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Les effets de la disparition des organismes publics d'appui financier et de la libéralisation des filières sur le monde agricole dans la région de l'ouest Cameroun


par Innocent MANFOUO FOUNTONG NAMEKONG
Université de Dschang (faculté d'agronomie et des sciences agricoles ) - Master of science en agribusiness management 2012
  

Disponible en mode multipage

DEDICACE

A mes parents MANFOUO Emmanuel et MANFOUO Jacqueline pour tous les sacrifices consentis dans la formation et l'édification de la personne que je suis aujourd'hui. Retrouvez dans ces lignes l'expression d'un grand amour.

A mon grand frère BIAHE MANFOUO Henri, pour tous vos contributions, conseils et soutien qui m'ont permis de transcender certaines situations et de croire à mon potentiel.

A ma fiancée MAFFO TSAFACK Larissa qui, pendant tout ce temps, m'a toujours apporté son soutien et toute sa considération. Retrouve ici l'expression de ce grand amour qui nous uni.

A ma fille bien aimée MANFOUO LONTSI Cindy, pour son sourire.

REMERCIEMENTS

Pour la réalisation de ce travail, nous avons bénéficié de l'aide multiforme d'un certain nombre de personnes à qui nous adressons nos sincères remerciements.

Nous pensons d'abord à notre superviseur, le Professeur KAMDEM David, Doyen de la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion de l'Université de Dschang qui a accepté de diriger ce travail. Nous remercions également:

Le Professeur émérite KAMAJOU François, pour la coordination du programme de Master Agribusiness Management à la FASA

Tous nos enseignants pour le savoir dispensé.

Monsieur TENKEU Victor, Délégué Régional de l'Agriculture et du Développement Rural de l'Ouest pour m'avoir permis d'effectuer le stage dans ses services.

Monsieur NGATCHESSI Jean Marie, mon encadreur de terrain pour toutes ses orientations et directives sur le terrain.

Monsieur TOUCHOU Paul, Secrétaire Particulier du Délégué Régional de l'Agriculture et du Développement Rural de l'Ouest et tout le personnel de la Délégation Régionale de l'Agriculture et du Développement Rural de l'Ouest pour tous leurs conseils.

Mes remerciements vont aussi à l'endroit de ma famille et plus particulièrement à mes parents : monsieur et madame MANFOUO qui ont tout donné pour que je sois ce que je suis aujourd'hui.

Tous mes frères et soeurs (Ndoumbe Isaac, Biahe Manfouo Henri, Ndjiabi Ekamwene Sylvie, Manfouo Hervé, Manfouo Simplice, Foko Camara, Manfouo Cyril, Manfouo Paulin, Manfouo Brice et Kossoni Natacha) pour toutes leurs contributions.

Les familles FOTIE, NGOUFACK, NSANGOU pour leurs encouragements.

A tous mes amis DJEMETEU Constantin, MELI DIFFOUO Simon, AGHOGUE Patrick, FOTIE NDEFFO Emmanuel, MEFENZA Cathy, trouvez ici l'expression du sentiment qui n'a cessé de grandir et de nous unir malgré la distance. Et aux petits frères Bicho et Foka Franck qui m'ont accompagné tous les jours recevez toute ma considération.

A tous mes camarades de classe (Djomo, Sipamze, Temgoua, Djuiga, Kouam, Dzifack, Tchouatat et Yaksu), je dis merci pour leur collaboration et leur esprit d'équipe.

Mes sincères remerciements s'adressent aussi à tous les paysans qui ont contribué à mon projet de recherche en acceptant de répondre à notre questionnaire.

TABLE DES MATIERES

DEDICACE I

REMERCIEMENTS II

TABLE DES MATIERES III

LISTE DES ANNEXES ; vii

LISTE DES TABLEAUX .viii

LISTE DES FIGURES x

LISTE DES ABREVIATIONS XI

RESUME XII

ABSTRACT XIII

CHAPITRE 1 : INTRODUCTION GENERALE 1

1.1. CONTEXTE DE L'ETUDE 1

1.2. PROBLEMATIQUE 4

1.3. OBJECTIFS DE L'ETUDE 5

1.4. HYPOTHESES 5

1.5. IMPORTANCE DE L'ETUDE 6

1.6. ORGANISATION DE LA THESE 6

CHAPITRE 2 : CADRE THEORIQUE ET REVUE DE LA LITTERATURE 7

2.1. CADRE THEORIQUE SUR LA LIBERALISATION 7

A. Les bases doctrinales de la libéralisation agricole . 7

1. Les postulats économiques du FMI en matière de déséquilibre économique. ... 7 a) L'approche macroéconomique dans l'analyse économique du FMI. . 7

b) L'approche microéconomique dans la perception économique du
FMI 8

2. Les modalités d'octroi des financements du FMI : les conditionnalités de la

libéralisation 9

a. Les aspects budgétaires de la conditionnalité de la libéralisation 10

b. Les conditionnalités monétaires de la libéralisation 11

2.2. REVUE DE LA LITTERATURE 12

2.2.1. ANALYSE DU MARCHE FINANCIER AGRICOLE 12

2.2.2. LE FINANCEMENT DE L'AGRICULTURE EN AFRIQUE DES ANNEES 60
AUX ANNEES 80 12

2.2.3. LES ORGANISMES PUBLICS DE FINANCEMENT DU MONDE RURAL AU
CAMEROUN 13

1) La Banque Camerounaise de Développement(BCD) 13

2) Le FONADER 13

a) Les missions du FONADER 13

b) Le fonctionnement du FONADER 13

c) Les points forts du FONADER 14

d) Les limites du FONADER 16

3) Le Crédit Agricole du Cameroun (CAC) 18

2.2.4. LA PLACE DES OFFICES NATIONAUX DE COMMERCIALISATION(ONC)

DANS LE SECTEUR AGRICOLE 19

2.2.5. L'ONCPB (Office National de la Commercialisation des Produits de Base) 19

2.2.6. LA CRISE ECONOMIQUE DU MILIEU DES ANNEES 1980 AU CAMEROUN

.21

2.2.7. L'avènement des Programmes d'Ajustement Structurels 21

Les manifestations des Programmes d'Ajustement Structurels

22

2.2.8. ENJEU DE LA LIBERALISATION DU SECTEUR FINANCIER

23

2.2.9. LES EFFETS DE LA LIBERALISATION DES ECONOMIES EN AFRIQUE

23

1) les conséquences de la libéralisation sur la production.

24

2) les conséquences en ce qui concerne le financement.

25

3) Les effets sur les prix

25

4) Les effets sur les intrants et la qualité

26

2.2.10. INTRODUCTION DU CAFE A L'OUEST CAMEROUN 27

2.2.11. LA COMMERCIALISATION DU CAFE 28

1) L'accès au marché mondial 28

2) Sur le plan national 28

3) L'évolution du système de commercialisation du café à l'Ouest 29

2.2.12. LES ENJEUX DE LA LIBERALISATION DES FILIERES AGRICOLES 29

Les effets sur la commercialisation 32

2.2.13. L'Uccao face à la libéralisation des filières cacao café à l'Ouest 33

2.1.14. TYPES DE CIRCUITS DE COMMERCIALISATION DES CULTURES
D'EXPORTATION LIBERALISES. 33

CHAPITRE 3 : METHODOLOGIE 37

3.1. PRESENTATION DE LA ZONE D'ETUDE 37

3.1.1 Le milieu physique 37

3.1.2. Le milieu humain 38

3.2. Raisons du choix de la région d'étude 38

3.3. ECHANTILLONNAGE 39

3.4. LES DONNEES ET LEURS SOURCES 40

3 .4.1. Les donnees de sources primaires 40

3.4.2. Les donnees de sources secondaires 40

3.5. REALISATION DES OBJECTIFS ET TECHNIQUES D'ANALYSE 41

3.5.1. Realisation des objectifs 41

3.5.2. Technique d'analyse 42

3.5.3. Test des hypothèses 42

3.6. FAIBLESSES DE L'ETUDE 43

CHAPITRE 4 : PRESENTATION ET ANALYSE DES RESULTATS 44

4.1. L'EVOLUTION DU PAYSAGE AGRICOLE A L'OUEST 44

4.1.1. Evolution de la production cafeire a l'ouest de 1980-2000 44

4.1.2. Évolution du prix planteur 47

4.1.3. Les etapes du desengagement de l'etat 48

4.2. CARACTERISTIQUES SOCIO-ECONOMIQUES DES PERSONNES ENQUETEES

49

1) Sexe et Age 49

a) Age 49

2) Statut social et taille de la famille 50
4.3. ANALYSE DE LA SITUATION DU PRODUCTEUR AVANT LES ANNEES 1990

51

1) Les organismes en présence 51

2) Acquisition des terrains et superficies exploitées 52

3) L'apport des coopératives et la production agricole 52

4) systeme de commercialisation 54

4.4. ANALYSE DE LA SITUATION DU PRODUCTEUR APRES LES ANNEES 1990 54

1) Consommation d'intrants et niveau de production 54

2) la commercialisation de la production 56
4.5. ANALYSE DES MOYENNES DES QUANTITES PRODUITES PAR LES PLANTEURS AVANT ET APRES LIBERALISATION 57
4.6. ANALYSE DES MOYENNES DES QUANTITES D'ENGRAIS UTILISEES PAR LES

PLANTEURS AVANT ET APRES LIBERALISATION 58

4.7. PRODUCTION CAFEIERE ET COMPORTEMENT DES PRODUCTEURS 58

4.8. LES DIFFICULTES LIEES A L'EXERCICE DE L'ACTIVITE AGRICOLE 59

4.9. EVOLUTION DE LA SITUATION DE L'AGRICULTURE A L'OUEST 60

CHAPITRE 5 : CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS 61

5.1. CONCLUSION 61

5.2. RECOMMANDATIONS 62

BIBLIOGRAPHIE 64

ANNEXES 70

LISTE DES ANNEXES

ANNEXES 70

ANNEXE 1 :QUESTIIONNAIRE AUX PAYSANS 70

ANNEXE 2 : DESENGAGEMENT CHRONOLOGIQUE DE L'ETAT 75

ANNEXE 3 : DONNÉES SUR LA PRODUCTION AGRICOLE 76

LISTE DES TABLEAUX

TABLEAU 1 : CRÉDITS ACCORDÉS PAR LE FONADER PAR FILIÈRES (103
FCFA) 15

TABLEAU 2 : CRÉDITS ACCORDÉS PAR LE FONADER PAR CATÉGORIE
D'ACTEURS (103 FCFA) 16

TABLEAU 3: PRÉVISIONS ET RÉALISATIONS DE CRÉDIT DU FONADER
ENTRE 1979/80 ET 1983/84 (EN MILLIONS DE FCFA) 17

TABLEAU 4 : EVOLUTION DES IMPAYÉS ENTRE 1983 ET 1985 À L'AGENCE
FONADER DE L'OUEST (FCFA) 18

TABLEAU 5 : ÉVOLUTION DE LA PRODUCTION DE CAFÉ ET DES
SUPERFICIES DANS LA RÉGION DE L'OUEST DE 1980 À, 2000 44

TABLEAU 6 : EVOLUTION FCFA DU PRIX PLANTEUR EN POURCENTAGE
DU PRIX FOB 1980/1981 À 1999/2000 .47

TABLEAU 7 : EVOLUTION FCFA DU PRIX PLANTEUR EN POURCENTAGE
DU PRIX FOB 1980/1981 À1999/2000 .48

TABLEAU 8 : DÉSENGAGEMENT CHRONOLOGIQUE DE L'ÉTAT 48

TABLEAU 9:RÉPARTITION DES PERSONNES ENQUÊTÉES PAR TRANCHE
D'ÂGE 49

TABLEAU 10 : RÉPARTITION DES PERSONNES ENQUÊTÉES EN FONCTION
DU NOMBRE D'ANNÉES DANS L'AGRICULTURE 49

TABLEAU 11: RÉPARTITION DES PRODUCTEURS EN FONCTION DU
STATUT SOCIAL ET DU NOMBRE DE FEMMES 50

TABLEAU 12 : RÉPARTITION DES PRODUCTEURS EN FONCTION DE DES
SUPERFICIES CULTIVÉES AVANT 90 52

TABLEAU 13 : QUANTITÉ DE SACS D'ENGRAIS UTILISÉE 53

TABLEAU 14. RÉPARTITION DES ENQUÊTÉS EN FONCTION DE LA
PRODUCTION 53

TABLEAU 15 : RÉPARTITION DES PRODUCTEURS EN FONCTION DES
QUANTITÉS DE SACS D'ENGRAIS UTILISÉS 54

TABLEAU 16 : RÉPARTITION DE LA PRODUCTION EN FONCTION DES
ENQUÊTÉS 56

TABLEAU 17 : COMPARAISON DES MOYENNES DES QUANTITÉS
PRODUITES 57

TABLEAU 18 : COMPARAISON DES MOYENNES DES QUANTITÉS
D'ENGRAIS UTILISÉES 58

LISTE DES FIGURES

FIGURE 1 : CIRCUIT DE COMMERCIALISATION DES CULTURES D'EXPORTATION
PARTIELLEMENT LIBÉRALISÉES 34

FIGURE 2 CIRCUIT DE COMMERCIALISATION DES CULTURES D'EXPORTATION
LIBÉRALISÉES 35

FIGURE 3: CIRCUIT DE COMMERCIALISATION DES CULTURES D'EXPORTATION
TOTALEMENT PRIVATISÉE 36

FIGURE 4: EVOLUTION DE LA PRODUCTION DE CAFE ROBUSTA AU CAMEROUN
DE 1980 A 2000 45

FIGURE 5: EVOLUTION DE LA PRODUCTION DE CAFE ARABICA AU CAMEROUN
DE 1980 A 2000 45

FIGURE 6: EVOLUTION DE LA PRODUCTION DE CAFE ROBUSTA A L'OUEST
CAMEROUN DE 1983 A 2000 45

FIGURE 7: EVOLUTION DE LA PRODUCTION DE CAFE ARABICA A L'OUEST
CAMEROUN DE1983 A 2000 45

FIGURE 8 : EVOLUTION DE LA PRODUCTION CAFEIERE AU SEIN DU GROUPE UCCAO DE 1986 A 2006 46

FIGURE 9 : REPARTITION DES PRODUCTEURS EN FONCTION DE LA CONNAISSANCE DES ORGANISMES 51

FIGURE 10 : ÉVOLUTION DU PRIX D'ACHAT DU KILO DE CAFE ARABICA ET DU SAC D'ENGRAIS DE 1986 A 2001 55

FIGURE 11: RÉPARTITION DES PRODUCTEURS EN FONCTION DES DÉCISIONS
PRISES 59

LISTE DES ABREVIATIONS

BCD : Banque Camerounaise de Développement

CAMSUCO: Cameroon Sugar Company

CELLUCAM: Cellulose du Cameroun

CENADEC : Centre National de Développement Cooperatif

CENADEFOR : Centre National de Développement des Forêts

CENEEMA : Centre National Pour le Machinisme Agricole

COCAM : Contre Plaqués du Cameroun

COCOBOD : Office de commercialisation du cacao

FMI : Fonds Monétaire International

FONADER : Fonds National de Développement Rural

HEVECAM : Hévéas du Cameroun

MIDENO : Mission de Développement du Nord-Ouest.

MIDEVIV : Mission de Développement des Cultures Vivrières

MIDO : Mission de Développement de l'Ouest

NOB : projet Nord-Ouest Bénoué,

NWCA : North-West Coopérative Association

OCB : Office Camerounais de la Banane

ODM : Objectifs de Développement pour le Millénaire

ONAREF : Office National des Forets

ONCPB : Office National de Commercialisation des Produits de Base

ONDAPB : Office National pour le Développement du Petit Bétail

PIB : Produit Intérieur Brut

PVD : Pays en Voie de Développement

SCT : Société Camerounaise des Tabacs

SNAR : Société Nationale d'Assurance et de Réassurance

SOCAPALM : Société Camerounaise des Palmeraies

SODEBLE : Société de Développement du Blé

SODECAO : Société de Développement du Cacao

SODENKAM : Société de Développement du Nkam

SOFIBEL : Société Forestière de Bélabo

SOMUDER : Sociétés Mutuelles de Développement Rural

UCCAO : Union Centrale des Sociétés Coopératives Agricoles de L'Ouest

UCCROCAM : Union des Coopératives de Café Robusta de l'Ouest Cameroun

UNDVA : Unité Nationale de Développement de la Volaille

WADA: Wum Area Development Authority

ZAPI-EST : Zone d'Action Prioritaire de l'Est

RESUME

L'objectif principal de ce travail est de voir à quel point la disparition des organismes publics d'appui et la libéralisation des filières ont pu influencer le monde agricole dans la région de l'Ouest Cameroun. Plus spécifiquement il est question d'étudier la performance de l'activité agricole dans la région de 1980 à 2000 ; de déterminer la contribution des coopératives dans l'encadrement des producteurs et enfin d'analyser le comportement des paysans avant et après la libéralisation. Pour mieux atteindre ces objectifs, il a été question de jeter un regard sur 30 producteurs de café choisis en fonction de leur ancienneté dans l'agriculture. Les données collectées ont été statistiquement analysées à l'aide des logiciels Excel et SPSS et le test de student pour échantillon apparié a été utilisé pour tester les hypothèses. Ainsi il ressort que la libéralisation a eu une influence significative tant sur les moyennes de quantités produites que sur celles des quantités d'intrants utilisées par les producteurs. D'où la nécessité de rendre plus compétitive la production de nos cultures en améliorant l'accès aux intrants et en organisant les marchés.

ABSTRACT

The main objective of this work is to see how far the disengagement of support government bodies and the liberalization of some sectors have had an impact on the agricultural world in the West region of Cameroon. More precisely, this thesis aims at analyzing the performance of agricultural activities in the region from 1980 to 2000; determine the contribution of cooperatives to the supervision of producers; lastly the behavior of farmers before and after the liberalization. To attain these goals, 30 coffee farmers were interviewed based on their seniority and experiences as farmers. The data collected were statistically analyzed with Excel and SPSS software, and the student test for paired samples was used. What emerges from this work is that the liberalization has had a major impact on the averages of quantities produced and the quantities of inputs used by farmers. Hence the need for an increased competitiveness of our crops by improving access to inputs and an organization of markets.

