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Enclavement et développement des zones rurales d' Afrique subsaharienne: recherche bibliographique

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par Adong Tchoou NOYOULEWA
Université de Lomé Togo - Diplôme d'études approfondies en géographie 2006
  

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CHAPITRE 2

BIBLIOGRAPHIE ANALYTIQUE

La présentation d'une bibliographie analytique fait penser comme le précise le dictionnaire Larousse à une analyse du contenu des ouvrages indiqués plus haut dans la bibliographie signalétique. Cet exercice bien souvent difficile permet de faire un bilan des connaissances sur la question étudiée afin de pouvoir parfaire le cadre conceptuel et méthodologique de la recherche effectuée puisque « une recherche documentaire bien faite permet de réaliser une analyse fouillée et critique des travaux déjà effectués sur le sujet d'étude » (Gumuchian H. et Marois C. 2000, page 123).

Mais à ce stade de notre travail, il n'est pas possible de faire une présentation exhaustive des ouvrages indiqués plus loin. Il sera ainsi question de quelques documents (ouvrages, articles,...) sélectionnés selon deux critères qui nous ont paru importants. D'une part la disponibilité du document et d'une autre sa pertinence par rapport au stade de la recherche. Les autres seront consultés par la suite durant tout le temps que durera la réalisation des travaux de la thèse.

En tout état de cause, nous aborderons cet aspect de notre travail en nous inspirant des thématiques tel qu'elles ont été présentées dans la précédente partie. Ainsi, après avoir présenté la quasi inexistence de « querelles épistémologiques en géographie » qui aurait pu rendre complexe la définition d'une approche conceptuelle et méthodologique singulière et rencontrant l'approbation de tous dans le cadre d'un travail de recherche dans cette discipline, nous présenterons les éléments de l'analyse de l'espace géographique dans lequel se déroule l'étude. Du Plateaux Est à l'Afrique subsaharienne en passant par le Togo dans son ensemble, l'évidence de trois espaces géographiques imbriqués l'un dans l'autre avec des réalités physiques, humaines et économiques diverses se dégagera. C'est à la suite que suivra la définition du monde rural, son aménagement et les contours de son développement avant de clore cette section par la problématique centrale de notre sujet : l'enclavement en zone rurale. Il s'agit dans cette ultime partie de présenter les perceptions des uns et des autres sur les implications sociales, culturelles et économiques du phénomène de l'isolement des campagnes d'Afrique subsaharienne.

2.1. APPROCHE CONCEPTUELLE ET METHODOLOGIQUE DE L'ETUDE GEOGRAPHIQUE DE L'INSERTION SPATIALE DES SOCIETES : UN DEFIS QUASI INEXISTANT

La géographie, étude de l'espace, de son organisation et de son fonctionnement ou mieux science de l'organisation et de la différenciation de l'espace (Gumuchian H. et Marois C 2000) est la science qui depuis des siècles s'est intéressée aux nombreux problèmes des sociétés. De ce fait, elle a, durant les époques, changé d'objet central. Ainsi elle est passée de la science du dessin de la terre à celle des territoires (Brunet R. 1990). Dans cette logique, quand Ritter C. énonce au XIXième siècle que la géographie est une discipline empirique à la recherche d'hypothèses et de lois (Ritter C. 1859), il n'a pas plus raison que Claval P. qui avance que c'est la science de l'organisation de l'espace qui ne se limite pas à la description mais à la recherche de l'explication (Claval P. 1993). Quoi qu'il en soit, la véritable préoccupation de la géographie de nos jours reste le bien-être ou mieux encore les questions synonymes de celles des sociétés desquelles sont issues les géographes. C'est d'ailleurs pourquoi à travers le temps, les questions de l'espace ont pris de l'ampleur dans les études géographiques au point où on a pu parler, pour emprunter les mots d'un géographe contemporain d'« une science sociale ayant comme objet central l'espace et/ou le territoire qui n'a pas renoncé pour autant à prendre en compte, tant en matière de réflexion que d'action, les faits naturels constitutifs du territoire », (Bertrand G.1992).

