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Relation eau-assainissement et mortalité des enfants de moins de cinq ans en RDC.Approche par le modèle de Cox à risque proportionnel

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par Ibrahim NGINAMAU MASUMU
Université de Kinshasa/RDC - Licence en Sciences économiques 2007
  

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CHAPITRE DEUXIEME:

EOIINII~~E DE lit SitNTE

2.1. Introduction

Cette étude présente les caractéristiques des recherches cliniques associées à une analyse économique. Elle se retrouve à cheval entre l'économie et santé publique dans la mesure où le manque d'accès à l'eau et à l'assainissement provoquent des effets multiplicateurs sur l'état sanitaire des ménages. Plusieurs études renseignent qu'un nombre important des coûts pour le développement humain préjudicie d'autres secteurs de croissance. Il en est essentiellement:

1. Environ 1,8 million de décès d'enfants dus à la diarrhée chaque année soit 4900 décès par jour ou encore un nombre de décès d'enfants de moins de cinq ans équivalent aux populations de New York et de Londres réunies10. L'insalubrité de l'eau et la déficience de l'assainissement constituent la deuxième principale cause de mortalité infantile au monde. En 2004, le nombre de décès dus à la diarrhée était de six fois supérieur au nombre annuel moyen de morts dans les conflits armés dans les années 1990.

2. La perte de 443 millions de jours de scolarité chaque année en raison de maladies véhiculées par l'eau et l'assainissement,

3. Près de la moitié de toutes les personnes qui vivent dans le pays en développement souffrant à un moment donné d'un problème de santé en raison du déficit de l'accès à l'eau et l'assainissement,

4. Des millions des femmes passant plusieurs heures par jour à puiser de l'eau,

5. Des vies entièrement marquées par la misère pour des millions de personnes qui affrontent la maladie et la perte d'opportunité en matière d'éducation durant leur enfance et la pauvreté qui en résulte de l'age adulte.

A ces coûts, il faut ajouter la dégradation massive de l'économie qui accompagne le déficit de l'accès à l'eau et à l'assainissement.

10 Rapport Mondial sur le Développement Humain 2006, Paris, Page 6

2.2. Pronostic sur la réalisation des OMD11

Encadré 1: Les objectifs du Millénaire pour le développement Objectif 1: réduire l'extrême pauvreté et de la faim

Cible 1 Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population dont le revenu est inférieur à un dollar par jour.

Cible 2 Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population qui souffre de la faim

Objectif 2 : assurer l'éducation primaire pour tous

Cible 3 D'ici à 2015, donner à tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde, les moyens 'achever un cycle complet d'études primaires

Objectif 3 : promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes

Cible 4 Eliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire d'ici à 2005 si possible, et à tous les niveaux de l'enseignement en 2015 au plus tard

Objectif 4 : réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans

Cible 5 Réduire de deux tiers, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans

Objectif 5 : améliorer la santé maternelle

Cible 6 Réduire de trois quarts, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité maternelle

Objectif 6 : combattre le VIII/SIDA, le paludisme et d'autres maladies

Cible 7 D'ici à 2015, avoir stoppé la propagation du VIH/SIDA et commencé à inverser la tendance actuelle

Cible 8 D'ici à 2015, avoir maîtrisé le paludisme et d'autres grandes maladies, et avoir commencé à inverser la tendance actuelle

Objectif 7: assurer un environnement durable

Cible 9 Intégrer les principes du développement durable dans les politiques nationales et inverser la tendance actuelle à la déperdition des ressources environnementales

Cible 10 Réduire de moitié, d'ici à 2015, le pourcentage de la population qui n'a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau de boisson salubre et à des services d'assainissement de base Cible 11 Réussir, d'ici à 2020, à améliorer sensiblement la vie d'au moins 100 millions d'habitants de taudis

Objectif 8 : mettre en place un partenariat mondial pour le développement

Cible 12 Poursuivre la mise en place d'un système commercial et financier multilatéral ouvert, fondé sur des règles, prévisible et non discriminatoire

Cible 13 S'attaquer aux besoins particuliers des pays les moins avancés

Cible 14 Répondre aux besoins particuliers des pays sans littoral et des petits Etats insulaires en développement

Cible 15 Traiter globalement le problème de la dette des pays en développement par des mesures d'ordre national et international propres à rendre leur endettement viable à long terme

Cible 16 En coopération avec les pays en développement, formuler et appliquer des stratégies qui permettent aux jeunes de trouver un travail décent et utile

Cible 17 En coopération avec l'industrie pharmaceutique, rendre les médicaments essentiels disponibles et abordables dans les pays en développement

Sources: « Implementation of the United Nations Millennium Declaration", Report of the Secretary-General, A/57/270 (31 July 2002), first annual report based on the "Road map towards the implementation of the United Nations Millennium Declaration", Report of the Secretary-General, A/56/326 (6 September 2001); United Nations Statistics Division, Millennium Indicators Database, verified in July 2004; World Health Organization, Department of MDGs, Health and Development Policy (HDP).

11 La première moitié de réalisation des OMD s'est achevé à juin 2007 et la seconde se tend d'ici 2015.

Les objectifs du Millénaire pour le développement ne sont pas le premier ensemble d'objectifs ambitieux adoptés par les gouvernements. Durant une décennie, le programme « Eau et Assainissement pour tous» s'est inscrit dans le contexte de l'ensemble impressionnant d'objectifs adoptés lors de conférences de haut niveau dans les années 1970 et 1980. Les résultats n'ont pas été à la mesure des promesses. En sera-t-il autrement cette fois?

Dans l'ensemble, le monde est en voie de réalisation de l'objectif relatif à l'eau notamment en raison des énormes progrès accomplis en Chine et en Inde alors que seules deux régions sont en bonne voie en ce qui concerne l'assainissement. Le tableau général marque de grandes variations au niveau national et régional.

Si la tendance actuelle se confirme, l'Afrique subsaharienne atteindra l'objectif relatif à l'eau en 2040 et l'objectif relatif à l'assainissement en 207612. En ce qui concerne l'assainissement, l'Asie du sud accuse un retard de 4 années et, en matière d'eau, les Etats Arabes ont accumulé un retard de 27 ans.

Si l'on effectue un calcul pays par pays, l'objectif relatif à l'eau ne sera pas atteint pour 234 millions d'hommes issus de 55 pays hors courses. L'objectif relatif à l'assainissement ne sera pas atteint pour 430 millions d'hommes issus 74 pays hors course.

Pour que l'Afrique Subsaharienne se remette sur la bonne voie, le nombre de raccordements aux réseaux de distribution d'eau devra passer de 10 millions par an pour la décennie passée à 23 millions par an par décennie avenir. En Asie du sud, il est indispensable d'accroître l'accès aux réseaux d'assainissement pour passer à 25 millions de personnes par an à 43 millions par an.

Les objectifs du millénaire pour le développement devraient être considéré comme un seuil minimum à atteindre et non comme un plafond. Même si ces objectifs sont réalisés, le déficit mondial sera toujours immense. Si l'on observe l'évolution générale actuelle, le plus préoccupant est de constater que le monde est en voie d'aboutir sous le seuil fixé par les engagements pris dans le cadre des objectifs du millénaire pour le développement.

Par ailleurs, l'état de lieu des indicateurs de santé dans le cadre des OMD en République Démocratique du Congo nécessite une action

12 Rapport Mondial sur le Développement Humain 2006, page 7

non seulement dans le sens de l'offre ou de la demande des soins de santé, mais aussi sur les autres secteurs dont l'amélioration entraîne des effets positifs sur la santé de la population.

2.3. Etat de lieu des indicateurs de santé dans les
O.M.D en RDC

L'analyse porte essentiellement sur les indicateurs relatifs aux Objectifs du Millénaire portant de manière explicite sur la santé tels que présentés au tableau 4. Il ressort de ce dernier que la réalisation de ces objectifs nécessite une utilisation accrue des services de santé par les ménages et une amélioration de son offre afin de la rendre capable de répondre au besoin de la population.

L'enquête MICS 2 réalisée en 2001 en République Démocratique du Congo donne des résultats alarmants sur la situation sanitaire comme nous pouvons le lire dans le tableau ci-dessous (tableau 1). Les zones de santé ne sont opérationnelles qu'à 37% et les pathologies ciblées par les OMD sont les plus meurtrières en RDC. En effet, la malaria est la cause principale de mortalité en en RDC avec 79,6% de décès notifiés. Il faut aussi noter que cette maladie attaque l'ensemble de Congolais. Chacun fait une à six fois la malaria par an en moyenne. On estime à plus de 12 .000.000, le nombre d'épisode de malaria par an13. Et le coût de soins de cette maladie représente un montant de 35 dollars par ménage. Et si pour chaque épisode il faut une semaine de repos, le taux d'absentéisme au travail sera très grand, aussi bien pour les travailleurs que pour les écoliers et étudiants, sans oublier les gardes et les mères des enfants qui vont aussi être absentes de leurs postes de travail. Outre la malaria, il faut aussi ajouter les diarrhées et les infections respiratoires qui sont aussi les causes de morbidité et de mortalité chez les enfants.

La réduction des taux de morbidité et de mortalité chez les femmes et chez les enfants nécessite une utilisation accrue des services de soins de santé. Les indicateurs de l'accès aux soins de santé sont inquiétants. Les services de soins de santé existantes sont sous utilisés.

2.3.1. Utilisation des services de santé

Les informations recueillies dans le rapport de la Banque Mondiale sur la santé et la pauvreté en République Démocratique du Congo nous renseignent que le taux annuel de nouvelle consultation pour des soins

13 BANQUE MONDIALE et Ministère des Affaires Sociales, Etude pilote de risques et de la vulnérabilité en RDC

curatifs des services de santé est de l'ordre 0,15 % en moyenne (évalué sur 54 % de la population). Pour ce qui est des malades hospitalisâtes, le taux moyen est de 15 pour mille habitants et le taux d'occupation des lits d'hôpitaux est de 37 % (SNIS 2003) évalué sur 37 % de la population. Ceci affirme que les services de santé existants sont sous utilisés et les informations statistiques disponibles portes sur une partie de la population seulement. D'où les difficultés d'avoir une vision globale de la situation pour l'ensemble du pays.

2.3.1.1. Utilisation des services de santé infantiles

En ce qui concerne les soins de santé infantiles, l'utilisation des services de santé concerne aussi bien des soins de santé préventifs que des soins de santé curatifs. Pour le soin préventif, nous parlerons des vaccins que les enfants reçoivent pour se protéger contre les épidémies.

