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Les pouvoirs publics camerounais et la santé des détenus: le cas des prisons de Dschang et de Mantoum, période 1960- 1992

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par Guy Roger Voufo
Université de Dschang Cameroun - Master II en histoire 2009
  

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2. Les examens médicaux des détenus

Ils sont dans l'ensemble prescrits par le médecin traitant ou par l'infirmier de la prison. Ils concernent des examens de sang, d'urines et de selles. Dans la prison de Dschang, ils étaient uniquement effectués au laboratoire d'analyses médicales de l'hôpital départemental pour la simple raison que le pénitencier ne disposait pas d'une telle structure sanitaire.

A l'opposé, le CRC de Mantoum était pourvu des nécessaires médicaux : un microscope, des réactifs divers pour les examens médicaux des détenus34. D'ailleurs, lors des enquêtes sur le terrain, nous avons pu voir l'existence d'un microscope et d'un réfrigérateur, des lits métalliques datant de l'ère du CRC qui contribuaient à assurer de manière efficiente le droit à la santé des détenus. Mais, après 1975, les examens médicaux ne se faisaient plus à l'intérieur du pénitencier, les détenus étaient désormais orientés sur Malantouen ou Foumban pour effectuer ces examens35. Notre interlocuteur justifie ce changement brusque par le fait que la détention politique n'était plus pratiquée et la taille de l'épaisseur de l'enveloppe budgétaire allouée auparavant avait diminué36. La prison perdit ainsi sa fonction originelle en devenant une prison de production placée sous la tutelle du Ministre de l'Administration territoriale. Faute de moyens matériels et financiers, la prison n'était plus en mesure de faire face aux

33 Registre de consultations médicales, prison de production de Dschang, 1976.

34 Mama Ndam, 67 ans, ex-gardien du CRC de Mantoum, Mantoum, 25.08.2009.

35 Ibid.

36 Ibid.

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défis qui l'interpellaient à l'instar de sa capacité à pouvoir faire elle -même des examens médicaux de ses pensionnaires37. Même si les examens étaient encore effectués, ils entraient plutôt dans le cadre des formalités quotidiennes pouvant aggraver l'état de santé des pensionnaires38. Cet état des choses était en violation du principe 24 de l'ensemble de principes pour la protection de toutes les personnes soumises à une forme quelconque de détention ou d'emprisonnement qui dispose que :

Toute personne détenue ou emprisonnée se verra offrir un examen médical approprié dans un délai aussi bref que possible après son entrée dans le lieu de détention ou d'emprisonnement... elle bénéficiera de soins et traitements médicaux chaque fois que le besoin s'en fera sentir...39

Compte tenu de l'état de la maladie, les détenus étaient le plus souvent admis en hospitalisation à l'hôpital départemental.

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