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Les stratégies d'adaptation des populations au changement climatique dans le sahel Burkinabe. Cas de Belgou dans la province du Seno.

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par Mamadou KABRE
Université de Ouagadougou - MaàŪttrise en Géographie (Option rurale) 2007
  

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INTRODUCTION GENERALE

Les activités humaines (transports, industries, agriculture) exercent des pressions de tous genres sur l'environnement, causant ainsi l'augmentation très rapide de la concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère et autres types de nuisances. L'une des conséquences principales est le changement climatique qui affecte la planète entière. Il en découle des sécheresses récurrentes, des canicules, la montée du niveau de la mer, des inondations, les raz de marée, etc.

Face à ces multiples catastrophes naturelles qui menacent les sociétés humaines et les écosystèmes, de nombreux spécialistes du domaine ont attiré l'attention de la communauté internationale. A cet effet, plusieurs rencontres internationales ont été organisées et ont abouti à la signature du protocole de Kyoto (Japon) en décembre 1997. Ce protocole, entré en vigueur le 16 février 2005, engage juridiquement les 38 pays industrialisés signataires à réduire de 5,2% leurs émissions de gaz à effet de serre.

L'Afrique, bien que produisant peu de gaz à effet de serre (environ 2% des émissions globales, UICN, 2002) est l'un des continents les plus exposés au changement climatique. En effet, dans la plupart des pays africains, la majorité des personnes dépendent directement des ressources naturelles. Les populations sont alors particulièrement vulnérables aux aléas climatiques.

Les effets du changement climatique, selon les prévisions des experts, se traduiront par l'extension des zones arides et une variabilité accrue des précipitations. Leurs manifestations sont déjà perceptibles en Afrique sahélienne. En effet, les conditions climatiques de cette partie de l'Afrique ont connu des variations chroniques et de grande ampleur surtout depuis le début des années 1970. Ces variations ont entraîné entre autres :

- la baisse de la pluviométrie moyenne de 15 à 30% environ selon les pays et le glissement des isohyètes d'environ 200 km vers le sud (Lebel et al, 1999) ;

- des crues dévastatrices des barrages de Kainji, de Jebba et de Shirro au Nigeria en septembre 1999 qui ont occasionné la destruction de 60 villages, la mort de dizaines de personnes et ont fait près de 80 000 personnes sans abris, détruit 100 000 hectares de champs de riz, de mil et de blé. (Lebel et al) ;

- en janvier 2002, des pluies diluviennes accompagnées d'une vague de froid hors saison se sont abattues sur le nord du Sénégal et le sud de la Mauritanie, causant la perte de plus de

5 000 bovins et 500 000 petits ruminants, plus de 20 000 habitations détruites et plus de 30 morts dans l'immédiat sans compter les cas de suicide survenus ultérieurement (ONU, 2002).

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- des sécheresses et leur récurrence sont devenues la norme. Celles des années 1973 et 1983 ont ému le monde entier et ont été à l'origine de famines, de morts de plusieurs personnes, d'animaux et ont entrainé le déplacement des milliers de gens, etc.

Face à cette situation, de nombreuses initiatives ont été menées au plan régional et ont abouti à la création de nombreux organismes sous régionaux dont le plus important est le Comité Permanent Inter-Etats de lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS). Créé en 1973, le CILSS regroupe neuf pays : Cap-Vert, Gambie, Guinée-Bissau, Mauritanie, Mali, Niger, Tchad, Sénégal, Burkina Faso (UICN, 2004) et vise l'autosuffisance alimentaire, une meilleure gestion des ressources naturelles et la réduction de la pauvreté. Le CILSS a son siège à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, pays dont la partie nord est plus exposée aux effets du changement climatique.

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I -LA PROBLEMATIQUE

Le Burkina Faso fait parti des pays sahéliens les plus vulnérables au changement climatique. Les conséquences désastreuses enregistrées ces trente dernières années en sont des illustrations. Ainsi selon Grouziz M. (1986), il y a eu déplacement vers le sud des isohyètes 500 et 900 mm au cours des années 1970-1984, ce qui a entraîné en 1984 un déficit pluviométrique dans tout le pays. Ces déficits sont à l'origine des mauvaises performances agricoles et entraînent souvent des sécheresses avec leur corollaire de famines (1974, 1984, etc.). Le changement climatique au Burkina Faso est aussi à l'origine de la dégradation des ressources naturelles et selon Ouedraogo B. Lédéa (1998), « le Yatenga est passé d'un climat soudano-sahélien (dominance soudanienne) à un climat sahélien ». Au Burkina Faso, la péjoration climatique pousse souvent certaines populations du nord du pays à emprunter le chemin de l'émigration à destination de pays voisins notamment la Côte d'ivoire. Ces migrations sont souvent définitives ; c'est le cas de certains Peuhl du Djelgodji partis se réfugier en Côte d'Ivoire suite aux sécheresses de 1974 (Gonin. P., 2002). Les inondations sont également d'actualité au Burkina; les plus récentes sont celles de juin 2008 qui ont occasionné la destruction d'infrastructures routières et fait de centaine de personnes sans abris. Au plan local, le Burkina à l'instar des autres pays sahéliens a opté pour des mesures d'adaptation. Ainsi plusieurs départements ministériels ont été impliqués dans la prévention et la quête de solutions aux problèmes engendrés par le changement climatique. Cela a amené les autorités à engager les « trois luttes »: les feux de brousse, la coupe abusive du bois et la divagation des animaux. Les départements ministériels à travers les projets et programmes soutiennent les populations à la base.