TABLEAU 1 : Utilisation des services de santé infantile en RDC (2001)

Utilisation des Services de santé infantile

Milieu
Urbain

Milieu rural

pour RDC

SOINS DE SANTE PREVENTIFS

 
 
 

Vaccin contre la polio (12 à 23 mois)

79,40%

69,00%

72,40%

Vaccin contre la rougeole (12 à 23 mois)

67,20%

36,50%

46,40%

Vaccin contre la TBC(BCG-12-23 mois)

73,60%

43,30%

53,10%

Supplément en vitamine A(6-59mois)

13,70%

10,40%

11,50%

Moustiquaires traitées l'insecticides (-5ans)

2,10%

0,10%

0,70%

SOINS DE SANTE CURATIFS

 
 
 

Traitement infect° respiratoire aigue/pers, médical(- de 5an)

46,30%

32,30%

35,80%

Traitement antipaludique chez les enfants de - de 5ans

63,00%

47,40%

52,00%

Source : Banque Mondiale, Santé et pauvreté en RDC : Analyse et cadre stratégique de lutte contre la
pauvreté (version provisoire 2), page 51 ;MICS 2,2001

Graphique 2 : Utilisation des services de santé infantile en RDC

81

8:g

0,4
0,3
0,2

0,1 0

Série1 Série2 Série3 Série4

Source : Présenté sur base des données du tableau 1

Ce tableau nous indique que les services de santé des enfants aussi bien préventifs que curatif sont sous utilisés. Pour ce qui est de santé curatifs, nous observons que 1/3 des enfants qui ont eu des soins dans le centre spécialisé pour le IRA et la moitié pour la malaria. Alors que ce sont des pathologies qui sont les premières causes de la mortalité chez les enfants.

2.3.1.2. Utilisation des services de santé maternelle

Les indicateurs en cette matière relèvent une sous utilisation des services de santé maternelle et néonatale.

TABLEAU 2 : Utilisation de service de santé maternelle (% des femmes âgées de 15 à 49 ans)

Utilisation de service de santé
maternelle

milieu
urbain

milieu rural

pour la RDC

Prévalence des contraceptifs modernes

9%

2,50%

4,40%

Les soins de santé prénatale/professionnel de santé

58,90%

40,60%

40,10%

Accouchement assistés/personnel médical

32%

20,20%

23,70%

Source :Rapport Banque Mondiale, op. cit, page 53

Il ressort de ce tableau que les services de santé prénatale sont assez rependus en ville (58,9%) qu'en milieu rural (40,6%) et la moyenne nationale est de 23,7%. En ce qui concerne les accouchements, nous constatons que c'est presque les trois quarts des femmes dont les accouchements ne sont pas assistés par les professionnels de santé.

La réduction de la mortalité maternelle implique l'amélioration de l'accès aux services de consultation et d'accouchement pour les femmes. Pour y arriver, il faut briser des obstacles culturels, améliorer le niveau d'instruction de la femme surtout en milieu rural, réduire les améliorer la qualité de l'offre de soins de santé maternelle. Pour les accouchements, la répartition de la population est la suivante :

Graphique 3 : Utilisation de service de santé maternelle en RDC

Prévalence des
contraceptifs modernes

0,6

0,5

0,4

0,3

0,2

0,1

0

milieu urbain miieu rural

Source : Présenté avec les données du tableau 2

TABLEAU 3 : Accouchements assistés (% des accouchements de l'année précédent l'enquête) en RDC, en 2001

Accouchements assistés

milieu
urbain

milieu rural

pour la RDC

Médecin

7,47%

1,68%

3,40%

Infirmière ou sage femme

24,54%

18,54%

20,30%

Matrone traditionnelle formée

51,15%

30,93%

37%

Matrone traditionnelle

6,44%

27,42%

21,10%

Parents ou amie

5,02%

11,82%

9,80%

Autre

0,75%

2,31%

1,80%

Sans aide

4,62%

7,31%

6,50%

Source : Banque Mondiale, op. cit, p.54

2.3.2. Les facteurs déterminants de la demande des soins de santé en
RbC

La consommation des soins de santé est fonction des plusieurs facteurs dont les plus importants sont :

· L'offre de service de santé,

· Le revenu des ménages,

· Le niveau d'instruction du chef de ménage ;

· La distance à parcourir pour atteindre la formation sanitaire ;

· La religion et coutumes.

2.3.2.1. L'offre de service des soins de santé

En ce qui concerne l'offre de soins de santé en RDC, on peut se référer au tableau suivant :

TABLEAU 4 : Population couverte par une formation sanitaire en milieu urbain et rural en RDC.

Structure

Milieu urbain

Milieu rural

 

hab/format°

Ecart absolu

Normes

hab/format°

Ecart absolu

Hopital gén de référen

150000

293598

143598

100000

163794

63794

centre de santé de réf

20000

100924

80924

15000

62676

47676

centre de santé

10000

18144

8144

5000

9165

4165

 

Source : construit sur base du tableau se trouvant dans le rapport de la Banque Mondiale, Santé et Pauvreté en RDC, Analyse et Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté, page 66

Il ressort de ce tableau que les formations sanitaires sont insuffisantes par rapport à la population à desservir.

Graphique 4 : Couverture sanitaire en milieu urbain et rural

100%

40%

80%

60%

20%

0%

Milieu urbain Milieu rural

centre de santé

centre de santé de réf

Hopital gén de référen

Source : Les données du tableau 4

En milieu rural, les centres de santé sont très éloignés les uns des autres et les dispensaires de proximité sont souvent dépourvus des intrants pour une bonne prise en charge des malades. En cas de maladie grave, les membres de famille du patient transportent leur malade sur des brancards rudimentaires, ou sur le vélo et se déplacent à pieds sur des longues distances pour atteindre, soit l'hôpital de référence, soit un centre de santé de référence. Parfois la mort survient en route avant même d'atteindre la formation sanitaire. Pour le personnel de santé, il faut noter les mauvaises conditions salariales qui poussent beaucoup des médecins et des paramédicaux qualifiés à refuser d'aller travailler en milieu rural.

En ce qui concerne les intrants en milieu rural, les centres de santé sont pour la plupart dépourvus des médicaments et des matériels de soins appropriés faute de renouvellement des équipements. Parfois, les matériaux les plus élémentaires pour le diagnostic n'existent pas (microscope, tensiomètre, foetoscope, ...). Les formations sanitaires qui disposent des équipements sont ceux qui sont appuyées par les ONG ou des partenaires qui leurs fourni des médicaments et des matériels de santé.

Pour la médecine sociale, le manque de la chaîne de froid dans certains centres entrave le stockage des vaccins et sérum. Les vaccins sont gardés parfois dans des centres qui disposent des frigos et qui sont situé à distance par rapport à leur opérationnel.

2.3.2.2. La demande des soins

La demande des soins est évaluée en fonction de l'utilisation des services de santé. Cette dernière est fonction des facteurs suivants:

· Le revenu de la population

L'enquête MICS 2 nous renseigne que 40% des enfants présentant des symptômes respiratoires n'ont pas consulté un médecin pour demander des soins faute de revenu. Il en est de même pour les femmes enceintes dont 19%n'ont pas pu consulté un médecin pendant la grossesse pour les mêmes raisons. A cause de manque de revenu, le recours aux tradi@ praticiens et à l'automédication est très élevé avec toutes les conséquences qui en découlent.

· La distance entre les résidences et la formation sanitaire

soins de santé. Les centres de santés sont souvent loin à plus de 7 kilomètre des villages. Etant données que les moyens de transport moderne n'existent pas, la population n'accède pas rapidement au centre de santé en cas d'urgence entraînant parfois la mort des enfants en cours de route et des accouchements, avant d'atteindre le centre de santé. Ceci explique le pourquoi des accouchements à domicile assisté par des sages femmes qui sont disponible dans les villages.

· Le niveau d'instruction

Dans les provinces rurales, le niveau d'instruction est encore très bas. Le taux de scolarisation des enfants de 6 à 23 ans est en dessous de 50% dans la plupart d'entre elles. Et le taux d'alphabétisation des adultes est aussi faible. Ceci handicape la capacité de cette population de comprendre le bien-fondé de certains types des soins de santé. A titre d'exemple, certaines femmes non instruites refusent de faire vacciner leurs enfants à cause de manque des connaissances sur les effets bénéfiques des vaccins.

· Les coûts de soins de santé

En RDC, les tarifs de soins de santé sont très diversifiés. Les coûts varient suivant les structures organisatrices des soins et les milieux où l'on se trouve.

· Les us et coutumes

Certaines habitudes et coutumes limitent l'accès aux soins de santé. C'est le cas pour les accouchements assistés par un personnel médical du sexe masculin. Les traditions africaines attribuent ce rôle aux sages femmes et non aux hommes. D'où le refus pour certaines femmes d'aller accoucher à la maternité assistée par un homme même s'il est gynécologue.

Il y a aussi des chefs de ménages qui refusent de vacciner leurs enfants ou de demander des soins modernes en cas d'épidémie. En cas de la rougeole par exemple, certaines femmes préfèrent imbiber les enfants d'une poudre protectrice et des feuilles appropriées à la place d'un traitement moderne qui prend en compte les aspects liés à la l'isolement du patient pour limiter la propagation de la maladie chez les autres.


· Les croyances religieuses

On observe de plus en plus que les églises ont une influence sur la demande de soins de santé. La religion influence le comportement des ménages pour décider d'aller soigner les malades dans les instructions des soins. Elle agit en retardant l'accès à une formation sanitaire à la suite des pratiques religieuses qui pourraient conduire à la guérison miracle.

Dans une étude réalisée dans une zone de santé rurale, il ressort que les adeptes des églises de réveil recourent plus tardivement aux soins de santé dans les formations sanitaires par rapport aux veilles églises (catholiques et protestantes).

Comme nous venons de les constater, plusieurs facteurs limitent l'accès aux soins. Mais les plus importants sont ceux liés aux manques de revenu pour la population et au manque d'infrastructures de proximité appropriés pour les soins de santé.

2.3.3. Les atouts et les contraintes dans la réalisation de 0Mb.

2.3.3.1. Les atouts

a. Le secteur de la santé est un secteur bien structuré sur toute l'étendue de la RDC et à tète de chaque zone de santé il y a un médecin qui supervise la zone de santé. Les problèmes des soins de santé sont bien connus et les pistes des solutions peuvent être adaptés aux besoins spécifiques de chaque zone de santé ;

b. Le processus post conflit en RDC constitue un atout majeur dans la mise en place des programmes de développement socio économique du pays ;

c. Il y a la possibilité de mobiliser des ressources financières importantes au niveau interne et externe pour accorder aux secteurs sociaux, les budgets conséquents pour leur réhabilitation et leur construction ;

d. La coopération internationale est favorable à la prise en charge de certains programmes de santé Publique tels que la lutte contre certaines maladies (VIH/SIDA, le paludisme, la tuberculose,...) et de l'amélioration de l'accès à l'eau potable et l'état de l'assainissement par la population ;

e. Possibilité de relancer l'agriculture si la sécurité est garantie.

2.3.3.2. Les contraintes

a. L'étendue des besoins dans le secteur de la santé (ressources humaines, équipements, infrastructures de santé, lutte contre les maladies endémiques, lutte contre ses vecteurs de transmission ;

b. L'insuffisance des ressources publiques internes pour financer les investissements dans ce secteur ;

c. La pauvreté des ménages pour financer les services de santé.

d. La persistance des poches d'insécurité qui défavorise l'accès des personnels médical et des humanitaires dans certains territoires ;

e. Le manque d'infrastructures routières qui conduit à l'enclavement de certaines zones de santé ;

f. Le faible niveau d'instruction dans la population Congolaise et surtout les femmes ;

g. Les facteurs culturels (us et coutumes, religion) qui peuvent entraver le processus du développement de ces secteurs.

