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Médias et gestion des crises dans la région de l'extrême- nord du Cameroun: cas de l'épidémie de choléra dans le département du Mayo- Tsanaga

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par Grégoire DJARMAILA
Université de Maroua Cameroun - Master professionnel en vue de l'obtention du diplôme d'ingénieur facilitateur de développement  2011
  

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2-4-TRAVAUX SUR LA COMMUNICATION DE CRISE ET LES MEDIAS

L'économiste belge Thierry Libaert apparaît comme le chercheur le plus prolixe dans le domaine de la communication de crise. Son dernier ouvrage de 60 pages intitulé : Crises de 1 à 150  présente les principes et références essentiels de toute gestion et communication de crise. Dans ce livre, il met l'accent sur le type de communication à adopter en période de crise, les aspects de la crise, les composantes d'une cellule de crise, les incontournables en salle de crise ainsi que les principes pour préparer un exercice de crise.

Le deuxième livre de cet enseignant en sciences de l'information et de la communication, La Communication de crise  souligne que les phénomènes de crise semblent aujourd'hui s'accélérer et s'amplifier dans un contexte économique très concurrentiel et une forte médiatisation des événements. Selon l'auteur, la crise représente alors un réel danger et peut conduire à la disparition de l'organisation ou de l'entreprise concernée. C'est pourquoi estime-t-il, la communication est un enjeu majeur. Résolument orientée dans une perspective pragmatique, cette deuxième édition mise à jour et enrichie de nombreux exemples, présente les caractéristiques principales de toute crise, l'organisation de la gestion des crises, la typologie des messages et le rôle particulier des médias. Elle met aussi l'accent sur les tendances et enjeux actuels à travers le rôle d'Internet, la place des rumeurs et la réaction du consommateur ou du citoyen.

Dans un article intitulé « Communication de crise et modélisation de diffusion de l'information dans les médias » et publié dans la Revue Le Magazine de la Communication de crise et sensible, Hervé RENAUDIN (2003 : p 47) s'interroge sur la manière dont l'information de crise se propage, questionne les paramètres les plus influents et leur liens d'interdépendance. Dans sa progression, il met l'accent sur la communication de crise et sa diffusion, son développement. Même si son exemple s'appuie sur une situation de crise dans une entreprise, la conclusion de son étude s'applique à tout exemple de crise. Dans son modèle d'analyse, l'auteur distingue deux catégories de médias : Les médias « chauds » (MC) qui ont un délai de publication de l'ordre de la journée et qui sont à destination du grand public. Selon lui, ces médias sont réactifs et collent leur ligne éditoriale de façon quasi-instantanée à l'actualité. Parmi les médias chauds, les quotidiens sont les plus lents à prendre en compte de nouvelles informations. Les médias « froids » (MF) quant à eux vont traiter les informations sur un rythme plus lent, avec des parutions hebdomadaires voire mensuelles. H. RENAUDIN établit donc une hypothèse selon laquelle les MC, au coeur de l'actualité, influent ensuite les MF, et non l'inverse. L'auteur intègre deux variables qu'il juge importantes : l'émotion de l'information et la charge de l'actualité. L'émotion de « l'information de crise » diffusée (cette information de crise pouvant être une rumeur) est traitée comme une variable accumulative avec au cours du temps des flux entrants (nouveaux éléments augmentant l'émotion de l'information, désinformation au cours du temps, irrationalité accrue, etc.) et sortants (action de transparence de l'entreprise tentant de rationaliser, etc.). Selon lui, la charge de l'actualité est modélisée de manière exogène à l'aide d'une courbe en fonction du temps permettant de simuler des creux ou des pics d'actualité. Il a schématisé ce modèle d'analyse à travers le diagramme d'influence des différents liens de cause à effet.

Dans la même veine, Didier Heiderich, souligne dans un article « l'incertaine équation médiatique en situation de crise » publié en même temps dans Le Magazine de la Communication de crise et sensible traite de la difficulté de communiquer en situation de crise face aux médias. Il met en perspective les contingences de la presse et la prégnance des images, l'imagination des crises, les attentes du public, ceci afin de donner les limites des méthodes utilisées pour préparer les organisations à l'exercice médiatique.

