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L'acquisition du genre et du code switching chez l'enfant bilingue précoce

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par Sophie Rimbaud
Université Montpellier III - Master 2 2009
  

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3. 4. Définition du code mixing

Le code-mixing est défini, chez un bilingue (Genesee 2005 ; Cantone 2007), comme l'usage d'éléments d'une langue parlée (phonétique, syntaxique, lexical), dans l'autre langue parlée.

« It is the use of elements (phonological, lexical, morphosyntactic) from two languages in the same utterance or stretch of conversation. It can occur within an utterance (intra-utterance mixin-e.g., «see cheval»[horse]) or between utterances (inter-utterance mixing). Rates of code-mixing in children vary depending on the form of mixing (intra versus inter-utterance), the nature of the mixed element (function versus content words), the language of the conversation (the child's less versus the child's more proficient language), and the context (with interlocutors who are bilingual versus those who are monolingual, for example). » (Genesee et Nicoladis 2005 , 12).

Au cours du premier stade, dans l'acquisition lexicale d'une langue à l'autre de mots qui peuvent avoir une traduction dans l'autre langue. Il arrive qu'un mot soit sujet au code-mixing, mais que ce même mot possède un équivalent traduit, dans l'autre langue, et que cet équivalent ne soit pas sujet au code-mixing. Cela révèle alors une probable dominance d'une langue sur l'autre.

Au second stade, la syntaxe est, la plupart du temps, respectée, la syntaxe appelle une certaine structure (lexicale, phonologique, e. g. : un déterminant appelle un nom). En effet, selon Genesee (2005) le mélange n'interviendrait qu'au moment où les deux systèmes syntaxiques sont parfaitement parallèles et superposables.

« Evidence for grammatical-gap filling comes from Petersen (1988) and Lanza (1997b) who report that bilingual children often mix function words and inflectional morphemes from their more proficient language with content words from their less proficient language, but seldom

the reverse, and from Gawlitzek-Maiwald & Tracy (1996) who argue that young bilingual children use syntactic patterns from their stronger language to bootstrap into the grammar of their less proficient language. » (Genesee et Nicoladis 2005 , 15).

Le code-mixing dépend alors de la nature de l'élément mélangé, du statut de la langue utilisée par l'interlocuteur. De ce point de vue, le code-mixing est presque indissociable du choix de la langue et du développement d'une compétence pragmatique basée sur le choix de la langue et de la nature de cette langue (dominante ou dominée). Par conséquent le mélange est à un sens, c'est la langue dominante qui fait irruption dans la langue dominée, et non l'inverse. En effet, la domination a été constatée du fait que l'enfant était parfaitement capable de différencier les deux langues, mais que seule une faisait irruption dans l'autre (Paradis et Genesee 1996, cité par Cantone 2007). Il y aurait donc à un moment, comme nous l'avons évoqué précédemment, un système linguistique plus élaboré que l'autre, plus abouti, peut-être en relation avec le temps d'exposition à chaque langue (Cantone 2007).

L'existence d'un seul système syntaxique pour les deux langues induirait des cas de particularités qui seraient agrammaticaux, mais nous n'en n'avons pas trouvé. Le code-mixing est alors grammaticalement contraint et suit une syntaxe précise. Il est toujours grammatical. Il garde la syntaxe de la langue dominante par exemple dans l'occurrence « une red chaise », l'enfant bilingue considère l'anglais comme langue dominante et dans le code switching c'est la syntaxe de cette langue qui dominera mais il ne dira jamais « une rouge chaise » car il n'y a pas concurrence de systèmes et qu'en français l'adjectif est postposé.

Selon Genesee (2005) le troisième stade est l'interférence linguistique ; elle est due au fait que l'enfant est en train de séparer l'usage des deux langues :

« In the third stage the child speaks two languages differentiated both in lexicon and syntax... » (Genesee et Nicoladis 2005, 1).