De ce qui précède, nous pouvons conclure que la situation sanitaire de la population Congolaise est préoccupantes et nécessite une attention particulière de la part des autorités et de tout un chacun de nous. Pour relever le défi des OMD, il faut des stratégies efficaces pour augmenter la consommation des soins de santé et lutter contre les maladies.

Pour avoir une présence d'esprit du danger, nous présentons ci- dessous des indicateurs de développement humain pour quelques pays du monde afin de situer la RDC par rapport au monde et face à son propre défi.

Le tableau ci dessous présente les indicateurs pour neuf pays classés selon l'IDH et en raison de trois pays par catégorie des IDH, soit trois pays à niveau de développement élevé (Le canada, Le Japon et les USA), trois pays à niveau moyen (La Chine, Equateur et Le Cap Vert) et trois autres à faible niveau de développement dont la RDC, L'Angola et La Zambie

TABLEAU 5: Eau et condition sanitaire

Population ayant un accès régulier à un dispositif

Pays par
IDH

 

d'assainissement amélioré/ population .privée d'accès à un point
d'eau aménagé

Taux de croiss ,pop,

% en 1990(Assain/eau)

% en 2004(Assain/eau)

%(1975- 2004)

CANADA

100

100

1,1

JAPON

100

100

0,5

Etats-Unis

100

100

1

CHINE

23/70

44/77

1,2

EQUATEUR

63/73

89

2,2

CAP VERT

nd

43/80

2

ANGOLA

29/36

31/53

2,8

ZAMBIE

44/50

55/58

2,8

RDC

16/43

30/46

2,9

Source : Rapport Mondial sur le Développement Humain 2006, pp 305-308

Il ressort de ce tableau que la RDC est l'un des pays ayant un taux de croissance élevé de la population avec des indicateurs de développement humain très critiques notamment en ce qui concerne le faible taux de la population ayant accès à un dispositif d'assainissement amélioré et du % de la population privée d'accès à un point d'eau aménagé. Soit respectivement 30 et 46%.

Graphique 5 : Eau et condition sanitaire de quelques pays comparés

120

100

40

80

60

20

0

Taux de croiss ,pop, % en 2004

Population ayant un accès regulier à un dispositif

d'assainisssement amélioré % en 1990

Population ayant un accès regulier à un dispositif

d'assainisssement amélioré % en 2004

TABLEAU 6 : Quelques indicateurs de longévités de la vie et de santé de la population
pour certains pays ciblés

NOM DU
PAYS

Espérance
de vie à la
naissance

dépense
santé (% du
PI B)

% Enfants d'1 an
vaccinés
(rougeole)

%
Accouchement
assistés/pers
fié

Nombre de médecin /100000 hab.

% pop ayant
accès au coût
abordable de
soins de
santé

Japon

81,5

8

98

100

202

95-100%

canada

79,3

9,6

96

98

187

95-100%

France

78,9

9,6

85

99

330

95-100%

Belgique

78,7

8,9

75

100

419

95-100%

Allemagne

78,2

10,8

89

100

363

95-100%

usa

77

13,9

91

99

279

95-100%

Maroc

68,5

5,1

96

40

49

50-79%

Nigeria

51,6

3,4

40

42

27

0-49%

Afrique du sud

48,8

8,7

78

84

25

80-94%

Congo brazz

48,3

2,2

37

 

25

50-79%

Cameroun

46,8

3,3

62

60

7

50-79%

Kenya

45,2

7,9

78

44

14

0-49%

RDC

41,4

3,4

45

61

7

nd

Burundi

40,8

3,6

75

25

1

0-49%

Rwanda

38,9

5,6

69

31

2

0-49%

Source : Rapport Mondial sur le développement humain 2004, pp 139 à 142 et 156 à 159

Nous pouvons constater de ce tableau que les valeurs des indicateurs de santé pour la RDC sont très basses. La population ayant accès au coût de soins de santé abordable n'est pas déterminé dans ce rapport. Cette situation doit nous interpeller afin de proposer des solutions efficaces. En effet, un budget de 3,4% dans le PIB affecté à la santé et une proportion de 7 médecins sur 100000 habitants justifient le faible taux d'espérance de vie à la naissance (41,1%).

2.4. L'eau et l'assainissement dans la ville de
Kinshasa

Dans l'étude de l'eau et de l'assainissement en tant que principales causes de la mortalité des enfants de moins de cinq ans dans la ville de Kinshasa, il importe aussi de voir le problème aussi en amont à savoir le problème d'habitat en RDC en général et dans la ville de Kinshasa en particulier. Il est vrai qu'à travers une croissance régulière de la population dans une ville telle que Kinshasa qu'on assiste au problème d'urbanisation et tous ces corollaires, à savoir la naissance des cités non planifiées, l'insalubrité (la gestion des ordures des ménages), les maladies épidémiologiques,...

Le problème d'habitat se trouve non seulement en amont des problèmes de santé publique mais également il renforce l'insalubrité et rend plus difficile sa prise de solution.

Pour être claire, le tableau ci-dessous présente les sources principales des mouvements de la population dans la ville de Kinshasa en tant facteur principal de la dégradation de l'habitat dans la ville.

TABLEAU 7 : Facteurs de croissance de la population de Kinshasa

Taux de Taux brut de Taux Taux Taux de

Période natalité (en mortalité (en d'acroissement migratoire croissance

%o) %o) naturel (en %o) (en %o) (en %)

1985-1990

58,3 12,6

45,7

10,1

5,6

1990-1995

56 11,9

44,1

7,7

5,2

1995-2000

51,8 11

40,8

6

4,7

Source :

RZ (TP/AT, INS) Projection démographiques Zaïre et Régions

1984-

2000. Récencemet scientifique de la population, Juillet 1984, p.56 + annexes

Il apparaît aussi utile de distinguer une migration qui se pratique d'une commune à une autre à l'intérieur de la ville de Kinshasa. Avant tout, il sied de remarquer que la commune de Kimbaseke regorgeait environ 16% de la population de Kinshasa en 1993. Elle était suivie de

Ngaliema, Masina et N'djili qui représentaient respectivement 9,66 ; 6,06 et 6,02%. Par ailleurs, les populations des communes situées à l'Ouest de Kinshasa ont tendance à diminuer au profit de celles de la partie Est comme Masina, Nsele et Maluku. « Ces migrations sont effectués par les Kinois habitants les zones construites avant l'indépendance et qui, suite aux difficultés conjoncturelles, vendent leurs maisons et émigrent vers les nouvelles zones dites d'extension »14. De ce fait, l'on peut admettre que la ville s'étend de plus en plus dans sa partie Est en rendant de plus en plus difficile l'assainissement du milieu de vie.

2.4.1. L'assainissement dans la ville de Kinshasa

D'après les études analytiques sur l'enquête nationale auprès des ménages sur l'emploi, le secteur informel et la consommation des ménages (suivant la méthodologie des enquêtes 1-2-3) ; en ce qui concerne singulièrement le pourcentage des ménages répartis par type de quartiers et selon le type de toilettes, le résultat renseigne (voir le tableau 8) que 16, 43,15% des ménages ont comme lieux d'aisances un trou dans la parcelle contre 1,25% qui n'ont pas de toilettes. Par contre, il est clair que des grandes disparités existent à l'intérieur de chaque type de quartiers. En effet, le trou dans la parcelle est plus utilisé dans les quartiers non planifiés (56,46%) que dans les quartiers planifiés (15,69%) ou résidentiels (8,33%). Les ménages des quartiers résidentiels utilisent plus les toilettes intérieures privées avec chasse eau (67,86%) ou les toilettes extérieures privées avec chasse eau (13,10%). Comparativement aux quartiers planifiés, les toilettes les plus utilisées sont un lieu commun (34,83%) ou les toilettes extérieures privées avec chasse eau (16,38%), les latrines aménagées privées (12,93%) ou publiques (8,10%)15.

14 NZUZI L., TSHIMANGA M., Pauvreté urbaine à Kinshasa, Cordaid, La Haye, 2004, p.42

15 OTCHIA.S, Les Déterminants de la qualité de l'habitat à Kinshasa, Mémoire de licence 2006 (UNIKIN)

2.4.1.1. Gestion des installations hygiéniques

TABLEAU 8 : Pourcentage des ménages par type de quartiers, selon le type de
toilettes ut. ilisées

 

Typologie des quartiers Résidentiel Planifié Non planifié

Ensemble

Intérieur privé chasse eau

67,86

11,72

4,59

9,13

Extérieur privé chasse eau

13,10

16,38

10,66

12,35

Commun ménages

8,33

34,83

12,42

18,50

Latrine aménagée privée

2,38

12,93

9,32

10,04

Latrine aménagée publique

 

8,10

4,59

5,38

Trou dans parcelle

8,33

15,69

56,46

43,15

Pas de toilette

 

0,17

1,76

1,25

Autre

 

0,17

0,21

0,19

Source: Élaboré par l'auteur sur base de l'enquête 1-2-3

Cette correspondance peut être illustrée par le graphique des points de ligne et colonne issu de l'analyse factorielle des correspondances suivante :

Graphique 6: Typologie des quartiers selon le type de toilettes utilisées

Le graphique ci-dessus renseigne que les quartiers résidentiels sont attirés par les toilettes intérieures privées avec chasse et dans une moindre mesure par les toilettes extérieures privées avec chasse eau alors que les quartiers non planifiés sont attirés par les trous dans la parcelle ou par l'absence de toilettes. Par contre, les quartiers non planifiés sont repoussés par les communs ménages et les latrines aménagées. Les quartiers planifiés quant à eux sont attirés par les toilettes intérieures et extérieures privées avec chasse eau et les latrines aménagées. C'est ainsi que le trou dans la parcelle et

l'absence de toilettes sont sous-représentés dans les quartiers planifiés et résidentiels (respectivement 63,64%, 86,20% et 80,69%, 100%) alors qu'ils sont surreprésentées dans les quartiers non planifiés (respectivement 30,83% et 41,21%).

TABLEAU 9: Taux de liaison entre le type de toilettes utilisées et le type de quartiers

 

Typologie des quartiers
Résidentiel Planifié Non planifié

Intérieur privé chasse eau

643,21%

28,41%

-49,76%

Extérieur privé chasse eau

6,04%

32,63%

-13,71%

Commun ménages

-54,96%

88,25%

-32,86%

Latrine aménagée privée

-76,29%

28,75%

-7,25%

Latrine aménagée publique

-1 00,00%

50,56%

-14,77%

Trou dans parcelle

-80,69%

-63,64%

30,83%

Pas de toilette

-1 00,00%

-86,20%

41,21%

Autre

-100,00%

-10,30%

10,14%

Source: Élaboré par l'auteur sur base de l'enquête 1-2-3

Cette lecture dénote encore qu'en matière d'aisance, les quartiers résidentiels et planifiés bénéficient d'une infrastructure adéquate, contrairement aux quartiers non planifiés où c'est à la charge des ménages de se créer un environnement propice. Or, la faiblesse de revenu et par conséquent tous les autres maux dont sont victimes la plupart de la population de Kinshasa font que celle-ci puisse accepter d'utiliser ne fût-ce qu'un trou ou pis encore ne pas avoir un lieu d'aisance. C'est ainsi que le rapport MICS2 (2001: 34) compte 46% des ménages dans l'ensemble du pays qui utilisent les toilettes hygiéniques16. Cette proportion s'abaisse à moins de 10% de ménages qui ont accès à des toilettes hygiéniques si l'on ne tient pas compte des latrines traditionnelles couvertes.

