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Contribution des radios communautaires à  l'enracinement de la décentralisation au Bénin. Cas de radio ILEMA

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par Houéfa-Perpétue AHOMANGNON
Institut supérieur des métiers de l'audiovisuel ( ISMA ) Bénin - Licence en journalisme audiovisuel 2011
  

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PARAGRAPHE II: Etat des lieux

Nous mettrons l'accent sur les différentes évolutions de la décentralisation au Bénin.

I. De la conférence nationale aux premières élections communales et municipales

Le Bénin, est le premier Etat d'Afrique francophone à amorcer le processus de la démocratie. C'est à travers l'organisation de la conférence nationale des forces vives de la nation de Février 1990. Cette conférence s'est tenue suite à la proclamation le 30 novembre 1974 du `'marxisme-léninisme'' à la place Goho à Abomey. Après cette proclamation, l'effet fut catastrophique dans les esprits du peuple béninois.

La première conséquence directe de cette proclamation fut l'interdiction de la mise en place de toutes organisations démocratiques. Seul le parti de la révolution populaire fut créé pour occuper toute la place. La dictature s'est alors installée. Le pays était gouverné d'une main de fer par les dirigeants d'alors. La situation économique et financière du pays allait de mal en pire. Les partenaires techniques et financiers étaient très réticents pour financer les projets de développement. Vu que le pays était dirigé par le parti unique, ce dernier n'arrivait plus à avoir l'oeil sur la situation économique et financier des zones rurales. C'est dans cet état de dépression générale que les béninois vécurent jusqu'en 1989. Cette année, les trois ordres de l'enseignement y compris le secteur privé se sont successivement mis en grève illimitée. Cette grève a été inaugurée par les étudiants dès début janvier 1989. Le pays était alors paralysé.

C'est ainsi que la situation économique et financière catastrophique du pays et l'envie des Béninois de vivre dans un pays démocratique ont fait naître dans le coeur des dirigeants l'idée d'une conférence nationale. Après un consensus national autour de cette idée, le pouvoir politique en a pris l'initiative. Le peuple y a adhéré tout en restant sur ses gardes. Un comité préparatoire de la conférence a été alors mis en place car il ne suffisait pas aux autorités centrales de l'Etat et du parti unique de décider d'une conférence nationale pour qu'elle ait effectivement lieu. La tâche assignée au comité était de réunir toutes les forces vives de la nation et d'être disponible pour accepter toutes suggestions. Les travaux du comité furent terminés le 18 février 1990 et la conférence débuta le 19 février 1990.

Avec l'organisation de cette conférence, plusieurs objectifs fixés par les dirigeants ont été atteints. Cette conférence a permis d'insérer dans leur programme de développement la démocratie à la base. Désormais les habitants des zones rurales pourront avoir la priorité pour diriger eux-mêmes l'économie et les finances locales.

Au lendemain de cette conférence, la constitution du Bénin a été ratifiée par le peuple lors d'un referendum le 02 Décembre 1990 et promulguée le 11 Décembre 1990. Les articles 150, 151, 152 et 153 de cette constitution sont consacrés à la décentralisation.

Selon l'article 150,   « les collectivités territoriales de la République sont créées par la loi. » et à l'article 151,  il est précisé que « les collectivités s'administrent librement par des conseils élus et dans les conditions prévues par la loi. »

L'article 152 indique qu' « aucune dépense de souveraineté de l'Etat ne saurait être imputée à leur budget. »

Enfin, l'article 153  stipule : « l'Etat veille au développement harmonieux de toutes ces collectivités territoriales sur la base de la solidarité nationale des potentialités régionales et de l'équilibre interrégionale. »

La conférence et surtout la constitution du 11 décembre 1990 ont ainsi posé les jalons de la décentralisation. Désormais certains pouvoirs devront être transférés aux communes. Ces dernières ont le devoir de bien les diriger.

Cependant, pendant plusieurs années, les différents gouvernements et régimes politiques qui se sont succédé à la tête du Bénin n'ont pas fait grand cas de la décentralisation. Malgré toutes les dispositions prises lors de la conférence, le premier tour des élections communales et municipales ont été organisées au Bénin en 2002, c'est-à-dire douze ans après la tenue de la conférence nationale.

Cela s'explique par le fait que l'orientation marxiste-léniniste qui a marqué le système politique béninois était basée sur le « centralisme démocratique ». La gestion des collectivités locales était confiée aux instances du parti unique. Ce qui fait que les autorités n'arrivaient pas à avoir l'oeil sur toutes les communes.

