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L'evolution des relations internationales du Tchad


par Adam Moussa ABDELKERIM
Université de Ngaoundere - Master I Professionnel 2023
  

Disponible en mode multipage

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Tel : 222 25 40 19 E-mail : fsjp@univ-ndere.cm

L'émergence scientifique en marche

2023-2024

PARCOURS :

CARRIERES ADMINISTRATIVES ET POLITIQUES

Encadreur Professionnel :

Mme KHALIE DJARANNABI

Directrice de la DAPO

Rapport de stage académique effectué du 16 septembre au 01 novembre 2024 au Ministère des affaires étrangères, des tchadiens de l'étranger et de la coopération internationale en vue de l'obtention Master I professionnel

Encadreur Académique :

Pr. DIKA ELOKAN

Maitre de conférences

Sous l'encadrement de :

Rédigé par :

ABDELKERIM ADAM MOUSSA

Matricule : 23P042JP

THÈME : L'EVOLUTION DES RELATIONS INTERNATIONALES DU TCHAD

RAPPORT DE FIN DE STAGE

DEDICACE

A mon père ADAM MOUSSA

A ma mère ADAMA SALEH

REMERCIEMENTS

« Merci est un bien modeste petit mais ne sort de la bouche que sous l'effet d'un acte qui inspire de la gratitude ». Nous sommes inconditionnellement et profondément reconnaissants à l'endroit de :

Ø À notre encadreur pédagogique, le Professeur DIKA ELOKAN, merci pour avoir accepté de diriger ce travail ;

Ø À notre encadreur professionnel, Madame KHALIE DJARNNABI, Directrice de la direction de l'Asie, du Pacifique et de l'Océanie pour son chaleureux accueil etson soutien tout au long de notre stage professionnel ;

Ø À tout le corps enseignant, merci pour votre apport considérable à notre formation académique ;

Ø À notre coordonnateur Dr FANSI, pour son travail acharné, et sa détermination ànotre réussite ;

Ø Aux personnels du ministère des affaires étrangère, des tchadiens de l'étranger et de la coopération internationale ;

Ø À mon Père, Monsieur ADAM MOUSSA, mes remerciements pour sonsoutientant financierque morale et pour ces conseils avisés ;

Ø À ma Mère Madame ADAMA SALEH pour son encouragement incessant et sa détermination dans le suivi de mes études ;

Ø À mes frères et soeurs, mes sincèresremerciements pour leur soutien ;

Ø À mes chers amis et camarade de promotion et ceux qui m'ont assisté durant monparcours ;

Ø À tous ceux qui, de près ou loin ont contribué à ce travail, merci infiniment.

LISTE D'ABREVIATION

MAETECI : Ministere des Affaires Etrangeres, des Tchadiens de l'Etranger et de la coopération internationale ;

SG : Secretariat Générale ;

DGCI : Direction Générale de la Coopération Internationale ;

DGA : Direction Générale de l'Administration ;

DT : Direction Technique ;

UE : Union Européenne ;

OUA : Organisation de l'Unité Africaine ;

UA : Union Africaine ;

DCM : Direction de la Coopération Multilatérale ;

NU : Nations-Unies ;

OCI : Organisation de la Conférence Islamique ;

NEPAD : Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique ;

DAJDA : Direction des Affaires Juridiques, de la Documentation et des Archives ;

DCIT : Direction des Conférences Internationales et de la Traduction ;

DGIA : Direction Générale de l'Intégration Africaine ;

DGPE : Direction Générale du Protocole d'Etat ;

CEEAC : Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale ;

OPE : l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole ;

UFR : Union des Forces de la Résistance ;

ALS : Armée de la Libération du Soudan ;

OI : Organisation Internationale.

SOMMAIRE

DEDICACE 1

REMERCIEMENTS 2

LISTE D'ABREVIATION 3

RESUME 5

INTRODUCTION GÉNÉRALE 6

PREMIERE PARTIE : PRÉSENTATION DE LA STRUCTURATION DU DÉROULEMENT DU STAGE 9

CHAPITRE I : PRÉSENTATION DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DES TCHADIENS DE L'ÉTRANGER ET DE LA COOPÉRATION INTERNATIONALE 10

CHAPITRE 2 : ANALYSE DES TACHES EFFECTUEES 32

SECTION I : ACCUEIL ET INTEGRATION 32

SECTION II - LES TACHES EFFECTUEES 33

DEUXIEME PARTIE : L'EVOLUTION DE LA POLITIQUE ETRANGERE DU TCHAD 36

CHAPITRE I : LA DYNAMIQUE DE LA POLITIQUE ETRANGERE DU TCHAD 37

SECTION I : LA CHRONOLOGIE DES RELATIONS DU TCHAD 37

SECTION II- LA REDEFINITION DE LA POLITIQUE ETRANGERE DU TCHAD 53

CHAPITRE II- LES DÉFIS ET SUGGESTIONS 60

SECTION I- DEFIS INTERNES ET EXTERNE A LA POLITIQUE ÉTRANGERE DU TCHAD 60

SECTION II- LES SUGGESTIONS 63

CONCLUSION GENERALE 65

BIBLIOGRAPHIE 67

TABLE DES MATIERES 68

ANNEXE 71

RESUME

Ce rapport de stage examine l'évolution de la politique étrangère du Tchad, en mettant l'accent sur le fonctionnement du ministère des Affaires étrangères et les défis contemporains auxquels le pays est confronté. Le Tchad, en raison de sa position stratégique en Afrique centrale, joue un rôle essentiel dans les questions de sécurité régionale, notamment face au terrorisme et aux conflits au Sahel.

La première partie du rapport décrit la structure du ministère, ses directions et les activités clés liées à la formulation et à la mise en oeuvre des politiques étrangères. La seconde partie aborde les enjeux contemporains, la dynamique des relations extérieures du Tchad, ainsi que les défis qu'elles rencontrent, et enfin proposer quelques solutions.

Le rapport souligne la nécessité pour le Tchad de renforcer sa diplomatie en intégrant les aspirations locales et en améliorant les ressources institutionnelles. Cela permettra au pays de consolider son rôle d'acteur clé dans la stabilité régionale et de contribuer à la paix en Afrique.

ABSTRACT

This internship report examines the evolution of Chad's foreign policy, focusing on the functions of the Ministry of Foreign Affairs and the contemporary challenges the country faces. Chad, due to its strategic position in Central Africa, plays a crucial role in regional security issues, particularly in the face of terrorism and conflicts in the Sahel.

The first part of the report describes the structure of the ministry, its departments, and key activities related to the formulation and implementation of foreign policies. The second part addresses current issues such as peacekeeping operations, regional partnerships, as well as internal tensions and humanitarian crises.

The report highlights the need for Chad to strengthen its diplomacy by integrating local aspirations and improving institutional resources. This will enable the country to consolidate its role as a key player in regional and contribute to peace in Africa

INTRODUCTION GÉNÉRALE

Ce rapport de stage est un compte rendu de notre expérience au sein du Ministère des Affaires Étrangères, des Tchadiens de l'Etranger et de la Coopération Internationale. Il est rédigé à la suite du stage académique que nous avons effectué durant la période de septembre à novembre 2024.

Dans l'optique de la professionnalisation des études universitaires, la faculté des sciences juridiques et politiques de l'Université de NGAOUNDERE a ouvert depuis l'année académique 2017/2018, un cycle de licence professionnelle en Métiers de Droit et de la science Politique. Ainsi, celui-ci permet à chaque étudiant à la fin de chaque cycle d'effectuer un stage d'une durée d'un mois, dans une structure exerçant les activités concernant sa spécialité. Au bout des trois (3) premières années, chaque étudiant doit effectuer un stage de fin de formation en vue d'obtention d'un diplôme de licence professionnelle. La filière choisie dans cette formation est l' « ADMINISTRATIONS ET POLITIQUES», ce qui nous a dirigé à effectuer notre stage au Ministère des Affaires Étrangères, des Tchadiens de l'Etranger et de la Coopération Internationale. En effet, il était question pour nous durant ce stage de concilier l'apprentissage théorique aux réalités pratiques. Le stage dans cette structure nous a donné l'opportunité de vivre la pratique des Relations Internationales. C'est ainsi que nous avons trouvé opportun de traiter le thème relatif à « L'EVOLUTION DES RELATIONS INTERNATIONALES DU TCHAD».

La politique étrangère du Tchad désigne l'ensemble des relations internationales de la république du Tchad depuis son indépendance. A la fin du XXème siècle, après que les États Africains aient obtenu leur indépendance, commence une nouvelle phase des relations interétatiques : la coopération et la solidarité entre les Etats comme de développement interne. De cette nouvelle ère idéologique, le Tchad comme tout État indépendant adhère à une vision réaliste de la politique étrangère. Celle-ci a connu des mutations afin de s'actualiser aux changements de la politique interne et international. Cette dernière se manifeste sur la volonté du gouvernement tchadien d'exercer une politique d'ouverture et de diversification des partenaires. C'est-à-dire une politique libérale qui voit dans la coopération les gains partagés. Aujourd'hui, le Tchad est un pays qui cherche à fixer et défendre sa place dans le système international en établissant des relations partout où cela lui semble être bénéfique. Cela dit, celle-ci s'est adaptée au fil du temps aux changements de la scène internationale et s'est forgée une histoire.

C'est dans cette optique que nous nous sommes orienté vers le Ministère des Affaires Etrangères, des Tchadiens de l'Etranger et de la Coopération Internationale, une institution qui s'attache à mettre en oeuvre la politique étrangères du Tchad ;être l'interface entre les autres départements ministériels, les ONG et les organisations intergouvernementales installées au Tchad ;préparer la participation du Tchad aux négociations (bilatérales, multilatérales) de concert avec les ministères concernés ;donner son avis sur les questions politiques, juridiques tant au niveau national que dans les instances internationales ;et enfin préparer les rencontres (conférences) internationales annoncées pour se tenir au Tchad.

Le présent rapport est une occasion idoine de présenter la structure du déroulement du stage (première partie) et l'évolution de la politique étrangère du Tchad (seconde partie).

PREMIERE PARTIE : PRÉSENTATION DE LA STRUCTURATION DU DÉROULEMENT DU STAGE

L'analyse des tâches effectuées au Ministère des affaires Etrangères, des Tchadiens de l'Etranger et de la Coopération Internationale (Chapitre II) sera précédée de la présentation de ladite institution (Chapitre I)

CHAPITRE I : PRÉSENTATION DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DES TCHADIENS DE L'ÉTRANGER ET DE LA COOPÉRATION INTERNATIONALE

La situation du MAETECI consiste d'une part à situer historiquement et géographiquement (section I) cette institution, et d'autre part son organisation et ses attributions (section II)

SECTION I : SITUATION DU MAETECI

Comme tout autre administration tchadienne, le MAETECI a connu une évolution à travers le temps et cette mutation particularise son historique qu'il est d'ailleurs opportun d'explorer afin de mieux appréhender son présent. Autrement dit, nous présenterons son historique ( I) et sa position géographique ( II)

I- Historique

A l'instar des autres Etats du monde, le Tchad se veut une reconnaissance internationale et de la coopération aussi bilatérale que multilatérale pour affirmer son indépendance, sa souveraineté et sa participation à la construction du monde en perpétuel mutation dont les enjeux sont nombreux et variés. Pour parvenir à cette fin, il lui faut un cadre institutionnel approprié et un ministère des Affaires Etrangères est bien indiqué, car ce ministère est aussi reconnu pour être un ministère de souveraineté. C'est ainsi qu'en 1960, dans une lettre officielle adressée à Son Excellence Monsieur DAG HAMMARS Jold, Secrétaire Général des Nations Unies, le premier Président de la République François NGARTA TOMBALBAYE voit l'installation du pays au système onusien et plus tard la création du Ministère des Affaires Etrangères.

En effet, le Tchad, par décret d'aout 19601(*), s'est doté d'un ministère des Affaires Etrangères dont les dénominations varient suivant l'orientation de la politique étrangère définie mais que les principales attributions et la vision ne s'éloignent guère de celles inspirées par les pères fondateurs de ce vaste territoire situé au coeur de l'Afrique, le Tchad.

Le rôle dévoué à ce département ministériel est tel qu'il sert de courroie de transmission entre l'administration centrale et les services extérieurs d'une part, et le monde extérieur et les autres départements ministériels d'autre part. Au-delà de ce rôle de courroie de transmission, le ministère a la charge de la mise oeuvre de la politique étrangère et également de la défense des intérêts du Tchad, et de ses ressortissants à l'étranger ainsi que de travailler pour le rayonnement de la diplomatie tchadienne sur la scène internationale.

Le personnel de ce département ministériel qui se voit ainsi confier la lourde charge de la mise en oeuvre de la politique étrangère définie par les plus hautes autorités du pays se compose des agents de l'administration centrale à la tête desquels, un ministre, secondé d'un secrétaire d'Etat avant de trouver les directeurs généraux, les directeurs techniques, les chefs des différents services rattachés et les chefs de division sans oublié le personnel d'appui. Au niveau des services extérieurs, on trouve les représentants permanents auprès des organisations internationales, régionales et sous régionales ; les ambassadeurs pénitentiels, les conseillers, les secrétaires, les attachés des ambassades ainsi que d'autres personnels de l'ambassade sur les territoires des pays amis du Tchad. Il y a également les consuls généraux et les consuls honoraires avec leurs personnels administratifs et techniques qui, tous travaillent sans relâche pour le rayonnement de la diplomatie tchadienne sur la scène internationale. Leur approche technique consiste en faire de plaidoyer auprès des autres Etats en présentant les potentialités socio culturelles, les ressources en matières premières et autres ressources, puis convaincre les bailleurs des fond et partenaires au développement à venir participer sinon au développement du Tchad. Les valeurs qui incarnent les agents du ministère des Affaires Estrangères sont la discrétion, l'esprit d'équipe, le dynamisme dans le travail, la fidélité à la politique étrangère définie par les autorités compétentes, le sens de l'écoute, la finesse dans les négociations et la liste est non exhaustive. Comme outils de travail, ces agents utilisent les correspondances diverses et variées ainsi que la participation à des fora et autres rencontres internationaux. Avec l'avènement de la pandémie de covid 19, la visioconférence sert de moyen de communication également. Relevons qu'à part ce département qui a le monopole de la mise en oeuvre de la politique étrangère, les autres institutions participent également à la mise en place de la diplomatie sous la supervision du ministère des Affaires Etrangères. Le Ministère des Affaires Etrangères comme nous l'avons mentionné ci-haut s'est doté de plusieurs dénominations et en 2024, il est reconnu comme le Ministère des Affaires Étrangères, des Tchadiens de l'Etranger et de la Coopération Internationale(MAETECI).

II: La situation géographique du MAETECI

Situé au centre de la capitale du Tchad précisément dans le 2eme arrondissement au quartier Djambal Ngato, le MAETECI est une institution canal basée à Ndjamena. Il est limité à l'Est par le Ministère de la défense, au Nord par le Ministère des Finances, au sud par le Ministère de la Sécurité Publique et de l'immigration, et à l'Ouest par l'Agence Nationale des Titres Sécurisés et la résidence du CEMGA2(*). Vue sa situation géographique, le Ministère est bien placé au centre avec toutes les commodités à proximité de cette institution.

SECTION II : ATTRIBUTIONS ET ORGANISATIONS

Le MAETECI est une institution avec une organisation ( II) et des attributions ( I) bien définies.