2.4.1.2. Evacuation des ordures

Plusieurs moyens sont utilisés par les ménages de Kinshasa pour évacuer leurs ordures. Ces moyens sont généralement l'utilisation d'un service public ou privé, l'incinération, l'enfouissement, le jet sur la voie publique ou dans un cours d'eau ou encore dans un dépotoir sauvage et enfin en compost ou fumier.

16 Par toilettes hygiéniques, le rapport MICS2 entend les toilettes connectées au système d'égouts et les toilettes à chasse d'eau, les latrines améliorées - latrines à évacuation, les latrines à ventilation ainsi que les latrines traditionnelles couvertes.

TABLEAU 10: Pourcentage des ménages par type de quartiers, selon le mode d'évacuation des ordures

 

Typologie des quartiers Résidentiel Planifié Non planifié

Ensem ble

Service public ou privé

54,76

45,52

3,03

16,96

Incinération

11,90

5,00

16,16

12,88

Enfouissement

8,33

8,79

29,22

22,68

Voie publique

11,90

8,10

8,05

8,22

Cours d'eau

 

10,00

6,00

6,87

Dépotoir sauvage

4,76

14,66

23,71

20,42

Compost ou fumier

2,38

5,00

11,86

9,56

Autre

5,95

2,93

1,98

2,40

Source: Élaboré par l'auteur sur base de l'enquête 1-2-3

Au regard du tableau 18, 22,68% des ménages enfouissent les ordures contre 20,42% des ménages qui les jettent dans un dépotoir sauvage. Le jet dans le dépotoir sauvage est plus prononcé dans les quartiers non planifiés (23,71%) que dans les quartiers planifiés (14,66%) et les quartiers résidentiels (4,76%). Ces deux derniers, à savoir les quartiers résidentiels et les quartiers planifiés, utilisent plus les services public ou privé (54,76% contre 45,52%). Cette pratique tient toujours à la présence des infrastructures de salubrité qui existence encore dans ces quartiers. Par ailleurs, les quartiers non planifiés sont souvent des laissé-pour-compte. Pour bien cerner ce problème, nous présentons dans le graphique suivant, la visualisation du mode d'évacuation des ordures dans les quartiers non planifiés, selon l'ordre de grandeur décroissante.

Graphique 7: Pourcentage des ménages de quartiers non planifiés, selon le mode d'évacuation des ordures

Service public ou privé

Compost ou fumier

Dépotoir sauvage

Enfouissement

Voie publique

Incinération

Cours d'eau

Autre

1,98

3,03

6,00

8,05

11,86

16,16

23,71

29,22

0,00 5,00 10,00 15,00 20,00 25,00 30,00

Source : Elaboré par l'auteur sur base de l'Enquête 123

Selon ce graphique, 29,22% des ménages enfouissent leurs déchets alors que 23,71% les jettent dans un dépotoir sauvage. Par ailleurs, 16,16% pratiquent l'incinération pendant que 11,86% les transforment en compost ou fumier. Près de 8,05% des ménages jettent leurs déchets sur la voie publique et 6% dans le cours d'eau. Enfin, seulement 3,03% des ménages utilisent le service public ou privé et 1,98% utilisent les autres modes d'évacuation non mentionnés.

Ces chiffres peuvent nous montrer l'état sanitaire dans lequel se trouvent les ménages de Kinshasa, plus précisément dans les quartiers planifiés et non planifiés. Selon le rapport MICS2 (2002: 37), près de 60% des ménages congolaises et près de 40% des ménages Kinois ne font pas usage de moyens hygiéniques17 pour se débarrasser des ordures ménagères. Cette pratique contribue à la pollution du cadre de vie des ménages. C'est ainsi que Kinshasa est devenue une des plus grandes villes les plus sales du monde18.

2.4.2. Source d'approvisionnement en eau

À coté de l'habitat dans la lignée des facteurs des maladies pathogènes dans la ville de Kinshasa, il sieds de joindre la gestion de l'eau. En effet, une population non approvisionnée régulièrement en eau salubre est sujette aux problèmes d'assainissement de son milieu de vie. Il en est de même dans le cas d'une mauvaise des eaux usées.

TABLEAU 11: Pourcentage des ménages par type de quartiers, selon la source principale d'eau de boisson

 

Typologie des quartiers Résidentiel Planifié Non planifié

E nsem ble

Robinet intérieur

61,90

13,28

6,63

10,72

Robinet extérieur

30,95

65,69

32,18

41,47

Forage

 

0,17

3,60

2,50

Borne fontaine

 
 

1,48

1,01

Robinet un autre ménage

7,14

20,00

37,33

31,28

Puit protégé

 

0,17

4,16

2,88

Puit non protégé

 

0,52

2,19

1,63

Source aménagée

 

0,17

4,66

3,22

Source non aménagée

 
 

6,77

4,61

Cours d'eau

 
 

0,56

0,38

Autre

 
 

0,42

0,29

Source: Élaboré par l'auteur sur base de l'enquête 1-2-3

Selon le tableau ci-dessus qui présente le pourcentage des ménages par type de quartiers et selon la source principale d'eau de boisson,

17 Par moyens hygiéniques d'évacuation des ordures, MICS2 entend le service organisé, l'incinération, l'enfouissement et le compost ou fumier.

18 Kinshasa a cédé à son ancienne appellation «Kin la belle » et est devenue «Kin la poubelle »

plus de la moitié des ménages de notre échantillon, soit 52,19%, s'approvisionnent dans un robinet intérieur ou extérieur et 31,28% des ménages s'approvisionnent dans le robinet des autres ménages. Si l'on ajoute les 1,01% des ménages qui ont accès aux bornes fontaines, on déduit que 84,48% des ménages s'approvisionnent auprès des installations contrôlées par la Régie. Les ménages utilisent aussi d'autres sources pour s'approvisionner en eau. En effet, 7,83% des ménages s'approvisionnent dans les sources dont 3,22% utilisent les sources aménagées et 4,61% utilisent les sources non aménagées alors que 4,52 s'approvisionnent dans les puits, avec 2,88% dans les puits protégés et 1,63% dans les puits non protégés. Comme on le voit bien, le type de quartier est un facteur plus déterminant en matière d'adduction d'eau. Les faits témoignent que les ménages des quartiers résidentiels ne s'approvisionnent que dans les robinets alors que une proportion quasi négligeable des ménages des quartiers planifiés s'approvisionne dans les forages, puits protégés, puits non protégés, sources aménagées (respectivement 0,17%, 0,17%, 0,52%, 0,17%).

Encadré 2 : Indicateurs de santé pour le millénium en RDC

Objectifs et but entre 1990 et 2015

N° INDICATEURS

Eradiquer la grande pauvreté et la faim

Valeur

source

Diviser par deux la proportion des moins ldollar/j

1

proportion de la pop avec -1dollar/j en 1999

65,40%

ENHAPSE

 

2

Indice d'écart de la pauvreté (incidence de la pauvre)en 1999

 

ENHAPSE

 

3

Part du 1er quintil des plus pauvre dans la c° nat, 1999

3,90%

ENHAPSE

Réduire de moitié la proport de la pop souffrant de faim

4

prévalence des insuff, ponderale des enfants -5ans 2001

31,10%

MICS 2

 
 

Insuffisa ponderale des enfant -5ans en milieu urbain 2001

22%

MICS 2

 
 

Insuff, ponderale des enfant -5ans en milieu rural 2001

35,50%

MICS 2

 
 

Insuffisance ponderale chez les garçons de -5ans 2001

32,90%

MICS 2

 
 

Insuffissance ponderale chez les filles de -5ans 2001

29,20%

MICS 2

 

5

pop, dont la diète est <au minimum cal en 1990 et 2001

31 et 73%

MICS 2

 

Assurer l'éducation primaire à tous

 
 

Taux net de scolarisation dans le primaire(pour F et G)

6

Taux de scolarisation primaire en 2001

51,70%

MICS 2

 
 

Taux de scolarisation primaire des garçons en 2001

54,80%

MICS 2

 
 

Taux de scolarisation primaire desfilles en 2001

48,60%

MICS 2

 

7

Taux de scolarisation de 1ère à la 5ème année primaire 2001

24,80%

MICS 2

 

8

Taux d'alphabétisation des 15 à 24 ans en 1999

68,70%

MICS 2

Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes

 
 

Élimination des discriminations entres sexes dans-

9

Ratio garçons/filles au primaire pour l'année 1998-1999

117,43%

min éd,nat

l' éduccation primaire et secondire avant2005

 

Ratio garçons/filles au secondaire pour l'année 1998-1999

180,54%

min éd,nat

 
 

Ratio garçons/fillespour primaire et secondaire 1998-1999

130,88%

min éd,nat

 
 

Ratio garçons/filles au niveau superieur 1998-1999

nd

min éd,nat

 

10

Ratio des taux d'alpha garçon/filles de 15 à 24 ans en 1999

1,26

MICS 2

 
 

Réduire la mortalité infantile

 
 

Réduire de deux tiers la mortalité des moins de 5 ans

13

Taux de mortalité des moins de 5ans en 2000

213%

MICS 2

 

14

Taux de mortalité des moins de 1ans en 2000

126%

MICS 2

 

15

% des enfants de -1an vaccinés contre la rougeole en 2002

46,40%

MICS 2

 
 

Ameliorer la santé maternelle

 
 
 

16

Taux de mortalité maternelle en 1989

12,89%

MICS 2 min

 
 

Taux de mortalité maternelle en 1999

18,37%

sant,pub

2.6. Pathologie humaine

Dans de nombreux pays en développement, le problème primordial de trouver de l'eau en quantité suffisante a eu tendance à se minimiser et même à faire oublier celui de la qualité. Pourtant ce critère qualité-santé a été la motivation initiale pour trouver le financement des projets hydrauliques. Il continue à être l'élément essentiel pour la réussite des programmes entreprises : l'entretien des ouvrages et l'amélioration des conditions de vie des villageois dépendant de l'utilisateur, de la population qui voudra bien accepter d'affecter une partie de ses ressources au fonctionnement et à l'entretien des ouvrages mis en place. Cet avis est unanime. Or, seule prise de conscience par la population de la relation entre maladie et eau, entre contamination fécale et eau, pourrait susciter une motivation puissante et réelle. Il est indispensable de développer une sensibilisation des populations qui expliquerait aux usagers le lien entre les maladies dont ils souffrent et l'utilisation d'une eau malsaine et les bien faits à atteindre d'une eau de qualité. C'est là le but de l'éducation sanitaire ou éducation pour la santé.

Cette section présentera les problèmes sanitaires et les maladies tropicales qui ont publié des ouvrages sur ces thèmes.

