WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

La maintenance des aménagements hydroagricoles dans le delta du fleuve Sénégal: Le cas du périmêtre de Boundoum

( Télécharger le fichier original )
par Ousseynou Diéle
Université Gaston Berger de Saint Louis - Maitrise 2006
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

1) 1- Historique et évolution de l'aménagement de Boundoum 

1) 1.1) Localisation et historique

Le périmètre de Boundoum se trouve à 70 km au nord-est de la ville de Saint-louis. On y accède par la Nationale 2 à partir de Ross-Béthio par une route plus ou moins défectueuse longue de 20 km et qui va jusqu'au village de Boundoum barrage.

Le casier a été créé depuis 1964 par l'organisation autonome du Delta (OAD). C'est une cuvette dont l'aménagement est marqué par différentes phases suivant l'évolution technologique. En fait en 1964, la superficie totale se chiffrait à 1800 ha sous forme d'aménagement primaire (aménagement sommaire qui permettait de canaliser la crue vers les dépressions). La technique agricole que cela exigeait était la submersion contrôlée.

La première campagne a eu lieu pendant hivernage 1964-1965 avec les semis envolés. Les variétés cultivées étaient photopériodiques dont le cycle dépendait de la variation de la température.

L'aménagement secondaire constituait une amélioration avec la création d'une station de pompage à Diawar en 1970. Mais cette station ne permettait pas alors une maîtrise complète de l'eau. L'évolution vers l'aménagement tertiaire se fera progressivement et sera matérialisée par des endiguements et des réseaux d'irrigation et de drainage. Cela a réellement démarré en 1974 et 596 ha vont s'ajouter à la superficie (soit une superficie totale de 2396 ha).

En 1991 le casier a été réhabilité puis concédé à l'Union des GIE et SV de Boundoum et ce transfert s'inscrivait dans le cadre de l'application de la politique de responsabilisation des organisations de producteurs.

Aujourd'hui le périmètre est divisé en 118 secteurs hydrauliques. Ce sont des blocs autonomes d'irrigation de taille variable appelés également mailles hydrauliques.

1.2) Les réhabilitations et extension du périmètre

Le périmètre a bénéficié d'une réhabilitation et d'une extension entre 1991 et 2001 avec l'appui de la KFW (coopération allemande) et de la Banque Mondiale (BM) pour un coût global de 9 292 millions de FCFA. Suite à cette opération la superficie a été portée à 3 295 ha dont 3098,56 ha sont présentement exploitables soit 93,85%.

Nous entendons par réhabilitation une opération qui découle d'une prise de conscience  d'une situation de départ jugée insatisfaisante, et qui propose des principes et des démarches en vue d'une situation d'arrivée satisfaisante. Elle vise donc la durabilité de l'aménagement et l'amélioration des rendements et par extension celle du niveau de vie des populations locales.

Avec cette réhabilitation, on voulait résoudre un lot important de problèmes dont le périmètre était confronté. En effet, avant la réhabilitation, il était presque difficile de réaliser de bonnes performances dans le casier de Boundoum à la suite d'un défaut notoire de maintenance ou de conception : la salinisation des terres, l'ensablement et l'enherbement des canaux, l'absence d'une station d'exhaure en constituaient les causes majeures.

Les travaux de la réhabilitation se sont organisés suivant deux grandes tranches :

- Le 22 Avril 1990 marque le début de la première tranche qui n'avait duré pas moins de 14 mois. Cette première tranche avait permis la réalisation des deux premières phases pour une superficie de 972 ha dont 913 ha étaient mis en culture depuis 1991. En 1993 démarre une troisième phase de 725 ha qui concernait la partie génie civil de l'extension de la station de Diawar de même que la protection des berges des canaux primaires.

La première tranche a pris fin le 30 Juin 1994 et en ce moment, la superficie nette irrigable était 1697ha.

- La seconde tranche de la réhabilitation a débuté en Septembre 1995. Subdivisée en deux phases, elle est livrée en Mars 1997. La superficie couverte par cette deuxième tranche était 1664 ha (voir tableau 5). Mais c'est en 2001 que les travaux ont complètement pris fin.

Tableau 5 : Chronologie de la réhabilitation

Première tranche

Zones

(3 phases)

B. barrage

B. Nord

B. Est

Total

784ha

329ha

584ha

1697ha

Deuxième tranche

Phase 1

224ha

378ha

160ha

726ha

Phase 2

418ha

_

169ha

902ha

 

Total

1426ha

1022ha

913ha

3361ha

Source : Réhabilitation du périmètre de Boundoum ; RAZEL, 1998.

1.3) Evolution de la gestion des terres

Dans le delta du fleuve Sénégal, c'était la SAED qui se chargeait de l'affectation des terres. En effet, celle-ci en rapport avec les coopératives représentées par leur président, affectait les terres dans les cuvettes aménagées. Mais ce mode de distribution avait très tôt montré ses limites en ce sens que chaque année, la répartition des terres était reprise et les paysans couraient le risque de ne plus retrouver les mêmes terres.

La SAED changea vite de méthodes afin d'instaurer un climat de stabilité dans le mode d'affectation des parcelles. Ainsi, elle continuait à assurer la gestion des terres jusqu'en 1987 qui marque le renversement des zones pionnières dans la zone dite de terroir. A partir de cette date, la SAED n'exerça plus son pouvoir sur ces terres dont la gestion venait d'être confiée aux Conseils Ruraux.