CHAPITRE 1
INTRODUCTION GENERALE

1.1. CONTEXTE DE L'ETUDE

L'agriculture domine la plupart des économies dans l'Afrique subsaharienne, représentant 30 à 50% du produit intérieur brut (PIB), et des gains dus aux échanges avec l'étranger. Le secteur est également la plus grande source d'emploi et représente un gagne- pain pour plus de deux tiers de la population. Par conséquent, un secteur agricole fort et en évolution est indispensable pour le développement économique, et aussi pour stimuler et soutenir la croissance des industries qui lui sont associées (FAO, 2005)

Ces vingt dernières années, la plupart des pays de l'Afrique sub-saharienne ont assisté à des restructurations fondamentales de leurs économies, subissant une transformation dynamique du fait qu'elles sont passées d'une économie centralisée à une économie tournée vers les marchés. Des marchés, des taux de change, et des taux d'intérêt ont été libéralisés. Les restrictions commerciales ont été supprimées. Le monopole de l'Etat en ce qui concerne l'exportation et l'importation ont été démantelés. De nombreuses industries d'Etat ont été privatisées. Les services du gouvernement ont été décentralisés et réduits. Des investissements dans le secteur privé ont été encouragés (FAO ; 2006)

Grâce à ces reformes politiques et économiques, beaucoup d'économies dans les années 90 ont assisté à une croissance annuelle de trois pour cent et plus. Cependant, dans de nombreux pays, cette croissance n'a pas été suivie par une augmentation du revenu per capita. La pauvreté est toujours très répandue et plus des deux tiers de la population des pays de l'Afrique sub-saharienne survivent avec moins d'un dollar par jour.

Ainsi, d'après le rapport sur le développement dans le monde 2008, le taux de pauvreté dans les zones rurales de l'Afrique Subsaharienne s'établissait à 82% en 2001.L'Afrique est à la traîne pour la plupart des objectifs de développement pour le millénaire(ODM)1. C'est pourquoi la région et son développement sont une priorité pour la

1 Réduire l'extrême pauvreté ; Assurer l'éducation primaire pour tous ; Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes ; Réduire la mortalité infantile ; Améliorer la santé maternelle ; Combattre le VIH/Sida, le paludisme et d'autres maladies ; Assurer un environnement durable ; Mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

communauté internationale. L'une des principales raisons qui explique le retard pris par l'Afrique par rapport aux autres régions est la sous-performance de son agriculture, qui représente 30% du produit intérieur brut(PIB) et emploie 75% de la population (Commission Pour l'Afrique 2005). Notons à cet effet que pour que l'Afrique puisse atteindre les ODM, il faut développer son agriculture car, la situation de celle-ci est souvent considérée comme peu performante [Banque mondiale (2007), Inter Academy Council (2004)].Vu donc le poids qu'occupe l'agriculture dans les pays africains, toute politique de développement visant à l'amélioration des conditions de vie des pauvres passe par des efforts pour améliorer la productivité agricole .Ces efforts doivent être concentrés en priorité vers le monde rural. En effet, le rôle de l'agriculture en matière de réduction de la pauvreté est lié au poids important qu'a ce secteur aussi bien sur la consommation que sur la production et les revenus (Mellor, 2000).

En Afrique, le secteur des cultures d'exportation a connu d'importantes mutations ces dernières années. Au milieu des années 80, l'achat, la transformation et l'exportation de produits de base étaient presque exclusivement contrôlés par des offices de commercialisation. Nombre d'entre eux jouaient également un rôle important dans la fourniture souvent à crédit d'intrants aux agriculteurs. Aujourd'hui, à l'approche du prochain millénaire, les offices à caractère monopolistique sont davantage l'exception que la règle. Certains d'entre eux ont été supprimés, d'autres continuent de fonctionner mais ne résistent généralement pas à la concurrence du secteur privé tandis que d'autres ont été transformés en associations sectorielles à vocation non commerciale servant à des fins de promotion et de régulation.

La libéralisation du secteur des cultures d'exportation est un important volet de la plupart des programmes d'ajustement structurel en Afrique sub-saharienne. Sa mise en oeuvre et le rythme auquel elle a été menée ont beaucoup varié d'un pays à l'autre mais aucun système public de commercialisation des exportations n'a sans doute échappé au phénomène

Il y est indiqué que, dans le cadre de l'ajustement structurel, la commercialisation des cultures de rentes s'est déroulée selon l'un des quatre schémas suivants: désengagement rapide de l'Etat sans véritable planification; désengagement progressif de l'Etat du secteur des achats, de l'exportation et de la transformation des produits agricoles; libéralisation des achats mais maintien d'un contrôle de l'Etat sur les exportations; et réforme relativement limitée, les

cultures de rentes restant soumises à un système de commercialisation unique (Shepherd et Stefano, 1999).

La crise économique qui a frappé le continent africain à partir de la fin des années 80 n'a pas épargné le Cameroun. Les performances économiques de la décennie précédente 1975-1985 ne laissaient pourtant rien augurer de tel. Le Produit Intérieur Brut (PIB) évoluait vers une tendance haussière de façon à atteindre 15% de croissance annuelle en 1981. La hausse des exportations du fait du boom pétrolier avait maintenu la balance commerciale en excédent jusqu'en 1985 ; toutefois à la suite de plusieurs facteurs endogènes et exogènes le Cameroun va rentrer dans une phase de turbulence économique.

Cette période de crise a été marquée par trois faits majeurs : la chute des prix aux producteurs, la libéralisation de la filière et l'arrêt des subventions par l'État et les coopératives. Ainsi, la libéralisation a supprimé le monopole exercé jusque là par les coopératives sur la production caféière. Les effets pervers de la dévaluation ont induit un abandon progressif des cultures du fait de la cherté des intrants (Kamga, 2001).

Les systèmes de cultures de la province Ouest-Cameroun ont alors connu une évolution assez rapide. Plusieurs personnes ayant perdu leur emploi, auxquelles se sont ajoutés des jeunes déscolarisés, sont rentrées au village à cause des difficultés rencontrées en ville. Face aux aléas des cultures d'exportation, chacun a cherché à devenir maraîcher pour survivre.

Les producteurs privés d'encadrement et encore insuffisamment organisés pouvaient difficilement défendre leurs intérêts. En contribuant à la baisse de la rémunération des planteurs suite à l'arrêt des subventions étatiques, la détérioration de la qualité des produits et la décote qui en résulte sur le marché mondial, la libéralisation a également pénalisé la professionnalisation de l'agriculture (Hatcheu, 2006)

Au-delà de toutes ces difficultés, c'est le démantèlement des structures locales d'encadrement des paysans qui constitue l'obstacle majeur à la professionnalisation de l'agriculture camerounaise. La libéralisation totale des filières exportatrices s'est traduite par une certaine tentative pernicieuse de couper le cordon ombilical liant les principales coopératives agricoles et les producteurs. Avec l'arrivée des acheteurs privés et des courtiers en développement plus soucieux de faire fortune et assurer leur leadership que de garantir la rémunération des producteurs, les coopératives ont perdu leur capacité d'encadrement des producteurs et de soutien du développement régional. On sait en effet que l'UCCAO par

exemple doit sa puissance et sa performance d'antan à la force de quelques une de ses coopératives membre.

1.2. PROBLEMATIQUE

De 1960 jusqu'au milieu des années 1980, les caisses de stabilisation accumulent des excédents qui alimentent le Budget Spécial d'Investissement en Côte d'Ivoire et des subventions à la production au Cameroun. Mais faute d'une gestion rationnelle, elles sont incapables de soutenir les prix aux producteurs lorsque les cours mondiaux s'effondrent à la fin des années 1980.

Depuis la fin des années quatre vingt, une cascade de crises financières et socioéconomiques au Cameroun s'enchainent et entraînent le démantèlement de l'organisation des filières d'exportation (café et cacao) et la mise en place de reformes dans le cadre des accords avec le fonds monétaire international (FMI) (Alary, 1996). Mais l'un des résultats majeurs des réformes a été soit la liquidation (FONADER, SODECAO, ONCPB, SODEBLE, MIDEVIV, OFFICE CEREALIER, CELLUCAM, CENADEC, MIDO, ONAREF, ONDAPB, SCT, SODENKAM, SOFIBEL, UNDVA, WADA, ZAPI-EST), soit la privatisation (SOCAPALM, CAMSUCO, OCB, CENEEMA, COCAM, HEVECAM) soit la mise en léthargie (SNAR, CENADEFOR) de la quasi totalité des organismes publics d'appui au secteur agricole. Cette situation s'est accompagnée d'une augmentation des prix des intrants aux producteurs, d'une qualité des produits parfois douteuse faute d'un contrôle des pouvoirs publics, d'une utilisation sensiblement réduite des engrais (moins de 5 kg/ha) et des produits phytosanitaires avec des conséquences importantes sur le niveau et la qualité de la production.(Tsafack Nanfosso, 2006) . La libéralisation s'est aussi accompagnée d'une détérioration plus ou moins prononcée selon les productions et les régions, des conditions de commercialisation des produits agricoles. Face à un petit nombre d'entreprises privées puissantes et bien organisées, les producteurs ne sont guère en position favorable pour écouler leur production à des prix suffisants pour valoriser convenablement leurs efforts et renouveler leurs plantations (Bamou et Mkouonga, 2002).

La libéralisation laissait supposer qu'à terme les grandes structures régionales d'encadrement et de commercialisation comme l'UCCAO à l'Ouest et la NWCA dans le Nordouest allaient perdre leur monopole au profit d'acheteurs privés. Or comme le note FarkGrüninger (1995), l'UCCAO connaît une faveur que les autres coopératives de café n'ont pas: le droit d'exporter directement sur le marché mondial sans les prélèvements opérés par

l'ONCPB. Cela lui a donné une grande stabilité et des possibilités plus importantes dans l'appui aux paysans. Considérant donc cette mutation survenue au sein du système agricole dans la région de l'Ouest, il est intéressant de nous arrêter et de faire un bilan .Celui ci ne pourra être possible que si nous répondons à la question de savoir quels sont les effets de la libéralisation sur le monde agricole dans la région de l'ouest Cameroun ? Autrement dit, comment est-ce que le monde agricole dans la région a évolué après qu'il a été libéralisé ?

De façon plus claire il sera question de savoir :

1) Quelle est l'influence de la libéralisation sur la caféiculture à l'Ouest Cameroun ?

2) Quelle est l'influence de la libéralisation sur les activités d'encadrement des coopératives ?

3) Quel comportement le producteur a-t-il adopté après la libéralisation ?

1.3. OBJECTIFS DE L'ETUDE

Notre travail se donne comme objectif principal de voir à quel point la disparition des organismes publics d'appui et la libéralisation des filières ont pu influencer le monde agricole dans la région de l'Ouest Cameroun.

Comme objectifs secondaires, il sera question de :

· étudier la performance de l'activité agricole dans la région de 1980 à 2000 ;

· déterminer la contribution des coopératives dans l'encadrement des producteurs ;

· analyser le comportement des paysans avant et après la libéralisation,

1.4. HYPOTHESES

A la suite des objectifs ci-dessus mentionnés, les hypothèses suivantes peuvent être émises :

· Suite à la libéralisation, les producteurs ont complètement abandonné leurs exploitations caféières au profit de nouvelles productions.

· Le manque d'encadrement des coopératives a considérablement fait baisser le taux d'activité des producteurs.

· La libéralisation aurait influencé négativement l'évolution de la production caféière dans la région de l'Ouest.

1.5. IMPORTANCE DE L'ETUDE

Après une période dominée par le tout Etat et une autre caractérisée par la libéralisation tous azimuts, il est important de s'arrêter et de faire un bilan ; c'est dans ce cadre que notre étude justifie son importance pour ce qui est du cas des planteurs de café dans la région de l'Ouest. L'UCCAO pour sa part n'est pas en reste. Puissante entreprise dans la commercialisation du café (arabica) au Cameroun en général et à l'Ouest en particulier, structure d'encadrement des producteurs de café dans la région de l'Ouest Cameroun, elle a subi les influences de la crise du milieu des années 1980 et fait face à la libéralisation entrainant ainsi derrière une vague de producteurs dans le désespoir. Région de forte production de café, l'Ouest Cameroun souffre depuis la libéralisation des filières cacao-café de la faible utilisation des intrants, de la réduction des superficies voire de la production, notre étude trouve son importance dans la mesure où elle vise à montrer les limites de la production caféière dans la région, avec cependant l'espoir de pouvoir revaloriser cette culture qui a permis de faire vivre plus d'un.

1.6. ORGANISATION DE LA THESE

Ce travail comporte cinq chapitres. Le premier chapitre porte sur l'introduction générale, le chapitre deux présente le cadre théorique et la revue de la littérature sur le sujet. Le chapitre trois traite de la méthodologie de l'étude. Le chapitre quatre présente et analyse les résultats de l'étude alors que le chapitre cinq est réservé à la conclusion et aux recommandations.

CHAPITRE 2

CADRE THEORIQUE ET REVUE DE LA LITTERATURE

2.1. CADRE THEORIQUE SUR LA LIBERALISATION

A. Les bases doctrinales de la libéralisation agricole

Pour comprendre le fonctionnement de la libéralisation agricole au Cameroun, il est utile au préalable de se pencher sur les postulats économiques qui la fondent. Ce détour théorique nous permettra de mettre en perspective les contraintes normatives dénommées conditionnalités qui encadrent et déterminent la politique agricole au Cameroun. Pour ce faire, l'analyse de la doctrine économique du FMI est un préalable nécessaire ; c'est en effet cette institution qui a lancé les premières mesures de libéralisation au Cameroun. Jusqu'à ce jour les réformes structurelles en vigueur au Cameroun sont marquées de son empreinte.

1. Les postulats économiques du FMI en matière de déséquiibre économique.

Conformément aux missions qui lui sont dévolues, les interventions du FMI dans les économies nationales sont motivées par le souci d'aider les pays en crise à « résorber les déficits de la balance de paiement et de freiner l'inflation » (Marie-France ,1990). Pour ce faire, le FMI opère toujours préalablement une analyse des causes du déséquilibre économique observé ; il propose des emprunts de ressources financières à la condition que certaines reformes structurelles soient entreprises. Ces réformes ont pour objectif de garantir que l'économie considérée aura désormais toutes les chances pour éviter une éventuelle banqueroute. Dans tous les cas les réformes du FMI se fondent sur une analyse à deux échelons complémentaires : une approche macroéconomique conduisant à définir des stratégies de contrôle de la demande et une analyse microéconomique débouchant sur des actions ciblées sur l'offre.

a) L'approche macroéconomique dans l'analyse économique du FMI.

Il s'agit d'une approche qui se fonde sur une analyse des agrégats internes de demande globale et d'offre globale des biens, des services et des capitaux. Elle met aussi en perspective l'analyse des données externes relatives aux activités d'importation et d'exportation. Pour le FMI c'est la recherche de l'équilibre global qui est visé. La situation recommandée est l'équilibre de la balance de paiement. Cependant, dans la démarche du FMI

c'est l'équilibre interne qui conditionne l'équilibre externe. Pour ce faire deux instruments sont privilégiés et emportent des conséquences en termes de réformes proposées : il s'agit d'abord de l'instrument de la politique monétaire. En effet, le FMI considère que si un pays accuse un déséquilibre de la balance de paiement, ce phénomène est le fait de l'excès d'émission monétaire dans le pays considéré. Par conséquent, il faut une politique monétaire restrictive pour revenir à l'équilibre .Ce raisonnement monétariste est complété par une analyse néo-keynésienne de l'absorption qui fait de la demande interne le facteur principal du déséquilibre de la balance de paiement .Un ancien directeur général du FMI résumait cette position en affirmant que « l'inflation et le déséquilibre de la balance de paiement viennent l'un et l'autre de ce que la société prise dans son ensemble cherche à se procurer plus de ressources qu'elle n'en peut produire » ( Witteveen, 1978); dans un tel raisonnement les déséquilibres viennent de ce qu'en plein emploi l'excès de demande conduit à l'inflation et au déficit de la balance de paiement. Il convient par conséquent pour revenir à l'équilibre de compresser la demande interne à des proportions compatibles avec les capacités de l'économie considérée.

Selon certains auteurs le FMI serait à la fois d'inspiration monétariste et néokeynésienne. La théorie monétariste souligne l'importance cruciale des variables monétaires dans la détermination des causes des déséquilibres. Elle conduit à mettre sur pied des politiques de contrôle du crédit et des politiques monétaires restrictives. La théorie néokeynésienne quant à elle analyse l'incidence des composantes de la demande globale sur l'équilibre économique ; elle propose de contenir les importations par compression de la demande globale. Dans tous les cas le FMI propose l'austérité budgétaire dans son approche macro économique.

b) L'approche microéconomique dans la perception économique du FMI

Il s'agit d'une approche complémentaire de la première, elle vient en réponse à la critique de l'école structuraliste dans les années 502. Celle-ci fonde les causes du déséquilibre de la balance de paiement sur la structure même des économies du Sud. Ces pays sont enserrés dans un schéma du commerce international qui les rend dépendants de l'environnement extérieur pour leur équilibre. En fait ces pays exportent des produits de base et importent des produits manufacturés. Dès lors ils sont plus affectés par la détérioration des

2 L'école structuraliste soutient que les déséquilibres se trouvent dans les structures particulières des économies et qu'il faut non pas « la main invisible » d'Adam SMITH pour revenir à l'équilibre mais bel et bien la main visible de l'Etat (SINGER ; PREBISCH ; SUNKER ; TAVARES)

termes de l'échange. De plus ces économies ont des rigidités structurelles qui empêchent au marché de jouer son rôle de régulateur. Les moyens de la mobilité des facteurs et de la parfaite transparence n'étant pas réunis, l'ajustement traditionnel par les prix est impossible. Pour les structuralistes les réformes doivent donc s'orienter par un rôle actif de l'Etat à renforcer les capacités de l'offre. Le FMI a intégré dans sa démarche une partie des observations de l'Ecole structuraliste. En réalité il s'agit plus d'une « récupération » dans le sens où le FMI attribue ces difficultés structurelles à une insuffisance de l'intégration dans l'économie mondiale et à un rôle excessif de l'Etat. Une idée force guide le FMI dans ses analyses microéconomiques : la supériorité de la rationalité privée sur toute autre ; d'où la tendance généralisée au retrait de l'Etat au profit de la libéralisation des marchés et de la privatisation des entreprises publiques comme condition à l'accès des pays comme le Cameroun aux prêts du FMI.

2. les modalités d'octroi des financements du FMI : les conditionnalités de la

libéralisation

Le FMI dans sa démarche de banquier des Etats membres en difficultés financières a intégré la nécessité d'introduire des réformes structurelles dans les économies des PVD. Pour l'ensemble ces réformes tournent autour de deux principaux concepts : la privatisation et la libéralisation. La privatisation repose sur le postulat de la rationalité des décisions privées. Le FMI proscrit ainsi l'intervention économique de l'Etat car elle conduirait à des distorsions dans l'allocation des ressources. L'intervention de l'Etat est nocive à plusieurs égards. Les subventions et autres soutiens aux entreprises déficitaires maintiennent en vie des activités non rentables. Il s'opère un détournement des ressources au détriment des secteurs productifs. En ce qui concerne l'agriculture une politique sensée maintenir artificiellement les prix des produits agricoles à un bas niveau conduirait à une chute des revenus des agriculteurs

La libéralisation quant à elle se caractérise par l'ouverture du pays aux échanges internationaux. Ici l'intervention étatique par le biais de mesures de protection du tissu local est décriée par le FMI et la Banque mondiale. Les mesures protectionnistes (contingentement ; hausse des tarifs douaniers ; surévaluation du taux de change) faussent la concurrence et accroissent le déficit de la balance de commerciale.