2.6.1. Les éléments chimiques de l'eau responsables des problèmes ou
des maladies

Certains des éléments chimiques qui se trouvent dans l'eau sont utiles et même indispensables à la santé de l'homme à faibles concentrations mais peuvent devenir toxiques lorsqu'ils sont absorbés en trop grande quantité. Aussi, si la concentration de fluorures dans l'eau est inférieure à 0,5 mg par litre, on notera dans la population une incidence élevée de la curie dentaire. Par contre la fluorose endémique due à des taux élevés de fluor dans l'eau peut entraîner des lésions osseuses graves. Une concentration trop faible d'iode dans l'eau est responsable dans la population des troubles de la thyroïde.

Les nitrates dans l'eau à des concentrations dépassant 10mg/l, exprimé en azote, peuvent provoquer dans certains cas des phénomènes de méthémoglobinémie pouvant aller parfois jusqu'à l'asphyxie chez les bébés nourri au biberon. En effet, les nourrissons hébergent dans leur tube digestif une flore bactérienne réductrice qui transforme les nitrates en nitrites. Cette flore n'existe plus chez l'enfant et l'adulte.

Il est également prouvé par le corps médical que l'ingestion de fortes doses de sodium joue un rôle important dans le développement de l'hypertension chez des sujets prédisposés. Certains éléments peuvent, en quantité trop élevé, donner à l'eau un goût désagréable (fer, chlorures, sulfate, cuivre,...), ce qui peut pousser l'usager à se détourner de la source d'eau potable pour utiliser un approvisionnement qui peut être dangereux. On observe souvent le même comportement chez le consommateur lorsque l'eau trop peu minéralisée n'a pas assez de goûts (passage d'un approvisionnement par une eau de surface très chargée à un approvisionnement par une eau de surface très chargée à un approvisionnement par forage profond).

Les troubles liés à la chimie de l'eau entraînent pour la plupart des maladies à moyen ou à long terme. Pour cette raison, la population les considère comme beaucoup moins graves et préoccupantes que les maladies liées à la biologie ou à la bactériologie de l'eau.

TABLEAU 12: Principales maladies liées à l'eau classées selon leur origine et leur mode de contamination.

Source :Viland, M-C, Eau et Santé, Ministère de la COPEDEV/France, p14

2.6.2. Les contaminations virales, bactériennes ou parasitaires de
l'eau responsables des maladies pour l'homme.

INFECTION

Mode de conta mination

VIRALES

BACTERIENNES,

PARASITARES,

FECO-ORAL

Diarrhées, Rota virus,
Entérovirus, Adénovirus, Poliomyélites, Hépatites A et B

Choléra, Salmonellose(typhoid e), shigellose ou
(dysenterie bacillaire) Leptospirose

Amibiase (Dysenterie
amibienne)
Giardias
Ascaridiase
Oxyurose

Cutané

 
 

Anguillulose ankylostomiase

Cutané avec passage dans un hôte intermédiaire

 
 

Schistosomiases ou Bilharzioses (Bilharzioses urinaire et

Bilharziose intestinale)

Par ingestion de hôte intermédiaire contenant le parasite

 
 

Dracunculose ou ver de Guinée

Par des vecteurs (moustique,..) qui effectuent une partie de leur cycle en milieu aquatique

Dengue

Fièvre jaune

Onchocercose

Paludisme

Format gras: maladies diarrhéiques et qui sont liées à l'eau de boisson Format italique : maladies diarrhéiques

2.6.3. Les rôles de l'eau dans la transmission et développement des
agents pathogènes

Bien que réunies sous le même nom de maladies liées à l'eau, toutes ces maladies ne font pas intervenir l'eau d'une façon identique. Les informations concernant ces différents rôles de l'eau sont extraites de l'ouvrage du Professeur LARIVIERRE, Pathologie tropicale, Paris, Ed. Foucher, 1978.

L'eau peut être le véhicule de nombreux agents pathogènes. Ces derniers peuvent être :

· Des bactéries : vibrion cholérique, shigellas (agents de la dysenterie bacillaire), salmonelles (fièvres typhoïdes).

· Des virus : poliomyélite, giardia ;

· Des vers : ascaris, trichocéphales, ankylostomes, anguillules, vers de Guinée, douves, schistosomes (agent des bilharzioses).

Le rôle de l'eau dans la transmission des agents infectieux varie selon la biologie, c'est-à-dire, le cycle évolutif de ces germes pathogènes. On distingue trois types de cycles :

A. Le cycle direct court : c'est le plus simple

Les agents pathogènes présents dans le tube digestif des sujets infectés (appelés réservoirs de virus) sont éliminés dans le milieu avec les matières fécales. Ils sont immédiatement contaminants pour un nouvel hôte.

Le virus poliomyélitique est ainsi excrété par les selles des sujets infectés. Ils peuvent élimer jusqu'à dix millions de particules virales par gramme de selles pendant sept semaines et même parfois dix-sept semaines. Ces particules peuvent survivre des mois pH neutre, à base température, en présence de matières organiques et d'humidité. L'amibe dysentérique (entamoeba histolyca) est éliminée avec les selles sous formes de kystes directement contaminants. Dans les selles, les kystes peuvent rester infestant durant cinq jours selon l'état de déshydrations des matières. Il survient cinq minutes à la surface des mains et quarante-cinq minutes sous les ongles, vingt jours dans l'eau à plus de 20°C bien que leur pouvoir infestant ne s'y conserve pas plus de cinq à six jours. Leur pouvoir de contamination de maintient deux jours à 37°C et six jours entre 0 et 6°C, ce qui explique les contaminations possibles en pays tempéré.

A ce cycle, outre les deux exemples que nous venons de voir, obéissent toutes les bactéries, virus du tube digestif et parmi les parasites, les giardias et les oxyures (dont respectivement les kystes et oeufs embryonnés à la ponte sont directement contaminants). Leur dissémination dans le milieu extérieur se fait par les matières fécales et l'homme s'infecte par voie orales, par le véhicules des mains, des mouches, des légumes consommés crus et l'eau contaminée.

B. Lecycledirectlong:

Il concerne essentiellement un certain nombre de vers (ascaris, trichocéphale, ankylostome, anguillules), parasites du tube digestif de l'homme (réservoir de virus).

Il est proche du précédent mais s'en distingue par le fait que les oeufs ou larves de ces parasites n'ont pas encore atteint leur stade infestant lorsqu'ils sont rejetés dans le milieu avec les selles. Leur pouvoir de contamination s'acquiert en un temps plus ou moins long selon la qualité du milieu extérieur.

Les oeufs d'ascaris, rejetés avec les selles atteignent leur stade infestant en quatre semaines à une température de plus de 20°C, ou en deux semaines à plus de 30°C. La température la plus basse compatible avec leur développement est de plus 10°C et la plus haute 40°C; on comprend donc l'absence d'ascaridiase autochtone dans les zones désertiques fortement ensoleillées.

Une fois embryonnés, c'est-à-dire contenant la larve infestante, les oeufs d'ascaris sont très résistants. Les oeufs de trichocéphale s'embryonnent en six semaines dans les conditions les plus favorables de climat chaud et humide. La formation de l'embryon est plus lente dans les climats froids: 120 jours à plus de 15°C. La contamination de l'homme se fait par voie orale, en ingérant les oeufs embryonnés d'ascaris ou de trichocéphales présents dans l'eau ou sur les fruits et légumes consommés crus.

Avec les anguillules et les ankylostomes, nous abordons un autre mode de contamination, la pénétration à travers la peau de larves infestantes. Les sujets parasités par des anguillules rejettent dans leurs selles des larves qui atteignent leur pouvoir infestant en quelques jours de séjour dans l'eau si les conditions de température extérieure sont favorables. C'est en marchant nu-pieds ou en baignant en eau douce que l'eau se contamine.

Les ankylostomes adultes, présents dans le tube digestif de l'homme, pondent des oeufs qui, rejetés avec les selles, vont se transformer en larves infestantes. La température extérieure la plus favorable est comprise entre plus 25°C et plus 30°C. Au dessous de plus de 14°C et au dessus de 35°C le développement de l'oeuf s'arrête.

Alors que les anguillules se développement dans l'eau sans support solide, les larves d'ankylostome se trouvent essentiellement dans les boues humides et c'est en marchant pieds nus que l'homme se contamine.

C.Le cycle indirect

Les parasites issus de l'hôte sous forme d'oeufs ou de larves n'atteignent leurs formes de contamination qu'après passage obligatoire par un hôte intermédiaire qui assure, par simple transformation, ou pour certains parasites (douves et schistosomes) par l'addition d'un effet multiplicateur, la maturation des formes infestantes.

Certains de ces hôtes intermédiaires indispensables vivent en milieu aquatique:

1. Le cyclops, petit crustacé d'eau douce dont la taille est inférieure au millimètre est l'htes intermédiaire de la filaire de médecin (ver de guinée). Le ver adulte, qui mesure 55 à 80 cm de long, vit sous la peau de l'homme, souvent aux membres inférieurs. Au contact de l'eau, ce ver perce la peau et lâche ses embryons qui sont avalés par des cyclops qui les transforment en larves infestantes. C'est en buvant de l'eau de mare et en avalant des cyclops infestés de larves que l'homme se contamine. Aussi, compte tenu de la taille des cyclops, il est théoriquement facile de se protéger de cette parasitose en filtrant l'eau à travers une pièce de tissu.

2. Les bilharzioses sont parmi les endémies parasitaires majeures qui affectent le continent africain. Elles sont totalement inféodées à l'eau où vivent les mollusques, hôtes intermédiaires indispensables à l'accomplissement du cycle évolutif des schistosomes qui sont responsables de ces verminoses. Les vers adultes, présents dans l'organisme de l'homme, pondent des oeufs qui sont rejetés à l'extérieur par les urines (bilharziose urinaire) ou par les selles (bilharziose intestinale). Ces oeufs éclosent dans l'eau douce et libèrent un embryon qui pénètre dans un mollusque et nagent dans l'eau. Elles pénètrent à travers la peau de tout homme entrant en contact avec cette eau contaminée. Il est encore difficile de lutter contre les bilharzioses et dans certaines régions, en l'absence de concertation préalable avec des épidémiologistes confirmés en malacologie (science des mollusques),

des travaux d'irrigation se sont soldés par une extension préjudiciable des bilharzioses.

L'eau peut être aussi le lieu de reproduction d'insectes vecteurs de maladies transmissibles:

Les moustiques peuvent être vecteurs des maladies parasitaires ou virales. On distingue trois groupes principaux de moustiques:

3. Les aèdes (ou stegomyas) principaux vecteurs de la fièvre jaune en Afrique et de certaines autres viroses; grands voyageurs et dont les oeufs sont résistants;

4. Les culex, vecteurs de viroses et en Afrique de l'est, de filariose lymphatique; se complaisant dans les eaux usées domestiques;

5. Les anophèles, les seuls moustiques capables de transmettre le paludisme. Certaines espèces sont également vectrices de la filariose lymphatique.

La biologie des moustiques est complexe, variable d'une espèce à l'autre, d'une zone géographique à l'autre. Les anophèles adultes se déplacent dans l'air grâce à leurs ailes, comme tous les autres moustiques. Les males ne piquent jamais, ils se nourrissent de sucs de plantes et ont une durée de vie limitée. Les femelles par contre sont hématophages, car après avoir été fécondées, le sang est nécessaire à la maturation de leurs oeufs. Elles piquent dans en général le soir ou dans la première partie de la nuit, mais il y a de très grandes variations selon les espèces. Elles piquent dans les habitations (espèces endophages) ou à l'extérieur des habitations (espèces exo phages).

