu'elles accordent les crédits qui représentent la base de financement de l'investissement et même se chargent de réduire les risques inhérents à l'incertitude de l'avenir. C'est donc le système bancaire qui finance la croissance. La représentation ci-dessous présente le lien entre le système bancaire et la croissance :

    Revenus? Consommation ? Taux d'intérêt ? Thésaurisation ou épargne Croissance

    Autrement dit, les institutions financières sont les principaux circuits d'intermédiation entre l'épargne et l'investissement. Cependant, leur efficacité, ou leur inefficacité, est un facteur déterminant de la croissance économique. C'est à dire lorsque les institutions financières sont efficaces, cela permet de mobiliser l'épargne venant de sources très diverses pour l'affecter à des usages plus productifs, ce qui profite non seulement aux investisseurs et aux bénéficiaires des investissements mais aussi à l'ensemble de l'économie. Selon des études de la Banque mondiale, une augmentation de 10 % de la densité des circuits financiers (liquidités) s'accompagne d'une accélération de la croissance du PIB par habitant de 2,8 %19, ce qui est considérable.

    La recherche économique récente attribue au développement financier et aux innovations financières un impact important sur la croissance économique, OECD (2007) et Barros (2007).

    A cet égard, on peut présenter quelques points résultants des effets des innovations financières sur la croissance économique future :

    19Les chiffres sont pris du cite web: www.apbt.org.tn

    ? La gestion du risque.

    ? Le développement d'instruments de liquidité externe aux entreprises. ? La modification de la structure de l'actionnariat.

    ? Le développement de régulations incitatives à l'innovation.

    En se basant sur la côté décisionnelle, la gouvernance est un concept clé de la croissance économique. En effet, les actionnaires et les créanciers contrôlent efficacement les dirigeants des banques, ceux-ci améliorent l'efficacité de la gestion, le rendement du capital et encouragent les épargnants à financer l'innovation. Ainsi, l'efficacité des mécanismes de contrôle a un impact direct sur les performances des banques et par la suite sur la croissance économique.

    La recherche théorique assigne un rôle essentiel à l'innovation financière dans la croissance économique à travers ses multiples canaux. Plusieurs travaux portent sur la causalité entre l'innovation et la croissance économique. Parmi ces travaux, les travaux de King et Levine (1993) qui trouvent une relation significative entre la taille du secteur bancaire et la croissance économique dans 77 pays entre 1960 et 1989.

    Donc, l'innovation financière constitue un moteur de croissance économique et de création de richesse.

    3.2. Innovation financière et performance financière

    L'innovation est considérée comme l'évolution des nouvelles applications et procédures qui affectent positivement la structure économique. Elle peut être conçue comme la transformation des connaissances à des valeurs commerciales. De ce fait, l'innovation joue un rôle primordial en raison de son potentiel pour accroître l'efficacité et la rentabilité des entreprises.

    3.2.1. Innovation financière et performance bancaire

    Pour assurer une économie saine répondant aux besoins acteurs économiques, le secteur financier s'avère obligatoire. Il remplit des fonctions importantes pour l'économie. Les exigences des acteurs économiques ont conduit à de nombreuses mutations au niveau des prestations. Ces mutations ont beaucoup modifié le paysage économique.

    A partir de 1997, la Tunisie est entrée dans la phase de la mise en place d'un programme global et cohérent pour la modernisation du système financier. Cette accélération de

    L'objectif de toute banque est le désir d'améliore plus sa performance et de bénéficier d'un avantage concurrentiel. En effet, les banques se procurent leur part de marché en fonction du niveau d'importance qu'elles accordent aux innovations.

    Par ailleurs, les innovations peuvent réellement améliorer la performance bancaire à plusieurs égards. En particulier, quatre dimensions des performances sont employées dans la littérature pour représenter les sources de la performance (Narver et Slater, 1990; Barringer et Bluedorn, 1999; Antoncic et Hisrich, 2001; Hornsby et al, 2002; Hagedoorn et Cloodt, 2003; Yilmaz et al, 2005). Ces dimensions sont : l'innovation, la production, le marché et la rentabilité.

    L'innovation a un impact considérable sur la performance des banques en profitant une meilleure position sur le marché qui leur amène un avantage concurrentiel et même une performance supérieure, Walker (2004).

    Un grand nombre d'études portant sur la relation innovation-performance montre l'existence d'une relation positive entre innovation financière et amélioration de la performance bancaire (Mabrouk et Mamoghli, 2010 ; Gurhan, Gunduz, Kemal et Lutfihak, 2005). Or cette relation pourrait s'expliquer par le fait que les banques innovantes sont celles qui ont pu assurer l'autofinancement de leurs projets, d'où l'apparente relation entre la rentabilité et l'innovation.

    En définitive, L'innovation est un processus dynamique qui évolue selon un cycle de vie au cours duquel les besoins, l'incertitude et les défis se modifient continuellement.

    3.2.2. Innovation et performance des banques tunisiennes

    Le secteur bancaire tunisien a connu une période d'accroissement suite aux mouvements de la dérèglementation et de la libéralisation financière. La globalisation a conduit à l'apparition de nouveaux produits (produits d'épargne et de couverture du risque de change...), de nouveaux marchés (crédits à la consommation), de nouvelles activités (ingénierie financière), ainsi que l'apparition de nouveaux acteurs financiers (établissements financiers spécialisés en financement et établissements de recouvrement). Tous ces éléments ont pour conséquence d'augmenter la concurrence qui affecte positivement la performance bancaire. En effet, la concurrence est considérée comme la structure la plus efficiente qui génère des effets bénéfiques sur l'économie.

    l'économie tunisienne, qui est accompagnée par le programme de réforme du secteur bancaire, a stimulé les investissements dans les différents secteurs conduisant ainsi à une augmentation de l'offre de monnaie sur le marché. Or cette augmentation a été traduite par la hausse des actifs et passifs consolidés du système bancaire.

    De nombreuses analyses aux Etats-Unis et dans certains pays industrialisés s'intéressent à traiter la notion « performance bancaire » et ses implications sur le développement économique. Alors que les études relatives à la performance des banques des pays en voie de développement restent rares. Parmi les 130 études traitées par Beck (2006) sept seulement concernent les pays en développement. Aucun des travaux retenus n'a considéré la Tunisie.

    Le travail de Chaffai (1998) est le premier qui a analysé l'efficience des banques commerciales tunisiennes. Dans son analyse, il a évalué l'expérience de la déréglementation du système bancaire tunisien et a conclu que l'efficience totale des banques s'est développée suite au processus libéral initié en 1986. Néanmoins, il a souligné que le taux du progrès technologique est plus élevé que celui de la croissance. Il a trouvé comme résultat que les banques tunisiennes sont en moyenne efficientes après le programme de libéralisation financière.

    Dans le même contexte, une étude de Chaffai et Dietsch (1998) est orientée à l'analyse de l'évolution de l'efficience bancaire en Tunisie. Ils ont montré que les banques de développement sont moins efficientes que les banques de dépôts. Ils ont conclu aussi qu'en l'absence d'un contexte concurrentiel, il n'y a pas de tendance de l'évolution de l'efficience sur la période 1989-1995. En ce sens et en dépit des réformes financières entreprises, les banques sont peu incitées à élever leur efficience en matière de la technologie. Cook. et al. (2000) quant à eux, et pour la période 1992-1998 trouvent les mêmes résultats quant à la tendance irrégulière de l'efficience des banques tunisiennes.

    D'autres études ont estimé l'efficience des banques commerciales tunisiennes dans le temps : telles que l'étude de Tazarki et Karray (2002). En appliquant un modèle DFA (Distribution Free Approach) sur un échantillon de 12 banques commerciales durant la période 1989-1998, en vue de déterminer l'X-efficience, les économies d'échelle et d'envergure. Tazarki (2002) a spécifié une fonction de coût proposée par Goldberg et Rai (1996). Ses résultats suggèrent que seulement 5 banques commerciales tunisiennes sont aux meilleures pratiques de l'efficience

    dont la BFT, la BNA, la BS, la BT et l'UBCI. Les autres banques de l'échantillon se sont révélées non efficientes puisque leurs coûts observés excèdent leurs coûts prévisionnels.

    Dans la même perspective, nous pouvons nous référer à l'étude de Rajhi (2008) qui a étudié l'impact des nouvelles technologies sur la performance des banques tunisiennes. L'évaluation est basée sur un échantillon de 13 banques commerciales tunisiennes pour la période de1995 à 2000. Il a abouti au constat suivant : les nouvelles technologies jouent un rôle croissant dans l'évolution de l'activité bancaire, elles ne se limitent plus à accompagner le changement, elles en deviennent le moteur des innovations. Les nouvelles technologies constituent les bases de la concurrence entre les banques de réseau, les banques virtuelles et les acteurs non bancaires, et également les métiers bancaires.