Paragraphe I : Les attributions

On distingue les missions principales (I) des missions dites secondaires (II)

I- Les missions principales du MAETECI

Le Ministère des Affaires Étrangères, des Tchadiens de l'Étranger et de la Coopération Internationale du Tchad a pour mandat de représenter et de défendre les intérêts du pays à l'étranger tout en assurant la gestion de la diaspora tchadienne et la promotion de la coopération internationale. Sesmissions principales sont :

Ø Définition et mise en oeuvre de la politique étrangère

Le ministère est responsable de la conception et de l'exécution de la politique étrangère du Tchad. Il coordonne les relations du pays avec d'autres États, ainsi que son engagement au sein des organisations internationales, en fonction des priorités définies par le gouvernement. Cela inclut :

- Élaboration de la stratégie diplomatique : Le ministère définit les grandes lignes des relations internationales du Tchad, en fonction des intérêts politiques, économiques et de sécurité nationale. Cela inclut des relations bilatérales avec d'autres pays ainsi que la participation à des organisations et forums internationaux (ONU, Union Africaine, G5 Sahel, etc.) ;

- Conseil au gouvernement : Le ministère conseille le Président de la République et le gouvernement sur les questions de politique étrangère et propose des orientations pour s'adapter aux évolutions géopolitiques mondiales ;

- Coordination de l'action diplomatique : Il assure la coordination des actions diplomatiques dans les différents ministères, afin de garantir que la politique étrangère soit en adéquation avec les priorités nationales, notamment en matière de sécurité, de développement économique et de politique intérieure.

Ø Gestion des relations diplomatiques

Le ministère gère les relations diplomatiques du Tchad avec les autres États et les organisations internationales :

- Maintien et développement des relations bilatérales : Il est chargé de gérer et de renforcer les relations avec les partenaires étrangers par la signature d'accords et de conventions. Le ministère suit de près ces relations pour s'assurer qu'elles contribuent aux intérêts du Tchad ;

- Gestion des représentations diplomatiques : Le ministère supervise l'ouverture et la gestion des ambassades, consulats et autres représentations diplomatiques du Tchad à l'étranger. Il nomme et accrédite les ambassadeurs et consuls pour représenter officiellement le Tchad dans ces pays ;

- Accréditation des diplomates étrangers : Il est également chargé de l'accréditation des représentants diplomatiques des pays étrangers au Tchad, en facilitant leur entrée en fonction et en assurant la gestion des relations avec ces diplomates ;

- Suivi des accords internationaux : Le ministère est responsable de la mise en oeuvre des accords internationaux signés avec d'autres pays ou institutions internationales, en s'assurant que ceux-ci sont respectés et bénéfiques pour le Tchad.

Ø Coopération internationale

La coopération internationale est une mission essentielle du ministère, notamment pour assurer le développement socio-économique du Tchad :

- Négociation et suivi des accords de coopération : Le ministère négocie des accords de coopération avec d'autres pays et des organisations internationales dans divers domaines : économique, scientifique, technique, culturel, et sécuritaire. Il s'assure que ces accords favorisent le développement du Tchad et soient effectivement mis en oeuvre ;

- Coordination des aides au développement : Il est chargé de coordonner les projets de coopération avec des organisations internationales comme la BM3(*), le FMI4(*), l'UE5(*), ou encore les agences des NU6(*). Le ministère veille à ce que les fonds et aides reçus soient utilisés efficacement et contribuent au développement du pays ;

- Promouvoir les investissements étrangers : Le ministère collabore avec d'autres institutions pour attirer des investissements étrangers dans des secteurs prioritaires comme les infrastructures, l'agriculture, les ressources naturelles, et l'énergie. Il participe à des forums internationaux pour encourager les partenariats économiques et promouvoir l'image du Tchad comme destination attractive pour les investisseurs ;

- Coopération technique et scientifique : Il facilite les échanges scientifiques et technologiques avec d'autres nations, notamment par l'envoi de techniciens et experts tchadiens à l'étranger, ou l'accueil de formateurs et spécialistes dans le cadre de projets de coopération.

Ø Gestion et protection des Tchadiens de l'étranger

Le ministère joue un rôle crucial dans l'assistance et la protection des ressortissants tchadiens vivant à l'étranger :

- Assistance consulaire : Le ministère fournit une assistance consulaire aux Tchadiens résidant ou voyageant à l'étranger. Cela inclut la délivrance de documents comme les passeports, visas, actes de naissance, et certificats de mariage. En cas de difficultés (arrestation, détention, décès), le ministère intervient pour fournir un soutien, y compris juridique, à ses ressortissants ;

- Protection des droits des Tchadiens : Il veille à la protection des droits des Tchadiens expatriés, en s'assurant que leur statut et leurs conditions de vie dans les pays d'accueil respectent les normes internationales. En cas de conflit ou de crise dans un pays d'accueil, le ministère coordonne des opérations de rapatriement et d'assistance humanitaire ;

- Rapatriement en situation de crise : Lors de crises telles que des guerres, des catastrophes naturelles ou des situations politiques instables, le ministère met en place des plans de rapatriement pour les Tchadiens, en coopération avec les ambassades et les autorités locales ;

- Engagement avec la diaspora : Il développe des programmes pour renforcer les liens avec la diaspora tchadienne et les encourager à participer activement au développement du pays. Ces programmes incluent des initiatives de transfert de compétences, d'investissement ou de retour volontaire ;

Ø Participation à la gestion des conflits et à la sécurité régionale

Le Tchad est un acteur important dans les questions de sécurité régionale, et le ministère est impliqué dans la gestion des conflits et le maintien de la paix dans la région :

- Participation aux efforts de paix régionaux : Le ministère contribue activement aux efforts de résolution des conflits dans des pays voisins (Soudan, République centrafricaine, Libye, etc.) et collabore avec des organisations internationales (Union africaine, ONU) pour favoriser la paix et la stabilité dans la région ;

- Coordination des missions de maintien de la paix : Le Tchad, grâce à sa position stratégique, participe à de nombreuses missions de maintien de la paix, notamment dans le cadre du G5 Sahel, pour lutter contre le terrorisme et les groupes armés dans la région sahélo-saharienne. Le ministère coordonne ces engagements militaires et diplomatiques en collaboration avec d'autres États et organisations ;

- Gestion des crises régionales : Le ministère agit comme médiateur lors de crises régionales et participe aux processus de négociation pour éviter des escalades militaires ou diplomatiques dans les pays voisins.

Ø Promotion de l'image du Tchad à l'international

Le ministère est chargé de promouvoir l'image du Tchad à l'étranger, dans le but d'améliorer sa réputation internationale et d'attirer des opportunités économiques et culturelles. De ce fait, il oeuvre donc dans :

- La diplomatie culturelle : En collaboration avec les institutions culturelles, il organise des événements culturels à l'étranger pour faire découvrir la richesse de la culture tchadienne, promouvoir la francophonie et encourager les échanges culturels et artistiques ;

- La promotion économique et touristique : Il travaille avec les agences de promotion du commerce et du tourisme pour mettre en avant les opportunités d'investissement au Tchad et attirer les visiteurs internationaux, notamment en améliorant l'image du Tchad comme une destination stable et prometteuse ;

- Les relations publiques internationales : Le ministère s'efforce d'améliorer la perception du Tchad à l'échelle mondiale, en renforçant les partenariats internationaux, en participant à des conférences internationales et en consolidant la présence médiatique du pays dans les affaires mondiales.

Ces missions s'inscrivent dans une vision stratégique qui vise à renforcer la place du Tchad sur la scène internationale, à garantir la sécurité et les intérêts de ses citoyens, et à promouvoir le développement économique et social à travers une coopération renforcée et des partenariats internationaux.

II- Les missions secondaires du MAETECI

Les missions secondaires du Ministère des Affaires Étrangères, des Tchadiens de l'Étranger et de la Coopération Internationale (MAETECI) du Tchad, bien qu'elles soutiennent les missions principales, ont un rôle complémentaire pour renforcer l'efficacité de l'action diplomatique et promouvoir le développement du pays sur divers fronts. Ces missions secondaires sont :

Ø Promotion des échanges économiques et commerciaux internationaux

- Soutien à l'exportation des produits tchadiens : Le MAETECI, en coordination avec d'autres ministères économiques, aide à promouvoir les exportations tchadiennes (notamment le pétrole, le coton, et le bétail) à travers des accords commerciaux, des missions économiques à l'étranger, et des foires internationales ;

- Facilitation des investissements étrangers : Le ministère joue un rôle dans l'attraction des investissements directs étrangers (IDE) en facilitant les relations entre les investisseurs étrangers et les autorités tchadiennes, tout en oeuvrant à rendre le cadre juridique et institutionnel favorable aux affaires ;

- Appui aux entreprises tchadiennes à l'international : Le MAETECI soutient les entreprises tchadiennes qui souhaitent s'établir à l'étranger ou entrer sur de nouveaux marchés à travers ses ambassades, qui servent de relais pour les opportunités d'affaires et de coopération économique.

Ø Diplomatie culturelle et promotion de l'image du Tchad

- Diffusion de la culture tchadienne : Le ministère contribue à la promotion de la culture tchadienne dans le monde à travers des événements culturels (expositions, concerts, festivals) organisés par les ambassades et consulats. Cela aide à valoriser l'héritage culturel et à renforcer les relations avec d'autres nations sur le plan culturel.

- Relations scientifiques et académiques : Le MAETECI facilite les partenariats dans le domaine de l'éducation et de la recherche scientifique. Cela inclut des accords d'échanges académiques, l'envoi d'étudiants tchadiens à l'étranger, et la coopération entre universités et centres de recherche ;

- Organisation des journées culturelles et des forums économiques : À travers ses missions diplomatiques, le ministère organise des événements destinés à faire connaître le Tchad et à renforcer les relations avec d'autres pays sur les plans culturel et économique.

Ø Gestion de la coopération technique et humanitaire

Coordination de la coopération technique : Le MAETECI gère la coopération technique dans des domaines tels que l'agriculture, l'énergie, la santé et les infrastructures. Il négocie et met en place des programmes de coopération bilatérale ou multilatérale, avec l'appui de partenaires comme les Nations unies, l'Union européenne, ou la Banque mondiale.

Réception et gestion de l'aide internationale : En cas de crises (sécuritaires, alimentaires, humanitaires), le MAETECI collabore avec des partenaires internationaux pour recevoir et distribuer l'aide humanitaire. Cela inclut des missions humanitaires dans des zones de conflit ou touchées par des catastrophes naturelles.

Mobilisation des ressources pour le développement : Le ministère joue un rôle dans la recherche de financement international pour des projets de développement dans des secteurs prioritaires comme les infrastructures, la santé ou l'éducation. Il agit comme un intermédiaire entre les partenaires de développement et les ministères sectoriels concernés.

Ø Encouragement de la diaspora tchadienne à contribuer au développement

- Appui aux initiatives de la diaspora : Le ministère encourage les initiatives de la diaspora en matière de transfert de compétences et de ressources financières vers le Tchad. Cela peut inclure des projets d'investissement dans des secteurs comme l'immobilier, l'agriculture ou les nouvelles technologies ;

- Création de programmes pour la réinsertion de la diaspora : Le MAETECI élabore des programmes spécifiques pour faciliter le retour et la réinsertion des Tchadiens de la diaspora, notamment dans le cadre de la création d'entreprises ou d'activités économiques ;

- Forum de la diaspora : Le ministère organise régulièrement des forums pour la diaspora, permettant à celle-ci de se connecter avec les autorités nationales et de discuter des moyens de participer activement au développement national.

Ø Appui à la résolution des conflits et à la médiation régionale

- Médiation dans les conflits régionaux : Le Tchad, étant souvent sollicité en raison de son expérience dans la gestion des crises sécuritaires en Afrique, participe activement aux processus de médiation et de réconciliation dans les conflits régionaux. Le MAETECI, à travers des efforts diplomatiques, agit comme un facilitateur dans des négociations de paix, notamment en Afrique centrale et dans le Sahel ;

- Contribution aux missions de maintien de la paix : Le Tchad est un contributeur majeur aux opérations de maintien de la paix en Afrique, et le MAETECI coordonne la participation du pays à ces missions sous l'égide de l'Union africaine, des Nations unies, ou du G5 Sahel ;

- Encouragement à la stabilité et à la paix en Afrique : En plus de la médiation, le ministère travaille à renforcer les cadres juridiques et institutionnels en Afrique pour la prévention des conflits, et agit pour que le Tchad soit un acteur clé dans la stabilité régionale.

Ø Promotion de la coopération régionale dans la gestion des ressources naturelles

- Gestion commune des ressources transfrontalières : Le MAETECI joue un rôle dans la négociation d'accords avec les pays voisins concernant la gestion des ressources transfrontalières, notamment en matière d'eau (Lac Tchad), de pétrole, et de ressources naturelles. Cela permet de prévenir les conflits et de garantir une exploitation équitable et durable de ces ressources ;

- Partenariats pour la lutte contre le changement climatique : Le ministère collabore avec d'autres pays et des organisations internationales pour élaborer des stratégies régionales visant à atténuer les effets du changement climatique. Cela inclut des initiatives communes sur la gestion des ressources en eau, la désertification, et la protection de l'environnement.

Ø Formation et renforcement des capacités diplomatiques

- Formation continue du personnel diplomatique : Le MAETECI investit dans la formation continue des diplomates tchadiens afin qu'ils soient mieux équipés pour gérer les relations internationales modernes. Cela inclut des formations sur des sujets tels que la négociation internationale, la sécurité internationale, et la diplomatie économique ;

- Développement d'une expertise régionale et mondiale : En encourageant les échanges et la participation à des conférences internationales, le ministère cherche à renforcer la capacité des diplomates à gérer des situations complexes dans un contexte international en évolution rapide.

Ø Coordination interministérielle et actions transversales

Enfin, le ministère assure la coordination entre les autres ministères pour garantir que les priorités nationales (sécurité, développement économique, politique de la diaspora) soient reflétées dans les actions internationales du Tchad. Il travaille étroitement avec les ministères de la Défense, de l'Économie, de la Justice et de l'Intérieur pour une gestion harmonisée des dossiers complexes qui requièrent des compétences transversales.

Les missions secondaires du MAETECI sont complémentaires à ses missions principales, et elles jouent un rôle clé dans le développement du Tchad, en renforçant ses relations diplomatiques, économiques, culturelles et sécuritaires avec le reste du monde. Ces missions couvrent des domaines allant de la promotion économique à la gestion des crises, en passant par le soutien à la diaspora et la diplomatie culturelle. Ensemble, elles contribuent à accroître l'influence et la présence du Tchad sur la scène internationale.

ParagrapheII- l'organisation du MAETECI et leurs missions

I- L'organisation du MAETECI

Le MAETECI est organisé comme suit :

- Une Direction de Cabinet du Ministre ;

- Une Direction de Cabinet du Secrétariat d'Etat, chargé de la Coopération ;

- Une Inspection Générale ;

- Une Administration Centrale ;

- Des Organismes Rattachés ;

- Des Services Extérieurs.

- II- Leurs missions respectives

Ø Les Directions de Cabinet

Les Directions de Cabinet du Ministre et des Secrétaires d'Etat sont placées respectivement sous l'autorité d'un Directeur. La Direction du Cabinet comprend :

- Le Directeur de Cabinet ;

- Les Conseillers Techniques ;

- Le Secrétaire Particulier

Ø L'Inspection Générale

Placée sous l'autorité d'un Inspecteur Général ; l'Inspection Générale du Ministère des Affaires Etrangère, de l'Intégration Africaine et de la Coopération Internationale est dirigée par un haut fonctionnaire. L'Inspecteur Général a rang et prérogatives de Secrétaire Général du Ministère.

L'Inspecteur Général est chargé de :

- Veiller à la bonne gestion du matériel et de la logistique mis à la disposition du Ministère ;

- Vérifier le bon fonctionnement des services centraux du Ministère et des Postes Diplomatiques et Consulaires ;

- Effectuer le contrôle et l'audit desdits services et postes et veiller à leur bonne gestion ;

- Suivre le fonctionnement régulier des services centraux et extérieurs et recommander au Ministre les mesures propres à l'amélioration de leurs méthodes de travail ;

- Adresser régulièrement au Ministre un compte rendu sur l'état des rapports de travail entre les services centraux et les services extérieurs d'une part, et proposer toutes mesures de rationalisation nécessaires d'autre part ;

- Veiller au contrôle de l'application des textes régissant les Services Centraux et Extérieurs du Département.

Toutes les directions du Ministère et tous les postes diplomatiques et consulaires du Tchad sont tenus de collaborer activement à l'accomplissement de la mission de l'Inspection Générale et de mettre à sa disposition tous les documents de travail dont elle pourrait avoir besoin.

