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Efficacité de la politique monétaire de la BEAC (banque des états de l'Afrique Centrale ) et mécanismes de transmission: une évaluation empirique du canal du taux d'intérêt au Cameroun de 1995 à  2006

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par Eric Joël NGOUNOU NZOKOM
Institut sous-régional de statistique et d'économie appliquée Cameroun - Ingénieur d'application de la statistique 2008
  

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I.3. Efficacité de la politique monétaire

Du fait du caractère non mécanique et parfois incertain du lien entre objectif ultime et instruments de politique monétaire, nous faisons dans cette section recours à la théorie économique pour mieux cerner les mécanismes d'influence de la politique monétaire sur l'économie.

Les idées fondamentales en matière de politique monétaire, peuvent être regroupées dans à peu près quatre écoles de pensées concurrentes depuis plusieurs années ; quoiqu'elles soient fortement en relation les unes avec les autres.

La première école de pensée, issue de la théorie quantitative de la monnaie, et appelée «monétarisme simple», tend à faire de la politique monétaire l'instrument exclusif de la maîtrise de l'évolution des prix, mais aussi à la cantonner dans ce rôle.

Une autre école dite du « monétarisme actif »  élargit ces perspectives en considérant que la politique monétaire est aussi susceptible d'influencer le niveau du revenu national d'équilibre.

Une troisième école, d'inspiration keynésienne conteste toutefois cet élargissement en identifiant des circonstances importantes dans lesquelles il est clair que la politique monétaire est inopérante.

Finalement, une forme moderne du monétarisme, dite « monétarisme friedmanien », précise quelles doivent être les règles de bonne gestion d'une banque centrale lorsque l'économie est en croissance, si l'on veut éviter l'inflation.

I.3.1. La théorie quantitative de la monnaie

Soit l'équation des transactions, d'Irving Fisher suivante : où M désigne la masse monétaire, V la vitesse de circulation de la monnaie, pi le prix unitaire du bien i, qi la quantité du bien i, n le nombre de biens et services faisant l'objet de transactions, et Y le produit national19(*).

Le lien que cette formule établit entre la masse monétaire et le revenu national, par l'intermédiaire de la vitesse de circulation, a servi de point de départ au développement de la théorie quantitative de la monnaie, selon laquelle, toute variation de la quantité de monnaie présente dans l'économie (M), entraîne aussitôt une variation proportionnelle du produit national (, c'est-à-dire Y), le coefficient de proportionnalité étant V.

Dans sa version initiale, qui a longtemps prévalu, la théorie postule que la vitesse V est pratiquement constante. Comme par construction l'équation des transactions est toujours vérifiée, quel que soit l'état de l'économie, elle oblige effectivement à penser que, si V reste constante, toute variation de M en entraîne une autre de même ampleur à droite du signe d'égalité, c'est-à-dire de Y.

Une interrogation à longtemps prévalu sur les sources de variations de Y. S'agit-il là d'une variation des quantités qi, c'est-à-dire du produit national « réel », ou d'une variation des prix pi, le changement du produit national n'étant alors que nominal. L'équation ne fournit pas en elle-même une réponse sur ce point. Ce qui fait que la théorie quantitative a été complétée par d'autres théories, qui viennent expliquer comment réagissent respectivement les prix et les quantités aux variations de la quantité de monnaie dans l'économie. D'où la diversification des formes du monétarisme.

I.3.1.1. Le monétarisme simple (Les « grands classiques » JB Say, JS Mill : « la monnaie-voile »)

Dans la version la plus simple du monétarisme, qui est aussi la plus extrême, il est postulé que le secteur réel de l'économie atteint spontanément un équilibre général quelconque, indépendamment de ce qui se passe du côté de l'offre de monnaie M. Les variations éventuelles de la quantité de monnaie ne peuvent dès lors affecter, en vertu de l'équation des transactions, que les prix pi ; les quantités qi quant à elles n'en subissent aucune influence. Cette version du monétarisme est l'expression d'une conception du circuit économique caractérisée par une scission quasi complète entre le secteur réel et le secteur monétaire. La monnaie, dans cette optique, n'est qu'un « voile » au travers duquel se font les transactions sur biens et services; elle est « neutre » par rapport à ces transactions, c'est-à-dire que sa quantité présente dans l'économie est sans effet sur l'ampleur des transactions. L'on peut dire aussi, dans cette perspective, qu'une économie où circule de la monnaie est identique à une économie de troc. Mais en même temps, la quantité de monnaie a pour effet majeur de déterminer le niveau général des prix : ce niveau est élevé si M est grand, et faible si M est réduit.

L'on conclut aisément de ce qui précède que selon le monétarisme « simple », la politique monétaire de la banque centrale doit porter exclusivement sur le contrôle de l'inflation.

L'action de la banque centrale sur l'offre de monnaie constitue, dans cette optique, l'instrument par excellence qui permet d'agir sur le niveau général des prix. Il faut par ailleurs prendre acte de son impuissance à influencer l'activité économique « réelle » et recourir éventuellement à d'autres instruments si l'on veut agir à ce niveau.

* 19 La deuxième égalité tient au fait que la formulation de l'équation ignore les transactions sur biens intermédiaires.

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"L'ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit"   Aristote