    En effet, les banques deviennent de plus en plus des institutions visant à offrir des services afin de gérer des risques du marché des capitaux dont la croissance est stimulée par les innovations technologiques. Cette évolution témoigne, selon Saîdane (2001), du changement d'un système dominé par les banques vers un système dominé par les marchés.

    De plus, en utilisant la méthode d'Analyse en frontière stochastique (selon la fonction Translog) et sur un échantillon de dix banques de dépôts et pour une période de 20 ans (19902009), Sghaier (2009) étudie la corrélation entre l'efficience et la concurrence dans le secteur bancaire tunisien. Les résultats montrent une forte concurrence entre les banques commerciales tunisiennes durant la période 1990-2009. Cette concurrence est due essentiellement au plan de restructuration du système bancaire tunisien sur le plan national et international. En effet, depuis l'incorporation du PAS en 1986, les banques ont adopté une série de reformes financières caractérisant une transfusion d'une économie d'endettement vers une économie de marché et aboutissant à une libéralisation de l'activité bancaire. En outre, avec l'arrivée d'institutions bancaires internationales entrant en compétition directe avec les banques tunisiennes, ces dernières se sont lancées dans une concurrence afin d'accroître leur part de marché, cherchant à diversifier leurs activités et améliorer leurs efficience.

    Conclusion

    La difficulté de fixer une définition du concept de performance existe toujours, mais les recherches qui prennent pour objet d'étude de ce concept tendent à le rendre plus clair et plus compréhensible. De ce fait, on peu aller plus loin que la définition exacte du terme, jusqu'à l'identification des facteurs qui déterminent et affectent, que ce soit positivement ou négativement, la performance bancaire.

    En ce sens, nous avons présenté dans ce chapitre le concept de performance dans son cadre théorique. Il apparaît qu'elle est définie comme étant la capacité de l'entreprise à réaliser ses objectifs. Une revue de littérature limitée autour de ce concept a pu être parcourue. Néanmoins, ce concept reste ambigu suite à l'ascendance des sciences de gestion.

    Dans un premier temps, nous nous sommes focalisée sur la performance bancaire. Dans un deuxième temps, nous avons essayé de présenter les outils de mesure de la performance bancaire. Enfin, nous avons essayé de traiter le lien entre l'innovation financière et la croissance économique d'une part et l'innovation financière et la performance bancaire d'autre part.

    Les recherches théoriques prouvent que la relation entre l'innovation financière et la performance bancaire est significative seulement pour les banques qui sont capables de payer les coûts des innovations. Pour étudier le lien entre l'innovation financière et la performance bancaire on doit faire recours aux différents indicateurs ou encore aux outils de mesure de la performance bancaire. Que ces outils de mesure soient efficaces ou pas, il est nécessaire de vérifier et de valider empiriquement cette idée en appliquant un certain nombre de mesure de l'innovation financière.

    Chapitre 3 : Impact des innovations financières sur la
    performance bancaire : Validation empirique

    Il est clair que le financement de l'économie tunisienne est principalement basé sur le système bancaire, voir Ben Naceur (2003). Cette économie d'endettement s'est montrée efficace pour assurer à notre pays un taux d'investissement équivalent à 26% en 2002. Ainsi, il serait nécessaire de faire développer cette industrie afin qu'elle puisse affronter la compétition internationale, en instaurant un environnement plus libéral et en améliorant les mécanismes de protection des déposants.

    Le gouverneur de la banque centrale tunisien a signalé que le programme de restructuration du système bancaire, tout en tenant compte des spécificités des banques tunisiennes, vise à l'émergence d'un nouveau paysage bancaire qui sera marqué par une innovation financière. Donc cette nouvelle architecture financière permettra-t-elle aux banques tunisiennes d'accroître leur efficacité et de mieux résister à la concurrence internationale ?

    Il faut noter que l'Etat tunisien a essayé, depuis les années quatre vingt dix à améliorer la structure et le fonctionnement des banques commerciales et d'investissement en encourageant les investissements en matière d'innovations financières dans cette industrie qui représente le nerf de notre économie. C'est dans ce cadre d'analyse que le présent chapitre se penche sur l'effet des innovations financières sur la performance bancaire.

    Cependant on envisagera trois sections. La première sera consacrée à présenter une revue de littérature concernant l'impact de l'innovation financière sur la performance bancaire. La deuxième présentera la base de données ainsi que les hypothèses à tester. Enfin, la troisième section discutera les résultats empiriques.

    1. Débat théorique

    La question de mesure de performance des banques reste une question d'intérêt, vue la contribution du secteur bancaire et son importance que ce soit au niveau de la croissance économique ou au niveau de la stabilité du système financier.

    Sur le plan empirique peu sont les travaux qui ont essayé de modéliser et mesurer la performance des banques tunisiennes, néanmoins, nous pouvons citer Sghaier (2004), Ben

    Fradj (2004), Ben Naceur (2003) et enfin Mabrouk et Mamoghli (2010). La plupart des travaux en la matière se résume à de simples comparaisons de ratios comptables. Cette approche comparative ne permet pas de déterminer une hiérarchie claire des banques selon leurs performances, dans la mesure où elle n'offre aucun critère de la performance bancaire. Dans cette étude empirique portant sur l'impact des innovations financières sur la performance des banques, nous allons considérer comme proxy le degré d'efficience bancaire et la part de marché comme mesures de la performance bancaire. Cette dernière est définie comme le taux de rentabilité qu'elle atteint.

    Sur le plan empirique plusieurs travaux ont traité l'impact de certaines variables dites variables de contrôle sur la performance des banques.

    1.1. Les variables mesurant l'innovation financière

    L'étude de l'impact de l'innovation financière sur la performance des banques est une question empiriquement complexe. Pour mesurer cet impact les travaux empiriques ont souvent utilisés différents proxies, parmi les quels on a choisi de se pencher sur deux proxies qui sont le degré de diversification et la concurrence.

    1.1.1. Degré de diversification

    Le degré de diversification se mesure généralement par le ratio résultat hors intérêts liés aux prêts sur le résultat opérationnel. Par ailleurs, la relation entre la diversification et la performance a également été étudiée. Il est possible de diviser en deux groupes : ceux qui considèrent que la diversification a un impact positif sur la performance et ceux qui la trouvent avoir un impact négatif.

    1- Commençons par les études relevant du premier groupe, notamment l'étude de

    Dietrich et Wanzenried (2011) conclue à un effet positif de la diversification sur la performance. D'autres travaux affirment qu'il existe une forte relation positive entre la diversification et la performance des banques, Chandler (1997) et Teece (1980). Jensen et Ruback (1983) ont affirmé que la diversification permet aux banques d'explorer de nouveaux marchés, de saisir les meilleures opportunités d'investissement et de créer une synergie entre les différentes régions et secteurs, augmentant ainsi la valeur de la banque et sa rentabilité. Dans le même sens, Botte et Schmeits (2000) ont montré que la volatilité, la probabilité de faillite et le risque diminuent en recourant à une stratégie de diversification. Chatti (2010) affirme de son coté, que les risques tendent à baisser lorsque les banques sont autorisées à mener de nouvelles activités telles que l'assurance, des opérations sur les produits financiers

    etc., à côté des activités traditionnelles et par conséquent une meilleure performance sera réalisée.

    2- Le deuxième groupe comprend les études qui aboutissent au résultat inverse et qui suggèrent que ce mouvement vers des résultats non liés aux intérêts ne permet pas d'améliorer le couple risque-rentabilité. Ainsi, Huizinga et Demirgüç (2000) montrent que les banques dont une grande part de leurs actifs ne rapporte pas d'intérêts sont moins profitables que les autres. Ils relient ce résultat à l'impact positif du ratio prêts/actifs sur la performance.

    Dans cette même orientation, d'autres études empiriques, à l'instar de celles de Barros et al. (2007) trouvent également que les banques plus diversifiées sont moins susceptibles d'être performantes et plus susceptibles d'offrir une piètre performance. De Jonghe (2010) quant à lui, découvre que la diversification au sein d'une institution n'améliore pas la stabilité du système bancaire.

    En se basant sur ces résultats et compte tenue de contexte Tunisien, dans ce travail nous allons supposé que la diversification influence positivement la performance des banques.

    Nous nous attendions à une relation positive et significative entre cette variable et la performance des banques tunisiennes.