Pour remettre les économies en difficultés sur le chemin de la croissance et du développement, le FMI propose d'ajuster les pays considérés à l'aune des concepts de libéralisation et privatisation. Le FMI a ainsi conçu un ensemble d'exigences que le pays doit satisfaire pour bénéficier des ressources du FMI. Il s'agit d'une série de conditionnalités

budgétaires et monétaires. Au départ elles se limitaient à des aspects purement économiques mais à ce jour elles intègrent aussi bien des questions administratives que politiques à savoir l'exigence de la bonne gouvernance et de la démocratie. Dans le cadre de cet exposé nous nous limiterons aux aspects économiques de la conditionnalité de l'ajustement structurel.

a. Les aspects budgétaires de la conditionnalité de la libéralisation

Ils concernent la nécessité de contrôler la demande par la compression des indicateurs budgétaires. Face au constat du déséquilibre de la balance de paiement, l'ambition de restaurer l'équilibre s'opère à travers deux choix : Au niveau interne le choix s'opère entre recettes et dépenses. Au niveau externe c'est la balance entre exportation et importations qui doit être gérée. Le choix de l'instrument budgétaire pour ce qui concerne les pays africains s'explique par la faiblesse du système bancaire incapable d'actionner efficacement les instruments classiques de gestion de la liquidité bancaire (open-market, réserves obligatoires). Dès lors un certain nombre de critères et objectifs de gestion budgétaire seront fixés par le FMI à l'encontre des pays demandeurs de ses ressources.

Les critères retenus concernent presque toujours le plafonnement du crédit bancaire à l'Etat. Il s'agit de limiter les tendances à l'expansionnisme économique et endiguer les dérapages de la demande interne qui sont néfastes à l'équilibre de la balance de paiement.

Les objectifs quant eux sont assez précis il s'agit de déterminer un volume de recettes et de dépenses à atteindre. Il faut ainsi déterminer un montant permettant de rééquilibrer les agrégats économiques. Cet objectif s'opère soit par une hausse des impôts soit par une baisse des dépenses publiques. Les moyens choisis par le FMI reflètent sa philosophie économique à savoir la confiance en la rationalité des décisions privées. Ainsi l'option retenue est normalement la réduction des dépenses publiques et la rationalisation de l'assiette fiscale existante (mode de recouvrement etc. ...). L'essentiel dans ce cadre est la diminution du ratio dépense publique / PIB. Le FMI conseille la compression du budget de fonctionnement de l'Etat et le gel du budget d'investissement (crédits d'équipement). Ces impératifs passent par la maîtrise de la masse salariale des fonctionnaires à savoir le gel des salaires, l'ajournement des augmentations prévues ou simplement des augmentations inférieures au taux d'inflation. Dans le secteur de l'emploi, on doit procéder à des gels de poste dans la fonction publique ou la modification des conditions d'accès à la fonction publique ; les mesures les plus difficiles socialement seront les réductions voire les suppressions des transferts sociaux.

b. Les conditionnalités monétaires de la libéralisation

Elles sont liées à l'approche libérale des problèmes de l'offre ; il s'agit d'instaurer un système de prix relatifs le plus favorable à la croissance et à l'équilibre extérieur. Le but est d'agir sur les prix pour améliorer la rentabilité des activités privées. Cette action monétariste porte sur plusieurs types de prix :

L'action sur les prix intérieurs concerne le niveau de salaires ; il s'agit d'opérer un ralentissement des salaires réels soit par une diminution de la progression des salaires soit par une baisse pure et simple des rémunérations. L'objectif visé à ce niveau est la meilleure rentabilité des entreprises, le renforcement des incitations à l'investissement dans des secteurs créateurs d'emplois afin de favoriser une attraction des Investissement directs étrangers. D'où l'option pour des législations moins contraignantes en ce qui concerne l'embauche et le licenciement.

Les taux d'intérêts sont aussi concernés par cette action sur les prix. La hausse de taux d'intérêts est ainsi préconisée pour encourager l'épargne intérieure et fournir une contre incitation à la fuite des capitaux.

La deuxième action concerne le taux de change ; la dévaluation est encouragée pour réduire la demande globale. Le FMI pense que diminuer la valeur de la monnaie locale exprimée en devise contribuerait à réduire le pouvoir d'achat et à réduire de facto la demande sur les biens importés.

De plus, un supplément de compétitivité est aussi visé ; il s'agit de diminuer les prix des biens nationaux sur les marchés extérieurs. Le but est de relancer les activités d'exportations. Ces deux effets permettront de réduire le déficit de la balance de paiement. Toutes ces mesures seront suivies d'une application accélérée dans le secteur agricole au Cameroun.

2.2. REVUE DE LA LITTERATURE

2.2.1. ANALYSE DU MARCHE FINANCIER AGRICOLE

Depuis que les agricultures familiales des pays du Sud sont entrées dans une logique d'intensification et d'insertion dans le marché, exigeant des capitaux, organiser l'accès des agriculteurs au crédit a été au coeur des préoccupations du développement. Mais les approches et les dispositifs d'accès au crédit ont profondément évolué en quelques décennies. Au 20ième siècle, jusqu'au début des années 80, donner l'accès au crédit agricole était un rôle de l'Etat. Au fil des années 70, dans un contexte marqué par les théories de libéralisation économique, le financement agricole public a fait l'objet de critiques croissantes qui ont finalement conduit à sa remise en cause. Progressivement, les dispositifs de crédit agricole vont être démantelés dans le cadre des politiques de libéralisation du secteur financier.

Ainsi comme le note (Achancho, 2008 ; Bokagne, 2006 ; Kouomou ;2006 ;Fouda Moulende, 2003), Plusieurs périodes se succèdent dans l'histoire des politiques agricoles au Cameroun. Alors que, de la fin des années 60 aux années 80, les pouvoirs publics conçoivent et définissent les politiques à travers des plans quinquennaux de développement sans en référer aux acteurs (Achancho, 2008), la crise économique des années 80 suscite de nouvelles formes de relations entre l'État et le monde paysan. Puis les Programmes d'ajustement structurel entraînent de nombreuses restructurations, une baisse des subventions étatiques mais aussi l'apparition de nouveaux acteurs.

2.2.2. LE FINANCEMENT DE L'AGRICULTURE EN AFRIQUE

DES ANNEES 60 AUX ANNEES 80

Apres les indépendances, le financement du monde rural va connaitre une forte implication de l'Etat dans plusieurs pays africains. C'est alors que Wampfler et al pensent que au 20 ième siècle, jusqu'au début des années 80, donner l'accès au crédit agricole était un rôle de l'Etat. Morvant-Roux(2008) pour aller dans le même sens note que, l'approche privilégiée a pris la forme d'une intervention des Etats par l'intermédiaire des banques publiques de développement et des bailleurs de fonds sur le marché du crédit à des conditions favorables (taux bonifiés, absence de garantie, etc.). Au Cameroun, l'intervention de l'Etat s'est faite notamment à travers la création des banques et sociétés de développement dont les missions sont de financer et de développer le secteur rural en général et plus spécifiquement l'agriculture qui a occupé et occupe toujours une place de choix dans son économie.

2.2.3. LES ORGANISMES PUBLICS DE FINANCEMENT DU MONDE RURAL AU CAMEROUN

1) La Banque Camerounaise de Développement(BCD)

Dès l'indépendance, l'une des premières actions du nouveau gouvernement camerounais fut la création de la Banque Camerounaise de Développement (BCD) dont l'une des principales missions était d'assurer la distribution du crédit en milieu rural pour en stimuler le développement (Foko, 1994). Plus tard, la BCD est remplacée par les sociétés mutuelles de développement rural (SOMUDER) qui étaient des structures beaucoup plus rapprochées des populations rurales et dont les actions devaient mieux satisfaire leurs besoins. Malheureusement, malgré tous les efforts déployés par le gouvernement, les résultats à l'instar de ceux de la BCD, sont restés très en dessous des prévisions. Le développement rural attendu n'a pas été obtenu. Ce second échec a poussé le gouvernement à créer le Fond National de Développement Rural (FONADER)

2) Le FONADER

a) Les missions du FONADER

Le FONADER fut d'abord rattaché au ministère de l'agriculture avant d'être érigé en organisme étatique ayant une autonomie financière. Il avait pour missions :

o l'administration, le stockage et la distribution des intrants agricoles subventionnés ;

o la promotion et la distribution du crédit agricole ;

o le financement et le suivi de certains projets de développement.

b) Le fonctionnement du FONADER

Le fonds s'était doté pour ce faire d'une structure décentralisée au niveau des provinces et des départements avec des bureaux périodiques installés un peu partout dans le pays afin de se rapprocher du monde rural. Son activité de crédit s'effectuait soit de façon directe aux individus, aux groupes d'agriculteurs (crédit GAM) afin de réduire les coûts de transaction et faciliter le recouvrement ;soit sous forme de crédits d'investissements aux coopératives et aux adhérents des coopératives(crédit adhérents) qui permettaient de refinancer les crédits mis à la disposition des coopératives afin de leur permettre d'atteindre les petits agriculteurs ;soit encore aux sociétés de développement avec ou sans activité de commercialisation .

Le FONADER est représenté à l'Ouest à partir de 1979. Son objectif est le financement du secteur agricole. Il offre des crédits individuels aux paysans capables d'offrir des garanties, des crédits collectifs à des "GAM", des groupements d'agriculteurs modernes, et aux coopératives. Comme le FONADER ne dispose pas de structures propres dans la région, il a opéré à travers les coopératives de café (Schaefer-Kehnert et Hans, 1988). Cette collaboration n'a pas été très fonctionnelle: D'abord le règlement de la collaboration coopérative FONADER n'incitait pas les coopératives à veiller à la récupération des fonds du FONADER. En conséquence le recouvrement des crédits est faible (Heidhues et Weinschenk, 1986).

Les coopératives dans l'ensemble jouaient le rôle de courroie de transmission dans la distribution de Crédit Engrais, Crédit Fongicides et Crédit Pulvérisateurs financés par le FONADER et aussi pouvaient distribuer des crédits directs à leurs adhérents à partir des fonds venus de l'étranger (Kouomou, 2006).Il est considéré comme le véritable organisme de financement du monde rural ; c'est ainsi qu'on le qualifiait de « banque des paysans » (Fodouop ,2003 ; Mouiche ,2005).Mais comme le note Tedga (1990), destiné dès le départ à être rapidement transformé en véritable banque agricole, il n'a jamais pu le devenir.

c) Les points forts du FONADER

Le Fonds national de développement rural au Cameroun (FONADER) a été conçu comme une « banque du paysan ». A ce titre, il devait accorder directement des crédits aux paysans individuels ou à des groupements engagés dans l'agriculture ou l'élevage comme le montre le tableau suivant :

Tableau 1 : Crédits accordés par le FONADER par filière (103 FCFA)

Exercice

Montant par filière

Montant
TOTAL

Agriculture

Élevage

Autres

1973-74

154141

7000

-

161 141

1974-75

641691

150962

97148

889 801

1975-76

792622

352018

142243

1 286 883

1976-77

1349496

397846

72475

1 819 817

1977-78

1063118

691923

646742

2 401 883

1978-79

1249059

605041

614400

2 468 500

1979-80

1173193

435190

447809

2 056 192

1980-81

1387322

318952

471997

2 178 171

1981-82

993473

434700

522276

1 951 249

1982-83

998766

569073

632021

2 199 860

1983-84

1069028

587223

332301

1 998 552

1984-85

1930233

1697136

3455365

7 082 704

1985-86

3040598

1245446

1714617

6 000 861

1986-87

2819979

1368385

1321671

5 510 035

1987-88

7092

38480

430

46 102

Source: Stratégies de développement agricole 1980-1990 (Extrait de Ondoa Manga Tobie, 2006)

Il devait également intervenir directement dans les coopératives et les projets agricoles pour une promotion du marketing de leurs produits. C'est dans ce cadre qu'il a eu à financer des projets tels que la SOCAPALM, les hauts plateaux de l'Ouest, le projet Nord-Ouest Bénoué (NOB), la SEMRY.

A cet effet, Mouiche (2005) pense que par l'octroi des crédits à faible taux d'intérêt aux agriculteurs et à la simplicité des procédures, cette structure était très active pour un monde rural très faiblement bancarisé. Les activités menées par le FONADER dans l'ouest au cours de l'exercice1985/1986, ont consisté à la distribution des crédits dont les chiffres paraissent tout aussi faramineux : crédits individuels : 463 244 785 contre 322 932 464 en 1984/1985 soit une augmentation de 43,45% ; crédits aux coopératives : 203 000 000 FCFA.

Ngonthe pense alors que le FONADER est resté la plus importante source des crédits agricoles jusqu'en 1987 année de cessation de ses activités. Les prêts sont passés de 2 milliards en 1980/1981 à plus de 7 milliards en 1984/1985 pour chuter à seulement 46 millions en 1987/1988 comme le montre le tableau ci dessous.

Tableau 2 : Crédits accordés par le FONADER par catégorie d'acteurs (103 FCFA)

Exercice

Montant par catégorie de bénéficiaires3

Montant
TOTAL

Individus

GAM

COOP

Sociétés de

Développement

1973-74

45590

41628

11773

62150

161 141

1974-75

418762

154918

194875

121246

889 801

1975-76

646789

256988

97200

285906

1 286 883

1976-77

711264

370281

291625

446647

1 819 817

1977-78

702543

410824

396881

891635

2 401 883

1978-79

635330

481854

425638

925658

2 468 480

1979-80

876372

502430

652390

25000

2 056 192

1980-81

876879

482606

412686

406000

2 178 171

1981-82

876000

460842

567597

46810

1 951 249

1982-83

1001919

154052

676889

367000

2 199 860

1983-84

1391755

245434

201363

150000

1 998 552

1984-85

4210448

234462

2597794

40000

7 082 704

1985-86

5069346

419515

362000

150000

6 000 861

1986-87

4194294

385741

930000

-

5 510 035

1987- 88

46102

-

-

-

46 102

Source: Stratégies de développement agricole 1980-1990(Extrait de Ondoa Manga Tobie, 2006)

d) Les limites du FONADER

Le FONADER a effectivement apporté un soutien financier aux sociétés d'encadrement du monde rural, jusqu'à sa suppression en 1987, il a failli a sa mission d'assistance matérielle et pécuniaire aux paysans .Et pour cause : ne disposant que de sept agences a Yaoundé, Douala, Bafoussam, Kumba et Bertoua, il n'était pas en mesure d'assurer, une couverture complète du pays. Sur ce plan, la distance à parcourir pour atteindre l'agence FONADER la plus proche était si grande que les paysans des provinces de l'Adamaoua, de l'Extrême -Nord, du Sud et des département de la Boumba-Ngoko,du Mbam, de la Haute Sanaga et du Nkam avaient renoncé à compter sur cet organisme. En outre, au lieu d'accorder des crédits aux paysans qui se présentaient à ses rares agences, le FONADER préférait satisfaire les fonctionnaires disposant d'appuis politiques ou des protections au plus haut niveau qui le sollicitaient à titre d'agriculteurs (Fodouop, 2003). Et comme par-dessus tout cet organisme supportait des charges de fonctionnement élevées, il allait connaitre des défaillances. Ainsi, au début de l'année 1982,face à l'amenuisement de ses ressources lié au non recouvrement des prêts consentis aux fonctionnaires déguisés en agriculteurs, aux frais de

3 GAM : Groupement d'Agriculteurs modernes ; COOP : cooperatives.

fonctionnement élevés et à une gestion approximative, il ne pouvait plus fournir un soutien financier aux sociétés d'encadrement rural, ni accorder de nouveaux crédits.

A cause des difficultés rencontrées au niveau du recouvrement des crédits individuels, cette forme d'intervention a beaucoup plus touché les grands agriculteurs et les salariés car ces derniers représentaient selon le fonds des risques moindres du fait qu'ils pouvaient garantir les prêts avec leur salaire. Aussi, au niveau des crédits GAM (Groupement d'Agriculteurs Moderne), la difficulté a été la qualité des groupes qui ont présenté des imperfections. Ces groupes étaient pour la plupart des groupes désorganisés, fictifs et parfois crées dans le seul but d'obtenir un crédit, ce qui a durement entamé l'impact du fonds. Pour mieux appuyer ces insuffisances, Tedga (1990) mentionne que sur les 50 627milliards de FCFA de budget, le FONADER n'a pas disposé de plus de 15% pour le crédit aux paysans. Aussi, il est resté posé l'eternel problème de gestion des crédits alloués aux agriculteurs, et qui ne sont pas totalement recouvrés. Dans le même ordre d'idées, Foko (1994) pense que comme ses prédécesseurs, le FONADER a rencontré de nombreux problèmes dans l'accomplissement de sa mission. C'est pourquoi ses réalisations sont restées en dessous des objectifs qui lui avaient été assignés, comme l'indique le tableau 3

Tableau 3: Prévisions et réalisations de crédit du FONADER entre 1979/80 et 1983/84
(en millions de FCFA)

Années

Prévisions

Réalisations

Taux réalisé

1979/80

2 350

2 056

87 ,5%

1980/81

2 379

2 178

91,5%

1981/82

4 701

1 950

41,4%

1982/83

4 642

2 199

47,3%

1983/84

5 300

1 988

37,5%

Total

19 372

19 371

53,5%

Source : Archives du FONADER cité par Foko, 1994.

Il est important de noter comme le démontre Foko (1994) que, un programme de crédit efficace doit pouvoir récupérer tous les fonds distribués pour pouvoir les réinjecter dans le circuit. Or le FONADER a eu beaucoup de problèmes dans le recouvrement des fonds distribués dans la région de l'Ouest. Les taux d'impayés enregistrés ont été très élevés comme l'illustre le tableau 4

Tableau 4 : Evolution des impayés entre 1983 et 1985 à l'Agence FONADER de

l'OUEST (FCFA)

Années

Sommes dues

 

Sommes recouvrées

Taux de recouvrement

1982/83

204

846

841

 

60 859 835

27,7%

1983/84

256

441

442

 

38 266 990

14,9%

1984/85

376

653

458

 

143 806

38,1%

 
 
 
 
 

785

 

Total

837

941

741

242

933 610

29,1%

Source : Agence du FONADER à Bafoussam.

Le fonds faisant face à un taux important d'impayés va être confronté au processus de restructuration des années 1989/1992 qui entrainera donc sa liquidation et son remplacement par le Crédit Agricole du Cameroun(CAC).