Selon l'auteur la plupart des crises actuelles restent gravées dans nos mémoires individuelles et collectives. La société de l'image ne se limite pas à banaliser les crises. Parce qu'elle est ritualisée, entre rendez-vous médiatiques, flashs, information continue, mais aussi parce que les crises créent des images en rafales, nous assistons à un mode de consommation de la catastrophe qui transcende l'espace de nos vies, modifie la nature même du temps pour le contraindre au rythme d'une actualité sans cesse en mouvement, stimule l'imaginaire. La communication médiatique de crise consiste à répondre à ces instances, à apporter des réponses à l'inexpliqué et parfois l'inexplicable, de participer à une lutte sans merci, image contre image, paradigme contre exemple, peurs contre actions, victimes contre coupables. Cette contribution traite de cette intrusion prégnante d'un réel sublimé par l'image qui oblige les acteurs de la crise à s'emparer de cette réalité exaltée qui agit sur l'action jusqu'à parfois la piloter. De l'avis de ce chercheur, en situation de crise, la pression médiatique s'exerce dans un champ qui demande aux protagonistes de participer au processus qui transcende la réalité. Ainsi, il ne s'agit plus de répondre uniquement aux questions légitimes qui se posent, d'effectuer pour cela du média training - nécessaire mais insuffisant - mais de construire le réel dans et au-delà du cadre imposé par les médias et leurs rites pour atteindre ceux à qui les messages sont destinés. Il estime qu'en situation de crise, l'on assiste à la dictature du temps, avec l'enchevêtrement de plusieurs temporalités, entre le temps de la gestion de la crise, le temps de la communication vers les différents publics, le temps politique et la tyrannie du temps médiatique. Polymorphe, le temps est contraint, raccourci, rare, insaisissable et donc précieux en situation de crise. Communiquer rapidement, le plus souvent sur un plan technique, vers de multiples acteurs, de façon cohérente est un impératif, car il s'agit d'abord de gérer la crise. Mais pour le public, la première phase d'une crise est émotionnelle, ce dont s'emparent en premier lieu les médias. En corolaire de l'émotion, l'attente à la réponse de la question légitime « que s'est-il passé ? ». Ainsi, entre gestion et émotion, tout se joue. Car la presse s'empare de l'émotion, la ritualise et lui donne corps. Ainsi, entre émotion et questionnement, les médias effrayent, à juste titre ceux à qui revient le difficile exercice de la prise de parole.

Didier Heiderich estime qu'en période de crise, le silence est un aveu de culpabilité, une chaise vide le signe de l'impuissance. Il faut donc répondre et répondre juste dans les temps imposés. Car au-delà de l'émotion se pose immédiatement la question « que s'est-il passé ? » qui résonne comme une sentence premières attitudes sont déterminants, il est donc nécessaire de leur donner de la substance.

Pour être efficace, la préparation de la communication de crise se doit, selon l'auteur d'être infrastructurelle et se soustraire au détail pour s'adapter l'instant venu. Elle définit les règles d'organisation - simples - d'alerte et de mobilisation, les lieux et les moyens techniques nécessaires à la communication. Il s'agit selon lui d'élaborer très rapidement un discours cohérent fondé sur les objectifs de communication : alerter, protéger, contingenter l'espace de la crise pour en limiter les effets, puis reconstruire.

L'auteur conclut que la communication de crise a évolué ces dernières années pour pénétrer le champ normatif avec son cortège de méthodes, de stratégies et d'exercices. Elle fait face au spectacle audiovisuel, à ses rites et rendez-vous, à une réalité transcendée par les écrans, à l'infernale vitesse de l'information dans une société en demande d'images suffisamment fortes pour imprimer les vies, d'une incandescence qui tranche avec l'aseptisation croissante de l'occident, d'une vérité acceptable pour le corps social. L'exercice normé de la communication de crise trouve ses limites face à l'effroyable imagination des crises, à la tentative de renouer avec une réalité qui pourtant a déjà fait place à une autre. De ce point de vue, la communication de crise telle que les consultants la conçoivent procède en partie d'illusions managériales. Autrement dit, la communication de crise devra encore évoluer pour admettre qu'elle doit se conformer, non pas uniquement à des règles prédéfinies, mais accepter, avec une consciente modestie et intégrité, qu'à chaque fois, tout est à inventer car aucune crise ne ressemble à une autre. Ou alors, ce n'est pas une crise, mais un épisode tragique. Une organisation en crise ne devient pas ce qu'elle est, elle est ce qu'elle devient, ainsi.

Parmi les auteurs qui ont récemment élaboré sur l'influence des médias sur les événements socio-politiques, nous pouvons convoquer Brigitte L. NACOS, à travers l'ouvrage : Médias et terrorisme : du rôle central des médias dans le terrorisme et le contre-terrorisme. L'auteur pense que les médias sont l'oxygène du terrorisme, car ce que les terroristes recherchent avant tout, c'est la publicité. Il poursuit que plus l'acte est violent, plus la couverture médiatique sera forte. Au travers d'exemples connus, l'attentat du 11 septembre 2001, la crise des otages européens aux Philippines, les attentats éco-terroristes et les manifestations de violence lors des sommets mondiaux, l'ouvrage montre comment les médias jouent, sans le vouloir, un rôle central dans la stratégie terroriste. L'auteur souligne en effet la tendance des médias à accorder une attention extrême à tout acte de violence politique, même mineur, et à passer sous silence l'information moins spectaculaire, comme l'action de manifestants pacifique ou la lutte antiterroriste. Une tendance qui déséquilibre l'information et fait le jeu des plus violents. Elle met également en lumière le parti que les terroristes savent tirer des nouvelles technologies de l'information, courrier électronique et réseau internet, pour transmettre leurs messages de manière extraordinairement efficace et à moindre frais et pour recruter des adeptes.

