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L'impérialisme culture occidental et devenir de la culture africaine: Défis et perspectives

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par Bernard ZRA DELI
Grand Séminaire Saint Augustin de Maroua - Fin de cycle de Philosophie (Licence) 2008
  

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III-2. Des voies inéluctables

III-2.1. L'Education permanente

L'éducation joue un rôle important dans la réalisation de l'espèce humaine. Elle nous arrache à des formes d'asservissement, de l'animalité et d'agressivité pour nous donner le sens réel du pourquoi de notre existence. L'homme est ainsi fruit de l'éducation. C'est pourquoi il faut inviter les jeunes dès le bas âge à une véritable formation de leur personnalité sur les valeurs essentielles de l'humanité : élever à un haut degré le sens de l'être sur les ``valeurs'' illusoires. L'acquisition d'un esprit éclairé est un remède à la course au matérialisme qui classe l'humain au garage au profit d'un égoïsme exacerbé et insignifiant. Mais comment faire pour promouvoir ces valeurs galvaudées aujourd'hui ?

La promotion culturelle passe par une éducation permanente tant des jeunes que des adultes. C'est la raison pour laquelle MBUMUA W. pense que : « la révolution culturelle se confond avec la révolution éducative, c'est-à-dire elle aboutit nécessairement à une refonte radicale de la philosophie et du système éducatif. »93(*) Il y a urgence de l'action éducative pour ne pas se trouver avec des jeunes acculturés, déracinés, coupés de leur source et emportés totalement par la culture étrangère qui n'offre pas toujours des valeurs dignes de ce nom. L'objectif de cette action n'est pas de préserver l'Africain traditionnel, ni d'en faire un ``Européen'', mais de créer l'Africain moderne capable d'intégrer tous les éléments occidentaux qui répondent aux exigences de la vie contemporaine dans la tradition autochtone rationnellement thématisée au sens de JANHEINZ J.94(*). La promotion de notre culture et l'élaboration d'un Africain digne doivent avoir pour base l'éducation de nous-mêmes et des jeunes africains plongés pour la plupart dans les imitations serviles, dans les errements et le dédoublement. L'éducation culturelle doit ainsi nous permettre de nous enraciner dans notre culture, de nous moderniser sans nous renier. Ainsi, avec l'éveil de la conscience se formera une jeunesse africaine moderne digne qui ne sera plus « une jeunesse falsifiée, déracinée, dédoublée. »95(*) Seule l'éducation fera de nous ce que nous serons, ce que sera notre culture.

Malheureusement, cette éducation est très minée en Afrique. Le système éducatif ne répond pas aux exigences africaines. C. HAYFORT l'a remarqué en notant que : « Le vrai problème de l'Africain consiste à développer ses possibilités entant qu'Africain... Les méthodes qui sont jusqu'ici utilisées sont absurdes parce qu'elles ont été transplantées sur le terrain sans tenir compte de l'homme noir. »96(*) Il faut l'introduction des valeurs culturelles humanistes dans l'enseignement scolaire. Nos systèmes éducatifs doivent tenir compte de ces valeurs culturelles pour répondre aux besoins et aux réalités africaines. Cette façon arracherait le jeune africain du « ``bovarysme'' culturel qui conduit une société à perdre confiance en elle-même et à chercher ailleurs les éléments de son accomplissement. »97(*)

L'éducation se veut d'abord familiale. Les parents doivent être des pionniers de l'éducation de leurs enfants. Au sens de Hervé CARRIER, la famille doit « dans chaque projet de politique culturelle, être considérée comme le fondement privilégié où se communique et s'enrichit la sagesse populaire, où se cultivent les valeurs éthiques et spirituelles qui confèrent toute sa dignité à la culture vivante. »98(*) L'accent doit être mis sur l'éducation de base qui commande et qui est responsable de notre devenir existentiel. Car la personne dès sa naissance acquiert et intériorise les aspects de sa culture dans sa société qui le moule.

La situation des jeunes dans nos sociétés urbaines déstructurées, dépassées et décontenancées par le rythme de la mondialisation nous laisse voir une jeunesse médiocre, désorientée et éprise d'une éducation pauvre en valeurs humaines. Cette situation doit nous interpeller. Il y a intérêt pour toutes les sociétés africaines à réviser leur politique culturelle pour l'élaboration d'un type d'homme qui saura conduire l'Afrique vers sa destinée. Lié étroitement à la culture, le développement en Afrique a besoin de la culture africaine pour se réaliser. Cela implique une mise à jour des valeurs culturelles tant africaines qu'étrangères correspondant aux exigences de l'univers africain. C'est pourquoi dans la révision de sa politique culturelle intérieure et extérieure, l'Afrique ne doit pas seulement promouvoir ses valeurs traditionnelles, mais aussi les nouvelles valeurs. Il faut alors initier les jeunes africains à leur culture dès leur jeune âge.

Dans le processus de réalisation de ce noble projet de société, les philosophes africains doivent jouer le rôle d'éclaireurs et d'éveilleurs de conscience et inviter la masse à un regard critique sur les anciennes et nouvelles ``valeurs''. Pour y parvenir, nos philosophes doivent se libérer d'abord du griotisme encouragé par nos gouvernements malades du culte de la personnalité. La culture cessera alors d'être un simple outil de divertissement pour devenir la condition sine qua none de l'épanouissement totale comme pense Hervé CARRIER : « la culture donne à l'homme la capacité de réflexion sur lui-même. C'est elle qui fait de nous des êtres spécifiquement humains, rationnels, critiques et éthiquement engagés. »99(*) C'est par la culture que l'homme se libère de toute frustration et s'hominise réellement. En effet, il ne faut jamais l'oublier, les jeunes sont les fers de lance, la sève de chaque peuple. Ce sont eux qui prendront en main la destinée de l'Afrique. La nécessité d'une réflexion profonde sur les problèmes socio-culturels que connaît aujourd'hui ce continent conduira à une jeunesse réussie, aguerrie face aux enjeux du monde à venir. Cette jeunesse éclairée et mature comprendra aisément que la science et la technologie ne sont que fille d'un environnement donné et qu'il faut les domestiquer comme facteurs du progrès et non d'autodestruction.

* 93 MBUMUA W.E., Un certain humanisme, Yaoundé, Clé, 1970, p. 26.

* 94 Cf. JANHEINZ J, Op. Cit., p. 13.

* 95 NJOH MOUELLE E., De la médiocrité à l'excellence, Yaoundé, Mont Cameroun, 1988, p. 50.

* 96 HAYFORT C., cité par SOW I. A., Op. Cit., p. 254.

* 97 MBUMUA W., Démocratiser la culture, Yaoundé, Clé, 1974, p. 7.

* 98 CARRIER H., Op. Cit., pp. 264-265.

* 99 CARRIER H., Lexique de la culture. Pour l'analyse culturelle et l'Inculturation, Bruxelles, Desclée, 1992,

p. 268.

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"La première panacée d'une nation mal gouvernée est l'inflation monétaire, la seconde, c'est la guerre. Tous deux apportent une prospérité temporaire, tous deux apportent une ruine permanente. Mais tous deux sont le refuge des opportunistes politiques et économiques"   Hemingway