    Hypothèse 3 : La diversification affecte positivement la performance bancaire

    1.1.2. La concurrence

    Des travaux empiriques ont utilisés des proxies qui reflètent la concurrence sur la performance bancaire, voir Sghaier (2009). Pour déterminer le niveau de la concurrence deux indices de concentration seront utilisés. Ces indices sont : l'indice Herfindahl-Hirshman (IHH) et le ratio de concentration bancaire.

    L'esprit de concentration nécessite la créativité et l'innovation. Ces conditions sont indispensables à toute tentative d'assurer à une banque un changement permanent, un développement durable et, par suite, une survie et une continuité.

    En effet, dans le contexte de la Guerre Des Marchés, l'innovation va apporter de forts changements dans la mentalité des marchés, des banques.

    Il faudra, cependant, concevoir la durabilité :

    - De la pensée innovatrice

    - Des changements d'orientation et de développement - Des risques apportés sur un marché

    L'innovation permettra donc de renforcer l'esprit de la concurrence des banques au niveau marque (qualité de service) et au niveau produit. Porter souligne que l'innovation est la clé de la compétitivité des banques parce qu'elle conditionne leur capacité à maintenir des avantages concurrentiels durables sur des marchés évolutifs. Ainsi, innover permet à la banque d'avoir un avantage concurrentiel en termes d'avantages concrets (prix).

    Demsetz (1973) and Peltzman (1977) ont montré que l'efficience peut déterminer le comportement concurrentiel des banques. Selon ces derniers, les entreprises ou les banques les plus efficientes, sont censées gagner plus de profits, ce qui leur permet d'avoir plus de part de marché, d'où l'orientation vers un marché moins compétitif.

    Dans la même perspective, Gondat-Larrade and Lepetit (2001) ont voulu étudier l'efficience bancaire, et la nature de relation entre le niveau de concentration et le profit. Leur travaux sur les banques des pays d'Europe centrale et orientale sur la période 1992 jusqu'à 1996, montrent que cette relation est positive. En effet, ils montrent que les banques les plus efficientes ne peuvent pas avoir plus de parts de marché, ce qui remet en cause l'hypothèse de l'efficience. En effet, la notion d'efficience ne permet d'avoir des parts de marché que seulement dans les pays dont les marchés bancaires sont concentrés.

    Aussi, Grigorian et Manole (2002) ont fait une étude sur le marché bancaire des PECO pendant la période 1995-1998, pour voir la nature de relation entre la concentration et l'efficience des coûts bancaires. Les auteurs ont trouvé que la concentration du marché a un effet positif sur l'efficience de coût des banques.

    Dans le même raisonnement, Fries et Taci (2005) ont élargit la période analysée jusqu'à 2001 et ils ont estimé le niveau d'efficience de coût par la méthode paramétrique, appliquant la forme Translog de la fonction de coût des banques. En fait, en utilisant la part de la banque sur le marché des dépôts comme indice de pouvoir de marché, les auteurs ont abouti à une relation positive entre le pouvoir de marché et l'efficience de coût des banques, mais le résultat est significativement faible.

    Dans son travail, Sghaier (2009) évalue la corrélation entre l'efficience et la concurrence dans le secteur bancaire tunisien sur la période 1990-2009. Elle a d'abord déterminé le niveau de concurrence sur le marché bancaire tunisien en utilisant l'indice de concentration IHH. Ensuite, en se basant sur la méthode d'Analyse en frontière stochastique (selon la fonction Translog), elle a régressé le niveau d'efficience sur le niveau de concurrence.

    Les résultats montrent que la corrélation entre l'efficience moyenne des banques de dépôts tunisiennes et les indicateurs de concentration est une relation négative. Ainsi, plus la concentration est grande, plus l'efficience est faible. Par conséquent, l'augmentation de la concurrence dans le secteur des banques de dépôts tunisiennes a un impact positif sur les efficiences moyennes.

    Nous nous attendions à une relation positive et significative entre cette variable et la performance des banques tunisiennes.

    Hypothèse 4 : La concurrence a un impact positif sur la performance bancaire

    Par ailleurs, d'autres études qui ont étudié l'impact de l'innovation financière d'une manière générale sur la profitabilité des banques, à l'instar de celles de Bernardo et Kassa (2004) ou encore Mabrouk et Mamoghli (2010).

    En se basant sur les deux types de l'innovation financière, qui sont l'innovation de produits/services et l'innovation de processus, Bernardo et Kassa (2004) analyse l'expérience des banques commerciales britanniques en matière d'innovation financière toute au long de la période 1960-2003. Leur recherche contribue à la compréhension de l'innovation dans les organisations de services et l'importance des facteurs stimulant et contraignant l'adoption de nouvelles technologies dans les intermédiaires financiers. Les résultats ont suggéré que l'innovation est associée à des changements importantes à l'intérieur et l'extérieur des organisations bancaires (c'est-à-dire changement radical). L'innovation dans le secteur bancaire est considérée comme un processus de changement progressif. Ce dernier doit être considéré comme un continuum qui modifie les environnements internes et externes des banques.

    Nous pouvons aussi nous référer à Mabrouk et Mamoghli (2010) qui étudient la relation entre l'innovation financière et la performance des banques tunisiennes. Ils utilisent des données sur la période de 1987 à 2008 des dix banques commerciales cotées en bourse. Leur étude analyse l'effet de l'adoption de l'innovation financière (l'innovation de produit et l'innovation de processus) sur la performance des banques. Ils trouvent comme résultat que l'innovation financière a un effet positif sur la rentabilité et l'efficacité. Les banques qui imitent sont moins rentables et moins efficaces que les innovateurs. Être le premier innovateur donne à la banque un avantage concurrentiel et une part de marché supérieure à celle d'imitateurs. En outre, ils constatent que le marché tunisien est plus réceptif à l'adoption des nouvelles technologies.

    La multiplication de ces enquêtes traduit certainement la volonté de ces auteurs de mieux connaître l'ampleur de la notion de l'innovation financière. Cette étude vise à mettre l'accent sur la relation entre l'innovation financière et la performance bancaire.

    1.2. Les variables de contrôle

    1.2.1. Taille de la banque

    Comme pour de nombreuses autres variables, l'impact de la taille sur la performance bancaire est discuté par plusieurs chercheurs, voir De Jonghe (2010), Barros et al. (2007)... Les résultats obtenus à ce stade peuvent être divisés en trois groupes :

    1- Certains considèrent que la taille a un impact positif sur la performance, Beck et al. (2006), et Pasiouras et al. (2007).

    2- D'autres pensent que la taille a un impact négatif, Kasman (2010), et De Jonghe (2010).

    3- Enfin, un dernier groupe considère que l'impact est non significatif, Goddard et al. (2004), Micco et al. (2007) et Athanasoglou et al. (2008).

    Les travaux empiriques émanent du premier groupe montrent la présence d'une relation positive et statistiquement significative entre les innovations financières et la performance bancaire. A titre d'illustration on peut citer les travaux de Beck et al. (2006) et Pasiouras et al. (2007). Les arguments souvent avancés pour justifier cet impact positif sont :

    - Une taille importante permet de réduire les coûts en raison de la présence des économies d'échelle.

    - Les banques de taille importante peuvent dégager du capital à moindre coût.

    Dans le second groupe, les résultats obtenus montrent la présence d'un impact significatif des innovations financières sur la performance des banques, mais cet impact est négatif. Stiroh et al. (2006) montrent la présence des effets négatifs de la taille et soulignent que plus une banque est grande, plus elle est difficile à gérer. En outre, les auteurs rappellent que la taille peut résulter d'une stratégie de croissance agressive, obtenue au détriment des marges et de la performance. Dans cette même logique, Kasman (2010) trouve un impact statistiquement significatif et négatif de la taille sur la marge nette et sur les intérêts (Net interest margin) en regardant un panel de 431 institutions bancaires dans 39 pays.

    De Jonghe (2010) conclut que les petites banques sont davantage capable de résister à des conditions économiques difficiles, tandis que Barros et al. (2007) affirment que les petites banques ont plus de chance d'obtenir de bonnes performances et moins de chances d'obtenir

    des performances mauvaises. Inversement, les grandes banques ont moins de chance d'obtenir de bonnes performances et plus de chance d'obtenir de mauvais résultats.

    Ferrier et Lovell (1990) ont réalisé une étude portant sur un échantillon de 575 banques commerciales américaines, ils ont trouvé que 88% de ces banques sont exposées à un rendement d'échelle croissant. Ils ont également établi que les économies d'échelle ne confèrent aux grandes banques qu'un petit avantage de coût. Aussi, ils ont montré que l'inefficience allocutive résulte essentiellement de l'utilisation excessive de la main d'oeuvre et la mauvaise utilisation du capital. C'était en quelque sorte un peu surprenant que les banques les plus efficientes de l'échantillon appartenant à la classe des banques de petites tailles. Ce qui est expliqué par la bonne application de la technologie, laquelle a permis aux petites banques de vaincre les inconvénients de coûts de capitaux ainsi de distribuer leurs productions plus efficacement.

