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Essai d'analyse du fonctionnement du secteur informel dans la diminution du chômage au Burundi : cas des activités informelles à  Bujumbura mairie

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par Faustin MULINDAHABI
Université Martin Luther King - Licence en gestion et administration des affaires 2010
  

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CONCLUSION GENERALE ET RECOMMANDATIONS

Arrivés au terme de notre travail de recherche « essai d'analyse du fonctionnement du secteur informel au Burundi », il nous revient de résumer les faits saillants ainsi que les principaux résultats auxquels notre étude a abouti.

Comme nous l'avions mentionné dans les premiers chapitres, le Burundi s'est engagé depuis quelques années dans l'adoption des programmes et stratégies économiques à haute intensité de main d'oeuvre, en l'occurrence les stratégies de croissance économique et de lutte contre la pauvreté (CSLP) ainsi que les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Ces stratégies favorisent pour la plupart la création d'activités génératrices de revenus, avec l'assistance des institutions financières nationales et internationales : réseaux microfinance, Banque mondiale, Bureau International du Travail, ...

L'implication de ces derniers intervenants se fonde notamment sur l'idée qu'ailleurs dans les pays en voie de développement, le secteur informel, appelé également « secteur non structuré » participe de façon significative à la lutte contre la pauvreté de manière générale. Les exemples du Kenya, de la Colombie, de la Corée du Sud, du Chili, ... ont été évoqués en guise d'illustration. Dans les différents pays, il permet notamment aux populations laissées pour compte par le système de fonctionnariat et de sécurité sociale du secteur public ou par les pôles performants du secteur privé, de ne pas subir les effets néfastes de l'exclusion et de la marginalisation.

Au Burundi, le secteur informel existe et demeure même prépondérant étant donné les structures et les lourdes tendances démographiques et, en particulier, le fort degré d'inadéquation « Formation - Emplois » dans le secteur structuré. De là, nous nous sommes posés la question de savoir si le secteur informel, tout en demeurant méconnu voire même combattu, jouerait un rôle considérable au Burundi, du moins sur le plan microéconomique comme cela a été observé dans d'autres pays ayant connu des situations similaires : sous-développement, rareté du facteur « capital », situations de guerre, pauvreté de masse, une intensification du chômage, etc.

Certes, au niveau macro, le secteur informel contribue l'économie nationale (PIB) à concurrence de 77%, selon les statistiques de l'ISTEEBU 2006 mai 2008. Par hypothèse, cette contribution si considérable, mais « souterraine » se traduit par la création d'emplois ou d'absorption de la main d'oeuvre abondante, et par l'accroissement de suppléments de revenus aux ménages et ce, de manière chaque fois résurgente. Toujours par hypothèse, nous avons stipulé que cette persistance des activités informelles tient au fait qu'elles s'inscrivent dans les réalités quotidiennes de la vie des populations.

Afin de vérifier ces hypothèses, le travail de collecte et d'analyse des informations a débuté par la détermination et la délimitation spatio-temporelle de notre champ d'observation. Dans le premier temps, la phase exploratoire nous a conduit à la consultation plus ou moins étendue des documents, des revues, des ouvrages, des thèses et mémoires se rapportant à l'étude du secteur informel. Dans le même ordre, la lecture des rapports du BIT, de la Banque Mondiale, des visites répétées sur des sites internet,... nous auront permis de connaître quelques réalités sur le fonctionnement des secteurs informels d'ailleurs (1 & 2ème chapitre).

Les informations issues de ce travail documentaire nous auront, quant à elles, permis non seulement de faire une comparaison desdites réalités, dans le temps et dans l'espace, mais aussi de repérer le cadre théorique susceptible d'appuyer le processus de vérification de nos hypothèses, en particulier la seconde. Dans ce sens, nous nous sommes servis dune grille d'analyse interdisciplinaire que nous avons exploitée dans une perspective historico-systémique (3ème chapitre). Concrètement, nous avons emprunté à K. Polanyi, les éléments d'analyse des processus de développement en longue période. Nous avons en plus adopté l'approche en termes d'économie populaire pour la lecture des activités économiques informelles entreprises par les différents individus ou ménages. Cette approche a consisté à cerner ce que les individus font pour survivre et comment ils réinventent les stratégies par rapport à la dynamique sociale.

De ses analyses, nous retenons que toutes les sociétés ont créé des règles pour contrôler et réglementer les marchés. C'est ce que K. Polanyi appelle le marché encastré dans le lien social.

Le processus de vérification des hypothèses nous a également suggéré de choisir des unités d'observation en fonction des variables à prendre en ligne de compte. Le choix des échantillons s'est opéré sur la base du principe de représentativité des unités informelles de production, de service et du commerce qui ont été notre champ de l'investigation. Nous nous sommes donc focalisés sur 92 unités informelles, avec 21 unités de production, 27 unités de service et 44 de commerces informelles supposés créer de l'emploi, existantes entre Décembre 2009 et Mars 2010 dont 35 unités se trouvant à Buyenzi, 34 à Rohero et 23 à Bwiza.

Quant aux méthodes d'observation proprement dite, nous avons privilégié la méthode du questionnaire et dans une moindre mesure, l'observation directe ou l'interview de face à face. Les différentes informations recueillies auprès des répondants ont été traitées à l'aide des méthodes statistiques simples, en l'occurrence la méthode des proportions (4ème chapitre).