Sur un double plan déontologique et éthique, l'ouvrage : Principes du journalisme, oeuvre commune des auteurs Bill Kovach et Tom Rosenstiel scelle en quelque sorte le contrat entre les journalistes et le public. Le livre constate la crise de confiance du public à l'égard des journalistes et décrit parfaitement les manquements de la profession qui expliquent cette attitude. La confusion des genres qui brouillent la frontière entre journaliste et animateur, le souci de faire de l'audience et l'impératif de rentabilité, le manque de rigueur, sont autant des récriminations des deux auteurs contre les acteurs médiatiques. Le livre tente ainsi de redéfinir le rôle premier du journalisme et les principes fondamentaux qui l'animent. Les deux auteurs estiment par exemple que la première obligation du journaliste est la vérité. Selon eux, le journaliste doit servir en priorité les intérêts du citoyen et doit vérifier ses informations. Cette posture rejoint en quelque sorte notre préoccupation que nous avons exprimée sur la couverture médiatique de l'épidémie du cholera où la logique émotionnelle a pris le dessus sur la logique rationnelle.

Dans le domaine de la communication sociale, l'ouvrage de Chindji Kouleu Ferdinand intitulé  Communication et mobilisation sociales au Cameroun  est une contribution significative dans les politiques de mobilisation sociale au Cameroun. L'auteur qui s'est abondamment inspiré de l'Ecole de Palo Alto souligne que l'homme et la société ne peuvent pas se passer de la communication (on ne peut pas ne pas communiquer). Pour étayer son argument, il affirme que même la société animale se sert de la communication. Mais pour que cette communication serve efficacement les intérêts de la population, cet enseignant en sciences de l'information et de la communication recommande qu'on prenne en compte les logiques locales. En matière de santé maternelle et infantile par exemple, il préconise une communication fondée sur les valeurs locales des populations tout en tenant compte de leur vision du monde. Il n'est pas bon, avertit-il, « de les arracher brutalement à leurs traditions millénaires, mais plutôt d'essayer de les comprendre et de concilier les deux mondes ». Ce sociologue met ainsi l'accent sur l'ethnométhodologie qui permet d'aborder les phénomènes sociaux selon les logiques locales. Pour que les messages soient efficaces et atteignent leurs cibles, il faut, conclut-il, « les formuler en fonction des croyances de la population et des systèmes de valeurs traditionnelles plutôt qu'en termes techniques ». L'ouvrage de Chindji Kouleu accorde à la communication un rôle central dans les politiques de mobilisation sociale avec un accent sur la prise en compte des réalités in situ.

Dans une contribution au débat sur le statut de journaliste au Cameroun, Chindji Kouleu évoque, à travers  Journaliste sans journal, l'intrusion dans le métier de journaliste des personnes sans qualité. Au Cameroun, remarque-t-il, « chacun pense qu'il suffit de savoir former une phrase correcte pour devenir journaliste, plein de gens deviennent journalistes par accident et non par vocation ». L'auteur compare le journalisme camerounais au domaine politique où « chaque retraité s'imagine qu'il ne lui reste plus qu'à se lancer dans la politique ». Pourtant, s'indigne-t-il, les métiers du monde nécessitent un apprentissage. Il estime que le diplôme professionnel à lui tout seul ne suffit pas pour être un bon journaliste mais s'interroge : est-ce pour autant qu'on peut être journaliste sans journal fixe ? Cette lancinante question de l'auteur rejoint l'une de nos questions de recherche relative au profil des acteurs médiatiques dans la gestion de l'épidémie de cholera.

Dans un excellent article publié dans Le Monde Diplomatique (octobre 2003), Ignacio Ramonet considère les médias comme des instruments de domination culturelle. Selon lui, Médias et programmes sont contrôlés par quelques «multinationales de la communication» qui diffusent ainsi normes et modèles culturels à l'échelle planétaire. Cet article dénonce les «archipouvoirs des mégagroupes médiatiques de notre temps» et suggère la création d'un «cinquième pouvoir» pour que soit garanti le droit à une «information non contaminée».

L'auteur souligne que contre les abus des trois pouvoirs traditionnels, la presse et les médias ont été, pendant de longues décennies, dans le cadre démocratique, un recours des citoyens. Selon l'auteur les trois pouvoirs traditionnels - législatif, exécutif et judiciaire - peuvent faillir, se méprendre et commettre des erreurs. Depuis une quinzaine d'années, remarque-t-il, à mesure que s'accélérait la mondialisation libérale, le «  quatrième pouvoir » a été vidé de son sens, il a perdu peu à peu sa fonction essentielle de contre-pouvoir. Le pouvoir véritable est désormais détenu écrit-il, par un faisceau de groupes économiques planétaires et d'entreprises globales dont le poids dans les affaires du monde apparaît parfois plus important que celui des gouvernements et des Etats. Ce sont eux les « nouveaux maîtres du monde » qui se rassemblent chaque année à Davos, dans le cadre du Forum économique mondial, et qui inspirent les politiques de la grande Trinité globalisatrice : Fonds monétaire international, Banque mondiale et Organisation mondiale du Commerce.

