INTRODUCTION
1. État de la question
Le diabète sucré est une maladie
métabolique chronique caractérisée par une
hyperglycémie persistante, résultant d'un déficit absolu
ou relatif en insuline, dû à une anomalie de
sécrétion, d'action ou des deux à la fois [OMS, 2024 ;
ADA, 2024].
Il constitue un problème majeur de santé
publique dans le monde. Selon l'International DiabetesFédération
(IDF), en 2021, plus de 537 millions de personnes vivaient avec le
diabète, un chiffre qui pourrait atteindre 643 millions d'ici 2030 [1].
Cette progression rapide est attribuée à l'urbanisation, à
la sédentarité et à la transition nutritionnelle.
En Afrique, 24 millions d'adultes sont atteints de
diabète, un nombre appelé à doubler d'ici 2045 [2]. On
distingue une prévalence plus importante dans l'Afrique subsaharienne
que dans l'Afrique du Nord [3]. Cette augmentation est liée, entre
autres, à l'urbanisation rapide, à l'obésité
croissante et à l'insuffisance de dépistage.
En République Démocratique du Congo (RDC), bien
que les données soient limitées, plusieurs études
rapportent une croissance inquiétante des cas de diabète, en
particulier dans les milieux urbains comme Lubumbashi. Selon M'Buyamba-Kabangu
et al. (2022), la prévalence du diabète en RDC atteint 5,2 % dans
certaines zones urbaines [4].
Parmi les complications aiguës du diabète,
l'acidocétose diabétique (ACD) occupe une place centrale. Il
s'agit d'une urgence métabolique grave, mettant en jeu le pronostic
vital. Elle est causée par un déficit sévère en
insuline, souvent déclenchée par une infection, un stress aigu,
une mauvaise observance thérapeutique ou un arrêt du traitement
[5,6].
L'ACD se manifeste par une hyperglycémie
sévère, une acidose métabolique et une
cétonémie ou cétonurie importante. Elle survient
principalement chez les diabétiques de type 1, mais peut
également toucher ceux de type 2 dans certaines conditions [3,4].
La mortalité liée à l'ACD varie fortement
selon les contextes : inférieure à 1 % dans les pays
développés, elle peut atteindre jusqu'à 26 % en Afrique
subsaharienne, en raison de diagnostics tardifs, du manque de personnel
qualifié et d'infrastructures inadaptées [7,8].
En plus de ses implications pronostiques, l'ACD soulève
également la question de la prise en charge thérapeutique : les
protocoles d'intervention, leur application pratique, ainsi que la
prévention des récidives nécessitent une attention
particulière dans les milieux à ressources limitées.
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