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La communauté libanaise et le développement économique de la Côte d'Ivoire 1960- 2001

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par Kouadio Adolphe N'GORAN
Université Alassane Ouattara de Bouaké ( Côte d'Ivoire ) - Maà®trise 2012
  

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II-Les principales branches d'industries des Libanais de 1970 à 1980 : le développement de l'industrie plastique et métallique

L'engagement libanais dans les industries ivoiriennes entre 1970 et 1980 prend une tournure importante. Il est caractérisé par la présence des capitaux libanais dans tous les secteurs industriels. Ces capitaux libanais sont investis dans les industries des objets chaussants et des plastiques.

A/ La période de gloire de l'industrie plastique à partir de 1970

Ce secteur est en plein développement. Il a trait à la fabrication d'articles ménagers en plastique Les capitaux libanais sont importants dans l'industrie ivoirienne en général et en particulier dans les industries plastiques. Au début des années 1960, trois entreprises assurent la fabrication de ces produits. Entre 1970 et 1980, les Libanais créent de nouvelles entreprises plastiques. Cela leur donne de disposer d'une position dominante dans cette branche industrielle. Parmi ces entreprises, la plus importante et dynamique est la Société de Transformation Industrielle du caoutchouc ivoirien (Sotici)

Les investissements libanais dans l'industrie ivoirienne sont importants entre 1970 et 1980. Ils sont concentrés dans certaines branches. En effet, il existe des branches qui sont dévolues à l'État Ivoirien. Ils concernent généralement des secteurs qui nécessitent des investissements très lourds. Il y a aussi des secteurs qui sont très stratégiques. Ce sont les secteurs de l'eau, de l'électricité et les mines. Au niveau de l'extraction des minerais et des minéraux, selon le bilan de l'activité industrielle par secteurs en 1978-1979, la valeur des investissements cumulés, était 525 millions de francs CFA. Ces investissements proviennent de l'État et de la Multinationale qui avait en charge l'exploitation de la mine de Tortya179(*).

Les Libanais quant eux, ils investissent dans les branches qui n'exigent pas des financements moins lourds. Les branches industrielles de prédilection sont multiples. L'une de leurs branches industrielles est l'industrie des plastiques et des objets chaussants. L'industrie plastique concerne toutes les unités industrielles qui entrent dans la transformation du latex pour en faire un produit fini destiné à la sous-traitance.

Les industries plastiques connaissent un essor à partir de 1970. C'est dans ce cadre que Le Groupe Omais-Khalil mit en place en 1973 à la zone industrielle de Koumassi la Société de Transformation Industrielle du Caoutchouc Ivoirien (Sotici). Son capital est de 360 millions de Francs CFA.180(*) Elle emploie plus de 140 personnes dont 113 Ivoiriens. Elle réalise un chiffre d'affaires de 2,4 milliards de Francs CFA dont 95% en Côte d'Ivoire et le reste dans les pays de la Sous région. 181(*)La Sotici produit toute sorte de produits d'origine plastique. Il y a d'abord les récipients en caoutchouc. Elle fabrique également, «les tubes en PVC rapides de diamètre 12 cm, 500 mm «qui sont destinés à l'assainissement et à l'adduction d'eau. En outre, la Sotici produit «les gains pour les câbles téléphoniques et les raccords moulés en polyéthylène.182(*) La Sotici a joué un grand rôle dans l'industrie plastique et son mérite dépasse les frontières de la Côte d'Ivoire. Elle dessert non seulement le marché ivoirien mais également toute l'Afrique de l'Ouest183(*).

Il faut noter que le groupe Omais-Khalil bénéficie de l'assistance technique des grandes sociétés européennes avec lesquelles il s'est associé : ce sont particulièrement le groupe Alphacan du groupe ELF-Aquitaine et Valorance184(*). Ce soutien a permis à ce groupe de faire de cette entreprise des Omais une véritable entreprise industrielle. Car au départ elle importait des matières premières et fabrique du compound185(*) destiné à la fabrication des chaussures et des objets plastique tels que les flacons, les tubes et les câbles. La Sotici produit également les matériels d'emballages plastiques destinés aux industries et les sachets et les bâches en plastique.

En dehors de la Sotici, le groupe Omais crée par la suite les entreprises telles que la Société de Compoundage de Côte d'Ivoire (Scci)186(*) et la STPBMCI. La Scci est la plus importante structure qui compte parmi les grosses sociétés mondiales de Compoundage. Son capital est 200 millions de Francs CFA. Elle est implantée à Vridi en zone industrielle187(*). Elle réalise un chiffre d'affaires de plus de 8 milliards de Francs emploie une soixantaine de personnes.188(*) Au départ elle était une société qui est née de l'association des actions de plusieurs actionnaires. Depuis 1974, elle appartient entièrement au groupe Khalil-Omais. 80% de sa production est utilisé pour la fabrication de chaussures et 20% à la fabrication du tube Pvc et de câbles189(*). En 1980, la Scci a produit plus de 1200 tonnes de compound par mois. Cependant la crise économique de 1980 a fait chuter les productions car les demandes étaient essentiellement faibles. C'est de la Scci que furent créées en 1974, les entreprises de fabrication de chaussures telles que Sosplast qui est le leader ivoirien de fabrication de chaussures en plastique. C'est cette présence des Libanais qui a fait de l'industrie ivoirienne de la chaussure la plus dynamique de l'Afrique de l'ouest.

Selon le Ministère de l'économie de 1978 à 1979, le Liban occupait la deuxième place des investissements dans ce secteur derrière la France. Les investissements libanais étaient cumulés à 298 millions de Francs CFA (tableau n°7). Alors que ceux de la France étaient évalués à 318 millions de Francs CFA. On note une présence non moins importante des pays tels que Hong-Kong dont l'investissement est évalué à 27 millions de CFA190(*). Cette implication dans cette industrie concerne les industries du cuir.

Dans l'ensemble, les Libanais ont fortement investi dans le secteur du plastique ce qui leur vaut ce deuxième rang. Les Libanais sont également présents dans l'industrie métallique et dans l'industrie agroalimentaire

Tableau N°7 Répartition des investissements par nationalité dans les industries duCuir et articles chaussants en million de CFA

Pays

Part en milliers de FCFA

France

318

Liban*

298

Canada

177

Grande Bretagne

48

Privés Ivoiriens

35

Hong-Kong

27

Ghana

20

Maroc

1

Total

924

Source : Ministère de l'Economie des Finances et du Plan, Côte d'Ivoire en Côte d'Ivoire ; 80-81, p199

* 179Ministère de l'Economie des Finances et du Plan, Côte d'Ivoire, en chiffres 80-81, p 198

* 180 Office Ivoirien des Chargeurs, op,cit, p76

* 181 Bureau de Développement Industririel, Edition 1988, op,cit, p140

* 182 Idem,p140

* 183Catherine MEZAAD; op.cit ; p118

* 184Idem ; p118

* 185Le compound est la matière qui résulte de la transformation de la résine de pvc et de plastifiants.

* 186Annuaire des chambres consulaires de Côte d'Ivoire, op.cit. , p342

* 187Office Ivoirien des Chargeurs, op, cit, p64

* 188Annuaire des chambres consulaires de Côte d'Ivoire, op,cit, p342

* 189Catherine MEZAAD, op.cit ; p118

* 190Ministère du Plan, de l'Economie et des Finances, Côte d'Ivoire en chiffres, 80-81, p199

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"Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années"   Corneille