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Le succès d'une marque de prêt à  porter feminin passe t-il necessairement par la publicite ?


par Céline Fournier
ISCOM - Master en communication globale
Traductions: Original: fr Source:

Disponible en mode multipage

Céline fournier Tuteur : Marie- Claude Guibaud

Chepam 4 a

« Le succès d'une marque de prêt à porter féminin passe t-il nécessairement par la publicité ? »

« Dans le monde contemporain, le succès est dans une large mesure créé et mesuré par la publicité. »
David Lodge

« La publicité peut beaucoup mais elle ne sait pas faire de miracle. »
Bernard Brochand

«  Faire du commerce sans publicité, c'est comme faire de l' oeil à une femme dans l' obscurité. Vous savez ce que vous faites, mais personne d'autre ne le sait. »
Steuart Britt

Intro p 5

1 . Le marché du prêt-à-porter féminin en France p7

a. chiffres et tendances

b. structure du marché

c. les principales marques de prêt-à-porter féminin

2. La consommatrice  p12

a. Tendance

b. La femme et les marques

c. Les attentes de la consommatrice

3. Attirer la clientèle : méthodes et techniques des marques p18.

a. La publicité

1. La publicité « mode » 

2. Enjeux de la publicité pour les marques de prêt-à-porter

3. Investissement et médias

b. L'importance des relations presse

c. Le lieu de vente

1. La vitrine, reflet de la marque

2. Le merchandising

3. La PLV

4. Le réseau de distribution

d. Fidélisation

1. Le marketing relationnel et les cartes

5. La publicité, réel facteur clé de succès ?...................................... p35

6. Conclusion........................................................................................ p37

Remerciements

Trouver des renseignements sur le marché de l'habillement reste un véritable challenge. Les annonceurs, par peur de l'espionnage sans doute, ne veulent pas divulguer chiffres et actions.

Heureusement, quelques personnes m'ont aidé dans mes recherches ce qui m'a permis de mener à bien ma réflexion.

Merci à :

, directeur de l'institut français de la mode ; et valérie Barreau documentaliste à L'IFM ;

Madame Délos, documentaliste au Journal du Textile ;

Cécile tard, Responsable relation Presse chez Morgan ;

Audrey Halmi, chargée d'études, Secodip ;

Le Succès d'une marque de prêt-à-porter féminin passe t il nécessairement par la publicité ?

Le marché de l'habillement féminin est rythmé par la concurrence et l'arrivée en puissance des chaînes étrangères. Par le biais de ce mémoire, je vais m'intéresser au secteur de la mode accessible (moyenne gamme) où émergent des marques comme Zara, H&M, Mango et bien d'autres...

Si l'offre reste très souvent similaire, chacune de ces marques a des moyens différents d'aborder leur clientèle.

La publicité semble être une étape obligatoire pour ces marques afin de se démarquer et se faire connaître. En effet, le monde de la mode accessible est relativement concurrentiel ; les marques doivent redoubler d'ingéniosité pour toucher une cible de plus en plus fugueuse.

Alors que H&M et Gap dépensent des millions en campagne presse et affichage, Zara et Mango font figure de grand absent sur ce créneau. Néanmoins, ces marques connaissent un vif succès sur notre territoire.

Devant ce constat, on peut se demander si la publicité est réellement nécessaire.

Dans le cas où il n'aurait jamais fait de publicité, H&M rencontrerait il un tel succès ?? Gap, en chute libre, pourra t il redresser son déficit à coup de campagne publicitaire ??

La publicité serait elle remise en question devant le succès des marques qui ne l'utilisent pas ?

La consommatrice française est très volage. Elle puise dans toutes les marques afin de se constituer « sa mode ». Néanmoins, elle apporte à la marque de ses vêtements une importance toute particulière. En effet, La marque est reflet d'une personnalité. Ainsi, Pimkie et Jennifer restent des marques de « gamine » alors que Zara s'adresse à la femme qui s'assume.

Les marques, par leur positionnement, s'adressent à un type de femme. Le vêtement, mais aussi sa marque, doit correspondre à la personnalité de la cliente car ils sont un véritable vecteur d'image.

Dans cette société de consommation et d'apparat, la femme fait de plus en plus attention à son apparence. «  Le laideron du siècle dernier n'était pas responsable et pouvait toujours accuser la nature, le laideron de notre fin de siècle est négligent et coupable, et ne doit plus s`en prendre qu'a lui-même. » dixit le directeur d'une institution professionnelle du monde de la mode.

Ainsi, l'habit fait le moine, il rend séduisant une personne et en dit long sur sa personnalité.

Faire attention à son image passe aussi par son allure vestimentaire et les marques l'ont bien compris. (Réassortiment permanent, nouvelles collections tous les deux mois...)

Recruter de nouvelles clientes ne semble pas seulement reposer sur la publicité et l'identité des marques. La cliente veut être chouchoutée : réductions, salon reposant, relooking, cours de customisation... Les marques voient dans ces actions un moyen de fidéliser (indispensable pour lutter contre l'effet zapping) mais aussi de séduire de nouvelles consommatrices.

Mégastore, vitrine accrocheuse, catalogue, sponsoring d'émission, relations presse sont aussi des actions mise en oeuvre par les marques pour émerger. Ces opérations se suffisent elle à elle-même pour autant ? La publicité semble tout de même indispensable pour certaines.

Le marché français du prêt à porter féminin.

Le marché du prêt à porter français est en plein chamboulement. La montée en puissance des mégastores et chaînes spécialisées dévore les commerces indépendants. Les Zara, Mango et autres H&M s'installent et apprivoisent les françaises au grand désespoir des chaînes hexagonales.

La France représente pour ces marques un très gros potentiel. A coup de publicité, carte de fidélité, chacun mène une « bataille » pour conquérir le portefeuille de ces adeptes de mode.

Un marché très concurrentiel où il semble que seul les plus à l'écoute des tendances seront les triomphants.

a.Chiffres et tendance

La France n'est pas le pays le plus dépensier en matière de vêtements. Avec 575 euros* de dépenses en habillement par an, le français est classé 8ème sur tous ses homologues européens.

L'habillement est aussi le 8ème poste de dépenses, il n'utilise que 4,1%1 de son revenu pour les vêtements.

Le marché du prêt-à-porter féminin reste relativement stable depuis 10 ans. En 2000, le chiffre d'affaire du secteur représentait 6 812 millions de d'euros*. Néanmoins, la tendance est à la baisse depuis plusieurs années.

Le paysage du prêt-à-porter français.

Les chaînes sont majoritaires sur le marché. Avec 41% de part de marchés, elle devance les commerces indépendants (22%). Entre 1990 et 2000, les indépendant ont perdu 16,5% de PDM au profit des magasins spécialisés. L'accroissement des centres commerciaux a aidé à ce changement. Acheter tous ses vêtements, en flânant de boutiques en boutiques, ont su séduire les française : le shopping s'est démocratisé.

Heure de gloire pour les Etam, Promod, Pimkie... qui voient leur nombre de magasins se multiplier et leurs chiffres d'affaires s'envoler.

Fin des années 1990, les chaînes étrangères bousculent les chaînes françaises. Mégastore, réassortiment permanent, ligne fashion... ont permis à ces marques de connaître un véritable engouement.

Les chaînes françaises souffrent, pour certaines, d'image vieillissante et se sont contentés de proposer des vêtements.

Les chaînes étrangères ont su décoder les attentes des consommatrices : le vêtement ne suffit plus, elles veulent du service, de beaux magasins....

Elles ne recherchent plus seulement le prix mais également de la qualité (belles finitions), du service (accueil, retouches, livraison...)le style (différenciation, séduction) et tous les éléments irrationnels traduits par les distributeurs en terme de merchandising, de marketing et d'image.

Grâce à leurs assises financières et leur puissance d'achat, ces chaînes ont constitué une concurrence redoutable pour les chaînes françaises. Ainsi, elles ont ouvert de multiples boutiques, de tailles importantes dans des emplacements de choix.

En 2000, 14% *des enseignes étaient étrangères.

Les marques françaises ont récidivés en prenant l'exemple de ces concurrentes, lifting, merchandising, publicité... ces dernières semblent résister à l'offensive venus d'ailleurs...

Cependant, certaines, à l'image d'Etam, ont beaucoup souffert financièrement à trop vouloir imiter les chaînes étrangères. Le bateau amiral, le temple de la femme, rue de Rivoli, à plonger les comptes de la marque dans le rouge.

B. Structures du marché

1. Séduction

Classique

Jeune fille

Femme

X Promod

X Camaïeu

X GAP

X La city

X Etam

X Morgan

X sinéquanone

X An'ge

X Miss sixty

X Naf Naf

X Comptoir

des cotonniers

X Kookai

X Pimkie

X Jennifer

X

H&M

X Mango

X Zara Woman

X zara Trafaluc

X Zara Basic

mapping

Les marques de prêt à porter française se sont positionnées sur des segments extrêmement proche. La séduction est le credo des marques destinées aux jeunes filles. A cet âge, on rêve de garçons, de soirées, de stars... les marques qui reflètent cet univers sont largement appréciées.