La mondialisation selon Ignacio Ramonet, c'est donc aussi la mondialisation des médias de masse, de la communication et de l'information. Préoccupés surtout par la poursuite de leur gigantisme, qui les contraint à courtiser les autres pouvoirs, ces grands groupes ne se proposent plus, comme objectif civique, d'être un « quatrième pouvoir » ni de dénoncer les abus contre le droit, ni de corriger les dysfonctionnements de la démocratie pour polir et perfectionner le système politique. Ils ne souhaitent même plus s'ériger en « quatrième pouvoir », et encore moins agir comme un contre-pouvoir.

Il faut, préconise Ignacio Ramonet, tout simplement, la création d'un « cinquième pouvoir » qui nous permette d'opposer une force civique citoyenne à la nouvelle coalition des dominants et dont la fonction serait de dénoncer le superpouvoir des médias, des grands groupes médiatiques, complices et diffuseurs de la globalisation libérale.

L'auteur trouve que médias de masse et mondialisation libérale sont intimement liés. C'est pourquoi il semble urgent de développer une réflexion sur la manière dont les citoyens peuvent exiger des grands médias davantage d'éthique, de vérité, de respect d'une déontologie qui permette aux journalistes d'agir en fonction de leur conscience, et non en fonction des intérêts des groupes, des entreprises et des patrons qui les emploient. Dans la nouvelle guerre idéologique qu'impose la mondialisation, les médias sont utilisés comme une arme de combat. L'information, en raison de son explosion, de sa multiplication, de sa surabondance, se trouve littéralement contaminée, empoisonnée par toute sorte de mensonges, polluée par les rumeurs, par les déformations, les distorsions, les manipulations.

En dernière analyse, l'éditorialiste du Monde Diplomatique estime que comme la nourriture, l'information est contaminée. « Elle nous empoisonne l'esprit, nous pollue le cerveau, nous manipule, nous intoxique, elle tente d'instiller dans notre inconscient des idées qui ne sont pas les nôtres ». Il faut décontaminer préconise-t-il, l'information. C'est pourquoi, il propose que les citoyens doivent se mobiliser pour exiger que les médias appartenant aux grands groupes globaux respectent la vérité, parce que seule la recherche de la vérité constitue en définitive la légitimité de l'information.

L'auteur propose ainsi la création de l'Observatoire international des médias (en anglais : Media Watch Global). Pour disposer enfin d'une arme civique, pacifique, dont pourront se servir les citoyens afin de s'opposer au nouveau superpouvoir des grands médias de masse. Cet observatoire argumente-t-il, est une expression du mouvement social planétaire rassemblé à Porto Alegre (Brésil). En pleine offensive de la globalisation libérale, il exprime la préoccupation de tous les citoyens devant la nouvelle arrogance des industries géantes de la communication. Selon lui, la force de cette association est avant tout morale car explique-t-il « elle réprimande en se fondant sur l'éthique et sanctionne les fautes d'honnêteté médiatique au moyen de rapports et d'études qu'elle élabore, publie et diffuse ». L'Observatoire international des médias constitue ainsi un indispensable contrepoids à l'excès de pouvoir des grands groupes médiatiques qui imposent, en matière d'information, une seule logique - celle du marché - et une unique idéologie - la pensée néolibérale. Elle se propose également de prévenir la société contre les manipulations médiatiques qui, comme des épidémies, se sont multipliées ces dernières années.

Après la lecture de tous ces travaux, une constance se dégage : ici et ailleurs, aucune recherche ne s'est véritablement intéressée à la dimension communicationnelle dans la gestion des crises, notamment des épidémies. Tous les chercheurs dont les travaux viennent d'être parcourus se sont beaucoup plus attardés soit à la description des situations des crises ou alors à l'analyse des influences des médias. Notre travail vient ainsi combler ce vide en mettant en relief la place de la communication dans la gestion des épidémies, notamment l'épidémie du cholera dans la région de l'Extrême-Nord Cameroun.

La deuxième partie de cette étude est consacrée à la méthodologie utilisée pour éprouver nos hypothèses de notre travail. Le chapitre troisième traite du cadre opératoire, de l'échantillonnage et des instruments statistiques. A travers des enquêtes, des entretiens et la recherche documentaire, nous avons obtenu des données qui vont servir à la vérification et à la validation de nos hypothèses. La présentation de la Région de l'Extrême-Nord et du département du Mayo-Tsanaga, notre zone étude donnera une indication sur les conditions qui favorisent les crises en général et l'épidémie de cholera en particulier dans cette partie du pays. Le chapitre quatrième s'attèle à la présentation, à l'interprétation et à la discussion des résultats obtenus. C'est ici que nous procédons véritablement à la vérification de nos hypothèses de départ en rapport avec les orientations fixées à la première partie de notre travail.

