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Kaamelott humour télévisuel et série intertextuelle


par Sébastien Brossard
Université de Franche-Comté - M2 Discours Texte Communication Documentation 2012
  

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Directeur de recherches : Mongi Madini Session 2012

Maître de conférences à l'Université de Franche-Comté

Master 2

Discours, texte, documentation, communication

Kaamelott

Humour télévisuel et série intertextuelle

Mémoire présenté et soutenu publiquement par

BROSSARD Sébastien

Brossard Sébastien Kaamelott : humour télévisuel et série intertextuelle 2

Remerciements

J'exprime ma profonde gratitude à Monsieur Madini, mon directeur de recherches, pour avoir accepté de m'accompagner dans cette aventure intellectuelle qu'est la réalisation d'un mémoire. Ses conseils judicieux et sa confiance m'ont permis de mener à bien ce projet. Je témoigne toute ma reconnaissance à Madame Chauvin-Vileno pour m'avoir conseillé dans le choix de mon directeur de recherche ainsi qu'à Monsieur Viprey de m'avoir encouragé à poursuivre mon parcours avec ce sujet. Je tiens également à remercier toutes les personnes qui ont contribué à mon parcours universitaires, étudiants, enseignants et administratifs compris. Je remercie plus particulièrement Nicole Salzard pour son aide au laboratoire LASELDI.

Enfin je tiens à adresser toutes mes amitiés à Martin Grand pour son scepticisme concernant le sérieux de ce sujet et de la série Kaamelott et qui désormais a fini par l'apprécier, je l'espère un peu grâce à mon travail.

Je n'oublie pas non plus Emeline Gaudot pour ses judicieux conseils de mise en page et de lecture. Pour les mêmes raisons j'adresse toute ma gratitude et mon amitié à Clémentine Vermot-Desroches, Thibaud Nedey, Marie Laure Louis pour ma photo de couverture ainsi qu'à Alexandre Mathiot pour nos séances de visionnage et surtout pour ses précieuses relectures, à Sébastien Hacquard pour sa patience et à Ludovic Nicot ainsi qu'à ma soeur Sandra pour m'avoir persuadé que cette série me ferait rire, je pense avoir dépassé ses espérances.

Je ne saurais conclure ces remerciements sans évoquer mes parents qui m'ont permis d'accéder à cette formation avec tout le soutien moral et matériel que cela implique et de démontrer, puisqu'il est hélas encore utile de le faire, que l'université est un merveilleux lieu d'émancipation et un rempart contre la reproduction sociale.

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Sommaire

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Remerciements 2

Bilan de recherche 6

Kaamelott : Du programme court humoristique au format américain dramatique

10

1. Le phénomène des programmes courts humoristiques 11

2. La télévision, objet culturel 13

3. Les séries, un atout majeur pour la télévision du XXIème siècle. 14

4. M6 et les programmes courts. 15

5. Evolution de Kamelott. 17

6. La distribution et ses spécificités. 18

7. L'intrigue. 20

8. La communauté de fans. 23

Kaamelott :26De la Légende Arthurienne à Michel Audiard, une série construite

sur plusieurs niveaux d'intertextualité. 26

1. Les origines 27

2. Le formalisme russe. 29

3. La transtextualité de Genette. 30

4. Le pastiche 31

Les traces de contemporanéité dans Kaamelott, une astuce scénaristique pour

évoquer le siècle du téléspectateur. 45

1. Présentation du corpus 46

2. Contextualisation des thèmes analysés. 47

3. Analyse des épisodes. 49

Conclusion 72

Bibliographies 76

Livres 77

DVD 77

WEBOGRAPHIE 78

Abréviations :

CC : Caméra Café

SDM : Scènes De Ménages AA : Alexandre Astier

LA : légende Arthurienne

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Brossard Sébastien Kaamelott : humour télévisuel et série intertextuelle 6

Bilan de

recherche

Brossard Sébastien Kaamelott : humour télévisuel et série intertextuelle 7

Une oeuvre n'est qu'une rencontre passagère dans notre vie mais il peut aussi être une trace indélébile. Cette pensée nous semble être une explication satisfaisante pour justifier le choix du sujet de ce mémoire. La rencontre avec la série Kaamelott il y a de cela quatre années nous a marqué profondément et nous a incité à nous y intéresser non plus avec le regard du spectateur ou du critique mais bien avec l'oeil du chercheur. Nous avons amorcé ce travail l'an dernier en nous intéressant à l'intertextualité, aux influences qui ont inspiré Alexandre Astier, l'auteur de la série, notamment Michel Audiard. Nous reviendrons sur cette référence majeure au cours du deuxième chapitre.