L'Inspection Générale du Ministère des Affaires Etrangère, de l'Intégration Africaine et de la Coopération Internationale organise au moins une fois par an des missions d'inspection dans les postes diplomatiques et consulaires du Tchad. Chaque fois que la nature des dossiers l'exige, il se fait assister de l'Inspection Générale des Finances.

Ø L'Administration Centrale

L'Administration Centrale comprend :

- Un Secrétariat Général (SG) ;

- Une Direction Générale de la Coopération Internationale (D.G.C.I) ;

- Une Direction Générale de l'Intégration Africaine (D.G.I.A) ;

- Une Direction Générale de l'Administration (D.G.A) ;

- Des Directions Techniques (D.T).

1. LE SECRETARIAT GENERAL

Le Secrétariat Général est placé sous l'autorité d'un Secrétaire Général. L'organisation et les attributions du Secrétariat Général sont celles définies par le Décret n°332/PR/PM/2002 du 26 juillet 2002.

Le Secrétariat Général comprend :

- Un Corps des Ambassadeurs du Tchad ;

- Une Direction du Courrier et des Nouvelles Technologies de l'Information ;

- Une Direction des Etudes et Prospectives ;

- Une Direction des Affaires Financières et du Matériel.

2. LA DIRECTION GENERALE DE LA COOPERATION INTERNATIONALE

Placée sous l'autorité d'un Directeur Général, la Direction Générale de la Coopération Internationale a pour mission de promouvoir et de renforcer la coopération politique, économique, financière, culturelle, scientifique et technique entre le Tchad et la Communauté Internationale.

A ce titre, elle a pour tâche de :

- Rechercher, identifier et mobiliser les financements extérieurs des projets de développement conformément aux priorités nationales ;

- Négocier et signer les Accords et Conventions concernant tous les financements extérieurs et portant sur le développement et la coopération économique, technique et financière dont bénéficient l'Etat, les établissements publics nationaux et les sociétés d'Etat ;

- Préparer et organiser avec les autres départements concernés des tables rondes et autres concertations des bailleurs de fonds sur le développement du Tchad ;

- Coordonner et suivre avec les départements concernés les financements extérieurs ;

- Préparer, organiser et présider les réunions des commissions mixtes ;

- Centraliser les besoins en assistance technique, en faire la demande et en assurer le suivi ;

- Etablir un rapport annuel sur la coopération au développement entre le Tchad et ses partenaires extérieurs ;

- Elaborer et suivre la mise en application du programme de coopération technique ;

- Suivre les activités des Organisations Internationales à caractère Politique, Economique, Culturel, Scientifique et Technique ainsi que leurs rapports avec le Tchad;

- Suivre les activités bilatérales à caractère politique, économique, culturel, scientifique et technique ;

- Traiter toutes les questions relatives aux Organisations Non Gouvernementales

La Direction Générale de la Coopération Internationale comprend deux (02) Directions :

Une Direction de la coopération chargée de suivre les relations bilatérales bilatérale et proposer les formules de développement de la promotion de la coopération entre le Tchad et les pays d'Afrique, d'Europe, d'Amérique, d'Asie, d'Océanie, des Caraïbes et du Pacifique; et une Direction de la coopération multilatérale, qui traite les question relatives à son appellation.

3. LA DIRECTION GENERALE DE L'INTEGRATION AFRICAINE

Agencée sous l'autorité d'un Directeur Général, la Direction Générale de l'Intégration Africaine a pour mission le suivi et la mise en oeuvre de la politique d'intégration africaine conformément aux objectifs définis à l'Acte Constitutif de l'Union Africaine.

A ce titre, elle est chargée de :

- Préparer la participation du Tchad aux activités de l'Union Africaine et de ses organes subsidiaires ;

- Suivre la mise en oeuvre des décisions prises dans ce cadre ;

- Traiter toutes les questions relatives à l'intégration africaine ;

- Traiter les questions relatives au NEPAD7(*) ;

- Mettre en oeuvre une politique de placement des cadres tchadiennes dans les institutions et organisations d'intégration sous régionales et régionales ;

- Préparer la participer du Tchad aux activités de la Commission Economique des Nations Unies pour l'Afrique et des organisations parrainées par elle ;

- Suivre les activités des sous-ensembles économiques régionaux ;

- Suivre les questions relatives à la diaspora africaine à travers le monde.

La direction Générale de l'Intégration Africaine comprend deux (02) Directions :

- Une Direction de l'Union Africaine qui est chargée de préparer la participation du Tchad aux activités de l'Union Africaine et de ses organes subsidiaires ; suivre la mise en oeuvre des décisions prises dans ce cadre ; traiter les questions relatives au NEPAD ; suivre les questions relatives à la diaspora africaine à travers le monde. Etune Direction des Organisations Sous Régionales qui s'occupe depréparer la participation du Tchad aux activités de la Commission économique des Nation Unies pour l'Afrique et des organisations parrainées par elle ; suivre les activités des Communautés économiques régionales ; de traiter toutes les questions relatives à l'intégration africaine ; et de mettre en oeuvre une politique de placement des cadres tchadiens dans les institutions et organisations d'intégration sous régionales et régionales.

4. LA DIRECTION GENERALE DE L'ADMINISTRATION

Placée sous l'autorité d'un Directeur Général, la Direction Générale de l'Administration assure la gestion administrative du Ministère.

A ce titre, elle a pour tâche de :

- Assurer la gestion administrative et la formation des agents ainsi que le suivi de la carrière de l'ensemble du personnel du Ministère ;

- Centraliser les textes relatifs aux nominations, promotions, avancements, décorations, motivations, affectations, rappels ;

- Veiller au suivi de la carrière des cadres tchadiens en service dans les organisations internationales ;

- Participer aux commissions mixtes ;

- Assurer l'interprétation lors des réunions, conférences et colloques à caractère national, sous régional ou international ainsi qu'au cours de certaines audiences des autorités nationales nécessitant de service des interprètes ;

- Assurer la traduction officielle en langue française et arabe des documents établis en langues étrangères qui lui sont confiées ;

- Veiller au traitement de l'information et de la communication ;

- Préparer et examiner en étroite collaboration avec les autres Départements Ministériels et services techniques nationaux des projets de traités, d'accords ou de conventions entre la République du Tchad et le reste de la Communauté Internationale notamment les Etats, les Organisations Internationales et les Organisations Non Gouvernementales.

La Direction Générale de l'Administration comprend quatre (04) Directions :

- Une Direction des Ressources Humaines :Assurer la gestion administrative et la formation des agents ainsi que le suivi de la carrière de l'ensemble du personnel du Ministère, centraliser les textes relatifs aux nominations, promotions, avancements, notations, motivations, affectations, rappels, décorations, récompenses et sanction, veiller au suivi de la carrière des cadres tchadiens dans les Organisations Internationales, réfléchir sur les problèmes sociaux du personnel ; réceptionner, enregistrer et soumettre à la hiérarchie les requêtes du personnel.

- Une Direction des Affaires Juridiques, de la Documentation et des Archives :

Placée sous l'autorité d'un Directeur, la Direction des Affaires Juridiques, de la Documentation et des Archives est responsable des questions juridiques de la documentation, des archives, des tchadiens de l'étranger et des étrangers au Tchad.

A ce titre, elle est chargée de :

· Préparer et examiner en étroite collaboration avec les autres Départements Ministériels et services techniques nationaux des projets de traités, d'accords ou de conventions entre la République du Tchad et le reste de la Communauté Internationale notamment les Etats, les Organisations Internationales et les Organisations non Gouvernementales;

· Proposer la révision des instruments juridiques ci-dessus mentionnés et le cas échéant leur dénonciation ;

· Préparer les fiches techniques au Gouvernement pour faciliter la ratification, l'acceptation ou l'approbation des instruments juridiques internationaux auxquels le Tchad souhaite adhérer ou ceux qu'il a signés ;

· Participer à l'élaboration des instruments de ratification, d'acceptation ou d'approbation des textes juridiques auxquels le Tchad est partie ou souhaite y adhérer ;

· Préparer la défense de la position du Tchad devant les instances internationales à caractère juridique ;

· Donner des avis juridiques au Ministre sur les projets de traités ou accords et veiller à l'application des engagements internationaux du Tchad ;

· Veiller à ce que la légalisation tchadienne soit conforme aux engagements internationaux du Tchad ;

· Suivre et traiter les dossiers relatifs aux Droits de l'Homme en relation avec les Ministères et les Institutions concernés ;

· S'occuper des contentieux entre les Missions Diplomatiques et les Organisations Internationales accréditées au Tchad et les nationaux en relation avec les autres services concernés ;

· Participer aux réunions des commissions mixtes ;

· Conserver les originaux des traités, accords et conventions conclus par le Tchad ;

· Recueillir les archives ;

· Rechercher et conserver les documents nationaux et internationaux relatifs à la politique extérieure du Tchad ;

· Collecter, trier, traiter et stocker les documents ;

· Entretenir un service de la documentation et une bibliothèque en vue de fournir toute documentation utile au département, aux ambassades et aux autres ministères;

· Protéger les ressortissants tchadiens et leurs biens à l'étranger en liaison avec les missions diplomatiques et consulaires.

- Une Direction de la Communication :

Placée sous l'autorité d'un Directeur, la direction de la Communication est chargée de :

· Assurer la circulation de l'information entre le Ministère des Affaires Etrangère, de l'Intégration Africaine et de la Coopération Internationale et les postes diplomatiques et consulaires ;

· Assurer l'information rapide et régulière des postes diplomatiques et consulaires du Tchad sur la vie politique, économique, culturelle, sociale nationale ;

· Présenter et expliquer les positions du Tchad sur les questions d'actualité internationale et de politique étrangère et ce, en liaison avec les directions concernées ;

· Assurer la liaison du Ministère avec les médias nationaux et internationaux ;

· Rédiger et assurer, en collaboration avec l'Attaché de presse du Ministère, la diffusion des communiqués de presse du Ministère ;

· OEuvrer à l'amélioration de l'image de marque du Tchad, en collaboration avec les structures nationales compétentes ;

· Assurer la diffusion des publications du Ministère ;

· Animer le Site Web du Ministère ;

· Contribuer à la promotion de la culture tchadienne à l'extérieur en liaison avec les Directions et autres structures concernées ;

· Assurer la diffusion de l'information à toutes les structures du Ministère.

Le Directeur de la communication est le porte-parole du Ministère des Affaires Etrangère, de l'Intégration Africaine et de la Coopération Internationale.

- Une Direction des conférences Internationales et de la Traduction.

Placée sous l'autorité d'un Directeur, la Direction des Conférences Internationales et de la Traduction est chargée de :

· Etablir le calendrier et veiller à la bonne organisation des conférences, congrès, séminaires et autres réunions internationales se déroulant au Tchad à l'initiative ou sous l'égide du gouvernement ;

· Harmoniser le programme des réunions internationales inscrites au calendrier national;

· Assurer ou contrôler la traduction des documents reçus ou produits par la Présidence de la République, la Primature, le Ministère des Affaires Etrangère, de l'Intégration Africaine et de la Coopération Internationale et les autres Départements ministériels ;

· Mettre à la disposition des autorités qualifiées le personnel et le matériel linguistique dont elles peuvent avoir besoin pour leur travail.

LES ORGANISMES RATTACHES

Ils sont rattachés au cabinet des Organismes suivants :

- La Commission Nationale de la Francophonie ;

- La Direction Générale du Protocole d'Etat ;

- La Coordination Militaire.

Ø La Commission Nationale de la Francophonie

Placée sous l'autorité d'un Secrétaire Exécutif, la Commission National de la Francophonie a pour mission principale la coordination, l'impulsion et le suivi des activités de la coopération dans le domaine de la Francophonie.

A ce titre elle est chargée de :

- Suivre les activités des diverses instances de la Francophonie ainsi que leurs rapports avec le Tchad ;

- Coordonner et évaluer au plan national l'ensemble des actions menées dans le domaine de la Francophonie ;

- Faire la promotion des investissements francophones au Tchad ;

- Organiser la participation du Tchad à toutes les instances de la Francophonie notamment le sommet des Chefs d'Etat et de Gouvernement des pays ayant le français en partage et la conférence ministérielle ;

- Susciter les initiatives et accompagner les actions susceptibles de promouvoir la Francophonie.

Le secrétaire Exécutif de la Commission Nationale de la Francophonie à rang et prérogatives du Secrétaire Général du Ministère. Il est le correspondant national de l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

L'organisation et le fonctionnement de la Commission Nationale de la Francophonie sont définis par Décret.

Ø La Direction Générale du protocole d'Etat

Placée sous l'autorité d'un Directeur Général, la direction générale du protocole d'Etat est responsable de l'organisation et de la gestion des manifestations officielles auxquelles participent les personnalités de l'Etat et de toutes les questions d'ordre protocolaires.

La Direction Générale du protocole d'Etat comprend cinq (05) directions :

- Une direction du protocole du Président de la République ;

- Une direction du protocole du Premier Ministre ;

- Une direction du protocole du Président de l'Assemblée Nationale ;

- Une direction de l'Accueil et du Cérémonial ;

- Une direction Immunité, Privilèges et Documents protocolaires ;

Ø LA COORDINATION MILITAIRE

Placée sous l'autorité du Ministère des Affaires Etrangère, de l'Intégration Africaine et de la Coopération Internationale, la Coordination Militaire est dirigée par un Officier supérieur qui a rang et prérogatives de Secrétaire Général du Ministère.

A ce titre, il est chargé de :

- Assister le Ministre dans les traitements des questions militaires et de sécurité ;

- Assurer la liaison entre le Ministre des Relations Extérieures et le Ministre chargé de la Défense Nationale ;

- Traiter les questions relatives aux militaires à l'étranger ou au Tchad ;

- Jouer le rôle de correspondant des Attachés de Défense des Ambassades du Tchad à l'étranger et ceux des Ambassades étrangères accréditées au Tchad.

Ø LES SERVICES EXTERIEURS

Les services Extérieurs sont chargé de :

- Informer le gouvernement de l'évolution de la situation politique, économique et sociale des pays et organisations internationales auprès desquels ils sont accrédités ;

- Intervenir auprès de gouvernements étrangers, des organisations internationales pour introduire, appuyer et suivre l'avancement des requêtes présentées par le Tchad ;

- Faciliter la mission des envoyés de l'Etat auprès des gouvernements étrangers et de organisations internationales en les assistants dans la conduite des entretiens et pourparlers diplomatiques et des envoyés étrangers au Tchad ;

- Assister et protéger les ressortissants et intérêts tchadiens à l'étranger.

Les services extérieurs du Ministère des Affaires Etrangère, de l'Intégration Africaine et de la Coopération Internationale comprennent :

Les Missions diplomatiques : Les Missions Diplomatiques sont les Ambassades et les Représentations Permanentes du Tchad à l'étranger. Elles sont créées par Décret pris en Conseil des Ministres, précisant leur siège, les Etats auprès desquels elles sont accréditées. Leurs fonctions sont définies par la Convention de Vienne du 18 Avril 19618(*) et celle du 24 avril 19639(*).Les Missions Diplomatiques peuvent comprendre en outre un poste de Conseiller Economique ; un poste de Conseiller Culturel et Scientifique ; un poste d'Attaché de Défense; un poste d'Attaché de presse ; un poste d'Attaché d'Ambassadeur ; un poste de Payeur.Les Missions Permanentes auprès des Organisations Internationales : Les Missions Permanentes ont pour mission de représenter le Tchad auprès des Organisations Internationales. Elles sont chargées de suivre et de défendre la position du Tchad sur les questions traitées au sein de ces Organisations et leurs Institutions spécialisées conformément à la Convention de Vienne du 18 Avril 1961 sur les relations diplomatiques.

