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Pratiques de responsabilité sociale des entreprises industrielles au Cameroun

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par Joseph Herman TIONA WAMBA
Université de Douala Cameroun -  Diplôme de professeur d'enseignement technique grade 2 ( DIPET II ) 2009
  

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I - 1 - 2 - Définir la Responsabilité Sociale de l'Entreprise : ambiguïtés

institutionnelles, managériales et académiques

La RSE est un concept en pleine évolution pour lequel il n'existe pas, à l'heure actuelle, de définition universellement acceptée. Les qualificatifs ne manquent pas à son égard : concept vague, flou sémantique, ambiguïté lexicale, concept ombrelle, notion ondoyante et protéiforme, sont autant d'expressions sensées décrire l'hétérogénéité à la fois des discours et théories sur la RSE et des pratiques plus éparses. Elle est généralement interprétée comme étant la façon dont les entreprises intègrent les préoccupations sociales, environnementales et économiques à leurs valeurs, à leur culture, à leur prise de décisions, à leur stratégie et à leurs activités d'une manière transparente et responsable, et donc la façon d'instaurer des pratiques exemplaires, de créer de la richesse et d'améliorer la société.

Sue le plan de la généalogie, le concept de RSE fait référence à deux visions distinctes: la RSE comme obligation contraignante et la RSE comme engagement volontaire. Cette distinction est au coeur des discussions internationales sur la RSE entre ceux qui veulent que des contraintes s'imposent sur les entreprises (ONG, syndicats...) et ceux qui ne le souhaitent pas (milieu d'affaires).

Depuis les années 1960 et 1970, on assiste à une multiplication de définitions du concept de responsabilité sociale de l'entreprise. L'une des explications à cette connotation polysémique de la RSE est que ce domaine est non seulement influencé par les évolutions théoriques, mai aussi, par des agendas politiques, sociaux et managériaux. D'où la difficulté à concilier les attentes de l'ensemble des parties en question. Selon Allouche et al. (2004), les tentatives de définition de la RSE par les acteurs concernés, entreprises, agences de notations et chercheurs, ont généré une confusion dans la conceptualisation de cette notion. Déjean et Gond (2004) font la différence entre les définitions institutionnelles et celles académiques de la RSE. Nous nous proposons donc de développer les définitions institutionnelles, managériales et académiques de la RSE, en prenant chaque fois le soin de ressortir leurs contributions respectives à la conceptualisation de cette notion.

I - 1 - 2 - 1 - Vers une définition univoque de la RSE : définitions institutionnelles et

managériales

La responsabilité sociétale fait l'objet d'une attention accrue de la part de nombreuses entreprises ainsi que d'organisations de nature très diverses : des ONG, des institutions européennes et mondiales, mais aussi des associations religieuses, des associations professionnelles et des réseaux d'entreprises.

Ainsi, La commission européenne (2001) a adopté une définition qui ménage les deux aspects fondamentaux de la RSE (contrainte et volontarisme) : « Être socialement responsable signifie non seulement satisfaire pleinement aux obligations juridiques applicables mais aller au-delà et investir davantage dans le capital humain, l'environnement et les relations avec les parties prenantes, cela suppose l'intégration volontaire par les entreprises de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et leurs relations avec les parties prenantes ». En effet, le livre vert (2001) de la Commission Européenne, qui est devenu une référence dans les organismes internationaux et qui est évoqué dans la majorité des travaux sur la RSE, la définit comme : « l'intégration volontaire des préoccupations sociales et écologiques des entreprises à leurs activités commerciales et leurs relations avec toutes leurs parties prenantes internes et externes (actionnaires, personnels, clients, fournisseurs et partenaires, collectivités humaines,...), et ce, afin de satisfaire pleinement aux obligations juridiques applicables et investir dans le capital humain et l'environnement ».

Pour la Business for Social Responsibility, la CSR (Corporate Social Responsibility) se réfère généralement au fait de relier les prises de décision en entreprise à des valeurs éthiques, de se conformer aux contraintes légales, de respect pour les personnes, la communauté et le gouvernement. [...] la CSR est définie comme le fait que l'entreprise se comporte de manière à satisfaire ou dépasser les attentes éthiques, légales, commerciales et publiques que la société manifeste envers les entreprises (F. DEJEAN & J-P. GOND, 2003). A cette définition, vient s'ajouter celle de la World Business Council on Sustainable Development pour qui la CSR est l'engagement de l'entreprise à contribuer à un développement économique durable, en travaillant avec ses employés, leur famille, la communauté locale et la société dans son ensemble pour améliorer la qualité de vie.

La plupart des définitions accordent une place centrale à la notion d'engagement de l'entreprise, et spécifient que cet engagement doit aller au delà des obligations et des attentes légales. Cependant, ces définitions divergent quant à leur approche de la structure de la CSR, et les axes privilégiés par les organismes ne sont pas toujours les mêmes. Ainsi une entreprise d'un secteur donné définira la CSR en fonction des stakeholders pertinents de son point de vue, alors que des institutions à caractère plus international auront tendance à privilégier les relations avec la communauté locale et les familles des employés, renvoyant à des problèmes plus spécifiques tels que le travail des enfants.

L'impression d'ensemble qui se dégage des ces définitions est le caractère en partie contingent du contenu de la CSR en fonction du niveau où se situe l'organisation (secteur / niveau national ou supranational) et de ses problématiques propres. Nous allons dans le sous-paragraphe suivant, donner les définitions académiques de la RSE.

