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Les moteurs de la croissance de l'économie burkinabe et sa vulnerabilité aux chocs extérieurs

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par K. Issaka YAMEOGO
Ecole National d'Administration et de Magistrature (ENAM) - Conseiller des affaires économiques 2009
  

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Section 2 : Les effets des crises énergétiques, alimentaires et politiques

Sur la période 2000-2008, l'économie burkinabè n'a pas échappée aux effets d'un certain nombre de crises nées à l'extérieur. Notre étude se focalisera sur les crises pétrolières (de 2002 à juin 2008), alimentaires (survenue à partir de la seconde moitié de l'année 2007) et les effets de la crise ivoirienne (intervenue en septembre 2002) sur l'économie du Burkina Faso.

Paragraphe 1 : Les effets de la crise alimentaire

A l'instar de bien d'autres nations du monde, notre pays le Burkina Faso n'a pas été épargné par la hausse des prix des produits alimentaires. Plusieurs chocs externes peuvent expliquer cette situation.

A- Les causes externes de la crise alimentaire

Les chocs externes qui ont été à l'origine de la crise alimentaire sont nombreux, nous pouvons énumérer parmi tant d'autres ce qui suit :

Ø la baise de l'offre mondiale de céréales due notamment à de mauvaises conditions climatiques et aux mesures protectionnistes allant de la baisse à la suspension des exportations des pays producteurs de céréales tel que le riz ;

Ø le fort taux de croissance économique dans les pays émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine) qui augmente les revenus de la population et entraîne une demande supplémentaire de céréales face à une offre en diminution29(*) ;

Ø le recours de plus en plus croissant au biocarburant basé sur la transformation de céréales, entraînant ainsi une réduction des surfaces culturales réservées à la consommation humaine30(*) ;

Ø la baisse du cours du dollar et la montée du prix du baril de pétrole, qui a pour conséquence une augmentation des coûts de production des produits alimentaires ;

Ø la crise financière immobilière (subprimes aux Etats-Unis) qui a entraîné une forte spéculation sur les produits céréaliers comme valeur de refuge de la monnaie.

Dans un tel contexte, le Burkina Faso n'a pu échapper aux effets négatifs de cette crise étant donné que le pays importe une quantité importante de produits alimentaires pour satisfaire la demande nationale.

B- Les répercutions de la crise sur l'économie burkinabè

Cette crise a affecté l'économie du Burkina Faso dans plusieurs secteurs. Elle s'est traduite, notamment par une forte hausse du taux d'inflation. Ainsi, en 2008, le taux d'inflation a atteint 10,7% contre une moyenne de 2,6% sur la période 2000-2007.

Le Burkina Faso étant un pays importateur de produits de première nécessité, la hausse des prix sur le marché international se répercute sur l'économie du pays, avec pour conséquence la baisse du pouvoir d'achat accompagné d'une accentuation de la paupérisation des couches pauvres de la population. Au niveau du secteur industriel, le coût et la disponibilité des matières premières font peser une menace sérieuse pour la poursuite de certaines exploitations, occasionnant ainsi un chômage plus accru. Cette situation crée de gros risques sur la stabilité politique, économique et sociale du pays. Elle conduit également à l'augmentation de la facture des importations des produits alimentaires.

Face à une telle crise et ses conséquences sur l'économie, les mesures prises par le gouvernement (vente de céréales à prix social, suppression de la perception du droit de douane et de la TVA sur certains produits) créent également un manque à gagner pour l'Etat en matière de recettes. Ainsi, de mars à septembre 2008 cet effort financier s'est élevé à 4,6 milliards de FCFA31(*).

A cet effet, cette crise, née à l'extérieur, influe sur la croissance économique à travers les distorsions créées dans la quasi-totalité des secteurs de l'activité économique. Au plan structurel, cette crise a mis en évidence la forte dépendance du pays à l'égard des importations pour son alimentation. Une telle dépendance expose le pays aux chocs extérieurs provenant du marché international.

* 29 Selon l'USAID, les stocks mondiaux de céréales ont baissé 6,5% en 2008 alors que la demande a augmenté de 3,5%.

* 30 En 2008, aux USA, 23,7% de la production de maïs a été converti en éthanol.

* 31 Rapport semestriel de la surveillance multilatérale (RSM), UEMOA, décembre 2008.

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"Il y a des temps ou l'on doit dispenser son mépris qu'avec économie à cause du grand nombre de nécessiteux"   Chateaubriand