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Variabilité climatique et gestion des ressources naturelles. Cas de la forêt classée et réserve partielle de faune de Gonse au Burkina Faso

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par T. Bakari SANKARA
Université de Ouagadougou - Maà®trise en géographie (master ) 2010
  

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II.2.2. L'exploitation agricole

Les principales activités économiques se répartissent entre l'agriculture et l'élevage. Elles sont de type extensif et le système d'exploitation reste majoritairement traditionnel. Le maraîchage est également une activité qui se développe autour de quelques points d'eau de la localité. Mais de nos jours, le secteur informel connaît un véritable essor. Toutes ces activités sont censées contribuer à l'augmentation des revenus des populations et partant l'amélioration de leur niveau de vie.

II.2 .2.1. L'agriculture

Ce secteur d'activité occupe plus de 85 % de la population (PCD., 2008) et constitue dès lors le principal pourvoyeur de main d'oeuvre dans la périphérie de la réserve. L'activité agricole est composée de culture vivrière, de rente et maraîchère. Tributaire des conditions climatiques (baisse de la pluviométrie, érosion hydrique et éolienne, pauvreté des sols), l'agriculture vivrière est essentiellement orientée vers la production céréalière (le sorgho rouge et blanc, le mil et le maïs). On retrouve également des légumineuses telles que le niébé, le voandzou, l'arachide, principaux produits de rente. Le sésame et le riz sont aussi produits.

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L'agriculture vivrière est majoritairement une production de subsistance, mais les surplus sont parfois vendus. Les superficies cultivées sont faibles et se situent entre 2 et 3 hectares. Selon l'enquête ménage (2009), près de 84,3 % affirment ne pas être satisfaits des rendements de production contre 13,8 % satisfaits. Ainsi, la non-satisfaction des besoins alimentaires est de plus en plus significative dans la commune. La province du Kadiogo a enregistré une couverture céréalière faible de 11 % lors de la campagne 2008-2009 (DGPER., 2009). Les rendements baissent continuellement. Cela devient de plus en plus perceptible par les paysans à travers la diminution du nombre et du niveau de remplissage des greniers. Le grenier est par excellence l'élément de mesure selon les paysans pour définir une bonne ou mauvaise campagne agricole. Il a pour fonction première de nourrir dans le temps le groupe familial. Les producteurs se basent sur son niveau de remplissage et le temps de consommation pour apprécier la disponibilité céréalière du ménage.

Selon OUEDRAOGO F.C., (2002), des greniers vides quelques mois après la récolte peuvent témoigner d'une mauvaise saison agricole tandis que des greniers vides en fin d'hivernage s'expliquent par le cours normal de la soudure alimentaire. Ainsi, de deux à trois greniers bien remplis, certains ménages sont passés à un sur les même superficies de production. Aussi, les récoltes finissent avant que la nouvelle saison ne commence. Cela montre que les paysans n'arrivent pas à couvrir leur besoins alimentaires. L'irrégularité des pluies est le facteur déterminant de cette situation selon les agriculteurs.

A cela s'ajoute le manque de terres cultivables lié à une forte concurrence avec les parcelles à usage d'habitation. Les transactions (vente de terre) foncières dans le département de Saaba sont de plus en plus importantes. La forte pression foncière a fait disparaître les friches, ce qui occasionne leur dégradation progressive et continue. Les techniques culturales traditionnelles telles que la jachère, jadis fréquente et longue dans le temps est de nos jours quasi impossible. Les techniques les plus utilisées sont l'association des cultures et l'assolement. Pour améliorer les rendements de production céréalière, certains paysans pratiquent le compostage.

Les incertitudes liées à l'installation effective des saisons deviennent de plus en plus nombreuses, décourageant les populations à s'adonner pleinement à l'agriculture pluviale. La fréquence de récoltes vivrières médiocres, pour une population dont l'alimentation de base s'appuie sur la consommation de ladite récolte, amène celle-ci à opérer autrement pour assurer la couverture des besoins LOMBARD J. (1993). En dehors de la production pluviale, les principales sources de revenus qui favorisent l'accès des ménages à l'alimentation sont entre autres la vente des produits maraîchers et celle des produits forestiers ligneux et non ligneux.

L'horticulture est également une activité qui occupe la majorité de la population. Les principaux produits maraîchers sont le chou, le piment, la tomate, le concombre, l'oignon et le poivron. La culture maraîchère se localise dans certains villages riverains qui sont: Tanghin, Tensobtenga, Koala, Saaba, Gonsé et Koanda. Les productions sur ces sites ravitaillent la ville de Ouagadougou et une partie est exportée vers certains pays voisins surtout le Ghana.

Le renforcement de ces sites de production maraîchère par l'aménagement d'autres points d'eau et un soutien en matériel aux producteurs envisagés dans le plan d'aménagement adopté lors de l'atelier de planification de la 3e phase du PGFIG en novembre 2001 est resté sans suite. Le manque de suivi et de possibilités d'écoulement des productions, la cherté des intrants et les conditions climatiques défavorables ne favorisent pas l'essor de cette activité.

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II.2.2.2. L'élevage

L'élevage comme l'agriculture occupe la majorité des habitants. Composé principalement de bovins, de caprins, de porcins, d'équins, de porcins et d'ovins, l'élevage est diversifié et procure des ressources aux ménages. Selon KAGONE H., (2003), on rencontre dans la zone de Saaba deux types d'élevage. Le type extensif et sédentaire, basé essentiellement sur l'élevage des troupeaux et des animaux de trait. Ce système d'élevage est pratiqué également par des agriculteurs. Des éleveurs peuls installés dans la zone font l'élevage pastoral et agro-pastoral. C'est un système d'élevage extensif transhumant. La plupart de ces troupeaux sont issus de la relation entre les peuls et certains citadins vivant à Ouagadougou.

Des personnes riches de ville de Ouagadougou tiennent des fermes dans la zone de Saaba. Ceux-ci acquièrent auprès des autochtones, des terrains qu'ils transforment en ferme dont ils confient la gestion aux peuls résidents. Cette nouvelle forme d'élevage qui est en croissance dans la localité contribue beaucoup à la dégradation des ressources naturelles (cf. photo 4). L'embouche est de plus en plus accrue. Mais par manque de moyens et d'encadrement, ce système d'élevage n'est pas très développé. En outre, on enregistre dans la périphérie de la forêt, quelques installations de fermes à système d'élevage semi-intensif orienté vers la production laitière.

Elle reçoit également la transhumance du nord et du Sahel en passage vers le sud du pays à la recherche de pâturage. En saison pluvieuse, les éleveurs conduisent leurs troupeaux dans la forêt pour éviter les dégâts dans les champs. Cette pratique contribue en partie à dégrader les ressources forestières. L'activité pastorale dans la commune de Saaba est importante malgré les contraintes d'ordre naturel et structurel.

Confronté aux aléas climatiques, le développement de l'élevage se heurte à la forte dégradation du potentiel de production sous l'effet conjugué de l'accroissement de la pression démographique et foncière.

A cela s'ajoute la persistance de la pratique du mode traditionnel à cause d'une absence ou insuffisance de moyens pour une modernisation de l'activité. En dépit des contraintes, le secteur agropastoral dispose de potentialités à côté des autres activités socio-économiques pouvant permettre d'asseoir une base solide de développement de la commune.

Photo n° 3: Des animaux traversant la forêt

Cliché: SANKARA T. Bakari, Décembre 2009

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"Les esprits médiocres condamnent d'ordinaire tout ce qui passe leur portée"   François de la Rochefoucauld