3) Le Crédit Agricole du Cameroun (CAC)

Mis sur pied depuis 1990, le CAC a démarré ses activités en octobre de la même année. Fruit de la coopération germano-camerounaise, il est présenté comme étant la véritable banque du monde rural.il était une institution publique qui devait administrer les fonds de crédit provenant de la coopération avec les bailleurs de fonds internationaux tels que la Banque Mondiale , la BAD (Banque Africaine de Développement).IL avait pour mission le financement du monde rural à travers les caisses villageoises et les caisses locales légalement reconnues qu'il devait mettre en place sur la base des associations existantes. Il a aussi servi de courroie de financement à de nombreux projets de développement comme les projets encadrés par la MIDENO (Mission de Développement du Nord-Ouest). Avec le temps, cette banque a montré ses limites en matière de financement du monde rural. C'est alors que Bomda (1998) affirme que cette structure comme les précédentes fermera sans avoir servi ceux pour qui elle fut créée.

En 1993, la part du crédit octroyé par la banque en direction des entreprises agricoles représentait à peine 3% du total de son portefeuille de crédit. Le CAC avec le temps s'est avéré inefficace dans le financement du monde rural et a plutôt affirmé sa vocation de banque commerciale. L'octroi des crédits sur la base des montagnes de dossier pas très fiables (notamment en ce qui concerne les garanties) a rendu la banque en quelques années largement déficitaire au point où elle n'a pas pu être sauvée par les restructurations de 96 /97 (Kouomou, 2006)

2.2.4. LA PLACE DES OFFICES NATIONAUX DE
COMMERCIALISATION(ONC) DANS LE SECTEUR AGRICOLE

Environ 75 pour cent des ONC notifiés à l'Organisation mondiale du commerce conformément à l'Article XVII du GATT opèrent dans le secteur de l'agriculture. L'importance du rôle qu'ils jouent dans ce domaine tient à la conviction que le commerce d'État constitue pour les pouvoirs publics un moyen approprié de réaliser les objectifs des politiques agricoles (OMC, 1995). La plupart des ONC qui jouent un rôle significatif sur les marchés mondiaux et presque toutes les entreprises orientées vers l'exportation sont basés dans des pays développés. Malgré la tendance à la privatisation de ces dernières années, les ONC demeurent d'importants agents économiques dans les pays en développement, mais rares sont ceux dont les dimensions leur permettent d'influencer les marchés internationaux.

Les offices de commercialisation ou offices de contrôle constituent le type d'ONC le plus fréquent dans le secteur agricole. Leurs objectifs peuvent être les suivants: stabiliser les prix intérieurs, réglementer les marchés et contrôler et promouvoir les exportations. Ils sont habituellement contrôlés par les producteurs et jouissent d'un monopole sanctionné par l'État ainsi que de pouvoirs exclusifs sur une large gamme d'interventions sur le marché, comme la régulation et l'achat de la production intérieure, la fixation des prix à la consommation et à la production, le contrôle des circuits intérieurs de distribution et le commerce extérieur. Habituellement, ils contrôlent le mouvement, les prix, les normes de qualité et la commercialisation des produits agricoles relevant de leur mandat. Au Cameroun l'ONCPB a pleinement joué ce rôle avant la libéralisation.

2.2.5. L'ONCPB (Office National de la Commercialisation des Produits de Bases)

Depuis sa création en 1976 suite à la fusion du « Marketing Board » et de la « caisse de stabilisation » qui opéraient respectivement dans le Cameroun anglophone et francophone, l'ONCPB mobilisait les fonds par les taxes sur les exportations pour financer le monde rural par le truchement du FONADER. Sa mission principale était de veiller à la stabilisation des prix des cultures de rente face aux fluctuations de prix sur le marché international. Aussi il devait jouer un rôle de promotion de l'activité économique par le financement des agroindustries, par la prise de participation et l'octroi des crédits garantis par l'Etat, et faire des subventions aux sociétés de développement. Ainsi, comme le note Courade et al (1991), L'Etat, intervenait directement ou par l'intermédiaire de I'ONCPB dans toutes les étapes de la campagne. I1 agissait au niveau de la production par la subvention des intrants ou

l'entretien des pistes de collecte. Il fixait le prix d'achat garanti aux planteurs tout en assurant le contrôle de la qualité des produits, la vérification annuelle des capacités des collecteurs et l'organisation précise des marchés via la détermination des marges, l'attribution de visas d'exportation, la stabilisation des prix ou la vente de la récolte sur le marché international.

En plus de son activité de marketing, l'office finançait et mettait à la disposition du secteur rural un certain nombre de services notamment :

- Les intrants agricoles. A ce niveau l'office finançait le FONADER afin qu'il puisse mettre à la disposition des ruraux des intrants (pesticides, engrais et autres) à des prix fortement subventionnés.

- Les crédits. La fourniture des intrants agricoles était mise à la disposition des agriculteurs sous forme de crédit (tant aux acheteurs prives qu'aux coopératives) et les coûts de crédit étaient déduits du prix de vente ultérieur des récoltes. Les besoins en crédit étaient limites en raison des coûts du subventionnement des intrants.

- Les infrastructures rurales. L'office finançait la maintenance et la promotion des infrastructures routières rurales. Dans ce domaine, les subventions de l'office étaient orientées vers les projets dénommés « pistes Cacao », « Pistes Urgentes » et « Pistes Rurales ».

- Les services de recherche et de vulgarisation.

Cependant, la crise de liquidité de l'Etat due à la crise qui frappe le pays dans le milieu des années 80, son désengagement de l'activité économique et financière à la suite de la mise en application des PAS, la baisse drastique des cours internationaux des cultures de rente ont amenuisé les sources de fonds de l'office. Cette situation a conduit à la liquidation de l'office et une libéralisation du marche désormais arbitré par l'ONCC (Office National du Café et du Cacao).Le subventionnement des intrants a été supprimé suite à la libéralisation du marche des intrants agricoles ; et les projets de maintenance des infrastructures rurales délaissés.

2.2.6. LA CRISE ECONOMIQUE DU MILIEU DES ANNEES 1980 AU CAMEROUN

Au milieu des années 80, le modèle économique du Cameroun se dérègle. Il reposait depuis les années 60 sur une économie mixte, à dominante agricole, avec une forte régulation publique .Durant deux décennies, et malgré deux chocs pétroliers, ce modèle économique agricole a assuré une progression lente mais continue du niveau de vie de la majorité des ménages camerounais. Au début des années 80, le Cameroun est classé parmi les pays a revenus intermédiaires avec un avenir d'autant plus prometteur qu'il engrange depuis 1977 de substantiels revenus de l'exploitation de ses gisements de pétrole. Quelques années après, cet élan de progrès économique et social est durablement brisé. C'est ce retournement tendanciel qui fonde l'idée d'une crise économique observable à travers une baisse du revenu national, une régression sociale et une série de dérèglements important dans le fonctionnement habituel du modèle économique camerounais des années 60 et 70.

A partir de 1984/1985, le Cameroun a connu une des périodes marquantes de son histoire socioéconomique et politique avec le début violent de la crise économique, la libéralisation du secteur agricole, le désengagement de l'Etat. Mais à partir de l'année 1986, la crise économique emboite la crise politique qui ne lui est pas totalement étrangère. Elle se manifeste à l'échelon de la nation par des contre-performances macroéconomiques qui compromettent le progrès social continu, que le modèle agro économique du Cameroun a assuré depuis plus de deux décennies, et cela malgré des chocs pétroliers, malgré des chocs climatiques, et malgré la détérioration tendancielle des cours des matières premières agricoles. Autrement dit, le modèle économique historique du « libéralisme planifié » et du « développement autocentré » se dérègle au milieu des années 80, après 20 ans de succès .L'économie camerounaise rentre durablement en récession a partir de l'année 1986.Le chômage se développe, les populations s'appauvrissent (Bouopda, 2007).

Les pays du sud faisant donc face à cette crise du milieu des années 80, un ensemble de mesures vont être prises notamment par le FMI et la Banque Mondiale sous la forme des PAS (Programmes d'Ajustement Structurels)

2.2.7. L'avènement des Programmes d'Ajustement Structurel

Les pays du tiers monde se trouvant dans l'incapacité de rembourser les prêts internationaux qui leur ont été accordés, et confrontés pour la plupart à un certain nombre de difficultés telles les difficultés résultant de la mauvaise gestion du secteur public et coopératif, de la modification fréquente des systèmes de commercialisation et des difficultés d'adaptation

aux bouleversements de l'économie internationale(Westlake , 1994) ;doivent accepter de soumettre leurs économies à des Programmes d'Ajustement Structurel (PAS) en vue d'améliorer leur situation économique et corriger ce qui apparaissait comme des déséquilibres d'ordre structurel (FAO,1995).

- Les manifestations des Programmes d'Ajustement Structurel

Inspirés pour la plupart des recommandations du FMI et de la Banque Mondiale (Reusse, 1987), ces programmes accordent la priorité au rétablissement des grands équilibres économiques et budgétaires avec redressement des finances publiques et rééquilibrage de la balance des paiements. Les PAS se manifestent alors par la liquidation des organismes étatiques les moins performants et par le licenciement de nombreux salariés des projets de développement agricole. Cette liquidation s'inscrit donc dans le cadre de la libéralisation des économies qui place le secteur privé au devant de la scène.

Dans les années 1980, des ajustements structurels ont démantelé un système élaboré d'organismes publics qui fournissaient aux exploitants agricoles des accès à la terre, au crédit à l'assurance, aux actifs et aux organisations coopératives. L'idée était que la suppression des rôles de l'Etat laisserait le champ libre ,sur le marché, aux acteurs privés et que ceux-ci reprendraient ces fonctions en réduisant leurs coûts, en améliorant leur qualité et en éliminant leurs distorsions régressives(BM, 2008).

Pour Maitre d'hôtel et al (2008), les politiques économiques dans les pays du sud sont marquées de façon croissante par la libéralisation qui se caractérise à la fois par le retrait de l'Etat et l'appui à certains secteurs et par l'ouverture des marches à la concurrence internationale. Le secteur agricole est particulièrement concerné : le démantèlement progressif des politiques agricoles et la globalisation des échanges commerciaux se traduisent par de profondes restructurations des territoires et l'organisation économique des filières, dans lesquelles les acteurs privés sont amenés à occuper de nouvelles fonctions.

Greffon (2001) cité par Bélières et al (2008) ajoute que les politiques économiques en Afrique subsaharienne ont été caractérisées au cours de ces trois décennies par une libéralisation des marchés et un désengagement de l'Etat. Les organisations de filières agricoles avec prépondérance de l'Etat ont été critiquées en raison de leur inefficacité, leur coût élevé, les déficits publics et des formes d'opportunisme économique qu'elles avaient pu contribuer à créer.

Ainsi pour Bradley (2001), Le processus d'ajustement structurel engagé en Afrique au milieu des années 80, avec l'objectif de passer d'une économie dominée par les acteurs publics à une économie régie par le marché, a été long et douloureux. Après 15 ans, ce processus est encore en cours dans tous les pays pauvres de la région. La réforme du secteur agricole a été prioritaire et impliquait la libéralisation des prix ainsi que le désengagement du secteur public, de la collecte et de la commercialisation des produits agricoles.

2.2.8. ENJEU DE LA LIBERALISATION DU SECTEUR FINANCIER

Du point de vue théorique, le concept de libéralisation financière apparaît au début des années 70 dans les écrits de R.I. Mc-Kinnon (1973) et E. Shaw (1973). Ces deux auteurs présentent la libéralisation du secteur financier comme un moyen efficace et simple pour accélérer la croissance économique des pays en voie de développement. Cette théorie trouve rapidement un écho favorable, tant auprès des grands organismes internationaux (F.M.I., Banque Mondiale) qu'auprès de certains pays en voie de développement(Baptiste Venet ,2004).C'est alors que la libéralisation financière, prônée par les institutions internationales, était censée réduire le rôle de l'Etat pour supprimer les distorsions liée à l'économie administrée et, grâce au relèvement des taux d'intérêt, devait permettre l'augmentation de l'épargne nationale afin de relancer l'investissement sans recourir à l'endettement extérieur (Banque mondiale, 1989 in A-Coordination Sud,2008).

2.2.9. LES EFFETS DE LA LIBERALISATION DES ECONOMIES EN AFRIQUE

Dans de nombreux pays du Sud, une large part du financement de l'agriculture était jusqu'à présent publique (Wampfler, 2002 ; A-coordination Sud, 2008 ; Dufumier, 1996), sous différentes formes : lignes de crédit et fonds de garantie gérés par l'administration, banque publiques (agricoles ou de développement), sociétés de développement, projets de développement. Ainsi comme le note (Wampfler ;2002) La libéralisation économique démantèle progressivement cette offre publique de financement : les lignes de crédit direct à l'agriculture gérées par les administrations ou cogérées par les projets de développement, voire par les OP, ont montré leurs limites (impayés importants, difficulté de pérennisation) ; avec la diffusion des bonnes pratiques en matière de financement, les bailleurs de fonds tendent à limiter leurs investissements dans les projets de crédit. Les sociétés de développement sont progressivement privatisées ; leur fonction de financement est transférée

avec difficulté aux banques, organisations paysannes et aux IMF quand celles-ci existent. Les banques agricoles concentrent leur offre de financement sur quelques secteurs sécurisés (cultures d'exportations, productions irriguées, ...) et ne s'aventurent qu'avec beaucoup de précaution dans les autres secteurs.

A cet effet, Abena Nguema(2006) note alors que, le brusque désengagement de l'Etat et son remplacement par des réseaux privés de distribution des produits agrochimiques et des semences n'a pu réussir à satisfaire que la demande des grandes filières des cultures industrielles et d'exportation manifestée par les grandes sociétés ou entreprises agricoles publiques ou privées. En outre, le non transfert aux paysans du savoir-faire des brigades phytosanitaires du Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural (MINADER) s'est traduit par une recrudescence des grands fléaux dans le Nord et une dégradation de l'état sanitaire des cultures et plantations dans le Sud.

1) les conséquences de la libéralisation sur la production.

La libéralisation signifiait la responsabilisation des paysans et la fin des subventions de l'Etat. Dès lors les paysans sont tenus de se procurer par leurs soins tout ce qui est nécessaire dans la chaîne de production. En 1988-1989, la distribution gratuite des intrants sera interrompue. Elle sera accompagnée de la suppression du système de subventions aux engrais pesticides et herbicides. Le programme de réforme du secteur engrais en 1993 imposera la privatisation intégrale de la distribution des engrais. Pour ce qui concerne le cacao et le café, on note ainsi l'entrée d'une multiplicité d'acteurs privés dans le marché des intrants.

Dans l'Ouest Cameroun, l'UCCAO, qui tirait donc ses ressources de la vente du café arabica, connaît des problèmes financiers et ses activités d'encadrement se ralentissent. L'Etat adopte une politique dite de désengagement des activités assumées auparavant en faveur du monde rural : fourniture d'intrants agricoles, conseils techniques, commercialisation. Le secteur agricole connaît alors une libéralisation sur fond d'abandon du soutien des fonds publics. (Fongang, 2008).

Ainsi, l'affaiblissement considérable du rôle de l'Etat lié à son retrait de l'appareil de production agricole, sans une préparation suffisante pour assurer une bonne transition est accentuée par la pénurie financière endurée par les ministères en charge du secteur agricole et forestier, produit et produira encore des conséquences néfastes sur la production du secteur agricole au Cameroun Abena Nguema(2006).

2) les conséquences en ce qui concerne le financement.

Le financement des opérations agricoles a été progressivement abandonné a l'occasion de la libéralisation. Le secteur privé notamment bancaire qui devait reprendre le témoin n'a pas suivi. Dans le secteur cacao le financement sur recettes d'exportations ou le recours au crédit se sont substitués aux subventions et autres concours techniques de l'Etat. Toutefois le constat démontre que seuls 7% des paysans ont accès aux crédits. Bien que le secteur agricole représente 30% du PIB de l'économie nationale, les statistiques révèlent que seuls 8% des crédits bancaires sont alloués au financement des activités agricoles. La cartographie des instituts de financement est marquée par le rôle quasi exclusif des tontines et prêts familiaux. Il convient donc de constater que l'accès des paysans aux crédits bancaires est marginal. Le retrait de l'Etat du circuit de financement par la liquidation du Crédit Agricole Camerounais (CAC) aura pour conséquence une rupture des flux de financements des activités agricoles. La difficulté d'accès aux crédits pour les paysans est le fait d'une désorganisation du secteur après le retrait de l'Etat. Plusieurs considérations excluent les producteurs du système bancaire. En amont, la volatilité des prix des produits agricoles, les risques de production et les carences d'un système de garantie ou de cautionnement des producteurs. En aval les carences d'une politique claire en direction du monde agricole et les taux d'intérêts élevés pratiqués par les banques. La création des organismes de micro crédits destinés à financer les activités communautaires est venue prendre le relais.

3) Les effets sur les prix

Dans la plupart des pays africains, le marché des produits agricoles d'exportation est très largement sous le contrôle de l'Etat par le biais des coopératives et des Caisses de stabilisation (ou Marketing Board en Afrique anglophone). C'est aussi l'Etat qui fixe par décret le prix d'achat au producteur et accorde l'agrément aux exportateurs. Une situation très confortable qui permettait d'engranger d'importantes marges bénéficiaires quand les cours étaient à la hausse, mais aussi de répercuter les baisses sur les producteurs. Le système mis en place par les pouvoirs publics a nui à la fluidité du marché. Il a créé, ici ou là, des goulots d'étranglement tout en décourageant les producteurs par des prix peu incitatifs et l'accumulation d'arriérés de paiements des récoltes (Nzekoue, 1994).

Pour Mbianda (1993), une Caisse de Stabilisation fixe un prix garanti à la production pour les produits destinés à l'exportation et assume la différence entre ce prix et le cours

mondial. Les caisses de stabilisation, en raison des masses financières importantes qu'elles ont eu à gérer, ont été amenées à jouer un rôle très important tant au niveau du commerce extérieur des PVD, du développement de l'agriculture, de l'investissement industriel que du fonctionnement des circuits financiers étatiques. Elles étaient devenues une pièce maîtresse dans le processus de développement de ces pays.

Mais pour Tollens cité par (Nzekoue, 1994), la stabilisation telle que pratiquée jusqu'ici, a toujours consisté à ramener les prix du café, du cacao ou du coton à la baisse, jamais à la hausse. Quand les prix à l'exportation étaient bons, comme en 1985, avec 1400 F/kg au port de Douala, le prix d'achat au paysan ne dépassait pas 400 F/kg. Les Caisses de stabilisation débordaient de centaines de milliards. Où est passé tout cet argent ? Au lieu de servir à l'augmentation de la productivité et à l'amélioration des conditions de vie du monde rural, il a été gaspillé dans des projets grandioses, improductifs, quand il n'a pas été affecté au renflouement des entreprises publiques chroniquement déficitaires.

