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Interactions et ancrage territorial des industries créatives: le cas de la Belle-de-Mai à  Marseille


par hélène sEVERIN
Université Aix-Marseille - Master 2 géographie du développement 2015
  

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c) Quelles ont été les conséquences de la réhabilitation ?

Richard MARTIN87(*), homme de théâtre et de culture, explique en 1981 qu'« on ne peut oeuvrer pour la culture qu'avec une multitude d'opérations authentiques de la région. J'ai l'impression qu'on favorise ici des « opérations parachutées » de prestige, mais combien coûtent-elles ? ». Pour lui, les opérations de réaménagement qui font état, en 1981 à la Belle-de-Mai, ne sont pas des opérations initiées par la région et donc elles ne peuvent améliorer le quartier. Il s'inquiète d'ailleurs du coût de ces opérations. Mais aujourd'hui, bien que les opérations de réhabilitation des trois îlots de la Belle-de-Mai ont été en partie subventionnées par la région, il n'en est pas moins qu'elles n'ont pas profité au quartier ! Et pourtant, selon la presse locale et les politiques, cette réhabilitation est une réussite pour le quartier. Déjà, en 1994, le journal la Provence explique que « l'opération résurrection de la Belle-de-Mai semble réussie. »88(*). Il semblerait donc qu'en quatre ans, de l'installation du SFT à la Friche à la date de cet article, tout ait changé.Ensuite, la Friche apparaît comme élément clé du développement du quartier. « À partir de là, la FricheBelle-de-Mai s'imposera au gré des changements d'équipes municipales et des relances économiques comme un interlocuteur incontournable. »89(*).

Pourtant, ce n'est pas le constat de tout le monde. Alain ARNAUDET, par exemple, Directeur de la Friche, explique que « la présence de la Friche n'a, pour l'heure, pas transformé le quartier... Du point de vue financier et économique, la Friche a toujours été à la limite, en tant que projet. Mais un pas a été franchi avec les nouveaux aménagements en cours. Désormais il devrait y avoir des incidences sur le quartier quant à la vie économique et culturelle. Mais il faut également qu'elle s'organise autour. Nous voulons contribuer à améliorer la vie économique et sociale du quartier, mais aussi qu'il conserve son caractère populaire et accessible, qu'il ne soit pas emporté par une gentrification toujours possible avec ce type de projet. »90(*). Finalement, bien que la presse semble très optimiste quant à l'impact du Pôle Belle-de-Mai sur le quartier, les acteurs de cette réhabilitation semblent bien plus rationnels. Nous verrons d'ailleurs dans notre chapitre deux que les autres acteurs du Pôle de la Belle-de-Mai pensent que le problème ne vient pas du fait que le quartier soit défavorisé, mais bien du fait que les projets culturels n'ont aucune directive à visée sociale, c'est au bon vouloir de l'entrepreneur de s'investir dans le quartier.

Enfin, du coté des politiques, ce qui est surtout mis en avant, ce sont les projets, et non pas leur rapport au quartier. Jean Claude GAUDIN, par exemple, lorsqu'il exprime son point de vue sur la Belle-de-Mai, se dit satisfait des nouvelles dynamiques et pense que « aujourd'hui, les trois pôles « auteur, patrimoine et média » sont une réussite. »91(*). Nous n'avons malheureusement trouvé que très peu de discours politiques concernant l'ancrage territorial des entreprises à la Belle-de-Mai. Bien souvent, les politiques constatent le fait que le quartier est pauvre et que le pôle est une réussite, mais il font rarement le rapprochement entre les deux. Finalement, cela nous rapporte à notre interrogation précédente à savoir pourquoi la faute est rejetée sur le Pôle Belle-de-Maiet pourquoi les politiques ne se demandent pas si le problème ne vient pas des directives de développement des industries culturelles et créatives qui ne prennent pas forcement en compte le quartier.

* 87 Le méridional, Marseille, vendredi 16 janvier 1981. Vivre à la Belle-de-Mai 

* 88 La Provence, 25 avril 1994, Friches : opérations résurrection.

* 89La Provence, 03 février 2002, « système Friche » mode d'emploi, Patrick Merle

* 90La marseillaise, 18 mai 2012, « S'y rendre spontanément, comme on irait à la plage », propos de Alain ARNAUDET, recueillis par Antoine PATEFFOZ,

* 91La Provence, 19 juin 2004, La Belle-de-Mai a tout pour séduire Hollywood, Florent PROVANSAL

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