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La gestion systémique de la crise financière internationale de 2008: le cas de deux banques coopératives


par Nabila Ouchene
HEC Montréal - Master 2015
  

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Annexe 3 : Mécanismes de défense et stratégies de gestion de crises systémiques

Le tableau ci-dessous, élaboré par Guntzburger et Pauchant (2014), présente les mécanismes de défense utilisés lors de la crise nucléaire de Fukushima et les types de stratégies de gestion de la crise (stratégies utilisées lors de la crise versus stratégies systémiques suggérées).

Tableau 6 : Les mécanismes systémiques et stratégies systémiques suggérées (Guntzburger et Pauchant, 2014, p. 24, emprunté)

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Annexe 4 : Trente-deux rationalisations dangereuses.

Tableau 7 : Les trente deux rationalisations de la culture organisationnelle (Pauchant et Mitroff, 2001, p. 107)

[...]

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Annexe 5 : Une vision systémique du design organisationnel

Pauchant et Mitroff (1995) proposent ainsi pour palier à l'obsolescence du modèle organisationnel fragmenté, un modèle de structure organisationnelle de Jay Galbraith (1977) qui comprend une vision systémique de l'organisation. Ci-dessous la figure représentant le design structurel de ce modèle.

Figure 14 : « Une vision systémique du design organisationnel » (Pauchant et Mitroff, p. 130).

Annexe 6 : Entretien radio de George Pauget PDG Crédit Agricole

Entretien radio de George Pauget dans le 7/10 de France Inter par Nicolas Demorand (6 novembre 2009). Extrait retranscris de l'entretien visuel [durée 10 :23 min]. Lien vidéo : [ http://www.dailymotion.com/video/xb1z2l_georges-pauget-france-inter_news]

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Journaliste : Vous avez dit, George Pauget, que des raisons de déontologie vous empêchaient de dévoiler dès aujourd'hui des résultats [du Crédit Agricole] qui devront être et le seront [diffusés] la semaine prochaine. Est-ce que vous pouvez nous donner au moins une tendance pour le Crédit Agricole?

George Pauget : Ces résultats seront en hausse par rapport à ceux du trimestre précédent. Une caractéristique qui est commune à toutes les banques, c'est que les banques ont...subissent l'impact de la crise économique, c'est-à-dire qu'elles provisionnent, elles mettent de l'argent de côté parce qu'il y a des entreprises en difficulté.

Journaliste : Donc pour les banques, la crise est finie?

George Pauget : Non. La crise financière est largement terminée, mais elles subissent de plein fouet l'impact de la crise économique et beaucoup s'accordent à considérer que ça sera vrai jusqu'au milieu de l'année prochaine.

Journaliste : Donc il y a encore des risques et de quelle nature pour les banques?

George Pauget : Ce sont des risques sur les entreprises et notamment sur le tissu industriel des petites et moyennes entreprises en France...qui [la France] est très secouée par la crise économique. Faut pas oublier que la croissance a été négative et que si on recommence à récupérer un petit peu, cette récupération est lente. Les entreprises ont été [donc] fortement secouées.

Journaliste : Ça c'est pour la crise économique, mais ma question portait sur la crise bancaire. Vous dîtes qu'elle n'est pas terminée pour vous?

George Pauget [en interrompant] : Non, la crise bancaire, je l'évoquais comme financière, la crise bancaire est terminée. Les banques françaises ont remboursé l'État. C'est bien le signal du fait qu'elles n'ont plus besoin aujourd'hui d'un soutien.

Journaliste : [...] Étrange morale non de toute cette affaire de crise financière...Une crise partie des banques et dont les banques sortent renforcées, en pleine santé.

George Pauget : ...Je crois que là c'est une vision trop globale. Il ne faut pas perdre de vue qu'il y a une différence radicale entre les banques américaines qui sont à l'origine de la crise, qui ont des pratiques condamnables. Il faut dire les choses telles qu'elles sont. Et les banques françaises qui ont été impactées, je dirai presque par ricochet, sur une fraction limitée de leurs activités, ce qui explique d'ailleurs que les banques françaises ont été les moins touchées de toutes les banques en Europe.

Journaliste : Qu'est-ce qui nous garantit à nous, citoyens, qui voyons ces choses là se dérouler sous nos yeux, parfois effrayés. Qu'est-ce qui nous garantit qu'une nouvelle bulle n'est pas en préparation et que les choses ne vont pas recommencer à terme comme elles se sont déroulées ces derniers mois?

George Pauget : Il y a deux types de garanties. Tout d'abord, le fait que les entreprises bancaires, et c'est vrai dans le cas du Crédit Agricole, ont tiré les leçons de la crise. Nous avons modifié notre organisation, nous avons arrêté certaines activités, reconfiguré tout le Groupe pour tenir compte de ce qui s'était passé. Et puis, vous avez ensuite une...des changements qui sont initiés par les États, les pouvoirs publics. C'est vrai de tous les paramètres que je ne vais pas détailler de la réglementation bancaire, qui au fil des différentes réunions du G20, sont entrain de se mettre en place.

Journaliste : Les bonus, George Pauget, et leur limitation, c'était pour amuser la galerie. Un certain nombre d'économistes disent que c'est vraiment un sujet qui fait plaisir au politique et aux opinions publiques, mais que le coeur de la crise n'était pas là, et que les vraies réformes n'ont toujours pas été faites.

