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De ta tradition à  la modernité: étude du manichéisme discursif dans noces sacrées de Seydou Badian. Essai d'analyse sociocritique.


par Sylvère DUSABIMANA
Université Nationale du Rwanda - Licence 2007
Dans la categorie: Arts, Philosophie et Sociologie > Littérature
   
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CHAPITRE I. LA SOCIOCRITIQUE COMME OUTIL D'ANALYSE LITTERAIRE : APPROCHE METHODOLOGIQUE

1.1. Introduction

Il y a beaucoup de méthodes d'analyse littéraire, mais il arrive que la pertinence de telle ou telle méthode soit beaucoup plus en vue sur un corpus donné et sur un sujet déterminé. La sociocritique comme outil d'analyse littéraire s'est avérée la bienvenue pour l'analyse de notre corpus, raison pour laquelle nous voulons d'abord parcourir cette méthode avant de l'appliquer.

Cette démarche est due à de multiples raisons. La première en est que l'auteur s'est fortement inspiré de la société et de ses péripéties parfois bizarres projetées dans la peinture de la société de fiction, une société où, par exemple les masques comme N'tomo gouvernent en souverain le bonheur des hommes.

En deuxième lieu, n'étant pas dans l'angle manifestement comparatif nous avons trouvé qu'il serait éloquent d'utiliser la méthode sociocritique car les heurts du mariage Occident-Afrique dans Noces sacrées retombent sur un échantillon de gens faisant partie de la société. D'où toute la société en est sensible. De ce fait, nous jugeons mieux de commencer par la définition des concepts clés.

1.2. Définition de la sociocritique

La sociocritique est une approche du fait littéraire qui s'attarde sur l'univers social présent dans le texte. Pour ce faire, elle s'inspire tant et si bien de disciplines semblables comme la sociologie de la littérature qu'on a tendance à les confondre. "La sociocritique", mot créé par Claude Duchet en 1971, propose une lecture socio-historique du texte.

En fait la sociocritique ne s'intéresse pas à ce que le texte signifie, mais à ce qu'il transcrit, c'est-à-dire à ses modalités d'incorporation de l'histoire, non pas seulement au niveau des contenus, mais aussi au niveau des formes.

Beaucoup d'auteurs ont étudié la méthode sociocritique comme outil d'analyse littéraire. Nous nous bornerons sur les auteurs que nous jugeons les plus connus.

Joëlle Gardes-Tamine et Marie-Claude Hubert voient la sociocritique comme une « Méthode de critique littéraire née au cours des années soixante, issue de la sociologie. Elle apparaît comme une tentative pour expliquer la production, la structure et le fonctionnement du texte littéraire par le contexte politico-social » (2002 : 198).

S'étant enraciné dans la société, Taine dans sa Philosophie de l'art (1865) a centré ses travaux sur l'émetteur dans une oeuvre, et a montré comment le milieu social de l'auteur conditionne l'oeuvre, et Lanson le critique du début du XXème siècle a centré ses travaux sur le récepteur et a insisté sur le rôle du lecteur dans l'évolution de la littérature.

Le concept de sociocritique, difficile à définir, recourt à des approches théoriques disparates, selon que les critiques se situent dans la mouvance des philosophes marxistes, comme Marx, Engels ou Durkheim, de Hegel ou de sociologues comme Marx Weber. Selon Daniel Bergez et al (1999 : 123) :

« Sociocritique sera employé par commodité, bien que le terme désigne depuis de nombreuses années une [...] démarche [...], la simple interprétation « historique » et « sociale » des textes comme ensembles aussi bien que comme productions particulières ».

Ceci pour impliquer que la sociologie du littéraire concerne l'amont (conditions de production de l'écrit) et que la sociologie de la réception et de la consommation concerne l'aval (lectures, diffusion, interprétations, destin culturel et scolaire ou autre).

Selon Claude Duchet, la sociocritique vise « le texte lui-même comme lieu où se joue et s'effectue une certaine socialité » (cité par Bergez et al, 1999 : 123).

Dans la lignée marxiste, se situent des théoriciens comme TH.W. Adorno et Pierre Macherery. Leur originalité est de souligner la dimension critique de la littérature qui n'est pas nécessairement en adéquation avec les discours idéologiques.

Robert Escarpit, quant à lui, dit que les structures culturelles ne sont pas seulement autonomes mais peuvent agir sur les structures sociales et économiques. Il s'apparente ainsi à Max Weber qui affirme qu' « Il faut séparer les jugements de valeurs des jugements du fait. » (Cité par Joëlle Gardes-Tamine et Marie-Claude Hubert, (2002 : 198)).

Lukács et Goldmann, excellents théoriciens sur la sociocritique, se réclament de Hegel à qui ils empruntent la théorie de la totalité. Dans un phénomène particulier se concrétise la problématique d'une époque. Goldmann cherche à dégager une structure qui rende compte de la totalité de l'oeuvre, et qui soit elle-même explicable par rapport à une structure englobante : la vision du monde d'un groupe social.

1.2.1. La sociologie de la littérature

La différence entre la sociocritique et la sociologie de la littérature n'est pas claire, mais les deux vocables sont différents. La sociocritique étudie le texte particulier et son contenu tandis que la sociologie de la littérature étudie des textes en général.

La sociologie de la littérature est donc « une socio-sémiotique car elle utilise des concepts issus à la fois de la sociologie et de la sémiotique. Cette méthode utilisée notamment par Julia Kristeva cherche à transposer les problèmes sociaux au niveau linguistique, s'attachant à la situation sociolinguistique dans laquelle un texte est produit, car cette situation porte l'empreinte des contradictions historiques et des conflits sociaux.

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