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Les nouvelles hégémonies de la région Septentrionale. Le Royaume Tem du Tchaoudjo (1880- 1914 )

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par Akimou TCHAGNAOU
Université de Lomé Togo - Maà®trise 2007
  

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2-2-2 Les raids esclavagistes

Très tôt après sa fondation, le royaume se lança dans le trafic des esclaves qui connaîtra une grande ampleur avec l'arrivée des sémassi.

En effet, le trafic des esclaves constituait une activité économique avant l'arrivée des sémassi. Ainsi, l'esclavage a de tous les temps existé chez les Tem. Il s'effectuait entre les Kotokoli eux- mêmes ou entre les Kotokoli et les étrangers. L'enjeu était tel que ceux qui avaient de nombreux enfants et qu'ils n'arrivaient pas à nourrir, pouvaient volontiers vendre quelques uns pour s'approvisionner en vivres et pouvoir assurer leur survie. A ce sujet, Verdier3 écrit : « Bafilo est un lieu important de commerce où l'on vient notamment vendre les enfants kabiyè en cas de famine ».

Par ailleurs, les prisonniers de guerre devenaient des esclaves au service du royaume. De ce fait, ils travaillaient pour ce dernier.

1 - Entretien avec Ouro-Akpo Kassim, chef de Yélivo, du 16-08-06.

2 -Gayibor NL (ss la dir), 1997, p347.

3 - Verdier R, 1982, p187.

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Ils allaient en nombre important transporter du sel depuis Atakpamé jusqu'à Kparatao1. De plus, le souverain pouvait les échanger contre les produits d'exportation qu'apportaient les étrangers (cheval, harnachement, etc.)

Devenant de plus en plus important, ce commerce des esclaves s'accentua avec l'entrée en scène des sémassi.

Rappelons que les sémassi furent des cavaliers armés qui vinrent de la Boucle du Niger et qui furent cooptés par Ouro-Djobo Boukari de Kparatao. Par la suite, ils vont se lancer dans le trafic esclavagiste en raflant les populations dont les plus vulnérables furent les enfants, les femmes voire les hommes.

Ces cavaliers razzieurs firent des expéditions en longeant les pistes de champs et fermes et enlevèrent ceux-ci pour en faire des captifs. Ces derniers étaient lavés dans une rivière appelée yomaboua2 avant de les vendre aux trafiquants du sud3. La plupart des esclaves qui alimentaient le commerce négrier en ce qui concerne le Togo provenaient de l'hinterland dont les sémassi constituèrent l'un des acteurs.

A ce sujet, Gayibor4 écrit : « De toutes les sources confondues, il ressort que la traite était régulièrement alimentée par des captifs provenant de l'hinterland...Les régions réservoirs se limitaient essentiellement à celles qui sont situées à au moins une certaine de kilomètres de la côte ».

Dans son entretien avec Coubadja Touré, Tchanilé5 rapporte ce qui suit : « Mes ancêtres étaient des esclavagistes. Ils capturaient des gens qu'ils allaient vendre à Blitta »

1 -Ouro-Djéri, 1989, p62.

2 - c'est-à-dire la rivière des esclaves

3 - Alexandre P, 1963, p241.

4 -Gayibor NL, (ss la dir), 1997, p240.

5 - Tchanilé MM, 1987, p34.

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Ainsi, on constate que ces raids esclavagistes avaient aussi bien un intérêt politique qu'économique.

Un intérêt politique parce qu'ils servaient à renforcer le pouvoir du souverain qui devint de plus en plus respecté et craint.

Et un intérêt économique d'autant plus que les captifs provenant de ces rapts furent essentiellement vendus puis constituèrent une source de revenus pour le royaume.

Il occasionna le déplacement des villages qui fuyaient les esclavagistes et qui trouvaient des points de refuge surtout dans les sites montagneux. Ce fut le cas du village Bouladè à propos duquel Alpha1 écrit en 2006 en ces termes : « Sous la menace des chasseurs d'esclaves (les sémassi), les populations de Bouladè entamèrent une nouvelle phase de migration cette fois-ci vers le sud et s'installèrent de nouveau sur le piémont de K'gbafulu... ».

Ceci étant, ces raids esclavagistes ont concerné aussi bien les peuples frères que les peuples voisins étant entendu que le village de Bouladè près de Bafilo est aussi une fondation des Mola de Tabalo.

Ce trafic fut aboli dans le royaume avec l'arrivée des Allemands2.

L'une des figures qui auraient marqué l'histoire du royaume fut sans doute celle de Adam Méatchi.

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