Ce chapitre nous permet de décliner la méthodologie qui aura permis de cerner le problème central et d'éprouver nos hypothèses de recherche. Il s'agit ici de l'ensemble des démarches que nous avons entreprises afin de recueillir des informations et de les traiter. Pour ce faire, notre travail dans ce chapitre consiste à présenter :

-la population de l'étude

-l'échantillon et la technique d'échantillonnage

-les techniques de collecte des données

-la méthode d'analyse des données

-le déroulement de l'enquête.

Mais avant de dérouler toute cette progression, il importe pour nous de présenter la zone d'étude, le département du Mayo-Tsanaga

3-1-1-PRESENTATION DE LA ZONE D'ETUDE

Avant de présenter notre zone d'étude, il est utile de présenter brièvement la Région de l'Extrême-Nord dont dépend le département du Mayo-Tsanaga.

3-1-1-1- L'EXTREME-NORD : UNE ZONE CRISOGENE

Avec une population de 3 480 414 habitants, la région de l'Extrême-nord est la région la plus au Nord du Cameroun. Elle est constituée de six départements que sont le Diamaré, le Mayo-Danay, le Mayo-Kani, le Mayo-Sava, le Logone et Chari et le Mayo- Tsanaga.

Sur le plan géographique, l'Extrême-Nord est situé entre le 10° N et le 13° N en plein coeur de la zone tropicale au climat soudano-sahélien. Il partage des frontières communes et poreuses avec le Tchad, le Nigeria et le Niger. La situation géographique de la région, le brassage et la grande mobilité des peuples situés de part et d'autre de ces frontières sont propices aux épidémies.

Sur le plan physique cette région est divisée en trois sous-régions naturelles que sont les Monts Mandara, la plaine du Diamaré et les zones inondables du Logone et Chari. Chaque sous-région a des caractéristiques naturelles qui jouent un rôle important dans les phénomènes pathologiques.

Les Monts Mandara sont une région constituée des hauts massifs aux pentes brutales dont l'altitude varie entre 500 et 1500 mètres et qui sont multipliés et isolés les uns des autres par un compartimentage et un cloisonnement dus à la tectonique. Ils constituent également une partie aux précipitations relativement abondantes par rapport aux autres zones de l'Extrême-Nord. Les moyennes annuelles varient entre 600 et 1100 mm.

La plaine du Diamaré et de Kaélé est une zone marquée par une série d'inselbergs notamment les massifs de Moutourwa, Moumour, Mindjiving, Boboyo, Lara, Tchéodé et de Gadas au sud et la « dent de Mindif », le massif de Bogo et les chaînes montagneuses longeant la ligne Maroua-Mora. C'est une région caractérisée par l'extension des dépôts argileux localement appelés karal favorables à la culture au mil repiqué (mouskouari). Ces vertisols côtoient souvent des sols érodés riches en sodium impropres aux cultures localement appelés harde. A l'est de Mindif, les milieux naturels sont très variés. Les bandes sableuses sèches propices aux cultures sous pluies alternent avec des sols argileux favorables aux cultures désaisonnées. Cette région est moins arrosée que les Monts Mandara, car les valeurs annuelles de précipitations sont comprises entre 600 et 800 mm. En raison de la faiblesse des précipitations, cette région dispose d'une végétation pauvre constituée des essences telles que le Ziziphus mauritania, l'Acacia seyal, le Balanites aegyptiaca, le Tamarindus indica, le Khaya senegalensis et l'Anogeissus leiocarpus dont certaines espèces sont utilisées comme remèdes traditionnels (ATLAS de la province de l'Extrême-Nord : 2005).

Au nord de la plaine du Diamaré s'étend une large région inondable appelée la dépression tchadienne. Cette région plane appelée yaere est constituée de sols homogènes, hydromorphes et argileux. Les yaere portent des savanes herbeuses à graminées vivaces composées d'Hyparrhenia rufa, d'Eragrostis atrovirens, de Panicum anabaptitum, d'Eriochloa nubica, et d'Oryza barthii. Les arbustes dominants sont le Balanites aegyptiaca et le Ziziphus mauritania. (ATLAS, op.cit)

L'Extrême-Nord du Cameroun est peuplé de plusieurs groupes humains divisés en trois groupes selon les convictions religieuses à savoir les musulmans, les convertis au christianisme et les adeptes des religions traditionnelles. Le groupe musulman est constitué des ethnies suivantes : les Foulbé, les Arabes Choa, les Kanouri, les Kotoko, les Mandara, les Damergou et les Haoussa. Les peuples des religions traditionnelles sont divisés en deux grands groupes en fonction de leur milieu de vie : il y a ceux de la plaine et ceux des montagnes. Les populations de plaine sont les Massa, les Moundang, les Guiziga, les Toupouri, les Guidar, les Mousgoum, les Moussey et les Guissey. Les populations de montagne sont les Mafa, les Kapsiki, les Hidé, les Mofou, les Mouyengué, les Minéo, les Hina, les Mbokou, les Mada, les Maba, Podoko, les Ouldémé, les Mouktélé, les Zoulgo.