- Les Postes Consulaires : Placés sous l'autorité des Consuls Généraux, des Consuls et des Attachés Consulaires, les Postes Consulaires sont créés par Décret pris en conseil des Ministres précisant leur siège et leur ressort d'activités. Les postes Consulaires sont les Consulats Généraux, les Consulats, les Agence consulaires et les Consulats Honoraires. Les Postes Consulaires assurent la défense et la protection des droits et intérêts du Tchad et de ses ressortissants dans les pays d'accueil. Leurs fonctions sont celles définies par la Convention de Vienne du 24 Avril 1963sur les relations Consulaires. Les Chefs des Postes Consulaires sont placés sous l'autorité du Chef de Mission Diplomatique lorsqu'il en existe dans l'Etat accréditaire.Ils participent alors, dans la limite de leur compétence à la réalisation des tâches assignées à la Mission Diplomatique et tiennent informé le Chef de Mission Diplomatique de leurs activités.En cas de vacance ou d'empêchement du Chef de Poste consulaire, l'intérim est confié au fonctionnaire ayant le grade plus élevé.Le Chef de Poste Consulaire est responsable du fonctionnement du poste. Il repartit les tâches à son personnel dont il contrôle les activités. Il procède également à la notation du personnel. Il prépare le projet de budget du poste et gère les crédits mis à sa disposition.

Ø LES DISPOSITIONS DIVERSES ET FINALES

L'organisation et les attributions des services des différentes Direction sont fixées par Arrêté du Ministre.

Le Secrétaire Générale, l'inspecteur Général et les Directeurs Généraux sont nommés par Décret pris en Conseil des Ministres.

Le Secrétaire Général et le Directeur Général du Protocole d'Etat sont assistés chacun d'un adjoint nommé dans les mêmes conditions.

L'Inspecteur Général est assisté de deux adjoints nommés par décret simple.

Le Coordonnateur Militaire est nommé par décret pris en Conseil des Ministres sur proposition conjointe du Ministre des Relations Extérieures et du Ministre chargé de la Défense Nationale, Parmi les officiers supérieurs.

Les Directeurs de Cabinet, les Conseillers du Ministre, sont nommés par décret sur proposition du Ministre, parmi les hauts cadres de l'Administration.

Les Directeurs Techniques et les sous directeurs, sont nommés dans les mêmes conditions.

Ils peuvent être assistés d'adjoints nommés dans les mêmes conditions.

Les Consuls Généraux, les Consuls et Vice-consuls, les Attachés Consulaires sont nommés par décret parmi les cadres du corps diplomatique et consulaire du Tchad, sur proposition du Ministre des Affaires Etrangères, de l'Intégration Africaine et de la Coopération Internationale conformément à l'article21 du décret 901/PR/PM/MFPT/2006 du 12 Octobre 2006 fixant le statut particulier des corps de fonctionnaires du secteur de l'Administration.

Le Personnel de chancellerie est nommé par arrêté du Ministre des Affaires Etrangères, de l'Intégration Africaine et de la Coopération Internationale sur proposition du Secrétaire Général.

Les responsables et agents de la Direction Générale du Protocole d'Etat bénéficient des rémunérations spéciales fixées par Décret. Sont abrogées toutes dispositions antérieures contraires au présent Décret, notamment le décret n°615/PR/PM/MAEIA/2006 du 20 Juillet 2006, portant organigramme du Ministère des Affaires Etrangères et de l'Intégration Africaine.

Le Ministre des Affaires Etrangères, de l'Intégration Africaine et de la Coopération Internationale et le Ministre des Finances et du Budget sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret qui prend effet pour compter de la date de sa signature, sera enregistré et publié au Journal Officiel de la République.

CHAPITRE 2 : ANALYSE DES TACHES EFFECTUEES

Conformément à l'autorisationN°1289/MAETECI/DGAAJTE/DRHF/DFSPCII/0125/2024 du 13 septembre 202410(*), nous avons été programmés pour un stage de deux (2) mois allant du 16 septembre au 01 novembre 2024. Cette programmation était focalisée sur les Directions que compte le MAETECI.

A ce titre cette partie est consacrée à la description de toutes les activités que nous avons eu à effectuer tout au long de notre stage dans les Directions de la MAETECI, ainsi que leurs services (section 1) et aussi à la formulation des quelques remarques constatées et quelques suggestions (section 2).

SECTION I : ACCUEIL ET INTEGRATION

L'accueil ( 1) dont nous avons bénéficié nous permis de mieux nous de mieux intégré ( 2) au sein du MAETECI.

I : Phase d'accueil

Le lundi 16 septembre 2024 à 7h30 minutes, nous nous sommes retrouvés à l'entrée de la MAETECI. Nous avons été conduits au bureau du secrétaire du Ministère. Le secrétaire nous a orienté vers le bureau du Directeur De la Direction Générale de l'Administration (DGA), en la personne de SIKASSA ESDRAS, où nous avons attendus impatiemment l'arrivée du Directeur. Dès son arrivée, le Directeur nous a entretenu sur les missions et l'organisation de la DGA et nous a par ailleurs, prodigué quelques conseils et encouragements.

Après cela, le DLCRFI nous a conduit auprès du Directeur des Ressources Humaines (DRH) avec qui, nous avons eu un édifiant entretien. Celui-ci nous a par ailleurs, présenté l'ensemble du personnel de son service et nous a rappelé l'objet de notre stage tout en nous prodiguant quelques conseils et règles de bonne conduite à respecter durant notre séjour. Nous nous sommes réellement imprégné, durant notre séjour au MAETECI, des réalités de la politique internationale du Tchad.

II. Phase d'intégration

C'est le fait de s'adapter au sein de la DGA en général et en particulier dans les services des différentes directions, où nous sommes affectés et leurs cultures.

Durant notre premier jour, Le DGA nous a présenté avec sollicitude comment est organisé son service. Après cette explication, nous avons effectué une visite guidée de la structure afin de mieux prendre connaissance de certains bureaux et des personnels de la DGA. Le lendemain, le DRH a commencé, par nous donner quelques tâches questions pour de se familiariser avec le nouvel environnement. C'est ainsi que nous avons pu renforcer notre capacité avec le soutien de notre encadreur et nous avons commencé réellement à effectuer des tâches dans les différentes directions du MAETECI suivant notre programme de stage annexé à notre rapport.

SECTION II - LES TACHES EFFECTUEES

Durant notre séjour au MAETECI, nous avons effectué quelques taches à la Direction Générale de l'Intégration Africaine et à la Direction Générale de la Coopération Internationale ( I) puis à la Direction Générale du Protocole d'État et à la Direction des Affaires Juridiques, de la Documentation et des Archives ( II)

I- la DGIA11(*) et la DGCI12(*)

Nous avons tout d'abord été à la Direction Générale de l'Intégration Africaine (A) avant de conduit à la Direction Générale de la Coopération Internationale (B).

A- Au local de la DGIA

Nous avons d'abord été reçus à la Direction Générale de l'Intégration Africaine(D.G.I.A) qui est subdivisé en deux(2) directions :

- La Direction de l'Union Africaine ;

- La Direction des Organisations Sous Régionales.

Nous avons commencé d'abord par la Direction de l'Union Africaine ou nous avons appris les attributions de cette direction et le rôle qu'elle joue dans la politique globale du ministère en matière d'intégration sous régionale, régionale etc. Par la même occasion nous avons appris à rédigé les correspondances telles que (la notes verbale, le compte rendus, le procès-verbal, le soit transmis ...)

Ensuite, nous avons été reçus à la Direction des Organisations Sous Régionales, où il a été question de connaitre les missions assignées à cette Direction et son rôle dans la facilitation de l'intégration sous régional.

B- Au local de la DGCI

Cependant nous avons effectués aussi quelques tâches à la Direction Générale de la Coopération Internationale(D.G.C.I) où nous avons effectués notre deuxième semaine de stage.

La Direction Générale de la Coopération Internationale comprend deux (02) Directions :

- La Direction de la coopération bilatérale ;

- La Direction de la coopération multilatérale.

A la Direction de la coopération bilatérale nous avons effectué les tâches suivantes :

- le traitement de la note verbale relative à la demande de soutien formulée par certain pays de l'Union africaine au gouvernement de la république du Tchad pour soutenir leurs candidats aux différents postes de l'Union Africaine.

A la Direction de la coopération Multilatérale nous avons effectué les tâches suivantes :

- Lecture et traitement des soit transmis ;

- Lecture et traitement des comptes rendus ;

- Lecture et traitement des procès-verbaux.

Il doit être souligné que ce correspondances sont généralement relatives aux relations du Tchad avec les organisations non gouvernementales, les organisations intergouvernementales et surtout avec les nations-unies et ses institutions spécialisées.

II- La DGPE13(*) et la DAJDA14(*)

Après avoir passé quelques jours à la Direction Générale de la Coopération Internationale, nous avons passé à la Direction Générale du Protocole d'État.

A- Au niveau de la DGPE

Les tâches effectuées sont les suivantes :

- Le remplissage des passeports diplomatique et ordinaires avec deux (2) types de visas:

- Le visa diplomatique accordé aux chefs des missions diplomatique voulant séjourner au Tchad pour une durée de deux(2) à quatre (4) ans ;

- Le visa de courtoisie accordé aux personnels des organisations intergouvernementales et non gouvernementales pour leur séjour au Tchad pour une durée de six (6) mois ;

- Le traitement d'une demande d'autorisation de survol sur le territoire Tchadien en faveur d'un avion turque émanant de l'ambassade de la république du Tchad en Egypte.

B - Au niveau de la DAJDA

En fin à la quatrième semaine de notre stage nous avons passé à la Direction des Affaires Juridiques, de la Documentation et des Archives.

Nous étions accueillis et orienté vers le directeur, il nous a fait la présentation de la structure et nous avons pu rédiger des notes de présentation, et aussi des notes d'information.

En définitive, notre séjour au Ministères des Affaires Etrangères, des Tchadiens de l'Etranger et de la coopération Internationale s'est globalement très bien passé et a été riche d'expérience pour nous.

DEUXIEME PARTIE : L'EVOLUTION DE LA POLITIQUE ETRANGERE DU TCHAD

Le Tchad a connu une évolution fulgurante de sa politique extérieure. De ce fait, il serait judicieux de présenter la dynamique de sa politique étrangère (Chapitre I) avant de s'intéresser sur les défis que celle-ci rencontre et d'en proposer quelques suggestions (Chapitre II)

CHAPITRE I : LA DYNAMIQUE DE LA POLITIQUE ETRANGERE DU TCHAD

Les autorités tchadiennes, ayant connaissance de la chronologie des relations (sections I) avec les autres pays, ont su redéfinir la politique étrangère du Tchad (section).

SECTION I : LA CHRONOLOGIE DES RELATIONS DU TCHAD

Le Tchada noué des relations pas seulement avec les pays d'Afrique ( I) mais aussi avec d'autres pays ( II) des différents continent.

I - la coopération avec les pays d'Afrique

Nous nous intéresserons d'abord sur les relations que le Tchad entretient avec les pays de la CEMAC (I), ensuite avec les pays d'Afrique subsaharienne (II)

I- Avec les pays de la CEMAC

Le Tchad entretient des liens étroits avec le Cameroun (A) avec qui il partage des frontières. En dehors de cette Etat, il a des liens avec d'autres pays de la CEMAC (B)

A- Les relations avec le CAMEROUN

Le Cameroun est l'un des pays limitrophe du Tchad. Ils partagent plusieurs frontières dont celle du sud-ouest du Tchad figure,traversée notamment par le Lac Tchad.

Ces deux pays membres de la CEMAC ont depuis leurs indépendances, gardés des relations fortes. Ces deux pays ont signés plusieurs protocoles d'accord. Par ordre de signature, on peut mentionner entre autre les Accords suivants :

- Le Protocole d'accord sur la création et l'exploitation des différentes industries textiles et du ciment, signé le 13 avril 1963 à Fort-Lamy ;

- Le Protocole d'accord en matière de personnel signé le 17 février 1967 à Yaoundé ;

- Le Protocole d'accord créant la commission mixte de coopération, signé le 20 août 1970 à Moundou au Tchad ;

- La Convention réglant les relations économique et douanière signée le 20 août 1970 à Moundou ;

- Le Protocole d'accord en matière de télécommunications signé le 26 avril 1973 à Yaoundé ;

- L'Accord relatif au transport aérien signé le 25 mai 1973 à Fort-Lamy ;

- La décision portant réparation du tonnage du trafic des marchandises et autres produits prise le 12 avril 1975 à N'Gaoundéré ;

- Le Traité d'amitié, de coopération culturelle, scientifique et technique signé le 21 décembre 1985 à Ndjamena ;

- La convention en matière de transport terrestre des marchandises signée le 21 décembre 1985 à Ndjamena ;

- L'accord entre le gouvernement de la République du Cameroun et le gouvernement de la République du Tchad relatif à la construction d'un système de transport des hydrocarbures par pipe-line signé à Yaoundé le 8 février 1996.

Ces deux États accordent une place importante à la construction des infrastructures destinées à faciliter ralliement de ces deux pays. On peut citer par ici la convention en matière de transport routier entre la République du Tchad et la République du Cameroun ; le protocole d'accord entre le Gouvernement de la République du Tchad et le Gouvernement de la République du Cameroun ; la convention entre la République du Cameroun et la République du Tchad relative aux études et aux travaux de construction d'un deuxième pont frontalier sur le Logone entre Kousseri au Cameroun et N'Gueli au Tchad, et à l'aménagement de ses accès que sont la route Walia-N'Gueli et la voie de contournement de la ville de Kousseri ; le protocole d'accord entre le Gouvernement de la République du Tchad et le Gouvernement de la République du Cameroun relatif à la construction du pont frontalier sur la rivière Mbere ; l'accord entre le Gouvernement de la République du Cameroun et le Gouvernement de la République du Tchad relatif à la création d'une commission ferroviaire Cameroun-Tchad en vue de l'extension du chemin de fer camerounais vers le Tchad ; l'accord relatif au transport aérien entre la République du Cameroun et la République du Tchad etc...

Depuis 2015, le Tchad coopère militairement avec le Cameroun au sein de la Force multinationale mixte dont les deux pays sont membres, et dont le quartier général est situé à N'Djamena. Cette force est actuellement concentrée dans la lutte contre Boko Haram, dont l'insurrection islamiste menace la sécurité de ces deux États. Plusieurs coopérations ont vu le jour notamment celles concernant le renforcement de la sécurité environnementale, la sécurité des biens et des personnes, la libre circulation des biens et des personnes, renforcement de la coopération judiciaire, etc...

B- Les relations avec les autres pays de la CEMAC

Le Tchad a renforcé son lien avec certains pays de la CEMAC tels que la RCA, le CONGO et la GUINÉE ÉQUATORIALE, pour ne citer que ceux-là.

Ø Relations avec la République centrafricaine

Le Tchad partage au sud avec la République centrafricaine une frontière de plus de 1200km.

En mars 2003, des miliciens tchadiens appuient le coup d'État du général François BOZIZE en Centrafrique, dont une bonne partie va rester avec lui après son installation au pouvoir qui dure jusqu'à son renversement par un autre coup d'État en mars 2013.

Entre 2007 et 2009, le Tchad et la République centrafricaine ont coopéré au sein de la force européenne (EUFOR Tchad/RCA), force opérationnelle multinationale dirigée par l'Union européenne au Tchad et en République centrafricaine chargée de sécuriser les réfugiés du Darfour.

Sur le plan économique, les relations entre le Tchad et la RCA sont modestes, en grande partie à cause de l'instabilité chronique en Centrafrique. Les deux pays ont un potentiel pour développer des échanges commerciaux, notamment dans les secteurs de l'agriculture et des ressources naturelles, mais les infrastructures sous-développées et les conflits permanents ont freiné toute véritable coopération économique.

Les relations entre les deux pays ont connu des périodes de tensions, notamment lorsque le gouvernement centrafricain, après la chute de BOZIZE, a accusé le Tchad de soutenir certains groupes rebelles actifs en RCA. Le climat de méfiance entre les deux pays s'est exacerbé après le retrait des troupes tchadiennes en 2014. Cependant, le Tchad a continué à jouer un rôle dans les efforts régionaux de paix, tout en étant critiqué pour ses interventions passées.