On peut l'identifier comme le secteur « vache à lait », celui qui rencontre le plus vif succès ; celui qui dégage les plus gros chiffres d'affaires.

Cette tendance est accrue avec les phénomènes de real TV ou encore lolita. 

Des marques comme Zara ou H&M proposent des sous-marques. Leur gamme est tellement large qu'il la segmente en fonction de leur clientèle.

Enfin, certaines marques (surtout française) mise sur le classicisme. Des vêtements simples, basiques, ajustés à la mode sans en faire trop. Ces enseignes veulent toucher des cibles plus mûres (les femmes actives).

Mais la séduction est toujours présente sur la cible femme parce qu'elle reste une tendance indémodable.

La femme, aujourd'hui plus que jamais, est en perpétuelle envie de séduire. Les magazines, les séries (sex and the city...) les livres (le journal de Bridget Jones) relance le fantasme de la beauté, de l'allure et de la perfection.

Le vêtement aide à atteindre ces objectifs.

C.Les principales marques de prêt à porter féminin

a.le cas Zara

Arrivée en 1998, l'enseigne Zara compte aujourd'hui 75 boutiques1 en France. Pour le groupe Inditex, La France représente le deuxième pays en terme de vente et rentabilité ². Jean-Jacques Salaun, Pdg de Zara France, promet l'arrivée de nouvelles ouvertures qui contribueront à augmenter la rentabilité de l'enseigne.

Avec 305 millions d'euros de CA en 2002, on comprend facilement l'enthousiasme du dirigeant.

La véritable force de Zara reste sa gamme très vaste (11 000 modèles/ an), divisée en sous marques (trafaluc, woman, basic) qui correspondent chacune à un type de cliente.

Woman, pour la femme citadine qui recherche des vêtements aux belles finitions, aux coupes mode tout en restant discrètes.

Trafaluc est dédiée aux jeunes femmes qui aiment la mode.

Enfin, Basic est la gamme au prix plus réduit mélangeant articles classiques et vêtements plus design.

1. Emission capital : la mode à petits prix. 9/03/03

2. Article : Zara poursuit son offensive en France. Journal du Textile 17/03/03

Le réseau de distribution de Zara est réellement important surtout en région Ile de France.

Grâce à des moyens financiers importants, l'enseigne a pu s'offrir des emplacements de choix. Ainsi, la marque s'est très vite implantée dans des lieux de fort passage tel que les centres commerciaux, les rues commerçantes, les quartiers touristiques afin de drainer un maximum de clients dans ses boutiques.

La seule publicité de Zara repose sur ses vitrines. Renouvelées tous les 8 jours, comme 30% de ses vêtements, la marque assure d'être toujours dans les tendances. Ces économies, en terme publicitaire, lui permettent de pouvoir se payer de meilleurs emplacements.

Ainsi, l'enseigne mise tout sur son savoir-faire, ses emplacements stratégiques et le bouche à oreille.

Dans une récente étude menée par l'institut Eurostaff, Zara est considéré comme modèle de référence.

b.Mango

Mango est apparu en 1994 sur le marché français.

Son concept repose sur la relation entre un produit et un style affirmé, un bon rapport qualité prix et une image cohérente. Mango habille la femme de 18 à 40 ans avec quatre gammes distinctes : Sportswear, casual, ville et night. (coeur de cible : 25-30 ans)

Une cliente qui entre dans une boutique Mango doit trouver un vêtement pour chaque moment de sa journée.

Ce concept marketing se retrouve aussi dans le magasin avec des lignes pures et un agencement convivial. Mango diffuse la même image partout dans le monde, une marque simple, sans extravagance.

«  Une image simple, dynamique, jeune, urbaine, où se reflètent les tendances de la mode la plus actuelle »1

Elle consacre plus de 2 milliards d'euros pour son budget publicitaire européen afin de renforcer l'image unique qu'elle souhaite diffuser.

Au niveau de ses boutiques, Mango privilégie le développement de magasins spacieux (+ de 700 m²) aménagés de façon sobre mais luxueuse.

Avec un chiffre d'affaire en constante hausse (+17% en 2001), Mango continue son expansion en dehors des frontières espagnoles, dont la marque est originaire.

Selon Delphine Albert, responsable développement, la concurrence de zara n'effraie absolument pas l'enseigne. Les françaises aiment les marques espagnoles. Mango et Zara sont complémentaires.

«  Je pense que les consommatrices achètent chez zara par nécessité, tandis qu'elle viennent chercher chez nous quelque chose de plus [...] la connotation féminine est plus forte chez mango. »

Ainsi, Mango s'inscrit comme la marque ultra féminine pour la femme urbaine.

1. Site Internet Mango.es/fr

Naf Naf

NAF NAF s'est fait connaître avec son fameux « grand méchant look » dans les années 1980. En 1998, en soufflant ses 25 bougies, la marque décide de se repositionner. Ainsi, elle s'offre un cure de jouvence (due à l'arrivée massive des chaînes étrangères) et recentre son offre auprès des 18-25 ans.

Selon Sophie Pique, responsable de la communication, l'univers précédent de la marque l'infantilisait et manquait de raffinement. Désormais, la marque propose des vêtements plus haut de gamme.

Les 140 boutiques en France ont subit également un lifting, apportant un concept plus qualitatif.

H&M

Hennes & Mauritz, dit H&M, est un mastodonte du prêt-à-porter. Avec 46 magasins ouverts depuis 1998, l'enseigne ne cesse de se développer.

Sa philosophie ? Mode et qualité aux meilleurs prix.

Son crédo « le shopping est autant un plaisir pour les riches que pour les pauvres. » dixit, Erling Pearson, fondateur de la marque.

H&M propose les mêmes vêtements dans tous les pays du monde ce qui lui permet de faire des prix très attractifs.

Le rayon femme comprend sept lignes qui correspondent à 7 besoins différents. Hennes (la dernière mode pour les jeunes femmes) ; Woman (des vêtements actuel pour des femmes mures) ; Clothes (les toutes dernières tendances) ; LOGG (les indémodables basiques) ; LOGG sport (la mode sport) ; BiB (des vêtements grandes tailles) ; MAMA (la mode pour les femmes enceintes).

Son concept publicitaire est tourné vers la simplicité et le prix attractif. Elle possède un important budget pour la publicité.

E. Morgan

Morgan est une entreprise familiale qui a plus de 30 ans d'histoire. Elle s'est très vite positionnée sur le thème de l'amour et s'est fait connaître avec le slogan : « Morgan de Toi ».

L'entreprise prend aujourd'hui un nouveau tournant, Morgan devient la marque de la fête, de la séduction. Elle a récemment sponsorisé Star Académie afin d'augmenter sa notoriété auprès des jeunes et faire connaître sa ligne de vêtements du soir.

La consommatrice

Depuis toujours, le vêtement a eu rôle important pour l'homme. A son début, il n'était que protection mais au fil des temps, le vêtement a commencé à représenter plus qu'un simple outil pour se réchauffer.

La garde de robe devînt un moyen, comme d'autre de séparer les riches des pauvres. Guenilles pour ces derniers, et belles matières pour les autres.

Véritables signes extérieurs de richesse, le vêtement endossa le rôle de séduction. De beaux vêtements embellissait une personne et la rendait aux yeux de tous charmante.

Avec l'après guerre, la société de consommation se développa tout comme la mode. L'industrie du textile pris de l'ampleur, et rendit petit à petit les vêtements plus accessibles.

L'apparence est désormais au coeur de notre société. L'habit fait aujourd'hui une personnalité. Un type de vêtements correspond à un type de personnes et nous voyons de plus en plus apparaître des  « tribus ».

1. Tendance

a. Profil

En 2000, la femme française dépensait en moyenne 545 €1 par an en prêt à porter. Cette dernière est la personne du foyer qui dépense le plus dans les vêtements. (48% de plus qu'un homme)

Notons que la part de population féminine la plus dépensière est le groupe 15-24 ans avec 23,5% des ventes. Un phénomène qui s'explique naturellement par l'absence d'enfant à nourrir, de charges d'ordre domestiques tels qu'un loyer...

Au niveau géographique, la femme de région parisienne représente 18% des ventes. Elle est majoritairement employée (23%).

Les étudiantes ne représentent que 11,7% des acheteuses.

Ainsi, les articles de prêt-à-porter sont achetés par des femmes dont presque un quart est âgé de moins de 25 ans alors que ces dernières ne représentent que 15,1% des femmes de plus de 15 ans.

