WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Décentralisation et croissance économique: le cas de 6 pays d'Afrique subsaharienne

( Télécharger le fichier original )
par Mathieu Rosin ALEMBE AYIMA
Université de Yaoundé II Cameroun - Master II en économie du territoire et de la décentralisation 2013
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

CONCLUSION

Il était question dans ce chapitre de passer en revue la théorie économique sur le lien qui puisse exister entre la décentralisation financière et la croissance économique. Nous avons pu constater que c'est principalement par le canal du principe de compétition que la décentralisation financière, en améliorant la fourniture des biens publics via la compétition inter juridictionnelle qui s'installe, a un impact sur la croissance économique (modèle de TIEBOUT, 1956). Cette concurrence amène les gouvernements locaux à plus d'efficience dans les politiques publiques qu'ils mettent en place. Ce principe ne fait pas l'unanimité dans les milieux scientifiques et a souvent été critiqué (TANZI, 1996 ; PRUD'HOMME, 1995 et BARDHAN, 2002). Il n'existe pas également de consensus dans la littérature empirique : pendant que certains travaux aboutissent sur un lien négatif entre décentralisation et croissance économique, d'autres concluent sur une corrélation positive entre ces deux concepts. La seule satisfaction dans la littérature théorique demeure sur la forme du modèle qui s'avère être linéaire, et sur la méthode d'estimation dont la plus utilisée est celle des moindres carrées ordinaires (M.C.O.).

66

Alembe Ayima mathieu, diplôme d'études supérieures en sciences économiques
Option : gouvernance et développement économique

Mémoire de Master II : Décentralisation et croissance économique : le cas de 6 pays d'Afrique

subsaharienne

Cependant, la faiblesse des travaux sur la partie subsaharienne du continent Africain nous amène à évaluer empiriquement l'impact de la décentralisation financière sur la croissance économique dans le cas de 6 Pays d'Afrique subsaharienne. Ce sera l'objet du chapitre suivant.

67

Alembe Ayima mathieu, diplôme d'études supérieures en sciences économiques
Option : gouvernance et développement économique

Mémoire de Master II : Décentralisation et croissance économique : le cas de 6 pays d'Afrique

subsaharienne

CHAPITRE IV : DECENTRALISATION FINANCIERE ET CROISSANCE
ECONOMIQUE : LE CAS DE 6 PAYS D'AFRIQUE SUBSAHARIENNE

INTRODUCTION

Le succès de la politique de décentralisation en Afrique subsaharienne dépend largement de la réalisation de l'autonomie financière des collectivités locales. L'aspect financier demeure très sensible et pour cause, si le transfert de compétences est souvent effectif dans des délais acceptables, le transfert de moyens financiers ne suit pas toujours. La décentralisation financière en Afrique subsaharienne a fait l'objet de nombreuses études théoriques qui relèvent les principaux obstacles à la mise en place de cette politique : les incompétences et les incapacités locales, l'environnement financier international, la sous fiscalisation accompagnée de la faiblesse des ressources publiques, le comportement réticent du gouvernement central et la faiblesse d'activités économiques (KUSHIGANINE et TULINABO, 2009). La littérature évalue souvent les effets de la décentralisation sur la fourniture des biens et services publics, leur allocation au sein de la population et leur coût de production (CALDEIRA, 2011). Il est supposé que le niveau local est celui le plus indiqué pour fournir d'une manière efficace et à moindre coût les biens publics. Pour s'acquitter de ses nouvelles fonctions, les collectivités locales devront disposer de ressources financières suffisantes et d'une autonomie dans l'élaboration des plans de développement local. Si l'on considère le « local comme cadre support du global » (ESSOMBE EDIMO, 2007), les effets positifs sur la localité en termes de fourniture de biens et services devraient se ressentir au niveau national en termes de croissance économique ; d'où la nécessité de s'interroger sur l'impact de la décentralisation financière sur la croissance économique des pays d'Afrique subsaharienne.

Pour y parvenir il serait souhaitable d'établir un état des lieux de la décentralisation financière dans cette partie du continent, mesurer ce concept afin de l'insérer dans un modèle de régression linéaire(section I), analyser les résultats du modèle et faire des propositions de politiques économiques (section II).