Ø Relations avec le Congo

Le Tchad et le Congo sont membres de la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC), une organisation régionale qui regroupe six pays d'Afrique centrale. Les deux pays partagent un intérêt commun pour l'intégration économique de la région. À travers la CEMAC, ils coopèrent sur des questions économiques, monétaires (via le franc CFA), et sur des projets d'infrastructures visant à améliorer les connexions commerciales et le développement économique dans la sous-région.

Les deux pays sont également membres de plusieurs autres organisations régionales et internationales, telles que l'Union Africaine (UA), la Communauté Économique des États de l'Afrique Centrale (CEEAC), et les Nations Unies (NU). Cela leur permet de collaborer sur des sujets tels que la paix et la sécurité, notamment dans la lutte contre les groupes armés et le terrorisme en Afrique centrale et au Sahel.

Les relations diplomatiques entre le Tchad et le Congo sont relativement stables, avec des échanges réguliers au niveau des chefs d'État et des diplomates. Le Tchad, sous la présidence d'Idriss DEBY ITNO (jusqu'en 2021), et le Congo, dirigé par Denis SASSOU NGUESSO, ont maintenu des relations cordiales, marquées par des visites officielles et des discussions sur des sujets régionaux. Denis SASSOU NGUESSO a également joué un rôle dans la médiation des conflits en Afrique centrale, avec l'appui du Tchad, notamment dans les crises en République Centrafricaine et au Soudan du Sud.

Sur le plan sécuritaire, les deux pays coopèrent dans le cadre des initiatives régionales de maintien de la paix et de lutte contre le terrorisme. Le Tchad, reconnu pour son rôle de leader militaire dans la région, a parfois agi conjointement avec le Congo pour soutenir des initiatives visant à renforcer la sécurité en Afrique centrale. Leurs contributions dans les missions de paix, comme celles en République Centrafricaine, montrent une volonté de stabiliser la région.

Les relations économiques entre le Tchad et le Congo sont relativement modestes, en grande partie à cause des infrastructures sous-développées et de la distance géographique. Cependant, les deux pays partagent un intérêt pour le développement de leurs ressources naturelles, notamment le pétrole. Le Tchad, producteur de pétrole, et le Congo, dont l'économie repose également sur le pétrole, ont des intérêts communs dans la stabilisation des prix des hydrocarbures et la gestion des ressources énergétiques.

Dans le cadre de la CEMAC, le Tchad et le Congo ont participé à des discussions sur des projets d'infrastructures régionales, comme la construction de routes et de corridors commerciaux pour améliorer les connexions entre les pays membres. Ces initiatives visent à faciliter les échanges commerciaux intra-régionaux, bien que la réalisation de ces projets reste souvent entravée par des problèmes de financement et de gouvernance.

Ø Relations avec la Guinée Équatoriale

Le Tchad et la Guinée équatoriale sont membres de la CEMAC, où ils collaborent sur des questions économiques et monétaires. La CEMAC favorise l'intégration régionale, la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que l'utilisation commune du franc CFA, ce qui facilite les échanges économiques et financiers. Toutefois, les barrières administratives et les infrastructures limitées freinent encore la pleine mise en oeuvre de cette intégration.

Au sein de la CEEAC15(*), les deux pays coopèrent pour promouvoir la paix et la sécurité en Afrique centrale, une région marquée par des conflits et des instabilités. Le Tchad, souvent vu comme un acteur clé dans la stabilisation régionale, et la Guinée équatoriale, plus discrète mais active diplomatiquement, travaillent ensemble à travers cette plateforme pour renforcer la sécurité régionale.

Les relations politiques entre le Tchad et la Guinée équatoriale sont relativement stables et se caractérisent par des échanges diplomatiques réguliers. Le Tchad, sous le président Idriss DÉBY ITNO jusqu'en 2021, et la Guinée équatoriale, sous le président Teodoro OBIANG NGUEMA MBASOGO, ont maintenu des relations cordiales, renforcées par leur participation conjointe aux forums régionaux.

Les chefs d'État des deux pays ont souvent participé à des sommets régionaux et internationaux ensemble, abordant des questions de paix, de sécurité, et de développement dans la sous-région. Cette proximité diplomatique s'inscrit dans leur volonté commune de maintenir la stabilité politique en Afrique centrale.

La coopération sécuritaire est un aspect important des relations entre le Tchad et la Guinée équatoriale. En tant que pays partageant une sous-région parfois instable, avec des crises en République Centrafricaine, au Cameroun et au Tchad lui-même, ils sont impliqués dans des initiatives visant à renforcer la sécurité collective. La Guinée équatoriale, bien que plus éloignée des principaux foyers de conflits, soutient les efforts régionaux de paix et de stabilisation, souvent menés par le Tchad dans des missions régionales. Par exemple, les deux pays ont collaboré au sein de la CEEAC sur des questions de sécurité régionales, avec des discussions sur la lutte contre le terrorisme, le trafic d'armes, et les groupes armés qui déstabilisent la région.

Le Tchad et la Guinée équatoriale sont tous deux des pays producteurs de pétrole, et cela influence leurs relations économiques. Bien que les échanges économiques bilatéraux ne soient pas très développés, ils partagent des intérêts communs dans la gestion de leurs industries pétrolières, notamment au sein de l'OPEP16(*), où la Guinée équatoriale est membre et où le Tchad participe en tant que pays observateur.

II- Avec les pays d'Afrique subsaharienne

En dehors de la CEMAC, le Tchad étant un pays de l'Afrique subsaharienne, entretien des relations entre autres avec le SOUDAN, la RDC et la LIBYE.

A- Les Relations avec le Soudan

Le Tchad et le Soudan sont tous les deux membres de l'Union africaine, de l'Organisation de la coopération islamique, et partagent une frontière de plus de 1 000 km à l'ouest du Soudan.

Les populations de l'est du Tchad et de l'ouest du Soudan ont noué des liens sociaux et religieux bien avant l'indépendance des deux pays. Certains groupes ethniques comme les Zaghawa et les Rizegat ont été « coupés en deux » par la frontière tchado-soudanaise, et existent par conséquent dans ces deux pays.

Dans leurs histoires récentes, le Soudan ont en commun d'avoir tous deux été gouvernés pendant une trentaine d'années par des chefs d'État autocrates arrivés au pouvoir à peu près au même moment par des coups d'État dans leurs pays respectifs : juin 1989 pour Omar el-Béchir, décembre 1990 pour Idriss DEBY.

Au moment du coup d'État d'Omar el-Béchir, l'ouest du Darfour est utilisé comme un champ de bataille par des troupes fidèles au gouvernement tchadien d'Hissein HABRE et par des rebelles organisés par son ancien ministre de la Défense Idriss DEBY. En décembre 1990, c'est à partir du Soudan qu'Idriss DEBY lance avec le soutien de la junte islamiste soudanaise une offensive vers le Tchad où il prend le pouvoir, qu'il garde jusqu'à sa mort en avril 2021, deux ans après le renversement d'Omar el-Béchir.

Les relations tchado-soudanaises se détériorent lorsque la guerre éclate au Darfour en 2003. Idriss DEBY, étant lui-même de l'ethnie des Zaghawa, décide de soutenir cette dernière en rébellion contre le gouvernement d'Omar el-Béchir, qui s'appuie sur les milices arabes, les Janjawid17(*)pour réprimer cette rébellion. Omar el-Béchir, convaincu que le soutien du Tchad aux rebelles du Darfour durerait aussi longtemps qu'Idriss DEBY serait au pouvoir, décide à son tour de soutenir les rebelles tchadiens dans leurs efforts pour le renverser. Ainsi, pendant 6 ans entre 2004 et 2010, les deux pays se livrent une guerre par procuration en soutenant chacun les rebelles en lutte contre le gouvernement du pays voisin, liant étroitement la guerre du Darfour à la guerre civile tchadienne. Le Soudan devient la base arrière des insurgés tchadiens de l' « Union des forces de la résistance », tandis que le Tchad protège les factions rebelles de l'Armée de Libération du Soudan. En plus de soutenir des combattants rebelles opérants dans le pays voisin, le Soudan et le Tchad accueillent des centaines de milliers de réfugiés de ces deux conflits.

La guerre culmine lors des attaques de la rébellion tchadienne contre Ndjamena en avril 2006 et en février 2008, et lors de l'assaut des rebelles du Darfour contre Khartoum en mai 2008.

Toutefois, des efforts diplomatiques de part et d'autre conduisent Omar al-Béchir et Idriss DEBY, à signer en mars 2008 un accord de non-agression visant à mettre fin aux hostilités transfrontalières entre les deux pays. Un accord est signé à Doha (Qatar) en 3 mai 2009, scellant la réconciliation entre Omar El-Béchir et Idriss DEBY et la reprise des relations diplomatiques entre le Soudan et le Tchad. Mais quelques jours après sa signature, le compromis de Doha est rejeté par Idriss DEBY, qui invoque le « droit de poursuite » en lançant des raids aériens en territoire soudanais, pour prendre en chasse les mercenaires tchadiens « à lasolde du Soudan ».

La tension retombe rapidement lorsque des tractations diplomatiques aboutissent à la signature d'un accord de normalisation en janvier 2010, puis de la reprise des relations diplomatiques entre Khartoum et N'Djamena, en février. Idriss DEBY se rend à Khartoum pour la première foisdepuis 2004, et les deux anciens ennemis signent un accord sur la sécurité à la frontière et la création d'une force militaire commune, la force mixte tchado-soudanaise, chargée de surveiller la frontière tchado-soudanaise.

Idriss DEBY se rend de nouveau à Khartoum le 4 avril 2019, en pleine révolution soudanaise, quelques jours avant le renversement d'Omar el-Béchir. Quelques jours auparavant, la visite à N'Djamena du chef des services de renseignements soudanais, le général Salah GOSH, avait laissé de nombreux observateurs supposer qu'Omar el-Béchir avait demandé l'aide de son homologue tchadien, mais cette hypothèse est par la suite démentie. Le 11 avril, Béchir Issa HAMIDI18(*) déclare dans un tweet : « Nous suivons avec attention l'évolution de la situation au Soudan, ce pays voisin. Nous souhaitons que la volonté du peuple soudanais connaisse un dénouement pacifique ».

Deux ans plus tard, alors que le Soudan est dirigé par un gouvernement de coalition civil et militaire avec pour premier ministre Abdalla HAMDOK, le président tchadien Idriss DEBY est tué dans un affrontement avec les rebelles du Front pour l'alternance et la concorde au Tchad dans le nord du pays. Les mois suivants, alors que le général Abdel FATTAH AL-BURHAN s'octroie les pleins pouvoirs au Soudan, le fils d'Idriss DEBY, Mahamat Idriss DEBY succède à son père à la tête du Tchad, marquant dans ces deux pays une restauration des gouvernements militaires après des bouleversements politiques entre 2018 et 2021. Un dernier point essentiel illustrant la similitude des trajectoires politiques du Soudan et du Tchad sur cette période et la normalisation de leurs relations avec Israël à moins de deux ans d'intervalle, en janvier 2019 pour le Tchad et en octobre 2020 pour le Soudan.

En mai 2024, l'ambassadeur du Soudan au Tchad Osman Mohamed YOUNISA quittée N`Djamena sans que cela ne reflète une détérioration des relations bilatérales tchado-soudanaises, selon le Gouvernement tchadien.

Les accords entre le Tchad et le Soudan se sont succédé au fil des années, chaque crise ou tension ayant donné lieu à des négociations pour tenter d'apaiser les relations entre les deux pays. Voici un aperçu des principaux accords:

- Accord de Tripoli (8 février 2006) : sous la médiation de la Libye et avec le soutien de l'Union africaine, cet accord a été signé à Tripoli. Il vise à mettre fin aux affrontements entre les forces gouvernementales et les rebelles tchadiens basés au Soudan, et inversement. Les deux parties ont convenu de ne plus soutenir les mouvements rebelles opposés au gouvernement de l'autre pays et de respecter leur souveraineté. Malgré les promesses, cet accord a rapidement été fragilisé par la poursuite des hostilités ;

- Accord de Riyad (3 mai 2007) : en 2007, le Tchad et le Soudan se sont réunis en Arabie Saoudite sous la médiation du roi Abdallah pour signer l'Accord de Riyad. Ce dernier reprend les engagements de Tripoli, notamment l'interdiction de soutien aux mouvements rebelles et le retrait des troupes le long de la frontière. Toutefois, les violences transfrontalières ont continué, rendant difficile la mise en oeuvre de cet accord ;

- Accord de Dakar (13 mars 2008) : le 13 mars 2008, à Dakar, sous la médiation du président sénégalais Abdoulaye Wade, un nouvel accord de paix a été signé. Les deux pays ont convenu de normaliser leurs relations diplomatiques, de rétablir les échanges commerciaux et de renforcer les mécanismes de surveillance pour contrôler la frontière. L'accord de Dakar a également mis en place un comité de suivi, mais comme pour les accords précédents, les tensions ont ressurgi en raison des attaques sporadiques des groupes rebelles ;

- Accord de N'Djamena (15 janvier 2010) : en janvier 2010, le Tchad et le Soudan ont signé un accord à N'Djamena pour renforcer les engagements antérieurs, cette fois avec un accent particulier sur la sécurisation de la frontière. Cet accord prévoit la mise en place d'une force conjointe de patrouille frontalière afin de surveiller et de prévenir les infiltrations rebelles. Contrairement aux accords précédents, celui de N'Djamena a eu un effet plus durable, car les deux gouvernements se sont montrés plus coopératifs et les affrontements se sont réduits ;

- Accords pour le retour des réfugiés (2018-2021) : ces accords, signés entre 2018 et 2021, concernent spécifiquement le retour des réfugiés soudanais et tchadiens ayant fui les conflits dans leur pays respectif. Ces accords ont été mis en oeuvre avec l'appui des Nations Unies et visent à garantir le retour sécurisé et volontaire des réfugiés dans leur pays d'origine, avec des programmes de réinsertion et d'accompagnement. Ces accords marquent une étape importante vers la stabilisation des régions frontalières et le retour des populations déplacées ;

- Accord de Khartoum (août 2022) : le plus récent accord, signé en août 2022 à Khartoum, repose sur l'engagement des deux pays à éviter toute escalade militaire et à coopérer sur des questions de sécurité, notamment la lutte contre les trafics transfrontaliers d'armes et le renforcement de la sécurité dans les zones frontalières. Cet accord insiste également sur l'importance de la collaboration économique, notamment à travers des projets communs d'infrastructure et de développement.

Ces accords ont montré une progression vers une paix durable, même si des défis persistent. La stabilisation reste un objectif commun, et la collaboration est soutenue par la communauté internationale, l'Union africaine, et des médiateurs régionaux pour assurer la sécurité et le développement économique dans cette zone stratégique d'Afrique centrale.

B- Relations avec la République démocratique du Congo et la Libye

En octobre 1998, Le Tchad reconnait son soutien militaire aux forces de Laurent-Désiré Kabila aux prises avec les rebelles dans l'est de la République démocratique du Congo. 2 000 soldats tchadiens sont envoyés en RDC dans le cadre de ce soutien.

Sur le plan diplomatique, les relations bilatérales directes entre le Tchad et la RDC ont été moins intenses par rapport aux interactions du Tchad avec ses voisins immédiats, comme le Soudan, la Libye, ou la République Centrafricaine (RCA). La RDC et le Tchad n'ont pas de frontières communes, ce qui réduit le niveau d'interactions directes. Cependant, les deux pays ont toujours maintenu des relations diplomatiques formelles et collaboré au sein des forums multilatéraux.

Jusqu'en 2020, les échanges économiques entre le Tchad et la RDC sont restés modestes. L'absence de connexions infrastructurelles importantes, la distance géographique et les conflits internes ont limité les opportunités de commerce et d'investissements entre ces deux pays. Leurs économies étant orientées vers des secteurs différents (pétrole pour le Tchad et minerais pour la RDC), les relations commerciales n'ont pas été une priorité.