En 2000, les consommatrices se détournent des rayons textiles des hypermarchés, boudent les détaillants indépendants au profit des chaînes spécialisées.

b. La différenciation

1. Source Guide du textile et de l'habillement 2001, IFM CTCOE

Après des années de frustration, dues à la crise des années 1990, les françaises ont envie de se faire plaisir. Le besoin de séduction et les achats d'impulsion prennent de l'importance. Ce mouvement semble renforcé par la multiplication de l'offre et l'accroissement des chaînes. Ces dernières ont transformé l'offre et réconcilié prix et mode.

Néanmoins, la tendance n'est pas à l'uniformisation. Beaucoup veulent des vêtements personnalisés.

Certaines marques comme Morgan ont compris cette envie et organise régulièrement dans sa boutique principale (champs-Élysée) des ateliers customisation.

Ainsi la consommatrice privilégie de plus en plus l'individualité et une relation distanciée aux modèles. (L'époque des diktats est révolue).

La relation qu'entretiennent les consommateurs avec leur apparence s'engage dans une direction de plus en plus exigeante.

a. L'achat compulsif

Les centres commerciaux et boutiques ne désemplissent pas. Une des premières causes identifiées : le stress. Les femmes aiment flâner dans les boutiques, seules ou entre copines.

Ainsi, la femme se constitue sa mode, en se promenant de boutiques en boutiques. Elle craque plus facilement, cédant aux ruses des enseignes.

Faire du shopping serait devenu l'une des activités favorites des jeunes filles et l'une des principales des 20-35 ans.

b. La séduction

La séduction est plus que jamais au coeur de la société féminine. A tout âge, la femme veut se sentir aimée et enviée. La beauté serait synonyme de pouvoir, une puissance sur l'homme.

La presse féminine a une grande influence sur ses lectrices. Mode et séduction seront toujours présent dans les sommaires des magazines. En l'exposant à ses diktats de beautés, la femme essaie de ressembler à la femme de ses rêves : la femme à l'allure royale, qui séduit tout le monde et à qui tout réussit.

Les séries comme sex and the city montrent bien cette évolution de la séduction dans la vie d'une femme. Conquête, flirt, drague renforcent cette volonté d'être la plus belle.

A l'heure des Bridget Jones, Ally Mac Beal, des speed-dating etc... La séduction reste la cause de l'effort de présentation d'une femme.

2. La femme et les marques

a. la marque, véritable repère.

67%1 des femmes considèrent que les marques sont un véritable repère. La plupart d'entre elles préfèrent repousser leur achat si elles ne trouvent pas la marque qu'elles apprécient.

La marque, lorsqu'on l'a adoptée, est synonyme de confiance. On observe, dès lors, une relation très forte entre la consommatrice et une marque.

b. la marque, reflet d'une personnalité.

Suivant les écrit de Semprini « le caractère de la marque renvoi au caractère du consommateur ». Il faut qu'il se sente en confiance devant le produit. L'image de la marque devient alors miroir. La marque lui renvoie les codes valorisant auquel le consommateur adhère.

A vêtement égal, la consommatrice choisira la marque dont elle se sent la plus proche (Nb : la variable de prix semble plus importante).

Par leurs positionnements, les marques développent tout un univers. Une consommatrice trop éloignée des valeurs de la marque, n'achètera sûrement pas.

On peut prendre l'exemple de la marque Jennifer qui s'adresse aux jeunes filles adolescentes friandes de mode. Elle possède un univers très flashy (rose) et un concept bien propre à sa clientèle.

Une femme cadre, par exemple, ne se dirigera sûrement pas vers une telle enseigne pour se vêtir.

c. la marque, plus importante que le vêtement ?

Certaines situations peuvent amener à penser que la marque est le principal facteur d'achat, le produit en étant le second.

En effet, certaines femmes adhérant tellement à une marque peuvent acheter des vêtements pour la simple cause qu'ils sont griffés par sa marque préférée.

L'exemple de la campagne la City est révélateur. Lors d'une interview de M. Renaud Buenerd, le PDG de la marque attire l'attention sur l'absence de son produit sur les campagnes publicitaires.

« Si nous sommes arrivés au point de ne plus montrer le produit, c'est qu'il ne suffisait plus à susciter de réel désir chez la consommatrice. » Pour ainsi dire, la marque et son univers permettent à la cliente de s'évader. (ref : pub Kookai et La city)

La marque l'emporte alors sur le produit. On achète ce pull parce que c'est un « La city ».

Selon les pensées de Naomie Klein, dans son livre « No Logo », le vêtement est désormais le support d'une marque. Un vêtement griffé sera toujours mieux pour les consommateurs qu'un vêtement sans identité. Une Idée renforcée par Andréa Semprini1 : « un produit enrichi par la signature d'une marque peut se vendre plus facilement et à meilleur prix qu'un produit anonyme. »

1. Semprini, la marque, Que sais je ?, Paris

1. Semprini, la marque, Que sais je ?, Paris

Ainsi, on peut identifier l'importance de la marque pour la consommatrice. La marque est tout un symbole et possède une identité forte auquel la cliente veut se rapprocher. La marque représente alors un idéal, une philosophie et un groupe auquel la cliente veut appartenir. Nous pourrions donc définir une tribu par marque. Chacune correspondant à un style propre de motivations, de recherches, d'attentes.

Ainsi, le mapping du prêt-à-porter permet de dissocier les marques par leur positionnement mais aussi d'identifier des tribus de consommatrices.

Pour conclure, la société des marques permet de réduire les différences entre les classes par l'accès aux même produits mais paradoxalement permet aux acheteurs de se différencier entre eux. Les marques créent, ainsi, les normes de notre société, et offrent la possibilité à chacun de se créer une identité.

3. Les attentes des consommatrices face aux marques de prêt à porter.

Le secteur du prêt à porter féminin est extrêmement concurrentiel. Devant l'offre abondante, l'exigence des consommatrices accroît de plus en plus. Le prix n'est plus le facteur le plus important, désormais, le service ou la qualité semble tout aussi important.

a. une qualité exemplaire

L'ère des vêtements de basse qualité est révolue. La femme veut désormais avoir accès à des vêtements aux belles finitions à un prix abordable.

L'arrivée de matières « intelligentes » a permis à la cliente de découvrir des tissus anti-transpirant, infroissables... Désormais, elle désire des vêtements qui, en plus d'être bien coupés, doivent proposer un plus.

b. Un service irréprochable

La femme du deuxième millénaire est pressée, elle veut tout, tout de suite. Ainsi pourrions nous traduire l'exigence de la française. Elle ne veut pas faire des ourlets pour mettre son pantalon, elle veut du choix, des conseillères qui l'aide...

La variable service a du être très vite intégrée pour ne pas voire la clientèle partir vers les concurrents.

Ainsi, rares sont les enseignes/marques qui ne proposent pas les ourlets en 24 heures, les retouches sur les vêtements.

Le service passe aussi par le conseil, l'orientation dans les choix. Tout doit faciliter l'achat de la consommatrice.

Les échanges entre boutique, la livraison à domicile sont des plus qui peuvent amener la cliente à préférer telle marque.

Pour exemple, mango possède un système de livraison perfectionné. Si une référence est indisponible dans un magasin, la boutique se fait livrer dans les 24 heures la pièce voulue. Un plus qui a largement permis à la marque de se développer : un vêtement Mango sera toujours disponible.

L'accueil possède aussi toute son importance. Une équipe souriante et heureuse de renseigner la cliente est évidemment très appréciée.

c. Un espace de vente agréable

La consommatrice cherche des lieux agréables, conviviaux, clairs et aérés. Elle aime trouver des vêtements rangés par style (casual, citadin..), par couleurs... autant de facteurs qui lui permettront d'identifier l'univers de la marque.

Si une boutique propose un espace de vente fouillis, mal hiérarchisé avec des vêtements sur le sol... la cliente identifiera la marque comme peu sérieuse et n'adhérera peut être pas à cette dernière.

La notion de service a l'intérieur de la boutique est aussi à ne pas négliger. Etam est l'un des premiers à rentrer dans la tendance du « retailtainement », contraction barbare du mot retail (distibution) et entertainement (divertissement). Le temple de la femme, nom du magasin amiral de la marque, a intégré des services comme le restaurant Etam ou encore les soins esthétiques. Des services qui apportent une véritable valeur ajoutée à la marque.

d. Le choix

De plus en plus, une gamme large est une variable importante dans l'agrément d'une marque. La cliente ne veut plus de quelques références déclinées en plusieurs couleurs.

Avec l'arrivée des chaînes étrangères, elle a pris goût à mélanger les styles, à trouver de vêtements pour chacun des moments de sa journée. De plus, elle souhaite un réassortiment permanent afin de trouver toujours des choses différentes à chaque visite.

e. De petites attentions

La consommatrice des années 2000 ne veut plus être considérée comme un seul porte-monnaie. En effet, elle est une personne à part entière, avec des goûts et des exigences, et son pouvoir d'achat ne doit pas être relégué à la première place.