En plus de ces soutiens de l'Etat, les paysans sahéliens élaborent des systèmes de gestion de leur espace. Ils développent donc des stratégies d'adaptation. Selon BOSCO.P.M. et al. (1977) on a deux grandes catégories de stratégies : les stratégies défensives et les stratégies offensives.

C'est pour mieux connaître les impacts du changement climatique et les stratégies que développent les populations pour y faire face que nous avons initié cette étude sur les stratégies d'adaptation au changement climatique des populations sahéliennes, en nous appuyant sur le cas du village de Belgou, dans la province du Séno.

Des études ont été menées au Sahel sur le phénomène du changement climatique. Afin de mieux cerner et bien orienter notre étude, nous nous sommes intéressés à quelques

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documents d'intérêt. Ainsi Howar D. (1980) a retracé l'évolution du climat mondial et a présenté les techniques dont disposent les spécialistes pour la reconstituer. La vulnérabilité de la société moderne aux variations du climat et celle du climat à l'action de cette société ont été également abordés par l'auteur.

Le CILLS (1992) présente les différentes stratégies fondamentales de la lutte contre la sécheresse adoptée par ses Etats membres. De même, il fait un rappel des orientations retenues à Ségou et des différentes recommandations en matière de politique de population, de production céréalière et des espaces régionaux. L'exploitation de ce document a permis de comprendre les stratégies élaborées par les spécialistes face au changement climatique

Pour Phil Bradley (1997) « Chaque système social, selon les traits qui le caractérisent rencontre des problèmes qui lui sont propres et leur trouve des solutions originales ». Les paysans de Belgou, en dépit de nombreux problèmes liés au changement climatique qu'ils rencontrent depuis plusieurs décennies, développent des stratégies d'adaptation à leur milieu. Il serait donc intéressant de chercher à comprendre ces stratégies locales.

Grandi J. C. (1998) a fourni des informations sur les différents changements intervenus dans les systèmes de production agricole durant les deux dernières décennies en Afrique de l'ouest. Il a fait cas des causes du changement climatique et a proposé des solutions pour une meilleure gestion des ressources naturelles au Sahel.

Bolwig S. (1998) fait ressortir les dynamiques d'usage de la terre et la productivité de la main-d'oeuvre à Belgou, notre site d'étude. L'auteur examine comment, au niveau des ménages et du village, les changements dans les conditions de ressources naturelles, des pratiques agricoles et des modèles d'usage de la terre ont affecté la terre et la productivité de la main-d'oeuvre. Il passe en revue l'organisation sociale du village, les contraintes édaphiques et environnementales auxquelles les populations de Belgou sont confrontées.

Sedogo P. M., et al., (1999) dans leur étude traitent de la contribution des femmes dans le développement économique et social au Sahel. Ils se sont également intéressés aux organisations féminines menant des activités non directement liées aux ressources naturelles mais dont les retombées concourent à une meilleure gestion des ressources naturelles.

Lompo O. (2003) a mené une étude dans trois terroirs sahéliens du Burkina : Oursi, Mani et Katchari. L'étude fait ressortir les stratégies et les techniques traditionnelles de récupération des terres dégradées. L'auteur conclut que les méthodes traditionnelles malgré leur efficacité ne sont pas durables.

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Niasse M., Afouda A., Amani A. (2004) avant d'aborder la question des stratégies régionales de préparation et d'adaptation, font un tour d'horizon des caractéristiques environnementales de l'Afrique de l'ouest. Ils relatent les changements climatiques intervenus dans le passé et en cours. De même, ils évoquent les conséquences que pourrait engendrer le changement climatique actuel. De ce constat, ils concluent que la région ouest africaine est la plus vulnérable à la variabilité et au changement climatique. C'est ce qui justifie d'ailleurs la nécessité de l'élaboration de la stratégie régionale. De ce fait, ils définissent quatre objectifs stratégiques qui serviront de pilier à la mise en place de la stratégie régionale. Ce sont :

-l'amélioration et le partage des bases de connaissance et d'information scientifiques d'aide à la prise de décision ;

-la promotion des principes de la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) et l'approche écosystème dans la gestion des ressources en eau et des zones humides continentales et côtières ;

-l'identification, la promotion et la diffusion des technologies, techniques et mesures appropriées d'adaptation ;

- la mise en place d'un cadre de concertation au niveau régional.

Tous ces ouvrages abordent le changement climatique sur de grands ensembles

géographiques (continents, sous-régions ou pays). Cependant pour ce qui est des études sur une petite entité géographique, les études antérieures n'ont fait que l'état des lieux, c'est le cas du village de Belgou. Notre étude, se veut alors une contribution à la connaissance des réalités en matière de stratégies locales développées par les populations pour faire face au changement climatique. Cette thématique suscite beaucoup d'interrogations :

- Comment les paysans sahéliens perçoivent-ils le changement climatique ?

- Quelles sont, selon eux, les causes et les conséquences du changement climatique sur leurs activités agricoles et pastorales ?

- Quelles sont les techniques développées pour faire face aux aléas climatiques ?

I-1 Les objectifs de l'étude

L'objectif principal de cette étude est d'appréhender les stratégies locales développées par les populations de Belgou pour faire face au changement climatique. De manière spécifique, l'étude contribuera à :

- décrire la perception et les causes du changement climatique selon les paysans ;

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- identifier les conséquences du changement climatique sur les activités agricoles et pastorales ;

- répertorier les techniques culturales et pastorales développées par les habitants de Belgou pour faire face aux contraintes du changement climatique.

De ces objectifs, les hypothèses suivantes ont été émises :

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