Le Président de la République Démocratique du Congo (RDC), Félix TSHISEKEDI a été désigné facilitateur du processus de transition au Tchad suite à ma mort du feu Idriss DÉBY INTO de l'ex président en 2021. Le Président TSHISEKEDI a joué un rôle non négligeable dans la mise en oeuvre du DNI19(*).

En 2024, Le Président Mahamat IDRISS DEBY et son homologue du Félix TSHISEKEDI ont passé en revue, lors de la visite du Président du RDC, les sujets d'intérêt commun notamment les dossiers sécuritaires tels que la menace terroriste au Sahel et l'agression du Rwanda dans l'Est de la République Démocratique du Congo (RDC), ainsi que les relations bilatérales entre leurs pays.

Sur le plan sécuritaire, ils ont insisté pour que la communauté internationale mette tout en oeuvre pour appuyer les efforts de paix, de sécurité et de stabilité en Afrique et dans le monde. Par ailleurs les Présidents Félix TSHISEKEDI et MAHAMAT IDRISS DEBY ont réaffirmé leur volonté d'approfondir les relations tant économiques, politiques que diplomatiques entre la RDC et le Tchad.

Ce tête-à-tête a été suivi d'une cérémonie de signature de 3 accords de coopération :

- Un accord-cadre de coopération globale ;

- Un accord d'exemption de visa réciproque pour les citoyens de chaque pays ;

- Un accord pour des consultations diplomatiques régulières.

Les relations entre le Tchad et la Libye ont été essentiellement conflictuelles sous la présidence enLibye de Mouammar Kadhafi.

Les deux États qui partagent une frontière officielle de plus de 1 055 km ont eu de nombreux affrontements liés au partage des territoires, notamment lors de l'annexion la bande d'Aozou par la Libye en 1975. Celle-ci est reconquise par le Tchad en août 1987.Les deux États signent un accord de cessez-le-feu le 11 septembre 1987.

Dans les années 2000, le gouvernement libyen propose sa médiation au Tchad dans les conflits qui l'opposent au Soudan et aux groupes rebelles qui combattent le gouvernement lors de la guerre civile tchadienne de 2005 à 2010. En 2007, plusieurs accords de pays sont signés à Tripoli dans le cadre de ces deux conflits, même si ces accords ne suffisent pas à mettre fin aux hostilités qui ne prennent fin qu'en 2010.

À partir de 2011, à la suite de la première guerre civile libyenne qui provoque le renversement puis l'exécution de Mouammar Kadhafi, le Tchad reconnait le Conseil national de transition comme seule autorité du peuple libyen.

Lors de la deuxième guerre civile libyenne, le Tchad prend le parti du maréchal libyen KhalifaHAFTAR qui contrôle l'Est du pays.

En janvier 2017, le Tchad ferme sa frontière terrestre avec la Libye pour des raisons sécuritaires, avant d'en rouvrir un point de passage, deux mois plus tard.

En septembre et octobre 2018, Khalifa HAFTAR se rend à N'Djamena à deux reprises et rencontre Idriss DEBY, sans que le contenu de leurs échanges soit divulgué.

Plusieurs accords ont été signés par ces deux Etats notamment l'accord sur la migration et la gestion des frontières (2015 visant à renforcer la gestion de leur frontière commune;Les accords bilatéraux pour stabiliser le sud de la Libye.

II- la coopération avec les autres pays du monde

Au-delà des relations qu'il entretien avec les pays africain, le Tchad se réserve le droit de nouer des relations avec le reste du monde, entre autres, les pays occidentaux (I) et ceux du Moyen-Orient (II)

I- Les relations avec les pays occidentaux

Les relations du Tchad et les pays occidentaux à l'instar de la France (A) et les Etats-Unis d'Amérique (B) sont historique et mérite une certaine attention.

A- Relations avec la France

Le Tchad a été conquis militairement par la France en 1900 à la suite de la bataille de Kousséri remportée au Cameroun par les troupes françaises. Le territoire devient d'abord un protectorat français, puis une colonie française en 1920. Après la défaite de la France lors de la Seconde Guerre mondiale, le gouverneur du Tchad Félix Éboué se rallie au Général de Gaulle et entraîne l'Afrique équatoriale française (le Tchad, le Cameroun et le Congo-Brazzaville), qui devient le premier territoire africain de la France libre. Ce ralliement apporte un renfort 40 000 Africains aux forces de la France libre. Les Tchadiens participent en juin 1942 à la bataille de Bir Hakeim opposant en Libye les forces de la France libre aux troupes germano-italiennes du maréchal Erwin ROMMEL, et à la libération de Paris sous le commandement du Général LECLERC en août 1944. Le 20 mai 1949, les cendres de Félix EBOUE, mort en 1944, sont transférées au Panthéon en même temps que celles de Victor Schoelcher, l'auteur du décret proclamant l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises en 1848.

Le Tchad accède à l'indépendance en 1960, mais les gouvernements français et tchadien gardent un haut niveau de coopération. La France apporte son soutien à la plupart des présidents tchadiens, notamment Hisseine HABRE entre 1982 et 1990 (considéré comme un allié contre la Libye de Kadhafi), puis Idriss DEBY dont la DGSE appuie la prise de pouvoir.

Ce soutien se concrétise par plusieurs interventions militaires de la France en appui au gouvernement tchadien. Ainsi, depuis son indépendance, le Tchad est le pays d'Afrique qui a connu le plus grand nombre d'interventions militaires françaises, notamment :

- En septembre 1968, l'armée française intervient à la demande du président tchadien François TOMBALBAYE et chasse les rebelles Toubous de la localité d'Aouzou ;

- L'opération Manta qui s'est déroulée au Tchad entre 1983 et 1984 dans le cadre du conflittchado-libyen ;

- L'opération Épervier, lancée en février 1986 pendant le conflit tchado-libyen pour soutenir le président Hissène HABRE. Elle devient ensuite une mission de protection des ressortissants français et de coopération avec l'armée tchadienne;

- L'opération Dorca, déclenchée à l'initiative de la France en juillet 2004 en soutien à l'UNHCR etles ONG travaillant à la frontière entre le Tchad et le Soudan pour assurer la sécurité despopulations et l'accueil des réfugiés.

À deux reprises, en 2006 et en 2008, l'armée française est intervenue au Tchad pour mettre en déroute des rebelles qui menaçaient le palais présidentiel.

L'opération Barkhane lancée simultanément dans plusieurs pays du Sahel en juillet 2014, succédant aux opérations Serval et Épervier. Le Tchad accueille le quartier général de cette opération, ainsi qu'une partie de ses 200 blindés, 6 avions de chasse et 3 000 militaires français qui y stationnés en permanence.

En 2014, lors de la deuxième guerre civile libyenne, la France apporte un soutien limité au maréchal Khalifa HAFTAR, tout en se positionnant comme médiateur dans le conflit. Dès lors,le Tchad et la France appuient de nouveau le même camp, dans une guerre civile d'un pays africain.

En février 2019, des Mirage 2000 de l'armée française bombardent et détruisent une Colonne de rebelles tchadiens entrant sur le territoire depuis la Libye. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves LE DRIAN justifie cette intervention, la désignant comme conforme au droit international, et accusant les assaillants de chercher à renverser le gouvernement d'Idriss DEBY.

Outre ces interventions militaires conjointes, la France alimente également l'armée tchadienne en carburant, à hauteur de 4 millions d'euros par ans.

Les deux États ont aussi des relations fortes sur le plan économique. Le Tchad fait partie de la zone franc CFA, zone monétaire bénéficiant d'une garantie du Trésor français, et est membre de l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Dans les années 1990, le groupe pétrolier français Elf Aquitaine participe projet pétrolier de Doba, avant de s'en retirer en 1999 ce qui provoque des tensions entre le Tchad et la France. Les années suivantes, le Bureau de recherches géologiques et minières, organisme public français, mène pendant trois ans un travail de cartographique des ressources minières du Tchad, découvrant notamment de grandes quantités d'or dans la région du Tibesti. Dès lors, les récentes interventions militaires françaises au Tchad alimentent des soupçons d'ententes entre les gouvernements français et tchadien pour chasser les orpailleurs illégaux, sous prétexte de maintien de la paix.

À la suite de la mort d'Idriss Deby en avril 2021, l'Élysée déplore dans un communiqué la perte d'un « ami courageux », soulignant l'importance d'une « transition pacifique » et son « ferme attachement à la stabilité et à l'intégrité territoriale » du Tchad. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves LE DRIAN appelle à une transition militaire d'une « durée limitée » qui puisse conduire à l'instauration d'un « gouvernement civil et inclusif », tandis que la ministre des Armées Florence PARLY affirmait que la France « perd un allié essentiel dans la lutte contre le terrorisme au Sahel ».

La France est l'un des premiers partenaires économiques du Tchad.La France est le troisième partenaire bilatéral pour le développement du Tchad. Sur la période 2013-2023, les engagements de l'AFD20(*) représentent 305 millions euros, pour 34 projets en cours sur cinq secteurs prioritaires : l'accès aux services essentiels, la santé, le développement rural, l'éducation et la formation professionnelle.

L'appui de la France se traduit également par des soutiens budgétaires annuels. Entre 2017-2019, en plus d'une aide budgétaire globale (ABG) annuelle, un prêt de soutien budgétaire (PSB) a été octroyé chaque année, pour un total de 100 millions euros(40 M en 2017 et 2018, 20 M en 2019). En 2022, le soutien budgétaire français (ABG) s'est élevé à 15 millions euros en 2022 (contre 10 M en 2018 et 2019, 15 M en 2020, 20M en 2021), portant sur le renforcement de la performance en matière de gestion des finances publiques, un soutien à l'apurement des arriérés économiques intérieurs ainsi qu'à l'achat de stocks de sécurité alimentaire en réponse à la crise alimentaire majeure qu'a connu le Tchad en 2022. En 2022, l'AFD avait engagé au global 95 million.

Trait un creusement majeur par rapport à 2021 et 2020 (318 M en 2022, 99 M en 2021 et 199 M en 2020). Hors achats d'hydrocarbures, les importations sont également en hausse (17 M en 2022 contre 5,8 M en 2021) mais restent marginales.

Le stock d'IDE21(*) français au Tchad était de 111 millions euros, un niveau inférieur à celui du début des années 2000 (autour de 180M). Malgré un climat des affaires particulièrement difficile, comme dans la majorité des pays de la sous-région, une vingtaine d'entreprises françaises sont présentes dans les secteurs de l'agroalimentaire, du BTP (Bâtiment et Travaux Publics), du commerce, de la distribution de produits pétroliers, ou encore de la logistique et des équipements, auxquelles viennent s'ajouter quelques entreprises locales appartenant à des nationaux français.

La France étant l'un des pays premier partenaire du Tchad, leur coopération ne se limite pas qu'à ceux suscité. Elle touche notamment le domaine humanitaire ; culturel, scientifique et technique, etc...

B- Relations avec les États-Unis

Pendant la Guerre froide, les États-Unis et l'Union soviétique sont en compétition sur le continent africain pour établir des zones d'influences sur les anciennes colonies devenues indépendantes.

À l'instar de la France, l'administration américaine sous Ronald REAGAN appuie le coup d'État d'Hissein HABRE en 1982, considéré comme un allié idéal contre le dictateur libyen Mouammar Kadhafi, accusé de soutenir le terrorisme international.

Pendant la guerre tchado-libyenne, les États-Unis déploient des forces au Soudan (qui leur était favorable pendant la guerre froide) pour intervenir au besoin au Tchad, et octroie au gouvernement tchadien une aide militaire de 25 millions de dollars.

Après la fin de la guerre froide, le Tchad, fer de lance de la lutte antiterroriste en Afrique et ennemi du Soudan d'Omar el-Béchir accusé de crime contre l'humanité, continue de bénéficier d'un important soutien matériel et financier des États-Unis. Plus de détails seront présentés dans les lignes suivantes.

II- Les relations avec les pays du Moyen-Orient

Le Tchad est membre de l'Organisation de la coopération islamique, dont le siège est situé àDjeddah en Arabie saoudite.Il entretient des relations avec l'ARABIESAOUDITE et le QATAR, pour ne mentionné que ceux-ci.

A- Relations avec l'Arabie Saoudite

En mai 2007, le roi Abdallah d'Arabie saoudite organise près de Ryad un sommet tripartite avec les présidents soudanais et tchadien, qui concluent un accord de réconciliation devant mettre fin à une crise entre leurs pays. Néanmoins, les hostilités entre les deux États se poursuivent Jusqu'en 2010.

En 2017, l'Arabie saoudite annonce une aide de 100 millions de dollars à la force G5 Sahel dont fait partie le Tchad.

B- Relations avec le Qatar

Le Qatar et le Tchad ont des relations de coopération économique, le Qatar ayant notamment investi dans les mines d'or de la région du Batha.

Les deux États ont rompu leurs relations diplomatiques pendant quelques mois entre 2017 et2018.

En 2017, une crise diplomatique oppose le Qatar à la plupart des autres pays de la péninsuleArabique, rejoints par plusieurs États africains dont le Tchad, qui rompent leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Il est reproché à l'émirat son soutien à certains mouvements de contestation, notamment islamistes, lors du printemps arabe de 2011. Le Tchad fermeL'ambassade du Qatar à N'Djamena fin août 2017, accusant Doha de chercher à déstabiliser le pays, le chef rebelle tchadien Timan ERDIMI, étant installé à Doha depuis 2009.

Le Qatar riposte dans la foulée en fermant l'ambassade du Tchad à Doha, tout en niant touteImplication dans les actions de l'Union des forces de la résistance.

À noter également que le Qatar et le Tchad soutiennent deux camps opposés dans la guerreCivile libyenne.

En début d'année 2018, le Qatar et le Tchad signent un mémorandum d'entente, rétablissant leurs relations diplomatiques et le 08 août 2022, un accord22(*) de paix a été signé à Doha, après plusieurs mois de pourparlers.

SECTION II- LA REDEFINITION DE LA POLITIQUE ETRANGERE DU TCHAD

La politique extérieure du Tchad a pris une nouvelle tournure ces dernières années et plus particulièrement après la mort de l'ex-président. Le Tchad a intensifié sa coopération avec les pays comme la Chine et la Russie ( I) suite à la politique de l'Etat de diversifier des partenaires ( II)

I- Le rapprochement avec la Chine et la Russie

Le Tchad a renforcé ses liens avec la Chine (I) et la Russie (II)

I- Le renforcement de la Coopération avec la CHINE

La nomination de l'ex ambassadeur du Tchad en Chine au poste de Premier Ministre est un indicateur d'un renforcement potentiel des relations entre la Chine et le Tchad dans les années à venir, notamment dans le secteur du raffinage et du transport du pétrole, sachant que la Chine y détient des parts importantes.

La reprise des relations diplomatiques entre N'Djamena et Pékin en 2006, rompues en199723(*), a constitué un préalable à l'engagement chinois dans le secteur pétroliertchadien. En septembre 2007, N'Djamena et Pékin ont signé un accord de partenariat prévoyantl'exploration de champs pétroliers, le raffinage d'une partie du brut et l'exportation dureste via le Soudan ou le Cameroun. La mise en oeuvre de cet accord a débuté en 2008avec le développement des champs pétroliers situés au sud du lac Tchad et de l'oléoduc reliant lesdits champs à une nouvelle raffinerie à Djermaya. De décembre 2006 à janvier2007, la China National Petroleum Company (CNPC) a acquis la totalité des concessions de la société canadienne Encana détentrice de permis d'exploration. Cette acquisition aconstitué une étape importante dans la stratégie d'implantation progressive de la Chine dans le secteur pétrolier tchadien. Avec l'inauguration de la raffinerie de Djermaya en juin 2011, la présence chinoise dans le secteur pétrolier tchadien s'est encore renforcée. Les sites du bassin de Doba sont exploités depuis 2003 par un consortium composé desAméricains Exxon Mobil (40 %) et Chevron (25 %), et du malaisien Petronas (35 %) formant ainsi la société Esso Exploration & Production Chad. En 2014, le Tchad a acquis les partsde Chevron, et avec l'acquisition des parts de Petronas en mai 2023 par la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT), N'Djamena détient désormais une participationmajoritaire de 60 % dans le champ pétrolier de Doba. Les actifs d'Exxon Mobil reviennent à la société britannique Savannah Energy, devenue membre détenant 40 % du consortium et sera plus tard confronté au Tchad dans institution judiciaire française.