68

Alembe Ayima mathieu, diplôme d'études supérieures en sciences économiques
Option : gouvernance et développement économique

Mémoire de Master II : Décentralisation et croissance économique : le cas de 6 pays d'Afrique

subsaharienne

SECTION I : DECENTRALISATION FINANCIERE EN AFRIQUE
SUBSAHARIENNE : ETAT DES LIEUX, MESURE ET MODELE A TESTER

La décentralisation financière pourrait-elle être considérée comme un facteur de croissance économique ? La réponse à cette question représente tout l'enjeu de cette section. L'état des lieux nous permettra d'avoir une idée sur la situation actuelle de cette politique dans le contexte d'étude (I) avant de présenter la méthodologie de mesure utilisée par NDEGWA en 2002 ce qui nous permettra d'établir le modèle à tester dans le cas de l'Afrique subsaharienne (II).

I. LA DECENTRALISATION FINANCIERE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE :
ETAT DES LIEUX

Bien que le processus de décentralisation soit spécifique à chaque pays, l'on observe tout de moins, dans la plupart des pays d'Afrique subsaharienne engagé dans ce processus, un déséquilibre entre la capacité des gouvernements locaux à lever des ressources et les responsabilités qui leurs sont transférées (CALDEIRA, 2011). Le cas spécifique des pays francophones dont les ressources locales propres représentent moins de 1% du PIB (VERGNE, 2009) handicape encore plus ces dernières dans l'accomplissement de leurs tâches. Il s'avère donc nécessaire d'en faire un état général des lieux (1) avant d'en analyser succinctement le cas spécifique de quelques pays (2).

1. Etat des lieux

Pour faire face à leurs responsabilités futures, les collectivités locales en Afrique subsaharienne disposent encore de très faibles moyens et des ressources financières limitées, exception faite de l'Afrique du Sud, qui malgré le fait que le processus de décentralisation soit on ne peut plus récent (constitution de 1993 renforcé dans celle de 1996), le système politique fédéral adopté par le pays a facilité ce processus. Généralement en Afrique subsaharienne, les collectivités locales bénéficient de moins de 5% des ressources de l'Etat (Banque mondiale, 2004), le tout couronné par une forte variabilité de ces allocations entre régions urbaines et régions rurales ou entre grandes villes et petites villes.

69

Alembe Ayima mathieu, diplôme d'études supérieures en sciences économiques
Option : gouvernance et développement économique

Mémoire de Master II : Décentralisation et croissance économique : le cas de 6 pays d'Afrique

subsaharienne

DEMANTE et TYMINSKY (2008) relèvent que la disparité qui existe entre les collectivités locales d'un même pays (disparité intra) est toute aussi importante que celle qui existe entre les pays (disparité inter) d'Afrique subsaharienne : en 2005, précisent-ils, on estimait le volume total des ressources annuelles des collectivités africaines à environ 8,5 milliards d'euro dont 7,5 milliards pour l'Afrique du Sud (82%), 1 milliard pour le Maroc et la Tunisie (12%) et 500 millions pour les pays d'Afrique subsaharienne (6%). L'Afrique subsaharienne demeure l'une des régions d'Afrique où les collectivités locales sont les plus pauvres. Le cas spécifique des pays comme l'Afrique du sud, l'Ouganda est simplement dû au fait que ces pays ont non seulement connu une colonisation anglophone (beaucoup moins contraignante et essentiellement basé sur une « décentralisation traditionnelle ») en plus, un pays comme l'Afrique du sud a un système politique fédéral. La politique du fédéralisme financier a donc des bases beaucoup plus solides que dans les Etats Unitaires.

Le faible maniement de l'outil de fiscalité locale propre dans les collectivités locales d'Afrique subsaharienne rend capitale l'utilisation des autres outils de financement des collectivités locales dont la fiscalité partagée (l'Etat collecte et partage certains impôts avec les collectivités locales) et les transferts intergouvernementaux (généralement sous la forme de subventions ou de dotations). Cependant des auteurs comme EGGER et al (2000), SMART (2007), voient en ce système de transfert des risques non seulement de désincitation à la mobilisation des ressources locales propres mais aussi d'indiscipline budgétaire de la part des collectivités locales.

Il s'avère tout de même important de noter que la grande partie des ressources financières des collectivités locales est souvent issue des fonds internationaux d'aide à la décentralisation, de la coopération décentralisée, et ceci au risque d'être assujetti aux exigences extérieures.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Il y a des temps ou l'on doit dispenser son mépris qu'avec économie à cause du grand nombre de nécessiteux"   Chateaubriand