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Les états et la construction de l'union africaine: le cas de la Libye et du Sénégal

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par Romaric TIOGO
Université de Dschang - Master II 0000
  

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PREMIERE PARTIE:

LA LIBYE ET LE SENEGAL: DEUX ACTEURS DETERMINANTS DANS LE PROCESSUS DE CONSTRUCTION DE L'UNION AFRICAINE

Certains auteurs ont identifié la fin de la guerre froide comme la période par excellence du « décentrement de l'honneur des Etats » 84(*), l'une des variables explicatives des espaces de sens régionaux. De fait, la clairvoyance des hommes politiques face aux grands enjeux mondiaux a permis de percevoir que les Etats ne pouvaient plus seuls résoudre les problèmes qui dépassaient désormais le stricte cadre national. C'est alors qu'ils ont pensé à déléguer certains pouvoirs qui ressortissent normalement de leur compétence aux structures supranationales construites ensemble. Ce « néo-régionalisme »85(*) qui a également touché l'Afrique par la création d'une organisation internationale continentale à l'instar de l'UA réside à vrai dire en l'incorporation de dimensions plurisectorielles.

Loin du « panafricanisme messianique »86(*) dont était marquée l'OUA, l'UA apparaît selon MWAHILA TSHIYEMBE comme une « projection du réel dans le futur qui est déjà dans notre présent »87(*). Sans doute, aucun développement économique, politique, social, technologique ou culturel n'étant aujourd'hui efficacement pensable à l'intérieur des micro-Etats africains eux-mêmes très fragilisés - conflits intra et inter-étatiques, faiblesse économique quasiment généralisée, crises socio-politiques persistantes -, les frontières des pays d'Afrique autrefois infranchissables semblent progressivement remises en cause rendant quasiment désuète le paradigme westphalien de l'opposition entre « l'intérieur et l'extérieur »88(*).  Comme l'a souligné Laurent ZANG, avec l'Acte constitutif de l'UA, « les pays africains de l'OUA ont enfin décidé de franchir le Rubicon pour se libérer des pesanteurs du passé en procédant à une déstructuration/restructuration »89(*) de l'organisation panafricaine. Cela a ouvert la voie à la naissance d'un embryon de multilatéralisme. Car, en référence à Edmund Burke, le contexte international devenu de plus en plus contraignant, « ne peuvent agir avec fruit ceux qui n'agissent de concert ; en confiance et liés par des opinions communes, des affections communes et des intérêts communs ». Cette nouvelle dynamique sur le continent africain est en réalité portée par quelques Etats. Ces derniers essayent d'imprégner leurs marques par des actions diverses afin qu'à partir d'une construction régionale, les pays africains sortent sinon rapidement, du moins progressivement de leur isolement et de leur marginalisation quasi-généralisée90(*). Parmi ces acteurs, figurent un Etat pivot la Libye, tête de proue dans la construction de l'UA (chapitre 1), et le Sénégal qui s'affirme comme le défenseur acharné de cette Union (chapitre2).

* 84 C'est le cas de LAÏDI Zaki pour qui l'existence d'un système bipolaire a renforcé la dérégionalisation des enjeux en raison du rôle décisif des grandes puissances dans la garantie de la sécurité de leurs alliés. Lire son article, « La lente émergence d'un espace de sens dans le monde », dans LAÏDI Zaki (dir.), Géopolitique du sens, Paris, Désclées de Brouwer, 1998, p. 44.

* 85 ALBARET Mélanie, « Les formes régionales du multilatéralisme : entre incertitudes conceptuelles et pratiques ambiguës », dans BADIE Bertrand, DEVIN Guillaume, (dir.), Le multilatéralisme. Nouvelles formes de l'action internationales, Paris, La Découverte, 2007, pp. 41-56.

* 86TSHIYEMBE Mwahila, « L'Union Africaine et la nouvelle gouvernance régionale », dans BANGOURA Dominique (dir.), L'Union Africaine face aux enjeux de paix, de sécurité et de défense, Paris, L'Harmattan, 2002, p. 51.

* 87 TSHIYEMBE Mwahila nourrissait l'espoir que l'avènement de l'UA devait tourner rapidement le dos à la première page du panafricanisme, qui a donné naissance au triptyque panafricanisme messianique, panafricanisme maximaliste, et panafricanisme minimaliste. Selon lui, la seconde page, encore «vierge », relève de la capacité de cette Union à intégrer le mouvement actuel que constitue la mondialisation, Ibid.

* 88 KNIGHT (W. A.), op. cit., p. 705.

* 89 ZANG Laurent, «  La dynamique de l'intégration et de la construction de l'unité africaine face aux défis de la mondialisation »,  dans 21e conférence des chefs d'Etat et de gouvernement d'Afrique et de France, Actes du colloque, volume II Yaoundé, sept. 2000, p. 358.

* 90 Le continent africain apparaît dans une large mesure marginalisé dans les domaines tels le commerce mondial où il a du mal à avoir accès aux marchés internationaux, et sa mise à l'écart dans les flux d'investissements directs étrangers(IDE) qui représentent à peine 1%. Cette marginalisation s'étend cruellement dans les domaines de l'écologie, de la technologie et de l'éducation où l'Afrique représente péniblement 1% de la production scientifique mondiale ; l'Afrique du Sud comptant à elle seule les 2/3 de cette production. Lire TSAFACK NANFOSSO Roger et TCHOUASSI Gérard, « De la marginalisation économique de l'Afrique », dans KAMTO Maurice, (dir.), L'Afrique dans un monde en mutation. Dynamiques internes ; marginalisation internationale ? Afrédit, janvier 2010, pp. 226-236.

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