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George Pauget : Alors, il était nécessaire de réformer les bonus et d'ailleurs la profession bancaire française, à l'époque où je présidais, a pris dès février 2009 l'initiative d'engager un train de réformes qui est aujourd'hui sanctionné, validé si je puis dire, par un décret qui sort aujourd'hui, qui est la traduction des travaux du G20. De ce point de vue, clairement, la France a été pionnière et a voulu qu'une réforme se fasse. Et je crois que c'est logique, parce que certaines pratiques de rémunération favorisaient anormalement le risque. Alors, il y a eu une période trop favorable et il fallait revenir à quelque chose de plus logique. Pour ma part, j'en étais très largement partisan. Ensuite ...

Journaliste [en interrompant] : oui, c'est un point de détail, c'est un point de détail, George Pauget.

George Pauget: Imaginez...imaginez qu'en ayant réglé le problème des bonus, on règle tout le pilotage du système financier mondial, à l'évidence non. Les éléments les plus importants, ce sont que toutes les banques du monde appliquent les mêmes règles, parce que si vous avez un trou dans le dispositif, il y a plein de gens qui vont s'engouffrer dans ce trou. Et donc, il faut que le filet ait les bonnes mailles, si je puis dire, et qu'il n'y ait pas de trous dans le filet.

Journaliste : Charles Viploze, économiste qui était au micro de France Inter il ya une dizaine de jours environ, qui publiait dans Le Monde daté d'aujourd'hui, une tribune [qui] dit que les bonus donc c'est un point de détail de toute cette affaire et que la vraie question, c'est la profitabilité des banques. C'est un métier qui est extrêmement...qui dégage beaucoup de profits et que si on veut vraiment réformer le système [financier] c'est à cette question là qu'il fallait s'attacher. Les politiques ne l'ont pas fait. Ouf! Dit le banquier, George Pauget, ce matin?

George Pauget : Non, la banque est une addition de métiers. Certains métiers comme les métiers de marchés ont une très forte rentabilité, mais toutes les banques n'y consacrent pas la même énergie, le même argent. Dans un groupe comme le Crédit Agricole, la partie « marché » représente moins de 10 % de l'activité du Groupe. Donc, si vous voulez, il y a des banques qui ont choisi de ne pas être « fortes » sur ces activités pourtant très rentables parce qu'elles sont risquées. En revanche, vous avez des banques américaines dont plus de la moitié de l'activité est orientée sur ces marchés. Dans les banques françaises, c'est de l'ordre d'une vingtaine...entre 20 %...parfois jusqu'à 30 %, mais jamais plus. Et ceci explique d'ailleurs que les banques françaises n'aient pas eu le même comportement, la même situation, ne se soient pas trouvées face aux mêmes problèmes que les banques américaines ou certaines banques anglaises.

Journaliste : George Pauget, les taux d'intérêts sont très bas, environ 1% pour les banques. Quand vous, vous prêtez aux particuliers, vous prêtez à 4 % ou autour de 4%, ce sont des chiffres moyens...belle marge non?

George Pauget : Alors la marge n'est pas celle là, j'allais dire malheureusement pour le banquier, parce que ce que vous évoquez, le 1%, c'est des emprunts à 3 mois auprès de la banque centrale. Mais un, quand vous financez un prêt à un ménage pour acheter sa maison, ce n'est pas en un mois, c'est quinze ans. Donc, ce n'est pas la même durée. Et deuxièmement, on ne se refinance pas en totalité auprès de la banque centrale, c'est juste la partie marginale pour s'ajuster. Quant on fait un prêt à quinze ans, on va chercher une ressource, une épargne qui est de l'ordre de 8 à 10 ans, et là elle coûte plutôt dans les 3-3,5 % et puis il faut ajouter les charges, le risque. Vous savez, c'est un métier qui n'est pas très loin d'une industrie classique, c'est-à-dire, il y a un prix de reviens de la matière première qui est l'argent et puis il faut lui ajouter les frais.

[...]

Journaliste : Quand Claude Bartolone prend la parole publiquement pour dire qu'il a été trompé sur la marchandise en quelque sorte, et qu'un certain nombre de collectivités locales sont aujourd'hui dans des situations catastrophiques parce qu'on leur a fourgué des subprimes et des produits risqués, des produits toxiques et qui demandent aux banques donc de réagir, voire de rembourser. Quelle est votre position?

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George Pauget : Ah ben...si vous voulez, il est toujours tentant de céder à la facilité. Quant on regarde ce qui s'est passé sur les collectivités locales, d'abord, n'oublions pas qu'elles ont des directeurs financiers et compétents, donc qui n'est pas...je dirai les banques n'étaient pas face à une troupe d'ignorants. Elles étaient face à des gens qui faisaient des métiers et qui étaient qualifiés pour cela. C'est vrai pour les grandes collectivités locales et d'ailleurs, j'observe que les difficultés soulignées sont exclusivement pour les grandes collectivités locales. Ensuite, il faut regarder ce qu'ont payé ces collectivités locales pendant un temps, puisque la plupart des produits aujourd'hui dénoncés, étaient des produits complexes sur les taux d'intérêts. Et donc il y a eu des taux d'intérêts à 2 ou 3%, très peu cher à un moment donné, à l'époque. Et puis, il y a eu une montée brutale vers des 8 ou 10 % et ce qu'on appelle une cristallisation, C'est-à-dire une fixation à ce niveau là pendant un temps ...

Journaliste [en interrompant] : Donc vous dîtes que nous ne sommes pas des escrocs, vous êtes des incompétents, c'est ça la réponse du banquier ce matin?

George Pauget : Non...c'est de dire, si vous voulez, que faire porter sur les banquiers aujourd'hui, c'est facile, parce qu'on a beaucoup dit sur eux, ça devient un thème à la mode. Ce que je dis simplement, c'est faisons un inventaire rationnel, et on verra que la vie n'est pas en noir et blanc, mais qu'elle a beaucoup de nuances.

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