A l'issue de nos analyses, il s'est dégagé les principaux résultats suivants :

- La création de l'emploi au sein du secteur informel est incontestable. Indéniablement, elle s'observe au niveau de petites unités de production et d'échanges de biens et services dans certains quartiers de la mairie de Bujumbura. Mais, dans une large mesure, cette création reste conditionnée par le niveau de demande des produits qui en sont issus. En effet, les calculs effectués sur notre petit échantillon laissent voir que 34,4% des opérateurs observés déclarent avoir augmenté le nombre de travailleurs engagés durant la période indiquée. Plus, la majorité des opérateurs propriétaires de différentes unités informelles ; soit 42,3% déclarent avoir offert temporairement ou occasionnellement du travail ; en fonction de la demande de leurs produits. Autrement dit, plus il y a des commandes de biens et services, adressée au S.I., plus l'emploi augmente ou le chômage diminue.

- Par rapport au niveau de revenus, la pluriactivité est fréquente. 70% des fonctionnaires du public ou du privé exerçants la pluriactivité déclarent que ces activités informelles sont profitables car elles pallient à l'insuffisance du revenu formel.

- Bon nombres d'activités nouvelles survivent d'une période à l'autre en dépit de multiples tentatives tantôt d'interdiction, tantôt d'éviction, etc. par le secteur structuré en général et par l'autorité publique en particulier. Dès lors, il y a lieu d'affirmer qu'elles réussissent à faire admettre dans leur environnement le registre qu'elles proposent soit par arrangements, négociation, corruption, travail dans la clandestinité, métamorphose, etc. Le tableau n°15 du quatrième chapitre en a clairement montré les formes de leur reproduction ou de leur résurgence dans le temps. Pareils résultats corroborent entièrement nos hypothèses de travail. Et c'est là l'une de mérites de notre étude.

Quand bien même nous aurons réussi à cadrer notre recherche, et à vérifier nos hypothèses, notre démarche présente néanmoins des limites tant sur le plan méthodologique que théorique. La première, la principale concerne l'impossibilité de procéder à une généralisation statistique à partir des informations obtenues sur notre échantillon. Les raisons majeures ont été évoquées au long du chapitre sur la démarche empirique.

Au niveau de l'implication théorique, certains de nos résultats soulèvent des questionnements qui mettent en évidence autant les forces que les faiblesses de notre étude sur le fonctionnement du secteur informel. En effet, si le rôle socioéconomique du secteur en question est reconnu tant au niveau macro qu'à celui micro, il y a cependant lieu de s'interroger sur le sens de l'interprétation suivante : plus il y a de commandes de biens et services auprès du S.I.; plus il y a création davantage d'emplois.

Que signifierait finalement le fait de sauver l'emploi en augmentant les commandes « informelles » au moment où les politiques budgétaires du moment visent justement l'augmentation significative des recettes fiscales et du PIB via l'accroissement des TVA par l'OBR, la transparence dans la gestion commerciale, la convergence des critères d'évaluation de la performance économique au sein de l'East African Community? Autrement dit, faudrait-il développer le SI en tant que tel ou alors le transformer progressivement en secteur structurés ?

Cette interrogation pousse in fine à reconsidérer les modes d'action respectifs et les rapports entre les différents intervenants dans la lutte contre la pauvreté de masse, contre l'intensification du chômage. En nous appuyant sur les appréciations des répondants à nos questions, il nous revient de formuler les recommandations ci-après :

- Aux opérateurs économiques du secteur informel : user davantage du flair afin de capter et de canaliser les demandes en provenance des ménages ordinaires ou/et des ménages collectifs (centres de santé, écoles, établissements carcéraux, administrations publiques, etc.). L'avantage comparatif possédé par le S.I réside dans le fait que, sans considérer les aspects de normalisation de la qualité des produits, il offre ces derniers à des niveaux de prix relativement moins élevés que les opérateurs du secteur structuré, et ce dans des délais relativement plus raccourcis ;

- Aux structures de microfinances : permettre l'accès au crédit à ceux qui voudraient s'installer pour leur propre compte ; alors même qu'ils ne disposent que d'un faible capital investi quasi quotidiennement et dont le renouvellement dépend des affaires du jour. Donner les facilités de financement pour la construction du «grenier alimentaire» du Burundi en vue de récupérer les commerçants ambulants (de fruits ou autres) serait un des cas d'illustration ;

- A la Mairie de Bujumbura : adopter une politique de concertation, de dialogue et de communication non violente avec les opérateurs économiques du secteur informel. En effet, semble-t-il que l'usage immodéré de la contrainte ou de la force crée plus de problèmes qu'il n'en résout. C'est à travers ce climat de dialogue et de communication que les questions de réaménagement du milieu urbain et, en général, d'accès à l'espace public pourraient être repensées au profit des catégories sociales les plus démunies.

- Au Gouvernement, et à travers lui, l'ISTEEBU : accroître les efforts visant à connaître les caractéristiques du SI au Burundi dans la perspective de mieux maîtriser les enjeux économiques liés à l'appartenance à l'espace économique sous-régional et en particulier à l'intégration au marché commun de l'EAC. Les chercheurs individuels ou en association, privés ou commandités, pourraient être encouragés à y prendre part.

Comme toute oeuvre humaine, le présent travail renferme certainement de lacunes, surtout au niveau des méthodes de collecte et d'analyse des informations. Néanmoins, celles restent susceptibles d'être comblées par des recherches ultérieures, plus outillées et plus soutenues financièrement. Nous restons ouverts à toute analyse critique constructive pour autant qu'elle nous aide à perfectionner la rédaction et la présentation des résultats de nos investigations sur le secteur informel au Burundi.

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"Des chercheurs qui cherchent on en trouve, des chercheurs qui trouvent, on en cherche !"   Charles de Gaulle