4) Les effets sur les intrants et la qualité

Avant la libéralisation, la fourniture d'intrants aux agriculteurs travaillant pour l'exportation relevait pour l'essentiel d'organismes publics. Les engrais, pesticides et semences étaient importés ou produits localement par l'Etat et fournis aux agriculteurs, généralement à titre gratuit. Leur coût était déduit du prix versé par l'office ou les coopératives au moment de l'achat de la récolte. La libéralisation des circuits de vente de tous les intrants agricoles s'est faite parallèlement à celle des circuits de commercialisation des cultures de rente et le secteur privé prend aujourd'hui une part active aux transactions sur les facteurs de production.

L'abolition de l'ancien système d'approvisionnement en intrants et le net renchérissement de ceux-ci en raison de la dévaluation et de la suppression des subventions se sont traduits par une diminution de la consommation d'intrants due à une augmentation des prix de ces derniers.

Magnuson et al(1985) pour leur part notent que les effets négatifs de l'augmentation des prix des intrants sur la production agricole imposent de sérieuses contraintes à la politique des prix des intrants. Si le prix de la production demeure constant alors que le coût des intrants augmente, la rentabilité de l'exploitation diminue, et par suite les cultivateurs réduisent leurs achats et leur production.

Au Cameroun, la libéralisation de la commercialisation des engrais a eu lieu au début des années 90; elle s'est accompagnée d'une suppression des importantes subventions accordées aux utilisateurs de ces produits.

Néanmoins, après une chute au début des années 90, la consommation est remontée quelques années plus tard. Il est signalé que dans les provinces de l'Ouest et du littoral les producteurs de café se rendent aujourd'hui compte de l'utilité d'approvisionnements en intrants fiables et les coopératives recommencent à leur fournir des intrants qu'ils paient lors de la vente de la récolte. Il va de soi que les coopératives accordent la priorité aux agriculteurs qui, en dépit de la privatisation du secteur, continuent de s'adresser à elles pour commercialiser leur production et dont elles pensent qu'ils rembourseront leurs prêts.

2.2.10. INTRODUCTION DU CAFE A L'OUEST CAMEROUN

Dans l'Ouest comme dans le Nord-Ouest, l'introduction de la culture de café est due à l'initiative des paysans camerounais. La position de l'administration coloniale envers cette nouvelle production fut importante pour la constitution des structures de commercialisation. Pour cela, elle est brièvement décrite avant la présentation du développement des structures de commercialisation.

Dans l'Ouest, l'introduction du café arabica remonte aux années vingt (Mbapndah Ndobegang ,1985). Les premiers plants de café provenaient de la station agricole de Dschang, ouverte en 1923, ou de la mission catholique à Foumban. Durant les vingt premières années, la production resta cependant modeste, une expansion rapide commença à partir de la fin des années 40. Autour de Foumban, un petit nombre d'Européens ouvrirent des plantations à partir de 1929, après avoir vu les résultats impressionnants des planteurs camerounais. Le robusta a été introduit par des émigrés retournant du Moungo.

Pour l'administration coloniale française l'approvisionnement en main d'oeuvre et en biens vivriers des plantations et des chantiers publics était une priorité pour la région, et dans cette perspective, l'expansion de la production de café constituait une menace. L'administration désirait pour cela restreindre la culture du café à une élite locale de grands planteurs comme base du pouvoir colonial. A cela se conjugua une forte pression de la part des planteurs européens pour endiguer la concurrence par les producteurs locaux.

Cette réglementation de la production de café par l'administration française joua un rôle important dans le développement d'abord modeste de la culture du café. Après la deuxième guerre mondiale, les tensions sociales furent telles, que l'administration fut forcée de libéraliser la culture du café, et c'est suite à cette libéralisation que l'Ouest connût une forte expansion de la production de café (Mbapndah Ndobegang, 1985)

2.2.11. LA COMMERCIALISATION DU CAFE

La commercialisation du café, était cependant depuis son début étroitement en rapport avec les stratégies coloniales et a joué un rôle important pour le financement des efforts de développement coloniaux. Cette fonction resta essentielle aussi après l'Indépendance et cela explique l'influence croissante de l'État sur les structures de commercialisation. Les structures ainsi mises en place ont été assez opérationnelles. L'accès au marché mondial était assuré. Pour les paysans la garantie d'achat des coopératives donnait une sécurité bienvenue. Mais la constitution des structures de commercialisation sous l'influence croissante de l'État signifie aussi l'exclusion progressive de la concurrence et la mise en place d'une administration coopérative et des caisses de stabilisation. L'importance stratégique du café pour l'État a donc induit des structures de commercialisation spécifiques.

1) L'accès au marché mondial

Au niveau mondial, le marché de café existait déjà au moment où les producteurs camerounais s'engagèrent dans la production. Leur problème était la constitution des structures de commercialisation au niveau régional et national.

2) Sur le plan national

Fark-Grüninger (1991) note que l'histoire de l'organisation de la commercialisation du café au Cameroun est longue et complexe. Des structures différentes ont émergé dans les deux provinces4. A l'Ouest, même les deux types de café, l'arabica et le robusta, sont commercialisés au sein de structures distinctes. La commercialisation à l'ouest n'était pas très difficile car, elle était reliée au Sud par une route. A travers les maisons de commerce installées à Nkongsamba, la commercialisation s'organisa sans trop de peine.

4 L'ouest et le nord-ouest sont les deux grandes zones de production de café au Cameroun .L'arabica plus à l'ouest et le robusta plus dans le nord-ouest.

3) L'évolution du système de commercialisation du café à l'Ouest

A l'Ouest, le contrôle de la production et de la commercialisation par l'administration était l'élément le plus important. Le Syndicat des Planteurs du Café fut créé à l'initiative des colons européens en 1932 pour restreindre la concurrence par les plantations camerounaises. Il était en grande partie géré par l'administration coloniale et il englobait toute la région de l'Ouest. Les planteurs camerounais étaient obligés d'y adhérer. La commercialisation à travers cet organisme était nettement moins profitable que la vente directe à des commerçants à Nkongsamba pour les producteurs. Jusqu' à l'Indépendance, chaque subdivision avait sa propre coopérative5. Ces coopératives organisaient la collecte, le transport et le stockage de la récolte des producteurs très dispersés. Elles vendaient aux grandes sociétés commerciales et se substituèrent donc aux petits commerçants privés. Dans le secteur arabica, cette substitution fut assez complète Gabelmann, Ekkehart (1971) cité par Fark-Grüninger (1991). Par contre dans le secteur du robusta, les usiniers privés dominaient le marché et les trois coopératives ne réussirent pas à s'imposer. Leur part du marché resta faible.

Pour se défendre contre les conditions médiocres de commercialisation à travers ces coopératives, les producteurs créèrent leur propres structures coopératives: le Syndicat Agricole des Planteurs Bamilékés et plus tard la COOPCOLV. Mais suite à une série de très mauvaises campagnes dans les années 50, toutes ces coopératives furent paralysées. L'administration intervint pour rendre le système coopératif à nouveau opérationnel (Champaud, 1983). En 1958, elle regroupa toutes les coopératives d'arabica au sein de l'UCCAO, qui obtient en même temps le monopole pour la province de l'Ouest. A cause de la concurrence des commerçants privés, un regroupement des coopératives de robusta en 1969 (UCCROCAM, Union des coopératives de café robusta de l'Ouest Cameroun) eut moins de succès que l'UCCAO, et en 1978, la commercialisation coopérative de robusta fut également reprise par l'UCCAO.

2.2.12. LES ENJEUX DE LA LIBERALISATION DES FILIERES

AGRICOLES

Fongang (2010) note que dans les filières d'exportation, des organisations de producteurs créées par l'État servaient de relais aux sociétés de développement pour la

5 Foumbot: 1930/31, Dschang 1932 (Coopcolv: 1948), Bafoussam 1937, Mbouda 1958, Bafang: 1958, Bangangté: 1961.

collecte des produits agricoles, la distribution d'intrants, etc. Ces organisations avaient également très souvent des missions de développement régional. Elles étaient contrôlées par l'État, qui désignait leurs responsables exécutifs, s'assurant ainsi une influence sur les dynamiques paysannes. C'était le cas de l'Union centrale des coopératives agricoles de l'Ouest Cameroun (Uccao) et des groupements paysans autour de la Société de développement du coton (Sodecoton) au nord du pays.

Mais Dans un contexte dominé par la crise économique et l'échec de la politique interventionniste, le début des années 90 va marquer le désengagement de l'État camerounais du secteur agricole.

C'est alors que pour la CNUCED et l'ONCC(2009), le vent des libertés qui a soufflé dans le monde et sur notre pays depuis les années 1990, a donné lieu a un très vaste mouvement de dérèglementation avec notamment, la libéralisation des activités économiques plus concrètement le désengagement de l'Etat dans les secteurs productifs.

Ainsi, le processus de libéralisation engagé en Afrique au sud du Sahara depuis la fin de la décennie 80 se traduit par des changements structurels profonds dans la configuration des agricultures familiales africaines ; la libéralisation induit un mouvement de différenciation accéléré des agricultures caractérisé par deux phénomènes qu'il convient de détailler et que sont la croissance du risque économique pour les agriculteurs et la croissance des asymétries entre les différents agents du secteur agricole.

Ondoa(2006) remarque alors que dans la mise en oeuvre du processus de libéralisation, l'Etat va aussi supprimer les mécanismes de régulation administrée ; laissant les producteurs agricoles, peu préparés à s'engager sur de nouveaux types de relations basées sur la négociation et l'établissement de liens contractuels avec des prestataires généralement plus aguerris.

Les producteurs doivent d'abord compter sur leurs propres forces pour affronter la compétition internationale, tant à l'exportation que sur leurs marchés intérieurs où ils subissent les prix de dumping des excédents importés des pays industrialisés ; mais aussi pour résister à une plus grande instabilité des prix liée à la fin des protections de marché et des accords internationaux sur les produits de base, à la fin des soutiens et de la coordination administrée.

Le bilan de la libéralisation des filières agricoles africaines est sans équivoque : l'État, précédemment omniprésent dans le secteur agricole, s'est largement retiré d'un ensemble d'activités, notamment celles de la commercialisation et de la transformation de la production primaire. Ce désengagement de l'État s'est accompagné, à des degrés très divers, d'un appui à la professionnalisation des producteurs et par l'ébauche de la constitution d'une interprofession qui regroupe les différents acteurs des filières.

Le désengagement des États, avec l'arrêt de l'administration des filières par des offices publics, n'a pas seulement affecté les prix des produits ou des intrants, il a aussi lourdement modifié l'accès aux différents services agricoles. L'austérité budgétaire de l'ajustement et l'impératif de privatisation ont supprimé (ou durement réduit) les différentes structures d'appui à l'agriculture (sociétés publiques et parapubliques, projets, administrations techniques) avec comme conséquence l'assèchement des approvisionnements, du conseil technique, du crédit, voire des difficultés de commercialisation.

Amadou Fall (2009) souligne alors que les stratégies néolibérales tendant à faire passer l'Afrique d'une économie dominée par les acteurs publics à une économie régie par le marché, sous la houlette des institutions de Bretton Woods, n'ont pas eu les effets attendus sur la production agricole et le revenu des ruraux. Avec le « moins d'Etat » et l'abandon des paysans à eux-mêmes, elles se sont plutôt traduites par le renchérissement des intrants et leur faible utilisation, une désorganisation des cycles culturaux, la chute des rendements, l'aggravation des difficultés d'écoulement des récoltes et des prix aux producteurs fort peu rémunérateurs, tous phénomènes accentués par un désinvestissement massif du monde rural. La réduction de l'intervention des Etats a laissé l'agriculture et le développement rural sans soutien au crédit et à la commercialisation, et sans services de fourniture d'intrants efficaces. L'investissement dans les infrastructures a ralenti ou régressé. Les politiques agricoles n'ont pas eu les moyens de leur mise en oeuvre.

Cheikh (2006) lui emboîte le pas en signalant que bien que de nombreux pays africains aient adopté ces vingt dernières années des réformes économiques parfois draconiennes, les avantages de la libéralisation du commerce qui avaient été promis : hausse des investissements étrangers directs, ouverture des marchés du Nord et accroissement du transfert de technologies et de l'assistance technique ne se sont pas matérialisés.

Au contraire comme le note le CTA dans son Programme de radio rurale 2002/5, On a assisté en effet au démantèlement des politiques publiques et au désengagement de l'Etat, au moment précis où les producteurs africains avaient le plus besoin d'appui. Conjugué a cela le fait que les agricultures africaines sont maintenant en concurrence directe avec des agricultures plus puissantes, mieux dotées et largement subventionnées, il est évident que les producteurs africains sont largement désavantagés. Il est aussi un fait incontestable que les agriculteurs pauvres ont généralement beaucoup moins profité de la libéralisation des filières que les propriétaires des grandes exploitations, ceci en raison notamment du prix élevé des intrants.

Dans le cas du café et du cacao, au Cameroun, la transformation en 1991 des statuts de l'ONCPB, l'Office National de Commercialisation des Produits de Base, qui avait jusqu'alors le monopole des achats et de la commercialisation, a été l'ébauche de la libéralisation de ces deux filières, qui s'est poursuivie à partir de 1995 avec la suppression définitive des monopoles d'achat, des concessions et du système de quotas d'achat.

A cet effet, Alary(1994) remarque alors que c'est l'enfermement du Cameroun dans la logique de l'économie de rente qui explique ainsi la fragilisation de son économie lors du retournement des cours des principales matières premières tropicales. Les recettes à l'exportation du café arabica et robusta et du cacao représentent en 1990-1992, près de 27 % des recettes extérieures et plus de 75 % des recettes agricoles.

1) Les effets sur la commercialisation

Dans toute l'Afrique, les agriculteurs opèrent aujourd'hui dans un système de marché et sont donc responsables de la commercialisation de leur production et des prix qu'ils obtiennent. Si dans la plupart des cas, cette situation s'est traduite par une précarité accrue, en revanche, grâce au processus de libéralisation, les agriculteurs bénéficient généralement aujourd'hui d'une part plus élevée des prix F.O.B (Shepherd et farolfi ,1999). La disparition des offices de commercialisation et des unions de coopératives inefficaces et l'abaissement des taxes prélevées sur les agriculteurs sous la forme des retenues effectuées par les offices, de même que l'intensification de la concurrence entre les acheteurs dans la plupart des pays, semblent avoir eu un effet bénéfique sur le revenu des agriculteurs, même si le renchérissement des intrants a annulé une partie des gains obtenus.

Ainsi, Van Der Laan (1992) a estimé qu'un pays en développement a intérêt à confier la commercialisation des exportations à un office compétent plutôt que de l'abandonner au secteur privé, qui, selon lui, a davantage de difficultés que les offices pour obtenir des financements. Il indique en conclusion que la privatisation du système peut aussi aboutir à la constitution de cartels. Enfin, de petites entreprises privées ne sont pas à même de bénéficier d'économies d'échelle, notamment dans le domaine du transport international.

2.2.13. L'Uccao face à la libéralisation des filières cacao café à l'Ouest

Pendant ses années de prospérité, l'Uccao a effectué des réalisations importantes et diversifiées allant du domaine social au domaine économique en passant par les infrastructures de base en milieu rural. C'est alors que pendant une trentaine d'années, l'Uccao était devenue un puissant instrument de développement économique et social dans la province de l'ouest assurant l'encadrement de plus de 110 000 planteurs (Uccao,2008).Elle constitue avec ses coopératives membres la plaque tournante de toute oeuvre de développement à l'ouest ,et jusqu'à l'avènement de la crise économique de 1987 suivie de la double libéralisation de la commercialisation des produits de base et du mouvement coopératif, un exemple de réussite coopérative.

Cette double libéralisation sur le plan national a eu des conséquences dont le libre champ laissé aux intervenants de tous bords sans expérience et véreux, fragilisant ainsi l'Uccao et ses coopératives et abandonnant les producteurs à leur sort, la baisse des prix aux producteurs, la détérioration de la qualité, le découragement des producteurs, la rude épreuve des mécanismes de stabilisation initiée par le gouvernement.

2.1.14. TYPES DE CIRCUITS DE COMMERCIALISATION DES
CULTURES D'EXPORTATION LIBERALISES.

La libéralisation a considérablement modifiée les circuits de commercialisation des cultures d'exportation. A cet effet, Shepherd et Farolfi (1999) ont alors identifié trois circuits de commercialisation des cultures d'exportation libéralisés.

- Dans les pays où la commercialisation des cultures d'exportation a été libéralisée de façon plus ou moins intégrale pendant une courte période de transition sans véritable planification préalable; le circuit se présente ainsi qu'il suit :

Exportations

Office de Commercialisation

Antennes de l'office et acheteurs privés

Unités nationales de transformation Secondaire

Coopératives

Producteurs

Figure 1 : Circuit de commercialisation de cultures d'exportation partiellement libéralisées Source :Shepherd et Farolfi (1999)

Dans ce schéma, on remarque que le producteur pouvait vendre sa production soit à la coopérative soit aux antennes de l'office qui ensuite la transmettaient à l'office qui était les seul à pouvoir vendre sur le marché local ou international .A ce niveau, l'office conserve encore son monopole de commercialisation. La Figure 6 décrit une démarche semblable à celle adoptée au Ghana. Bien que le secteur de la commercialisation du cacao sur le plan national ait été ouvert à la concurrence en 1992, l'office de commercialisation (COCOBOD) conserve la mainmise sur les exportations.

- Dans les pays où l'Etat a opéré un retrait progressif des secteurs de l'achat aux exploitants, de la vente à l'exportation et de la transformation des produits agricoles, la situation est la suivante :

EXPORTATIONS

EXP Office

Office national de commercialisation + Exportateurs privés

Union de coopératives (a) et acheteurs privés(b)

Unités nationales de transformation Secondaire

Coopératives

Producteurs

Figure 2 Circuit de commercialisation des cultures d'exportation libéralisées

Source : Shepherd et Farolfi (1999)

Cette situation s'apparente à la première mais à la seule différence que les offices de commercialisation sont en concurrence avec les exportateurs privés qui ont cet avantage de pouvoir vendre aux entreprises locales et vendre aussi sur le marché international. La commercialisation ici est donc partagée entre les deux acteurs. La figure 7 décrit la situation actuelle de nombreux pays, où les négociants sont en concurrence à tous les niveaux de la chaîne de commercialisation. Le cas du café en Ouganda en est un bon exemple. La libéralisation s'est traduite par l'abolition du monopole dont bénéficiait le Coffee Marketing Board dans le secteur de la commercialisation des exportations.