Sur le plan sanitaire, la région compte 28 districts de santé, 269 aires de santé et 238 centres de santé intégrés.

3-1-1-1-2 : LE MAYO-TSANAGA : L'HOSTILITE DE LA NATURE

Le département du Mayo-Tsanaga est situé dans la Région de l'Extrême-Nord avec une superficie d'environ 4 527 km2 et une population de 699 971 habitants selon les résultats du 3ème Recensement général de la Population et de l'Habitat. Il est limité au Nord par le Mayo-Sava, au Sud par la Bénoué, à l'Est par le Diamaré et à l'Ouest par la République fédérale du Nigeria avec laquelle il partage environ 132 km de frontières terrestres.

Le département du Mayo-Tsanaga compte sept arrondissements: Mokolo, Bourha, Koza, Mayo-Moskota (Mozogo), Mogodé, Hina, Soulede-Roua (Roua).

a-Le relief

Sur le plan physique, le relief du Mayo-Tsanaga est très accidenté s'élevant à plus de 1000m d'altitude à certains endroits (1492 m pour le Mont Oupay, 1421 m pour Ziver, et certains pics, 1302 m et 1728 m pour Kapsiki). (BONIFICA 1992).

b-Le climat

Le département est sous l'influence de la zone éco-climatique soudanienne et sahélienne. Par conséquent, le climat est du type soudano sahélien de montagne. L'alternance des régimes de la mousson et de l'harmattan caractérise deux saisons.

c-La pluviométrie

La hauteur pluviométrique et la répartition des précipitations sont influencées par le système de pression atmosphérique. La circulation saisonnière en altitude des masses d'air est influencée par le Front Intertropical (FIT) qui constitue la zone de contact de l'air continental sec avec l'air maritime de la mousson du Sud Ouest ce qui entraîne les précipitations en « hivernage » (de mai jusqu'à septembre). Les premières pluies interviennent à partir d'avril jusqu'en octobre. Mais les pluies sont beaucoup plus concentrées pendant les mois de juillet, août et septembre. Une petite saison de pluies se situe pendant la « saison sèche » d'octobre à avril. La moyenne pluviométrique annuelle est autour de 1000 mm.

d- Répartition de la population

Selon le 3ème RGPH, la population totale du Mayo-Tsanaga est estimée à 699 971 habitants repartie comme suit : Population Urbaine : 70 864 habitants, Population rurale : 629 107 habitants. Cette population est répartie par arrondissement selon le tableau suivant :

Tableau n°2 : Estimation de la population du Mayo-Tsanaga par arrondissement

Arrondissements

Population urbaine 2010

Population rurale 2010

Observations

01

MOKOLO

33 335

208 939

 

02

BOURHA

8542

80 043

 

03

KOZA

9723

71 353

 

04

MOGODE

7201

105 704

 

05

MAYO-MOSKOTA

6281

67 435

 

06

HINA

3901

39 854

 

07

SOULEDE-ROUA

1881

55 779

 

11

DENSITE

154, 62 hbts/km2

 

Source: DD/MINEPAT MAYO-TSANAGA, juin 2011

La population du Mayo-Tsanaga a une densité élevée, les mosaïques d'ethnies ont diverses croyances : chrétiens, adeptes des religions traditionnelles et musulmans. C'est une population essentiellement constituée d'agriculteurs et d'éleveurs commerçants et artisans. Selon le 3ème RGPH, le nombre d'enfants de 0 à 5 ans est estimé à environ 20%.

e-les mouvements démographiques

Les mouvements migratoires dans le département du Mayo-Tsanaga sont de moins en moins importants ces dernières années. Dans les années antérieures, les populations migraient vers le projet de colonisation de la province du Nord (NEB et SEB). Actuellement, les jeunes en quête d'emploi vont dans les grandes villes (Douala, Yaoundé, Garoua...). Les jeunes filles également migrent vers les grandes villes où elles se livrent à des activités indécentes. Pendant la période de fête de fin d'année, ces jeunes reviennent fêter en famille. Le mouvement des immigrants nigérians est saisonnier en saison de pluies. Le long de la frontière avec le Nigeria à partir d'Assighassia jusqu'au secteur de Djibrili, Tourou et Boukoula, les Nigérians viennent louer les champs pendant la saison de pluies pour la culture. Après les récoltes, ils rentrent chez eux. Les cantons où les mouvements migratoires vers les grandes villes camerounaises sont perceptibles sont : Moufou Sud, Mokong, Boula, Tourou (dans Matakam Sud). Ce sont ceux-là qui reviennent en fin d'année fêter avec leur famille.

f-la santé :

Dans le domaine de la santé, six services de santé de district encadrent le département : les districts de santé de Mokolo, de Bourha, de Hina, de Mogodé, de Soulédé-Roua et de Koza-Mozogo. Les infrastructures sanitaires du Mayo-Tsanaga classées par catégorie se présentent comme suit :

Tableau n°3 : classement des formations sanitaires du Mayo-Tsanaga

Arrondissements (Service de Santé de District)