    Enfin, les auteurs du troisième groupe ne relèvent pas d'impact statistiquement significatif de la taille des banques sur leurs performances, voir Goddard et al. (2004), Micco et al. (2007) et Athanasoglou et al. (2008). Dans cette même perspective, on fait référence à la taille d'une institution bancaire dans le cas où le volume de ses activités influence sa performance, Akhigbe et McNulty (2003). Ces derniers résument l'effet de la taille sur le profit des petites banques en trois points: L'avantage structurel (AS), l'avantage informationnel (AI) et l'avantage relationnel (AR).

    1- L'AS permet aux petites banques, par rapport aux grandes, de présenter des marges financières relativement importantes surtout si elles évoluent dans un système bancaire faiblement développé et peu compétitif.

    2- Sur la base de l'AI et de l'AR, les petites banques sont supposées avoir l'avantage de gérer les problèmes d'agence du fait de leurs liens de proximité et des relations conviviales qu'elles entretiennent avec les petites et moyennes entreprises, Peterson et Rajan (1995).

    En se basant sur ces résultats, on suppose dans cette étude que la taille de la banque influence positivement sa performance.

    Nous nous attendions à une relation positive et significative entre cette variable et la rentabilité des banques tunisiennes. Cette hypothèse découle de l'observation que les banques tunisiennes sont considérées comme de petites banques.

    Hypothèse 1 : La taille de la banque a un effet positif sur la performance bancaire

    1.2.2. Ressources financières

    Peu de travaux ont, jusqu'à présent, tenté d'étudier l'effet des ressources financières sur la performance bancaire mais nous pouvons néanmoins citer Laporta et al. (2002), Nana (2009) et Mabrouk et Mamoghli (2010).

    Grosskopf, Hayes et Yaisawarng (1993) se proposent de vérifier s'il y a eu une amélioration significative de la performance des banques américaines à la suite des changements importants dans le système bancaire au cours des années 90. Les résultats obtenus montrent qu'en moyenne les banques de leur échantillon améliorent significativement la performance bancaire suite à l'amélioration des ressources financières.

    Nous pouvons aussi nous référer à Laporta et al. (2002) qui montrent qu'une allocation des ressources financières peut avoir des effets préjudiciables sur la productivité et sur la croissance économique. De Jonghe (2010) souligne que les banques les plus performantes sont celles qui parviennent à maintenir un niveau élevé de ressources financières. Il a trouvé comme résultat qu'un niveau élevé de capitaux propres réduit le risque (de faillite) encouru par les banques. Elles peuvent donc se permettre, en maintenant un niveau de risque constant, d'investir dans des actifs plus risqués et dont la rentabilité attendue est bien sûr supérieure. Il en découle une meilleure performance.

    Quant à Mabrouk et Mamoghli (2010), ont trouvé comme résultat que l'investissement dans les innovations de processus affecte positivement la performance de la banque et ce en raison des ressources financières élevées.

    Par ailleurs, Nana (2009) précise lors de l'étude de l'effet de la réglementation prudentielle sur les performances du système bancaire au Cameroun, que le renforcement de la politique de crédit augmente les profits bancaires. Autrement dit, plus la banque octroie des crédits, plus les revenus augmentent et par conséquent le profit aussi. Toutefois il faut signaler que la politique de crédit peut parfois entraver la profitabilité bancaire, en particulier lorsqu'une politique expansionniste de crédit est incompatible avec la stratégie poursuivie en matière de recherche de ressources financières.

    En se basant sur les résultats des travaux précédents, on avance notre second hypothèse selon laquelle les ressources financières de la banque influence positivement sa performance.

    Nous nous attendions à une relation positive et significative entre cette variable et la performance des banques tunisiennes.

    Hypothèse 2 : Les ressources financières ont un impact positif sur la performance bancaire.

    1.3. Hypothèses à tester

    Pour étudier l'effet de l'innovation financière sur la performance des banques tunisiennes on doit examiner les quatre hypothèses suivantes :

    H1 : La taille est une variable significativement positive de la performance des banques tunisiennes.

    H2 : Les ressources financières affectent positivement la performance des banques tunisiennes.

    H3 : La diversification améliore la performance des banques tunisiennes.

    H4 : La concurrence a un effet positif sur la performance des banques tunisiennes.

    Après l'énumération des hypothèses à tester, passant maintenant à préciser les divers éléments méthodologiques utiles aux différents tests empiriques que l'on va réaliser à propos des différentes hypothèses émises. Ces divers éléments portent sur l'échantillon de l'étude, les bases de données disponibles utilisées ainsi que la mesure des différents variables nécessaires dans notre étude empirique.

    2. Méthodologie et Description de données

    2.1. Présentation de l'échantillon

    Dans notre étude nous avons fait recours à un échantillon de panel, composé de 10 banques tunisiennes cotées sur la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunisie (BVMT), sur une période s'étalant de 1993 à 2010. Les banques retenus sont les banques de dépôts, le choix des banques commerciales se justifie, d'une part, par le fait que cette catégorie des banques joue le rôle le plus important dans le financement de l'économie Tunisienne (en effet, leur concours à l'économie représente 94,42% du total des concours des banques).

    Ces banques sont celles ayant fournies les données nécessaires sur toute la période et qui sont présentés dans le tableau ci-dessous.

    20 www.macsa.com.tn

    Tableau 2 : Liste des banques de l'échantillon

    Liste des banques

    Innovations financières

    Performance bancaire

     

    · Télésurveillance des

    · Prenant le

    Banque Nationale Agricole (BNA)

    DAB.

    cas de la

     

    · Commerce électronique

    BNA qui

    Banque Internationale Arabe de Tunisie

    avec un SPS (Système de

    enregistre

    (BIAT)

    Paiement Sécurisé).

    une

     

    · Mobile Paiement

    évolution

    Banque de l'Habitat (BH)

    (paiement des factures

    au niveau

     

    téléphoniques ou la

    de sa

    Société Tunisienne des Banques (STB)

    recharge mobile et ce, en

    liquidité de

     

    utilisant les cartes

    25000MD

    Amen Bank (AB)

    bancaires tunisiennes

    en 2006 à

     

    comme support de

    30000MD

    Union International de Banques (UIB)

    paiement).

    en 2008.

     

    · PAYPASS (est une carte

    · Qualité de

    Banque de Sud (BS)

    bancaire combinant la

    l'actif se

     

    carte conventionnelle avec

    mesure

    Union Bancaire pour le Commerce de

    la puce permettant le

    selon le

    l'Industrie (UBCI)

    paiement « sans contact », mode très innovant qui

    taux de couverture

    Arab Tunisian Bank (ATB)

    fournit aux détenteurs de

    qui atteint

     

    carte une façon simple et

    53.2% en

    Banque de Tunisie (BT)

    rapide de faire des petits achats).

    2007.20

     

    · Carte Afrique

     
     

    · Carte Mastercard (Gold, Corporate et Platinum)

     
     

    · Carte Américan express

     
     

     

    (Green and Gold) ? Carte international

    d'allocation touristique

     

    Notre base de données relative à l'échantillon est composée de variables dont le choix a été guidé par les études récentes sur la rentabilité des banques tunisiennes.

    Elle a été construite à partir des bilans et des comptes des pertes et profits de ces banques. Notons que ces bilans et ces comptes sont obtenus à partir des publications de l'Association Professionnelle des Banques de la Tunisie (APBT) durant la période de 1993 à 2010.

    2.2. Description des variables

    Conformément aux hypothèses, nous proposons dans cette étude de mettre l'accent sur les variables suivantes : la variable « performance» qui résume le processus de performance et permet de formuler et d'évaluer les décisions stratégiques de la banque, la variable « efficacité » qui résume la capacité de la banque à réaliser ses objectifs. Ces variables peuvent être affectées par des facteurs internes tels que la taille de la banque, les ressources financières, la diversification et d'autres externes à savoir la concurrence, etc.

    Comme il a été déjà indiqué dans le deuxième chapitre, plusieurs indicateurs peuvent être utilisés pour évaluer la performance de la banque à savoir ROA, ROE, EF, PM.... Dans ce stade, on a choisi deux critères qui sont jugés les plus répondus dans la littérature : un critère de performance et un critère d'efficience.