- Enfin, le troisième circuit de commercialisation s'établit dans les pays où le système d'achat de la production agricole a été libéralisé progressivement, la commercialisation étant maintenue sous le contrôle d'entreprises para-étatiques ainsi qu'il suit :

Office de commercialisation

Contrôle

Exportateurs privés

Union

de coopératives et acheteurs privés

Co-operatives

Unités de transformation Secondaire nationales

Farmers

Figure 3: Circuit de commercialisation des cultures d'exportation totalement privatisée Source : Shepherd et Farolfi (1999)

La figure 3 décrit la situation dans laquelle l'Etat s'est totalement retiré du secteur de la commercialisation (interne et externe) mais a maintenu en place un organisme chargé d'assurer le contrôle de la qualité, de collecter et de diffuser des informations de nature commerciale et d'assurer l'encadrement général du secteur. Cette situation, qui est celle du Cameroun, s'applique aussi en Tanzanie. Le Nigeria applique le même modèle, mais après la dissolution de l'office de commercialisation aucun mécanisme de contrôle n'a été introduit. Au Cameroun, 193 exportateurs de cacao sont actuellement titulaires de licences mais 80 pour cent des exportations sont assurées par six d'entre eux seulement. La plupart des grandes sociétés sont des filiales de multinationales.

.

CHAPITRE 3
METHODOLOGIE

3.1. PRESENTATION DE LA ZONE D'ETUDE

3.1.1 Le milieu physique

La Région de l'Ouest couvre une superficie de 13 891 Km2 représentant environ 2,8% de la superficie du Cameroun. Elle s'étend entre le 5è parallèle Nord et le 6è parallèle sud d'une part, le 10è et le 11è méridien Ouest d'autre part. Elle est limitée par : la Région du Nord-Ouest à l'Est et au nord-ouest, la Région du Centre à l'Est, la Région du Littoral au sud la Région du Sud-ouest à l'Ouest et la Région de l'Adamaoua au Nord.

Le relief est généralement accidenté. La Région de l'Ouest est essentiellement constituée de grandes zones de relief : les Plateaux qui se situent entre 800 et 1600m d'altitude ; les plaines, situées entre 500 et 800 m d'altitude ; les zones d'altitude variant de 1500 à 2500 m d'altitude et les chaînes de montagnes.

Quatre principaux cours d'eau traversent la Région sans toutefois l'arroser abondamment. Ce sont : Le Nkam grossi par la Menoua, Le Noun, plus important affluent du Mbam, le Mbam et le Ndé.

Le climat est du type soudano-guinéen tempéré par l'altitude. Il est marqué par deux saisons distinctes : une saison de pluie allant du 15 Mars au 15 Novembre avec des précipitations moyennes qui se situent autour de 1 600 mm et une saison sèche du 15 Novembre au 15 Mars avec des températures moyennes qui varient entre 34 et 40°C. Les minima se situent à 9°C.

La végétation présente trois caractéristiques à savoir : les vestiges de la forêt littorale primaire au sud de la région ; les forêts secondaires et la savane boisée entrecoupée de galeries forestières du Centre.

Les sols sont très variés en fonction de l'interaction des différents facteurs qui ont présidé à leur formation. Mais la majeure partie de la Région est constituée de sols ferralitiques (ultisols et oxisols) formés sur des roches mères à propriétés diverses (acides, basiques, métamorphiques ...), et des sols volcaniques (Andosols). La superficie totale des terres cultivées est d'environ 200 000 ha (recensement agricole 1986), représentant 16% de la superficie physique totale. L'ensemble des terres cultivables est estimé à plus de 400 000 ha (29% de la superficie de la Région). Un important potentiel de terres cultivables non encore

mis en valeur existe dans les zones moins peuplées. Par contre dans les zones les plus peuplées, toutes les terres cultivables sont exploitées à l'exception de quelques bas-fonds.

L'économie de la région est essentiellement agricole et fondée sur deux groupes de cultures ; d'une part les cultures de rente (café arabica, café robusta, cacao, thé) et d'autre part les cultures vivrières dont la gamme très variée comporte (maïs, haricot, pomme de terre, arachide, plantain, igname) sans oublier les cultures maraichères et fruitières (tomate, chou, pastèque, haricot vert, légumes divers etc) .L'élevage et la pêche sont relativement moins importants par rapport à l'agriculture . L'Ouest possède une bonne richesse artisanale dont les principales filières de production sont : Les métaux, l'assemblage métallique, la sculpture sur bois, le tissage et la poterie.

3.1.2. Le milieu humain

Suivant les données du recensement démographique de 1987, la population de la Région de l'Ouest était estimée à 1339 791 habitants. Actuellement, après le troisième recensement général de la population et de l'habitat (3eRGPH) effectué en 2005, la population de la Région de l'Ouest est estimé à 1 720 047(INS, 2010) soit une densité de population de 123,8 habitants au Km2. Et un taux d'augmentation de la population de 1,28%.La population de la Région de l'Ouest comprend essentiellement deux grands groupes ethniques caractérisés par leurs moeurs et leurs habitudes: Les Bamilékés, peuplant les sept départements de la rive droite du Noun et les Bamoum installés sur la rive gauche du Noun.

Ces deux grands groupes ethniques sont mélangés avec des minorités Tikar, des Mbo. On note aussi la présence des minorités Bororos dans quelques-uns des départements de la Région. Cette population est très inégalement répartie dans ses huit départements .La population rurale est estimé à 1 295 745 soit 1 166 169 (DRADER/O, 2009) d'actifs agricoles ce qui confirme le fait que la population de l'Ouest est majoritairement agricole comme celle du Cameroun en général.

3.2. Raisons du choix de la région d'étude

La région de l'Ouest a été choisie pour notre étude parce que c'est une zone fortement agricole et elle est caractérisée par le dynamisme de ses populations. Zone de forte production du café et principalement du café arabica, elle a subi les effets de la libéralisation des prix du café et de la disparition des organismes qui ont eu à financer cette production a travers les coopératives telles que l'UCCAO d'où les raisons qui expliquent le choix ainsi fait.

3.3. ECHANTILLONNAGE

Les unités d'analyse sont les planteurs de café membre pour la plupart des coopératives de l'UCCAO. Ceci s'explique par le fait que les producteurs rencontrés dans cette condition sont mieux éclairés pour nous donner des informations pertinentes sur leur activité agricole puisqu'ils sont pour la plupart des producteurs ayant vécus la période de l'assistance de l'Etat au secteur agricole dans les années 80 et la période dominée par la libéralisation dans les années 90. Ne disposant pas de base de données disponibles, nous

avons choisi au total 50 producteurs, pour enfin ne faire une enquêté qu'auprès de 30 planteurs. Ce choix est en effet raisonné puisque c'est en fonction de leur degré d'appartenance à la filière café que les producteurs ont été choisis. Ainsi, Le critère préférentiel dans le choix de ces planteurs a été le nombre d'années passées dans la culture du café, car les planteurs les plus âgés sont les plus indiqués pour nous édifier sur les problèmes qu'a connu le café camerounais et sur le fonctionnement du système coopératif autrefois et aujourd'hui. C'est ainsi que tous les planteurs que nous avons interrogé étaient âgés de plus de 50 ans et avait une expérience d'au moins 30 ans au service de la caféiculture.

3.4. LES DONNEES ET LEURS SOURCES

Les données utilisées sont de deux sources : les données de sources primaires et les données de sources secondaires.

343.1. LES DONNEES DE SOURCES PRIMAIRES

Elles proviennent des interviews auprès de quelques planteurs fils d'anciens planteurs de café et d'une enquête réalisée auprès de 30 planteurs ayant une très longue expérience au service de la caféiculture. On a obtenu les données sur les caractéristiques de l'enquêté, sur sa connaissance des organismes, sur les intrants agricoles et le traitement phytosanitaire de son exploitation, sur la production agricole et la commercialisation. Le questionnaire en annexes éclaire davantage sur les données collectées.

3.4.2. LES DONNEES DE SOURCES SECONDAIRES

Elles ont été obtenus à partir de quelques documents encore existant au sein de l'UCCAO, à la Délégation régionale de l'agriculture et du développement rural de l'Ouest (SPPESA), des articles et documents consultés sur internet et dans la bibliothèque centrale de l'Université de Dschang .Ces données concernent notamment le volume de financement transmis au monde rural, l'évolution de la production de café arabica et robusta au Cameroun et à l'Ouest, les prix aux planteurs et les prix FOB des cafés Arabica et Robusta, l'évolution des surfaces cultivées.

3.5. REALISATION DES OBJECTIFS ET TECHNIQUES D'ANALYSE

3.5.1. REALISATION DES OBJECTIFS

Le premier objectif est relatif à l'étude de la performance de l'activité agricole dans la région de 1980 à 2000. Il permet de comparer le niveau de production des planteurs pendant deux périodes (80-90 ; 90-00), de voir quelle est l'évolution des terres cultivées et de comparer la quantité d'intrants pendant toute la période, d'évaluer le degré de traitement de exploitation.

Pour atteindre cet objectif, il sera question d'utiliser les moyennes et les pourcentages dont les résultats seront présentés dans les tableaux, sous forme de courbes et d'histogrammes.

Le test de student pourra être utilisé pour valider les hypothèses.

Le deuxième objectif vise à déterminer la contribution des coopératives dans l'encadrement des producteurs.

Pour réaliser cet objectif, il est question d'identifier les différentes techniques qui ont été mises en place par les coopératives pour encadrer les planteurs et de voir quel a été leur apport pour ces derniers.

Le troisième objectif est relatif à l'analyse du comportement des paysans avant et après la libéralisation. Il vise à déterminer quelles ont été les différentes orientations des planteurs et de voir quel a été leur degré de réalisation pendant les deux périodes. Les moyennes, fréquences, pourcentages serviront pour la réalisation de cet objectif. Les résultats seront présentés dans les tableaux.

Avec le quatrième objectif, il s'agit de voir à quel point la libéralisation a entraîné la réduction du rendement des producteurs .A partir des quantités produites, de leur degré d'utilisation des engrais, de leur façon d'entretenir les plantations après les années 90, nous pourrons atteindre cet objectif.

3.5.2. TECHNIQUE D'ANALYSE

Les données recueillies sur le terrain ont été codifiées et statistiquement analysées avec le logiciel Excel version 2007 et SPSS. Pour mieux analyser les résultats, des tableaux ont été établis, des graphiques et courbes présentés à partir des données collectées. Ces techniques graphiques, mathématiques et statistiques concernent principalement l'analyse des fréquences et de leur distribution ainsi que celle des liaisons entre les variables. Les outils d'analyse utilisés comprennent : la moyenne, l'écart-type, les pourcentages

.

3.5.3. Test des hypothèses

Nous avons utilisé le test de student qui est un test de comparaison de moyennes pour vérifier les hypothèses selon lesquelles la libéralisation aurait des effets significatifs sur la production et la quantité d'engrais utilisée.

Notre échantillon est apparié car, on considère 30 producteurs dont on étudie l'évolution des quantités produites et l'évolution des quantités d'engrais consommées avant et après la libéralisation. Le test de student applicable aux échantillons appariés de petite taille car, N<=30 est utilisé pour tester les hypothèses

H0 m = 0 : la libéralisation n'a pas influencé les quantités

H1 m # 0 : la libéralisation a eu une influence sur les quantités

La variable statistique à tester est un Mn étant la taille de l'échantillon qui est la moyenne de la différence de quantité entre les deux périodes

Avec . Or l'estimateur sans biais est

D'où tn-1 ddl Mn N(0, )

Pour ce qui est de la règle de décisions si Z appartient à l'intervalle de rejet, on accepte H1 ; dans le cas contraire, on accepte H0.

3.6. FAIBLESSES DE L'ETUDE

Notre étude portant sur une période de temps très longue (20 ans), a connu plusieurs difficultés. D'abord en ce qui concerne le volet financement, nous avons été limités par nos moyens financiers, ce qui a donc influencé le nombre de producteurs rencontrés. Le type de planteurs à rencontrer n'a pas toujours été facile pour nous, car il fallait rencontrer parmi les planteurs ceux qui avaient travaillé pendant la période interventionniste et pendant la période libérale. Il est évidemment difficile de déterminer un échantillon du fait du manque de données sur les planteurs de cette catégorie. Néanmoins nous avons pu rencontrer 30 producteurs respectant ces critères.

L'autre grosse difficulté a résidé au niveau de la documentation. En effet, trouver les documents, voire certaines données qui cadrent avec notre travail auprès de certaines structures s'est presque toujours révélé infructueux.

CHAPITRE 4

PRESENTATION ET ANALYSE DES RESULTATS

La situation de l'agriculture au Cameroun en général et à l'Ouest en particulier a connu une certaine mutation. De la situation dominée par l'intervention de l'Etat, elle s'est vu libéralisée en plusieurs points. Pour mieux appréhender cette situation évolutive, nous commencerons par présenter dans ce chapitre l'évolution de la situation agricole à l'Ouest Cameroun de la période 1980 à 2000 qui résume les deux grandes périodes ayant dominé l'agriculture au Cameroun.

4.1. L'EVOLUTION DU PAYSAGE AGRICOLE A L'OUEST

Comme dans la plupart des grandes zones de production du pays, l'agriculture à l'Ouest est dominée par une spéculation qui la caractérise : le café

4.1.1. EVOLUTION DE LA PRODUCTION CAFEIERE A L'OUEST DE 1983-2000

A l'Ouest deux types de café sont produits : le café arabica (Coffea arabica) et le café robusta ( Coffea canephora) comme le montre le tableau 5 et les figures 4,5,6 et 7 .

Tableau 5 : Évolution de la production de café et des superficies dans la région de l'ouest de 1983 à 2000

années

production en tonnes robusta

superficies

en ha robusta

production en tonnes arabica

superficies en ha arabica

1983

16 129,8

54 792,12

13 737,15

103 375,2

1984

39 665,83

56 718,83

13 399,79

104 422,1

1985

33 589,69

57 496,2

15 590,6

105 299,5

1986

37 771,62

57 814,07

17 699,19

106 963,3

1987

22 475,5

58 996

10 960

79 991

1988

33 359

60 717,7

15 397,75

80 220,7

1989

24 041,13

60 717,7

10 736,54

80 280,7

1990

21 740

nd

8080,51

nd

1991

21494

nd

13 233

nd

1992

10 116

nd

7910,76

nd

1993

14 268,08

nd

6689,69

nd

1994

21300

nd

12 016

nd

1995

27 140,07

nd

5951,64

nd

1996

23 235

nd

4804,63

nd

1997

12876

37 898

2613

63 774

1998

14 755

38 220

5270

65261

1999

19 022

nd

10 346

nd

2000

17 742 ,78

nd

18 369

nd

Source : DRADER/O SPPESA

1983

1984

1985

1986

1987

1988

1989

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

20000,00 15000,00 10000,00 5000,00

Figure 4 : évolution de la production de café robusta au Cameroun de 1980 à 2000

40000,00 35000,00 30000,00 25000,00 20000,00 15000,00 10000,00

 
 
 
 
 
 

Libéralisation
totale du sous
secteur robusta

 
 
 
 
 
 

Figure 5 : évolution de la production de café arabica au Cameroun de 1980 à 2000

Libéralisation
totale du sous
secteur arabica

 

1983

1984

1985

1986

1987

1988

1989

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

Figure 6 : évolution de la production de Figure 7: évolution de la production de

café Robusta à l'ouest Cameroun 1983 à café Arabica à l'ouest Cameroun de 1983

2000 à 2000

Ces courbes nous montrent l'évolution de la production caféière (arabica et robusta) à la fois au Cameroun et à l'Ouest. Cette comparaison nous montre exactement que l'évolution de la production des deux types de café est similaire au plan national et au plan local. Pour ce qui est du robusta, Cette courbe présente une évolution en dents de scie de 1980 à 1990 avant de commencer à chuter de cette date jusqu'à son pire niveau en 1992. Pour ensuite rebondir jusque dans les années 1995 puis rechuter en 1997 avant de croitre a un taux décroissant.

Pour ce qui est de la production d'arabica, la tendance est plutôt à la baisse et atteint un niveau critique en 1997 avant de rebondir à un taux croissant.

Cette tendance s'observe bien avec l'évolution de la production caféière du groupe UCCAO de 1986 à 2006 comme le montre le graphique suivant :

Figure 8 : Evolution de la production caféière au sein du groupe UCCAO de 1986 à 2006 Source : auteur, à partir des données compilées des productions des coopératives

Le graphique illustre bien l'évolution de la quantité de la production du café par le groupe UCCAO. Il s'agit ici des deux variétés de café, arabica et robusta. Il apparait que la production caféière atteint le sommet en 1987 avec une quantité de 31 451 tonnes. C'est à partir de cette année que commence la décroissance de la production et cette quantité ne sera plus jamais atteinte. Le graphique nous montre bien qu'à partir de 1994, la production pique du nez et connait une vive décroissance jusqu'à atteindre des seuils jamais connu par le passé. C'est ainsi que depuis lors, le niveau de production ne dépasse pas les 10 000 tonnes.

Cette tendance baissière peut être expliquée par plusieurs facteurs. C'est ainsi que pour Mounkama ( 2000), cette évolution s'explique par le fait qu'au début des années 1990, la filière café a subi de plein fouet la libéralisation du secteur avec notamment l'effondrement

des cours mondiaux, l'incapacité de suivi du système de stabilisation des prix mis en place à cette période par l'Etat, la liquidation des structures d'appui à la caféiculture, notamment l'Office de Commercialisation des Produits de Base (ONCPB).

4.1.2. Évolution du prix planteur

L'évolution de la production caféière peut s'expliquer par les variations des prix payés aux planteurs .En effet la libéralisation a eu un certain nombre de conséquences sur les prix. On peut évoquer la fixation unilatérale des prix par les exportateurs, la négociation déséquilibrée dans la fixation des prix, les écarts énormes entre les prix FOB et ceux bords champs (la barre des 65% est difficilement dépassée, s'agissant de la part du producteur).Ainsi, l'évolution du prix au planteur peut être observée dans les tableaux 6 et 7 qui suivent pour ce qui est des café arabica et robusta.

Tableau 6 : Evolution FCFA du prix planteur en Pourcentage du prix FOB 1980/1981 à 1999/2000

Campagne

Café Robusta

Prix Planteur

Prix FOB

%

1980/1981

320

521

61,4

1981/1982

330

602

54,8

1982/1983

350

695

50,4

1983/1984

390

1140

34,2

1984/1985

430

1174

36,6

1985/1986

440

1013

43,4

1986/1987

440

847

51,9

1987/1988

440

576

76,4

1988/1989

440

507

86,8

1989/1990

175

292

59,9

1990/1991

155

270

57,4

1991/1992

155

234

66,2

1992/1993

100

274

36,5

1993/1994

270

628

43,0

1994/1995

700

1089

64,3

1995/1996

500

853

58,6

1996/1997

400

614

65,1

1997/1998

550

873

63,0

1998/1999

260

872

29,8

1999/2000

170

370

45,9

Tableau 7 : Evolution FCFA du prix planteur en pourcentage du prix FOB 1980/1981 à1999/2000

Campagne

Café Arabica

Prix Planteur

Prix FOB

%

1980/1981

340

573

59,3

1981/1982

350

735

47,6

1982/1983

370

928

39,9

1983/1984

410

1177

34,8

1984/1985

450

1350

33,3

1985/1986

475

1412

33,6

1986/1987

475

765

62,1

1987/1988

475

727

65,3

1988/1989

475

816

58,2

1989/1990

250

423

59,1

1990/1991

250

420

59,5

1991/1992

250

320

78,1

1992/1993

200

740

58,8

1993/1994

550

1500

74,3

1994/1995

110

998

73,3

1995/1996

600

1200

60,1

1996/1997

680

1200

56,7

1997/1998

500

1000

41,7

1998/1999

580

1100

58,0

1999/2000

520

570

47,3

Source : ONCC

4.1.3. LES ETAPES DU DESENGAGEMENT DE L'ETAT

Jusqu'en 1989 : l'Etat, à travers l'ONCPB, assurait la commercialisation, tant interne qu'externe, du cacao et du café. Il assurait également la réglementation et contrôlait la qualité. Mais à partir de cette date, un ensemble de mesures vont être prises dans le cadre de la libéralisation prônée par les programmes d'ajustement structurel comme le montre le tableau 8 suivant :

Tableau 8 : Désengagement chronologique de l'état

Années

Type de désengagement

1989

Désengagement de l'Etat de la commercialisation interne.

