WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Les pouvoirs publics camerounais et la santé des détenus: le cas des prisons de Dschang et de Mantoum, période 1960- 1992

( Télécharger le fichier original )
par Guy Roger Voufo
Université de Dschang Cameroun - Master II en histoire 2009
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

2. Le rapport d'inspection

Le texte de 1973 confère à l'autorité médicale la mission d'inspection des locaux pénitentiaires. A cet effet, elle enregistre tous les faits et anomalies constatés. Etant donné que les détenus sont au centre de toute politique pénitentiaire, elle ne peut manquer de s'intéresser à eux. L'inspection des détenus ne doit en aucun cas occulter la visite médicale puisqu'elle ne saurait se substituer à cette dernière et ne peut faire un double emploi avec elle. De toutes les façons, elle est capitale pour l'accès des détenus au droit à la santé.

Intervenant à la fin de la mission d'inspection, le rapport, établi par l'autorité médicale et adressé au ministre responsable de l'administration pénitentiaire, contient toutes les observations utiles sur l'hygiène de la prison et la santé des détenus. Si les rapports d'inspection médicale des locaux pénitentiaires sont dans l'ensemble adressés au ministre responsable de l'administration pénitentiaire, on ne peut affirmer que leurs contenus, le plus souvent alarmants sur la situation des pénitenciers étudiés, reçoivent toute l'attention qu'on pouvait espérer.

En nous basant sur le contenu des archives disponibles, nous avons remarqué qu'à la prison de Dschang, à partir de 1986, les différents rapports d'inspection ont, de manière récurrente, attiré l'attention sur l'état de dégradation avancée des locaux de détention -prison délabrée et frappée d'obsolescence : effritement des mûrs, dégradation de la toiture, détachement des débris - de l'inconfort des lits des pensionnaires dont certains sont faits en bambous. Le rapport d'inspection de l'année 1988 enfonce le clou car "dans la cellule n° 1, il y a trente lits de bambou sur lesquels les détenus s'entassent et ceux qui ne trouvent pas de place dorment à même le sol, la toiture laisse couler

127

de l'eau en temps de pluie"68. Plus loin le rapport note : " ceux de la cellule 04 se plaignent gravement de l'alimentation. Elle est faite d'eau avec de l'huile de palme sans sel, une boule de couscous de maïs"69. Sur un tout autre plan, " la prison dispose de chambres d'hospitalisation qui, faute d'aménagement, ne sont pas fonctionnelles. C'est une situation qui perdure depuis des années malgré les rapports d'inspection qui en appellent à leur aménagement"70.

Grosso modo, les rapports d'inspection médicale stigmatisent la vétusté des locaux du pénitencier de Dschang qui ne répondent plus aux normes architecturales internationales surtout avec l'inflation carcérale, source de nombreux problèmes de santé des pensionnaires. Il convient de préciser ici que l'absence des sources concernant la prison de Mantoum n'a pas pu faire prospérer nos analyses sur cet aspect, mais l'exploitation peu rationnelle des rapports d'inspection est à l'origine de la récurrence des problèmes de santé des détenus aussi bien à la prison de Dschang qu'à celle de Mantoum.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Soit réservé sans ostentation pour éviter de t'attirer l'incompréhension haineuse des ignorants"   Pythagore