À l'heure actuelle, le chinois CNPC détient 60 % de la raffinerie de N'Djamena, dont leTchad possède 40 % via la Société de raffinage de N'Djamena (SRN). Cette raffinerie traite la production de la filiale China National Petroleum Corp International Chad (CNPCIC),issue des gisements Rosier et Mimosa. La CNPC, présente également au Niger, voisindu Tchad, avait prévu de construire un pipeline de 600 km de longueur pour relier lesblocs d'Agadem au bassin de Doba, afin de pouvoir exporter le brut nigérien vial'oléoduc Tchad-Cameroun.

Le 7 juin 2024, le Premier ministre, ALLAH-MAYE HALINA, a accordé une audience à WangXining, Ambassadeur de la Chine au Tchad. Les deux responsables ont échangé sur les relations de coopération qui existent entre les deux pays, et ont exploré des pistes de coopération, notamment dans les domaines des infrastructures, de la santé, del'enseignement supérieur, de l'agriculture, signe d'un nouveau départ pour les relationsentre les deux pays.Quelques mois plus tard, un total de six protocoles d'accord ont été signés dont :

- Le premier accord a été signé avec l'entreprise chinoise CEMC (China Electric Machinery Corporation) et concerne le projet de réhabilitation et d'extension du réseau électrique de la capitale tchadienne, N'Djamena ;

- Le deuxième accord avec CEMC porte sur une étude de faisabilité pour l'alimentation en eau potable de la ville de N'Djamena et des réseaux associés dans tout le Tchad ;

- Le troisième protocole d'accord, signé avec CAMCE prévoit la construction d'un aéroport international moderne à N'Djarmaya ;

- Le quatrième accord avec CAMCE concerne la construction de fermes agricoles intégrales modernes dans les régions de Bol, Ndjamena Fara, Boumou et Yao ;

- Un autre protocole d'accord concerne l'étude de faisabilité pour la réhabilitation et le renforcement des réseaux d'assainissement et de drainage des eauxpluviales à Ndjamena ;

- Enfin, un protocole d'accord a été signé entre le Ministère des Armées du Tchad et CATIC (China Aerospace and Technology Corporation), spécialisée dans les équipements militaires.

II- Le rapprochement avec la RUSSIE

L'Occident continue de considérer le Tchad comme un partenaire important et un pilierde la stabilité régionale. Toutefois, avec la montée de la concurrence internationale entre l'Occident et la Russie au Sahel, le Tchad se voit contraint de réévaluer et équilibrer sesrelations avec les deux parties afin d'optimiser ses intérêts vitaux. Cela s'est reflété par la visite de MahamatDEBY à Moscou en janvier 2024, faisant de lui le premier présidenttchadien à s'y rendre depuis la visite de François TOMBALBAYE en 1960. De plus, le fait que le vice-ministre russe de la Défense ait failli participé à la cérémonie d'investiture de Mahamat DEBY est considéré par les analystes comme une indication claire de lavolonté du Tchad de diversifier ses partenaires, notamment à la lumière des efforts de Moscou pour déployer des forces du « Corps africain » en tant qu'alternative à « Wagner » dans certains pays voisins du Tchad.

Ce rapprochement entre les deux pays survient dans un contexte géopolitique tendu auSahel. N'Djamena s'efforce de sécuriser et de stabiliser ses frontières avec ses voisins,notamment la Libye au nord, le Soudan à l'est, le Niger à l'ouest, et la Centrafrique ausud. Certains de ces pays connaissent des conflits internes, ce qui souligne l'importance pour le Tchad de maintenir des relations à la fois avec l'Occident et avec Moscou pourassurer la sécurité de son territoire et de la région, en raison de la présence et l'influence de la Russie dans le Sahel par l'entremise de Wagner et ses activités dans les pays voisins du Tchad.

Il était évident dès le début que le Président Deby renforcerait ses relations avec laRussie après sa victoire, notamment après la signature d'accords importants dans plusieursdomaines vitaux, tels que l'énergie et la sécurité, lors de sa visite à Moscou. Au début de ce mois de juin 2024, le président russe a dépêché une délégation de haut niveau à N'Djamena, dirigée par le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, faisant ainsi suite à la rencontre des deux présidents en janvier 2024. La Russie poursuit donc ses efforts pour renforcer ses positions sur le continent, y compris au Tchad. En effet, Poutine a invité des dirigeants africains à tenir un sommet à Saint-Pétersbourg en juillet 2023, et une réunion de ministres africains des Affaires étrangères est prévue à Sotchi en automne 2024.Certains analystes estiment que ce rapprochement pourrait inquiéter Paris, qui commence à craindre de perdre sa base militaire d'Adji Kossei, située à N'Djamena, sachant que le Tchad est son dernier partenaire dans les pays africains du Sahel et de l'Afrique del'Ouest après son expulsion des quatre pays de la région ayant renforcé leur coopérationmilitaire avec la Russie. Entre autres éléments, il importe de noter que Poutine a été l'undes premiers dirigeants à féliciter le Président Deby suite à son élection à la présidence,et que le ministère russe des Affaires étrangères a été le premier à féliciter le nouveaugouvernement pour le succès du processus électoral et de transition.

Ce rapprochement s'inscrit dans une stratégie de diversification des partenariatsinternationaux du Tchad. La visite de Sergueï Lavrov marque une nouvelle étape dans cerapprochement stratégique entre les deux pays, et pourrait se traduite par une présence russe dans le domaine énergétique, notamment minier, et sécuritaire, plus précisément dans la maintenance d'équipements militaires autrefois attribuée à des entreprisesukrainiennes. Il est donc devenu crucial de suivre l'évolution de ce rapprochement et d'évaluer son impact sur le Tchad et la région du Sahel dans les années à venir.

II- La diversification des partenaires

Tout d'abord, nous aborderons les relations entre le Tchad et la France, qui semblent connaitre un tournant significatif (I), avant de nous pencher sur les interactions entre le Tchad et Etats-Unis ainsi que celle avec la Hongrie (II)

I- TCHAD-FRANCE : vers un basculement

Ce rapprochement potentiel avec la Russie, tant sur le plan sécuritaire qu'énergétique,ainsi que le renforcement éventuel des relations économiques avec la Chine, représententun enjeu important pour la France, qui entretient une coopération militaire et économique historique avec ce pays d'Afrique centrale, considéré comme un pivot pour la stabilité régionale.

Il est crucial de noter que le Tchad est le seul pays de la région à maintenir ouvert lecanal avec Paris, après le retrait progressif des soldats français du Mali en août 2022, de la Centrafrique en décembre 2022, du Burkina Faso en février 2023 et du Niger en décembre 2023. Chacun de ces pays s'est rapproché de la Russie, notamment sur le plan militaire, soulignant un changement dans la région.

Alors que le Tchad demeure le dernier partenaire privilégié de la France dans la région,Paris représente pour sa part le principal allié du Tchad dans la lutte contre le terrorismedans la région. Les relations qu'entretiennent les deux pays restent importantes. La France maintient sur le territoire tchadien un contingent armé comptant environ 1 000 soldatsrépartis entre les trois bases de Faya-Largeau (au nord), d'Abéché (à l'est) et la baseaérienne 172 de la capitale N'Djamena.

Face à la menace persistante des rébellions qui pèse sur le pays, la présence françaisedemeure essentielle pour le régime de Deby. À plusieurs reprises, l'armée française a apporté son soutien et est intervenue en coordination avec l'armée tchadienne pourcontrer les incursions des colonnes rebelles armées sur le territoire tchadien en 2019, puis en 2006 et en 2008, conformément à l'accord de coopération militaire signé entreles deux pays en 1976, qui autorise l'intervention de l'armée française en cas de demande de la part des autorités tchadiennes. Certes, lors de la dernière offensive menée en avril 2021, laFrance n'est pas intervenue, et les rebelles ont réussi à tuer Deby père.

Bien que la présence française ait contribué à la stabilité du régime en place, les dynamiques géopolitiques actuelles et les défis régionaux auxquels le pays est confronté, le président Mahamat IDRISS DEBYa envisagé une diversification des partenaires sécuritaires du pays ce qui l'a poussé à opter pour une redéfinition de la politique étrangère du Tchad. En plus de la France, cette stratégie inclus des collaborations renforcées avec les États-Unis,la Chine, la Russie, voire la Hongrie.

II- TCHAD- ÉTATS-UNIS et TCHAD-HONGRIE : vers de nouvelles perspectives

Alors que la France maintient des soldats dans trois bases tchadiennes, les États-Unismarquent une présence significative, notamment des équipes de drones. Celles-ci opèrent depuis une base aérienne à N'Djamena, et depuis Faya Largeau au nord du pays. Dans le cadre de la lutte antiterroriste, leur mission principale au Tchad comprend la surveillance, l'analyse et l'action pour contrer les djihadistes. Cet engagementaméricain se manifeste également à travers le soutien apporté aux alliés du Tchad, comme en témoigne l'utilisation du drone américain Reaper pour appuyer la France dans le cadre de l'opération Barkhane.

Alors que les États-Unis négocient avec Niamey le retrait de leurs soldats du Niger, la fuite d'un courrier de l'armée tchadienne le 4 avril 2024 a envenimé la situation. Le documentindiquait que l'armée de l'air tchadienne avait demandé à l'attaché militaire des États-Unis au Tchad de cesser immédiatement les activités américaines sur la base aérienne de Koseï. Le 25 avril 2024, une semaine avant les élections, Pete Nguyen, porte-parole du secrétariat d'État américain à la défense, a officiellement annoncé un retrait temporaire et un éventuel repositionnement des soldats américains. Le Pentagone a confirmé le déplacement provisoire de 75 de ses soldats, précisant que cela faisait partie d'une « étape temporaire » dans le cadre d'une révision en cours de la coopération sécuritaire, qui reprendrait aprèsl'élection du 6 mai. Il n'y a donc pas de rupture, mais une renégociation à venir entreN'Djamena et Washington. Il convient de noter que les États-Unis ont établi desrelations diplomatiques avec le Tchad en 1960, et que le pétrole domine les exportations du Tchad vers les États-Unis. La visite de Mahamat IDRISS DEBY aux États-Unis en 2022 représentait uneopportunité de renforcer ses relations avec Washington.

Dans ce contexte militaire, Mohamed Deby a pris des mesures diplomatiques pourrenforcer sa communication et sa coordination avec d'autres alliés extérieurs, notamment la Turquie, les États du Golfe (Qatar et Émirats arabes unis) et récemment la Hongrie.Des accords de coopération militaire ont été conclus avec les Émirats arabes unis et laHongrie, à travers lesquels N'Djamena a reçu une aide militaire des Émirats arabes unis,portant sur des équipements destinés à renforcer la sécurité des frontières du pays. LaHongrie avait également envisagé de déployer un contingent (entre 200 et 400 soldats)au Tchad. En novembre 2023, le ministre hongrois de la Défense, KRISTOFBOBROVNICZKY,avait annoncé le déploiement d'un contingent à partir de mars 2024 pour une durée dedeux ans, à l'occasion d'une rencontre avec son homologue tchadien, DAGO YACOUBA, à Budapest. Les objectifs de cette coopération étaient de freiner les flux migratoires etd'aider le Tchad à lutter contre le terrorisme par le biais du programme « Hungary Helps». Bien que l'opération ait pris du retard, elle s'est finalement concrétisée quelques joursavant les élections du 6 mai.

La Hongrie cherche à renforcer davantage sa coopération avec le Tchad. Le 4 juin, Laszlo MATHE, représentant spécial pour le Sahel du ministère hongrois des Affaires étrangères,s'est rendu à Ndjamena et a informé le chef de la diplomatie tchadienne de la volonté dela Hongrie d'étendre sa présence diplomatique en transformant son bureau diplomatique actuel en une ambassade.

L'armée tchadienne, considérée comme étant l'une des meilleures de la région, exerce une influence dans le Sahel, où les incursions de groupes armés et les vagues de coups d'État ont semé des divisions et des basculements régionaux, affaiblissant la position.

Le Président tchadien Mahamat IDRISS DEBY et le Premier Ministre hongrois Victor ORBAN ont signé plusieurs accords de coopérations, révèle le lundi 09 septembre 2024, un communiqué publié sur le site de la présidence de la République du Tchad. Ces accords comprennent une déclaration commune de partenariat ;un mémorandum d'entente entre le ministère de l'agriculture de la Hongrie et ministère de l'élevage du Tchad dans le domaine de la production animale ;et de deux partenariats dans le secteur de la défense et sur le statut des soldats hongrois stationnés au Tchad. Ces partenariats interviennent au moment où Budapest prévoit d'intensifier ses relations avec Ndjamena par la multiplication d'actions bilatérales. Hungary Helps, agence gouvernementale hongrois d'aide humanitaire et de développement a ouvert son bureau de représentation en Afrique, dans la capitale tchadienne.

CHAPITRE II- LES DÉFIS ET SUGGESTIONS

Bien que le Tchad ait connu une évolution fulgurante de sa politique étrangère, force est de constater qu'elle se heurte à des défis (section I) qui entravent son efficacité. Ce qui nous a poussé à y proposer des solutions (section).

SECTION I- DEFIS INTERNES ET EXTERNE A LA POLITIQUE ÉTRANGERE DU TCHAD

La politique extérieure du Tchad a connu des contraintes qui sont, entre autres, liées aux conflits tant internes (I) qu'externes (II)

I- Conflits internes

Le Tchad a une longue histoire de conflits internes, y compris des guerres civiles et des révoltes armées. Ces conflits sont souvent alimentés par des rivalités ethniques et des luttes pour le pouvoir. Par exemple, la guerre civile des années 1980 a profondément affecté la structure politique et sociale du pays. Ces conflits ont un effet négatif sur la politique externe du pays et endigue son évolution. On peut en citer quelques-uns dont :

- Un impact sur la Politique Étrangère : Les conflits internes absorbent des ressources qui pourraient autrement être consacrées à des initiatives diplomatiques et de paix. Cela limite également la capacité du gouvernement tchadien à engager efficacement des discussions internationales en raison d'un manque de légitimité perçue.

- Corruption et Manque de Transparence: La perception commune de corruption au sein des structures gouvernementales nuit à la crédibilité du Tchad sur la scène internationale. Les partenaires potentiels peuvent être réticents à s'engager avec un gouvernement dont les pratiques sont transparentes.

- Concentration du Pouvoir : Le pouvoir est souvent centralisé autour de quelques individus, réduisant ainsi la capacité de réponse face aux enjeux internationaux. Cela entrave la capacité du Tchad à développer une stratégie diplomatique diversifiée.

- Chocs Sociaux : Les décisions de politique étrangère qui ne résonnent pas avec le bien-être des citoyens peuvent provoquer des manifestations ou des mouvements de mécontentement. Les manifestations de 2016 et les tensions liées à la gouvernance en cours aujourd'hui en sont des exemples.

- Manque d'Engagement Civique: L'absence d'un dialogue constructif entre le gouvernement et la société civile nuit à l'élaboration de politiques qui tiennent compte des réalités locales en matière de sécurité et de développement.

- Budget Diplomatique Restreint: La part du budget national consacrée à la diplomatie est souvent insuffisante pour entretenir un réseau diplomatique pleinement opérationnel. L'absence de ressources financières peut également compromettre la participation du Tchad aux conférences internationales, limitant ainsi son influence.

- Attraction des Investissements Étrangers : Le manque d'infrastructure, la faiblesse de la gouvernance et la perception de risques élevés nuisent à la capacité du Tchad d'attirer des investissements étrangers, ce qui est essentiel pour diversifier son économie.

On note aussi une dépendance et une limitation des ressources économique au pétrole.

- Dépendance au Pétrole : Avec environ 80 % des revenus d'exportation provenant du pétrole, le Tchad est particulièrement vulnérable aux fluctuations du marché pétrolier mondial. Les baisses de prix impactent les recettes gouvernementales et, par conséquent, les finances allouées à la politique étrangère.

