CONCLUSION ET
RECOMMANDATIONS
Conclusion
Cette étude menée aux Cliniques Universitaires de
Lubumbashi sur une période d'un an (avril 2023 - avril 2025) a permis de
dresser un état des lieux de la fréquence et de la prise
en charge de l'acidocétose diabétique (ACD) chez
l'adulte.
Les principaux enseignements sont :
· La fréquence hospitalière de
l'ACD était de 37,3 % parmi les admissions en
médecine interne, un chiffre préoccupant et supérieur
à celui rapporté dans plusieurs séries africaines.
· L'ACD touchait principalement les adultes
d'âge moyen (45-59 ans), avec une légère
prédominance féminine.
· Le diabète de type 2 connu
était le contexte le plus fréquent, mais près d'un quart
des patients ont découvert leur diabète à l'occasion d'un
épisode d'ACD.
· Les facteurs déclenchants majeurs
étaient les infections (52,3 %), suivies de l'arrêt ou de l'oubli
du traitement (25,7 %). Les autres causes incluaient la chirurgie, certains
médicaments (corticoïdes, SGLT2i), les événements
cardiovasculaires aigus et la pancréatite.
· Sur le plan biologique, tous les patients
présentaient une cétonurie positive, une hyperglycémie
sévère, une acidose métabolique, et fréquemment des
troubles hydro-électrolytiques associés à une atteinte
rénale fonctionnelle.
· La prise en charge thérapeutique
reposait sur l'insulinothérapie IV et la réhydratation par
sérum salé isotonique, complétée dans certains cas
par du Ringer lactate et du sérum glucosé. La correction du
potassium restait insuffisante (70,6 %).
· L'évolution clinique était
favorable dans 78 % des cas, avec une mortalité hospitalière de
9,2 %, nettement plus élevée que dans les pays
industrialisés (< 1 %).
Ces résultats mettent en évidence à la fois
les progrès réalisés dans la gestion de
l'ACD aux CUL et les défis persistants liés
à la prévention, au suivi des diabétiques et à la
disponibilité des moyens thérapeutiques.
Recommandations
Aux
autoritéssanitaires
· Renforcer les programmes nationaux de lutte contre
le diabète avec un accent sur la prévention des
complications aiguës comme l'ACD.
· Faciliter l'accès aux médicaments
essentiels (insuline, solutions électrolytiques, bandelettes
urinaires pour cétonurie).
· Développer des protocoles
standardisés de prise en charge de l'ACD dans les structures
hospitalières de référence.
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