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Anthropisation et risques environnementaux sur les collines de Yaoundé

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par Dieudonné FEKOUA
Centre régional d'enseignement spécialisé en agriculture forêt/ bois Cameroun - Master professionnel en études d'impacts environnementaux 2010
  

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ABSTRACT

Yaounde, The administrative and political capital of Cameroon had witnessed a demographic and spectacular spatial growth for the past four decades. The demographic pressure had naturally subjected all nature's reserves to high hills of the city at intense human activities, degreding the environment and the exploitation of natural ressources.

The observation of socio-spatial mutation let us to the principal objective of the study which was to identify, study the human activities on the Yaounde hills and examine the environmental risks that follow. To meet up with our objective, we use tools from Rapid Rural Appraisal (RRA) and environmental impacts assessment. These tools helped us to carry out census and to characterize interactions, and its impacts among activities, environment, resources and its risks. We carry out a documentary research connected to our topic and we had discussions and interviews with the authorities of the Yaounde City Council (YCC). Our study in the field gave rise to direct observations and discussions with the occupants and exploiters of the study area.

From our results, it does can be clear to say that man is the main destibilizer of the already fragile ecosystem. It is difficult to find any hill in Yaounde which has not been colonised by the harmful human activities. These activities interact on the natural ressources and bring impacts such as the loss of biodiversity and the aesthetic landscape, global warming, pollution. Some of these activities bring about risks where in the population is exposed to. Two great categories of risks can be carried out on the Yaounde hill: man's activities made risks and natural risks.

Dissuasive measures retained as of now by the competent authorities to safeguard these sites have no results; the reason being that nothing concret has been done on the site to restore it. Also, natives are not implicated in decision making and management. Thus, there is the need for a participatory and popular management approach for a progressive legal injonction to evacuate the site in the regulation limits and without any discrimination, immediatly followed by the putting in place of a direct action to regenerate the already degraded zones. Recovery, restoration and valorization shall open ways for the development of urban ecotourism.

Key words: anthropisation; hills; environmental risks; Yaounde.

INTRODUCTION GENERALE

1- &1n\1I\efd1fl'é\ude

Dans le cadre de l'observation de la situation des villes camerounaises afin d'explorer les problématiques relatives à la vulnérabilité à laquelle les populations sont exposées au quotidien, nous avons constaté en ce qui concerne la ville de Yaoundé, que les inondations, les mouvements de terrain et le réchauffement climatique constituent les problèmes environnementaux majeurs de l'heure. Une question nous est alors venue à l'esprit : quel lien existerait-il entre les phénomènes d'inondation, de mouvements de masse, de réchauffement de la cité et l'occupation sauvage et irrationnelle des espaces montagneux qui dominent le relief de la ville ? Selon certains responsables que nous avons approchés, la colonisation et l'humanisation des hauts sommets urbains et périurbains de Yaoundé avec tous les risques y afférents et les conséquences qui en découlent, confirment le fait que les efforts fournis par les autorités administratives en vue de préserver ces sites à écologie fragile sont restés vains. Or, un aménagement judicieux de ces espaces pourrait contribuer à lutter contre les inondations, les mouvements de terrain et le réchauffement ambiant.

En effet, parler d'inondation dans un site comme celui occupé par Yaoundé devrait relever d'un paradoxe ; car la position géographique du site, avec une altitude moyenne de 700m, fait que la surface dominante est très éloignée de la nappe phréatique ; ce qui limite la remontée capillaire. Un autre facteur concernant le relief « yaoundéen » est la présence de multiples bassins versants et encaissants qui devraient favoriser la circulation des eaux de pluie et le drainage facile des eaux usées. Il est donc incontestable que le laminage systématique du couvert végétal des collines de Yaoundé par le ruissellement constitue l'une des causes majeures des inondations et mouvements de masse ; à côté des caniveaux non curés et des ordures non dégagées.

Par ailleurs, il convient de rappeler qu'il y a moins d'une décennie, il ne faisait pas autant chaud à Yaoundé comme on le ressent aujourd'hui. En saison sèche, l'ambiance chaude est ressentie de façon quasi permanente de jour comme de nuit. Les « Yaoundéens » sont contraints pour l'immense majorité à dormir portes et fenétres ouvertes la nuit (avec tous les risques que cela comporte), ou alors avec les ventilateurs et climatiseurs en marche pour les plus nantis. Toutes ces observations et bien d'autres ont contribué à nous décider du choix de ce thème, persuadés qu'il y a encore quelque chose à faire pour redonner à Yaoundé sa fraicheur d'antan par la restauration de sa « ceinture verte ».