Alors que les marques se mettent tout juste à la fidélisation, la cliente veut être « chouchoutée ». Par le biais de bons de réduction, cadeau, elle privilégie une griffe plus q'une autre.

De petites attentions, telles que lui souhaiter son anniversaire sont des plus appréciées. Même si elle ne consomme plus chez cette marque, cet envoi lui permet de comprendre qu'elle est toujours au centre des occupations de la marque.

Elle se sent valorisée et veut l'être.

Pour conclure, la consommatrice est de plus en plus courtisée. Elle a pris les services proposés comme acquis et exige, désormais, un niveau supérieur de services. Elle veut être flattée par sa marque afin qu'on lui montre qu'elle lui est indispensable.

On entre dans l'ère de la cliente reine : tout lui est dû et la marque doit se montrer dignes de ses attentes.

Attirer la cliente : Méthodes et Techniques des marques

La concurrence étant accrue, une marque ne subsiste que si elle met en place des techniques pour attirer les consommatrices. La publicité semble être une variable à ne surtout pas négliger. Néanmoins, même si elle donne une image et une identité à la marque, il lui faut redoubler de ruse pour freiner le phénomène zapping dont elle peut être victime.

Cette partie met en avant les différentes techniques pour une marque de se faire connaître, d'attirer la cliente dans son univers mais aussi les méthodes pour la fidéliser et la faire adhérer à ses principes.

1. La publicité 

a. mode et publicité

Les communications visuelles des entreprises de mode se fondent sur un même personnage central : la femme. Si le produit n'existe plus dans les campagnes, il est représenté au travers de l'image de la femme définie dans les visuels.

Les récentes campagnes ne sont plus extravagantes. On revient au naturel, à des images de femmes dans leur vie de tous les jours, comme des instants volés.

Pub Kookai

Ce retournement de situation est relativement identifiable dans l'évolution des pubs Kookai.

Kookai, c'est la séduction. C'est la marque des filles « chipies », celles qui s'assument et tournent en dérision l'homme. A ces débuts, la marque nous montrent des jeunes filles plutôt impertinentes : les kookaïettes. Des adolescentes qui jouent à la séduction.

Le jeu reste encore très prédominant jusqu'en 1996, année qui marque un véritable tournant : L'homme devient objet.

Beaucoup voit en ces campagnes, la réponse insolente à la femme objet. Petit à petit, l'homme devient poisson, accessoire cosmétique...

En 2000, La campagne « cicatrice » marque un tournant. Il semblerait que Kookaï soit allé trop loin. La campagne ne déclenche pas d'éloges et s'entiche des foudres des médias.

La saga Kookaï est finie. C'est la fin des images provocantes.

En 2003, la marque renoue avec classicisme, une photo d'une jeune femme naturelle en noir et blanc. La nouvelle image de Kookaï, discrétion et sobriété.

Tout au long de la saga, la marque s'est accoquinée d'une image de séductrice joueuse jusqu'à la femme fatale, croqueuse d'homme. . Une dernière image dans laquelle de nombreuses consommatrices de la marque ne se sont pas reconnues. Conséquence de quoi, elles ont boudé la marque.

Un autre exemple parlant, la city et ses campagnes sulfureuses. La city habille les femmes nues. Le scandale vînt par ses campagnes d'affichage. Une femme nue à quatre pattes aux côtés d'un mouton.

Cette image value à la marque les foudres des associations féministes et de nombreuses plaintes ont été enregistrées aux BVP.

Une marque de vêtement féminin qui portait une telle atteinte à l'image de la femme, c'en était trop.

M. Buenerd, PDG de la marque, explique dans une interview : « La dernière campagne publicitaire a provoqué des problèmes [...] Des hommes demandaient des catalogues de la city... Des mères envoyaient des lettres de protestations... »

Une image qui a fait beaucoup de tort à la marque. Un seul impératif pour le futur, désexualiser les campagnes publicitaires.

L'objectif de la marque était d'être provocatrice tout comme le courant Bennetton avec Oliviero Toscani.

Ainsi, les campagnes du nouveau millénaire sont bien plus sobres. Après études des dernières campagnes, une tendance se détache très largement. La photo réalisée par un artiste connu avec le simple logo. Un minimalisme à l'état pur, rien de superflu.

Néanmoins, certaines marques comme Morgan essaie de faire passer un message à travers ses photos. Installées sur le créneau de l'amour, Morgan illustre son positionnement par la vision de scène d'amour. Dans ces communications, on n'y voit quasiment pas de vêtements ; des couples mythiques, des couples enlacés... Récemment, Morgan semble remettre le produit en avant dans sa publicité.

La dernière affiche signée Ellen Von Unwerth, ne montre plus un couple amoureux mais l'image légèrement impudique de deux jeunes filles en jean sur le point de se déshabiller pour sortir. La nouveauté ? Morgan va sortir des campagnes différentes selon les supports où l'annonce paraîtra. Une méthode pour coller à la cliente de chaque magazine (20 ans, Jeune et Jolie, Vogue...)

Le vêtement commence à re-devenir important dans les campagnes. Naf Naf montre une jeune fille en gros plan habillée avec les vêtements phares de sa saison.

La seule enseigne qui se démarque vraiment : H&M.

Son concept est de mettre en avant le produit et plus particulièrement son prix. Ainsi, les dernières campagnes vues sur Paris et sa région, présente le vêtement sur une femme mais la réelle mise en avant du produit reste son prix attractif.

H&M ne joue pas tant sur son image mais plus sur le prix imbattable qu'il propose. La marque préfère utiliser des célébrités pour mettre en avant ses produits. Cela cautionne son image, le prix fait le reste.

Chacune des marques met en avant son concept et sa philosophie au travers des photos utilisées. Le cas de Comptoirs des cotonniers semble particulièrement intéressant. En effet, la marque a choisi de jouer sur la filiation, la relation mère/fille. Ces campagnes mettent en scène une mère et sa fille habillées par la marque. Ainsi, Comptoirs joue sur les valeurs familiales pour se donner du crédit avec un traitement de l'image en noir et blanc qui renforce l'aspect généalogique (portrait d'antan). La marque se place dans un idéal de vie où la mère et la fille sont de véritables copines et partagent tout.

Peut être, une promesse à laquelle beaucoup de familles souhaiteraient adhérer.

Les campagnes de publicité pour la mode ont connu leur période de provocation, de romantisme... chacune des marques ayant trouvé un message qu'elle revendiquait.

Cependant, la réflexion de ses messages n'est pas du au hasard. Il est le fruit d'un positionnement, d'un univers rattaché directement à la marque. La publicité possède de réels enjeux pour cette dernière. Elle peut être la raison d'un formidable succès comme d'un horrible échec. Une mauvaise utilisation de la communication publicitaire peut faire de très gros dégâts sur l'image d'une marque auprès des consommateurs.

1. Les enjeux de la publicité pour les marques de prêt à porter.

« Il faut parfois 100 ans pour bâtir une bonne marque et 30 jours pour la démolir »

David D'Alessandro, président de la John Hancock Mutual Life Insurance, 6/01/1999

Jean Boniface1 se demande si la publicité est faite pour attirer des clients, ou pour contrer la concurrence des autres marques. C'est un combat sans fin si elles vendent les mêmes produits. Leurs seuls atouts pour se démarquer sont, l'image qu'elles émettent, le prix, la qualité des produits et la relation avec le client qu'elles entretiennent.

La communication visuelle d'une entreprise de mode est, bien évidemment, réalisée pour les consommateurs, mais aussi pour rester présente sur le marché du prêt-à-porter.

a. La publicité, âme du produit et de sa marque

La publicité permet de donner une identité à la marque. Le consommateur identifie alors le territoire de la marque et la choisit si elle est proche de ses convictions.

C'est par ce biais, que la consommatrice différencie Caroll de Camaieu, Kookaï de Etam. Chacune des marques utilisent des successions d'images pour définir leurs identités.

Les entreprises de mode veulent vendre du rêve à travers leurs campagnes, les consommatrices ont besoin de cette évasion. Elle s'évadent, pour certaines, en s'achetant de nouveaux vêtements. Les marques se définissent comme créateurs de désirs mais aussi comme ceux qui aident la cliente à se réaliser.

Ainsi, les marques peuvent avoir un rôle dans le bien être de leur cliente. Les marques leur font du bien.

Chacune de ces marques exploitent un univers pour créer ce désir et aider la cliente à s'épanouir dans son univers. La consommatrice a besoin, au travers des publicités de sa marque, de se reconnaître comme si la campagne n'était qu'un miroir d'elle-même ou de ce qu'elle voudrait être.

Il est important de noter qu'un produit n'existe pas seulement par sa forme mais aussi par son « âme », celle que la publicité lui aura donnée.