    Pour ce faire, nous allons commencer par présenter dans une première étape, les variables dépendantes qui seront utilisées dans notre modèle, ainsi qu'un ensemble de variables indépendantes supposé avoir un impact significatif dans l'évaluation de la performance bancaire.

    2.2.1. Mesure de variables de performance (variables dépendantes)

    Le choix de variables a été guidé par les études récentes sur la performance des banques tunisiennes, voir Ben Naceur (2003), Bonin et al (2005) et Mabrouk et Mamoghli (2010). Les théories de la gestion financière offrent de nombreux critères pour l'évaluation de la performance des banques. Ces derniers incluent les mesures de profitabilité et d'efficience. Une mesure de profitabilité et deux mesures d'efficience sont utilisées dans notre analyse.

    La mesure de profitabilité utilisée pour évaluer la performance des banques est:

    - Le rendement des actifs (ROA) : c'est le ratio résultat net !total actif. Il mesure la

    capacité de la banque à convertir les actifs en revenus nets.

    Les deux mesures d'efficience utilisées pour évaluer la performance des banques sont :

    - L'efficacité bancaire (EF) : c'est le ratio frais généraux/ revenu net d'exploitation.

    - La part du marché (PM) : c'est le ratio crédits garanties par la banque en question/ Total

    des crédits garanties par toutes les banques.

    Tableau 3 : récapitulatif des variables dépendantes

    Variables
    dépendantes

    Notation

    Définition

    Rentabilité des actifs

    ROA

    Ratio du résultat net ! le total des actifs

    L'efficacité

    EF

    Ratio des frais généraux! le résultat net
    d'exploitation

    Part du marché

    PM

    Part des crédits de la banque ! le total des
    crédits des banques de l'échantillon

     

    2.2.2. Mesure des variables indépendantes

    2.2.2.1. Proxies de l'innovation

    - La diversification (Div) : cette variable est utilisée par Dietrich et Wanzenried (2011) et de Mabrouk et Mamoghli (2010). Elle est mesurée par le ratio résultat hors intérêts liés aux prêts sur le résultat opérationnel (revenu net d'exploitation).

    - Le degré de concentration du système bancaire ou encore la concurrence (IHH) :

    Dans notre étude nous retenons cette dernière mesure pour savoir l'impact du degré de concurrence des banques en Tunisie sur leur performance financière. D'ailleurs, cette mesure a été adoptée par Ben Naceur (2003), Sghaier (2009) et Mabrouk et Mamoghli (2010) dans le cadre de leurs études sur la performance des banques dans un contexte tunisien.

    2.2.2.2. Variables de contrôle

    - La taille de la banque (SIZE): cette variable est utilisée dans plusieurs études telles que Godard (2001) et Ben Naceur (2003). Certaines études ont mesuré la taille de la banque par le total

    actif. D'autres, comme celles de Ben Naceur (2003), et Mabrouk et Mamoghli (2010) l'ont mesurée par le log du total actif. Cette dernière mesure est adoptée dans notre étude.

    - Les ressources financières (RF) : cette variable est rarement utilisée par les chercheurs. Elle est mesurée par la moyenne des profits nets. Seule l'étude de Mabrouk et Mamoghli (2010) qu'on peut se référer. Nous utilisons cette variable en tant que variable de contrôle et même une caractéristique des banques.

    Nous détaillons ici les variables utilisées dans nos analyses. Le tableau ci-dessous présente un récapitulatif.

    Tableau 4 : récapitulatif des variables indépendantes

    Variables
    indépendantes

    Notation

    Mesurée par

    Signe attendu

    Taille

    SIZE

    Le logarithme de la moyenne
    de total des actifs

    +

    Ressources financières

    RF

    La moyenne des résultats nets.

    +

    Diversification

    DIV

    Le ratio des revenus non liés
    aux intérêts / le résultat net
    d'exploitation

    +

    Concurrence

    IHH

    La somme des carrées de la
    part de marché.

    +

     

    2.3. Modèles

    Rappelons que notre objectif consiste à tester l'impact de l'innovation financière des banques tunisiennes sur leur niveau de performance financière. Comme nous l'avons déjà mentionné, nous utiliserons dans cette étude les données individuelles (10 banques) et temporelles (13 ans), des données de Panel à double dimension (soit 10 X 13 = 130 observations).

    Baltagi (2001) et Hsiao (1986) indiquent que la méthodologie des données de Panel contrôle l'hétérogénéité individuelle, réduit les problèmes associés avec la multicolinéarité et les biais

    des estimations, comme elle spécifie une relation variable dans le temps entre les variables indépendantes et celle dépendante.

    La spécification s'inspire des travaux de Mabrouk et Mamoghli (2010). L'équation du modèle économétrique de base à estimer s'écrit de la manière suivante :

    Où :

    est la variable qui mesure la performance financière de la banque à savoir

    la . est un vecteur qui regroupe les variables explicatives :
    , il comprend les variables spécifiques liées à la banque.

    est un terme constant et spécifique pour chaque banque. est le terme d'erreur (les

    résidus) supposé suivre un bruit blanc.

    L'équation plus détaillé devient alors :

    Avec

    i : 1,...,10

    t : 1998,...,2010

     

    La variable Size mesure la taille de la banque i. La variable RF est le proxy utilisé pour mesurer les ressources financières. DIV c'est la diversification et IHH est le ratio de concentration ou encore concurrence.

    ROA i ,1 = a i , 1 +fl1SIZE i , 1 +fl2RF i , 1 +fl3DIV i , 1 +fl4IHH i ,1 +ei, 1

    Précisément dans ce travail nous allons utiliser ces trois spécifications pour tester les hypothèses proposées précédemment.

    Spécification du Modèle 1 :

    Le premier modèle concerne la première variable dépendante qui est la rentabilité des actifs (ROA). Ce modèle consiste à tester l'impact des innovations financières sur la performance financière. D'où le modèle suivant :

    Où la variable ROA mesure le rendement des actifs Ce modèle teste les quatre hypothèses citées ci-dessus.

    Spécification du Modèle 2 .

    Le deuxième modèle concerne la deuxième variable dépendante qui est l'efficacité (EF). Ce modèle consiste à tester l'impact des innovations financières sur la performance financière. D'où le modèle suivant :

    Où EF est une mesure de l'efficacité de la banque.

    Ce modèle teste les quatre hypothèses citées ci-dessus.

    Spécification du Modèle 3 .

    Le troisième modèle concerne la troisième variable dépendante qui est la part du marché (PM). Ce modèle consiste à tester l'impact des innovations financières sur la performance financière. D'où le modèle suivant :

    Où PM la part de marché.

    Ce modèle teste les quatre hypothèses citées ci-dessus.

    3. Interprétation des résultats

    Cette section porte sur la présentation des résultats des estimations ainsi que l'analyse de ces résultats et les remarques conclusives.

    3.1. La méthode utilisée

    L'estimation par les moindres carrés ordinaires (MCO) sur des données de panel présuppose

    l'homogénéité des individus qui composent l'échantillon, sinon les estimateurs seront biaisés. En effet, pour évaluer la pertinence des résultats obtenus par la méthode des moindres carrée ordinaires, nous interprèterons la significativité globale des modèles, la significativité des variables explicatives utilisées ainsi que les résultats. Une description des différentes variables, leurs moyennes et écart type sera présentée dans un tableau des statistiques descriptives.

    Les résultats obtenus par la MCO montrent que les modèles sont globalement significatifs (voir Table 1,2 et 3).

    Avant de passer à la régression de notre modèle, il est extrêmement utile de préciser la nature des estimations. Autrement dit, notre modèle est un modèle à effets fixes ou un modèle à effet aléatoire. Nous avons choisi de travailler sur un modèle à effets fixes.

    PRFi , t

    = + ? ??+ 6

    i k i , t i , t

    K = 1

    ? i , t

    Un modèle à effet fixe permet l'introduction des effets individuels représentés par des

    constantes (d'où l'appellation modèle à effets fixes). L'estimateur des MCO des paramètres etdans le modèle à effets fixes est appelée estimateur WITHIN. Ce dernier s'explique

    par le fait que cet estimateur tient compte de la variance intragroupe de la variable endogène.

    Un modèle à effets fixes

    Réalisations d'une variable à double indice, notée PRFi,t

    i = 1 10 n= 10 banques

    t = 1998 2010 T= 13 ans

    ? i décrit l'unité statistique (dans notre cas c'est la banque) ? T décrit la période de temps (année)

    ? i , t

    E(e i , t ) = 0 et V(e i , t ) = cr2

    Modèle linéaire de régression de la forme:

    K

     
     
     

    Où :

     
     
     

    : sont les variables explicatives de la performance des banques

    tunisiennes pour la banquepour l'année.

