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Conversion des lieux de culte à  Alger du XVIIIème au XXème siècle. Cas de la mosquée/ cathédrale Ketchaoua

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par Samir NEDJARI
Université Paris I Panthéon- Sorbonne - Master recherche patrimoine et conservation- restauration 2012
  

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B- Le patrimoine culturel religieux :

La notion du patrimoine culturel religieux accorde plusieurs dimensions à un seul objet, parmi lesquels, les dimensions patrimoniale et religieuse ; ces étendues qui ne sont pas toujours compatibles laissent paraitre une certaine complexité liée à ce type de patrimoine culturel.

Le message de nature religieuse ou ce qu'on peut appeler la valeur religieuse de ces objets vient essentiellement de leur association au divin, or les valeurs divines par nature ne sont pas liées à la matérialité, du fait qu'elles sont détachées de l'objet et consistent essentiellement en des principes et des vertus. Malgré qu'il est admis depuis des siècles que les institutions religieuses aient des biens qui leurs sont propre, le rapport entre le divin et la matérialité reste toujours un rapport indirect.

1- le patrimoine culturel religieux dans le monde occidental :

Dans le monde occidental, on peut constater depuis le système de juridique de la Rome antique un rapport direct entre les biens et les divinités à lesquelles ils sont consacrés, ces biens qui échappent à la propriété humaine sont donc en quelque sorte la propriété des dieux auxquels ils sont consacrés.8

7 Ibid.

8 BART Jean, « patrimoine et religion, les dieux possèdent-ils un patrimoine ? », dans Brigitte BasdevantGaudemer, Marie Cornu, Jérôme Fromageau (dirs.), Le patrimoine culturel religieux. Enjeux juridiques et pratiques culturelles, L'Harmattan, Paris, 2006.

Avec l'avènement du christianisme, cette notion laisse place à celle de patrimoine ecclésiastique qui rassemble des biens temporels appartenant à l'église, et qui sont à vocation essentiellement cultuelle, avec des valeurs spirituelles éternelles.

Ces biens appartiennent une personne juridique publique constituée par l'autorité ecclésiastique afin d'assumer leurs gestion au nom de l'église. Dans ces biens on distingue les choses sacrées qui constituent une catégorie particulière et ne peuvent être destinées à un usage profane ou impropre9.

Les reliques représentent un exemple de ces objets associés à un culte spécifique, ils sont considérés comme des implications matérielles de l'incarnation, leur propriété a soulevé plusieurs problèmes juridiques relatifs au droit du particulier à posséder des reliques, à l'accès à celles-ci par le public, sur les modalités de vente et d'achat et sur la question de l'inaliénabilité de ces objets.

Toutes ces questions sont le résultat des valeurs qu'acquièrent ces objets de par leurs associations au culte ainsi « Ces realia de la foi entrent sans transition dans le patrimoine de l'humanité dans le sens où ils sont considérés comme sa propriété collective, transmis de générations en générations, conservés pour leur seule valeur religieuse »10.

Les églises et cathédrale rentre dans ce cadre de ce patrimoine religieux, ainsi en plus de leurs valeurs fonctionnelles, artistiques, historiques et autres, ces lieux de culte ont une valeur spirituelle, cette différence entre les édifices à caractère cultuel et les autres bâtisses est résumé par Monseigneur Roland Minnerath : « Un édifice cultuel doit être considéré pour ce qu'il est : il n'est ni une salle de spectacle, ni un musée, ni un b~timent Il est un édifice religieux, un signe de transcendance dans notre société sécularisée. Pour les uns, un témoin du passé, pour d'autres un lieu de prière, de recueillement, de célébration toujours actuel, il est un monument digne d'~tre considéré pour ce qu'il est »11.

9 GREINER Philippe, « Biens sacrés et biens religieux, le point de vue canonique » », dans Brigitte BasdevantGaudemer, Marie Cornu, Jérôme Fromageau (dirs.), op.cit.

10 BABELON, CHASTEL, op.cit.

11 Chanoine Norbert HENNIQUE, Colloque « églises des villes, églises rurales, un héritage en partage ? », Cité de l'architecture et du patrimoine, Paris, 26 et 27 juin 2008.

La question de la transmission de ce patrimoine se pose de façon récurrente, ainsi même si les biens cultuels ne bénéficient pas d'une inaliénabilité perpétuelle, toute aliénation d'un bien confessionnel « est précédée juridiquement d'une perte de dédicace12 ou d'une autre décision canonique de perte de la destination de la nature confessionnelle du bien »13. Mais même après la levée de la dédicace d'un bien religieux, il garde une certaine valeur spirituelle auprès des fidèles, cette valeur impose de continuer à prendre en compte le passé religieux du bien dans toute analyse ou intervention.

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