- Conséquences Economiques : Cette dépendance rend difficile le financement d'autres secteurs économiques et limite la résilience du pays face aux crises économiques globales.

II- Défis externes de la politique étrangère du Tchad

Les défis que rencontrent la politique étrangère du Tchad ne se limitent pas qu'à ceux internes, mais aussi externes. Nous pouvons citer :

- Groupes Terroristes : Le Tchad est confronté à des menaces de groupes armés comme Boko Haram et l'État islamique, qui opèrent souvent au-delà des frontières. Le Tchad a été contraint de mobiliser ses forces pour répondre à ces menaces, engendrant des coûts élevésen vies humaines et en ressources.

- Conséquences sur les Relations Diplomatiques : Les défis sécuritaires influencent les relations du Tchad avec ses voisins. Cela nécessite une coopération sécuritaire robuste, mais cela peut aussi exacerber des tensions dans la région si la capacité de réponse est perçue comme insuffisante.

- Cascades de Conflits : Les conflits en Libye, en République Centrafricaine et au Soudan influencent directement la sécurité tchadienne. L'instabilité régionale entraîne des mouvements de réfugiés qui exercent une pression supplémentaire sur les ressources déjà limitées.

- Multi-culturalité des Menaces : Les frontières poreuses rendent difficile le contrôle des flux de personnes et de matériels. Ce qui rend la sécurité vulnérable dans ces zones. Des forces rebelles et terroristes en font une zone favorable pour l'extension de leurs troupes notamment par le recrutement des jeunes.

- Influence des Acteurs Étrangers : Le Tchad se retrouve souvent tributaire des intérêts de puissances étrangères, notamment la France et les États-Unis. Cette dépendance peut rendre difficile l'expression d'une politique étrangère autonome et conforme aux intérêts nationaux.

- Marginalisation dans les Forums Internationaux : En raison de son faible pouvoir économique et militaire comparé à d'autres nations, le Tchad est parfois négligé dans les discussions internationales clés, ce qui limite sa capacité à influencer les décisions qui pourraient affecter ses intérêts.

- Perception Négative des Droits Humains : Les préoccupations concernant les droits de l'homme et la gouvernance au Tchad peuvent ternir son image sur la scène mondiale, ce qui complique les efforts de rapprochement avec certains pays ou organisations internationales qui pourraient être des partenaires stratégiques.

Les défis rencontrés par la politique étrangère du Tchad sont multiples et interconnectés, tant sur le plan interne qu'externe. L'instabilité politique, la dépendance économique, les menaces sécuritaires régionales et les relations diplomatiques étant souvent influencées par des dynamiques historiques et géopolitiques, il est essentiel pour le Tchad de naviguer ces défis avec une stratégie claire et un engagement renforcé envers la diplomatie et la coopération internationale tels que nous le présenterons dans les lignes suivantes.

SECTION II- LES SUGGESTIONS

Le renforcement des capacités diplomatiques et institutionnelles ( I) et la consolidation des relations bilatérales et multilatérales ( II), sont quelques-unes des suggestions destinées à améliorer la politique internationale du Tchad.

I- renforcement des capacités diplomatiques et institutionnelles

La politique étrangère tchadienne est confrontée aux défis suscités qui freinent son évolution ou son adaptation aux changements de l'ère politique internationale. A ces défis, les propositions sont les suivantes :

- Programmer de Formation : Mettre en place des programmes de formation continue pour le personnel diplomatique sur des thèmes relatifs aux relations internationales, à la négociation, et aux techniques de médiation. Cela pourrait inclure des ateliers, des séminaires et des cours universitaires en collaboration avec des institutions internationales ;

- Stage et Échanges : Encourager les diplomates tchadiens à participer à des stages dans des ambassades étrangères ou dans des organisations internationales pour acquérir de l'expérience et des compétences pratiques ;

- Collaboration avec des Universités: Établir des partenariats avec des universités au Tchad et à l'étranger pour offrir des programmes de formation en politiques étrangères et en droit international, afin de former une nouvelle génération de diplomates ;

- Réforme des Institutions Diplomatiques: Évaluer et réorganiser les structures du ministère des Affaires étrangères pour optimiser la prise de décision et la gestion des politiques étrangères. Cela pourrait inclure la création de nouvelles unités spécialisées (sécurité, coopération économique) au sein du ministère ;

- Réseau de Diplomatie : Développer un réseau de diplomates et d'experts basés dans différents pays pour faciliter la communication et le partage d'informations sur les enjeux de politique internationale, renforçant ainsi la position du Tchad ;

- Campagnes de Sensibilisation: Élaborer des campagnes de communication pour informer le public sur les décisions de la politique étrangère et engager le dialogue avec la société civile. Utiliser les médias sociaux et les plateformes numériques pour atteindre un public plus large ;

- Diplomatie Publique : Renforcer l'image du Tchad sur la scène internationale à travers des initiatives de diplomatie culturelle et des événements tels que des festivals, des expositions artistiques, ou des conférences pour promouvoir la richesse culturelle du pays.

II- renforcement des relations bilatérales et multilatérales

A ces propositions liées aux renforcements des capacités diplomatiques et institutionnelles, s'ajoutent quelques propositions qui permettent de consolider les relations bilatérales et multilatérales du Tchad. Ceux-ci sont :

- Identification de Partenaires Clés: Analyser et identifier des pays et des organisations régionales ou internationales avec lesquels le Tchad pourrait bénéficier de relations renforcées. Cela inclut des pays à potentiel d'investissement, des acteurs régionaux de la sécurité, et des partenaires économiques ;

- Accords Bilatéraux : Négocier des accords bilatéraux axés sur des domaines stratégiques tels que la sécurité, l'économie, et l'éducation, en établissant des mécanismes de suivi pour évaluer l'impact de ces accords ;

- Promotion des Investissements : Mettre en place une agence nationale pour la promotion des investissements, afin de créer un environnement attractif pour les investisseurs étrangers. Offrir des incitations fiscales et simplifier les démarches administratives pour attirer les entreprises étrangères ;

- Diversification des Échanges : Bien que le Tchad ait entrepris une diversification des partenaires ces dernières années, il lui faut rechercher des marchés alternatifs pour les exportations, en explorant des partenariats commerciaux avec des pays émergents, notamment en Asie et en Afrique ;

- Participation aux Systèmes Internationaux : Renforcer l'engagement du Tchad au sein des organisations régionales telles que l'Union Africaine, la CEDEAO ou le G5 Sahel, en jouant un rôle plus actif dans la résolution des conflits régionaux et en facilitant les dialogues sur la sécurité et le développement ;

- Coopération Sécuritaire : Collaborer avec les pays voisins pour lutter contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière en établissant des accords de sécurité et en participant à des opérations conjointes. Organiser des conférences régionales sur la sécurité pour identifier des solutions collectives aux menaces communes ;

En adoptant ces solutions stratégiques, le Tchad peut non seulement renforcer sa position sur la scène internationale, mais également contribuer à sa propre stabilité et à son développement. Une politique étrangère bien structurée et proactive permettra au Tchad de relever les défis contemporains et d'exploiter les opportunités qui existent au niveau international.

CONCLUSION GENERALE

Ce présent rapport de stage porte sur l'évolution de la politique étrangère du Tchad, un thème riche et complexe qui met en lumière les interactions entre la structure institutionnelle et les enjeux diplomatiques dans un contexte géopolitique délicat. A travers deux grandes parties distinctes, l'analyse c'est penchée d'une part sur la présentation du MAETECI, et d'autre part, sur la dynamique de la politique étrangère du Tchad.

Dans la première partie du rapport, consacrée à la présentation de la structure du MAETECI, j'ai eu l'opportunité d'explorer les différentes directions et services qui composent cette institution clé. J'ai pu observer que le MAETECI est structuré de manière à intégrer plusieurs fonctions stratégiques, allant de la diplomatie bilatérale à la coopérationmultilatérale, en passant par la gestion des crises et la promotion des intérêts nationaux.

Mes taches au sein de l'institution m'ont permis de comprendre l'importance des opérations quotidiennes qui soutiennent une politique étrangère efficace. J'ai aussi noté l'importance cruciale de la coordination entre les différentes directions, ainsi que la nécessité d'une communication fluide pour garantir que les priorités nationales soient bien représentées sur la scène internationale.

Dans la seconde partie, j'ai présenté l'évolution de la politique étrangère du Tchad, mettant en avant la chronologie des relations du Tchad et la redéfinition de politique extérieur tchadienne. Puis, dans le second chapitre, j'ai exposé les défis que rencontre la politique étrangère et suggérer des solutions adaptées

In fine, le stage m'a permis d'apprécier la complexité de la politique étrangère du Tchad et les multiples dimensions qui la façonnent. La période actuelle, marquée par des défis tant internes qu'externes, exige une stratégie diplomatique transparente et inclusive. Grace à un engagement renouvelé, à des approches innovantes et à une gouvernance solide, le Tchad a l'opportunité de consolider sa position en tant qu'acteurrégionale et de contribuer à la paix et à la sécurité en Afrique. Les bases établis durant cette formation pratique, ainsi que les leçons tirées des défis contemporains, constituent des piliers importants pour un avenir diplomatique prometteur.

BIBLIOGRAPHIE

1- Zang, M.L. «l'influence des enjeux internes sur la oilitiques etrangere du Tchad.» 2019.

2- D.H, Kossivi. Tchad: entre luttes internes et aspirations internationales. Editions Karthala, 2017.

3- Ministere des affaires etrangeres,. «Rapport annuel sur les relations exterieures du Tchad.» s.d.

4- J.C., willame. la politique etrangere du tchad: enjeux et perspectives. l'Harmattan, 2015.

5- Décret N°0004/PR/MAEIATE/2021 portant organisation et fonctionnement du ministere des affaires etrangere

6- Convention de Vienne sur les Relations Diplomatique de 1961

7- Convention de Vienne sur les Relations Consulaires de 1963

8- www.diplomatie-tchad.org

9- www.memoireonline.com

10- Kalchekbe, D.L. (2010). Coopération commerciale entre la Chine populaire et le Tchad : enjeux et perspectives (Mémoire de DESS, Université de Yaoundé II, DESS en politique et négociations multilatérale)

11- Décret 901/PR/PM/MFPT/2006 du 12 octobre 2006 fixant le statut particulier des corps de fonctionnaires du secteur de l'Administration

TABLE DES MATIERES

DEDICACE 1

REMERCIEMENTS 2

LISTE D'ABREVIATION 3

RESUME 5

INTRODUCTION GÉNÉRALE 6

PREMIERE PARTIE : PRÉSENTATION DE LA STRUCTURATION DU DÉROULEMENT DU STAGE 8

CHAPITRE I : PRÉSENTATION DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DES TCHADIENS DE L'ÉTRANGER ET DE LA COOPÉRATION INTERNATIONALE 9

SECTION I : SITUATION DU MAETECI 9

I- Historique 9

II: La situation géographique du MAETECI 10

SECTION II : ATTRIBUTIONS ET ORGANISATIONS 11

I : Les attributions 11

I- Les missions principales du MAETECI 11

II- Les missions secondaires du MAETECI 15

II- l'organisation du MAETECI et leurs missions 18

I- L'organisation du MAETECI 18

II- Leurs missions respectives 19

CHAPITRE 2 : ANALYSE DES TACHES EFFECTUEES 31

SECTION I : ACCUEIL ET INTEGRATION 31

I : Phase d'accueil 31

II. Phase d'intégration 31

SECTION II - LES TACHES EFFECTUEES 32

I- la DGIA et la DGCI 32

A- Au local de la DGIA 32

B- Au local de la DGCI 33

II- La DGPE et la DAJDA 33

A- Au niveau de la DGPE 34

B - Au niveau de la DAJDA 34

DEUXIEME PARTIE : L'EVOLUTION DE LA POLITIQUE ETRANGERE DU TCHAD 35

CHAPITRE I : LA DYNAMIQUE DE LA POLITIQUE ETRANGERE DU TCHAD 36

SECTION I : LA CHRONOLOGIE DES RELATIONS DU TCHAD 36

I - la coopération avec les pays d'Afrique 36

I- Avec les pays de la CEMAC 36

A- Les relations avec le CAMEROUN 36

B- Les relations avec les autres pays de la CEMAC 38

II- Avec les pays d'Afrique subsaharienne 41

A- Les Relations avec le Soudan 41

B- Relations avec la République démocratique du Congo et la Libye 45

II- la coopération avec les autres pays du monde 47

I- Les relations avec les pays occidentaux 47

A- Relations avec la France 47

B- Relations avec les États-Unis 50

II- Les relations avec les pays du Moyen-Orient 50

A- Relations avec l'Arabie Saoudite 51

B- Relations avec le Qatar 51

SECTION II- LA REDEFINITION DE LA POLITIQUE ETRANGERE DU TCHAD 52

I- Le rapprochement avec la Chine et la Russie 52

I- Le renforcement de la Coopération avec la CHINE 52

II- Le rapprochement avec la RUSSIE 54

II- La diversification des partenaires 55

I- TCHAD-FRANCE : vers un basculement 55

II- TCHAD- ÉTATS-UNIS et TCHAD-HONGRIE : vers de nouvelles perspectives 56

CHAPITRE II- LES DÉFIS ET SUGGESTIONS 59

SECTION I- DEFIS INTERNES ET EXTERNE A LA POLITIQUE ÉTRANGERE DU TCHAD 59

I- Conflits internes 59

II- Défis externes de la politique étrangère du Tchad 60

SECTION II- LES SUGGESTIONS 61

I- renforcement des capacités diplomatiques et institutionnelles 62

II- renforcement des relations bilatérales et multilatérales 63

CONCLUSION GENERALE 65

BIBLIOGRAPHIE 66

TABLE DES MATIERES 67

ANNEXE 70

ANNEXE

Annexe 1 : Autorisation de stage

Annexe 2 : Programme de stage

* 1 Décret N°29/PG/SGCM du 18 août 1960

* 2Chef d'Etat-major général des armées

* 3 Banque Mondiale

* 4 Fond Monétaire International

* 5 Union Européenne

* 6 Nations Unies

* 7 Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique est une initiative de développement adoptée en 2001 par l'Union Africaine pour promouvoir le développement économique, social et politique de l'Afrique.

* 8La Convention de Vienne de 1961 a pour objet de l'encadrement des relations diplomatiques entre les Etats, établissant les privilèges et immunités des missions diplomatiques et de leurs familles.

* 9Elle porte spécifiquement sur les relations consulaires

* 10Voir annexe

* 11Direction Générale de l'Intégration Africaine

* 12Direction Générale de la Coopération Internationale

* 13Direction Générale du Protocole d'État

* 14Direction des Affaires Juridiques, de la Documentation et des Archives

* 15La Communauté Economique des Etats de l'Afrique Central

* 16L'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole

* 17Un terme générique pour désigner les miliciens du Darfour, au Soudan.

* 18Ex porte-Parole du ministère tchadien des affaires étrangères

* 19Le Dialogue National Inclusif d'objectif former un consensus nationale sur la réforme constitutionnelle, les plan d'élection et d'autres questions politiques litigieuses.

* 20L'Agence Française de Développement est une institution financière publique qui accompagne des projets d'améliore les conditions de vie des populations, soutiennent la croissance économique et protège la planète.

* 21Investissement Direct Etranger.

* 22Accordde paix singé à Doha entre le gouvernement de Transition du Tchad et une trentaine de politico-militaire. Cet accord intervient suite à la politique de main tendu prônée par le Président Mahamat IDRISS DEBY.

* 23 Voir Kalchekbe, D.L. (2010). Coopération commerciale entre la Chine populaire et le Tchad : enjeux et perspectives (Mémoire de DESS, Université de Yaoundé II, DESS en politique et négociations multilatérale). Consulté à l'adresse https://www.memoironline.com/07/11/4626/m_La-coopération-entre-la-Chine-populaire-et-le-Tchad-enjeux-perspectives2.html






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