I - 1 - 2 - 2 - Rapprochement des définitions théoriques et académiques de la RSE

Selon M. Friedman (1970), la responsabilité sociale des entreprises est d'accroître ses profits. La seule responsabilité des entreprises est envers ses actionnaires. Cette proposition de Friedman repose sur les postulats de la « main invisible de Adam Smith », car pour lui, seules les forces du marché génèrent la richesse collective, ce qui n'est pas totalement acceptable dans le contexte actuel. Par exemple, dans des cas de fraudes comme Enron et bien d'autres, cette responsabilité envers les actionnaires n'a pas été respectée. Autrement dit, la RSE ne se limiterait pas à cela.

En effet, nombreux sont les auteurs qui s'opposent à cette vision étroite de la responsabilité sociétale de l'entreprise. Au contraire de la vision de Friedman, selon la théorie des stakeholders, il existe un contrat implicite entre l'entreprise et la société. Si ce contrat est rompu, l'entreprise perd sa légitimité et ne peut bientôt plus fonctionner. En conséquence, l'entreprise doit gérer ses relations avec ses parties prenantes, i.e. avec tous ceux qui peuvent affecter ou peuvent être affectés par les activités de l'entreprise. Ainsi, selon Freeman (1984), l'entreprise est responsable devant toutes ses parties prenantes.

Les définitions académiques du concept de RSE ont ceci en particulier qu'elles fournissent un cadre d'analyse général indépendant des objectifs propres à une organisation donnée. C'est le cas, par exemple, de la définition de Mc Williams et Siegel (2001) selon laquelle la RSE est l'ensemble des actions visant le bien social au-delà des intérêts de la firme et de ce qui est demandé par la loi. Les divergences liées à la définition de la RSE renvoient aux fondements et aux mobiles qui ont poussé à l'intégration de la responsabilité sociale.

Selon le père du concept moderne de la RSE H. Bowen (1953) : « La CSR renvoie à l'obligation pour les hommes d'affaires d'effectuer les politiques, de prendre les décisions et de suivre les lignes de conduite répondant aux objectifs et aux valeurs qui sont considérées comme désirables dans notre société ». Le caractère obligatoire que souligne Bowen dans cette définition est propre à un système assidu de contrôle du respect de la réglementation. C'est le cas dans plusieurs pays d'Europe (France et Grande Bretagne par exemple). Ramené au contexte subsaharien en général, et camerounais en particulier, cette définition trouve mal son application.

Mc Guire (1963) et Davis (1973) soutenus plus tard par M. T. Jones (1980), perçoivent la RSE comme la prise en compte par l'entreprise, de problèmes qui vont au delà de ses obligations économiques, techniques et légales et reconnaissance par celle-ci, de ses responsabilités envers la société. Vu sous cet angle, la RS débute là où s'arrête la loi. Que dira t-on des entreprises qui ne se conforment qu'au stricte minimum requis par la loi, parce que ne faisant face à aucune compétition sur le marché ?

A. B. Carroll (1979) ne se contente pas seulement de limiter les champs d'action possibles de l'entreprise responsable car pour elle, « la CSR intègre l'ensemble des attentes économiques, légales, éthiques et philanthropiques que peut avoir la société à l'égard d'une entreprise à un moment donné ». Suivant le même ordre d'idées que Carroll, Wood (1991) souligne que: « La signification de la responsabilité sociétale ne peut être appréhendée qu'à travers l'interaction de trois principes : la légitimité, la responsabilité publique et la discrétion managériale, ces principes résultant de la distinction de trois niveaux d'analyse, institutionnel, organisationnel et individuel ». Les définitions proposées par Carroll et Wood vont plus loin que les approches précédentes en spécifiant les catégories d'analyse de la CSR et en systématisant les acquis des recherches antérieures.

On constate une assez forte proximité entre les plus anciennes définitions de la CSR et les approches managériales. Ces définitions se contentent en général de mettre en avant le caractère discrétionnaire de la CSR, en insistant sur le fait qu'elle recouvre des dimensions qui dépassent les aspects purement économiques ou légaux de l'activité de l'entreprise.

Mais au fait, qu'est ce que la responsabilité sociale ou sociétale de l'entreprise ?

De toutes les définitions et approches développées ci-dessus, nous pouvons définir la responsabilité sociale de l'entreprise comme la prise en compte par l'entreprise des variables extra économiques dans la réalisation de ses objectifs à long et moyen terme. C'est un processus d'amélioration, dans le cadre duquel, les organisations, les entreprises, les pouvoirs publics et les collectivités locales intègrent de manière volontaire, systématique et cohérente des préoccupations d'ordre social, environnemental et économique dans leur gestion au quotidien. En d'autres termes, une entreprise socialement responsable est celle dont l'atteinte des objectifs économiques est conjointe à l'intérêt collectif de toutes les parties prenantes et dans le respect des contraintes légales naturelles.

La responsabilité sociétale s'appuie ainsi sur des principes directeurs et des outils (normes, standards et labels) qui permettent, non seulement, de mesurer la réalité de ces pratiques et leur valeur ajoutée, mais aussi d'en maximiser les impacts positifs pour les entreprises, les collectivités et la société dans son ensemble.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.



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