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Les moteurs de la croissance de l'économie burkinabe et sa vulnerabilité aux chocs extérieurs

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par K. Issaka YAMEOGO
Ecole National d'Administration et de Magistrature (ENAM) - Conseiller des affaires économiques 2009
Dans la categorie: Economie et Finance
  

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Chapitre 2 : Les bases de la croissance de l'économie burkinabè

L'économie burkinabè au prix des reformes institutionnelles a renouée avec la croissance depuis 1995. Le PIB a enregistré des performances remarquables depuis cette période. Cette croissance a été l'effet du dynamisme de quelques facteurs et des secteurs de l'activité économique tels que l'agriculture, l'élevage, l'industrie, le commerce extérieur, l'investissement et certains facteurs de l'environnement international.

L'objet de ce chapitre est de faire ressortir les secteurs et les facteurs qui ont été à la base de la croissance économique entre 2000 et 2008.

Section 1 : Le secteur réel et la croissance économique

Le secteur réel de l'économie burkinabè est organisé autour de trois secteurs traditionnels que sont : le secteur primaire, le secteur secondaire et le secteur tertiaire. Depuis une certaine période l'économie du pays a connu une croissance positive. Entre 2000 et 2008 la croissance a été de l'ordre de 5,3% en moyenne. Cependant cette évolution présente quelques disparités sur la période. Comparativement à la croissance moyenne de l'ensemble des pays membres de l'UEMOA (+3,7%), le Burkina Faso a réalisé des performances. Le graphique suivant présente l'évolution comparée du taux de croissance du Burkina Faso à celui de l'ensemble des pays membres de l'UEMOA.

Graphique n°3 : Evolution comparée des taux de croissance du PIB réel du Burkina Faso à celui de l'UEMOA de 2000 à 2008

Source : Construit par l'auteur à partir des données du tableau 2 en annexe 1

Les paragraphes qui vont suivre montreront les performances au niveau sectoriel. Il s'agira de montrer l'apport de chaque secteur à la croissance. Ceci nous permettra de faire ressortir les moteurs de la croissance économique.

Paragraphe 1 : Le secteur primaire

Le secteur primaire est fortement dominé par l'agriculture et l'élevage, faisant ainsi du Burkina Faso un pays à vocation agropastorale. Ces deux sous secteurs occupent plus de 85% de la population et représentent environ 76% des recettes d'exportations en valeur sur la période 2003-2007. Le taux de progression du secteur a été de 3,1% entre 2000 et 2008. Sa part dans la formation de la valeur ajoutée depuis 2000 était en moyenne de 32,4%. La valeur ajoutée du secteur qui avait augmenté de 17% en 2001 et de 11,8% en 2005 a connu un repli de 4,3% en 2007, liée à une baisse de la production du coton et à une mauvaise répartition des pluies dans l'espace et dans le temps.

A- Le sous-secteur agriculture

L'agriculture burkinabè représente plus de 70% des recettes d'exportation. C'est un secteur important de l'économie. En raison de sa dépendance aux aléas climatiques, elle demeure fragile avec des performances qui fluctuent d'une année à l'autre. Ce sous-secteur contribue pour environ 58,8% à la formation de la valeur ajoutée du secteur primaire. Une distinction peut être faite entre agriculture de rente et agriculture vivrière.

L'agriculture de rente est fortement dominée par le coton en raison des superficies occupées. Cependant cette spéculation connaît une forte baisse de la production depuis 2005. De 2006 à 2007, la production a baissé de 44%, passant de 649 400 tonnes à 355 400 tonnes (graphique n°4). Cette baisse est due notamment à la dépendance de cette culture à la pluviométrie, la baisse de 12% des prix aux producteurs (de 165 FCFA le Kg en 2006 le prix est passé à 145 FCFA le Kg en 2007), la hausse du prix des intrants, les retards de paiement des paysans et l'annonce tardive du prix d'achat aux producteurs.

Graphique n°4 : Production cotonnière en milliers de tonnes de 2000 à 2008

Source : Construit par l'auteur à partir des données du tableau 3 en annexe 1

Malgré cette mauvaise performance constatée, le coton reste la première culture de rente du Burkina Faso, procure environ 60% des recettes d'exportations en moyenne par an et occupe 51% des superficies. Sa contribution à la formation du PIB a varié entre 2% et 4%.