Des problèmes n'ont pas manqué de surgir lorsqu'on a voulu réhabiliter le casier. En fait, au moment de la réhabilitation, la SAED avait demandé aux Conseils Ruraux de confirmer les unions comme affectataires des terres. En réaction à cette requête, une délibération du Conseil Rural avait affecté les terres du périmètre aux unions hydrauliques et cela était en parfaite contradiction avec les textes législatifs qui affectaient ces terres non pas aux unions hydrauliques mais aux OPB ou groupements de producteurs.

Apres l'extension, beaucoup de paramètres étaient pris en considération dans l'affectation des terres. Ainsi pour être attributaire d'une parcelle de 0,40 ha (appelée « kop » par les paysans du périmètre), il fallait être âgé de 18 ans ou plus, être habitant d'un des villages de l'union, appartenir à un groupement de producteurs ou une coopérative librement constituée.

2- Organisation de la gestion et de l'exploitation 

2.1) Organisation de la production

Le périmètre de Boundoum polarise au total sept (7) villages : Boundoum-Barrage (wolofs et Maures), Boundoum-Est (wolofs), Diawar appelé Boundoum-Nord (wolofs), Wassoul (wolofs), Ronkh (wolofs), Kheun (wolofs) et Diadiam (Maures). Il concerne une population de 15 508 habitants repartis dans ces sept villages. La superficie totale exploitable s'élève à 3 098,56 ha et va au profit de 2 557 familles attributaires de parcelles (voir tableau ci-dessous).

Tableau 6 : la répartition des terres entre les villages

Villages

Pop Totale

(Hbts)

Familles

Attributaires

Sup exploitables

(Ha)

Sup/attributaire

(Ha/Fam)

S.V

Boundoum-

Barrage

4 500

964

1180,51

1,22

10

Boundoum-Est

722

103

102,6

1,00

2

Diawar

3 363

337

602,45

1,79

9

Wassoul

941

319

190,39

0,60

3

Ronkh

3960

479

629,71

1,31

9

Kheun

1307

116

186,75

1,61

3

Diadiam

715

239

206,15

0,86

3

Total

15 508

2 557

3 098,56

1,21

39

Source : Données SAED 2005

Figure 2 : répartition des superficies aux villages

2.2) Les organisations paysannes 

- L'union hydraulique 

L'union des OP de Boundoum a été créée en 1991. Elle regroupe trente neuf (39) Sections Villageoises (SV), six GIE et sept (7) Groupements Féminins (GPF). Son siège social se trouve à Diawar.

Avec comme vocation initiale de piloter l'agriculture et la gestion des aménagements hydro agricoles, l'union a vu son objet s'étendre vers un appui aux GIE et SV membres à travers la fourniture de bon nombre de services tels que l'approvisionnement en eau et sa gestion, l'octroi d'intrants agricoles et de crédit, l'entretien des canaux. L'union assure d'autres activités :

- L'exploitation et l'entretien des stations de pompage (irrigation et drainage).

- Elle dispose d'une commission « matériel » qui a pour charge la gestion et l'entretien des locaux et des magasins de l'union, des équipements et du matériel de bureau, du véhicule de transport de l'union.

- La commission « commercialisation » assure le suivi de la collecte du paddy, de son décorticage et de sa vente pour le remboursement de la redevance hydraulique et des avances effectuées sur intrants par l'union. Elle se charge également de suivre les opérations de commercialisation entre l'union et les riziers.

- La commission « adduction d'eau potable » (AEP) est responsable de la gestion des différents systèmes d'adduction d'eau potable installés dans les villages du casier.

Loin de se limiter à ces différentes tâches, l'union entretient des relations plus ou moins privilégiées avec des partenaires comme :

- la SAED : Appui-conseil ;

- la CNCAS : Crédit de campagne ;

- la F.P.A (Fédération des Périmètres Autogérés) : Affiliation ;

- l'union des coopératives ;

- l'union de Boundoum-Barrage ;

- etc.

Le fonctionnement de l'union repose essentiellement sur la redevance hydraulique payée par les OPB comme source unique de financement. En plus de cela, il y a les organes de décision qui sont au nombre de trois : le bureau exécutif de 12 membres, le conseil d'administration composé de 53 membres et l'assemblée générale d'environ 203 membres mandatés par les différentes sections villageoises.

- Les OP de base 

Les OP de base sont chargées de la maintenance des aménagements terminaux, l'acquisition et la gestion du crédit et la mise en valeur agricole. Ces différentes tâches sont définies par un contrat qui lie les OP de base à leur Union. Suivant cette logique les organisations paysannes de base assurent les fonctions suivantes :

- Recenser les expressions de besoins, dresser des demandes de crédit qu'on soumettra au visa technique de la SAED et négocier le crédit nécessaire auprès des structures de crédit locales ;

- Rendre compte l'Union de tous les éventuels problèmes de leurs membres et de leur organisation (par exemple retard au niveau de l'approvisionnement en semence, etc.) ;

- distribuer les intrants et recouvrir les exigibles auprès des membres débiteurs ;

- maintenir en état les aménagements terminaux, c'est-à-dire ceux qui sont à l'intérieur de la maille hydraulique de leur groupement ;

- etc.

2.3) Les relations avec les partenaires extérieurs 

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Ceux qui vivent sont ceux qui luttent"   Victor Hugo