Les dispositions de la constitution du 11 Décembre 1990 relatives à la décentralisation étaient alors les bienvenues. Elles permettaient désormais de transférer certains pouvoirs et de les laisser diriger par les populations elles-mêmes.

A ce propos, Stanislas KPOGNON dit dans son ouvrage intitulé : Décentralisation et exigences éthiques, p.12 que : « Le partage des pouvoirs offre aux citoyens des villes et des campagnes, grâce à une participation citoyenne informée, d'assurer la gestion de leurs propres affaires locales ».

Mais, comme il est notifié un peu plus haut, ce processus a connu des difficultés avant sa mise en oeuvre effective qui s'est traduite par l'organisation des élections communales et municipales.

Trois ans après la conférence des forces vives de la nation en 1990, les états généraux de l'administration territoriales ont été organisés du 07 au 10 janvier 1993 à Cotonou. Une manière d'appuyer les textes de loi proposés par la conférence et de proposer au gouvernement les principes et orientations qui fondent la réforme administrative. A partir du 15 janvier 1995, les textes de loi sont adoptés. Désormais, les départements sont devenus les circonscriptions administratives du Bénin et les communes deviennent des collectivités décentrées gérées par un maire. Elles disposent de larges pouvoirs autonomes et de compétences propres. Tout cela est développé dans cinq lois à savoir :

Ø La loi n°97-028 portant orientation de l'organisation de l'administration territoriale

Ø La loi n°97-029 portant organisation des communes

Ø La loi n°98- 005 portant organisation des communes à statut particulier (Cotonou, Porto-Novo, Parakou)

Ø La loi n°98-006 portant régime électoral communal et municipal

Ø La loi n°98-007portant régime financier des communes.

Avec cette nouvelle réforme et ces textes de lois, les circonscriptions administratives passent de six à douze avec deux catégories de communes : les communes de droit communs et les communes à statut particulier. Ces dernières sont Cotonou, Porto-Novo et Parakou.

Après l'élaboration de ces textes de loi, plusieurs étapes ont été franchies avant l'organisation des premières élections locales. Il s'agit entre autres de l'organisation d'un séminaire de programmation de la réforme administrative sous le haut parrainage du président de la République Mathieu KEREKOU. Au cours du séminaire, il a émis son souhait de voir les élections municipales et communales se tenir en Avril 1996.Ce qui n'a pu être réalisé.

Le 07 Avril 1997 à l'ouverture de la première session ordinaire de l'Assemblée nationale, le président du parlement Bruno AMOUSSOU a déclaré que : « les travaux de cette session seront essentiellement consacrés à l'étude et à l'adoption des lois relatives à la décentralisation de l'administration territoriale. » Ce fut alors le début de l'étude des projets de loi par la commission des lois de l'Assemblée nationale. Une fois encore, il a été dit que les élections municipales se dérouleront en 1998.

C'est au cours de la session extraordinaire du 28 Juillet 1997 que deux textes de loi sur l'administration territoriale ont été votés. Il s'agit de la loi n°97-028 portant organisation de l'administration territoriale et de la loi n°97-029 portant organisation des communes. Quant à la loi n°98-005 portant organisation des communes à statut particulier, elle a été votée au cours de la deuxième session ordinaire de la même année. Les lois n°98-006 portant régime électoral communal et municipal et n°98-007 portant régime financier des communes ont été votées lors de la session extraordinaire qui a été convoquée après la deuxième session ordinaire de l'année 1997.

Cependant, le 13 Mars 1998, la Cour constitutionnelle a décidé que les deux premières lois sont non conformes à la constitution. Le 31 Mars 1998, elle décide que les autres lois sont non conformes à la constitution. Une fois encore, les élections n'ont pu se tenir le premier semestre de l'an 1998 comme l'a demandé le chef de l'état le général Mathieu KEREKOU.

Après ces différentes étapes, ces lois ont fini par être promulguées courant 1999-2000. Cette fois-ci, les élections locales sont programmées pour le quatrième trimestre de l'année 2000. Il fallait s'assurer que toutes les conditions sont réunies y compris l'assimilation et l'adhésion des populations à la décentralisation avant les premières élections locales. Tout a été mis en place, et les populations sont allées aux urnes pour les élections communales et municipales le Dimanche 15 Décembre 2OO2.

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