Eu égard à cette orientation, la géographie doit s'intéresser aux faits naturels en se laissant imposer une approche méthodologique et des outils qui autrefois pouvaient paraître inappropriés pour un géographe. De cette volonté d'appréhender la complexité socio-spatiale sur la base des concepts centraux énoncé par Bertrand G. (1992) (Géosystème, territoire, paysage) naît une démarche méthodologique appropriée.

Comment les géographes abordent-ils les études des questions spatiales ? Y a-t-il une approche dominante qui se dégage de toutes celles qui ont été proposées ? Peut-on parler d'une unité conceptuelle et méthodologique en matière d'analyse des faits spatiaux ? La question de l'enclavement relève-t-elle de l'analyse de l'insertion spatiale des sociétés ? Doit-on nécessairement entreprendre son analyse selon la dichotomie enclavement/désenclavement ?

La question de la démarche méthodologique et de l'approche conceptuelle dans l'analyse de la question de l'enclavement qui elle-même s'inscrit dans la réflexion sur l'insertion spatiale des sociétés (Debrie J. & Steck B. 2001) requiert à tous égards une singularité qui, aux dires des uns et des autres semble donner naissance à une nouvelle façon de concevoir et d'étudier l'espace en géographie. Il est question en effet d'aborder la problématique enclavement/développement selon une approche qui fait appelle à une tendance singulière de la géographie ; tendance qui a prévalue depuis la fin des années 70 et au début des années 80 avec pour point de mire le courant humaniste selon lequel toute géographie repose sur des représentations, des codes et des langages « qui valorisent certains caractères du réel plutôt que d'autres et qui se meuvent dans les limites parfois étroites de la pratique sociale ... », (Bailly A. et Béguin, 1993).

Ainsi, la géographie au XXIième siècle apparaît comme un ensemble de facettes caractérisé par « une spécialisation disciplinaire, un intérêt constant pour les méthodes et les techniques tant quantitatives que qualitatives, (...) par une géographie dite active à la recherche de nouvelles thématiques, proposant même des solutions en matière de gestion de l'espace par exemple » (Schaefer F. K. 1953). La polémique positiviste qui a donné naissance à ce courant trouve ses origines dans la visée nomothétique des années 50 aux Etats-Unis où Schaefer F. K. dénonce « l'exeptionalisme » d'une géographie qui doit avoir une méthode spécifique parce que discipline « intégratrice » ou « science de synthèse aux objets relevant de l'unicité, à l'opposé des sciences systématiques » (Schaefer F. K. 1953).Il reconnaît donc volontiers qu'expliquer les phénomènes que l'on décrit revient toujours à les reconnaître comme la manifestation de lois, la science n'étant pas tant intéressée par les faits isolés que par les schémas qu'ils révèlent. En géographie, conclut-il, « les principales variables qui produisent des trames sont bien entendu spatiales ».

C'est aussi dans ce sens qu'abonde Bunge W. quelques années plus tard quand il oppose à la conception idiographique une méthodologie scientifique et sa « norme de l'explication ». La «new geography» dont il fait état repose désormais sur une base « quantitative et théorique » tout en s'appuyant sur un langage mathématique et des recherches théoriques avec des méthodes hypothético-déductives et la modélisation (Bunge W. 1962). La géographie pour lui a pour objet la recherche de lois proprement spatiales.

Il découle de cette approche facilement attribuable aux anglo-saxons la prise en compte ou mieux encore l'attention de plus en plus grande accordée à certains concepts et à certaines interrogations. De ce point de vue, la distance, la situation ou la localisation (où ? pourquoi ici et pas là ?), la (dis)continuité spatiale, les formes focalisent la réflexion et fait naître des modèles de l'analyse spatiale (locational analysis de Scheafer F. K. 1953) et des théories de localisation (location theories de Bunge W. 1962) pour aboutir à la théorie des lieux centraux qui devient le modèle de cette nouvelle géographie qui s'intéresse non plus aux lieux exclusivement mais désormais à l'espace. Pour cette science de l'interaction spatiale, la terre devient un cadre neutre livré à la technique et le géographe peut l'aménager ; c'est le space management aux USA, l'aménagement du territoire en France et le Raumordung en Allemagne.