    Ces variables explicatives sont :

    : est un effet spécifique à la banque ; cet effet est constant dans le temps.

    : est une perturbation aléatoire dont la forme est générée par un processus autorégressif

    d'ordre 1 et ~iid.

    est un résidu centré et homoscédastique.

    3.2. Statistiques descriptives

    Le tableau ci dessous montre qu'en moyenne, la rentabilité financière de notre échantillon est de (-4,79%) et (-0,50%) pour la part du marché. La moyenne de la taille de notre échantillon est de 14,44%. Le système bancaire tunisien enregistre une moyenne de concentration d'un niveau de 11,57%.

    Aussi, on constate qu'il ya présence d'hétérosédasticité (la distribution ne suit pas une loi normale) pour toutes les variables sauf celle de SIZE. En d'autre terme, on rejette l'hypothèse de normalité H0 pour toutes les variables sauf la variable SIZE. Pour cette dernière, la statistique de Jraque bera qui est égale à 5,41 est inferieure à khi-2(2)=5.99.

    Tableau 5 : Statistiques descriptives

     

    ROA

    EF

    PM

    SIZE

    RF

    DIV

    IHH

    Mean

    -0.047

    2.140

    -0.005

    14.444

    17.649

    -0.047

    11.57

    Median

    0.100

    -0.290

    0.060

    14.410

    17.444

    0.003

    11.52

    Maximum

    1.570

    251.980

    6.430

    15.460

    59.319

    0.009

    12.28

    Minimum

    -10.940

    -203.550

    -11.030

    13.420

    -87.506

    -1.752

    11.406

    Sum Sq.
    Dev.

    167.216

    194429.0

    746.017

    26950.68

    64536.36

    6.796

    17296.34

    Std. Dev.

    1.141

    38.914

    2.414

    0.517

    13.792

    0.225

    0.209

    Skewness

    -6.774

    2.164

    -1.483

    0.129

    -2.934

    -6.819

    2.944

    Kurtosis

    65.401

    28.720

    9.626

    2.030

    28.205

    51.408

    10.219

    Jarque-

     
     
     
     
     
     
     

    Bera

    21916.33

    3656.549

    283.338

    5.414

    3600.041

    13595.49

    466.528

    N°observ

    130

    130

    130

    130

    130

    130

    130

     

    3.3. Interprétation des variables explicatives

    Les résultats obtenus à l'issue de l'estimation des modèles (1, 2 et 3) proposés dans la section (2) sont reportés dans les tableaux (6-8). La méthode utilisée est celle sur données du panel. Ainsi, dans le tableau (6) nous reportons les résultats lorsque la variable expliquée est la rentabilité des actifs (ROA), le tableau (7) quand la variable expliquée est l'efficacité (EF) et enfin le tableau (8) quand la variable expliquée est la part du marché (PM).

    Tableau 6: Estimation de la ROA par la MCO

     
     
     
     
     

    ROA est la variable dépendante

     

    Variable

    Coefficient

    Std. Error

    t-Statistic

    Proba

    SIZEt

    0.904585

    3.050536

    0.296533

    0.7674

     

    -0.424275

    0.127925

    -3.316602

    0.0012

     

    0.439036

    0.142202

    3.087403

    0.0025

     

    3.846619

    11.30725

    0.340190

    0.7343

     

    0.128

    N. Obs 130

    Tableau 7: Estimation de l'EF par la MCO

     
     
     
     
     

    EF est la variable dépendante

     

    Variable

    Coefficient

    Std. Error

    t-Statistic

    Prob

    SIZEt

    2.303747

    0.477696

    4.822623

    0.0000

     

    0.076961

    0.011527

    6.676412

    0.0000

     

    0.019262

    0.002633

    7.315118

    0.0000

    R2

    -2.375896

    2.118607

    -1.121442

    0.2644

     

    0.0359

    N. Obs 130

    Tableau 8 : Estimation de la PM par la MCO

     
     
     
     
     

    PM est la variable dépendante

     

    Variable

    Coefficient

    Std. Error

    t-Statistic

    Prob

    SIZEt

    0.647991

    0.060702

    10.67491

    0.0000

     
     
     
     
     
     

    0.294382

    0.213414

    1.379395

    0.1704

     
     
     
     
     
     

    0.008581

    0.113611

    0.075525

    0.9399

     
     
     
     
     
     

    0.218477

    0.098534

    2.217280

    0.0286

     
     
     

    0.332

     

    N. Obs

     
     

    130

     
     

    3.3.1. La variable SIZE

    La taille de la banque, mesurée par le logarithme des actifs totaux, est supposée être positivement corrélée à sa performance financière, H1. Les résultats des estimations sont globalement en cohérence avec cette hypothèse. En effet, le coefficient de cette variable est statistiquement significatif pour les deux modelés (2) et (3). De plus, le signe obtenu est en cohérence avec la littérature financière selon laquelle une banque de grande taille est généralement caractérisée par un niveau de performance plus élevé comparativement aux banques de petite taille. Seul pour le modèle (1) que ce coefficient est statistiquement non significatif même au seuil de 10%. Néanmoins, pour les trois modèles les coefficients sont toujours positifs. De même nos résultats sont en cohérence particulièrement avec les travaux de Mabrouk et Mamoghli (2010) et Ben Naceur (2003) lors de leurs études portant sur la performance des banques tunisiennes.

    Ainsi, l'hypothèse H1 est confirmée

    3.3.2. La variable RF

    Les résultats obtenus concernant l'impact de la variable "ressources financières" sur la performance des banques montrent que le coefficient est significatif deux fois sur trois.

    Le signe obtenu est négatif pour le modèle (1) et positif pour le modèle (2).

    Le premier résultat est conforme avec l'hypothèse H2 proposée dans la section (1) selon laquelle les ressources financières affectent positivement la performance bancaire et plus précisément l'efficacité financière. Ce résultat est cohérent à ceux trouvés par Dhouibi et Mamoghli (2007). Ces derniers ont utilisé les ressources financières comme étant une variable mesurant l'innovation financière et améliorant la performance bancaire. De plus De Jonghe (2010) a trouvé que les banques les plus performantes en terme financier sont celles qui disposent des ressources financières.

    En mettant l'accent sur le premier modèle, on constate que le coefficient de cette variable est de signe négatif, soit (-0.424) ce qui n'est pas conforme à l'hypothèse proposée. Les travaux qui sont confondus à nos résultats sont très rares. En effet, Mabrouk et Mamoghli (2010) trouvent ce même résultat et ils ont souligné que cette significativité négative peut être trouvé seulement en cas d'imitation d'une innovation de processus.

    3.3.3. La variable DIV

    Nos résultats nous amènent à conclure que la diversification au niveau des produits et/ou services offertes par les banques de dépôts tunisiennes a un impact positif significatif (au seuil de 5% et 1% dans les deux premiers modèles respectivement, soit 0,002 et 0,000) sur la rentabilité financière et même sur l'efficacité bancaire. Par contre en termes de part du marché où la diversification s'avère non significative. Autrement dit, le choix d'une stratégie de diversification de produits et services n'a aucun effet sur la part du marché de la banque.

    Nos résultats se conforment à ceux de Chatti (2010) qui souligne : « il ne faut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier », c'est-à-dire qu'il vaudra mieux répartir ses biens pour éviter de les perdre d'un seul cout.

    Ainsi, les stratégies de diversification continuent à être mises en place dans le domaine bancaire tunisien et les banques choisissent ce concept afin d'étoffer leur gamme de produits et de services pour réponde aux besoins financiers de la clientèle.

    Donc, nos résultats sont conformes aux hypothèses cités à la première section de ce chapitre selon les quelles la stratégie de diversification constitue un stimulus de la performance des banques de dépôts tunisiennes.

    3.3.4. La variable IHH

    Les résultats obtenus montrent qu'il existe une relation positive et significative entre le niveau de concentration du système bancaire tunisien mesuré par l'indice IHH et la part de marché. D'après le tableau 8, on remarque que la variable IHH est significative au seuil 5%, soit (0,028) et de signe positif comme attendu.

    C'est-à-dire que l'augmentation de la concentration des banques tunisiennes sur la période étudiée a entraîné une augmentation significative de la part de marché des banques ce qui améliore leur performance financière.

    Ainsi la performance et la concurrence varient dans le même sens, c'est à dire que l'augmentation de la concurrence entre les banques de dépôts, induisant une baisse de la concentration, n'a aucun effet positif sur la performance des banques.

    D'où, ce résultat se conforme à l'hypothèse 4 présentée dans la première section. Il est non cohérent avec celui trouvé par Mabrouk et Mamoghli (2010) qui trouvent que la concurrence est liée négativement à la part de marché des banques de dépôts tunisiennes.