2- Problématique

Depuis 1960, Yaoundé a enregistré un taux de croissance annuelle de population de 9%, soit un doublement de la population tous les huit ans1. Selon A. Franqueville (1984), les deux caractéristiques de cette croissance étaient sa continuité et son accélération2. Mais, il convient de signaler que méme si cette croissance n'est pas arrêtée aujourd'hui, elle connaît tout de même un ralentissement depuis 1990. Selon les travaux de J.P TIMNOU (1993)3 de l'IFORD, le taux de croissance annuelle de la population se situait entre 5 et 7% au cours des années 90.

De plus, la valorisation des villes intermédiaires qui devrait permettre de relancer d'autres pôles d'urbanisation, limiter l'exode rural et l'implosion démographique interne dont souffre la ville de Yaoundé n'a pas véritablement suivie. En effet, sur un rayon de 100km, très peu de villes secondaires dépassent 50 000 habitants (PDUY)4. Les résultats du dernier recensement général de la population situent le taux d'accroissement annuel de nos jours à 5,7%. Ce qui fait que la ville de Yaoundé compte aujourd'hui une population de 1 817 524 habitants et forme avec Douala le duo de mégalopolis camerounaises de plus d'un million d'habitants (RGPH, 2005). Le tableau 0.1 ci-dessous montre l'évolution et la projection de la population, de la superficie et de la densité de Yaoundé de 1956 à 2020.

1 KENGNE et YOUANA, « Yaoundé : du poste militaire allemand à la grande ville. Un siècle d'évolution démographique et spatiale ». Université de Yaoundé I, Département de Géographie, 1996.

2 André Franqueville, « Yaoundé : construire une capitale ». Editions de l'ORSTOM, Paris, 1984, p.11.

3 TIMNOU Joseph Pierre, « Migration, Urbanisation et Développement au Cameroun ». Les cahiers de l'IFORD n°4, juin 1993.

4 Plan Directeur d'Urbanisme de Yaoundé (PDUY), horizon 2020, p.18

Tableau 0. 1 : Evolution et projection de la population, de la superficie et de la densité de
Yaoundé de 1956 à 2020.

Années

Population

Superficie (en ha)

Densité (hbts/ha)

1956

54 000

1740

31

1964

90 000

2250

40

1968

152 000

2930

52

1974

263 000

3830

69

1976

313 706

-

-

1981

-

5300

-

1987

649 252

-

-

1990

-

12 300

-

1992

914 000

13 500

74

2000

1 800 00

18 000

100

2005

1 817 524

22 000

82,61

2010

1 900 000

25 000

76

2020

2 800 000

31 000

90, 32

(Les cahiers de l'IFORD N°4, RGPH 2005, SDAU 1982).

Cette forte augmentation de la population depuis l'indépendance s'est naturellement accompagnée d'une profonde mutation de l'espace urbain de Yaoundé. Celle-ci s'est manifestée par une extension spatiale rapide de la ville vers la périphérie, une densification des quartiers centraux et péricentraux5. La ville s'est progressivement étendue par émiettement des terres agricoles et n'a cessé de voir son territoire conquérir progressivement les multiples collines ceinturant son site d'origine. Cet essor a été spectaculaire à partir de 1956. Yaoundé qui occupait la moitié Nord du bassin versant du Mfoundi jusqu'en 1982, occupe désormais l'ensemble du bassin versant.

5 KENGNE et YOUANA, op. cit.

Au départ, « l'urbanisation s'est faite au détriment du couvert végétal naturel, englobant les bas fonds inondables ou peu accessibles. Les zones périphériques ont été et continuent à être colonisées de façon peu contrôlée, avec une tendance au noyautage des massifs existants » (PDUY, 2008)6. La figure 0.1 montre l'évolution spatiale de Yaoundé entre 1885 et 2000.

Mefou et Akono

Lékié

Figure 0.1 : Croissance spatiale de Yaoundé depuis 1885. (Tchindjang et al, (2009)).

Cette croissance urbaine a donc engendré de nombreux problèmes parmi lesquels une occupation des zones à risque ; notamment les collines et les vallées de Yaoundé qui sont victimes des ruptures des équilibres écologiques, quotidiennement traquées par une urbanisation peu respectueuse du milieu. Dans un tel contexte, quelles sont les activités exposant les populations aux risques et catastrophes sur les collines de Yaoundé et leurs terrains attenants? En quoi ces activités peuvent-elles participer à la détérioration de l'environnement? Une typologie des risques environnementaux encourus par ces populations est-il possible? Quelles mesures peut-on envisager pour limiter l'action humaine et ses effets sur les hauts reliefs de Yaoundé? Quelles connaissances, attitudes et pratiques les populations ont-elles vis-à-vis des risques?

6 PDUY, op. cit. p.12

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"Piètre disciple, qui ne surpasse pas son maitre !"   Léonard de Vinci