On se rend bien compte que la nouvelle définition de la géographie qui dans la plupart des cas évolue avec les préoccupations de la société de laquelle sont issus les géographes impose une exigence scientifique et tend à s'apparenter aux sciences expérimentales en cherchant des lois selon le dispositif suivant : théorie / hypothèse et modèle / mesure / test statistique. Ce renversement de méthode et de perspective est tel que l'on a employé les expressions de « nouvelle géographie » et de « révolution quantitative ». On assiste dans un premier temps à la ruée des géographes sur des modèles de localisation plus ou moins anciens en vue de les tester en les appliquant aux réalités contemporaines. Les modèles de Von Thünen (1827), de Weber A. (1909) de Christaller W. (1933) sont revisités et rassurent d'une valeur quantitative certaine encore valable dans les années 60. D'ailleurs, ils donnent lieu à de nouvelles recherches et propositions théoriques. On peut ainsi citer la géographie de Brunet R. qui analyse et illustre les modes de production et d'organisation de l'espace (Encyclopédie Encarta 2003).

Toutefois, cette unité relative semble se compromettre dès lors que certains y apportent d'autres analyses géographiques. Ainsi, en réaction à la géographie soucieuse d'établir des lois ou d'expliquer des régularités dans l'organisation de l'espace, de nouveaux courants apparaissent. D'une part, le courant culturel montre le rôle et la place des valeurs humaines dans la différenciation de l'espace et ses usages (Claval P. 1993) alors que d'une autre, naît une géographie dite « radicale » à laquelle s'ajoute la géopolitique remise à jour par Yves Lacoste. Celle-ci analyse les divisions territoriales et les problèmes frontaliers, les conflits liés à la présence de groupes sociaux et culturels distincts, politiquement dominants ou dominés. Cependant, loin d'en constituer un obstacle, ces critiques renforcent les acquis du passé tout en les enrichissant des faits issus du vécu quotidien des contemporains. La dimension conceptuelle et méthodologique s'enrichit également puisque le paradigme de l'espace est intimement lié à celui de l'homme comme élément d'une société elle-même appartenant un complexe plus global. Et lorsque l'on associe la préoccupation de localisation comme énoncée plus haut à celle de relation entre les sociétés qui forme cet ensemble globalisant, il est difficile d'ignorer la place combien déterminante de la question de l'insertion spatiale des sociétés.

L'analyse de la question de l'enclavement devra légitimement se baser sur celle de l'inscription spatiale des sociétés (Debrie J. & Steck B. 2001). Dès lors, l'utilisation des concepts affilés à cette notion ne peut plus faire l'objet d'un débat, encore moins celle de la démarche méthodologique y attenant levant du coup l'existence d'un défis conceptuel et méthodologique qui, la plupart du temps divise les chercheurs en géographie. Notre réflexion sur l'accessibilité des zones rurales en Afrique subsaharienne nous renvoie donc à une considération sérieuse de la question de l'aménagement du territoire, rural surtout, dans cette partie du monde et nous oblige à l'instar de beaucoup de chercheurs contemporains à inscrire le débat dans une dimension qui nous permette de prendre en compte l'étude de quelques réseaux de transport, de télécommunication de même que leur intégration dans des réseaux plus importants (Aloko-N'guessan J. 2000, Debrie J. 2005, Debrie J. & Steck B. 2001, Lombard J. 2002, Yesguer H. s.d.) afin de parvenir en dernière analyse à la compréhension de la dynamique de l'enclavement à travers le couple continuités - discontinuités dans les réseaux qui éloignent ou au contraire rapprochent les ensembles spatiaux.

Mais au-delà des querelles méthodologiques et conceptuelles inexistantes, toute étude géographique se déroule dans un environnement qu'il est nécessaire de bien cerner par des éléments qui permettent son analyse et qui à terme permettent de dégager les nombreuses implications socio spatiales. L'Est des Plateaux, le Togo et l'Afrique subsaharienne ; quels éléments d'analyse ?

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"Là où il n'y a pas d'espoir, nous devons l'inventer"   Albert Camus