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La finance islamique est- elle une solution face à  la crise?

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par Ismaël BOULABAS
INSEEC - Master 2 banque et assurance 2012
  

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3.3. Les inconvénients de la finance islamique

Nous avons vu que la finance islamique possédait de réelles qualités pour endiguer les crises. Cependant, elle comporte de réels inconvénients que nous allons étudier.

3.3.1. Manque de maitrise sur le système actuel :

La finance islamique est très jeune. Elle reste très minoritaire dans les opérations financières qui s'effectuent chaque jour. Ainsi on peut voir qu'elle n'a aucune maitrise sur les opérations de finance traditionnelle. En effet si une banque islamique n'a pas le droit d'investir dans des CDO, la banque traditionnelle, quant à elle, n'est pas soumise à cette interdiction. Elle n'a pas encore assez de poids par rapport à la finance conventionnelle.

Par ailleurs, on peut voir que la finance islamique ne prend pas en compte l'inflation. Ainsi, on observe qu'en France, par exemple, les taux de rémunération sont fixés en fonction de l'inflation. Les livrets se rémunèrent par rapport au livret A (l'actif sans risque), pour lequel le taux dépend en partie de l'inflation. L'inconvénient que cela suppose est que lorsqu'un client dépose une somme X sur son compte bancaire à une date T et qu'il récupère cette somme à une date T+1, il perd de l'argent. Ceci étant dû au fait que les prix ont augmenté entre T et T+1. Il perd donc du pouvoir d'achat. Ainsi la finance islamique ne permet pas de conserver sa capacité d'achat sur une durée. Il faut noter que cette finance, restant minoritaire ne permet pas non plus d'endiguer l'inflation. Effectivement, cette dernière est en partie causée par le coût de l'argent sur les marchés monétaires. Or si l'on est une banque islamique on ne peut empêcher les autres banques de se refinancer sur les marchés.

Enfin même si nous avons observé que le cadre juridique français se positionnait en faveur de la finance islamique, nous ne pouvons pas dire que la législation soit adaptée à cette dernière. En effet le cadre juridique de la loi de 1905 définissant les rapports entre l'Eglise et l'Etat est peu compatible avec la charia.

Ainsi son statut de finance embryonnaire ne lui permet pas d'avoir un poids nécessaire pour faire pression sur les banques classiques.

3.3.2. Le développement moins rapide que celui des banques conventionnelles 

L'un des aspects négatifs d'une banque islamique est sa faible capacité à se développer rapidement. Cela s'explique par la structure de son bilan. Ainsi, nous pouvons voir dans l'annexe 5 que l'essentiel des fonds propres d'un de ces établissements est constitué des dépôts des clients. Ainsi une banque islamique, n'ayant pas le droit d'utiliser les leviers du refinancement, sera contrainte de restreindre sa vitesse de développement. Ceci est pourtant en désaccord avec la réalité. En réalité, nous pouvons constater, une croissance conjoncturelle de cette finance extrêmement rapide. Cependant le rapport Arthuis, montre que cette croissance est entièrement due à l'évolution des cours pétrole (dépendance à la filière financée).

De plus, on notera que dans le cadre de la gestion actif/passif (cf. chapitre 1), la banque islamique aura du mal à pallier le risque de liquidités. En effet, le fait qu'elle n'utilise pas de produits de refinancement (qui sont ribawi), l'empêche de couvrir ce risque. Ainsi, dans l'hypothèse où tous les clients d'une même banque venaient à retirer leurs dépôts en même temps, la banque islamique aurait des difficultés à les servir. Là aussi, la réalité nous fait mentir, cependant, Anouar HASSOUN a affirmé dans un rapport sénatorial de mai 2008 : « bénéficiant à l'origine des surliquidités du golfe persique liées au pétrole et renforcées par les effets du 11 septembre, la finance islamique, s'est orientée vers les années 1990 vers les particuliers ». Cela montre bien qu'elle doit s'orienté vers une nouvelle cible pour pouvoir générer des liquidités.

Ensuite, nous dirons que la finance islamique prévoit la fin du trading haute fréquence. Comme nous avons pu le souligner les spéculateurs sont des « market makers ». Ils participent à la liquidité des marchés et les rendent plus attrayant pour les investisseurs. Ils ont donc une utilité économique et financière. L'inconvénient de la finance islamique est donc qu'elle freine l'évolution des marchés.

D'autre part, il est important de comprendre que le modèle économique des banques françaises, est composé environ à 60% de la marge d'intermédiation (différence entre les intérêts perçus et les intérêts versés). Elle représente une vraie source de revenus pour les banques. Or la finance islamique ne permet pas la prise ou le versement d'intérêts. Cela signifie qu'une banque islamique doit se priver d'une recette importante. Or on sait qu'une banque qui fait des bénéfices peut investir, embaucher, prêter (grâce au renforcement des fonds propres du à l'intégration des bénéfices dans les réserves) et payer son impôt sur les sociétés. En résumé une entreprise bénéficiaire est une bonne chose au niveau économique. On peut donc considérer la finance islamique comme étant un frein à l'économie, mais aussi un frein au développement de ses institutions financières.

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"Enrichissons-nous de nos différences mutuelles "   Paul Valery