En plus du coton, les fruits et légumes occupent une place importante comme produit de rente. À ces produits, s'ajoutent l'arachide et le sésame qui ont des valeurs non négligeables dans les recettes d'exportations.

Quant à l'agriculture vivrière, elle soufre d'un déficit d'organisation par rapport à la filière coton. Ce type d'agriculture est de type pluvial, extensif et traditionnel. Elle occupe environ 85% des superficies emblavées. Les cultures vivrières se composent principalement de céréales (le sorgho, le maïs, le mil, le riz, etc.). D'autres spéculations telles que le niébé, le voandzou et les tubercules connaissent une production non moins importante.

Ce secteur est une source importante de la croissance de l'économie, mais en raison de sa dépendance aux aléas climatiques, il demeure fragile avec des performances qui fluctuent fortement d'une année à l'autre. Entre 2000 et 2008, sa contribution à la croissance a varié entre -1,13 et 1,14 point de pourcentage. En moyenne l'agriculture vivrière a contribué à la croissance du PIB à hauteur de 0,54 point de pourcentage.

D'une manière générale, on note que le sous-secteur céréale souffre d'un déficit d'organisation et de valorisation de la production (stockage, commercialisation, exportation). Les produits de cette filière sont commercialisés seulement à 15%, tout le reste est destiné essentiellement à l'autoconsommation. Le graphique suivant montre l'évolution de la production céréalière.

Graphique n°5 : Production céréalière (en milliers de tonnes) de 2000 à 2008

Source : Construit par l'auteur à partir des données du tableau 9 en annexe 1

B- Le sous-secteur élevage

Pays sahélien, le Burkina Faso possède d'énormes potentialités pour faire de l'élevage un secteur moteur de son économie. Le cheptel burkinabè est important. Son système d'exploitation dominant est extensif mais bien adapté à la variabilité saisonnière et interannuelle des ressources pastorales. On rencontre aussi des systèmes d'exploitations plus intensifs qui se développent autour de quelques filières. L'élevage est le second secteur pourvoyeur de devises après le coton et représente environ 15% des recettes d'exportations. En 2007, le cheptel burkinabè était estimé à environ 61.081.880 têtes (bovins, ovins, caprins et volailles). Sur la période 2000-2008, la contribution de ce secteur à la croissance du PIB a varié entre -1,22 et 5,25 points de pourcentage (tableau 1, annexe 2). Ce secteur a regagné en dynamisme après la réouverture totale de la frontière avec la Côte d'Ivoire et à une meilleure organisation des flux commerciaux avec des pays comme le Ghana et le Togo.

Malgré ses potentialités, le secteur reste confronté à des difficultés liées à l'insuffisance d'aliments de bétails et leurs coûts élevés. La levée de ces goulots d'étranglements permettrait d'améliorer sa contribution à la croissance et d'en faire un véritable moteur de la croissance.

C- Les sous-secteurs pêche, chasse et sylviculture

Les efforts enregistrés ces dernières années afin de mettre en valeur les ressources forestières, fauniques et halieutiques pourraient améliorer les atouts compétitifs de ce sous-secteur. Déjà à partir de 2003 sa contribution à la formation de la croissance du PIB est restée positive. La régression de l'activité du secteur primaire en 2007 a été quelque peu atténuée par le dynamisme observé dans le sous-secteur de la pêche (+6,7%).

Au total, la vitalité du secteur primaire a été l'un des ressorts essentiels de la croissance économique au cours de la période d'étude. Ce secteur demeure le socle de l'activité économique mais reste malheureusement tributaire des aléas climatiques et d'une pratique de l'agriculture avec des matériaux rudimentaires. Ainsi, son apport à la croissance du PIB est resté positive (+1,16 point en moyenne entre 2000 et 2008). Sur la même période, la part de ce secteur dans la formation de la valeur ajoutée est passée de 33,4% à 30,8%. Cette baisse ne serait-elle pas due à un regain d'activité dans les deux autres secteurs de l'activité économique ?

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