1991

Désengagement de l'Etat de la commercialisation externe.

1993

Libéralisation totale du sous-secteur Arabica.

1994

Libéralisation totale des sous-secteurs Robusta et du Cacao

1994/1995

Démantèlement complet du système de prix et de coûts administrés.

1997

Transfert au secteur privé du contrôle de la qualité

Source : auteur

4.2. CARACTERISTIQUES SOCIO-ECONOMIQUES DES PERSONNES
ENQUETEES

Dans cette section, il sera question de présenter quelques caractéristiques des personnes enquêtées.

1) Sexe et Age

L'ensemble des planteurs rencontrés est de sexe masculin ; cela s'explique par le fait que tous les producteurs rencontrés sont des caféiculteurs et à l'époque, cette activité était réservée exclusivement aux hommes. Les femmes pour la plupart se contentaient des petites surfaces dans lesquelles elles exerçaient les cultures vivrières, et généralement ces femmes aidaient leurs maris dans leurs différentes exploitations caféières.

a) Age

L'enquête a concerné les personnes adultes ayant une certaine expérience dans l'activité agricole comme le montre les tableaux 9 et 10 suivants :

Tableau 9:répartition des personnes enquêtées par tranche d'âge

Age

[40-50[

[50-60[

[60-70[

70 et plus

Total

Fréquences

2

5

8

15

30

Pourcentages

6,66 %

16,66%

26,66%

50%

100%

Source : Résultats des enquêtes

Tableau 10 : Répartition des personnes enquêtées en fonction du nombre
d'années dans l'agriculture

Age

[30-40[

[40-50[

[50-60[

60 et plus

Total

Fréquences

9

8

11

2

30

Pourcentages

30%

26,66%

36,66%

6,66%

100%

Source : Résultats des enquêtes

A la lecture de ces deux tableaux, il ressort que la majorité de nos enquêtés se situent dans la tranche 40 ans et plus, avec une grande partie ayant au moins 70 ans représentant ainsi50%. Ce choix a été très important car, ces personnes choisies l'ont été parce qu'elles représentent selon nous la tranche d'âge dans laquelle nous pourrions avoir des informations

plus explicites pour notre travail. Leur âge nous permettait en effet de les situer dans la période 1980-2000 et de pouvoir ainsi avoir leur point de vue dans l'évolution de l'activité agricole dans la région ; activité qu'ils continuent d'exercer jusqu'aujourd'hui. L'âge moyen des planteurs est égale à 70 ans, ce qui démontre la grande vieillesse de nos enquêtés.

Les producteurs rencontrés ont un âge moyen passé dans l'agriculture égal au moins à 45 ans, ce qui témoigne de leur appartenance à cette activité qui leur apporte de quoi se nourrir. 36,66% des planteurs ont exercé l'agriculture pendant 50 à 60 ans. Ce nombre d'années témoigne ainsi du degré d'implication des producteurs dans l'agriculture.

Ainsi, par rapport à leur âge, les producteurs rencontrés ont une ancienneté dans l'activité agricole ; ils peuvent donc témoigner par rapport aux deux périodes qui se sont succédées dans le monde agricole dans la région de l'Ouest : la période dominée par l'intervention de l'Etat et celle caractérisée par l'ouverture des marchés (la libéralisation).

2) Statut social et taille de la famille

Tous les producteurs rencontrés sont mariés et possèdent plusieurs femmes et enfants. En effet, il est à noter que les revenus issus de la production caféière permettaient de faire vivre les familles de la région de l'Ouest. Avec ces revenus, les producteurs avaient les facilités à doter de nouvelles femmes et envoyer les enfants à l'école. Ce nombre élevé de femmes et d'enfants constituait pour le producteur une main d'oeuvre pour sa plantation. Les tableaux qui suivent indiquent la répartition des producteurs en fonction du statut social, du nombre de femmes.

Tableau 11: répartition des producteurs en fonction du statut social et du nombre de femmes

 

Nombre de femmes

statut

[1-3[

[3-5[

[5-7[

Total

notable

0

3

0

3

paysan

9

6

6

21

commerçant

0

4

0

4

fonctionnaire retraite

0

2

0

2

fréquences

9

15

6

30

Pourcentages

30%

50%

20%

100%

Source : résultat des enquêtes

Il ressort de ce tableau que 50% des enquêtés ont plus de trois femmes alors que 20% seulement ont plus de 5 femmes. En effet le fait d'avoir plus d'une femme est signe de grandeur dans le pays bamiléké, mais la possession des terres cultivables par les planteurs est aussi une raison qui explique que la majorité de nos enquêtés soient des polygames.

4.3. ANALYSE DE LA SITUATION DU PRODUCTEUR AVANT LES ANNEES 1990

Dans cette section, il sera question de voir les différentes actions menées à l'endroit des producteurs et de déterminer les résultats qui ont accompagné ces actions.

1) Les organismes en présence

Pour les producteurs rencontrés, plusieurs ont connu les organismes qui accompagnaient les actions paysannes mais très peu ont bénéficié des aides de ces derniers comme le montre la figure suivante.

Figure 9 : répartition des producteurs en fonction de leur connaissance des organismes

Il ressort de cette figure que 63,33% des producteurs ont réellement connu les organismes d'appui au monde rural et que 36,66% n'ont pas une connaissance de ces organismes, cela peut s'expliquer par le fait que ces derniers n'étaient pas encore très bien impliqués dans l'activité agricole. Mais ce fort taux de connaissance ne s'est pas toujours accompagné d'un bénéfice de services de ces structures ; c'est la raison pour laquelle plusieurs producteurs n'ont pas directement bénéficié des services mais ont plutôt sollicité les services au niveau des coopératives .c'est ainsi que parmi les 19 paysans ayant connu ces

organismes, 17 ont bénéficié des services (crédit) des coopératives par le biais de l'UCCCAO (15) et du FONADER (2).

2) Acquisition des terrains et superficies exploitées

Les terres acquises pendant cette période se repartissent entre l'achat, l'héritage et l'occupation.15 producteurs déclarent donc avoir hérité les terres de leurs parents tandis que 12 ont pu avoir leurs terrains en les achetant et 3 seulement ont acquis les terrains par occupation. La surface de ces terres varie entre 0,5 et 23ha comme le montre le tableau 12 .

Tableau 12 : Répartition des producteurs en fonction des superficies
cultivées avant 90

Superficies (ha)

0 ,5

[1 ; 3[

[3 ; 5[

[5 ; 7[

7et plus

total

Fréquences

2

9

7

7

5

30

Pourcentages

6,66%

30%

23,33%

23,33%

16,66%

100%

Source : résultat enquête

Comme on peut le constater, 30% exploitent des surfaces variant entre 1ha à 3ha tandis que 16,66% exploitent des superficies de 7ha et plus. La situation de l'agriculture en cette période était caractérisée par la prépondérance des petites exploitations ; ces pourcentages nous montrent que l'agriculture pratiquée à l'Ouest était faite à l'échelle des petites exploitations.

3) L'apport des coopératives et la production agricole

L'apport des coopératives aux agriculteurs se faisait le plus en intrants (engrais, produits phytosanitaires). En effet les producteurs pouvaient s'acheter auprès de leurs coopératives des quantités importantes d'engrais à un prix fortement subventionné ne dépassant pas la barre des 5000 FCFA. Cet apport était aussi visible au niveau de la protection phytosanitaire qui pouvait se faire gratuitement par les agents de l'Etat aidés pour la plupart par les coopératives. La quantité minimale de sacs d'engrais utilisés par le petit producteur

était de 3 sacs et pour les grands producteurs, elle pouvait atteindre les 30 sacs comme le présente le tableau 13 :

Tableau 13 : quantité de sacs d'engrais utilisée

Quantité (sacs)

[ 3 ; 5[

[5 ; 10[

[10 ; 15[

[15 ; 20[

[20 ; 25[

Plus de 25

Fréquences

4

7

10

7

6

4

Pourcentages

13,33%

23,33%

33,33%

23,33%

20%

13,33%

Source : résultats enquête

Il ressort de ce tableau que la majorité des producteurs utilisaient des quantités d'engrais qui correspondaient pour la plupart à la quantité nécessaire pour le suivie de leurs exploitations, ceci était du au fait que le prix de ces engrais était fortement subventionné. Cette utilisation d'engrais à dose normale couplée au traitement phytosanitaire gratuit s'observait au niveau de la production qui permettait au producteur d'avoir un niveau de vie acceptable.

La production obtenue en cette période par les producteurs était leur meilleur rendement car, tout était mis sur pied pour avoir le meilleur résultat ; c'est ainsi que les sacs récoltés pouvaient varier de 4 sacs6 pour les petits producteurs à 65 pour les gros producteurs comme le montre le tableau 14:

Tableau 14 : Répartition des enquêtés en fonction de leur production

Quantité (sacs)

[ 4 ; 10[

[10 ; 15[

[15 ; 20[

20 et plus

Plus de 25

Fréquences

8

4

2

14

2

Pourcentages

26,66%

13,33%

6,66%

46,66%

6,66%

Source : résultats enquêtes

La production des agriculteurs utilisant au moins 20 sacs d'engrais est de 46,66%, ce qui
montre que l'activité agricole en cette période se faisait de façon aisée et était rentable.

6 Le sac considéré ici est le sac de jute de 50 kg

L'encadrement multiforme que recevaient les producteurs les encourageait à produire des quantités importantes de café.

`) 4) SYSTEME DE COMMERCILAISATION

Le système de commercialisation était très simple ; le producteur face au seul acheteur qui est sa coopérative venait livrer son café bien lavé et bien séché et attendait juste qu'on le paie après avoir vendu le café. Le désavantage que le producteur avait est qu'il devait beaucoup travailler sur son café avant de le proposer à la coopérative, ce qui permettait donc à la coopérative de vendre un café de bonne qualité. Sinon pour la plupart, ils ont été satisfait des services rendus par les coopératives et regrettent le fait qu'ils ne bénéficient plus des appuis de ces dernières.

4.4. ANALYSE DE LA SITUATION DU PRODUCTEUR APRES LES ANNEES 1990

Cette section se penche sur la situation des producteurs après que le secteur agricole a été libéralisé. En effet, plusieurs changements vont apparaitre dans le monde agricole avec le retrait de l'Etat d'un ensemble d'activités qu'il coordonnait.

1) Consommation d'intrants et niveau de production

La libéralisation a démantelé toutes les structures d'encadrement de l'Etat laissant ainsi le secteur privé au devant de la scène .Cette situation qui a entrainé la suppression de la subvention a réduit considérablement les quantités de sacs d'engrais utilisées auparavant par les producteurs du fait de la cherté de ces derniers comme le montre le tableau 15.

Tableau 15 : répartition des producteurs en fonction des quantités de sacs
d'engrais utilisés

Quantité (sacs)

0

[ 1 ; 5[

[5 ; 10[

[10 ; 15[

15 et plus

Fréquences

3

12

7

5

3

Pourcentages

10%

40%

2,33%

16,66%

10%

Source : résultats enquête

Il ressort de ce tableau que 40% des producteurs utilisent une quantité d'engrais inférieure à 5 sacs et que seulement 10% utilisent une quantité d'engrais supérieure à 15 sacs

alors que d'un autre coté 10% ont carrément abandonné l'utilisation de ces derniers. Cette situation s'apparente à celle de Folefack (2003) qui note que l'effet de la libéralisation sur l'application d'intrants aux cultures de rente doit être apprécié, par rapport a l'évolution parallèle des modalités générales de commercialisation des intrants. la libéralisation s'est accompagnée d'une suppression de la subvention accordée aux utilisateurs de ces produits. Ainsi, il fait le constat selon lequel 80 % des chefs d'exploitation utilisent des intrants appropriés, alors que 20 % n'utilisent aucun intrant adéquat pour leur exploitation, ceci par manque de moyens financiers et du problème de disponibilité d'intrants dans certaines zones enclavées. Cette situation s'explique aussi par le fait que le coût sur le marché d'un sac d'engrais a considérablement augmenté avec le temps, ce qui ne permet pas l'achat facile par les producteurs. Cette évolution du prix des engrais peut être observée dans la figure suivante :

Figure 10 : Évolution du prix d'achat du kilo de café Arabica et du sac d'engrais de 1986 à 2001 Source kafo(2005)

Cette courbe montre l'évolution des prix des engrais depuis 1986, cette évolution est allée croissante pour enfin se stabiliser à 9000 FCFA entre 1997 et 2000. Il faut noter que ce prix n'a plus jamais subi de baisse et s'établit actuellement sur le marché à 18 000 FCFA, ce qui en rend l'acquisition difficile pour les producteurs.

Kherallah et al (2000) remarquent alors que l'utilisation des intrants agricoles sur les cultures
de rente a baissé suite à l'élimination des subventions des intrants et la libéralisation des

importations et la distribution des intrants agricoles. Ce phénomène a été exacerbé par le manque de crédit agricole et l'augmentation du rapport coût des engrais et prix des produits. Ce rapport a pratiquement doublé au Benin et au Ghana.

Koffi Zomabi (2002) pour sa part note qu'au Togo seulement 8,33% des producteurs traitent leurs plantations. La rareté de ces produits sur le marché, leurs coûts très élevés et ceux des équipements de traitement expliquent la faible consommation de ces produits. L'utilisation de ces produits est très faible car le paysan ne dispose plus de crédit pour réaliser de nouvelles plantations.

Cette cherté des engrais et le manque de protection phytosanitaire ont eu comme conséquence la négligence de la caféiculture et la baisse de la production caféière dans les exploitations à l'Ouest comme le présente le tableau 16.

Tableau 16 : répartition de la production en fonction des enquêtés

Quantité (sacs)

[ 1; 5 [

[5 ; 10[

[10 ; 15[

15 et plus

Fréquences

17

8

3

2

Pourcentages

56,66%

26,66%

10%

6,66%

Source : résultat enquête

Le tableau 16 montre clairement que la production se concentre sur les quantités variant de 1à 5 sacs, soit un pourcentage de 56,66%. Il devient alors très difficile pour un producteur de produire plus de 15 sacs ceci à cause des conditions de production devenues très difficiles dues notamment au manque de crédit aux producteurs et à l'absence de traitement des exploitations.

2) LA COMMERCIALISATION DE LA PRODUCTION

Avec la libéralisation, la coopérative se trouve concurrencée par les acheteurs privés qui occupent une grande place dans les marchés. Les producteurs ont cet avantage de pouvoir vendre cash aux acheteurs privés ou de donner à la coopérative et attendre les ventes pour enfin être payés. Notons que la libéralisation de la filière café a donné lieu à une prolifération d'acheteurs sur le terrain et, surtout, à une course effrénée aux cerises ; chacun voulant s'en procurer plus que les autres. Parmi les acheteurs figurent particulièrement des acheteurs

véreux appelés « coxeurs » dont les pratiques douteuses ont contribué à la détérioration de la qualité du café en provenance du Cameroun sur le marché international.

Mais comme le note si bien l'étude sur La problématique du financement des campagnes agricoles : le cas des campagnes caféières à l'UCCAO menée en 2010, l'auteur remarque qu'il y avait effectivement méfiance des planteurs envers les coopératives du au fait de la concurrence, mais que de plus en plus, la confiance est entrain d'être rétablie. En effet depuis 2009, 60% des planteurs environ déposent leur café dans les coopératives. Ce regain de confiance est essentiellement dû aux opérations en faveur de la relance de la caféiculture initiée par le gouvernement. En effet, au sein des coopératives, des pépinières sont aménagées et les plants de café sont distribués aux planteurs, tout comme les intrants leur sont de nouveau vendus à des prix subventionnés.

Toutefois, il est admirable de constater que bon nombre de planteurs sont restés fidèles à leurs coopératives. En effet, certains de ceux-ci expliquent cette fidélité par le respect du système coopératif qui veut qu'on dépose le café à la coopérative moyennant la délivrance d'un bon de livraison pour attendre les recettes de la vente. Les autres justifient cette fidélité par le fait que depuis la libéralisation de la caféiculture, seules ces coopératives respectent les pesées du café lors de la vente. Les rabatteurs quant à eux apportent des sacs dont la contenance est parfois supérieure au montant de la vente, en outre, ils paient parfois avec de faux billets de banque.

4.5. ANALYSE DES MOYENNES DES QUANTITES PRODUITES PAR LES
PLANTEURS AVANT ET APRES LIBERALISATION

Tableau 17 : comparaison des moyennes des quantités produites

 

Quantité produite

avant libéralisation(X)

Quantité produite

après libéralisation(Y)

Différence (D =Y-X)

MOYENNE

20,97

3,73

-17,23

N

30

30

30

S

17,78

3,81

15,99

V

316,12

14,51

255,68

_

_

2,045

tcal

_

_

-5 ,9

Décision

_

_

Rejeter H0

Source : résultat des enquêtes

Légende : N = Taille de l'échantillon, S = Ecart-Type et V = la variance

á = 5%, ddl =29 tcal < tá, la libéralisation a une influence significative sur la production. En effet on est passé d'une quantité moyenne de 20 sacs produits avant la libéralisation à une quantité moyenne de 3 sacs, ce qui correspond à une baisse de 85% du niveau de production.

4.6. ANALYSE DES MOYENNES DES QUANTITES D'ENGRAIS UTILISEES
PAR LES PLANTEURS AVANT ET APRES LIBERALISATION

Tableau 18 : comparaison des moyennes des quantités d'engrais utiisées

 

Quantité utilisées avant libéralisation(X)

Quantité utilisées après

libéralisation(Y)

Différence (D =Y-X)

MOYENNE

13,63

5,67

-8,03

N

30

30

30

S

7,18

4,66

6,39

V

51,55

21,74

40,93

_

_

2,045

tcal

_

_

-6 ,78

Décision

_

_

Rejeter H0

Source : résultat des enquêtes

á = 5%, ddl =29 tcal < tá, la libéralisation a eu une influence significative sur les quantités d'engrais utilisées par les producteurs. En effet suite à l'arrêt des subventions et à l'évolution croissante des prix des intrants, les producteurs vont réduire les quantités d'engrais utilisées, c'est pourquoi on est passé d'une quantité moyenne de 13 sacs utilisés par le producteur avant la libéralisation à seulement une quantité moyenne de 5 sacs ; ce qui correspond à un taux de réduction de 61,53%.