Nous restions donc dans le cadre de la série, sans la considérer en tant qu'objet télévisuel avec toutes les contraintes que cela implique.

L'objectif de ce mémoire est de démontrer en quoi Kaamelott n'est pas qu'une série française humoristique supplémentaire mais bien un programme original de qualité, bien qu'il soit diffusé sur une chaine commerciale, et ne se limitant pas à la télévision. Kaamelott est vouée à devenir une référence dans l'histoire de la fiction française, quelque soit le support et qui mérite qu'on lui consacre deux années universitaires.

Selon le Trésor de la Langue Française une série peut se définir comme un ensemble représentatif dans un domaine technique. Dans le domaine des arts, c'est « un ensemble composé d'oeuvres qui possèdent entre elles une unité et forment un tout cohérent ». Et pour le genre télévisuel c'est « une suite de feuilletons, de films, d'émissions liés par une unité de genre, de forme, de sujet ou de personnages ».

Nous avions donc conclu dans un travail précédent intitulé Kaamelott Humour, parodie et réflexion sur l'échec au vu des différents éléments techniques que l'oeuvre d'Alexandre Astier peut être considérer comme une série aussi bien au format télévisuel que sous la forme de bande dessinée et bientôt de long métrage pour le cinéma.

Les quatre premières saisons de Kaamelott sont composées de cents épisodes chacune, d'une durée de trois minutes trente secondes. Les saisons 5 et 6 comptent moins de dix épisodes mais ont une durée de cinquante deux minutes chacun.

Selon le Petit Larousse 2012 une saison est « l'ensemble des épisodes d'une série télévisée, diffusés à intervalles réguliers pendant une période déterminé ».

Les sujets récurrents sont la quête du Graal, les diverses quêtes secondaires ainsi que les problèmes de la vie quotidienne. Il y a une dizaine de personnages que nous retrouvons presque systématiquement durant les six saisons

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Selon Hegel « l'homme n'est rien d'autre que la série de ses actes ».1 La série évoque ici donc une construction, une évolution due à l'ajout de nouveaux éléments différents.

C'est un phénomène identique à celui défini par Hegel qui se produit dans le cas des séries télévisées. Kaamelott évolue au fil des épisodes avec l'ajout de nouveaux personnages qui deviendront pour certains d'entre eux récurrents. C'est le cas pour les chevaliers Yvain et Gauvain qui sont respectivement le frère de la Reine et le neveu du Roi. L'arrivée de ces deux personnages permet à l'auteur d'exploiter davantage le filon des intrigues familiales. Le Tavernier ou encore l'enchanteur Elias, rival de Merlin, sont deux autres personnages ajoutés et qui enrichissent la série avec l'apport de nouveau lieux et de nouvelles intrigues. L'arrivée de ces nouveaux personnages perturbe donc tout l'univers de la série et crée alors des situations nouvelles. Citons par exemple la rivalité entre Elias et Merlin qui provoquera le départ de ce dernier dans la saison 5 ou encore l'évolution du personnage de Lancelot qui, révolté par la bêtise et la faiblesse des autres chevaliers, passera de serviteur dévoué au Roi à traître qui décide de fonder son propre camp. L'évolution se ressent aussi du point de vue de l'espace puisque la série va progressivement quitter l'enceinte du château et évoluer dans de nouveaux lieux tels que la taverne le camp de Lancelot ou le domaine de Caïus.

Nous pouvons d'ailleurs faire la distinction entre série et feuilleton. La série est constituée d'épisodes que nous pouvons suivre indépendamment les uns des autres, même si quelques éléments comme les personnages et des événements font le lien, ayant un début et une fin. Le feuilleton est constitué également d'épisodes mais avec une fin ouverte permettant au scénariste d'introduire l'intrigue du prochain épisode et un début récapitulant les éléments essentiels de l'intrigue des épisodes précédents. Si nous suivons ces définitions de François Jost2, Kammelott serait dans un premier temps une série et deviendrait partiellement dans le livre IV et totalement dans les livres V et VI un feuilleton. Cependant, pour plus de commodité, nous allons systématiquement employer le mot série.

