WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

L'impact de l'exploitation artisanale de l'or : cas du site de Fofora dans la province du Poni.

( Télécharger le fichier original )
par Edith SAWADOGO
Université de Ouagadougou - Maà®trise 2011
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

CHAPITRE V. LES MALADIES RENCONTREES SUR LE SITE D'OR
DE FOFORA

Les maladies rencontrées sur le site de Fofora sont diverses. Ces maladies ont été régroupées en 3 catégories. Il s'agit des maladies émanant de l'orpaillage, des maladies liées aux conditions de vie et des maladies comportementales.

I. LES MALADIES EMANANT DE L'ORPAILLAGE

D'une façon ou d'une autre, l'orpaillage est à l'origine de l'apparition et de la persistance des maladies sur le site. Les maladies qui sont directement causées par l'orpaillage sont les blessures traumatiques, les Infections Respiratoires Aiguës et les maladies dues aux produits chimiques utilisés dans le traitement.

I.1 Les blessures traumatiques

Les blessures traumatiques sont causées par un choc ou un coup reçu par un individu. Elles sont fréquentes chez les creuseurs et les transformateurs mécaniques. Parmi les 131 enquêtés individuellement, 10 personnes soit 7,6 % souffrent fréquemment de blessures traumatiques. De cet effectif, 30 % sont des creuseurs, 30 % des transformateurs mécaniques, 20% des enquêtés hors de leurs lieu de travail (tableau n°14 annexe). Les 20 % sont des laveurs qui ont généralement des plaies non traumatiques dues à une longue durée des mains dans l'eau. Ce mal est soigné avec du henné et du citron. Parmi ceux qui souffrent de traumatisme, les creuseurs sont les plus exposés du fait de leur présence dans presque toutes les étapes de l'orpaillage. Les causes de ces traumatismes sont les chutes d'outils de travail, les éboulements, l'écrasement des doigts lors du concassage du minerai et les défauts de fonctionnement des moulins. Ces traumatismes sont accrus par la fatigue et la durée du travail (12 heures pour le creuseur, 10 heures pour le meunier et un temps variant pour le concasseur et le laveur selon la quantité du minerai).

Les traumatismes par chutes de matériel de travail sont fréquents pendant les travaux tandis que ceux causés par les éboulements sont plus fréquents en fin de saison pluvieuse. Pendant cette période, en moyenne 3 cas d'éboulement sont enregistrés par la police départementale. Selon cette même source, la sécurité est souvent interpellée pour des traumatismes souvent mortels de suite d'éboulement. Les victimes de ces éboulements sont surtout ceux qui risquent leur vie à la recherche de l'or dans les puits abandonnés suite à une

inclinaison ou un éboulement. Ces derniers, appelés couramment « topomane » par les orpailleurs, sont considérés comme des voleurs et leur mort dans les puits les préoccupe peu. Selon les témoignages, la mobilité de l'orpailleur fait que sa disparition dans un puits n'est pas aussitôt remarquée. Ces victimes sont souvent abandonnées dans le puits où a eu lieu le drame. Ce puits est abandonné pendant un temps et les travaux reprennent après avoir simplement enseveli le corps dans un coin du puits. Ceux qui survivent sont ramenés clandestinement à leur domicile sans informer la police locale.

En plus de ces traumatismes directement liés à l'extraction du minerai, les traumatismes par Accident de la Voies Publique (AVP) et par Coups et Blessures Volontaires (CBV) sont fréquents sur le site et dans le département. Cela est en partie dû au fort taux de consommation d'amphétamines par certains orpailleurs. La fréquentation du département par les orpailleurs augmente les AVP, mettant en danger les habitants du département. En effet, la prise d'amphétamine, d'alcools frelatés et de bien d'autres excitants sont, selon un agent du centre médical de Kampti, la principale cause des accidents répétés dans le département. Selon la gendarmerie de Kampti, en 2009, il y a eu dans le département 4 cas d'accidents de la voie publique et tous étaient des orpailleurs. Pendant le trimestre de juillet à septembre 2009, la police de Kampti a enregistré 4 cas d'accidents de la voie publique. Dans ces cas recensés par la police du département, au moins un orpailleur était impliqué. Quant aux coups et blessures volontaires, la gendarmerie a enregistré en 2009, 29 cas dont 7 cas d'orpailleurs. La police quant à elle a enregistré 4 cas de CBV de juillet à septembre. Les 3 cas étaient des orpailleurs. Les CBV et les AVP sont en baisse par rapport aux années 2005 et 2006. En effet, à l'ouverture du site de Fofora en 2005 et 2006, la révolte des autochtones occasionnait des affrontements avec les orpailleurs. En 2007 par contre, avec la baisse des gains par la diminution des rendements des puits d'orpaillage et de la présence des forces de l'ordre sur quelques sites du département à l'image de Fofora, les AVP et les CBV ne cessent de baisser.

Dans le registre de santé du CM/Kampti, les traumatismes ont différentes causes selon que l'on soit sur un site d'or ou pas. Plus de 65% des souffrants d'un traumatisme sont des adultes hommes, 21% sont des adultes femmes, et seulement 14% ont moins de 14 ans (figure n°6).

Les causes des traumatismes de 98% des patients ayant pour origine un site d'or sont des blessures par pioche, pierres, matériels de travail, CBV ou par AVP. Ces blessés sont généralement des hommes de plus de 14 ans que l'on rencontre sur les sites dans les différentes étapes de transformation du minerai aurifère. Ces blessures sont perçues par les orpailleurs comme des accidents de travail sans importance. Par contre, dans les autres localités du

département, les victimes de traumatisme sont surtout des enfants ou des personnes âgées qui ont été blessées par des cornes de boeuf, des accidents de vélo, la daba ou par une chute d'un arbre, etc.

Figure n° 6: cas de Figure n° 7: nombre de traumatisme par an

traumatisme selon l'âge dans le département de Kampti

Source : CM/Kampti

Le nombre annuel de patients traumatiques a varié en fonction de l'âge depuis 2005 (figure n°7). A partir de la ruée de 2005, il y a une augmentation du nombre de patients hommes de plus de 14 ans jusqu'en 2006, puis une faible baisse en 2007. La diminution du nombre de patients dévient considérable en 2008 avant un léger rehaussement en 2009. En effet, 2006 correspond à la période d'intense activité où les puits des sites du département, surtout Fofora étaient peu profond et très productifs. L'intensité des travaux entraîne des blessures, d'où l'importance chiffrée du nombre de patients en 2006. En 2007 la baisse s'explique par une diminution des travaux. Les profondeurs inaccessibles et la découverte d'autres sites d'or dans les départements voisins, ont ralenti les travaux sur les sites du département de Kampti. Il s'en suit alors une baisse importante du nombre de patients traumatiques en 2008. Quant à 2009, une augmentation se fait sentir sur la figure. Cette augmentation résulte du déguerpissement des orpailleurs de certains sites d'or comme celui de Konkéra et des sites des autres départements de la province et du Ghana.

Ces traumatismes pour la plupart ne sont traités qu'en cas d'infection. Cela engendre un nombre élevé de malades de plaies infectées et un ralentissement des travaux par les malades.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Entre deux mots il faut choisir le moindre"   Paul Valery