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Déterminants de la performance de la capitalisation animale comme filet social informel privé au Burkina Faso.

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par Arnaud Wendpouiré SAVADOGO
Université Catholique dà¢â‚¬â„¢Afrique de là¢â‚¬â„¢Ouest/Unité Universitaire à Bobo-Dioulasso - Master recherche en Macroéconomie et Gestion du Développement 2011
  

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1.2. Nouvelles théories de la croissance

La littérature d'obédience économique fait remonter les origines de la croissance économique à la première révolution industrielle. HODONOU (2009) dressait la genèse de l'évolution des théories de la croissance économique. Initié en 1776 par la vision optimiste d'Adam SMITH (la division du travail comme source de productivité), le thème de la croissance réapparaîtra au 19è siècle dans les travaux de MALTHUS (1798), RICARDO (1817) et MARX (1867). Il faudra cependant attendre le 20è siècle et les années 50 pour que les modèles théoriques de la croissance connaissent un véritable succès. Les modèles post-keynésiens (HARROD-DOMAR) et néoclassiques (SOLOW) ont introduit un véritable débat sur la question de la croissance équilibrée. Depuis les années 70-80, la croissance a connu un nouvel essor sous l'impulsion des théoriciens de la régulation et de la croissance endogène. Le modèle de SOLOW n'expliquait pas la croissance, il signalait simplement que grâce au progrès technique, la croissance peut perdurer. Pour les théoriciens de la croissance endogène, le progrès technique ne tombe pas du ciel. Ces théoriciens sont ROMER (1986), LUCAS (1988), et BARRO (1990). La croissance est ainsi assimilée à un phénomène auto-entretenu par accumulation de quatre facteurs principaux : la technologie, le capital physique, le capital humain et le capital public. Le rythme d'accumulation de ces variables dépend des décisions économiques des agents, c'est pourquoi on parle de théories de la croissance endogène.

Cependant, avec les difficultés rencontrées par les Pays en Développement (PED) pour réaliser une croissance soutenue et durable, de nouvelles « voies » théoriques se sont révélées. Cet apport théorique récent est centré sur les différentes formes de capitaux nécessaires au développement économique durable. Sachant qu'il ne peut y avoir développement sans croissance économique soutenue, ces approches normatives peuvent être assimilées à la recherche des facteurs fondamentaux de croissance. Dans une publication de la FAO, WARNER (2000) rapporte les cinq formes du capital citées par CARNEY (1998). En fait, dans

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Implementing the sustainable livelihoods approach en 1998, CARNEY analysait les formes de capitaux requises pour un développement durable en retenant les capitaux naturel, physique, financier, humain et social. Une année plus tard, dans Sustainable livelihoods: Lessons from early experience (ASHLEY et CARNEY, 1999), on peut lire : « La durabilité des moyens d'existence dépend de plusieurs dimensions-environnementale, économique, sociale et institutionnelle ». Dans Cents and Sociability : Household Income and Social Capital in Rural Tanzania, NARAYAN et PRITCHETT (1999) soulignent cinq types de capitaux qui sont supposés retenir l'attention des acteurs et des analystes des stratégies de développement. Ce sont : le capital physique, le capital humain, le capital naturel, le capital institutionnel et le capital social.

Cette étude, pour des questions de concordance empirique, se situe plus dans la même lignée que NARAYAN et PRITCHETT (1999). La seule variante qu'elle apporte, est de ne considérer que le capital humain, le capital naturel, le capital institutionnel et le capital social. L'échantillon étant constitué de personnes pauvres et vulnérables, le capital physique10 de ces personnes est susceptible d'être quasi-inexistant.

1.2.1. Le capital humain

Il a été mis en évidence par deux économistes de l'Ecole de Chicago, Theodor SCHULTZ et Gary BECKER, et est au centre des études menées par LUCAS (Prix Nobel en 1995). Le capital humain désigne l'ensemble des capacités apprises par les individus et qui accroissent leur efficacité productive. Chaque individu est en effet, propriétaire d'un certain nombre de compétences, qu'il valorise en les vendant sur le marché du travail. Cette vision n'épuise pas l'analyse des processus de détermination du salaire individuel sur le marché du travail, mais elle est très puissante lorsqu'il s'agit d'analyser des processus plus globaux et de long terme. Dans ce schéma, l'éducation est un investissement dont l'individu attend un certain retour. Il est alors naturel de souligner que la tendance plus que séculaire dans les pays occidentaux à un allongement de la durée moyenne de la scolarité est une cause non négligeable de la croissance. BECKER définit le capital humain comme un stock de ressources productives incorporées aux individus eux-mêmes, constitué d'éléments aussi divers que le niveau d'éducation, de formation et d'expérience professionnelle, l'état de santé ou la connaissance du système économique. Toute forme d'activité susceptible d'affecter ce stock (poursuivre ses études, se soigner, etc.) est définie comme un investissement. L'hypothèse fondamentale de Becker est que les inégalités de salaires reflètent les productivités différentes des salariés. Ces dernières sont elles-mêmes

10 Ensemble des équipements issus d'un investissement préalable et qui entrent dans le processus d'élevage.

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dues à une détention inégale de capital humain. Un investissement en capital humain trouve donc une compensation dans le flux de revenus futurs qu'il engendre. L'analyse de la formation du capital humain passe par l'étude d'un choix inter temporel : l'individu détermine le montant et la nature des investissements qu'il doit effectuer pour maximiser son revenu ou son utilité inter temporels. La durée de vie de l'investissement, sa spécificité, sa liquidité, le risque associé sont alors autant de déterminants du taux de rendement de l'investissement en capital humain.

Sur la base de cette théorie, le capital humain dans cette recherche fait référence au niveau d'éducation et à l'expérience professionnelle des bénéficiaires des interventions HIT. Cependant, il a été opéré comme choix de considérer également le genre et l'âge des bénéficiaires comme actifs du capital humain. En effet, dans la société burkinabè, le fait d'être une femme ou un homme définit le degré d'accès à telle ou telle autre ressource, le degré d'accès à l'éducation. Certes, le genre est généralement considéré comme une variable démographique, mais de façon intrinsèque, la féminité en Afrique engendre des discriminations, qu'il serait intéressant d'analyser sous l'angle du capital humain. En outre, au Burkina Faso et plus précisément en milieu rural, l'âge plus ou moins avancé des agents économiques leur confère certains avantages pouvant être utilisés dans les processus de production.

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"Il y a des temps ou l'on doit dispenser son mépris qu'avec économie à cause du grand nombre de nécessiteux"   Chateaubriand