Certaines ont des préférences alimentaires très étroites, d'autres sont moins exigeantes. Les espèces anthropophiles se nourrissent exclusivement de sang humain et sont donc les plus dangereuses pour la transmission du paludisme; les espèces zoophiles préfèrent le sang des animaux; certaines enfin sont indifférentes (zoo anthropophiles ou anthropozoophiles).

Chaque espèce d'anophèle a des gîtes de ponte (ou gîtes larvaires) préférentiels. Ce sont des collections d'eau temporaires ou permanentes, exposées à l'ombre ou au soleil, pourvues ou non de végétation et répondant à des exigences chimiques variées. Ainsi, tandis que la plupart des espèces se développent en eau douce, une variété africaine, les anophèles « gambiae melas », supporte des concentrations de sel importantes. L'eau courante est en général défavorable. La température est primordiale;

au-dessous de plus 16°C le cycle larvaire aquatique s'arrête. Cet arrêt de développement dû au froid est l'hibernation. Il peut se produire également au stade d'oeuf et d'adulte et ne signifie pas la mort estivation quand la chaleur est trop importante.

2.6.4. Les maladies diarrhéiques

Les maladies à contamination féco-orale sont pour la plupart des maladies diarrhéiques (appelés aussi gastro-entérites). Elles représentent un problème majeur de santé publique en zone tropicale où elles constituent une des principales causes de la mortalité infantile soit directement soit indirectement par de la malnutrition qu'elles favorisent. Elles se transmettent par ingestion d'eau souillée par des selles ou par des mains sales ou des récipients mal protégées ; elles se transmettent également par ingestion d'aliments contaminés par lavage ou arrosage : évacuation des selles sur le sol ou utilisation de déchets humains (personnes atteintes) comme engrais. Le danger que représente ce mode de contamination s'appelle le « péril fécal ».

2.6.4.1. Les diarrhées infectieuses aigues d'origine bactérienne ou virale A. Epidémiologie

Les agents responsables des diarrhées infectieuses sont nombreux, dominés par les colibacilles entérotoxiques et les rota virus. La contamination peut se faire directement d'homme à l'homme (notamment dans les collectivités d'enfants) ou par l'intermédiaire d'eau ou d'éléments souillés par les matières fécales d'individus infectés : colibacilles, vibions, shigelles, rota virus et plus rarement salmonelles, « compylobacter », « yessinia ». la contamination peut également résulter de l'ingestion de viande, de lait, d'oeufs, de fruits de mer provenant d'animaux infectés (salmonelles, campylobacter, yesinia, basilles charbonneux) ou de préparation culinaires souillées (staphylocoques, clostidium...) .

Dans les diarrhées entérotoxiniques dites sécrétoires ou cholériformes, les bactéries se multiplient dans la lumière du grêle et produisent une ou plusieurs toxines qui se fixent sur les anthérocytes et provoquent la sécrétion massive d'un liquide pauvre en protides mais riche en sel, en bicarbonate et en potassium. Les clostridies sécrètent une toxine qui engendre des lésions intestinales de gravité variable :

· Les clostridies perfringens de type C une redoutable entérocolites nécrosant (après ingestion de viande de porc).

· Les clostridies difficile des colites pseudo-membraneuses post- antibiotiques.

Les diarrhées invasives bactériennes sont surtout dues à des tigelles. Les salmonelles, les « compylobacter », « les yersinia », les colibacilles entéro-invasifs sont plus rarement en cause.

B. Agents responsables des diarrhées infectieuses aigues sous les tropiques

1. Diarrhées entéro toxiniques :

Sécrétoires

· Escherichia coli entérotoxiniques

· Vibrio cholerae,

· Autres vibrions

Non sécrétoires

· Taphylococcus aureaus

· Clostridium perfringens

· Clostridium difficile

· Bacillus cereus

2. Diarrhées invasives :

Bacteriennes

· Shigella

· Salmonella

· Eschericchia coli (entéro-invasifs)

· Campylobacter jejuni

· Bacillus anthracis

Virales

· Rota virus

· Virus norwalk

3. Diarrhées non entérotoxiniques, non invasives

· Escherichia coli entéropathogènes

Dans tous le cas, il existe des lésions intestinales responsables de la diarrhée et parfois de la diffusion de l'infection. Les diarrhées virales,

nécessairement invasives puisque les virus ne peuvent se développer que dans les cellules, ressemblent aux diarrhées entérotoxiques car les virus gênent l'absorption intestinale en lésant les villosités.

En zone tropicale, les diarrhées infectieuses s'observent surtout chez les nourrissons et les jeunes enfants sous formes de cas sporadiques (se répétant plusieurs fois par an) ou de petites endémies dans les collectivités à l'hygiène insuffisante. Les nouveau-nés sont en grande partie protégés par les anticorps transmis par leur mère au cours de la grossesse ou à l'allaitement. En dehors des épidémies de choléra et des toxi-infections alimentaires collectives, les diarrhées sont rares chez l'adulte autochtone, immunisé par les infections antérieures.

2.6.4.2. les diarrhées d'origine parasitaire

Les parasitoses sont si banales qu'on risque de pécher par excès en leur attribuant des troubles digestifs relevant d'une autre cause. Parmi les protozooses, l'amibiase intestinale aigue est systématiquement discutée en présence d'une dysenterie ou d'une diarrhée ; la mise en évidence d'amibes hématophages (entamoeba histolytica) impose les amoebicides tissulaires ; celle de kystes ou de formes minuta a moins d'intérêt. La giardiase est responsable de troubles digestifs variés et parfois de syndromes de malabsorption. La balantidiose, exceptionnelle, entraîne diarrhée ou dysenterie. L'isosporose et la cryptosporidiose sont responsables des diarrhées habituellement bénignes sauf chez les sujets atteints d'immunodéficit acquis.

De nombreux helminthes provoquent des douleurs abdominales, des troubles du transit, des nausées, des vomissements : ver ronds (ascaris, ankylostomes, anguillules, trichostrongylus, capillaria, gnathostomes), ténias ( T. saginata, H. nana), douves intestinales (d'orient et d'Egypte), schistosomes intestinaux ( S. japonicum). L'examen coprologique, complété au moindre doute par des techniques spéciales met le plus souvent facilement en évidence les oeufs ou les larves de ces vers. L'helminthiase affirmée, il est logique de la traiter, mais si les troubles digestifs ne s'amendent pas, il importe de rechercher une maladie.

2.6.5. birectives officielles et recommandations de groupes

d'experts sur la qualité de l'eau de consommation

La connaissance des maladies permet de comprendre que leur prévention peut se faire en buvant une eau de bonne qualité et avec de bonnes habitudes d'hygiène personnelle et collective. Les enseignements et les

messages transmis par l'éducation pour la santé seront informatifs et éducatifs.

Ils doivent apprendre les règles essentielles de l'hygiène individuelle (corporelle, alimentaire, fécale, urinaire), souligner le danger des «mains sales », insister sur le «péril fécal» et la nécessité de construire des latrines qui ne risquent pas de contaminer le point d'eau ou l'aquifère qui alimente le point d'eau. Les personnes chargées de donner un tel enseignement s'appuieront sur des documents bien conçus et spécifiques des problèmes des pays concernés. Il existe déjà un certain nombre de documents illustrés de dessins simples, il faut maintenant diffuser ces informations au niveau de stages de formation.

La santé de l'homme dépend de façon primordiale de l'eau et de son utilisation. L'homme doit absorber quotidiennement une quantité minimales d'eau: l'eau est vitale et ce besoin quantitatif a toujours été une évidence pour l'homme puisqu'il s'impose à lui par la soif. Malheureusement, l'homme a rarement la faculté d'apprécier que l'eau puisse induire des risques de maladies. Il lui est plus difficile encore de comprendre et de croire que l'eau peut engendrer la maladie et la mort.

Pourtant boire de l'eau contaminée ou de mauvaise qualité peut réduire la durée de vie (gastroentérites, typhoïdes, poliomyélites,...).

Par ailleurs, l'eau peut donner à l'homme de graves maladies soit par contact: ankylostomiase, bilharziose; soit en favorisant le développement d'insectes ayant une vie larvaire aquatique qui représentent un danger pour l'homme: paludisme transmis par le moustique, onchocercose transmise par la simulie.

Les directives officielles insistent pour que des dispositions susceptibles d'améliorer la santé à travers le cycle de l'eau soient renforcées. Selon l'OMS, plus de 80% des maladies qui ravissent à la surface de la terre sont, ou d'origine hydrique, ou liées au milieu aquatique. Pour lutter contre cet état de fait, l'OMS a, en 1972, tenté de définir certaines caractéristiques de l'eau potable: « elle ne doit contenir en quantité dangereuse ni substances chimiques, ni germes nocifs pour la santé. En outre, elle doit être aussi agréable à boire que les circonstances le permettant. Cette notion descriptive est complétée plus tard par la prise de conscience que « la bonne qualité de l'eau de boisson fait davantage pour la santé publique que n'importe quel vaccin ou médicament ». L'OMS, par ses travaux et recommandations, incite chaque pays à élaborer des normes de qualité aussi voisines que possible des valeurs indicatives recommandées dans le but de protéger la santé publique.

CHAPI'FR« 'FROI~I«~« :

DESCRIPTION DES FACTEURS DE LA

NORTALITE INFANTILE

Le premier chapitre de notre recherche a constitué le support théorique de l'analyse des données à savoir la modélisation de la fonction du risque auquel sont exposés des enfants de moins de cinq ans compte tenu de leur différentes situations sanitaires. Le deuxième chapitre, par ailleurs, s'est plus préoccupé de l'étude de la pathologie humaine à savoir les typologies des maladies infectieuses et leurs sources de contamination. Ce troisième chapitre procède à l'analyse exploratoire des données. Nous présenterons dans un premier temps le détail sur la base des données sous analyse dans ce travail, la méthodologie d'exploitation ainsi que quelques détail sur la terminologie des concepts avant d'atteindre l'analyse exploratoire proprement dite des données.

3.1. Présentation de la base des données

L'ensemble de nos analyse dans le cadre de ce recherche sera basé sur l'enquête sociodémographique MICS 2 (multiple indicator cluster survey) effectué sur l'ensemble des provinces de la RD CONGO par l'Unicef en 2001 sur la situation des femmes et des enfants en ce qui concerne particulièrement la vie dans les ménages, l'éducation, la santé de la mère et du nouveau nés, la couverture vaccinale et la santé de la production. Ces domaines ont été regroupés en modules de recherche qui sont :

1. L'habitat, eau, assainissement du milieu, iodation,

2. Vaccination anti-tétanique (VAT),

3. Soins des maladies,

4. Le paludisme,

5. Le VIH/sida,

6. L'anthropométrie,

7. La mortalité des enfants,

8. Le travail des enfants,

9. La santé de la reproduction,

10. La santé de la mère et du nouveau-né,

11. Le travail des enfants,

12. Les infrastructures socio communautaires,

13. L'éducation

En ce qui concerne l'accès à l'eau de boisson, le rapport MICS 2 souligne le fait que l'eau c'est la vie mais une eau non potable peut être un vecteur important des maladies, telle que le trachome, le cholera, la fièvre typhoïde et la schistosomiase. MICS 2 appréhende l'accès à l'eau de boisson de qualité ou en d'autres termes, l'eau à boire salubre par rapport à la source principale d'eau de boisson, la distance entre le logement et la source d'eau, et au temps d'accès.