Cette séparation est liée à l'acquisition d'une compétence pragmatique de l'usage des langues : selon les contextes et les interlocuteurs, l'enfant adapte sa langue à celle de son interlocuteur. Il faut également souligner, selon Genesee (1989, cité par Cantone 2007), que le code-mixing interviendrait, dans certaines situations pour pallier à un manque dans une des deux langues, au niveau d'un manque dans le répertoire ou s'il lui manque un aspect syntaxique. Le développement et la maîtrise du système linguistique ne sont pas les mêmes dans les deux langues, et une langue est plus développée que l'autre, peut-être que

se serait la langue la dominante la plus avancée. Le temps d'exposition aux langues n'étant pas la même dans le contexte, l'enfant a pu acquérir des mots dans une langue qu'il n'a pas dans l'autre : il utilisera alors le mot qu'il connaît dans la langue où il ne le connaît pas. Dans ce cas, l'interférence de la langue dominante serait pour compléter la langue dominée, et le code-mixing disparaîtrait dans le temps avec la maîtrise des deux systèmes.

En résumé, le code-mixing serait révélateur d'une dominance d'une langue sur l'autre. Au premier stade, l'existence de mots sémantiquement équivalents peut donner lieu, sur l'un des mots d'une langue, à un code-mixing de niveau phonologique ou morphologique, sans que le mot de l'autre langue soit sujet au code-mixing. Au second stade, une syntaxe dominée par un modèle qui est proche de celui de la langue dominante. Au troisième stade, l'interférence lexicale peut pallier à un manque de vocabulaire dans la langue dominée et un système syntaxique de la langue dominante peut pallier au manque de celui de la langue dominée.

« While mixing to fill lexical gaps because of incomplete mastery of their languages is one explanation of child code-mixing [...]. »(Genesee et Nicoladis 2005, 15).

Les enfants bilingues ne mixeraient alors pas les structures et les mots appris plus vite dans une langue que dans une autre, alors que les structures acquises plus tardivement dans une langue que dans une autre seraient plus souvent sujettes au code-mixing. Le code-mixing pourrait alors être en relation avec la précocité du système : ce qui est acquis plus tôt dans une langue, par rapport à une autre, sera moins sujet au code-mixing, et, au contraire, serait plus susceptible de faire irruption dans la langue où l'équivalent n'existe pas encore. La langue qui se construirait le plus vite, avec un temps d'exposition à la langue supérieure à celui de l'autre langue, serait celle dite « dominante ». Cantone (2007) et Genesee(2005) posent le postulat que les enfants bilingues mixeraient plus dans une langue que dans une autre, et que la langue la plus sujette au code-mixing serait la langue dominée.

« [...] Gawlitzek-Maiwald & Tracy (1996) who argue that young bilingual children use syntactic

patterns from their stronger language to bootstrap into the grammar of their less proficient

language. Both lexical and morpho-syntactic mixing attest to the young bilingual child's ability

to access and use creatively the lexical and morpho-syntactic resources of both languages

on-line during language production. » (Genesee et Nicoladis 2005, 15).

Néanmoins Genesee (2005) fait aussi part d'une constatation selon laquelle l'enfant reproduit le fonctionnement parental : l'enfant reproduit le code-mixing de ses parents, c'està-dire qu'il mélange dans la même langue que ses parents produisent du code-mixing.

« In particular, parents who adopt what Lanza dubs «bilingual discourse strategies», such as

«move-on» or «expressed guess» strategies that imply that the parent has understood what the

children are saying when they code-mix, tolerate and encourage further code-mixing. Parental discourse strategies may, therefore, be one way in which children learn to make appropriate language choices, at least with familiar interlocutors, and as well offers an explanation of some of the variation that characterizes children in different families » (Genesee et Nicoladis 2005, 18-19).

L'enfant se fonde alors sur certains patterns du code-mixing parental qu'il mémorise et reproduit.

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