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Ethnicité, taxonomie locale et distribution géographique de quatre epèces de légumes-feuilles traditionnels au Bénin: Acmella, Uliginosa, Ceratotheca Sesamoides, Justicia tenella et sesamum radiatum

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par Bienvenu KPEKI
Faculté des scineces Agronoimiques/ Université d'Abomey Calavi - Diplôme d'Ingénieur Agronome 2008
Dans la categorie: Sciences
  

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2.2.3. Connaissance sur les quatre espèces de LFT ciblées

2.2.3.1. Acmella uliginosa

- Systématique et description

De la famille des Asteracea (compositea) Acmella uliginosa est une plante herbacée annuelle à tiges érigées (voir photo 1). En langue française on l'appelle drède mafane ou cresson de Para. La plante a des feuilles simples opposées. Le pétiole mesure 2 à 6,5cm de longueur ; le limbe est largement ovale à deltoïde et a une surface de 5 à 11cm X 4 à 8cm, à base tronquée brièvement atténuée, apex aigu brièvement acuminé, bord denté. L'inflorescence est un capitule discoïde de 2,5cm X 1,5cm. Le fruit est un akène de 2 à 2,5mm X 1mm avec un pappus constitué de 2 soies (Bosch, 2004). Acmella uliginosa possède une corolle quadrimère. La plante est une herbe (Adjatin, 2006).

- Origine et répartition géographique

Acmella est un genre pantropical comprenant environ 30 espèces, dont deux indigènes en Afrique tropicale et deux autres introduites. Acmella uliginosa est connu à l'état sauvage. On pense qu'il a été domestiqué à partir d'Acmella alba (L'Héri), espèce indigène du Pérou et du Brésil. Il a certainement été cultivé depuis très longtemps, et s'est répandu dans toutes les régions tropicales. On le cultive par endroits dans toute l'Afrique. Il a été signalé des échappées de plantes de Acmella uliginosa avec une naturalisation en Afrique de l'Est. Probablement introduit dans les îles de l'Océan Indien par les portugais, il a ensuite été diffusé en Afrique de l'Est par des ouvriers indiens, lorsque ceux-ci sont venus participer à la construction des chemins de fer vers 1900 (Bosch, 2004). Au Bénin, on le retrouve dans la région septentrionale plus précisément dans l'Atacora (Dansi et al., 2008a).

- Ecologie

Quand il n'est pas cultivé Acmella uliginosa se trouve parmi les mauvaises herbes. Les
populations naturalisées se trouvent généralement dans les endroits humides comme les
marécages et en bordure de lacs. Comme plante ornementale, il se multiplie par graine ou
par boutures, prélevées sur les plantes dans la phase végétative. Pour la germination, une
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température d'au moins 21°C est nécessaire (Bosch, 2004). Il demande des arrosages fréquents pour les cultures en jardins de case. Selon Dansi et al. (2008a), on retrouve l'espèce dans les zones arides et semi-arides du Bénin. Ce légume est cultivé dans les champs et jardins de case de presque tous les ménages M'bermin (Adjatin., 2006). Il est disponible en saison pluvieuse (Dansi et al., 2008a).

- Usages

Dans les îles de l'océan Indien (Comores, Madagascar, Réunion, Maurice) ainsi qu'en Inde, l'usage principal des feuilles d'Acmella uliginosa est la consommation sous forme de légume cuit à la vapeur. Au Brésil et en Inde, les feuilles crues sont utilisées pour rehausser le goût des salades, des soupes et des plats de viande (Bosch, 2004). On le cultive largement comme plante ornementale pour ses capitules colorés attrayants. L'usage médicinal le plus commun et le plus répandu est le traitement du mal de dents et des infections de la gorge et des gencives. Dans le monde entier, on utilise les capitules soit frais soit séchés et réduits en poudre, mais l'usage des racines et des feuilles a également été recommandé. On recommande en outre cette plante pour soigner la dysenterie les rhumatismes ainsi que pour renforcer le système immunitaire (Bosch, 2004). Elle est aussi utilisée contre les parasites du sang, surtout contre la malaria de manière préventive que curative. Au Bénin, l'espèce est utilisée comme épinard (Dansi et al., 2008a). Il est un légume-feuille très nutritif, antihelmintique, antibiotique et galactogène utilisé comme alicament. Sa consommation régulière permet de lutter contre les vers intestinaux, de prévenir et de traiter les infestions éventuelles qui surviennent après l'accouchement, de déclencher et de stimuler la sécrétion de lait maternel (Adjatin, 2006).

