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La pluralité comme condition de l'action et du pouvoir politique chez Hannah Arendt

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par André-Joël MAKWA
Université Pontificale Grégirienne/ Faculté de Philosophie Saint Pierre Canisius-Kinshasa - Graduat en Philosophie 2006
  

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REMERCIEMENTS

Au terme de ce premier cycle de philosophie, je voudrais rendre grâce à Dieu pour le don de la vie, de l'intelligence, de la science et de la vocation, témoigner de ma gratitude envers tous ceux et toutes celles qui, d'une manière ou d'une autre, ont contribué à la réalisation de ce travail.

Qu'il me soit permis d'exprimer ma reconnaissance au corps professoral de la Faculté de Philosophie Saint Pierre Canisius. De tout coeur, et sans porter atteinte à leur modestie, je dis sincèrement merci au Révérend Père NTIMA Nkanza, doyen de la faculté, qui a patiemment et rigoureusement dirigé ce présent travail; au Révérend Père Simon DECLOUX, recteur de la faculté, pour son dévouement et ses nombreux sacrifices; au Révérend Père Paulin MANWELO, secrétaire académique de la faculté, pour ses services, ses remarques et encouragements.

Je ne peux pas méconnaître les mérites réservés à mes parents MAKWA Kandungi André et TAMISIMBI Marie-Alphonsine, ainsi qu'à mes frères et soeurs, pour tout ce qu'ils sont pour moi.

Mes remerciements vont aussi à l'adresse de la Compagnie de Jésus et de façon particulière, à la Province d'Afrique Centrale, pour m'avoir accepté tel que je suis et pour la formation de qualité qu'elle ne cesse de me procurer.

Aussi, je reste redevant envers mes compagnons jésuites de la communauté Saint Pierre Canisius, à mes collègues de cycle, pour leur patience et leur fraternité à mon égard.

Que le Seigneur, dans sa grande puissance, daigne bénir tous ceux et toutes celles qu'il a placés sur ma route et me donner la joie d'être le vrai compagnon de son Fils Jésus.

MAKWA Kandungi André-Joël

INTRODUCTION GENERALE

I. PROBLEMATIQUE

Dans une période essentiellement marquée par un rapport de force entre deux blocs antagonistes, à savoir le bloc capitaliste et le bloc communiste, la philosophe juive, Hannah Arendt tente d'opérer un tournant philosophique en se proposant, à partir de l'histoire, de penser la condition humaine prise par l'étau de la modernité.

Sa réflexion s'appesantira sur la vita activa (vie active), dans laquelle il est question de penser ce que nous faisons et non ce que nous pensons. L'homme qu'il s'agit de penser n'est pas un sujet désincarné; mais il se situe dans ce monde où nous apparaissons et disparaissons. Tout en étant toujours-et-déjà-jeté-dans-le-monde, chacun de nous y apporte quelque chose de neuf. Car la naissance d'un enfant, l'avènement d'un nouveau venu apporte toujours quelque chose de nouveau étant donné que tout être humain est unique au monde et identique à lui-même.

Mais l'homme de la condition humaine n'est pas un être solitaire; il est toujours et déjà entouré des autres avec qui il partage le monde. Car « ce sont des hommes et non pas l'homme, qui vivent et habitent le monde. »1(*) Telle est la condition humaine de la pluralité qui est spécifique à l'homme. Cependant, cette pluralité, ayant une dimension double d'égalité et de distinction, ne peut se déployer que dans une sphère publique. C'est dans l'action qui relie les hommes de façon immédiate, sans aucun intermédiaire, que l'on peut parler de la pluralité. L'homme, en tant qu'être singulier, se réalise en vivant ensemble avec ses semblables. C'est à partir de ce "vivre-ensemble" qui est l'essence de la politique, que l'on peut parler du pouvoir, mieux de la conception arendtienne du pouvoir politique.

Avant d'y arriver, il sied de souligner que l'agir politique chez Hannah Arendt, est un agir au sein de la polis, de la cité. Et c'est dans cet agir que se déploie la liberté humaine. De ce fait, la question politique chez Hannah Arendt, est celle de la liberté dans la pluralité. C'est dans l'espace compris entre les hommes que prend naissance la politique. L'on ne peut parler de politique sans la condition humaine de la pluralité. Celle-ci apparaît comme un concept clef dans la pensée politique de notre philosophe.

Par ailleurs, le "vivre-ensemble" nous conduit à penser le pouvoir politique chez Hannah Arendt. Ce pouvoir exclut toute forme de domination et l'usage monopolisé de la force ou de la violence. La domination qui contraint certains à obéir à ceux qui commandent s'inscrit en faux contre le pouvoir arendtien. Car ce pouvoir est un agir concerté qui suppose un groupe, une communauté, si bien qu'un seul individu ne peut pas le monopoliser. Nous sommes aussi loin de la conception platonicienne du « roi-philosophe » qui, intuitionnant seul les « Idées » éternelles, imposerait sa volonté aux autres, la masse, contraints de le suivre. Ce pouvoir se déploie dans l'espace public, dit politique.

Or, dit Hannah Arendt, l'ordre politique est en crise dans l'époque moderne qu'est la nôtre. Cette crise affecte non seulement les nations, mais aussi des individus pris isolement. Car en fin de compte, cette crise est le fruit d'une confusion dans la conception de ce que Hannah Arendt appelle « vita activa ». Comment, dès lors penser la crise de la modernité et son influence dans la vita activa ? Il nous semble que nous devons situer le problème au sein même de l'époque moderne qui, cherchant à opérer un changement dans le travail, renverse ainsi l'ordre des choses dans la vita activa.

* 1 Hannah Arendt, Condition de l'homme moderne, traduit de l'américain par Georges Fradier, Paris, Calmann-Lévy, 1961, pp. 15-16.

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