3.1.1. Les sources principales d'eau de boisson

D'après les sources principales d'eau de boisson, le rapport MICS 2 indique que la population congolaise utilise plusieurs sources d'eau de boisson et l'enquête considère comme eau de boisson de qualité (ou eau à boire salubre), l'eau provenant des sources suivantes : robinet dans le logement, robinet dans la cour ou parcelle, borne fontaine, puits à pompe, puits protégées ou aménagés, robinet dans la parcelle voisine, source aménagée.

3.1.2. Temps et distance pour chercher l'eau à boire salubre

L'accès facile de la population à la source d'eau de boisson de qualité est analysé par rapport au temps nécessaire pour se rendre à la source, attendre pour obtenir l'eau et pour revenir à la maison en utilisant le moyen de déplacement le plus courant ou par rapport à la distance qui sépare le logement de la source d'eau.

On considère qu'une personne a un accès facile à une eau de boisson de qualité lorsqu'elle dispose de cette eau sur place ou lorsqu'elle peut en disposer dans le quinze minutes, ou à moins de cent mètre du logement.

Par ailleurs, le rapport sur l'assainissement du milieu indique que l'environnement immédiat a un impact certain sur la situation sanitaire des personnes qui y vivent en général et les enfants de moins de cinq ans en particulier. Cette même section examine les types d'évacuations des eaux usées et des ordures ménagères ; voire la localisation des toilettes. L'enquête MICS 2 entend comme moyens hygiéniques d'évacuation des ordures, le service organisé, l'incinération, l'enfouissement et le compost ou fumier.

interrelations qui existent entre les variables de commandes selon les rubriques liées à l'eau, à l'assainissement du milieu et celles liées à la mortalité infantiles afin de décrire les facteurs de la mortalité infantile. Cependant, il se pose un sérieux problème d'homogénéité des variables. En effet, tous les ménages n'ont pas la même taille, ce qui fait qu'au sein d'un même ménage, on retrouve autant des femmes parmi lesquelles, certaines se réservent de remplir la fiche de questionnaire. Cette situation a pour conséquence les décalages des observations entre les modules sous analyse.

Pour lever cette difficulté, nous avons considéré que toutes les femmes enquêtées dans un même ménage sont identiques, il suffit donc d'avoir les informations sur une femme pour conclure pour l'ensemble de ménage. De ce fait, on arrive à 7800 observations après élimination des lignes des données fictives.

3.2. Méthodologie

Toute recherche scientifique poursuit un objet qui est matérialisé par une méthodologie d'élaboration ou de présentation des résultats. Cette section est consacrée aux détails sur la procédure d'études descriptives des facteurs de la mortalité infantile, leurs différentes rubriques et catégories d'analyse.

Dans le cadre de notre étude, nous retenons deux facteurs principaux de la mortalité des enfants à savoir l'eau et l'assainissement. Ces derniers sont parfois traités de façon conjointe lors qu'on veut mesurer leur impact sur la santé. Ceci est d'autant plus vrai que l'eau sans un mode d'usage plus approprié amène des maladies pathogènes ci hautes détaillées. De même, l'assainissement s'explique d'une part par la carence en eau d'usage régulier. C'est le cas d'utilisation intérieur ou extérieur des latrines avec chasse d'eau et d'autre part par la mauvaise gestion des eaux usées au sein d'un ménage. C'est le cas par exemple de l'absence d'égouts d'évacuation des eaux ménagères.

En ce qui nous concerne, il sied d'analyser séparément ces deux facteurs de la mortalité infantile afin de cerner distinctement leur responsabilité sur les maladies pathogènes et les risques spécifiques de mortalité chez les enfants.

L'eau sera ici considérée comme vecteur principal de transmission des microbes qui sont sources des diverses maladies chez les enfants de moins de cinq ans. Nous allons regrouper tous les caractères de la qualité de l'eau sous un seul indicateur dit « indicateur de la qualité de l'eau ».

Ce dernier aura la valeur 1(indicateur idéal) pour des types des sources d'eau ci-dessous libellés et la valeur 0 pour les autres sources:

· L'eau de robinet intérieur du ménage,

· L'eau de robinet extérieur,

· L'eau de puits à pompe,

· L'eau de pluie/citerne

· L'eau de bouteille (eau minérale)

· L'eau en provenance des bornes fontaine,

· L'eau de robinet des autres ménages,

· L'eau des puits protégés,

· L'eau des sources aménagées,

· L'eau des forages

Quant à l'assainissement, il faut entendre trois explications constituant chacune une forme d'indicateur de l'assainissement:

1) Le type et lieu d'emplacement des toilettes au sein de ménages. Sous cette rubrique, il sied d'analyser aussi la gestion des selles des petits enfants (0 à 3 ans) lors qu'ils ne savent pas, d'eux même, utiliser les installations hygiéniques. Or, la façon la plus commode ou la plus hygiénique de contrôle des selles des petits est celle de les jeter dans les latrines. L'indicateur de la qualité de toilettes pour le ménage a la valeur 1 pour les types idéales des toilettes ci-après et 0 pour les autres types non mentionnés:

· Toilettes intérieures privées avec chasse d'eau reliées aux égouts publics ou avec fosse septique,

· Toilettes à évacuation,

· Toilettes améliorées à ventilation (V.I.P),

· Toilettes traditionnelles couvertes.

2) Le mode d'évacuation des eaux usées du ménage constitue également un indicateur de l'état de l'assainissement avec les types idéals d'évacuations suivants (ayant la valeur 1):

· Evacuation par les égouts,

· Evacuation par des caniveaux pluviaux,

· Evacuation par puits perdus

3) Le mode d'évacuation des ordures ménagères:

Cinq techniques idéale sont utilisées pour un usage assaini des ordures ménagères, il s'agit de:

· Evacuation par le service public,


· Evacuation par le service privé,

· L'incinération,

· L'enfouissement,

· Le compost ou fumier

L'étude des facteurs de la mortalité des enfants est un vaste chantier qui doit annexer dans son sillage, non seulement les facteurs eau et assainissement lesquelles causes paraissent parfois lointaines, mais également les causes les plus immédiates telles que un type particulier de maladie. Cependant, en ce qui nous concerne, nous cherchons les sources de ces maladies du fait ces dernières ne constituent que des états intermédiaires des enfants destinés à mourir ou à vivre selon le cas. C'est ce qui d'ailleurs interprète en partie notre souci de mesurer les risques inhérents aux enfants sous les états sus indiqués. En outre, notre étude montre l'impact des éléments spécifiques d'accès à l'eau potable et d'assainissement sur la mortalité des enfants de moins de cinq ans. C'est pourquoi, il est impérieux d'explorer la base des données avant toute mesure de risque. Mais avant d'y arriver, précisons d'abord quelques concepts.

3.3. Terminologies

Les concepts ci-après feront l'objet d'usage fréquent dans ce travail, il importe donc d'en donner quelques précisions.

· Accouchement assistés par un personnel de santé qualifié: il s'agit du pourcentage d'accouchements suivis par un personnel (médecins, infirmiers et sages-femmes) ayant reçu une formation lui permettant de donner les soins, les directives et les conseils nécessaires aux femmes pendant la grossesse, l'accouchement et la période de post-partum, de procéder lui-même à des accouchements et de s'occuper des nouveaux- nés.

· Dépenses de santé par habitant (en PPA en USD): somme des dépenses publiques et privée consacrées à la santé (partie de pouvoir d'achats en USD), divisée par le nombre d'habitants. Les dépenses de santé englobent l'administration de soins (préventifs ou curatifs), planning familial, les activités nutritionnelles et la part de l'aide d'urgence consacrée à la santé, mais ne comprennent pas les fournitures d'eau potable ou d'infrastructure d'assainissement.

· Dépenses de santé privée: dépenses directes des ménages (payées par les usagers), assurance-maladie privée, dépenses des institutions à but non lucratif prêtant assistance aux ménages et sommes acquittées directement par les entreprises privées pour la santé de leur personnel.

La somme des dépenses de santé publiques et privées donne les dépenses totales de santé.

· Dépenses de santé publique: dépense de fonctionnement et d'investissement inscrites aux budgets des administrations publiques (centrales et locales), plus prêts et dons de l'étranger (y compris les dons des organismes internationaux et des organisations non gouvernementales) et activités des caisses d'assurance-maladie (obligatoire ou non). La somme des dépenses de santé publiques et privées donne les dépenses totales de santé.

· Espérance de vie à la naissance: nombre d'années que vivrait un nouveau-né si les caractéristiques de mortalité de la population au moment de sa naissance demeuraient les mêmes tout au long de sa vie.

· Taux de fécondité: nombre d'enfants que mettrait au monde chaque femme, en supposant qu'elle demeure en vie jusqu'à la fin de sa période de fécondité et qu'elle donne naissance, à chaque âge, au nombre d'enfants correspondant au taux de fécondité prévalant pour cet âge.

· Taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans: probabilité de décès entre la naissance et le cinquième anniversaire (enfants âgés de 0 à 4 ans révolus ou de 0 à 59 mois), calculé pour mille naissances vivantes.

· Mortalité maternelle: nombre de femmes décédant chaque année des complications de la grossesse, pour 100000 naissances vivantes.

· Paludisme (prévention chez les enfants de moins de cinq ans): pourcentage d'enfants de moins de cinq ans dormant sous des moustiquaires imprégnées d'insecticides;

· Paludisme (traitement chez les enfants de moins de cinq ans): pourcentage d'enfants de moins de cinq ans atteints de paludisme au cours des deux semaines précédent l'enquête et ayant reçu un traitement contre cette maladie.

· Probabilité à la naissance d'atteindre un âge donné: probabilité qu'a un nouveau-né d'atteindre un âge donné dans l'hypothèse où les taux de mortalité spécifique à chaque classe d'âge resteraient inchangés à compter de sa naissance.

· Probabilité à la naissance de décéder avant un âge donné: différence entre la valeur 1 et le taux de probabilité de la cohorte considérée de survivre jusqu'à l'âge considéré.

· Thérapie de réhydratation orale : pourcentage d'enfants (âgés de moins de cinq ans) souffrant de la diarrhée ayant reçus soit une thérapie de réhydratation orale (solution de réhydratation orale ou fluides maison), soit un apport accru de fluides et une alimentation continu, et ce au cours de deux semaines au moins précédent l'enquête.