Bourdieu² dans ses écrits, confirme : «  La fabrication publicitaire de marques [...] représente un cas exemplaire d'alchimie sociale, opération de transsubstantiation qui, sans rien changer de la nature physique du produit, en modifie radicalement la qualité sociale. »

Ainsi, la publicité donne vie à un produit et le cautionne par le message qu'elle a fait passer à la consommatrice. La publicité à le pouvoir de donner deux images différentes à un produit similaire, selon sa marque. Imaginons deux pull-overs en tout point semblables ; l'un de marque Kookaï, l'autre de marque Etam. Pour les consommatrices, les deux pulls auront une image différente. Etam proposera un pull classique, Kookaï vend un pull glamour.

b. La publicité pour mieux faire connaître.

«  Faire du commerce sans publicité, c'est comme faire de l' oeil à une femme dans l' obscurité. Vous savez ce que vous faites, mais personne d'autre ne le sait. »
Steuart Britt, journaliste américain.

La vocation de la publicité, dans la mode, ne se résume pas à donner une âme au produit et sa marque. La citation, ci-dessus, illustre parfaitement cette affirmation.

La publicité a aussi le rôle de faire connaître une marque, un produit. Tout dépend de son utilisation. Des campagnes sans accroche, avec de simple photo et logo ne suffira pas à faire connaître une nouvelle marque.

Avec un concept accrocheur, une photo choc, proche de son identité, la nouvelle marque pourra alors émerger.

La communication publicitaire mode est très importante. Preuve en est les pages des magazines féminins. Se résumer à une simple campagne photo, n'aidera pas à augmenter la notoriété de la marque. Cependant, favoriser la répétition peut amener, la consommatrice à enregistrer son nom.

Cette répétition sera nécessaire pour encrer dans l'esprit de la consommatrice l'existence d'une marque.

Cette existence connue, rien ne peut dire que la consommatrice acceptera cette marque dans son territoire.

Il semble difficile d'augmenter la notoriété d'une marque sans publicité mise à part quelques exceptions. Le bouche à oreille ne peut pas apporter à une marque de prêt à porter un succès phénoménal. La variable publicité sera quasi toujours intégrée dans un tel engouement.

c. La pub qui sauve une marque de prêt-à-porter.

La publicité peut amener à un nouveau tournant stratégique dans la vie d'une marque qui dépérit, vieillit ou qui désintéresse tout simplement.

Devant la concurrence accrue, les marques ne doivent pas  « s'endormir sur leurs lauriers ».

La marque la plus chérie d'aujourd'hui sera peut être la plus ringarde de demain.

Un premier exemple me vient à l'esprit : Dior. Même si la marque n'appartient pas à la gamme de prêt à porter accessible, l'exemple de son rajeunissement est néanmoins spectaculaire. La publicité y a eu un rôle majeur. En effet, La marque Christian Dior vieillissait à pas de géant, trop encré dans cette image classique et élégante. Avec L'arrivée du nouveau couturier John Galiano en 1997, Christian Dior changea radicalement d'identité. La griffe subit alors un grand lifting.

Afin de faire oublier les tailleurs du fondateur, la marque décida en 2000 de lancer une campagne publicitaire, basée sur le porno Chic, qui fit grand bruit. Deux jeunes femmes hyper sexy batifolaient dans une attitude équivoque. Galiano1 précise que cette publicité a marqué une véritable rupture dans la communication.

Dès lors, dior a réussi à se créer une nouvelle image, bien plus jeune, avec des campagnes reconnaissables au premier coup d'oeil.  Selon les parokles de Bernard Danillon, porte parole de la maison : «  Nous véhiculons l'image d'une femme qui s'assume, conduit sa vie sans perdre de sa féminité. La femme Dior est moderne, sexy et romantique »

La recette semble révolutionner la marque : +35% d'augmentation de ventes. Depuis 1994, le nombre de boutique a été multiplié par seize.

1. Capital N° 133, article : la nouvelle jeunesse de Dior

Les jeunes filles s'arrachent les barrettes Dior, les tee-shirts Dior sans parler des licences cosmétiques.

Par le biais de ces publicités accrocheuses, faisant référence à un monde de séduction, Dior à su s'offrir le lifting qui lui fallait pour devenir une marque qui connaît aujourd'hui, un succès phénoménal.

Dans un registre plus populaire, Levi's a lui aussi connu quelques déboires. Face à la concurrence le Géant du jean's perdait la main. Une publicité créa l'événement, redonnant une nouvelle jeunesse à la marque.

En 1995, Levi's accusait une chute en chiffres d'affaire de -95% en 3 ans et une endettement spectaculaire, 2 milliards de dollars. Au fils des ans, la marque avait perdu le consommateur. Sa seule arme pour sortir de cette impasse restait l'innovation.

La marque joue gros, elle doit rajeunir son image sans pour autant enrayer 150 ans d'histoire. Avec ses nouveaux jean engineering, Levi's augmente son budget de 25% ; le montant de l'investissement restera top secret ! La marque revoit son discours au profit d'un nouveau Levi's qui prône une sexualité égalitaire, un peu androgyne. Une véritable machine de guerre est mise en place (musique, cd, carte postale...).

Une opération qui se révèle payante étant donné la rapide progression des ventes du jean. De plus, en terme d'image, la campagne à stoppé l'érosion de la marque.

d. La publicité qui crée une marque

Comme évoqué précédemment, la publicité a le pouvoir de créer des marques et un engouement pour celles-ci.

Le cas d'aubade, est un illustre exemple. A la fin des années 1980, le slogan « Aubade pour les hommes » a vécu. L'image de la marque aussi. 1988 signe un tournant pour la marque qui décide de jouer avec le rapport homme /femme. « L'idée est de séduire les unes par le regards des autres1 ».

La nouvelle charte est toujours la même depuis : un corps sublime, un visage invisible, des photos noir et blanc, une accroche coquine dans un rectangle blanc pour faciliter l'identification.

Les leçons de séduction sont déclinées en presse et en affichage. L'engouement fut tel qu'un internaute a créé un site où l'on pouvait télécharger les 40 leçons de séductions Aubade.

Pendant ce temps, Aubade a multiplié son chiffre d'affaire par trois, et s'est rendu célèbre même auprès de gens qui n'achèteront jamais de soutiens gorges et des petites culottes en dentelle.

La publicité à crée une marque...

e. La publicité qui tue une marque

La publicité, mal utilisée, pourrait elle être une « tueuse » d'image redoutable ?

Le cas d'école Benetton porte à le confirmer.

Benetton, marque italienne, vend des pulls. Avec l'arrivée du nouveau directeur artistique Oliviero Toscani, la marque se lance dans un nouveau style de campagne publicitaire : la publicité revendicatrice.

Les publicités Benetton ne montrent pas le produit, elle se veut défenseuse universelle en dénonçant des injustices comme la guerre, le sida, le racisme... La marque connu un succès sans commune mesure. Néanmoins, Oliveiro Toscani ne sait plus s'arrêter dans ces campagnes revendicatrices. Beaucoup ne reconnaît pas la légitimité de Benetton dans la dénonciation de telle chose. Les images, de plus en plus crues (militaires morts), dérangent et commence à être vraiment trop décalée.

L'année 2000 et sa volonté d'expansion aux Etats-Unis, ont assommé Benetton. Le directeur artistique, après une campagne sur la peine de mort fut remercié et les procès arrivèrent par milliers.

Paradoxalement, c'est la publicité qui a crée le succès de la marque mais qui l'a aussi « tuée ».

Benetton qui, petit à petit, connu un succès extraordinaire à perdu son image positive en peu de temps. Il est très difficile pour une marque de se remettre d'une image dite négative surtout quand la presse et les médias reprennent l'affaire.

La marque, dénoncée comme « vilain petit canard », ne fait plus rêver, n'attire plus personne car personne ne veut être assimilé à une telle marque.

C'est alors une grande période de crise pour la marque qui devra totalement repenser à son image.

2. Investissement et médias

a. Investissement publicitaire dans la publicité 2002 en kilo euro.

Source TNS Media intelligence

Selon les chiffres de TNS Media Intelligence, l'investissement publicitaire est en net recul de 15.4% par rapport à 2001. La crise économique en est sûrement responsable. (cf annexe)

La presse est le principal média avec 39 131 000 euros investis ; l'affichage suit avec 11 438 000 euros investis.

Ces deux médias sont les mieux appropriés pour le prêt-à-porter. En effet, ce sont des médias d'images.

La presse utilisée est essentiellement le support magazine avec 33185 000 euros investis sur 39 131 000.

Les marques de prêt-à-porter féminin consacrent en moyenne 3% de son chiffre d'affaire à la publicité. La seule exception reste Zara qui se refuse de communiquer publicitairement. Son seul poste de dépense de communication concerne la PLV et le catalogue.

b. les médias utilisés

1. la presse

La presse est le média qualitatif par excellence, avec le cinéma. Ce média a pour particularité de rendre les campagnes particulièrement belles grâce à la qualité du papier.