Hôpital de District

CSI Public

Hôpital Privé

CSI Privé

Observations

01

Mokolo

01

09

00

05

Créé non fonctionnelle ancienne léproserie

02

Mogodé

01

04

 

03

Privé confessionnel

03

Soulédé-Roua

01

02

03

02

Privé confessionnel

04

Koza et Mozogo

0

10

01

02

Privé confessionnel

05

Bourha

01

04

01

 
 

06

Hina

01

04

01

 
 

TOTAL du Département

05

29

06

12

 

Source : District de Santé de Mokolo, juin 2011

g- Eau et Energie

La Camerounaise des Eaux(CDE) ravitaille dans la mesure du possible la ville de Mokolo alors que Koza et Mayo-Moskota sont approvisionnés par quelque bornes- fontaines. En milieu rural, les 454 villages que compte le département s'alimentent à partir de 1 320 points d'eau (forage et puits confondus). Le constat qui se dégage est que le nombre de la population par point d'eau avoisine 576 habitants. Un ratio très supérieur à l'objectif des pouvoirs publics qui est celui de 250 à 300 habitants par point d'eau.

Tableau n°4 : Inventaire des points d'eau dans le Mayo-Tsanaga

Arrondissement

Nombre de Points

Populations 2010

Observations

01

Mokolo

424

242274

1 point pour 702 personnes

02

Soulédé-Roua

78

57660

1 point d'eau pour 884 personnes

03

Mayo-Moskota

187

73716

1 point d'eau pour 507 personnes

04

Mogodé

174

112905

1 point d'eau pour 464 personnes

05

Bourha

154

88585

1 point d'eau pour 454 personnes

06

Koza

147

81076

1 point d'eau pour 692 personnes

07

Hina

156

43755

1 point d'eau pour 296 personnes

Source : DD/MINEPAT MAYO-TSANAGA, juin 2011

NB : Un point d'eau désigne un puits à ciel ouvert ou un forage équipé

Nombre de points d'eau estimé à 1 320.

- Nombre d'habitants par rapport au point d'eau : 699  971 / 1320 = 606 habitants par point d'eau.

En conclusion, il y a un déficit énorme en nombre de points d'eau dans le Mayo-Tsanaga. Ce déficit est répertorié dans le tableau ci-dessous.

Tableau n°5 : Présentation du déficit en points d'eau dans le Mayo-Tsanaga

Arrondissements

Population en 2010

Nombre de forages creusés

Population

Ratio = ----------

Point d'eau

Déficit en forages

01

Hina

43 755

158

1 point d'eau pour 277 personnes

0 point d'eau

02

Mogodé

112 905

176

1 point d'eau pour 642personnes

200 points d'eau

03

Koza

81 076

147

1 point d'eau pour 551personnes

123 points d'eau

04

Mayo-Moskota

73716

187

1 point d'eau pour 394 personnes

59 points d'eau

05

Bourha

88 585

155

1 point d'eau pour 572 personnes

140 points d'eau

06

Mokolo

242 274

437

1 point d'eau pour 554personnes

370 points d'eau

07

Soulede-Roua

57 660

79

1 point d'eau pour 730personnes

113 points d'eau

Total Mayo-Tsanaga

699971

1339

1 point d'eau pour 523personnes

994 points d'eau

Source: DD/MINEE/MAYO-TSANAGA, juin 2011

A partir de ce tableau, il ressort que la norme OMS de 300 personnes par point d'eau est largement dépassée. En résumé, à peine 32% de la population du Mayo-Tsanaga a accès à l'eau potable. Le déficit en points d'eau auquel vient se greffer l'hostilité de la nature pose un réel problème de santé des populations du département du Mayo-Tsanaga. La récurrence et l'ampleur des maladies diarrhéiques ont pour causes le manque d'eau qui est devenue une caractéristique majeure de cette unité administrative. Ce n'est pas donc surprenant si l'épidémie de cholera trouve un terrain de prédilection dans cette unité administrative.

La principale source d'énergie reste Aes-Sonel. Sur les sept arrondissements, cinq sont électrifiés. Il s'agit des arrondissements de Mokolo, de Koza, de Bourha, de Mogodé et de Mayo-Moskota. L'arrondissement de Hina et celui de Soulede-Roua attendent le programme d'électrification rurale que réalise le projet PERPEN. En zone rurale, sur 454 villages que compte le département, seuls neuf sont connectés au réseau Aes-Sonel, soit un pourcentage de moins de 5%. Il s'agit de Zamay, Mokong, Rhoumzou, Rhumsiki, Guili, Tchévi, Djingliya, Kossehone et Moskota. Les travaux d'électrification sont partiellement réalisés puis abandonnés dans quatre localités, à savoir : Gaboua, Soulédé-Roua, Tourou et Hina.

h-Les langues nationales couramment parlées.

