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Pratiques de responsabilité sociale des entreprises industrielles au Cameroun

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par Joseph Herman TIONA WAMBA
Université de Douala Cameroun -  Diplôme de professeur d'enseignement technique grade 2 ( DIPET II ) 2009
  

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I - 2 - LA RESPONSABILITE SOCIETALE DE L'ENTREPRISE : UNE APPROCHE

PAR LES PARTIES PRENANTES

C'est dans le sillage des approches managériales de la Corporate Social Responsiveness (CSR) que le terme de stakeholders va se développer, à partir de la fin des années 1970 et du début des années 1980. Ces approches ont ceci d'original qu'elles rapprochent et font cohabiter des groupes aux intérêts contradictoires. A ce titre, on peut définir un stakeholders comme « n'importe quel groupe dont le comportement collectif peut affecter de manière directe le futur de l'organisation, mais qui n'est pas sous son contrôle direct » (Emshoff et Freeman, 1978)2(*).

Le concept cosmopolite de stakeholders constitue une deuxième occasion de synthèse théorique majeure. Ce concept est doublement intéressant. Premièrement, il bénéficie d'une large diffusion au sein des milieux académiques. De plus, le concept de stakeholders apparaît aujourd'hui comme le concept fédérateur pour mener à bien une unification voire une refondation théorique du champ Business and Society (Freeman, 1994). Deuxièmement, le concept de stakeholders se distingue par son appropriation massive et inédite dans le champ des pratiques managériales (A. ACQUIER & F. AGGERI, 2008). Ainsi, le management des parties prenantes occupe une place centrale dans la conceptualisation et la mise en oeuvre de la RSE au sein des entreprises. Les stakeholders constituent alors un outil stratégique de management, car la prise en compte de leurs intérêts n'a d'importance que lorsqu'elle est associée aux objectifs de l'entreprise.

Arguant du côté peu opérationnel du concept de CSR, Carroll (1991) préconise d'utiliser la notion de partie prenante pour mieux identifier les responsabilités sociétales. Notons tout de même que les stakeholders ne sont pas les mêmes pour toutes les entreprises et au cas où, par hasard, elles le seraient, ils n'ont pas la même importance au sein de ces entreprises.

Toutefois, l'approche des parties prenantes a été acceptée et adoptée par de nombreux auteurs et est d'ailleurs considérée comme élément de cohésion quant aux acceptions divergentes de la RSE.

Pour représenter l'entreprise et ses parties prenantes, le schéma que Freeman propose est le suivant :

Tableau 1.1 : Modélisation de l'approche des stakeholders : The stakeholder view of the firm.

Entreprise

Communauté locale

Clients

Concurrents

Ecologistes

Associations commerciales

Employés

Medias

Gouvernement

Propriétaires

Défenseurs des consommateurs

Fournisseurs

Est considéré comme stakeholder, tout individu ou groupe qui peut

affecter ou être affecté par la réussite de l'entreprise.

 

Source : A. ACQUIER et F. AGGERI (2008), Inspirés de Freeman (1984)

La question des parties prenantes pose la question de leur recensement. F. Lépineux (2003) propose ainsi de distinguer entre les parties prenantes sur la base d'une classification en catégories d'acteurs : les parties prenantes internes (actionnaires, salariés, syndicats), les partenaires opérationnels (clients, fournisseurs avec, parmi ceux-ci, les sous-traitants, les banques dans la position de prêteur mais aussi en attente d'une stabilité et d'une solvabilité, les compagnies d'assurance dans les termes d'une confrontation au risque dont la substance se renouvelle profondément aujourd'hui), la communauté sociale (pouvoirs publics, organisations spécialisées de type syndicat professionnel, organisations non gouvernementales, société civile).

Le tableau ci-dessous recense et reprend de manière synthétique, l'énumération faite ci-dessus.

Tableau 1.2 : Tableau synthétique des parties prenantes et leurs attentes ou intérêts principaux

Parties Prenantes

Exemples de leurs objectifs, intérêts

Équipe de direction / Décideurs

Gouvernance, Culture d'entreprise, ventes à l' exportation, risque juridique, risque de réputation, stratégie (court et moyen terme), responsabilité civile, risque de perte de compétence, performance, rémunération, lien de subordination

Propriétaires / actionnaires

Profit, valeur de l' action en bourse, information, stratégie (long et moyen terme)

Clients

Qualité et absence de défaut des produits/Coût et délai de livraison des produits/qualité de service, relation de confiance et partenariat

État, Mission économique

Souveraineté, sécurité collective ( défense), indépendance énergétique, sécurité des approvisionnements ( énergie, matières premières), exportations, respect des principes du droit ( sécurité juridique), respect des règles ( comptabilité publique, loi), monnaie, impôts

Citoyens des communautés locales

Information sur les impacts environnementaux et sociaux ( emplois), taxes et contributions financières, risque juridique

Employés

Rémunération, sécurité de l' emploi, intérêt du travail, conditions de travail, hygiène et sécurité au travail ( CHSCT)

Syndicats

Négociation d'accords, rémunération, conditions de travail, hygiène et sécurité au travail ( CHSCT)

Fournisseurs / sous-traitants

Prix et volume d'achat, continuité, retombées technologiques, partenariat

Banques

Fiabilité des systèmes de paiement

Investisseurs

Informations sur la solvabilité, la liquidité,

Compagnie d'assurance

Informations sur la gestion des risques et la solvabilité, sur la sécurité informatique ( profil de protection)

Source: 1. Post, Preston, Sachs (2002),

2. Freeman R. E. (1984), « Strategic Management : A Stakeholder Approach », éd. Pitman.

Cependant l'équivocité de la notion de RSE aboutit parfois à des situations paradoxales d'entreprises autoproclamées responsables, se félicitant de respecter les droits de l'homme, tout en interdisant les syndicats et toute forme d'expression collective. Il est en effet difficile, vu l'étendue de la notion de se prétendre socialement responsable ou labellisé RSE par quelque organisme que ce soit et prétendre satisfaire simultanément les attentes de chaque partie prenante.

De ce qui précède, on est enclin de penser que les débats et divergences d'approche, de compréhension, de contextualisation et de théorisation ne manquent pas. Il existe en sciences de gestion, une multitude de théories permettant d'appréhender les démarches et politiques RSE.

Différentes théories, parfois issues de l'économie (régulation) ou de la biologie (évolutionnisme) ont été mobilisées sur le domaine naissant du courant de la RSE en gestion.

* 2 Freeman (1984) accorde la paternité de la notion de stakeholder à une note interne du Stanford Research Institute (SRI, organisme de recherche et de conseil) de 1963.

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