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La communauté libanaise et le développement économique de la Côte d'Ivoire 1960- 2001

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par Kouadio Adolphe N'GORAN
Université Alassane Ouattara de Bouaké ( Côte d'Ivoire ) - Maà®trise 2012
  

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2-Une place de choix parmi les partenaires commerciaux de la Côte d'Ivoire

La Côte d'Ivoire a participé au commerce international pendant la colonisation. Elle offrait les produits de traite dont les plus importants sont le café, le cacao, les billes de bois, le caoutchouc et bien d'autres marchandises. Elle importait à son tour les produits de la manufacture tels que les tissus, les objets d'imprimerie, métalliques et plastiques, les médicaments pharmaceutiques et bien d'autres produits. Ce commerce extérieur est également dominé par les compagnies commerciales européennes surtout françaises. Cependant, l'omniprésence de l'Europe va s'effriter vers la fin du système colonial. On observe la percée fulgurante de certains pays non membres de l'Organisation de Coopération et de Développement Économique  à la faveur de la mise en exploitation du Port d'Abidjan et à la veille de l'indépendance. Il s'agit de l'ex URSS, de la Yougoslavie, du Brésil, du Liban et bien d'autres pays. Le Liban occupe la neuvième place. Les exportations de la Côte d'Ivoire en direction du Liban sont évaluées à dix millions Francs CFA quant aux importations, elles se chiffrent à onze millions en 195963(*) (tableau n°3). Les exportations sont supérieures par rapport aux importations. Les exportations ivoiriennes en direction du Liban concernent notamment les billes de bois, le caoutchouc  et bien d'autres produits.

Quant aux importations, elles concernent généralement les besoins vestimentaires et alimentaires des ressortissants présents en Afrique de l'Ouest. Il s'agit le tissus, les soies, les mousselines et les aliments de mets du Moyen-Orient64(*). Ces produits importés des Libanais soutient Pascal Konan, non seulement étaient de bonne qualité, les Libanais pratiquaient des prix abordables. Cette stratégie portait un coup sur le rendement des sociétés de commerce européennes.65(*)

Leur ouverture sur l'extérieur est purement mercantile. Pour faciliter davantage les échanges entre l'Afrique et le monde, les Libanais ont créé en 1947 une entreprise d'import-export d'envergure internationale, le Groupe 3H66(*). Cette entreprise de Georges Haddad est implantée en Afrique ainsi qu'en Europe. Non seulement, elle concourt à la facilitation des échanges entre l'Afrique et l'extérieur, mais encore permet la diversification des clients commerciaux de l'Afrique. Georges Haddad entendait garantir à l'Afrique généralement et en particulier la Côte d'Ivoire une place privilégiée. Les transactions du groupe portent beaucoup sur des denrées alimentaires, vêtements, chaussures et bien d'autres articles fabriqués dans les pays du Nord de l'Europe à destination de l'Afrique, en particulier de la Côte Ouest, zone de prédilection de 3H.67(*)

Dans l'ensemble, les Libanais ont joué un rôle important dans l'économie coloniale de la Côte d'Ivoire. Ils ont été dans tous les compartiments de cette économie. Grâce à eux, les populations ivoiriennes se sont départies en partie de certaines pratiques économiques basées sur les liens de tribus et d'ethnies pour s'engager dans la modernité.

L'intégration économique de la communauté libanaise n'a pu se réaliser sans des bons rapports sociaux entre les autres communautés établies en colonie de Côte d'Ivoire. La nature des relations se différencie selon les races et les intérêts. En effet, entre la communauté libanaise et européenne, il existe un rapport d'opposition. Les Européens surtout les Français considèrent la réussite en affaires des Libanais comme une menace pour leurs intérêts économiques.

Par contre, les rapports entre les Libanais et les Africains étaient des relations d'amitié et d'entraides. Ces relations se perçoivent par la construction de la première école primaire catholique en 1954 à Adjamé. Cette école est composée d'un dispensaire dont les soins étaient quasiment gratuits67(*). Ces rapports facilitaient les échanges commerciaux. L'intégration des Libanais a été facile grâce à la capacité d'adaptation aux coutumes et us des Africains. Les Libanais apprennent les langues africaines, vivent avec les Africains dans les centres de production et les villages. Par ailleurs, ils servent de truchement entre les compagnies commerciales et les Ivoiriens.

Les Libanais ont été un acteur essentiel dans l'économie coloniale de la Côte d'Ivoire. Ils ont contribué en partie à l'intégration des peuples au commerce de traite. Cette présence se poursuit pendant la première décennie de l'indépendance dans le commerce et l'industrie.

* 63Ministère des Affaires Économiques et du Plan, Situation économique de la Côte d'Ivoire 1961, 3.31/27, p 9

* 64Pascal Konan YAO; op.cit. , p20-21

* 65Idem ; p20-21

* 66Anonyme, « Les 3H et l'Afrique«, In Jeune Afrique n°1720, du 23 Décembre 1993 au 05 janvier 1994

* 67 Hekmat KODR, op,cit, p234

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"Là où il n'y a pas d'espoir, nous devons l'inventer"   Albert Camus