De plus, le magazine apporte caution à l'annonce ce qui est très important. En effet, la lectrice croit beaucoup en son magazine, c'est une sorte de bible. La lectrice a une relation toute particulière à l'égard de son magazine. Fidèle à ce dernier, elle aime avoir des conseils, être informé des nouveautés... Elle conserve les numéros et les re-feuillette très souvent.

Ainsi, diffuser une campagne publicitaire dans un magazine permet de favoriser la répétition du message, car la lectrice pourra voir plusieurs fois l'annonce.

Enfin, la presse a un réel avantage: son taux de diffusion.

Selon les titres, un magazine peut être lu par différents lecteurs. On estime qu'un magazine peut être lu par 2 à 5 lecteurs différents. Il y a donc 2 à 5 fois plus d'ODV  (occasion de voir) que sur un autre support.

Le secteur du prêt à porter est particulièrement friand de ce type de presse car il permet de cibler les lecteurs du message. Prenons une marque comme Morgan qui parle à des femmes de 15 à 25 ans. En choisissant les titres où la campagne va paraître, elle va pouvoir s'adresser directement à la cible qui l'intéresse.

Ainsi, un magazine tel que 20 ans (65.4% des lectrices ont entre 15 et 24 ans 1) conviendra parfaitement à la marque.

Le couplage Relation presse+publicité intéresse vivement les entreprises de mode. En, effet, pour faire connaître leur produit (partie évoquée plus loin) les marques le font paraître dans les pages modes des magazines. Les rédactrices trouvent, ici, de la matière pour leur pages et les marques, un moyen de faire de la publicité gratuite.

Les marques assurent alors un relais de ces parutions en page mode avec une campagne publicitaire insérée dans les pages du magazine. Cette méthode permet de multiplier la visibilité de la marque.

Ainsi, la presse magazine est le support préféré des marques car il permet une grande efficacité de la campagne. Cependant, la presse est un média relativement saturé en terme d'espace. Pour certains magazines, on peut compter une page de publicité toutes les 3 pages. Le risque majeur est de ne pas être vu par la lectrice, confondu dans la masse des concurrents, réduisant ainsi le taux de mémorisation.

2. L'affichage ou publicité extérieure

Les entreprises de prêt à porter privilégient ce type de média pour sa grande visibilité. L'affiche 4X3 permet une exposition du message particulièrement importante. De plus, ce média jouit d'une réseau remarquablement développé et permet de cibler, lui aussi, la cible.

Bien évidemment, ce ciblage restera bien moins précis qu'un média comme la presse. Cependant, le ciblage par déduction géographique permet d'arriver à de bons résultats.

Ainsi, si une entreprise veut s'adresser à des cadres, un emplacement comme le quartier de la défense semble idéal.

1. source MPG

L'affichage permet aux entreprises de mode de diffuser largement leur campagne et de s'intégrer dans le paysage urbain. Le réseau Métrobus permet aux annonceurs d'afficher les campagnes sur les quais de métro ou sur les flancs de bus. Ainsi, des milliers de personnes sont exposés aux messages. Le message est donc largement véhiculé.

La grande taille de ce média a un grand aspect qualitatif, on peut penser à une oeuvre d'art. Comparaison vérace en ce qui concerne le secteur de la mode qui fait souvent appel à de prestigieux photographe.

Mais, au même titre que la presse, l'affichage est un média qui souffre de saturation. Le nombre de campagne est tellement important que rares sont les annonces qui émergent vraiment. De plus, il est important de souligner que les affiches à l'extérieure sont soumises aux intempéries.

L'affichage spectaculaire tel que le recouvrement de bus, d'immeuble en travaux.. est très intéressant pour les marques de mode. Gap a utilisé cette méthode pendant les travaux de l'ancien magasin Mark&Spencer sur le boulevard Haussmann à Paris.

Cette technique permet une visibilité "imbattable" et contribue grandement à la notoriété de la marque. De plus, la population semble réceptive à ce type de procédé car elle cache la laideur des travaux.

Ce type d'affichage va sûrement croître dans les années à venir, avec un véritable bénéfice pour les marques qui l'utilisent.

B. l'importance des relations presse

Développer son image et augmenter sa notoriété est essentiel pour une marque de prêt à porter. Les enjeux en sont facilement identifiables.

Cependant, identifier le style de produit que propose une marque fait partie intégrante de son image. Les relations presses permettent de concilier ces deux aspects mais permet, en plus, de contribuer à véhiculer du trafic sur le lieu de vente.

Les rédactrices de mode des magazine montent de sujet sur les dernières tendances, les vêtements à mettre absolument.. et par conséquent participe à l'établissement de la mode.

Pour cela, elles ont besoin de matière pour réaliser des sujets (reportage photos ou articles de fond). Les marques, qui voient ici, une possibilité de faire parler d'elle, fournissent vêtements et accessoires afin qu'ils puissent être publiés dans le magazine.

Les relations presse représentent un véritable enjeu pour les entreprises de mode. Etre dans les pages mode, c'est l'assurance de gagner de nouvelles clientes et la possibilité de les fidéliser. De plus, ces parutions permettent de renforcer la notoriété de la marque auprès des consommatrices.

Plus important, elles participent également à l'image de marque. En effet, pour les reportages photos, les rédactrices piochent des vêtements dans une multitude de marque différentes; de la plus prestigieuse à la plus ringarde.

Si un petit pull d'une marque X est couplé avec un pantalon d'une marque très prestigieuse, la marque X va être re-qualifiée comme "bonne marque" aux yeux de la lectrice.

Ainsi, l'objectif des marques est de paraître un maximum dans ces sujets pour pouvoir avoir des retombées importantes. Pour arriver à de telles ambitions, l'entreprise doit mettre en place une cellule distincte pour répondre aux besoins des rédactrices.

Les services relations presse ont tous une place au sein des sociétés de prêt à porter. Pour assurer des retombées encore plus performantes, ces derniers travaillent en collaboration avec des bureaux de presse qui leur facilitent les démarches et se chargent des contacts avec les magazines.

C'est le cas de Morgan qui travaille avec le bureau de presse Catherine Miran. Ce dernier démarche les magazines afin d'être au courant des prochains sujets réalisés.

En fonction du thème du sujet, la personne chargée du budget dans le bureau de presse, choisit les vêtements qui pourront séduire la rédactrice et lance la procédure logistique pour faire parvenir la pièce.

Les services de presse classent les parutions en deux catégories; les petites parutions et les pleines pages. La petite parution corrrespond à un vêtement de la marque placé dans une petite photo, un article... A contrario, la pleine page, la plus convoitée, est la parution d'une pièce sur une photo format A4 dans un sujet mode.

Ce type de parution est extrêmement qualitative et permet une visibilité maximum du vêtement.

Le principal intérêt pour la marque est d'être cautionnée par le magazine, qui a une importance capitale dans les critères de choix de vêtements pour la lectrice. Une telle parution a de nombreuses conséquences comme le renforcement de la marque ou encore l'augmentation de trafic

Morgan, pour reprendre l'exemple, tire de réels avantages de ce système de relations presses. Outre la recherche perpétuelle de parution, Morgan se sert sa position de fournisseur pour le sujet afin de négocier ses contrats d'achats d'espace.

Un magazine qui ne fait pas paraître assez de vêtements Morgan peut se voir retirer le budget publicitaire pour x temps. Les conséquences sont parfois très pénibles pour les magazines. Certains sont financés à plus de 60% par les publicités.

Outre l'aspect parution de produit, les relations presse permettent aussi de faire parler de la marque. On peut citer des exemples tels que la sortie d'une nouvelle campagne publicitaire, d'une promotion en magasin ou tout simplement pour annoncer l'ouverture d'une nouvelle boutique.

Les défilés presse sont aussi très utilisés, il donne une véritable valeur ajoutée à la marque, on l'identifie comme créatrice. La presse en fait échos et positionne la marque comme il se doit. La vue des images de défilés fait penser au plus grand, et donne une bonne image auprès de la lectrice.

Le défilé a pour avantage, dans un second, temps, de donner un avant goût de la saison à venir. Les rédactrices y font déjà leur choix, leurs commandes afin d'anticiper les prochains sujets. De plus, les rédactrices aiment être invitées, c'est une marque d'attention envers elle. Et plus, on entend dire dans les services de presse, que "plus on chouchoute une rédactrice, plus l'on a de retombées".

Pour conclure sur cette méthode, les relations avec les journalistes et rédactrices sont extrêmement importantes. Il en va de la promotion et de la mise en avant de la marque auprès de la consommatrice qui reste le facteur clé d'un succès dans le prêt à porter.

Parallèlement, les entreprises réalisent des opérations de relations publiques. Ces opérations passent d'un évènement aux prêts de vêtements à des célébrités. Pour reprendre l'exemple de Morgan, la marque habille gracieusement plusieurs chanteuse et animatrice de télévision. Ici, encore il s'agit de parution mais sur d'autre support et avec un autre impact.