Nous retrouvons ces conditions en analysant plusieurs séries, quelque soit le format et la nationalité ou leur genre qu'il soit comique, dramatique, policier ou historique. La trame de fond, qu'il s'agisse d'un commissariat, un hôpital, Rome, un quartier aisé, une île ; etc. et les personnages récurrents constituent ce que nous pouvons nommer les invariants. Il en va de même pour la forme qui évolue rarement .La durée, l'ambiance, la réalisation, et l'habillage musical restent généralement sensiblement le même de la naissance à la mort d'une série. La seule constante est que cet habillage est intégralement composé par Alexandre Astier.

1 Hegel (Friedrich), Encyclopédie des sciences philosophiques en abrégé, 1830, Gallimard, 1990.

2 Jost (François), 50 fiches pour comprendre les médias, éd. Bréal, 2012

Kaamelott est un parfait contre exemple puisque tout a considérablement changé entre les quatre premières saisons et les deux suivantes. En effet, la série est passée du format court ou « shortcom » au format dit « américain ». Le nombre de plans et de décors s'est également multiplié. Le casting s'est considérablement renouvelé dans la saison 6. La trame de fond principal de la saison 6 s'est déplacée de la Bretagne à Rome et l'habillage musical ainsi que le générique ont été retravaillés.

Il est également important de préciser que généralement le genre conditionne la forme. Par exemple les séries policières ou dramatiques, américaines et européennes, ne sont jamais des formats vingt-six minutes ou shortcom Cette durée est réservée aux sitcoms telles que Friends, Hélène et les garçons mais également à certains soap3 comme Plus belle la vie, aux intrigues plus légères et évidemment à Un gars, une fille, SDM ou CC.

Ainsi Kaamelott entre parfaitement dans cette logique. Il s'agit d'abord d'un format court n'ayant d'autre prétention que de faire rire le téléspectateur et évolue à un format cinquante deux minutes (américain) à mesure que son ambition dramatique grandit.

Pour mener à bien ce travail, nous allons étudier la télévision qui est le support principal de Kaamelott et plus particulièrement les séries télévisées. Ensuite nous chercherons à déterminer si Kaamelott appartient au registre de la parodie ainsi que ces liens avec la LA. Enfin nous analyserons une sélection d'épisode traitant tous de sujet postérieur au Moyen Age afin de caractériser une autre spécificité de la série. Toutes ces étapes vont nous permettre de vérifier notre hypothèse de départ.

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3 Cette désignation provient du fait que les premiers feuilletons radiophoniques américains étaient produits1 et sponsorisés2 par des fabricants de savons et autres produits d'hygiène comme Procter & Gamble, Colgate-Palmolive et Lever Brothers. Aux États-Unis, les premiers soap operas étaient radiodiffusés en semaine, à une heure où ils pouvaient être suivis par les femmes au foyer ; ces feuilletons sont donc conçus à l'origine pour une audience majoritairement féminine.

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Kaamelott : Du

programme court

humoristique au

format américain

dramatique.

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1. Le phénomène des programmes courts humoristiques.

Les programmes courts sont apparus sur les chaines de télévision française depuis bientôt quinze ans. Il en existe principalement deux sortes : les promotionnels et les fictionnels, généralement humoristiques.

Les promotionnels sont des programmes de type « du coté de chez vous » financé par une marque, généralement une grande enseigne et, dans ce cas précis, les magasins d'outillages Leroy Merlin. Nous pouvions y voir, sur TF1 juste après le journal de 20h, des particuliers présentant leur maison qui était originale de par leur conception ou leur décoration. Auchan, Leclerc, mais également le ministère de l'intérieur pour les campagnes de prévention de la Sécurité Routière adopteront ce format avec plus ou moins de succès.

Mais ce qui nous intéresse dans ce travail d'étude ce sont les fictionnels appelés aussi shortcom. « Un gars, une fille » est la première du genre à avoir connu un immense succès public et critique , diffusée sur France2 avant le journal de 20h entre le 11 octobre 1999 et le 16 octobre 2003.

Suivront ensuite les succès de Caméra Café, Kaamelott ou encore Scènes de ménages, toutes diffusées sur M6 entre 2001 et 2012 (Scènes de ménages est en cours de diffusion mais aussi de tournage). D'autres connurent moins de succès comme Que du bonheur, Laverie de famille, Code barge diffusée sur TF1 ou encore La bande dehouf sur France2 et Caméra Café : la boite du dessus sur M6.