    Donc, on peut conclure, que pour les banques de dépôts tunisiennes, la relation concentration-profitabilité est faible.

    21 Romey C., (2006), "LES GRANDS TRAITS DE LA MUTATION FINANCIERE", page 45, Economica, Paris.

    3.4. Implications et recommandations

    D'après les résultats de cette étude économétrique, on constate que la libéralisation joue un rôle primordial dans l'apparition du processus d'innovation financière, et ce à travers les différentes mesures incitatives à la création d'un environnement concurrentiel. Ces mesures incitent les différentes institutions financière à s'intégrer dans un contexte de mondialisation. Cette libéralisation donne le droit aux pays en voie de développement, notamment la Tunisie, de suivre les pays développés en matière de la technologie. Dans cette perspective, Romey (2006) souligne : « Les pays suiveurs, ont de ce fait pu facilement rattraper leur retard ».21

    Aussi, la levée des barrières à l'échange dans le cadre de la globalisation et l'émergence d'alliance économique et politique a eu une grande influence sur l'environnement qui est marqué par, les mutations technologiques, un système de production automatisé, une forte intensité capitalistique....Ces conditions permettent le lancement de nouveaux modes d'approche de la clientèle. C'est la révolution de l'innovation.

    En fait, l'indicateur du développement technologique élaboré par PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), portant sur 72 pays retenus selon leurs attitudes à développer et à utiliser les technologies, place la Tunisie au 51ème rang grâce à son parc technologique.

    Le phénomène de la libéralisation est considéré comme : « Le système nerveux de l'activité bancaire ». Concernant l'impact de ce phénomène sur les activités des secteurs des services et en particulier les banques, il stimule l'incorporation des innovations financières dans le secteur bancaire. Autrement dit, ce phénomène accroît l'innovation financière en favorisant les collaborations entre les banques et ses partenaires stratégiques. La libéralisation permet aux banques tunisiennes de prendre l'initiative de mettre en place les innovations financières (des produits bancaires et des nouveaux canaux de distribution) par le biais de la technologie.

    La flexibilité et la créativité, le contrôle et l'efficacité, l'engagement et la motivation sont tous des déterminants significatifs de l'innovation financière et de sa relation directe avec la performance bancaire.

    Ainsi, le développement de la finance globale, l'importance des besoins des banques en matière de la technologie et surtout avec la saturation de la plupart des marchés bancaires, génèrent un environnement bancaire fortement concurrentiel et à risque élevée, ce qui peut menacer la stabilité financière.

    Le souci des banques est de protéger leur survie. Pour cela, elles cherchent à s'intégrer dans des marchés lointains et à diversifier leur gamme de produits et services. Ainsi, on va assister à une internationalisation des activités bancaires favorisée par les progrès de la télématique et de l'électronique.

    Conclusion

    L'objectif de ce travail empirique est d'analyser le lien entre l'innovation financière et la performance des banques de dépôts en Tunisie, en utilisant des déterminants, basés sur la performance financière, couvrants à la fois la profitabilité et l'efficacité. L'analyse empirique a été effectuée sur un échantillon composé de 10 banques commerciales tunisiennes côtés en bourse et observées sur la période 1998-2010.

    Les résultats empiriques de notre analyse nous permettent d'éclairer la relation entre les innovations financières et la performance financière des banques tunisiennes.

    On trouve comme résultat que les banques de dépôts tunisiennes répondent positivement aux développements technologiques en matière des produits et services bancaires. L'efficacité est aussi influencée par les changements radicaux au niveau de la banque. Nous décelons aussi une relation positive assez significative entre la rentabilité des actifs et la diversification. En fait, la stratégie de diversification constitue une source en matière de réduction du risque.

    De même, nous constatons une relation positive entre l'efficacité financière et la taille des banques tunisiennes. Il ressort que ces deux éléments varient dans le même sens. Les banques plus efficientes semblent être les banques de grande taille et de grande capacité financière. Ce type de relation est aussi remarqué avec le degré de diversification.

    En appliquant une stratégie de diversification des produits et services, les banques tunisiennes améliorent leur performance. Cette stratégie leur permet de substituer les pertes d'un produit et/ou service par des gains dans les autres.

    Conclusion générale

    Aujourd'hui, l'économie internationale est marquée par l'accélération de la concurrence et les évolutions rapides de la technologie. En effet, les nouveaux moyens de réalisation des affaires, de distribution des produits et services sont entrain de transformer le métier des banquiers et d'influencer leur performance.

    Tout au long de ce mémoire, nous avons essayé d'apporter des réponses, qui restent partielles, à la problématique déjà mentionnée concernant le rôle que jouent les innovations financières dans l'amélioration de la performance des banques.

    La Tunisie, comme tous les autres pays, a introduit un ensemble de réformes financières. Ces réformes visent essentiellement à encourager et à promouvoir l'innovation financière. Cette dernière représente le principal souci de différents pays et elle les aide à atteindre leurs objectifs. L'innovation financière est de plus en plus considérée comme une stratégie incontournable pour le maintien ou l'évolution de la position concurrentielle des banques, compte tenu de l'évolution de l'environnement. Elle peut être le résultat d'une décision stratégique de la banque. Par contre, comme elle accentue le risque des banques à cause de l'incertitude quant à son dénouement, elle nécessite la mise en place de certaines pratiques d'affaires particulières. Elle peut se définir comme l'acte de créer de nouveaux instruments financiers, de nouvelles technologies financières et même de nouveaux marchés, Christine (2006).

    Du point de vue de Frame et White (2004), l'innovation financière est considérée comme une solution aux difficultés rencontrées puisqu'elle permet d'améliorer la compétitivité des activités de production et de service ainsi que le développement du secteur financier qui aura des effets directs sur l'économie. En effet, la création des nouveaux produits financiers a pour objectif principal d'encourager et d'accroître l'épargne nationale.

    Comme toute institution financière, les banques tunisiennes ont mis en place une stratégie basée sur l'innovation financière. Elles ont lancé des nouveaux produits financiers permettant d'augmenter leurs recettes. Parmi ces produits, on cite les modes de transfert électronique d'argent (GAB, DAB et TPE), les cartes de retrait et de paiement (cartes à bande magnétique).

    Cette étude tente de faire la lumière sur la relation entre l'innovation et la performance dans le secteur des services financiers en tenant compte de facteurs internes et externes de la banque qui sont susceptibles d'influer sur cette relation. Nous avons étendu la recherche préalable en

    tenant compte de l'effet des deux types d'innovation - innovation de produit et innovation de processus- sur la performance bancaire.

    Dans le premier chapitre, on a mis le point sur les théories expliquant le processus de l'innovation financière et on a présenté son rôle crucial dans l'économie en indiquant les différents facteurs (internes ou externes) influençant ce processus.

    Nous avons mis l'accent sur l'analyse des facteurs explicatif de la décision d'innovation des banques. Les déterminants relatifs à la nature des innovations (produit, service, processus) et l'importance des innovations ont été examinés. Cela peut être justifié par le fait que ce mémoire constitue une première étude économétrique portant sur la décision d'innover les banques tunisiennes, il est souhaitable d'approfondir l'analyse par des travaux ultérieurs en se penchant sur les déterminants de la structure de l'innovation.

    En s'appuyant sur l'expérience Tunisienne en matière d'innovation financière, la Tunisie a procédé à une révision radicale au sein des marchés de capitaux par l'introduction de plusieurs réformes et ceci dans le but d'orienter les entreprises vers le financement direct, la concurrence ainsi que la diversification des instruments financiers.

    Quant au deuxième chapitre, nous avons traité le concept de performance financière qui est définie comme étant la capacité de l'entreprise à réaliser ses objectifs. En effet, les composantes essentielles de la performance des banques, la qualité des services rendus à la clientèle, la rentabilité financière sont conditionnées par l'apparition de nouveaux canaux de distributions issus de l'innovation financière.

    Lorsque le système d'évaluation de la performance repose sur les trois éléments suivantes ; la qualité des services offerts à la clientèle, l'efficience et la rentabilité financière, il sera équilibré. Or cet équilibre permet à la banque de stimuler et modéliser son activité.

    Dans le troisième chapitre, nous avons élaboré trois modèles permettant d'expliquer la relation entre les innovations financières et la performance financière des banques tunisiennes. Nos résultats empiriques montrent que les banques de dépôts tunisiennes ont engagé des démarches sérieuses pour l'adoption de nouveaux produits et services financiers. Ce qui leur accroît leurs capitaux qui constituent enfin de compte une source de financement en matière de recherche et développement.