4.7. PRODUCTION CAFEIERE ET COMPORTEMENT DES PRODUCTEURS

La production caféière dans la région de l'Ouest va subir un choc après la libéralisation dans les années 90. En effet, autrefois encadrés par les services coopératifs et l'Etat, les producteurs vont se voir abandonnés à eux-mêmes ; c'est ainsi que suite à l'augmentation des prix des intrants et à l'abandon du traitement par les producteurs du fait du manque de moyens, la production va considérablement chuter rendant ainsi l'activité de moins en moins rentable. Face à cette situation, des décisions telles le maintien de la production malgré les difficultés, l'abandon complète de la culture ou bien la réduction des superficies consacrées au café vont être prises par les producteurs comme le montre le graphique suivant.

Figure 11 : répartition des producteurs en fonction des décisions prises

Il ressort de ce graphique que 20% des producteurs affirment avoir complètement abandonné la caféiculture alors que 40% s'accrochent encore à cette culture ; pour les 40% restant, ils ont préféré réduire les surfaces autrefois destinées au café pour pouvoir faire d'autres cultures pour ainsi combler le vide causé par la baisse de la production du café. Malgré le fait qu'un bon nombre pratiquent encore cette culture, il est à noter qu'ils font face à d'importantes difficultés qui sont pour la plupart dues à la cherté des intrants. On est donc loin de penser que le café à l'Ouest est mort, au contraire il a été négligé et nécessite donc qu'on le rende plus rentable.

4.8. Les difficultés liées à l'exercice de l'activité agricole

Activité à risque, l'agriculture doit être soutenue ; mais avec leur seule capacité de financement, les producteurs ne parviendront à rien faire. Depuis la chute des organismes qui encadraient les activités agricoles au Cameroun, le monde rural en général et plus spécifiquement l'activité agricole a été abandonnée entre les mains des paysans. C'est ainsi qu'on peut identifier un certain nombre de problèmes auxquels ils font face; ce sont :

- Les mauvaises ventes : en effet, les marchés étant désorganisés, les producteurs ne maitrisent pas les prix pratiqués par asymétrie d'information et ainsi, ils sont contraints de vendre au prix bien arrangé par les acheteurs privés. Ces mauvaises ventes entrainent la baisse des revenus des producteurs.

- L'insuffisance de moyens financiers : en effet plus de la majorité des producteurs font face à un manque de financement pour mener à bien leurs activités agricoles. Cette situation se justifie par le fait cette majorité n'a pas accès au crédit des institutions formelles car les conditions sont souvent rudes et, en plus la microfinance hésite encore à financer l'agriculture qu'elle juge trop risquée.

Le désengagement complet de l'Etat peut donc être une cause majeure de cette situation mais il est à noter que la solution actuelle pourrait passer par les programmes et projets en direction du monde rural.

4.9. Evolution de la situation de l'agriculture a l'Ouest

Le Cameroun tout comme la plupart des pays africains s'est engagé après l'indépendance à soutenir l'agriculture par le biais de l'Etat. L'organe qui s'est investi de cette mission étant le Fonader avait plusieurs champs d'actions ; c'est alors qu'il pouvait accorder des crédits engrais, crédits fongicides, crédits pulvérisateurs, crédits directs .....Ces aides pour la plupart sont rattachées à la protection car, les pertes s'évaluaient à près de 80%. Le traitement était largement supporté par l'Etat donc 100% de suivie.

Apres cette étape, est venue la libéralisation sous l'orientation du FMI et de la Banque Mondiale .Cette logique renvoie le producteur à une action personnelle et une rupture des différentes interventions menées par l'Etat.

Vu les dérives de la libéralisation, l'Etat va de nouveau s'intéresser à l'agriculture à partir des années 2000 au Cameroun. Cette intervention qui prend la forme des appuis des programmes/projets qui se distingue par ses deux types d'actions: les appuis indirects qui prennent en compte la sensibilisation, la formation (utilisation des appareils) et l'organisation à travers la création des brigades villageoises et, les appuis directs qui sont les financements en nature tels les appareils de traitement...Ce type de financement prend effet à partir des années 2004.

A l'ouest quelques actions peuvent être identifiées. C'est par exemple le cas du programme vergers cacao-café qui vise donc à toucher un nombre de 380 organisations paysannes, 24 282 exploitants pour de s superficies de 26 165 ha de cacao et de café. Pour ce qui est de l'action, on note en effet que seulement 6166 ha ont déjà été traités ; environ 30 000 litres de produits phytosanitaires et 213 atomiseurs ont été distribués soit un volume de crédit de 86 000 0007 FCFA. Pour ce qui est de la sensibilisation, 6000 producteurs ont déjà été atteint sur les 11 000 prévus. Au niveau des cultures maraichères, 18 000ha sont dans le viseur du contrôle phytosanitaire alors que pour les cultures vivrières les appuis sont plus en conseils.

7 Données issues de l'entretien avec le chef de la base phytosanitaire de la région de l'ouest.

CHAPITRE 5
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

5.1. Conclusion

L'agriculture a toujours été considérée comme un secteur important dans les stratégies de développement du Cameroun. Cette considération découle de son poids dans l'économie du pays. Le secteur a toujours occupé plus de 60% au moins de la population active, et représenté au moins 15% des ressources budgétaires du pays et 1/4 à 1/3 du PIB. Par ailleurs, il induit d'importants effets d'entraînement sur les autres secteurs économiques.

Après une croissance régulière au cours des deux décennies qui ont suivi l'indépendance en 1960, la régression de 50% des cours des produits de rente exportés (cacao, café, coton et caoutchouc principalement) au milieu des années 80 et des déficiences dans la gestion des entreprises étatiques dont le pays avait fait entre temps le moteur de l'activité économique ont porté un coup rude au développement du secteur.

Face à cette situation, les organismes internationaux à l'instar de la Banque Mondiale et du FMI vont prôner le désengagement de l'Etat de la majorité de ses activités et la libéralisation. Le secteur agricole en prend un grand coup et les paysans se voient alors supprimer les subventions suite à la libéralisation des grandes filières d'exportation. Aussi, les organismes publics qui avaient la charge d'appuyer les producteurs vont pour la plupart disparaitre pour laisser la place au secteur privé.

La libéralisation de façon générale s'est traduite par la désorganisation du système de commercialisation, le développement de l'amateurisme dans les filières, la concurrence déloyale caractérisée par une recherche effrénée du profit individuel, la confiscation des informations par certains acteurs d'où le manque de transparence dans les marchés intérieurs.

Au niveau des prix on assiste à une fixation unilatérale des prix par les exportateurs ; en effet les producteurs ne connaissent pas les composantes de ces prix, les acheteurs sont devenus des « Price maker » et, il existe des écarts énormes entre le prix FOB et ceux bord de champ.

A l'ouest Cameroun la production dominée de façon générale par la production caféière va se trouver dans une situation pareille car, la baisse des prix au planteur suite à la libéralisation aura des conséquences sur le niveau de production.

L'objectif général de cette étude était de voir à quel point la disparition des organismes publics d'appui financier et la libéralisation des filières ont pu influencer le monde agricole dans la région de l'Ouest. Il se décompose en trois objectifs secondaires à savoir : étudier la performance de l'activité agricole dans la région de 1980 à 2000 ; déterminer la contribution des coopératives dans l'encadrement des producteurs ; analyser le comportement des paysans avant et après la libéralisation et voir à quel point la libéralisation a entraîner la réduction du rendement des producteurs.

Pour atteindre ces objectifs, il a été question de comparer le niveau de production des producteurs et les quantités d'intrants utilisées pendant les périodes 80-90 et 90-00. Le test des hypothèses utilisé à été le test t de student sur échantillons appariés.

A la suite des analyses faites, on remarque la forte chute de la production des caféiculteurs dans la région, le niveau très faible d'utilisation des intrants, la réduction des superficies de café. Mais le grand espoir reste pour ce qui est de la relance de leurs exploitations caféières .Le test des hypothèses nous montre très bien qu'il existe une forte influence de la libéralisation sur les quantités produites et les quantités d'engrais utilisées. Cette influence de la libéralisation a entrainé une faible rentabilité de l'activité et un découragement des producteurs qui, pour la plupart négligent leurs exploitations et bénéficient donc d'un mauvais rendement sur les superficies.

Face aux différents problèmes rencontrés par les paysans après la libéralisation, les recommandations suivantes peuvent être formulées. Elles s'adressent aux Gouvernement, coopératives et paysans.

5.2. RECOMMANDATIONS Pour l'Etat, nous formulons les recommandations ainsi :

> En Effet depuis la libéralisation, le secteur café et particulièrement le marché

s'est trouvé dans une anarchie totale, les prix proposés sur les marchés généralement bas ,le sont encore plus avec les acheteurs privés .C'est ainsi que nous recommandons à l'Etat de pouvoir intervenir sur les prix au producteur en recréant des structures pouvant jouer sur la fixation et la stabilisation des prix au producteur tout en essayant de tirer leçons sur la gestion des anciens organismes d'appui au monde rural..

> Dépourvu de moyens financiers destinés à l'encadrement des paysans, les

coopératives malgré leur volonté se trouvent pour la plupart coincées .Ainsi, il est aussi recommandé à l'Etat d'apporter une aide aux coopératives en appuyant leurs actions dans l'encadrement des paysans car, ces derniers leur font encore confiance.

> Le niveau de production ayant baissé pour cause de prix élevé des intrants, il

est recommandé de mettre à la disposition des producteurs des quantités importants d'intrants à prix fortement subventionné, ce qui pourra permettre d'augmenter les rendements des producteurs.

> Faute de routes, certaines exploitations sont abandonnées, ainsi en mettant un

accent sur l'aménagement des pistes rurales les paysans pourront alors augmenter leurs superficies en mettant en valeur les champs éloignés.

Aux coopératives, nous recommandons de ;

> Mettre le producteur au centre de leurs actions car, cela leur permettra de gagner la confiance de ces derniers qui pourront leur vendre les récoltes.

> Suite à la libéralisation, les acheteurs privés mieux organisés sont des

concurrents de poids, ainsi, nous recommandons aux coopératives de redynamiser les équipes de collecte de café dans les zones rurales pour alors faire face à la concurrence.

> Elaborer une cartographie des producteurs, de les suivre et de proposer

un bon prix à leur production.

> Mettre sur pied de grandes plantations de café qui pourront servir de

modèle chez les producteurs.

Pour les planteurs, nous recommandons

> L'entretien des exploitations de caféiers existantes notamment

en régénérant les vieux pieds.

> De se regrouper en association pour l'acquisition des produits

phytosanitaires.

> La création de nouvelles plantations caféières en

s'approvisionnant en semences améliorées distribuées par les coopératives.

BIBLIOGRAPHIE

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ANNEXES

Annexe 1

QUESTIONNAIRE

Madame, Monsieur ; le présent questionnaire entre dans le cadre de projet de recherche, il vise à recueillir des informations nécessaires pour une bonne compréhension des effets de la disparition des organismes publics d'appui financier et de la libéralisation des filières de rente sur le monde agricole dans la région de l'ouest Cameroun. Pour cela nous sollicitons votre concours. Les informations recueillies sont strictement confidentielles, et ne pourront que servir dans le cadre de notre recherche.

I-identification de l'enquêté

1) Sexe 1= masculin 2= féminin .

2) Age

3) Situation matrimoniale 1= célibataire 2= marie 3= divorce 4= veuf (ve)

4) Statut du chef de famille 1= notable 2= paysan 3= fonctionnaire 4= autre

5) Nombre d'enfants .

6) Année d'exercice de l'agriculture comme véritable activité

7) Avez-vous été membre de la Coopérative d'appartenance 1 =oui 2=non

II-Informations sur les organismes

8) Connaissez vous les organismes suivants : FONADER, BCD, ONCPB, Crédit Agricole 1= oui 2=non

9) Avez-vous bénéficié des services des organismes suivants : ONCPB, FONADER, BCD, UCCAO, MIDEVIV ? 1=oui 2=non

10) Quelle était la période ? De 19 à 19

11) Avez-vous eu à bénéficier du crédit d'un de ces organismes ou même de tous ces organismes ? 1=oui 2=non

organismes

crédit

Montant reçu

Oui

Non

Fonader

 
 
 

Crédit agricole

 
 
 

Autres

 
 
 

12) citez les autres organismes que vous avez connus

13) Quel était le type de crédit ?

campagne

Type de crédit

Valeur totale

Engrais

phytosanitaire

semences

finance

autres

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

14) Combien de fois avez-vous bénéficié de ces crédits ?

15) Quel commentaire pourriez-vous faire ?

III- Terre Cultivable

16) Comment se faisait l'acquisition des terre que vous exploitiez avant 1990 ? 1=Héritage

2=achat (prix) .3=occupation 4= don 5= prêt (modalités)

6= location (durée et prix .)

17) Quelle était la superficie de toutes les terres que vous cultiviez avant 90 ?

18) après les années 90, par quel moyen obtenez vous les terres pour cultiver ? 1=Héritage

2=achat (prix) .3=occupation 4= don 5= prêt (modalités)

6= location (durée et prix .)

19) quelle était la superficie de votre exploitation après 90 ?

20) en 2000 quelle a été la superficie de votre exploitation

IV- Intrants Agricoles

21) Avant 90 quel type de semences utilisiez vous ? 1= Locales 2= améliorées

22) Quelle quantité était utilisée par vous ?

23) qui vous approvisionnaient ?

24) Quel était le mode d'acquisition ?1= Achat comptant 2= achat a crédit 3= subvention

25) si achat Quel était le prix ?

26) Comment trouviez-vous ce prix ? 1= Acceptables 2= trop élevés

27) Après 90 quelle type de semences utilisiez vous ?

28) Quelle était le prix et la quantité .

29) Après les années 2000, quel type de semences utilisez vous , et a quel

prix ., qui vous approvisionne

30) avez vous Utilisé de l'engrais minéral dans vos plantations de 80 à 90? 1= oui 2= non

31) Si oui quel type ? 1= NPK 2= urée 3= autres . Dose

32) Qui était le fournisseur d'engrais ?

33) Quel quantité moyenne (par campagne) avez vous utilisé dans vos plantations ?

34) Comment se faisait l'acquisition ? 1= Achat au comptant 2= achat à crédit 3= subvention

35) si achat, quel était le prix ?

36) Comment trouviez vous ces prix d'achat ?1= acceptable 2= trop élevé .

37) Apres 90, avez-vous de continuer d'utiliser les engrais ? 1=oui 2=non

38) si non pourquoi ?

39) Si oui jusqu'à quelle année ?

40) comment ont varié les prix de 90 à 95 et de 95 à 2000 .

41) comment ont évolué les quantités utilises ?

V- Produits Phytosanitaires

42) Quels produits utilisiez-vous avant 90?

43) Dosage à l'hectare et fournisseur .

44) L'acquisition se faisait par : 1= achat au comptant 2= achat à crédit 3= subvention

45) Quel était le prix ?

46) pour vous, le prix était il 1= acceptable 2= trop élevé .

47) après les années 90 avez-vous continué de traiter vos champs ?1=oui 2=non

48) Si oui comment .

49) Si non pourquoi

VI- Production Agricole

50) quelle production faisiez-vous dans les années 80 ?

51) Quel était votre niveau de production ?

52) Quel type de main d'oeuvre utilisiez vous ?1= familiale 2= temporaire 3= salariale

53) quelle était le nombre de travailleurs et le coût ?

54) votre production vous permettait il d'avoir un niveau de vie acceptable ?

1=oui 2=non

55) A partir des années 90 avez-vous changé le type de culture que vous pratiquiez ?

1=oui 2=non .

56) si non comment a varié votre production ?

57) Si oui quelles cultures avez-vous choisies et pourquoi

VII- Commercialisation

58) pendant les années 80 à qui vendiez vous votre production de café ?

59) le prix fixé vous arrangeait-il ? 1= oui 2= non .

60) pendant cette période, avez-vous eu des problèmes de commercialisation de votre production ?1=oui 2=non

61) après la libéralisation, jusqu'à quelle année avez-vous continué de vendre votre café ?

62) à qui le vendiez- vous ?

63) quelles sont les raisons qui vont vous faire arrêter la commercialisation du café ?

64) quels ont été les problèmes que vous avez rencontrés dans la commercialisation de votre production après les années 90 ?

65) avez-vous abandonné la caféiculture ?1=oui 2=non

66) si oui quelle(s) culture(s) avez-vous préféré(es) ?

VIII- Encadrement

67) Etiez vous assisté avant les années 90 ? 1=oui 2=non

68) Avez-vous été assisté de 80 à 90 par l 'UCCAO ? 1=oui 2= non

69) Si non pourquoi

70) Si oui quelles sont les différentes actions dont vous avez eu à bénéficier

Type de crédit

bénéficiaire

Montant crédit

 

non

 
 
 
 

crédit d'équipement

(pulvérisateurs, motopompe,

atomiseurs...)

 
 
 

crédit infrastructure (magasin

de stockage etc )

 
 
 
 

71) Avez-vous été satisfait de la prestation de l'UCCAO ?

1=oui 2=non .

72) Quel souvenir gardez-vous de l'UCCAO

73) Après cette période d'assisté de quel encadrement avez-vous encore

bénéficié ?

74) Qui étaient les prestataires ?

IX- Situation du producteur

75) Que représentait l'activité agricole pour vous avant les années 90 ?

76) Cette activité est elle restée la même après les années 90 ?

1=oui 2= non

77) Si non pourquoi ?

78) Quelles ont été vos différentes réalisations au cours de la période 80 à

90 ?

79) Aviez-vous fait de nouvelles réalisations de 90 à 2000 ?1=oui 2=non

80) Lesquelles ?

Nous vous remercions de votre disponibilité

ANNEXE 2

DESENGAGEMENT CHRONOLOGIQUE DE L'ETAT

Jusqu'en 1989 : l'Etat, à travers l'ONCPB, assurait la commercialisation, tant interne qu'externe, du cacao et du café. Il assurait également la réglementation et contrôlait la qualité

1989 : Désengagement de l'Etat de la commercialisation interne ; 1991 : Désengagement de l'Etat de la commercialisation externe ; 1993 : Libéralisation totale du sous-secteur Arabica ;

1994 : Libéralisation totale des sous-secteurs Robusta et du Cacao ;

1994/1995 : Le système de prix et de couts administrés est complètement démantelé ;

1997 : le contrôle de la qualité est transféré au secteur privé.

ANNEXE 3 : Données sur la production agricole