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Fréquence et prise en charge de l'acidocétose diabétique aux cliniques universitaires de Lubumbashi en 2025


par Adonis Kayombo
Université de Likasi - Docteur en médecine 2025
  

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INTRODUCTION

1. État de la question

Le diabète sucré est une maladie métabolique chronique caractérisée par une hyperglycémie persistante, résultant d'un déficit absolu ou relatif en insuline, dû à une anomalie de sécrétion, d'action ou des deux à la fois [OMS, 2024 ; ADA, 2024].

Il constitue un problème majeur de santé publique dans le monde. Selon l'International DiabetesFédération (IDF), en 2021, plus de 537 millions de personnes vivaient avec le diabète, un chiffre qui pourrait atteindre 643 millions d'ici 2030 [1]. Cette progression rapide est attribuée à l'urbanisation, à la sédentarité et à la transition nutritionnelle.

En Afrique, 24 millions d'adultes sont atteints de diabète, un nombre appelé à doubler d'ici 2045 [2]. On distingue une prévalence plus importante dans l'Afrique subsaharienne que dans l'Afrique du Nord [3]. Cette augmentation est liée, entre autres, à l'urbanisation rapide, à l'obésité croissante et à l'insuffisance de dépistage.

En République Démocratique du Congo (RDC), bien que les données soient limitées, plusieurs études rapportent une croissance inquiétante des cas de diabète, en particulier dans les milieux urbains comme Lubumbashi. Selon M'Buyamba-Kabangu et al. (2022), la prévalence du diabète en RDC atteint 5,2 % dans certaines zones urbaines [4].

Parmi les complications aiguës du diabète, l'acidocétose diabétique (ACD) occupe une place centrale. Il s'agit d'une urgence métabolique grave, mettant en jeu le pronostic vital. Elle est causée par un déficit sévère en insuline, souvent déclenchée par une infection, un stress aigu, une mauvaise observance thérapeutique ou un arrêt du traitement [5,6].

L'ACD se manifeste par une hyperglycémie sévère, une acidose métabolique et une cétonémie ou cétonurie importante. Elle survient principalement chez les diabétiques de type 1, mais peut également toucher ceux de type 2 dans certaines conditions [3,4].

La mortalité liée à l'ACD varie fortement selon les contextes : inférieure à 1 % dans les pays développés, elle peut atteindre jusqu'à 26 % en Afrique subsaharienne, en raison de diagnostics tardifs, du manque de personnel qualifié et d'infrastructures inadaptées [7,8].

En plus de ses implications pronostiques, l'ACD soulève également la question de la prise en charge thérapeutique : les protocoles d'intervention, leur application pratique, ainsi que la prévention des récidives nécessitent une attention particulière dans les milieux à ressources limitées.

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