CHAPITRE 4. DISCUSSION
La présente étude a été
menée auprès des 30 patients présentant des
séquelles post lésion cérébrale au cours de leur
prise en charge en réadaptation fonctionnelle.
Elle a visé à évaluer l'impact des
complications neuro-orthopédiques sur la capacité fonctionnelle
des adultes cérébro-lésés suivis en
rééducation, et a determiner leur autonomie.
Concernant le sexe des patients
Une prédominance masculine avec 60% de cas des patients
cérébrolésés, ce résultat se rapproche de
celui de Longo M et al. [59], qui a aussi trouvé une prédominance
masculine avec 65% et celui ABRAHAM G avec 62% [60], et même celui de
TOUZANI R. qui dans son étude les hommes représentaient 57,72%
[61].
Cette convergence s'explique par le fait que toutes ses
études sont menées dans les hôpitaux de Kinshasa où
les facteurs de risque sont presque les mêmes, et surtout qu'en Afrique
en général et en République Démocratique du Congo
en particulier, c'est l'homme qui est la pièce maîtresse du foyer
augmentant le stress et le risque de succomber à une lésion
cérébrale.
Relatif auniveau d'études des
patients
Quant au niveau d'étude 50% des participants
étaient des gradués ce résultat déferre celui de
TOUZANI R. qui parmi les 127 cas d'AVC, 116 cas n'ont pas dépassé
le niveau scolaire primaire [61].
Cette divergence peut s'expliquer par le taux
d'éducation qui ne cesse de croître dans la ville province de
Kinshasa, mais aussi par le stress et les responsabilités dont sont
victimes ceux qui ont un niveau d'études universitaires vis-à-vis
de leur famille.
En rapport avecla profession des patients
Notre
Est-ce qu'être ménagères est un employ?Vu que
c'est rémunéré ont peut considerer ca d'emploi
étude a montré que près de 70 % des
participants étaient employés bien que ce soit des emplois moins
rémunérés et 30% étaient sans emploi.
Ce résultat se diverge avec celui de l'étude de
Mbelesso P, et al. Qui avait montré que 64,5 % étaient sans
profession [62].
Cette divergence pourrait s'expliquer par des
différences dans les contextes socio-économiques de
l'échantillon, les critères de sélection des participants,
il est également possible que les fluctuations économiques
locales et l'accès aux emplois dans les zones étudiées
aient influencé ces résultats.
A propos de l'âge des patients
La majorité des patients était âgé
de 50 ans et plus, avec une moyenne d'âge de 52,70 ans.
Ce résultat se diverge avec celui de Sagui E. dont les
constituants de son échantillonavaient un age compris entre
60,8#177;12,14 ans [63].
La différence d'age moyenne peut refléter des
variations liées a des facteurs contextuels ou démographiques
spécifiques, comme le cadre géographique, les conditions de vie,
ou les différences dans les pratiques de prévention et de prise
en charge.
Quant aux antécédents
Cette étude montre que 77,8% des hommes et 75% des
femmes soit 45,84% des participants sont hypertendus. Ce qui se rapproche de
celui d'AUBRY P. qui a trouvé 53% des accidents vasculaires
cérébraux, au sein de la population de Kinshasa [64].
Ce rapprochement s'explique aussi par le fait que
l'hypertension artérielle demeure l'un des facteurs de risque majeur des
AVC pourvoyeurs des hémiplégies à Kinshasa.
En ce qui concerne le type des
lésions
Cette étude montre que 94,4% des hommes et 100% des
femmes soit 96,7 % des participants avaient une lésion d'origine non
traumatique. Ce qui se rapproche de l'étude réalisée par
l'institut national de santé public du Quebec. Qui a montré que
80-96% de ses participants présentaient une lésion non
traumatique de nature ischémique [65].
Cela s'explique par le fait que la plupart des
hémiplégies sont d'origine vasculaire (non traumatiques),
d'où sa fréquence élevée dans notre milieu
hospitalier.
Portant sur l'évaluationarticulaire
Cette étude montre que 81,1% des participant
n'étais pas capable de réalisé une fonction motrice sans
aide externe ce qui se s'éloigne un peu d'étude faite par Daviet
J.C. et al. Quireprésente 60% des sont échantillons
présente des déficits moteurs [66]. La différence entre
notre étude et celle de Daviet J.C. et al. Pourrait être
liée aux variations dans les protocoles d'évaluation, à la
nature des lésions ou aux caractéristiques de
l'échantillon. Dans notre étude, un pourcentage plus
élevé de patients ne peut pas réaliser une fonction
motrice sans aide externe, ce qui pourrait refléter des déficits
moteurs plus sévères ou une prise en charge moins précoce
par rapport à l'échantillon de Daviet J.C. et al. Cela souligne
l'importance d'une approche personnalisée et continue dans la
rééducation pour améliorer les capacités
fonctionnelles des patients.
L'impact des complications neuro-orthopédiques
sur la préhension
Nos résultats montrent que la préhension est
significativement influencée par les
contractures (p = 0,049), les déformations (p = 0,000) et
la douleur (p = 0,007)
Malgré cela, 51,3% des patients étaient capables
d'effectuer une préhension. Ce résultat est en accord avec
l'étude de Nabile B. (2018), qui a démontré que ces
complications réduisent la fonction manuelle des patients
cérébro-lésés [67].
Cette influence peut aussi s'expliquer par le fait que la
préhension exige une certaine précision dans son
exécution, alors que les contractures, les déformations et la
douleur empêchent aux groupes musculaires de gagner ou
récupérer la force nécessaire permettant ainsi d'obtenir
une préhension.
En lien avec l'Impact des complications
neuro-orthopédiques sur la marche
Notre étude montre que 56,7 % des patients avaient une
marche fauchante, 23,3 % une marche steppante et 20 % une marche normale.
Cependant, aucune association statistiquement significative
n'a été trouvée entre la marche et les complications
neuro-orthopediques:
- Les contractures (p = 0,225)
- Les déformations (p = 0,386)
- La douleur (p = 0,115)
Ce résultat peut être expliqué par le fait
que certains patients parviennent à développer des
mécanismes compensatoires pour la marche, malgré leurs
complications neuro-orthopédiques.
Concernant l'autonomie des patients
Nous avons trouvé que 44,4% des hommes et 33,3% des
femmes avaient une dépendance modérée selon l'indice de
Barthel.
Ce résultat est similaire à l'étude de
Malemba A. et al., qui a trouvé un score moyen de 43 #177; 26,6,
indiquant une dépendance partielle [11].
Cette convergence indique qu'une proportion significative de
patients présente une dépendance modérée
nécessitant une assistance régulière. Cependant, la
classification de l'autonomie peut varier selon l'échantillon et le
contexte de chaque étude.
Limites de l'étude
Nous avons été limité par le temps, qui
nous a semblait relativement court, ce qui a influencé notre faible
échantillon,
Et surtout que, nous n'avons pas recherché les
techniques ou méthodes utilisés ainsi que le nombre des
séances bénéficiés par chaque patient.
La force de cette étude
La force de cette étude réside dans le fait qu
'elle est:
- La première étude menée à
Kinshasa qui s'intéresse spécifiquement aux séquelles
neuro-orthopédiques chez les patients ayant subi une
lésion cérébrale.
- Elle rapporte que les troubles neuro-orthopédiques
ont un impact négatif sur la préhension.
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