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Impact du risque politique sur les investissements directs étrangers en Afrique subsaharienne

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par Didier Joël Kama N'GBESSO
Université d'Auvergne Clermont- Ferrand1, centre d'études et de recherches sur le développement international - Master 2 2010
  

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I.4 RISQUE POLITIQUE :

I.4.1 Definitions

Le risque politique émane de l'incertitude sur les revenus potentiels, qui peut aider ou freiner les intérêts du business, ou s'avérer être meilleure ou pire qu'attendu (Alon & Herbert, 2009). Les changements dans la politique du gouvernement et/ou des institutions politiques ou même de la société dans son ensemble peuvent donc affecter le comportement des firmes multinationales. Pour Busse & Hefeker (2007), ces changements de politique affectent la prime de risque incorporée dans un projet d'investissement et, par conséquent la décision de location des multinationales à l'étranger. Desbordes R. (2010) associe le risque politique à l'instabilité du gouvernement, la corruption publique, la faible protection des droits de propriété et le déséquilibre économique, et selon lui le risque politique dissuade les investissements directs étrangers car il accroit conjointement les coûts de la pratique des affaires et l'incertitude. Charles Pahud de Mortanges & Vivian Allers (1996) appréhendent le risque politique dans les quatre éléments suivants :

ü Discontinuités: changements drastiques dans l'environnement du business

ü Incertitude: changements qui sont difficiles à anticiper

ü Forces politiques: gouvernement et autres corps politiques

ü Impact sur le business : impact possible sur les profits ou d'autres objectifs des firmes.

Selon Charles Pahud de Mortanges & Vivian Allers (1996) les directions des firmes qui connaissent la valeur de l'analyse du risque politique choisissent entre les trois méthodes de prévision suivantes pour évaluer le risque politique :

ü Les méthodes qualitatives non structurées : elles comprennent d'une part les jugements et intuitions des managers et d'autre part les opinions d'experts. Comme exemple de méthode basée sur les jugements et intuitions des managers, ces auteurs citent l'approche « grand tour ». Cette approche consiste en une investigation des investisseurs étrangers (recherche préliminaire) dans le pays hôte avant l'implantation future de leur entreprise. La technique d'opinions d'experts consiste, quant à elle, à recueillir « les conseils des investisseurs étrangers et des membres du gouvernement local, des universitaires, d'anciennes personnalités politiques, d'éducateurs expérimentés et de journalistes » (de Mortanges & Allers, 1996)5(*).

ü Les méthodes qualitatives structurées : nous avons la technique DELPHI, les checklists standardisés, l'approche par scénarios.

ü Les méthodes quantitatives : pour de Mortanges & Allers, les méthodes quantitatives sont développés dans le but de réduire les biais de subjectivité des méthodes qualitatives. Ils permettent d'améliorer l'objectivité et la précision de l'analyse. Ils distinguent : les analyses des consultants du risque politique, les méthodes spécifiques aux compagnies. Schollhammer (1978) in de Mortanges & Allersn (1996) a développé un modèle quantitative qui utilise les mesures de certains facteurs causals pour prévoir les changements politiques6(*). Cependant, un inconvénient des méthodes quantitatives n'est pas la méthodologie mais plutôt les données appliquées à l'analyse (Yasumuro, 1984 in de Mortanges & Allersn, 1996). En effet, il dénonce l'obsolescence des données qui déforme les perspectives de l'exécutif.

C'est pourquoi Mortanges & Allersn (1996) préfèrent une combinaison des méthodes quantitatives et qualitatives. Dans cette perspective, les intuitions des dirigeants sont combinés avec les programmes statistiques.

A côté de ces méthodes, on a les "Compagny-specific Methods" et les "political risk consultants". Les Compagny-specific Methods sont des modèles d'évaluation de l'impact potentiel du risque politique sur un projet, réalisés par les firmes elles-mêmes. La compagnie pétrolière Shell a développé le système ASPRO-SPAIR (Robock and Simmonds, 1983 in Mortanges & Allersn, 1996). Néanmoins, un désavantage majeur de cette méthode est qu'elle est très coûteuse et elle serait la plus appropriée pour les grandes multinationales. Les entreprises peuvent aussi faire appel, alternativement, à des consultants externes pour évaluer le risque politique. Mortanges & Allersn (1996) retiennent les plus populaires : Business International's (BI) Country Assessment Services, Frost and Sullivan's Political Country Reports (PRCR), le Political Risk Services (PSR) et Economist Intelligence Unit.7(*)BERI

Robock (1971) in Desbordes (2010) a été le premier à reconnaitre que le risque politique est séparable en deux composantes : le risque macro-politique étant le risque du pays tout entier affectant tout ou la plupart des firmes dans le pays hôte, et le risque micro-politique spécifique aux firmes et affectant une seule firme ou un groupe précis de firmes ou d'activités de business. C'est pourquoi Robock's (1971) in Desbordes (2010) estime que le risque politique n'est pas plus macro que micro comme « les changements environnementaux sont prévus affecter des secteurs précis des activités de business ou des entreprises étrangères spécifiques ». Desbordes (2010) stipule que la caractéristique évidente différenciant les investisseurs étrangers est leur nationalité, laquelle les associe à des actions politiques de leur pays d'origine. (Cuervo-Cazurra et al., 2007 et Nigh, 1985 ; in Desbordes (2010)) soutiennent que comme les investisseurs sont fréquemment perçus comme les représentants informels de leur pays, ils peuvent être la cible d'actions de représailles à un risque diplomatique qui aurait eu lieu.

L'impact significativement négatif du risque politique sur les investissements directs étrangers trouvé dans un grand nombre de papiers est expliqué aussi bien par l'incertitude qu'il crée sur les bénéfices futurs que par les coûts directs qu'il génère (Wei, 1997).

* 5 Voir Charles Pahud de Mortanges & Vivian Allers (1996).

* 6 Ces facteurs causals sont de 2 types : The causal factors are of two types, namely political factors (e.g. quantitative estimates of national riots, armed attacks, deaths from domestic violence, government sanctions, defense expenditures and fractionalization among political parties) and economic factors (e.g. average per capita income, national income distribution, per capita education expenditures, and available food supply measured in terms of calories per capita). Schollhammer (1978) in de Mortanges & Allersn (1996)

* 7 Mortanges & Allersn (1996) : le Business International's (BI) Country Assessment Services enquête 75 pays deux fois par an; le BERI S.A.'s Political Risk Index (PRI) analyse 48 pays deux fois par an ; Frost and Sullivan's Political Country Reports (PRCR) analyse plus de 80 pays trimestriellement ; le Political Risk Services ; et Economist Intelligence Unit).

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