    Les résultats suggèrent que les banques innovantes sont rentables. Nous constatons que d'être innovante confère à la banque un avantage concurrentiel et une part de marché plus importante. De plus, l'adoption de l'innovation financière avec succès permet d'améliorer

    l'efficacité financière des banques ce qui leur facilite l'incorporation de nouvelles technologies.

    En outre, les banques qui adoptent les innovations financières sont susceptibles de contrôler leur risque de crédit. Nous avons aussi identifié les déterminants de chaque comportement d'adoption de l'innovation financière. À la lumière de ces résultats, nous recommandons que les banques cherchent à améliorer leur rentabilité et leur part de marché. Or l'adoption de l'innovation financière sera favorisée par un marché qui est plus compétitif et de plus grande taille. Par conséquent, les banques tunisiennes doivent s'efforcer d'atteindre une taille appropriée, par exemple en considérant les fusions entre les banques nationales dans le marché.

    Nous avons également constaté que la diversification stimule l'innovation des produits non traditionnels bancaires, tout en encourageant aussi l'adoption des innovations de processus. Ceci n'est pas cohérent avec la littérature qui stipule que, d'une part, la banque universelle est plus encouragés à s'engager dans l'activité de crédit plutôt que dans l'activité du marché et, d'autre part, que la création d'une banque universelle est motivée par l'ampleur de économies. Cette considération est applicable aux banques tunisiennes, qui ont maintenant tous été convertis en offrant des services bancaires. De même, attribuer des sommes importantes de capital à l'innovation financière ne sera pas seulement permettre de fournir les entrants nécessaires à l'innovation, mais aussi permettre à la banque d'absorber les coûts de l'innovation, ainsi que les coûts découlant de défaillances potentielles et donc la permettra de transférer ses risques et par conséquent améliorer sa rentabilité.

    Malgré le fait que la part de marché de banques engagées dans l'innovation des produits est faible, elle est élevée pour l'adoption rapide des nouvelles technologies. Ainsi, les banques tunisiennes devraient s'engager davantage dans l'innovation des processus, car cela est très apprécié par le marché, jusqu'à ce qu'ils soient capables de maîtriser les risques.

    Bien que nous avons abouti à des résultats permettant de répondre même partiellement à la problématique soulevée au début du mémoire, notre travail présente des limites, la première limite est portée sur le fait que l'échantillon des banques retenus est réduit du fait de la non disponibilité des variables liées à l'innovation financière.

    Une autre limite est liée au fait qu'il est indispensable de s'interroger sur les attentes et le degré de satisfaction des clients face aux nouveaux produits et services bancaires offertes.

    Au terme de ce travail, nous pouvons dire que les banques tunisiennes donnent une grande importance au processus d'innovation financière dans leurs produits et services offerts. Or l'accroissement de ce processus amènera à des grands bouleversements qui peuvent affecter la

    stabilité du système financier tunisien. Face à cette réalité inévitable, il ne reste plus qu'à souhaiter que le gouvernement tunisien demeure vigilant et prenne les précautions nécessaires en vue de maintenir un système bancaire sain et libéralisé correspondant aux besoins des clients.

    En définitive on peut considérer que l'innovation financière en Tunisie est un phénomène mutationnel de système financier. Ce dernier est l'atout majeur du système économique tunisien dans un environnement fortement concurrentiel. Donc l'innovation financière constitue-elle une menace pour la stabilité du système financier tunisien?

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    Liste des Tableaux

    Tableau 1: Liste des innovations de produits et processus

    .32

    Tableau 2: Liste des banques de l'échantillon

    68

    Tableau 3 : récapitulatif des variables dépendantes

    70

    Tableau 4 : récapitulatif des variables indépendantes

    71

    Tableau 5 : Statistiques descriptives

    76

    Tableau 6 : Estimation de la ROA par MCO

    ..76

    Tableau 7 : Estimation de l'EF par MCO

    77

    Tableau 8 : Estimation de PM par MCO

    77

    Liste des figures

    Figure1 : Triangle de contrôle de gestion de Porter

    36

    Figure 2 : Les indicateurs de performance

    ..39

    Figure 3: Modèle de performance des banques

    41

    Figure 4: Cercle vertueux de la croissance économique

    .51

    Table des matières

    Introduction Générale .1

    Chapitre 1 : L'innovation Financière

    Introduction 5

    1. L'innovation financière : un objet d'analyse complexe 5

    1.1. Définitions et approches 5

    1.1.1. Définitions .5

    1.1.2. Approches 7

    1.2. L'importance de l'innovation financière 7

    1.3. Facteurs influençant l'innovation financière 9

    1.3.1. Facteurs externes 9

    1.3.2. Facteurs internes 11

    2. Fondements théoriques de l'innovation financière ..12

    2.1. Théorie de la contrainte .12

    2.1.1. Contraintes règlementaires ...13

    2.1.2. La concurrence 14

    2.1.3. Le risque 15

    2.2. Théorie de la demande des caractéristiques .15

    2.3. Théorie des marchés contestables 16

    3. L'innovation financière dans les banques 16

    3.1. Importance de l'innovation financière dans le secteur bancaire ..16

    3.2. Typologie de l'innovation financière .17

    3.2.1. L'innovation de produit 18

    3.2.2. L'innovation de processus 19

    3.2.3. L'innovation de marché ..19

    3.2.4. L'innovation organisationnelle 20

    1.4.1. La performance d'un point de vue stratégique : la pérennité de

    l'entreprise ..41

    3.3. Les déterminants de l'innovation financière 20

    3.3.1. La Taille 20

    3.3.2. Les ressources financières 21

    3.3.3. La diversification .22

    3.3.4. La concurrence 22

    3.3.5. La participation étrangère 23

    3.3.6. La participation publique .24

    4. L'innovation financière en Tunisie : contexte de secteur bancaire 24

    4.1. L'évolution du système bancaire tunisien 25

    4.2.1. Avant 1990 25

    4.1.1. Après 1990 .26

    4.2. Différents produits et processus d'innovation financière sur le marché

    interbancaire tunisien ...31

    Conclusion 34

    Chapitre 2 : La performance bancaire

    Introduction 35

    1. Aperçu sur le concept de la performance 35

    1.1. Définition .36

    1.2. Distinction efficience/ éfficacité ..38

    1.3. Les indicateurs de performance 39

    1.4. Dimensions de la performance 40

    1.4.2. L'intégration de l'entreprise dans son environnement : vers une performance

    globale ..42

    2. Les Outils de mesure de la performance financière .43

    2.1. Les outils de mesure internes de la performance bancaire 44

    2.1.1. Le ratio de capital .44

    2.1.2. Le ratio de liquidité ..44

    2.2. Les outils de mesure externes de la performance bancaire .44

    2.2.1. La rentabilité 44

    2.2.2. L'efficacité ..46

    2.2.3. La diffusion .46

    2.2.4. Le risque 47

    2.2.5. La part de marché .47

    2.2.6. La valeur marchande 48

    3. Le lien entre l'innovation financière et la performance financière 50

    3.1. Innovation financière et croissance économique .50

    3.2. Innovation financière et performance financière 54

    3.2.1. Innovation financière et performance bancaire ..54

    3.2.2. Innovation et performance des banques tunisiennes 55

    Conclusion 58

    Chapitre 3 : Impact des innovations financières sur la performance bancaire : Validation empirique

    Introduction ..59

    1. Débat théorique ...60

    1.1. Les variables mesurant l'innovation financière ..60

    1.1.1. Degré de diversification .60

    1.1.2. La concurrence 61

    1.2. Les variables de contrôle .64

    1.2.1. Taille de la banque 64

    1.2.2. Ressources financières 66

    1.3. Hypothèses à tester 68

    2. Méthodologie et Description de données

    2.1. Présentation de l'échantillon

    .68

    68

    2.2. Descriptions des variables

    ..70

    2.2.1. Mesure de variables de performance (variables dépendantes

    70

    2.2.2. Mesure des variables indépendantes

    71

    2.2.2.1. Proxies de l'innovation

    ..71

    2.2.2.2. Variables de contrôle

    72

    2.3. Modèles

    73

    3. Interprétation des resultats .

    75

    3.1. Méthode utilisée

    75

    3.2. Statistiques descreptives

    76

    3.3. Interprétation des variables explicatives

    77

    3.3.1. La variable SIZE

    78

    3.3.2. La variable RF

    ..79

    3.3.3. La variable DIV

    79

    3.3.4. La variable IHH

    80

    3.4. Implications et recommandations

    .80

    Conclusion

    83

    Conclusion générale

    84






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"L'ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit"   Aristote