Nous pouvons comparer tous ces programmes mais il existe des aspects pertinents pour les distinguer.

Le premier en est l'origine. Pour Kaamelott et Caméra Café il s'agit de programmes originaux français alors que Un gars, une fille est une oeuvre venant du Québec et Scènes de ménages est la libre adaptation d'une série espagnole4. De plus Kaamelott et Caméra Café sont tous les deux produits par la société de production CALT à qui l'on doit également Off prime et Héro Corp. Ce sont deux séries créées par Simon Astier, le frère du créateur de Kaamelott.

Caméra Café est le projet de deux comédiens déjà célèbres avant la série, Bruno Solo (La vérité si je mens, Jet Set au cinéma) et Yvan Le Bolloch, animateur de télévision qui a découvert Bruno Solo., dans le public d'une de ses émissions. Ce sont les acteurs principaux de la série mais également les plus connus du grand public, ce qui est un critère important pour M6. En effet leur notoriété réduit le risque d'échec.

Le projet Kaamelott naît lorsqu'Alexandre Astier réalise en 2003 le court métrage DIES IRAE. Ce court-métrage pose les bases de la future série de M6. Nous y retrouvons la plupart

4 Escenas de Matrimonio

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des personnages, un des décors principaux (la salle de la Table Ronde) et le ton caustique qui caractérise la série. DIES IRAE (jour de colère), est récompensé par le prix du public au Festival Off-Court. A Trouville en 2003. Le titre évoque la liturgie catholique ainsi qu'une oeuvre de Mozart. M6 tombe alors sous le charme de ce projet et commande six épisodes pilote à Astier.

Le Livre I sera diffusée en janvier 2005.

Il s'agit donc d'une commande à la suite du visionnage par M6 d'un court métrage réalisé et écrit par un artiste inconnu du grand public. Le risque est donc plus important pour la chaine même si Kaamelott profite du fait de prendre la suite de Caméra Café qui s'était installé à cet horaire, 20h05.

Un deuxième critère différenciateur est le diffuseur. Nous l'avons vu hormis Un gars, une fille, toutes les shortcoms à succès sont diffusées sur M6. D'ailleurs après avoir été programmée sur France2, nous avons pu voir Un gars, une fille sur France4, Teva (groupe M6) et aujourd'hui sur... M6 ! Il est même intéressant de souligner qu' « Un gars, une fille » avait été proposé à M6 en premier5.

Il existe également des différences au niveau de la structure. Si certaines séries peuvent se suivre dans le désordre grâce à des intrigues indépendantes (Scènes de ménage, Un gars, une fille, Caméra Café), ce n'est pas toujours le cas pour la série Kaamelott. Même si les saisons 1 et 2 semblent constituées d'épisodes n'ayant aucun lien d'un point de vue narratif, quelques indices nous montrent le contraire (évocation d'événement s'étant produit dans des épisodes passés, personnage effectuant leur retour, etc)

Le nombre de comédiens présents à l'écran et leur relation marquent aussi la différence entre ces programmes. Pour Caméra Café et Kaamelott nous constatons la présence d'une dizaine de personnages se connaissant tous et ayant tous un lien relationnel (employeur- subordonnée, couple, rival)

Scènes de ménages ou Un gars, une fille utilisent un nombre de personnages plus restreints. Dans Un gars, une fille, seuls Jean et Alexandra sont à l'écran, les autres personnages sont hors champs. Concernant Scènes de ménages, nous comptons huit comédiens (quatre couples) mais l'originalité réside dans le fait qu'ils ne se connaissent pas, ils ignorent jusqu'à l'existence des autres. Mais contrairement à Un gars, une fille, nous voyons régulièrement d'autres comédiens qui apparaissent plus ou moins fréquemment (amis, parents, voisins).

5 Pellerin (Marc), Viot (François), M6 story, la saga de « la chaîne en trop », Flamarion, 2012

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Enfin Kaamelott se différencie d'un point de vue filmique. Lorsque Caméra Café, Un Gars, une fille ou Scènes de ménages sont en plan fixe pour tout l'épisode, Kaamelott est la seule shortcom a utilisé plusieurs plans et même plusieurs décors pour le même épisode.

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Rassembler les contraires c est creer l harmonie