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Bio-écologie des anophèles de part et d'autre de la falaise des Mbô et leur implication dans la transmission du paludisme d'altitude


par Billy TENE
Université de Yaoundé 1 - DEA 2007
  

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1.5. MESURE DES INDICES ENTOMOLOGIQUES ET EPIDEMIOLOGIQUES

L'estimation quantitative de la transmission se fait par un certain nombre d'indices mathématiques calculés à partir des données recueillies lors des enquêtes entomologiques.Les trois principaux paramètres qui interviennent dans les formules fondamentales de la transmission du paludisme sont : le taux d'inoculation entomologique, la capacité vectorielle et l'indice de stabilité (MacDonald, 1957 ;Garret-Jones et Shidrawi, 1969).

Le taux d'agressivité(ma)

Il permet d'établir un rapport entre le taux d'anthropophilie et la densité anophélienne. Il s'exprime en nombre de piqûres par homme par unité de temps. Il s'obtient en capturant les anophèles venant piquer l'homme et en divisant le nombre de moustiques collectés par le nombre de sujets utilisés, par unité de temps : piqûres par homme par heure (p/h/h) ou par nuit (p/h/n) (Boudin et al., 1998).

L'Indice sporozoïtique (Is)

C'est le pourcentage d'anophèles porteurs d'antigènes circumsporozoïtiques (Ag CSP). Les sporozoïtes s'observent directement à l'état frais au microscope optique après dissection des glandes salivaires des moustiques ou par la recherche de l'antigène circumsporozoïtique grâce à la technique ELISA. L'Is (obtenu par microscopie) peut ensuite être comparé à l'Indice circumsporozoïtique (Ics) obtenu par ELISA.

Taux d'inoculation entomologique (TIE ou he)

Il représente le nombre de piqûres infectantes que reçoit un homme pendant un intervalle de temps donné. C'est le produit du nombre de piqûre par homme par nuit (taux d'agressivitéma) par l'indice sporozoïtique (Is) (Hamad et al., 2002). heest exprimé en nombre de piqûres infectantes par homme et par an (pi/h/an). Cette valeur est un bon indicateur de l'intensité de la transmission dans un contexte de grande densité anophélienne (Beier et al., 1999). Cependant, il ne peut pas être considéré comme une mesure exacte de la transmission car toutes les piqûres d'anophèles infectées n'aboutissent pas toujours à des infections humaines.

Taux de parturité (Tp)

C'est le pourcentage de femellespares (ayant pondu au moins une fois ? nullipares). C'est un paramètre qui permet de quantifier la proportion de la population potentiellement infectante pendant une période donnée, sachant que seules les anophèles pares sont susceptibles d'être infectantes. Plus ce taux est élevé, plus la population est âgée et épidémiologiquementdangereuse

(Denitova, 1963)

Taux quotidien de survie (P)

Il peut être estimé à partir de la proportion entre le nombre de femelles nullipares et pares dans la mesure où la durée des cycles gonotrophiques2(*)(x) est liée au taux de parturité. Mouchet et Carnevale (1991)ont estimé le cycle gonotrophique de An. gambiaedans la région forestière du sud Cameroun à 2 à 3 jours.

(Davidson, 1954).

Dans nos calculs nous avons retenu x = 3 jrs à Santchou et 4 jrs à Dschang en nous basant sur les travaux de Tchuinkam (2007). Si le taux quotidien de survie est inférieur à 50% alors moins de 1% des Anophèles sont aptes à survivre durant 8 jours, durée nécessaire pour le développement complet du parasite. Pour P. falciparum (qui requiert 10 à 12 jrs au moins pour compléter son cycle extrinsèque) le taux minimum nécessaire est 65% (Bruce-Chwatt, 1980a).

Les indices de stabilité (St)

Les notions de stabilité et d'instabilité ont été introduites par MacDonald (1957) et ont permis d'identifier deux zones :

Les zones de paludisme stable présentent une transmission élevée, saisonnière ou étalée sur la majeure partie de l'année, identique d'une année à l'autre. Dans ces zones, les populations ont un certain degré de prémunition contre la maladie et il n'y a presque pas d'épidémies mais juste des pics saisonniers dus à la pullulation des vecteurs. Les personnes atteintes sont principalement les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes.

Dans les régions de paludisme instable, la transmission est généralement faible et variante d'une année à l'autre. Le vecteur y est peu anthropophile, son espérance de vie est faible. La population acquiert peu ou pas d'immunité et de ce fait, les infections palustres se traduisenttrès souvent par des cas cliniques. Ces régions peuvent être sujettes à des poussées épidémiques. Toutes les classes d'âge sont affectées (Mouchet et al., 2004).

L'indice de stabilité prend en considération 2 facteurs principaux : l'espérance de vie (1/-lnP), et l'indice d'anthropophilie (a)

a = indice d'anthropophilie

p = taux quotidien de survie

(Mac Donald, 1957)

- Si St< 0,5 le paludisme est instable, pouvant provoquer des épidémies.

- Si 0,5 = St = 2,5 le paludisme est de stabilité intermédiaire.

- SiSt> 2,5 le paludisme est stable

La capacité vectorielle (CV)

avec : ma² = taux de piqure sur homme au carré

x = durée du cycle sporogonique du parasite

px/logep = espérance de vie infectante

Selon les régions et les saisons, les vecteurs du paludisme peuvent être plus ou moins efficaces. Les principaux paramètres permettant l'évaluation de la capacité vectorielle sont : l'aptitude du vecteur à s'infecter, son aptitude à assurer le développement du parasite et l'aptitude à le transmettre (Rodhain et Perez, 1985). La capacité vectorielle exprime à la fois le degré de coadaptation entre vecteur et parasite et le fonctionnement du système ainsi formé dans un environnement donné. Cette notion a été quantifiée par Mac Donald (1957) puis Garret-Jones (1964) et représente le nombre de nouvelles inoculations attendues par jour (Garret-Jones et Shidrawi, 1969).On la calcule en utilisant la formule ci-après :

* 2intervalle entre 2 repas de sang

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