La star a beaucoup d'influence sur ses fans; si une jeune fille voit que la chanteuse Lâam porte un haut Morgan, elle ira peut être l'acheter et adhérera immédiatement à la marque.

C. Le sponsoring

Parrainer un évènement peur avoir de profitables retombées pour une marque de prêt à porter. En premier lieu, on agrémente la marque de l'image de l'évènement. Dans ce sens, la griffe entend son univers auprès de la consommatrice.

L'exemple le plus probant dans le prêt à porter reste la marque Morgan qui a su rebondir sur le phénomène de la real TV.

En effet, la marque a sponsorisé Star Académie version 1. Son Objectif? Augmenter sa notoriété et faire connaître sa ligne de vêtement réservée à la fête.

Ce sponsoring d'émission permet à la marque de posséder un écran d'une dizaine de secondes avant et après la diffusion de chaque émission. Dans le cas de Star Académie, Morgan disposait d'environ 9 écrans par jour, étant donné la quotidienneté de l'émission.

De plus, la marque habillait les apprentis chanteuses à chaque prime time. Une occasion pour la cible de connaître les vêtements Morgan pour la fête. Parallèlement, Morgan a dédiée une ligne de vêtement sportwear à l'émission.

Les retombées furent immédiates. La ligne de vêtements star académie qui habillait les filles pendant les cours, s'arracha dans les boutiques. Morgan, qui ne s'attendait pas à tel succès, se retrouva vite en rupture de stock. D'après une étude TMO-CSA, la ligne du soir est reconnue. "Morgan est liée à la fête et aux paillettes", d'après François Trabelsi, directeur marketing chez Morgan.

Morgan habille la chanteuse jennifer

Le prix d'un tel sponsoring reste malheureusement secret, le service communication ne m'en dira pas plus.

Le partenariat s'opère aussi beaucoup en presse magazine. Lors de numéros spéciaux, certaines marques de prêt à porter propose des cadeaux. 20 ans a proposé cet été un cadeau offert par Pépé Jeans.

La marque est tout de suite identifiée par la lectrice qui est très heureuse de cette petite attention. Ainsi, la marque aura une vision très positive auprès de cette dernière.

Evidemment, une marque choisira un sponsoring en fonction de la cible de l'évènement ou de l'émission qu'elle souhaite parrainer.

c. Le lieu de vente

Place stratégique, le lieu de vente reste le seul "interlocuteur" de la consommatrice avec sa marque. Il est vecteur de l'univers et l'image de la marque.

La promotion d'une marque passe aussi par son point de vente. Par conséquent, les entreprises de mode ont su s'adapter pour susciter le désir chez la future cliente.

1. la vitrine, reflet de la marque

De l'extérieur, la seule vision que la consommatrice peut avoir de la boutique reste la vitrine. Point stratégique, la vitrine doit être étudiée pour susciter l'entrée dans l'espace de vente.

Certaines marques telles que Zara mise toute sa communication sur leurs vitrines. Renouvelées tous les 8 jours chez la marque ibérique, elle donne un avant goût de se que la consommatrice pourra trouver dans la boutique. Son agencement reflète l'esprit de la marque. Zara pense minimalisme, pas de fioritures, ni de couleurs trop vive: tout est lumière.

La vision des vitrines de la marque apaise, et donne envie de rentrer dans l'enceinte de la boutique pour se faire plaisir. Ainsi, chez Zara, les vitrines sont largement utilisées et ferai avec joie le tour de la boutique si la disposition le permettait.

L'enseigne, la disposition de l'entrée sont aussi des variables à intégrer dans ses plans de promotion. Ils sont les principaux vecteurs de trafic dans la boutique. Une façade sans intérêt cache pour la consommatrice une boutique et une offre sans intérêt.

2. le merchandising

Comme évoqué précédemment, la boutique est le reflet de l'âme de la marque. Son univers est retranscrit à travers l'ambiance (musique, couleur) et l'agencement du magasin.

Ce dernier est spécialement étudié pour mettre en avant chaque vêtement afin que la consommatrice puisse avoir une vision maximum de la gamme. L'objectif premier reste la génération de chiffres d'affaire. La consommatrice elle le traduit en service, comme si le magasin avait été spécialement étudié pour elle.

Ce n'est pas une fausse idée. En effet, les concepts de boutiques sont toujours étudiés avec un panel de consommatrices et des bureaux d'études. Leurs attentes sont évaluées et la marque essaie de combler cet exigence par la réflexion d'un nouvel espace.

La boutique est un support de communication a elle seule. La façon dont sont rangés les vêtements, les tenues des vendeuses, l'ambiance (musique douce, techno) participent à l'évaluation de la marque par la consommatrice. Si le concept plaît, cette dernière en parlera à ses amis et se placera en position de prescripteur.

Un avis favorable sur sa marque, c'est un groupe d'ami(e)s entiers que l'entreprise touche.

2. La PLV et les actions de promotion

Animer un point de vente favorise le trafic dans un magasin. L'objectif de la promotion est de faire connaître la marque pour les non-consommatrices et de développer le chiffre d'affaire sur une période donnée.

La PLV retrace tout comme la publicité le territoire de la marque. Etam reprend largement le rose dans ses PLV ; Morgan reprend ses campagnes publicitaires dans ses boutiques sous forme d'affiches géantes.

L'objectif étant de donner un maximum de valeur ajoutée à la marque. Afin de conquérir la consommatrice et la faire adhérer aux valeurs de la griffe.

Reprendre la communication publicitaire dans l'enceinte des boutiques permet un relais puissant de la campagne. Il favorise l'identification et la mémorisation.

Si la consommatrice mémorise une campagne, elle sera amenée plus facilement à se déplacer sur un point de vente pour découvrir la gamme. Rappeler cette dernière à l'aide des vitrines et l'agencement du magasin permet d'attirer la cliente.

Le concept en lui-même de la boutique est relativement important. Etam a inauguré en 2000, la cité de la femme. La marque a racheté un immeuble mythique de la samaritaine et a entamé un long chantier afin d'associer la marque à un niveau de service inégalée ;

La cité de la femme se compose de 7 niveaux tous dédiés à un univers : la lingerie, les accessoires... incluant un restaurant, un service de relookage, un espace service...

Ce magasin est la garant de la nouvelle image que veut se donner la marque. Le magasin est considéré comme une véritable réussite et participe à l'expansion de la marque. Les consommatrices séduites par le magasin apprendront à aimer la gamme puis finalement la marque.

Désormais, les boutiques rivalisent d'idées pour mettre la cliente à l'aise. Des salons intégrés aux magasins, des parfums de synthèse diffusés pour se sentir à l'aise (marketing olfactif)... L'ère du « retailtainement » commence.

3. Le réseau de distribution

Les emplacements des boutiques sont, eux aussi, extrêmement stratégique, et indirectement font partie de la communication de la marque. Avoir pignon sur rue facilite vraiment le développement de la notoriété. Privilégier l'implantation dans les centres commerciaux favorise le trafic et finalement, engendre une meilleure connaissance de la marque.

L'exemple de Zara ou Mango, appuie cette affirmation. En effet, les deux marques connaissent un fort succès et leurs principales implantations se situent dans les rues commerçantes et les centres commerciaux. « Où rassemblement de boutique, il ya ; Mango ou Zara, tu trouveras. »

Afin d'accélérer les développement de boutiques les enseignes font de plus en plus appel à la franchise.

Zara et Mango, dans un souci de cohérence, ne veulent pas de magasins de moins de 400 m². Leur gamme est trop importante pour de petits espaces.

Les emplacements stratégiques sont longuement négociés. Ainsi, Zara vient d'obtenir une place de choix dans le concept l'îlot hachette. Tout porte à croire que le succès passe aussi par le réseau de boutiques et leur emplacement.

Plus la marque est disponible et accessible pour les clientes, plus le succès (si chiffrés en terme de CA) sera important car diffus sur l'ensemble du territoire.

2. La fidélisation

Recruter une nouvelle cliente coûte 7 fois plus cher que d'en fidéliser une. Devant la concurrence accrue, les marques commencent à développer leurs programmes de fidélisation.

Etam fait figure de bon élève dans le marketing relationnel. Il fut l'un des premiers à comprendre l'intérêt du marketing direct.

Il permet de se donner du crédit par rapport à sa cliente. En la chouchoutant, elle se sent valorisée et finit par adhérer à la marque qui la considère tant.

Le véritable intérêt reste la fidélisation, l'assurance qu'elle achètera toujours la marque. Pour ce faire, la marque lui propose bons de réduction, cadeaux d'anniversaire, échantillon... des petites attentions qui lui montrent que la marque l'aime et la considère comme une très bonne cliente.