De manière générale, les langues les plus parlées dans le département sont les suivantes : le mafa, le foufoulde, le hina, le kapsiki, le tourou, le daba et le djimi.

i-Agriculture

Le département du Mayo-Tsanaga a un climat de type soudano-sahélien de montagne. La moyenne pluviométrique annuelle qui est d'environ 1000 mm/an favorise la culture du coton comme l'unique culture de rente du département. Les principales cultures vivrières que sont le maïs, le sorgho, les arachides etc donnent de bons rendements malgré la pauvreté des sols qui nécessitent des amendements en engrais chimique ou organique.

j- Communication

La communication est assurée par l'antenne CRTV et la Radio communautaire de Mokolo. L'antenne CRTV utilise un émetteur de puissance 400W et de 30 kilomètres de rayon. La radio de l'antenne CRTV a une puissance de 30W et son champ va à un km de rayon. Il est à signaler que le besoin en renouvellement des équipements (1 feeder de 70m pour le signal radio) de CRTV de Mokolo s'impose à cause de la vétusté des appareils. A cela, s'ajoute le besoin en personnel pour compléter les quatre existants. Les travaux de finition du bâtiment, installation des appareils et meubles de la Radio Communautaire de Mokolo ont pris fin en 2007. Après l'installation des appareils d'émission, des essais concluants ont été réalisés. Ces essais ont permis de déterminer les zones ci-dessous couvertes par la Radio Communautaire de Mokolo. Il s'agit de :

- arrondissement de Soulede-Roua

- arrondissement de Mayo-Moskota

- arrondissement de Hina

- arrondissement de Mogodé

- arrondissement de Bourha

- arrondissement de Mokolo (Mokolo centre et plaine)

- Une partie de l'arrondissement de Koza.

Cette Radio Communautaire qui emploie neuf personnes rencontre des difficultés liées à la contribution financière des communes. D'où un appel lancé aux forces vives du Mayo-Tsanaga, pour les contributions des communes et l'achat d'un groupe électrogène de 20 KVA pour relayer la SONEL.

3-1-1-1-3-SITUATION EPIDEMIOLOGIQUE DU CHOLERA DANS LA REGION DE L'EXTREME-NORD DEPUIS 1996

Le choléra constitue un problème majeur de santé publique dans la Région de l'Extrême-Nord. Après quelques années d'accalmie dans les années 1990, de nouveaux épisodes d'épidémie ont ressurgi dans la Région depuis 2009. Entre 1996 et 2010, la région de l'Extrême-Nord a connu des épidémies en saison pluvieuse comme en saison sèche. Parmi toutes les épidémies, celles du choléra ont attaqué le plus de population avec une létalité très élevée. L'évolution de l'épidémie est résumée à travers ce tableau suivi de la figure ci-dessous.

Tableau n°6 : évolution des épidémies du choléra dans la région de l'Extrême-Nord

Cas

2703

1725

3469

227

0

266

0

0

Année

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

Décès

284

182

270

31

0

7

0

0

Cas

746

694

804

0

0

333

9404

 

Année

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

 

Décès

-

-

-

0

0

-

601

 

Source : enquête de terrain, mai 2011

Figure n°1 : Evolution de cas et décès du cholera de 1996-2010

Source : Délégation régionale de la Santé Publique Extrême-Nord, mai 2011

Depuis le 06 mai 2010, une nouvelle épidémie s'est déclenchée dans le district de santé de Makary. Elle s'est de façon progressive répandue dans tous les districts de santé de la Région. Au total, les statistiques font état de 9 426 cas avec 601 décès dans la région. La majorité des décès surviennent en famille dans la communauté, c'est-à-dire sans que les malades n'atteignent les centres de prise en charge pourtant gratuite.

3-1-1-1-4-BILAN DE L'EPIDEMIE DU CHOLERA EN 2010

Le premier cas de la maladie a été notifié le 06 mai 2010 dans le district de santé de Makary, plus précisément au Centre de santé intégré de Ngouma. Selon le chef de service de district de Makary, il s'agit d'un jeune homme de 25 ans venant du district de santé de Mada et qui avait séjourné dans un village frontalier du Nigéria, appelée Kirta Farança où sévissait l'épidémie. Cette épidémie s'est ensuite propagée de proche en proche, à cause de la saison des pluies et de la grande mobilité des populations le long de cette frontière. Tous les 28 districts de santé de la région ont progressivement été atteints.

Les figures ci-dessous illustrent l'ampleur de l'épidémie dans les différents districts de santé ainsi que la répartition des cas et décès par tranches d'âge et par sexe.

Cas = 9 373; Etrangers= 168; Décès = 601; En communauté= 302; Hospitalisé= 14.

Figure n°2 : Description de l'épidémie et répartition des cas et décès par district de santé

Source : Délégation régionale de la Santé Publique Extrême-Nord, mai 2011

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"La première panacée d'une nation mal gouvernée est l'inflation monétaire, la seconde, c'est la guerre. Tous deux apportent une prospérité temporaire, tous deux apportent une ruine permanente. Mais tous deux sont le refuge des opportunistes politiques et économiques"   Hemingway