2.2.3.2. Ceratotheca sesamoides

- Systématique et description

Ceratotheca sesamoides est une des cinq espèces que comprend le genre Ceratotheca. Elles sont de la famille des Pedaliaceae. L'espèce Ceratotheca sesamoides comporte deux synonymes qui sont : Ceratotheca melanosperma Hochst. ex Bernh. (1842) et Sesamum heudelotii Stapf (1906). On l'appelle communément en français « Faux sésame ». (Voir photo 2)

Ceratotheca sesamoides est une plante herbacée annuelle atteignant 100 à 120 cm de haut,
parfois à rhizome ligneux, à tiges pubescentes, prostrées, ascendantes ou érigées. Les feuilles
sont opposées ou presque opposées, simples, stipules absentes, pétiole atteignant 6cm de long

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chez les feuilles inférieures, très court chez les feuilles supérieures ; avec un limbe lancéolé- deltoïde à ovale-triangulaire ou étroitement ovale, de 1,5-8 cm X 0,5-4,5 cm, tronqué, largement cunéiforme ou légèrement hasté à la base, aigu à l'apex, le limbe grossièrement denté au moins vers la base, pubescent et densément glanduleux en dessous, faiblement glanduleux en dessus, palmatinervé à la base. Les fleurs sont solitaires à l'aisselle des feuilles, bisexuées, zygomorphes, pentamères ; pédicelle de 3-8mm de long ; calice à lobes étroitement triangulaires atteignant 7mm de long, soudés à la base ; corolle en forme d'entonnoir, de 1,5-4 cm de long, légèrement pubescente, rose, lilas, mauve ou violette, gorge et lobe inférieur souvent crème avec des lignes sombres, lobe inférieur largement ovale et plus long que les autres lobes. Le fruit de l`espèce est une capsule oblongue-quadrangulaire, longue de 1-2 cm, comprimée latéralement avec de minces cornes latérales atteignant 3,5mm de long, à déhiscence loculicide, contenant de nombreuses graines. Les graines sont à contour largement obovale, comprimées latéralement, de 2,5-4mm X 2-2,5mm, à tégument lisse mais radialement rugueux au bord, d'ordinaire noir à maturité. La plantule est à germination épigée ; hypocotyle de 1,5-4,5cm de long ; cotylédons largement elliptiques, atteignant 1 cm de long, entiers, foliacés.

- Origine et répartition géographique

Ceratotheca sesamoides est indigène en Afrique et se trouve à l'état sauvage dans la plupart des pays au sud du Sahara. Il est cultivé par endroits. On retrouve l'espèce au Bénin et est disponible en saison pluvieuse. Il n'est pas cultivé, on la retrouve donc à l'état sauvage (Dansi et al., 2008a).

- Ecologie

Ceratotheca sesamoides présente un grand spectre d'adaptabilité et de flexibilité environnementale. Il apparaît comme un adventice dans des friches ; particulièrement sur des sols sableux bien drainés et dans des sites bien exposés au soleil. Il tolère bien la chaleur et la sécheresse. Dans des conditions naturelles, il se trouve dans les savanes herbeuses et arborées sur sols sableux, rarement dans des endroits rocailleux. Selon Dansi et al. (2008a), il est disponible au Bénin en saison pluvieuse. Le faux sésame est essentiellement une adventice protégée. Mais localement, comme dans le nord de l'Ouganda, il est cultivé dans les champs en association avec le gombo, l'aubergine, le niébé, l'amarante, le sorgho, la patate douce ou le sésame. Les graines sont semées à la volée au début de la saison pluvieuse. Usages

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Les feuilles et les fleurs du faux sésame sont consommées comme légume. Hachées, les feuilles sont employées dans des sauces. Par ailleurs, elles sont pilées et mélangées à de la farine d'arachide, du sel, un peu d'eau chaude et cuites pendant quelques minutes. Le mélange est consommé comme sauce pour accompagner la bouillie ; l'eau peut être remplacée par du lait chaud. On peut incorporer de la cendre pour attendrir les feuilles et en diminuer l'amertume. On peut aussi ajouter des oignons et des tomates. Les graines sont broyées pour former une pâte, qui est consommée avec du haricot ou du manioc. Elles sont aussi écrasées pour en extraire une huile, qui convient parfaitement aux salades. L'ajout de jus de feuilles de faux sésame à la pulpe bouillante des graines de Vitellaria paradoxa C.F.Gaertn., lors de la confection du beurre de karité, facilite la séparation de la matière grasse. Une décoction de la plante est employée contre la diarrhée. Les feuilles trempées dans l'eau donnent un liquide gluant qui est instillé dans l'oeil goutte à goutte dans le traitement de la conjonctivite. Le mucilage est employé à l'occasion comme émollient et lubrifiant (Bedigian & Adetula, 2004). Une macération de feuilles facilite la délivrance chez la femme et chez les animaux (Bedigian & Adetula, 2004 ; Adjatin, 2006). Les feuilles sont chauffées, moulues, mélangées à de la cendre et frottées sur les ganglions lymphatiques cervicaux enflammés. Les feuilles moulues avec le rhizome d'Anchomanes difformis (Blume) Engl. font l'objet d'applications locales dans les cas de lèpre. Le faux sésame est encore signalé comme aphrodisiaque, et utilisé contre la jaunisse, les morsures de serpent et les maladies de peau (Bedigian & Adetula, 2004). La plante est consommée par les chameaux, les bovins, les chèvres et les moutons. Il est utilisé comme légume au Bénin (Dansi et al., 2008a). Utilisée comme gluant, l'espèce est très appréciée par la population du département de l'Atacora. Les feuilles du légume séchées sont très faciles à conservées (Dansi et al., 2008a). L'espèce n'est pas utilisée par tout le monde car elle anéantie les pouvoirs surnaturels donc n'est pas conseillée aux hommes qui ont des pouvoirs surnaturels (Dansi et al., 2008a).

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