Quasiment toutes les marques ont mis au point une carte de fidélité. Etam propose de cumuler des étoiles (un certain nombre d'étoiles équivalait à un bon d'achat), Morgan envoi un chèque cadeau de 20 € après un certain montant d'achat.

Mango et zara viennent d'acquérir la leur.

Dans un autre esprit, la carte de fidélité permet de voir les clientes actives et celles qui sont perdues pour la marque après un certain temps de non achat. Ce système mis en place par Kookaï permet de relancer les clientes passives et essayer de reconquérir la consommatrice qui délaisse la marque.

Il permet aussi d'établir un bilan précis des clientes assidues.

Pour conclure ce chapitre, la publicité est le média pilier de toute une stratégie de communication qui vise à faire connaître et installer la marque dans son marché. Tous axes de communication doit être en totale adéquation avec les autres axes afin d'assurer une cohérence à la marque.

La totalité des marques de prêt-à-porter font appel à la publicité mis à part une seule : le cas Zara. Cette marque fait office de vilain petit canard alors qu'elle connaît un succès exemplaire. Les marques de prêt-à-porter pourrait elle se passer de la publicité ??

Je ne pense pas car elles sont trop sur une stratégie de suivisme, proposant toujours la même offre. La publicité leur permet de se différencier et de créer leur valeur ajoutée par rapport à leur concurrence.

Néanmoins, la publicité n'est apparemment pas le seul facteur d'un succès, d'autres éléments comme les relations presse doivent être intégrée à une stratégie de communication. Ce pôle, tout à l`image de la publicité, semble ne pas devoir être écarté. Paraître dans les magazines, c'est s'offrir l'appui des « créatrices de mode », les rédactrices. Une manne pour conquérir de nouvelles clientes et accroître son succès.

La publicité, réel facteur clé de succès ?

Cette ultime partie va nous permettre de comprendre la place de la publicité dans le succès d'une marque de prêt-à-porter. Est-ce que budget publicitaire important rime t-il toujours avec succès ? L'absence de publicité est il synonyme de chiffre d'affaire en baisse ? La publicité peut elle redresser les situations les plus catastrophiques ?

Tout au long de cette étude, j'ai essayé de démontrer l'importance de la publicité et ses effets sur le succès d'une marque.

La publicité permet d'afficher ses convictions, ses valeurs et sa philosophie. Elle n'est pas seulement un art d'expression pour ces griffes ; c'est aussi un moyen de vendre plus facilement.

Le succès d'une marque se mesure en terme de vente. La publicité de prêt à porter fait-elle vendre ? Si l'on regarde le cas de H&M, tout porte à l'affirmer. En effet, la communication de la marque repose sur les prix attractifs. Le prix est l'une des variables les plus importantes en terme de décision d'achat.

Exposer au grand jour des tarifs compétitifs contribue forcément à un succès, si les produits qu'elle propose sont de même qualité que ces concurrents.

Positionnons nous dans un schéma inverse. H&M connaîtrait-il le même succès s'il ne faisait aucune publicité ?

Ma conviction répond par la négative. Le bouche à oreille a ses limites. Le réseau de distribution de la marque n'est pas énorme. Comment connaître une marque au prix si attractif si elle ne se fait pas connaître ?

H&M a besoin de la publicité pour installer un niveau de notoriété assez puissant pour qu'il fasse partie des tops of mind des consommatrices.

Ainsi, tant qu'il n'est pas un réflexe chez les femmes, la marque aura toujours besoin de communiquer.

Néanmoins peut-on toujours reprocher à l'absence de communication publicitaire le déclin d'une marque ?

La baisse d'estime d'une marque chez les consommatrices ne peut être toujours reliée au manque de publicité. D'autres facteurs tels que la qualité des produits, le service client, des boutiques désuètes... peuvent ramener à une désertisation de la marque. Cependant, le cas de Kookaï et La City sont des exemples à prendre en compte.

Kookai et La city ont fait part de violentes réactions par rapport à leurs campagnes. A cette époque, ces marques sont en pleine expansion, et connaissent un vif succès. Ces épisodes de scandale ont amené les deux marques à ne plus communiquer avec autant d'importance.

Elles se sont un peu effacées médiatiquement sur une période de deux à trois ans. J'ai pu noté que ces deux marques étaient en déclin dans l'opinion de mes proches alors qu'elles avaient été très appréciées auparavant.

Le risque de ne plus communiquer est de se faire cannibaliser par les autres marques. En effet, ce milieu est relativement concurrentiel et marche selon un système de vases communicants. Quand l'un se retire, l'autre mange sa place.

La publicité est indispensable pour rester dans la course auprès des consommatrices qui sont énormément sollicitées.

Pourtant, Zara ne fait pas de publicité et on connaît le succès qui lui revient. Il y a toujours des exceptions à la règle. Zara s'est fait connaître par ses emplacements judicieux, sa gamme adaptée et ses boutiques claires et aérées. L'aspect nouveauté a toujours attiré et les françaises se sont laissées entraîner dans la vague espagnole.

Zara pourtant pourraient être victime de la lassitude de ses clientes. Il lui faudrait alors passer par la publicité pour lui redonner du dynamisme.

En effet, Zara jouit d'un tel succès en raison de ses grandes boutiques et de sa gamme élargie. Avec Mango et H&M, Zara est la seule marque à proposer des mégastores.

Bientôt les retardataires vont suivre le créneau, Zara sera forcément obligée de démontrer sa valeur ajoutée par la communication publicitaire.

Le cas gap illustre un autre exemple. Le géant américain connaît des déboires en europe. Pourtant, il communique beaucoup. Est-ce l'image de Gap qui est en cause ? Je ne pense pas que l'image et sa communication soit réellement les raisons des soucis de la marque.

Sa communication pourra toujours être importante, si l'offre ne correspond pas à l'image donnée, la consommatrice n'adhérera pas.

Le véritable problème de Gap repose sur un décalage de son offre et de sa communication. Les clientes potentielles ne sont pas attirées et les clientes attirées par la marque à travers la publicité sont déçues.

Tant que l'américain Gap n'aura pas changé son offre, sa communication lui permettra d'entretenir sa notoriété mais pas forcément de remonter son chiffre d'affaire.

Enfin, la publicité est elle indispensable à une nouvelle marque ? De nouvelles marques tentent de s'installer sur le marché du prêt à porter accessible. Elles ne disposent pas d'un nombre important de point de vente ce qui ne suffit pas à les faire connaître. Dans un tel cas, la publicité me paraît parfaitement nécessaire. Elle va installer la marque sur le par rapport à la concurrence, elle va prouver son existence à la consommatrice, elle va diffuser son image.

Miss Sixty, Jus d'orange sont des marques qui essaient de grandir au sein du marché prêt-à-porter accessible. Leurs moyens ne sont pas énormes, ce qui induit une véritable stratégie publicitaire pour choisir les meilleurs médias : les plus adaptées à leurs besoins. La presse et le sponsoring télévisuel peuvent être une solution pour atteindre un niveau de notoriété suffisant pour drainer des clientes potentiels sur les points de vente.

Conclusion

La publicité contribue énormément au succès d'une marque. Elle participe intègrement à l'image de la marque. Cette image sera décisive dans l'acceptation de la griffe par la consommatrice.

Cependant, le concept publicitaire, mis en avant dans la campagne, est le résultat d'un positionnement adapté.

Une campagne publicitaire pour une marque, avec un mauvais positionnement, ne peut pas faire de miracle. Si l'offre ne correspond pas à un besoin, la marque ne séduira pas.

Le profil d'un véritable succès reste un concept et un positionnement adaptée et novateur, agrémenté d'une bonne campagne de publicité et de moyen de communication pour relayer le message.

Ma conviction est que la publicité permet à une marque de connaître le succès et que cette exposition aux yeux du consommateur reste presque indispensable pour développer son chiffre d'affaire. De plus, la publicité permet de résister à la perpétuelle agressivité des concurrents.

Ne pas communiquer publicitairement, c'est le risque de se voir « grignoter » des parts de marché.

Si la publicité reste quasiment indispensable pour lancer une marque brillamment, d'autres facteurs sont à ne pas négliger. Les relations presse doivent être intégrées à la stratégie de communication.

Les boutiques doivent être soignées et apporter satisfaction à la demande.

Par contre, je ne pense pas que c'est trois dernier éléments puisse permettre prospérité à une marque de prêt-à-porter féminin.

Il existera toujours des exceptions comme Zara ou Mango, mais ces dernières sont le fruit de moyen financier important afin de créer un réseau de distribution permettant un trafic important.

Sans cet aspect d'emplacement stratégique et sans publicité, je ne crois pas en l'expansion d'une marque aujourd'hui. Le visage du marché est beaucoup trop concurrentiel pour qu'une marque se développe sans moyens.

Bibliographie

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Internet

Le dictionnaire des enseignes de la distribution : site page personnel lycos

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