· Vaccination (enfants effectivement vaccinés contre la rougeole ou la tuberculose): proportion d'enfants d'un an ayant reçu une injection

d'antigène ou de sérum contenant des anticorps spécifiques agissant contre la rougeole ou la tuberculose ;

· Usage de l'eau : manière dont l'eau est utilisée, c'est-à-dire soit comme bien de consommation, soit comme facteur de production. Les usages ou l'utilisation de l'eau sont classés en fonction de leur but économique et social : domestique, industriel, agricole ou énergétique ;

· Consommation d'eau : cette notion peut se définir à deux niveaux à savoir ;

1. par rapport au milieu naturel, les consommations d'eau prélevée mais qui, soit n'est pas retournée à la nature après usage, soit a subi une dégradation durant son usage.

2. par rapport aux distributeurs d'eau, les consommations équivalentes aux quantités d'eau qu'ils délivrent, comptabilisent et facturent ;

· Eau salubre : eau qui a une action favorable sur l'organisme, une eau sain, préservée des maladies endémiques et contagieuses ; de même on parle aussi d'une eau potable pour dire sans danger sur la santé, contrairement à l'eau de boisson qui est simplement destinée à boire sans vérification préalable des effets sur la santé. En outre, une eau de boisson n'est pas nécessairement potable ou salubre ;

· Une épidémie : maladie infectieuse qui frappe en même endroit un grand nombre des personnes ou d'animaux (épizootie). L'épidémie se propage par contamination contrairement à une endémie ;

· Une endémie : c'est la présence habituelle d'une maladie particulière dans une région.

3.4. Analyse exploratoire des données

L'analyse exploratoire des données concerne plus particulièrement la prospection des relations qui existent entre les caractères sous analyse. C'est le cas des tableaux croisés entre deux caractères.

Dans le cadre de notre analyse, la recherche a principalement ciblé les variables ayant traits à l'eau, à l'assainissement du milieu de vie et la variable indiquant l'état auquel se trouvent les enfants étudiés. Nos différentes statistiques sont présentées dans les tableaux générés par le logiciel SPSS 10.

3.4.1. bescription du mode d'accès à l'eau de boisson TABLEAU 13:l'accès à l'eau de boisson

Statistiques

 
 

Source d'eau
pour boire

Distance
d'habitation -
source

Temps mis pour aller
puissé de l'eau

N

Valide

8600

8600

8600

 

Manquante

69

69

69

Moyenne

 

8,19

3,15

175,28

Médiane

 

10,00

3,00

35,00

Mode

 

10

3

30

Ecart-type

 

3,40

1,29

318,41

Variance

 

11,55

1,66

101386,91

Asymétrie

 

-,563

,618

1,884

Aplatissement

 

-,793

2,309

1,635

Minimum

 

1

1

1

Maximum

 

14

9

999

Somme

 

70392

27105

1507406

Centiles

25

6,00

2,00

20,00

 

50

10,00

3,00

35,00

 

75

10,00

4,00

60,00

Source : nos analyses sur SPSS

Il ressort de ce tableau qu'en moyenne les ménages accèdent principalement aux puits non protégé pour leur approvisionnement en eau de boisson et la majorité des ménages s'approvisionnent en eau des sources non aménagées. En ce qui concerne séparant l'habitat et la source d'eau de boisson, nous notons qu'en moyenne les ménages effectuent 100 à 500 mètres pour retrouver la source d'approvisionnement en eau de boisson. Comme pour affirmer que les ménages n'ont pas accès sur place à une source d'approvisionnement en eau de boisson.

3.4.2. Assainissement du milieu de vie

En ce qui concerne l'assainissement du milieu de vie, cette étude cible cinq indicateurs à savoir :

1. le type de toilette utilisée par le ménage,

3. Le lieu où se trouvent les latrines,

4. La gestion des selles des petits enfants (0 à 3 an),

5. Le mode d'évacuation des eaux usées du ménage,

6. La gestion des ordures ménagères.

A. le type de toilette utilisée par le ménage

TABLEAU 14 : Distribution des fréquences des types de toilettes utilisées par
les ménages

Type de toilette utilisée

 

Fréquence

Pour cent

Pourcentage
valide

Pourcentage
cumulé

 
 
 

Chasse raccordée & l'égout

91

1,1

1,1

1,1

 
 
 
 

Latrine améliorée à ventilation

26

,3

,3

8,0

 
 
 
 

Latrine tradionnelle couverte

3067

35,4

35,7

43,6

 
 
 
 

Latrine traditionnelle non couverte

3004

34,7

34,9

78,6

 
 
 
 

Trou ouvert

642

7,4

7,5

86,0

Autres

43

,5

,5

86,5

Pas de toilette ou brousse ou champ

1157

13,3

13,5

100,0

 
 
 
 

Total

8600

99,2

100,0

 

Source : nos propres calculs sur le logiciel SPSS 10

Dans ce tableau, nous dénotons que la majorité des ménages utilisent les latrines traditionnelles couvertes, soit 35,4% des ménages enquêtés contre 0,3% fréquentant des latrines améliorées à ventilation. Entre ces deux bouts on enregistre 1,1% de ceux utilisant des latrines raccordées avec l'égout. ; 6,6% des ménages utilisent les latrines à évacuation ; 34,9% utilisent des latrines traditionnelles non couvertes ; 7,5% des simples trous ouverts et 0,5% utilisent les autres types non précisés ici.

B. Mode de gestion des selles des petits enfants (0 à 3) au sein des ménages;
lors que ces derniers n'utilisent pas des latrines des ménages

TABLEAU 15 : Gestion des selles de petits enfants (0 à 3 ans) Que faites vous avec les selles des enfants de 0 à 3 ans

 
 

Fréque

nce

Pour cent

PourcentaPourcent ge valide

cumul

ValideIls

utilisent toujours les toilettes/ latrines

147

1,7

1,7

1,7

 

Jetées dans les toilettes/latrines

4079

47,0

47,4

49,1

 

Jetées en dehors de la cours

834

9,6

9,7

58,8

 

Enterées dans la cours

431

5,0

5,0

63,8

 

Ne sont jetées/restent par terre

142

1,6

1,7

65,5

 

Autres

256

3,0

3,0

68,5

 

Pas de petits enfants dans le menage

2711

31,3

31,5

100,0

 

Total

8600

99,2

100,0

 

Manqu ante

Système manquant

69

,8

 
 

Total

 

8669

100,0

 
 

Source : nos calculs

Pour le mode de gestion des selles des enfants (0 à 3 ans), le résultat ci-dessus montre que la majorité des ménages jettent les selles de leurs enfants dans les latrines, soit 47% ; 9,6% jettent les selles des enfants en dehors de la cours et 1,6% traînent les selles de leurs enfants par terre. Par ailleurs, 31,3% des ménages n'ont pas des petits enfants dans leur ménage et 1,7% n'ont point le problèmes de selles des enfants dans leur ménage du fait tous les enfants utilisent habituellement les latrines communes.

C. Lieu d'emplacement des latrines

TABLEAU 16 : Emplacement des latrines Place de la latrine

 
 

Fréquenc

Pour cent

Pourc.val ide

Pourcentag e cumulé

ValideDans

le logement

268

3,1

3,6

3,6

 

Oui dans la cour/parcelle

6099

70,3

81,9

85,5

 

Non en dehors de la cour/parcelle

1076

12,4

14,5

100,0

 

Total

7443

85,9

100,0

 

Manqu ante

Système manquant

1226

14,1

 
 

Total

 

8669

100,0

 
 

Source : nos analyses sur SPSS

Il ressort du tableau ci haut que 70% des ménages ont leurs latrines dans la cour parcellaire ; 3,1% gardent leur latrine dans le logement et 12,4% ont leurs latrines en dehors de la cour parcellaire.

D. Mode d'évacuation des ordures ménagères TABLEAU 17: mode d'évacuation des ordures ménagères

Système d'évacuation des ordures ménagères

 
 

Fréquence

Pour cent

Pourcentage
valide

Pourcentage
cumulé

Valide

Service organise prive ou public

282

3,3

3,3

3,3

 

Incineration

510

5,9

5,9

9,2

 

Enfouissement

1340

15,5

15,6

24,8

 

Voie publique

319

3,7

3,7

28,5

 

Cours d'eau

185

2,1

2,1

30,6

 

Depotoir sauvage

3957

45,6

46,0

76,7

 

Compost ou fumier

1494

17,2

17,4

94,0

 

Autres

513

5,9

6,0

100,0

 

Total

8600

99,2

100,0

 

Manquan

Système manquant

69

,8

 
 

Total

 

8669

100,0

 
 

Source : nos résultats d'analyse

Le système d'évacuation des ordures ménagères montre 45,6% des ménages se débarrassent des ordures grâce l'usage des dépotoirs sauvages contre 3,3% qui utilisent un service organisé ; 5,9% procèdent par incinération, 17% font usage du compost ou du fumier. La voie publique d'évacuation rassemble que 3,7% des ménages.

E. Mode de gestion des eaux usées

TABLEAU 18 : Gestion des eaux usées des ménages

Evacuation des eaux usées

 
 

Fréquen
ce

Pour cent

Pourcentage valide

Pourcentage
cumulé

Valide

Evacuation avec un système hygiénique

3626

41,8

42,2

42,2

 

Autres

4974

57,4

57,8

100,0

 

Total

8600

99,2

100,0

 

Manquante

Système manquant

69

,8

 
 

Total

 

8669

100,0

 
 

Source : nos calculs

Il ressort de ce tableau que plus de la moitié des ménages utilisent les voies d'évacuation des eaux usées non hygiéniques, soit 57,8% des ménages.

3.4.3. bistribution des fréquences en ce qui concerne la situation
des femmes et des enfants (enquête MICS 2)

A. Naissances survenue en dernière année

TABLEAU 19 : Naissances survenue en dernière année

Naissance survenue depuis la dernière année

 
 

Fréquence

Pour cent

Pourcentag
e valide

Pourcentage
cumulé

Valide

1=vivant

1833

23,5

40,6

40,6

 

2=déced

2682

34,4

59,4

100,0

 

Total

4515

57,9

100,0

 

Manqua
nte

Système
manqua
nt

3285

42,1

 
 

Total

 

7800

100,0

 
 

Source : nos analyses sur SPSS

Le tableau 19 indique que sur le total des naissances intervenues au cours de la dernière année, 59,4% sont décédés et 40,6 survivent encore. En outre, il se dégage que le taux de mortalité des enfants de moins d'un an est élevé en cette dernière année précédent l'enquête.

B. Décès des femmes en âge de reproduction (15 à 49 ans)

TABLEAU 20 : Décès des femmes en âge de reproduction (15 à 49 ans) Nombre de femmes mortes au cours de l'accouchement

 
 

Fréquence

Pour cent

Pourcentage
valide

Pourcentage
cumulé

Valide

0

150

1,9

86,7

86,7

 

1

23

,3

13,3

100,0

 

Total

173

2,2

100,0

 

Manquan
te

Système
manquant

7627

97,8

 
 

Total

 

7800

100,0

 
 

Source : nos analyses sur SPSS

Il ressort de ce tableau que 13,3% des femmes meurent au cours de l'accouchement. Ceci indique que la mortalité maternelle est importante dans la ville de Kinshasa. Situation s'explique par le mauvais état de l'assainissement ainsi que l'inaccessibilité des femmes en ceinte aux soins et suivi prénatal effectué par un personnel santé qualifié.

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